Tag: Bouches-du-Rhône

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    Hasard du calendrier, la présentation du baromètre annuel de la pauvreté du Secours populaire sonne comme une confirmation des angoisses exprimées la veille, mercredi, durant les mobilisations contre l’austérité voulue par le gouvernement qui ont largement rassemblé. Un baromètre qui illustre le gap entre la vie décrite par le gouvernement et celle vécue par la population.

    À la rhétorique de gouvernements qui n’ont de cesse de pointer le soi-disant manque de productivité des Français, la nécessité de travailler plus et plus longtemps, de ne pas être exigeants au niveau des salaires… les chiffres du baromètre sonnent comme un démenti cinglant. Des chiffres qui montrent que travailler ne protège plus. Que très nombreux sont ceux à avoir peur de basculer. Que jeunes, vieux, salariés, chômeurs… que tout le monde est concerné. Et, terrible, des gens qui avouent une « honte » qui s’ajoute à la peur.

    Ni peur, ni honte

    Cette honte doit changer de camp. La honte est sur ceux qui refusent de regarder la situation en face en se cachant derrière un pseudo-discours « de vérité » pour continuer à développer une société inégalitaire et pour tenter de faire encore plus payer ce qui payent déjà trop. Comme le prouve le choix d’un énième Premier ministre identique. D’où l’importance des mobilisations en cours.

    La journée de mardi était une première salve à la réussite réjouissante. La prochaine date du 18 septembre à l’appel d’une intersyndicale extrêmement mobilisée (lire page suivante) au complet doit être dans toutes les têtes.

  • Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Il est 10h ce jeudi, l’antenne d’urgence du Secours populaire n’a ouvert que depuis une trentaine de minutes mais il y a déjà du monde dans les rayons de la braderie solidaire. Ouverte du mardi au jeudi, de 9h30 à 12h, cette antenne est située juste en dessous du siège départemental, sur le chemin de Gibbes (14e) à Marseille. Un lieu qui permet aux personnes du quartier de venir trouver des habits contre une participation solidaire, des colis alimentaires ou un accompagnement juridique.

    Entre les placards remplis de jouets pour les enfants et les portants d’habits, Mustapha, la cinquantaine, est à la recherche de chaussures. Cela ne fait que deux ans que ce père de cinq enfants vient chercher des habits à la braderie. « Depuis le coronavirus, tout a augmenté. Ça fait deux ans qu’on a besoin de venir ici, parce que c’est la crise. Ici je trouve des vestes, des habits et des chaussures pour moi ou pour mes enfants », explique-t-il, gêné. Mais il ne vient pas prendre de colis alimentaires, précise-t-il. Le point de vente solidaire du Secours populaire ne nécessite pas d’être inscrit, chacun peut donc venir y faire ses achats et participer à hauteur de ses moyens.

    Porte d’entrée

    Le lieu est aussi la porte d’entrée des nouveaux aidés, puisque c’est ici que les inscriptions se font pour avoir accès aux colis alimentaires. « On fait une dizaine de nouvelles inscriptions tous les jours [d’ouverture] », explique Samira, en charge des inscriptions ce matin. Bénévole depuis 2018, elle remarque que les personnes qui viennent demander de l’aide ont des profils de plus en plus divers. « Il y a ceux qui n’ont pas de carte de séjour ou qui demandent l’asile, mais il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir », témoigne-t-elle. Face à la montée de la précarité étudiante, l’association a d’ailleurs développé le Solidar’bus qui fait des distributions de colis à la sortie des cours.

    Ce matin ce sont Zorha, Naima et Samira qui assurent l’accueil et la distribution de la nourriture. Après avoir demandé les papiers d’identité des nouveaux « accueillis », Samira vérifie sur une base de données que les personnes ne sont pas déjà inscrites. Elle s’assure ensuite qu’elle ne touche pas plus de 1 000 euros par mois, ce qui est la condition pour avoir le droit à l’aide.

    Ce matin-là, c’est une bénévole du Secours populaire qui vient demander de l’aide à Samira. Habitant avec son mari et sa fille, avec un revenu de 800 euros par mois, elle a décidé de s’inscrire pour recevoir des colis alimentaires. « Je connaissais le lieu, parce que j’aide à la distribution de nourriture. Mais c’est la première fois que je viens demander de l’aide », explique la mère de famille, d’une voix timide. Comme elle ce jeudi, ils sont cinq à avoir fait leur première inscription pour l’aide alimentaire.

    Dans les Bouches-du-Rhône, de nombreux aidés par le Secours populaire deviennent par la suite bénévoles. Naima a par exemple d’abord été aidée par l’association, avant de passer de l’autre côté du comptoir, il y a trois ans. « Dès que j’ai su qu’ils faisaient des cours d’aide au numérique, j’ai voulu participer parce que je suis informaticienne », affirme fièrement Naima.

    Coupures de droits

    L’antenne offre également un accompagnement juridique. « Cela va de la prise de rendez-vous avec la Sécu, aux demandes d’asile, en passant par le droit à la culture ou aux vacances, explique Djazia, juriste de profession. Tout ce dont la famille peut avoir besoin, on est là pour les accompagner. J’aide aussi beaucoup sur les coupures de droits », précise la bénévole. Selon la juriste, le changement de politique pour toucher le RSA a impacté beaucoup de ses bénéficiaires. « Certains n’ont jamais été inscrits à France Travail et donc ne savent pas faire, ce qui entraîne la fin de leurs droits », se désole-t-elle. Des coupures dans les aides de plus en plus fréquentes qui obligent certains à se tourner vers la distribution alimentaire du Secours populaire en l’absence de tout revenu…

    « Il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir »

  • Un collège au nom de notre co-fondateur, Jean De Bernardy

    Un collège au nom de notre co-fondateur, Jean De Bernardy

    Un immense drapeau tricolore sur le mur d’enceinte, un, deux et trois ! Il s’ouvre comme un rideau de théâtre pour découvrir le nouveau nom du collège Longchamp écrit en grandes lettres : Jean De Bernardy. Dans la cour, à l’entrée des élèves, un totem dévoilé par Martine Vassal (DVD), présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, et Mehdi Tani, principal de l’établissement, retrace son parcours. Co-fondateur du journal La Marseillaise, résistant FTPF, militant communiste, syndicaliste CGT, il fut typographe, journaliste dans la clandestinité avant de mourir au combat à Saint-Antonin-sur-Bayon.

    Réunis pour l’occasion, les élèves entonnent en chœur « La Marseillaise » puis l’orchestre du collège joue « Le Chant des partisans ». Un vif moment d’émotion, en présence de lecteurs de notre journal, de représentants d’associations d’anciens combattants, du sénateur Jérémy Bacchi (PCF) et de Pascal Lefebvre (Filpac CGT).

    Mémoire à transmettre

    « Ce nom rappelle aux générations actuelle et futures, l’action héroïque de ce personnage entré dans l’histoire », indique M. Tani, le principal du collège.

    « Cet homme a donné sa vie pour qu’aujourd’hui, nous puissions avoir notre liberté. Je suis très fière que des enfants de la République puissent lui rendre hommage », poursuit Martine Vassal.

    Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, s’adressant à eux, insiste : « Cette mémoire de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance et de la déportation, à laquelle nous sommes tant attachés à La Marseillaise, est désormais entre vos mains. Quant aux portes de notre journal, elles vous sont ouvertes, je vous invite à assister à nos conférences de rédaction et à visiter nos locaux, arrachés à un journal qui a collaboré avec les nazis et leurs complices de Vichy ».

  • Le Département se débarrasse de ses bijoux de famille

    Le Département se débarrasse de ses bijoux de famille

    Ce vendredi, le huis clos de la Commission permanente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône doit valider une série de cessions de biens de la collectivité lourdement endettée. Après la cession pour 50 000 euros d’un appartement, avec un local commercial et une cave, situé au 143, rue Félix-Pyat (3e) au profit de l’association Prends-toi en main, c’est surtout sur l’avenir de l’ancien tribunal administratif que se prononceront les élus.

    Dessiné par l’architecte marseillais Pierre-Marius Bérangier à la fin du XIXe siècle, cet ancien hôtel particulier haut de trois étages, situé au 20-24 rue Breteuil, dans le 6e arrondissement, avec sa porte cochère encadrée par deux atlantes colossaux, avait été estimé à 3,6 millions d’euros par les Domaines, le 28 mai 2024. L’emblématique bâtiment ne sera vendu que pour 3,2 millions d’euros à la société Neohive, sous condition suspensive d’obtention de toutes les autorisations administratives. Celle-ci espère y installer une résidence hôtelière de 41 logements meublés. Si l’évaluation comptait 1 670 m² de surface totale, « il s’avère qu’en réalité la surface disponible n’est seulement que de 1 143 m² », justifie la délibération.

    Un appartement situé 15, allées des Vignes (15e) est aussi vendu 160 000 euros à un particulier, pour une valeur estimée de 190 000 euros. « Le bien étant implanté géographiquement proche des cités sensibles, très peu de candidats ont formulé des offres », pointe le Département. L’ancienne maison départementale des solidarités à Gardanne, au 173, boulevard Pont-de-Peton, est de son côté vendue à la société Ypsi Sud, pour 550 000 euros, « le Département n’ayant plus l’utilité de ce bien ». Une valeur correspondant à celle donnée par une expertise privée, mais qui est moitié moins importante que celle des Domaines, qui évaluaient en 2023 cet immeuble de 580 m² à 1,2 million d’euros. L’ancienne gendarmerie de Roquevaire est quant à elle vendue pour 1,7 million d’euros à la SAS City Invest, une filiale de CDC Habitat, au-dessus de son estimation de 1,5 million d’euros.

    À Tarascon, enfin

    Ce sont les anciens tribunaux de Tarascon qui viennent clore cette séance de Monopoly. « Ces bâtiments sont à la vente depuis de nombreuses années dans le cadre d’une procédure de vente en continu, mais n’ont pas trouvé preneur », pointe la délibération. L’ancien tribunal de commerce et l’ancien tribunal de grande instance avaient été estimés à 907 000 euros, ils sont cédés à Demeter Promotion pour 800 000 euros, pour y créer des logements. « L’historique de ce dossier, le coût de l’entretien bâtimentaire pour le Département et les difficultés rencontrées pour vendre ces biens depuis des années ont conduit à valider cette offre et à la juger très satisfaisante », explique la collectivité alors que l’estimation rappelle que les bâtiments, vacants depuis 2014, sont « en très mauvais état d’entretien » avec de nombreux dégâts des eaux. Un projet de réhabilitation a déjà été présenté à la commune dans le cadre d’une concertation préalable.

  • Dépollution des calanques : le chantier XXL a démarré

    Dépollution des calanques : le chantier XXL a démarré

    Sur le terrain qui surplombe le petit port des Goudes, la pelleteuse est en place depuis le 1er septembre. Les griffes de l’engin s’attellent au terrassement de l’espace qui doit accueillir la base de vie du chantier et la tente de confinement de 250m2, prévue pour résister aux vents extrêmes. Cette structure abritera les opérations de dépotage des scories des entreprises. à l’Escalette, les ouvriers sont déjà à l’œuvre pour neutraliser les vestiges toxiques de l’ancienne usine de traitement du plomb, dont les rejets ont ruisselé jusqu’à la mer.

    Le chantier, qui s’étend sur 29 hectares au cœur du Parc national des calanques, est inédit. Il s’agit d’une intervention à la fois nécessaire et délicate, menée sur un site classé et habité. C’est donc sous surveillance renforcée que doivent se réaliser les opérations de décontamination des sols, de la mer et de l’air, où arsenic, plomb, zinc et mercure se sont accumulés, pendant des décennies.

    L’État a confié la mission à l’Ademe, accompagnée du groupe Antea, de coordinateurs environnementaux et de contrôleurs de la qualité de l’air, pour assurer le suivi d’un chantier, dont la fin est estimée au 30 mars 2027. « On ne dépollue pas un site de métaux lourds, prévient Mélodie Gros, en charge de la maîtrise d’ouvrage à l’Ademe. pour les dépôts de taille raisonnable, on retire les résidus pour les évacuer dans un centre de stockage de déchets dangereux. Mais, sur les scories qui présentent un risque d’instabilité, on confine sur place ». Cette dernière solution vise à vitrifier ou maçonner un coffrage en béton. Le dispositif sera ensuite recouvert d’un habillage paysager.

    À Montredon, des riverains encore inquiets

    « C’est bien ce qu’ils font. C’est nécessaire. Mais est-ce que toutes les mesures suffisantes pour protéger vraiment les habitants ont été prises ? » interroge Rolland Dadena, de l’association Santé littoral Sud, tract en main, au bord du boulevard Alexandre-Delabre. Membre du collectif d’associations de riverains (ASLS, Fare Sud et UCL) qui remue les autorités depuis 20 ans pour défendre l’environnement et la santé publique, ce retraité regrette de ne pas avoir été invité à la présentation du chantier, réservée par la Préfecture aux médias. Le collectif avait saisi la justice et obtenu, par décision du Tribunal administratif de Marseille en date du 16 décembre 2024, la condamnation de l’État à dépolluer les Calanques avant le 30 juin 2028.

    S’il reconnaît « les moyens importants engagés », le collectif reste vigilant face aux risques inhérents à une telle entreprise de décontamination.

    Pour la calanque de Saména, face à l’ex-usine Legré-Mante, l’État a budgétisé 14 millions d’euros. Le reste du site est pris en charge par le propriétaire, le groupe suisse Ginkgo. Mais là encore, une inquiétude persiste : « Le préfet a refusé de prendre la main et on ne sait rien de ce qui s’y passe. On n’a pas de garantie », déplore l’associatif. Sur l’ensemble du chantier, le collectif demande « la mise en place d’un plan de veille et de suivi sanitaire par les services de l’état ». Un dispositif préconisé en 2005 par L’INVS et prévu dans le Code de la santé publique. « Pas nécessaire », avaient estimé plus tôt les opérateurs : « on est sur des mesures de prévention ».

  • Les soignants à l’ARS pour défendre leurs conditions

    Les soignants à l’ARS pour défendre leurs conditions

    La mobilisation se poursuit pour le personnel hospitalier du Centre Hospitalier (CH) d’Aix-en-Provence, au lendemain de la première journée du mouvement « Bloquons-tout » organisée ce mercredi. Les syndicats FO et Cfdt ont décidé de se rendre dans les bureaux de l’Agence régionale de santé (ARS), à Marseille, pour dénoncer, de nouveau, des « conditions de travail intenables » et « un manque criant » de moyens. Jeudi matin, une dizaine de délégués syndicaux FO se sont rassemblés dans le hall Jacques de la Roque, avant de prendre la route. De son côté, la CFDT s’est rendue directement sur place.

    « Nous n’avons pas pris rendez-vous avec l’ARS, nous y allons pour demander à être reçus et exiger l’annulation du déficit, construit selon nous par l’ARS et le ministère. Ce déficit a des conséquences graves sur les effectifs dans tous les services », explique René Sale, secrétaire FO du CH Aix-en-Provence.

    Le syndicat estime que le déficit cumulé de l’hôpital d’Aix s’élève à 76 millions d’euros, et à 5 milliards d’euros au niveau national pour l’année 2024.

    « Mais on va aussi dénoncer les conditions de travail, on est en sous-effectif et on le dénonce depuis des années et des années, ajoute René Sale. Sur l’hôpital, on a fait un compte rendu exhaustif, en faisant le tour de l’ensemble des services. Près de 200 postes manquent à l’heure où on se parle. » À cela s’ajoutent les retenues de 10% sur les salaires et le jour de carence, décidés au niveau national. La direction de l’hôpital n’a pas souhaité commenter les déclarations du syndicat.

    FO et la section syndicale Cfdt ont finalement été reçus par les représentants de l’ARS. « Je ne dirais pas que nous avons obtenu des réponses, mais je pense qu’ils ont bien écouté et compris nos revendications. Nous attendons un retour, sans trop d’illusions. Mais la colère a été entendue », conclut René Sale.

  • La 25e édition d’Actoral sous le signe de la métamorphose

    La 25e édition d’Actoral sous le signe de la métamorphose

    Incarnation du credo d’Actoral – télescoper les disciplines artistiques – le musicien pop Julien Perez donnera le ton de la 25e édition du festival lors de son prélude, samedi 13 septembre, avec un live, mais aussi une lecture de son premier roman Hommages. Irriguée par d’autres concerts et DJ sets, une ouverture à voir à La Cômerie, ancien couvent perché en haut de la rue Breteuil dans lequel l’association et centre culturel Montevideo a déménagé, après s’être fait expulser en 2024, par son propriétaire, de l’impasse éponyme où elle était implantée. Cette mouture entrera dans le vif du sujet les 24 et 25 septembre au Théâtre des Calanques avec Puff. Conçu par Alice Ripoll et interprété par Hiltinho Fantastico, un solo qui montre comment une danse de la diaspora africaine au Brésil « peut avancer masquée pour exprimer des revendications », plante Hubert Colas, directeur de la manifestation. « À travers des formes intimes et ancestrales », résume-t-il, « beaucoup d’artistes interrogent le futur, la nécessité d’une liberté d’expression des minorités qui peut craindre des représailles d’un monde où capitalisme et masculinisme pourraient éteindre ces lumières ».

    Le masque et la plume

    Parmi d’innombrables propositions (théâtre, danse, performance, cinéma, lecture, arts visuels), le « diablotin angélique » Alberto Cortès évoquera au Ballet national de Marseille dans Analphabet « la violence intra-genre que le patriarcat lègue aux relations queer ». Avec Good Luck, Amit Noy détourne, lui, dans un solo, « les danses et musiques traditionnelles israéliennes pour mettre en scène une critique de la violence d’État ». Réfugiée en France, la peintre et performeuse afghane Kubra Khademi racontera pour sa part son chemin émancipateur dans La fille et le dragon à La Criée. À l’image de son nouveau départ à La Cômerie, Actoral et sa mouture 2025 seront traversés par la métamorphose. Dans cette veine, le cabaret à la fois tendre et acerbe de Latifa Laâbissi et Antonia Baehr, Cavaliers impurs, à la Friche Belle de Mai, « la figure mutante » de Mercedes Dassy dans Spongebabe in L.A au BNM, ou encore Cherish Menzo qui, dans Frank, « s’attache à l’archétype du monstre, non pas pour l’éloigner ou l’exorciser, mais pour s’en approcher, l’habiter et l’incarner », et « sonder les représentations du corps noir, du féminin et de l’altérité ».

  • Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Révélation scène des Victoires de la musique 2025, Yoa s’affirme comme une artiste complète, traçant sa voie entre une pop électro mainstream et une musique aux sonorités indie. Elle sera l’une des voix fortes du Super Moustache Festival, ces 12 et 13 septembre à Aix.

    « Yoa sur scène ? C’est moi mais c’est aussi mes danseuses », pose d’emblée la jeune femme née à Paris en 1998, « J’ai voulu un spectacle total avec tout ce que j’aime, de la danse, des moments drôles, un beau décor ». Formée au théâtre, nourrie par la danse et les grandes figures féminines de la pop, elle revendique une approche scénique exigeante. « Je veux que les gens en aient pour leur argent, ce n’est pas rien de se déplacer pour voir un artiste. On essaie de leur en mettre plein les yeux. »

    Son inspiration ? Les femmes. « Je ne suis pas un homme, donc je m’identifie plus aux femmes. Et je trouve qu’en pop, elles sont souvent meilleures sur scène. Beyoncé, Doja Cat, Rihanna… leurs shows m’émeuvent plus. » Une sensibilité qu’elle transpose dans ses textes où l’amitié tient une place centrale. « Mes danseuses, c’est la personnification de mes copines dans ma chanson, ça me fait du bien qu’elles soient là », justifie celle qui revendique une pop féminine à la française.

    « Activisme performatif »

    Mais Yoa, c’est aussi une voix politique sans détour. « J’affiche mes opinions dans mes textes et dans la vie, tant mieux si on me considère comme une artiste engagée », glisse la jeune femme née d’un père suisse jurassien et d’une mère camerounaise. Antifasciste, engagée pour la Palestine, elle parle rapport au corps, féminité, violences sexuelles, ne cache rien de ses convictions et dénonce les silences confortables : « Ne pas parler de politique est un privilège de personnes blanches et bourgeoises… L’existence des personnes trans, racisées, discriminées est politique. »

    En juillet, elle a annulé sa participation aux Francofolies de Spa, refusant de partager l’affiche avec Amir qu’elle accuse de soutenir l’armée israélienne et de ne pas reconnaître le génocide en Palestine. Au-delà du simple « activisme performatif », sa sincérité tranche dans un milieu artistique frileux.

  • Les communistes provençaux investissent la fête

    Les communistes provençaux investissent la fête

    Les militants communistes des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse sont déjà nombreux sur le lieu de la Fête de l’humanité pour participer au montage. Une année particulière pour la fédération des Bouches-du-Rhône puisque c’est au sein du stand national du parti communiste qu’elle prend sa place pour la fête. « C’est la première fois que l’on est sur le stand national, explique Naïma Senanedj, responsable fédérale Bouches-du-Rhône du parti communiste. On va pouvoir apporter notre peps et notre dynamisme, parce que nous sommes une fédération très multigénérationnelle », insiste-t-elle.

    Au programme du stand, des activités « populaires, festives et politiques », détaille la responsable fédérale des Bouches-du-Rhône. « Il y aura beaucoup de débats, notamment avec les cheminots Paca », explique Naïma Senanedj. Le côté festif ne sera pas laissé-pour-compte avec un karaoké géant le samedi soir. Les Bucco-Rhodaniens ne sont pas les seuls à faire vivre leur fédération à travers un stand. Sur 300m2, le Vaucluse aussi fait vivre sa fédération dans la capitale. Les militants varois ne tiendront pas de stand mais seront toutefois présents en Île-de-France pour participer aux festivités.

    La Fête de l’humanité est pour ces militants un moment fort de rencontres et d’échanges. « Cette fête a une place importante dans la vie sociale du pays, surtout cette année entre deux grands mouvements sociaux, le 10 et le 18 septembre », insiste Julien de Benito, secrétaire fédéral du Vaucluse du parti communiste. Un moment fédérateur qui commence 10 jours avant l’ouverture au grand public. « Il y a une première fête, celles des bâtisseurs, explique le cuisinier de profession. Comme nous, les militants arrivent plus tôt. C’est pourquoi notre stand est ouvert dès ce lundi, ça permet aux militants de se rencontrer. »

    Une tradition

    Une fête devenue une tradition pour certains d’entre eux : « depuis 1986, la fédération du Vaucluse monte un stand, c’est un peu une institution, un moment intangible. C’est toujours une fierté d’arriver à monter un restaurant de toutes pièces », explique Julien de Benito.

    Car ces stands sont aussi l’occasion pour les Provençaux de faire découvrir leurs spécialités culinaires et culturelles. Les festivaliers pourront donc goûter le risotto d’épeautre du Vaucluse, les panisses de Marseille ou le pastis du Sud dans les différents stands. Ils pourront également s’initier à la pétanque et découvrir le journal de La Marseillaise au sein du stand des Bouches-du-Rhône. « On peut faire le tour de la France avec les stands des fédérations », sourit Julien de Benito.

  • Benjamin Pavard est comme un poisson dans l’eau à Marseille

    Benjamin Pavard est comme un poisson dans l’eau à Marseille

    Rayonnant. C’est ainsi que Benjamin Pavard est apparu lors de sa première conférence de presse à La Commanderie, jeudi.

    Interrogé sur ses premières impressions, 24 heures après son arrivée à Marseille, le champion du Monde 2018 a été clair. « Cela faisait neuf ans que j’avais quitté la France et elle m’a beaucoup manqué, car j’en suis parti très jeune ». Alors, quand il a su que l’OM s’intéressait à lui, il n’a pas hésité.

    « Le projet m’a plu. De plus, ma femme est marseillaise et c’est un honneur pour moi de porter le maillot de l’OM », a-t-il poursuivi. Ses entretiens avec Medhi Benatia ont eu lieu sur la durée. « Cela s’est débloqué le dernier jour, mais je savais que cela allait se faire, car j’ai tout de suite été séduit par le projet sportif », reconnaît-il.

    Avant de débarquer à La Commanderie, il y a eu la case Clairefontaine, avec les deux matches des Bleus pour la qualification au Mondial 2026. Il a pu ainsi échanger avec Adrien Rabiot qui, malgré ses déboires, « ne m’a dit que du bien de son passage à Marseille ».

    Polyvalence

    Même s’il est arrivé sur le tard, à savoir mercredi, et n’aura que 48 heures d’entraînement collectif avec sa nouvelle équipe, Benjamin Pavard n’est pas inquiet quant à son intégration. « Physiquement, je me sens prêt. J’attends les choix du coach ».

    La suspension de C.J. Egan-Riley et le retour tardif d’Argentine de Leo Balerdi devraient lui permettre d’être titulaire face à Lorient. à Roberto De Zerbi de choisir s’il le fera débuter dans l’axe ou latéral droit de la défense olympienne. « Je suis polyvalent et j’ai même longtemps joué milieu défensif avec Lille », précise-t-il.

    Son retour en France, à Marseille, « dans un club très professionnel où je sens que je vais prendre beaucoup de plaisir », lui rappelle sa découverte du football allemand, à Stuttgart. Le club souabe venait de descendre en 2.Bundesliga et il a été un des acteurs majeurs de sa remontée en élite, avant de partir gagner des trophées avec le Bayern, puis l’Inter.

    Si l’OM n’est pas passé par la case Ligue 2, il est comme Stuttgart, un géant qui cherche à retrouver sa place dans la hiérarchie de son championnat. L’arrivée de Roberto De Zerbi a été la première pierre d’un édifice dont il compte bien être une poutre maîtresse.

    « Je reviens en France pour prouver ma vraie valeur, dans un club où quelque chose de fort est en train de se préparer. Dans un effectif où il y a tout pour réussir de belles choses », confesse-t-il. Benjamin Pavard qui a aussi trouvé en Roberto De Zerbi un entraîneur « dont le style me correspond. Il se donne à fond et cherche avant tout le bien de ses joueurs ». Quant à savoir si les deux caractères peuvent cohabiter, il souligne : « vous n’avez jamais vu Simone Inzaghi à l’Inter ! Au début, je pensais que certains coaches étaient fous, mais en réalité, ce sont des passionnés qui veulent tout donner pour leurs joueurs. C’est peut-être surprenant en France, mais moi, j’adore ça ».