Tag: Bouches-du-Rhône

  • Une chambre vide pour juger des conducteurs

    Une chambre vide pour juger des conducteurs

    « Mais c’est incroyable, ils sont où ? ! » Sur 30 dossiers inscrits au rôle de la « chambre de police » du tribunal judiciaire dédié aux infractions routières, seuls deux prévenus sont présents. « Ils ont su que c’était moi », ironise le nouveau magistrat. En réalité, de moins en moins de justiciables réceptionnent les convocations qui repartent ainsi à l’étude de l’huissier et y restent.

    Conduite à scooter sans gants. « Ce n’est pas moi ce jour-là » assure Adem venu contester une ordonnance pénale. « Le PV fait foi », objecte la procureure qui lui rappelle son « gros passif ». Il écope de 68 euros d’amende. « Pourquoi ces béquilles ? », demande le juge. « Je me suis blessé à scooter » clopine le jeune vers la sortie.

    Mathis, 24 ans, reconnaît finalement que c’était bien lui au volant sans ceinture, boulevard de Lesseps. « J’étais persuadé du contraire. C’est la première fois », susurre le réceptionniste de nuit qui en sera quitte pour 150 euros d’amende. « Si vous payez dans le mois vous avez 15% de réduction mais si vous ne pouvez pas payer, téléphonez à la Trésorerie, ils vous échelonneront », prend soin de l’informer le juge.

    « Au contraire c’est un super conducteur ! »

    « Mon client était persuadé que c’était limité à 130 », plaide Me François Sastre pour un chef d’entreprise en voyage à l’étranger, flashé sur l’A52 à Auriol à 165km/h pour 110 autorisés dans la plus grosse des Mercedes. La procureure évoque le « mauvais profil » de ce conducteur avec 9 excès de vitesse anciens et demande 300 euros d’amende et 6 mois de suspension du permis. « Un mauvais profil ? Au contraire c’est un super profil, un super conducteur ! Pas quelqu’un qui roule bourré », veut convaincre l’avocat. « On fait tous des petits excès de vitesse, moi-même qui ai un devoir d’exemplarité, je n’y arrive pas. Lui, en 33 ans, il n’a eu que 9 amendes depuis 1992 ! » Son client écope de 250 euros contre 300 requis et 4 mois et demi de suspension.

    Alissa, 35 ans, conteste l’excès de vitesse qui l’a flashé dans Peypin à 88km/h. « Le mari virulent n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’interposer avec les gendarmes pour contester que sa femme a signé le PV ! » lance la procureure qui annonce qu’il sera cité pour cela à l’audience. La conductrice écope de 300 euros et de 6 mois suspension du permis avec sursis.

    Un terminal mobile de la police municipale a flashé Camille, 45 ans, avenue de Bonneveine, téléphone au volant. « Je ne souhaite ni signer, ni payer, j’irai devant le tribunal ! » a plastronné le conducteur absent dont le casier comporte une mention pour conduite en état alcoolique. « Je demande 300 euros vu sa réponse ! », cingle la procureure.

    « T’es pas ma mère, t’as pas de leçon à me donner »

    Thalissa, 21 ans, roulait à 140km/h au lieu de 70 sur la rocade L2 et s’est insérée sur la bretelle de sortie sans clignotant, ni respect de la distance de sécurité. La jeune conductrice s’était déjà distinguée 5 mois avant par un dépassement par la droite. « En plus elle roulait dans un véhicule profondément endommagé à la suite d’un accident et elle a eu un comportement désobligeant à la limite de l’outrage en plus. La demoiselle a lancé au policier “t’es pas ma mère t’as pas de leçon de morale à me donner” », rumine le ministère public. Elle écope de 500 euros d’amendes.

    La police municipale de La Ciotat a surpris Thierry, 57 ans, téléphonant au volant. « Il conteste, dit être injustement pénalisé, explique qu’il tenait sa cigarette électronique », résume le juge devant une salle vide. « Il a signé le PV. Il est de particulière mauvaise foi », insiste la procureure qui obtient sa condamnation à 135 euros.

    L’histoire de Capucine, 28 ans, a obligé à une instruction précise de la procédure. Il est reproché de nouveau – elle a été condamnée en 2023 pour cela – à cette conductrice deux nouvelles infractions d’usage du téléphone au volant. « Elle conteste, soutient qu’elle ne pouvait pas être à deux endroits au même moment. » Alors on reprend les procès-verbaux. La première infraction est relevée par un CRS à 18h41 quai de Rive Neuve alors qu’elle écrivait un SMS avec ses deux mains dans un embouteillage. La seconde infraction relevée par un autre CRS à 18h43 à hauteur du 148, rue Sainte le téléphone à l’oreille. « Elle n’a pas eu de chance, mais ce sont bien deux infractions distinctes. Il n’y a pas de doublon. Cela justifie 2 amendes à 135 euros. »

    Fausse plaque

    Salim, 42 ans, conteste un PV pour « stationnement très gênant sur trottoir » au 8, rue Octave Teissier (3e). « Il dit qu’il n’était pas stationné sur un trottoir, qu’il suffit de regarder sur GoogleView et qu’il déchargeait les courses de sa voisine âgée. Mais si, c’est un trottoir, la photo montre bien. Il dit vouloir souhaiter s’expliquer devant le tribunal mais il n’est même pas là ! » tique le magistrat. « On veut bien tout entendre mais ce monsieur n’habite pas là mais avenue de la Croix rouge ! » Il écope de 200 euros.

    Mohamed conteste 7 stationnements gênants. Curiosité de l’affaire, la police municipale a mis en fourrière son véhicule découvrant que la plaque arrière est rattachée à un véhicule de société censé avoir été détruit dans une casse automobile… Il écope de 50 euros par PV et 300 euros pour « plaque non conforme ».

    « Il dit qu’il n’était pas stationné sur un trottoir, qu’il suffit de regarder sur GoogleView »

  • À la Millière, Veolia broie l’amiante et vire les lanceurs d’alerte

    À la Millière, Veolia broie l’amiante et vire les lanceurs d’alerte

    Les clichés s’étalent sur la table du cabinet d’avocat, comme autant de preuves accablantes. « Quand j’ai envoyé les photos à mes supérieurs hiérarchiques, ils m’ont dit : si vous n’êtes pas contents, allez travailler ailleurs », témoigne Sadok Kraimi. Cela faisait vingt-sept ans que ce chef d’équipe travaillait sur le centre de tri et de transfert des déchets professionnels de la Millière (11e arr.). Jusqu’à ce qu’il soit licencié pour faute grave le 5 mai dernier par l’entreprise Onyx Méditerranée, la filiale de Veolia qui gère le site en délégation de la Métropole. Trois mois plus tôt, le 12 février, l’entreprise décidait de la rupture anticipée du CDD de l’un de ses collègues, Christophe Autaire, pour faute grave là aussi. Le point commun entre les deux hommes : ils n’ont eu de cesse d’alerter sur la présence de déchets illégaux et dangereux.

    « J’alerte depuis 2017 »

    Officiellement, il est reproché au premier d’avoir accepté de l’argent pour aider à décharger un camion, au second d’avoir endommagé un véhicule lors d’une manœuvre. Un pourboire de 10 euros refusé, assure Sadok Kraimi, pour un service habituel sur le site. « Il n’y avait pas d’agent de circulation », répond pour sa part Christophe Autaire. Mais pour leur conseil, Me Léa Talrich, la vraie raison est ailleurs. « Par l’intermédiaire du chef d’équipe, ils ont dénoncé le dépôt et le traitement par Onyx Méditerranée de plaques d’amiante et de déchets hospitaliers, qui correspondent à une mise en danger personnelle », expose l’avocate qui a déposé ce mercredi matin une saisine afin de contester leur licenciement et demander que leur soit accordé leur statut de lanceurs d’alerte. Une première audience de conciliation et d’orientation se tiendra, à huis clos, le 18 novembre prochain.

    « J’alertais depuis 2017, mais à chaque fois c’était verbalement », se souvient Sadok Kraimi. Mais déjà, ses alertes passent mal. Il est rétrogradé, avant qu’un premier jugement des Prud’hommes, le 31 janvier 2020, ne vienne rétablir son avancement professionnel. Un an plus tard, il subit une campagne de dénigrement, avec de fausses accusations de harcèlement sexuel. « On m’a comparé à DSK », lâche celui qui doit être placé en arrêt maladie pendant six mois, après avoir fait une décompensation sur son lieu de travail. Mais il y retourne. Et de nouveau cette année alerte ses supérieurs, par textos et avec photos à l’appui cette fois.

    « On est là pour faire de l’argent »

    « Je voyais de l’amiante deux ou trois fois par semaine, témoigne Christophe Autaire. Quand on alertait, on nous disait : oh, laisse, ça va être poussé avec le chargeur, on va le broyer avec les gravats. » Ancien salarié d’une boîte de démolition, il sait bien reconnaître le matériau et connaît le risque de ces fibres cancérigènes. « Pour traiter les plaques d’amiante, on était habillés, avec des masques P3. Ici, j’avais des masques en papier pour nettoyer le broyeur ! » Le tout est enfoui sur un site de Veolia non habilité, à Belcodène. Confrontés lors de l’entretien préalable, les responsables du site – dont l’un est élu syndical – ne nient pas ces faits.

    D’autres joyeusetés sont livrées sur le centre de la Millière. Des camions de Veolia, qui récoltent les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) auprès de l’institut Paoli-Calmette, des cliniques de Saint-Joseph et de la Bourbonne les déchargent aussi sur le site. « Le 13 mars, on avait des dispositifs de dialyse, le 26 mars, dialyse encore », énumère Me Talrich, clichés à l’appui. Avec des aiguilles, du sang. « J’ai demandé le minimum, du désinfectant, ça m’a été refusé », proteste Sadok Kraimi.

    Du verre est également déchargé, pour être broyé avec les gravats et enfoui au lieu d’être recyclé. Lors de l’entretien préalable, le directeur du site le justifie : « Ici, on n’est pas une association, on n’est pas là pour faire du bénévolat. On est là pour faire de l’argent. » Depuis trois ans, des ordures ménagères sont aussi apportées de manière illégale sur le centre par les camions de Veolia. « Tous les jours, on charge trois semi-remorques », assure le chef d’équipe. Et gare à ceux qui le dénoncent. « On arrive au travail la boule au ventre, on nous dit : celui qui parle, on lui enlève sa prime de participation », souffle Sadok Kraimi. L’un de leurs collègues, face au danger, a préféré faire une rupture conventionnelle. Les deux lanceurs d’alerte, de leur côté, espèrent désormais être reconnus et indemnisés.

  • L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    En observant les flamants roses patauger dans les salins, les installations du géant de la pétrochimie LyondellBasell se font presque oublier. La pointe de Berre est un lieu de contraste. « Il y a de l’industrie, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser tomber ce beau littoral », lance le maire de la commune Mario Martinet (DVG). C’est tout l’objectif de l’État, qui, par le biais de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM 13), vient de lancer un chantier de renaturation de cet espace, dont il est propriétaire, pour un montant de 70 000 euros.

    Depuis la semaine dernière, deux engins se relaient pour évacuer 700m3 de gravats et de blocs de béton armé. « Ces déchets du bâtiment sont déposés depuis plusieurs décennies, explique Mathieu Eyrard, directeur adjoint de la DDTM 13. On n’en connaît pas vraiment l’origine. » Le sous-préfet de l’arrondissement d’Istres, Christophe Borgus, élude : « On voit les traces du passé, maintenant on se tourne vers l’avenir. À un moment, on prend nos responsabilités et on enlève ce qui doit être enlevé. »

    Aux manettes, l’entreprise berroise de travaux publics Calvin Frères, sélectionnée pour des critères environnementaux. Sa présidente expose : « Ce marché nous permet de participer à l’amélioration du littoral berrois et de valoriser dans un circuit court ces déblais rocheux, puisqu’ils seront concassés à 9km d’ici pour être réemployés. »

    Un hotspot pour l’avifaune

    À l’avenir, les accès aux véhicules seront régulés « pour éviter les roulages intempestifs et avoir une renaturation naturelle », souligne Ludovic Roulet, chef du pôle domaine public maritime de la DDTM 13. « On travaille avec l’association de chasse maritime locale pour mettre en place une gestion des espaces qui permette d’avoir une continuité de circulation entre les eaux salées de l’étang en démolissant d’anciens petits ouvrages. »

    Un suivi de l’évolution de la végétation sera réalisé en partenariat avec l’Office français de la biodiversité, ainsi que des observations des espèces présentes avec le Conservatoire du littoral et le Gipreb, le syndicat mixte en charge restauration écologique de l’étang de Berre, « afin de voir comment les populations avifaunes se comportent sur le site pour identifier d’éventuelles opérations complémentaires de renaturation plus techniques », précise-t-il.

    Car le site présente des enjeux environnementaux majeurs avec des zones humides, des marais salants, des habitats naturels, et la proximité de deux sites Natura 2000, essentiels pour la biodiversité locale. Ludovic Roulet développe : « L’idée, c’est de favoriser la présence de lieux de nidification et de nourrissage pour les oiseaux, mais aussi d’améliorer la vision qu’ont les habitants de l’étang de Berre, ce qui les engagera à mieux l’aimer et le respecter. »

    Mario Martinet se réjouit de ce « retour aux origines » qui s’inscrit dans la droite ligne de son engagement, qui s’est déjà traduit par la renaissance de la plage de Berre, disparue dans les années 1970, en juin dernier.

  • À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    « Où est l’unité à gauche ? Si on l’a pas au 1er tour, je n’irai pas voter ! », lance, le 19 septembre au Charrel café, un homme à la chevelure blanche. Ce soir-là, le député insoumis des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, est aux côtés de la jeune Élodie Malek, et du retraité Christian Six, désignés en juillet dernier comme les chefs de file de LFI pour les municipales à Aubagne. Il s’agit de lancer de façon officielle la campagne de Changer d’ère. « La tête de liste sera désignée après que le programme soit élaboré », a précisé auparavant Christian Six, tout en assurant qu’il ne serait pas candidat. Avant les questions du public, Élodie Malek (LFI) a donné son point de vue sur l’existence pour l’heure de deux forces à gauche pour les municipales, Aubagne en commun (Écologistes, PCF, PS, Place publique, des citoyens, des membres de LFI… ) étant déjà partie en campagne depuis février dernier. « On nous dira que nous divisons la gauche, en réalité ce sont les compromis et le manque de transparence qui créent des divisions. Nous refusons de rechercher des alliances à tout prix. Nous ne gagnerons pas cette ville en faisant des compromissions », a-t-elle déclaré.

    Une histoire de portes

    Un peu plus tard dans la soirée, Sébastien Delogu explique la méthode LFI et enfonce le clou : « Les chefs de file vont parler de tous les sujets, transports, hôpital (…), établir un programme, et ensuite nous irons voir les forces de gauche pour dire voilà ce qu’on défend, on ne veut pas y déroger. » Si LFI consent à négocier, dans l’entrebâillement de la porte, Jean-Pierre Squillari, joint hier par téléphone, rappelle sa ligne de conduite : « Depuis qu’on a créé le Printemps des Aubagnais, puis Aubagne en commun, nous avons dit que la porte était ouverte à toutes les forces de gauche et les écologistes. Si LFI nous contacte, nous répondrons et puis on discutera. » Il ajoute : « L’union fait la force. La désunion amoindrit la force. » Le militant NPA Hugues Alexis, qui fut trésorier du NPA 13 de 2012 à 2015 et assiste aux réunions à la fois à Changer d’ère et Aubagne en commun, tient lui ce discours : « Personne ne veut dire que la porte est fermée, mais l’impression que ça donne est que personne ne veut vraiment faire un pas vers l’autre… »

  • Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Du 26 septembre au 4 octobre, l’Atelier Rafale (5, rue Pastoret, 13006) se mue en laboratoire artistique avec l’exposition « Taille Unique », imaginée par Jacques de Chabannes, alias J2C, et le collectif Kollectiv Mode. Sous-titrée « C’est pas la taille qui compte », la proposition s’annonce libre et explosive : visages, figures, couleurs débridées, projections brutes… « Ce sont des œuvres assez mixtes, tout ce qui est acrylique, brume, encre, sur des papiers arches, sur divers supports aussi, de toutes les tailles », précise J2C. Une plongée dans un univers où l’excès devient langage et l’interprétation, affaire personnelle.

    Point d’orgue : le vernissage, samedi, avec Joseph Arthur dont les œuvres seront également exposées. Musicien, plasticien, poète, performeur, révélé par Peter Gabriel qui signa son 1er album sur son label Real World, salué par Lou Reed, il a collaboré avec Ben Harper, Jeff Ament (Pearl Jam), ou Michael Stipe (REM). Figure culte de l’underground américain, Joseph Arthur entretient une relation singulière avec la France, où longtemps distribué par Fargo Records, il a fédéré un public fidèle. « C’est un des pays qui l’a le mieux accueilli, musicalement et en termes de ventes », souligne Jacques de Chabannes.

    Trente ans d’amitié

    Et si Marseille fait partie de ces villes où il aime revenir, l’amitié nouée avec J2C depuis 30 ans n’y est pas étrangère. « On s’est rencontrés en 1997, lors de son premier concert au Poste à Galène pour la sortie de son premier album Big City Secrets », raconte le Marseillais qui œuvrait alors sur Radio Grenouille. « Depuis, on n’a jamais cessé d’échanger autour de la musique et de l’art ».

    Programmé au Théâtre de l’Œuvre, à l’automne dernier, Joseph Arthur avait fait un saut à l’Atelier pour une performance intimiste. « Il avait joué et exposé ses œuvres. Melanie, la fille de Peter Gabriel, avait chanté avec lui. »

    Dimanche, il prolongera l’expérience avec une seconde soirée immersive. En ouverture, J2C assurera la première partie dans un clin d’œil plein d’autodérision. Les deux soirées affichent complet : « Ce n’est pas une salle de spectacle, c’est une galerie. L’idée, c’est que les gens soient à l’aise, avec une jauge volontairement réduite ». Mais les œuvres de Joseph Arthur resteront visibles jusqu’au finissage du 4 octobre. Une manière de prolonger cette rencontre entre deux univers qui cohabitent depuis longtemps.

  • PLAN-DE-CUQUES 34 (14)

    PLAN-DE-CUQUES 34 (14)

    Les Plan-de-Cuquoises poursuivent leur bon début de saison avec un important succès contre Paris 92 (34-29). Une victoire qui leur permet de rester en haut de tableau, avant un périlleux déplacement à Strasbourg, samedi.

    Plan-de-Cuques a pourtant connu meilleure entame de partie. En manque d’agressivité lors des phases défensives, les Parisiennes ont pris un avantage en profitant des errements locaux. Angélique Spincer a dû poser un temps mort après 8 minutes de jeu (2-5). Sous l’impulsion de Nina Perret et Helena Mathon (3 buts chacune), le HBPC a enchaîné plusieurs périodes de meilleure qualité. Finalement, les deux équipes se sont tenues jusqu’à la fin de la première mi-temps. Score de parité à la pause : 14-14.

    Cette victoire s’est dessinée au cœur de la seconde période. Un élan offensif, des arrêts d’Andrea Novellan et l’intelligence de jeu de l’une des meilleures canonnières de la ligue avec Nele Antonissen. Plus prolifiques, Lola Berrais et ses coéquipières ont croqué les espaces pour s’assurer un 2e succès en trois matchs. L’indiscipline des Franciliennes a aussi compté dans le résultat final. L’écart était fait et la pression a baissé en fin de partie, même si Angélique Spincer a révélé ne pas avoir été sereine jusqu’au bout : « Nous avons mis du temps à nous mettre dans le rythme. On a ensuite accéléré notre jeu, même si ça a été dur à construire. Cette victoire fait du bien. »

    3e journée de Ligue Butagaz Energie

    Gymnase des Ambrosis

    Plan-de-Cuques : Novellan, Schüpbach – Martel (cap.), Puleri, Antonissen, Kromoska, Mathon, Naal, Dembélé, Loquay, Berrais, Perret

    Entraîneur : Angélique Spincer

    Paris 92 : Serdarevic, Foggea – Moretto (cap.), Golvet, Cissokho, Kanouté, Blonbou, Plotton, Hansson, Maurin, Berger, Thobor

    Entraîneur : Naim Sarni

  • Rassemblement de la victoire devant le bureau de Ferrières à Martigues

    Rassemblement de la victoire devant le bureau de Ferrières à Martigues

    Après que la direction de La Poste a annoncé, dans nos colonnes, que la fermeture du bureau de Ferrières n’était pas dans ses projets, le comité de vigilance postale organise un rassemblement de victoire ce samedi à 10h30 devant l’antenne concernée.

  • Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs débrayent à l’appel de la fédération CGT des cheminots ce mercredi 24 septembre. Une date « qu’on ne sort pas du chapeau », affirme Rémi Hours. C’est le jour où doit se tenir la deuxième table ronde sur la prime de travail des agents de conduite de la SNCF. « Ça fait des années qu’on discute avec la direction sur ces sujets-là sans que ça aboutisse, poursuit le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille. On demande à ce que cette prime de traction soit pérenne, avec une base garantie pour l’ensemble des personnels et une part variable. »

    Actuellement, « les conducteurs ont un traitement de base assez faible compte tenu de leurs qualifications, et en fonction de ce qu’ils produisent (le nombre de kilomètres, de trains différents, leurs particularités), ils obtiennent une prime de traction ». Un mode de calcul « imaginé il y a trente ans » qui concerne plus de 15 000 salariés et qui mérite d’être réajusté vu la mutation du système ferroviaire, selon le syndicaliste.

    « C’est un vrai sujet pour la SNCF parce qu’on est un des métiers de l’entreprise en tension, affirme Rémi Hours. Le poste est de moins en moins attractif : il n’y a plus de statut pour les personnes embauchées depuis 2021, elles relèvent du privé, ont la retraite à 64 ans et ne sont jamais chez elles. »

    Après les journées de mobilisation du 10 et du 18 septembre, la CGT n’attend pas un mouvement massif, même si des perturbations sont à craindre. « On a relancé l’appel vendredi pour demain, donc le délai est serré, explique le secrétaire général. Ça ne veut pas dire que les conducteurs sont pas sensibilisés et qu’ils ne sont pas prêts, si besoin est, d’aller sur une grève longue et dure. »

  • La Bourse ne fait plus recette chez les patrons de la région

    La Bourse ne fait plus recette chez les patrons de la région

    « Avant, il y avait une place financière sur la Canebière », rappelle Vincent Le Sann, le directeur général de la filiale de la BNP Paribas dédiée aux marchés actions, Portzamparc. Celui-ci était en déplacement à Marseille, ce mardi, pour faire la promotion de son activité face à la presse. Car malgré les dérégulations successives portées par l’Union européenne, celle-ci ne fait pas recette auprès du patronat provençal. Depuis les introductions en Bourse de l’Aixois Affluent Medical, spécialisé dans la technologie médicale, en juin 2021 (21 millions d’euros levés), puis du producteur de pompes à chaleur marseillais Enogia le mois suivant (11 millions levés), aucune entreprise de Provence-Alpes-Côte d’Azur n’est venue rejoindre la place financière. « Au niveau national, 2021 a été un gros pic avec 38 sociétés introduites en Bourse. Après en revanche, c’est vraiment des années de vaches maigres », déplore Vincent Le Sann. La faute aux incertitudes liées à l’Ukraine, avance-t-il, plus qu’au contexte électoral. « Aujourd’hui, l’économie dépend moins du politique », assure le directeur général.

    Or, la région ne compte que 5% des sociétés cotées au niveau national, alors qu’elle pèse pour 7% du PIB. Elle en compte au total 21, valorisées à 21 milliards d’euros et comptant près de 68 000 salariés. Six d’entre elles dépassent les 100 millions d’euros de capitalisation, à commencer par le laboratoire pharmaceutique Sartorius (17 milliards d’euros) suivi par ID Logistics (2,6 milliards). Mais le responsable de la BNP est optimiste pour 2026 : « Les investisseurs ont de l’argent à investir. » Particulièrement dans le secteur médical, et surtout de l’armement, en manque de financements pour suivre la machine de guerre européenne. Mais pour cela, il faudrait plus de dérégulation et de crédits d’impôts, réclame-t-il. Comme en Italie.

  • One Provence à rebours des discours déclinistes

    One Provence à rebours des discours déclinistes

    Deux ans après sa création, et à l’aune d’une fusion programmée en 2026 avec Provence Promotion dans une Société publique locale, l’agence de marketing territorial One Provence de la Métropole Aix-Marseille continue de tracer son sillon. Plusieurs indicateurs témoignent de « l’appétence des investisseurs internationaux pour ce territoire qui a fait un bond aux classements. On se retrouve côte à côte avec des métropoles comme Lyon, reconnues pour leur attractivité. Sans faire un lien direct, ce serait prétentieux, les choses avancent dans le bon sens », glisse Olivier Flasseur.

    À l’occasion de la conférence de presse annuelle, le directeur général de l’agence et son équipe ont dévoilé une série d’initiatives pour travailler l’attractivité résidentielle et économique du territoire sur le dernier trimestre. Une campagne nationale de communication baptisée « Marque employeur territoriale » sera lancée fin septembre pour valoriser six filières économiques d’excellence (aéronautique, santé, numérique, maritime, énergie et cinéma) et casser l’image d’une Provence carte postale. Un kit de com sera aussi mis à disposition des entreprises locales.

    Décalage

    Des actions qui s’appuient sur des indicateurs assez encourageants malgré ses carences en transports et en logement : 83% des habitants recommandent le territoire à ceux qui envisagent de s’y installer (70% dans d’autres grandes villes), et l’indice de bonheur local atteint 7,8 sur 10 (7,3 en moyenne au national). Ces chiffres de l’étude ImageTerr24, mis en avant par One Provence tranchent avec les discours politiciens qui à droite, à l’aube des municipales, crient au déclin de Marseille, sa ville centre.

    « À chaque fois qu’on parle de Marseille, c’est sur un aspect. Je vous encourage à aller voir les taux d’insécurité ou de criminalité, ville par ville, et à comparer le traitement médiatique. Le décalage est extrêmement important », répond Olivier Flasseur, ne souhaitant pas polémiquer. « Dans une entreprise, normalement le DG comme le collaborateur, doivent être en capacité de parler de leur entreprise de la même façon. On doit avoir des éléments de langage pour éviter d’en parler de manière intuitive, en fonction de nos aspirations ou pour créer de la polémique. »

    C’est tout le sens selon lui de la mise en avant du collectif « Acteurs des transitions » et de l’opération « Tous ambassadeurs » qui donnera la parole aux habitants via des vidéos vantant les mérites du territoire, diffusées sur les réseaux sociaux de l’agence (62 000 abonnés).

    Récompensée pour l’usage de l’IA dans son moteur de recherche, et le film Manifeste, One Provence entend bien profiter de la fusion pour s’imposer en acteur majeur du marketing territorial. « C’est une belle reconnaissance qui témoigne, j’ose espérer, du travail qui est fait et des leviers mis en œuvre pour révéler ce territoire à sa juste valeur », conclut Olivier Flasseur