Tag: Bouches-du-Rhône

  • Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    « Avec Navig’arts, on navigue entre les arts et les époques », résume Nathalie Lainé, adjointe à la culture, aux fêtes et événements.

    Si, en raison de coupes budgétaires, la manifestation, co-financée par la Ville et l’office de tourisme de La Ciotat, se déroule cette année sur un jour au lieu de deux l’an dernier, elle ne paraît rien perdre de sa superbe. Ni de son foisonnement. Ni de son ambition. « Le principe, c’est de mettre les artistes et associations ciotadens en avant », précise Nathalie Lainé. Cette machine à remonter le temps, ou l’anticiper, qu’est Navig’arts nécessite en effet, pour animer ses rouages, « près de 530 artistes et membres associatifs ciotadens », indique l’élue, auxquels il faut ajouter les près de 110 artistes de 22 compagnies artistiques (essentiellement en théâtre de rue) extérieurs à la ville.

    Foisonnement festif

    L’événement va se concentrer*, cette année, essentiellement vers le Port-Vieux, « même s’il y aura des déambulations dans la ville », note Nathalie Lainé. À chaque lieu, est liée une époque. Chaque fois, des ateliers sont proposés et des artistes présents. La Préhistoire a, par exemple, élu domicile rue Bouronne. Le cinéma, au Baromètre. Le pop art, place Esquiros. La Renaissance, place Kranj. Depuis le Port-Vieux jusqu’au Baromètre et à l’église Notre-Dame, le XVIIIe, avec une référence à Napoléon Bonaparte « qui séjourna à La Ciotat lors du siège de Toulon en 1793 » sera représenté, tout comme le XIXe siècle. De l’église vers la galerie du Port, le futur régnera en maître (drones…). À la Chaudronnerie, le disco déchaînera les corps vêtus d’habits de paillettes. De la place de l’Escalet à la mairie, la Grèce, l’Égypte antique et les Vikings se côtoieront… Et toute la journée, les artistes tiendront le haut du pavé. On pourra par exemple croiser Anubis. Ou bien la drôle de machine de Zi Omnibus Cirk. Le génial Rodafonio (Espagne), immense roue tournante dans laquelle jouent cinq musiciens… Et bien d’autres rêveries faites réalité. Jusqu’au point d’orgue**, le spectaculaire et coloré Color Wheels, de la compagnie Off, emblématique des arts de la rue. « Un DJ, dix roues, 10 000 leds. Un spectacle techno monumental. Une chorégraphie urbaine. »

    * De 11h à 22h. Entrée libre. ** À 20h, départ office de tourisme, final sur l’esplanade de la Capitainerie du Port-Vieux.

  • Venez découvrir l’écosystème de Provence

    Venez découvrir l’écosystème de Provence

    C’est une journée festive qui attend les familles, ce samedi, au théâtre de Verdure et en centre-ville de Saint-Paul-les-Durance, à l’occasion de l’événement Nature en sCENe, organisé par le Conservatoire d’espaces naturels en Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca). « C’est une grosse journée qui attend les visiteurs autour de trois grands axes : des sorties natures, des conférences, mais aussi des stands et ateliers pour petits et grands », explique Emeline Pujolas, chargé de la vie associative au CEN Paca et coordinatrice de l’événement. « Il y aura également des expositions, une sur des dessins naturalistes et l’autre sur des photographies animalières. »

    Ainsi, les habitats, faunes et flore en bord de Durance n’auront plus aucun secret pour vous. En ce qui concerne les conférences, elles porteront sur la forêt, les fleuves et les rivières. « Saint-Paul-lez-Durance est l’endroit idéal pour cette nouvelle édition, car c’est un carrefour entre différents territoires : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, mais aussi le Var », ajoute la coordinatrice, qui précise : « On veut montrer la richesse de la région et de ce territoire au bord de l’eau, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la biodiversité d’une richesse incroyable. »

    Information et sensibilisation du public

    Nature en sCENe est une grande journée festive, gratuite et conviviale, où la sensibilisation à la biodiversité y est prégnante. « On observe depuis plusieurs années un déclin de la biodiversité, ce n’est un secret pour personne et nous, nous souhaitons porter la voix du vivant qui n’est pas en mesure de s’exprimer », précise Emeline Pujolas. « Sans compter qu’observer la nature ça fait toujours du bien à tout le monde. »

    La journée est aussi une opportunité de célébrer le 50e anniversaire du Conservatoire. « Nous sommes l’une des rares associations régionale créée par une petite poignée de naturalistes passionnés et qui a su perdurer dans le temps. Nous avons, pendant toutes ces années, poursuivi notre mission et aujourd’hui, nous comptons 70 salariés », continue-t-elle. L’association, depuis sa création, à pour objectif la préservation du patrimoine naturel de la région. Son action s’appuie sur une approche concertée au plus près des enjeux environnementaux, sociaux et économiques des territoires.

    « Aujourd’hui, nous poursuivons nos missions en ce qui concerne la connaissance de la biodiversité, la protection des espaces naturels et des espèces, la gestion de sites naturels, mais aussi l’information et la sensibilisation du public, l’un de nos axes majeurs, ce samedi », souligne Emeline Pujolas. « Nous sommes fiers de pouvoir proposer un événement de cette envergure symbole de notre accroissement, mais aussi du fait que nous sommes connus et reconnus. »

    La journée se clôturera avec un apéritif à partir de 19h, où les partenaires historiques du Conservatoire, et notamment la commune de Saint-Paul-lez-Durance, seront présents pour célébrer cet anniversaire.

    Samedi de 10h30 à 19h30.

    Gratuit.

  • [Recette] Ricotta maison, figues fraîches et amandes torréfiées

    [Recette] Ricotta maison, figues fraîches et amandes torréfiées

    Les ingrédients

    Pour quatre personnes, il vous faudra :

    – Un litre de lait entier

    – 1 citron et son zeste

    – Une poignée d’amandes torréfiées

    – 4 figues fraîches

    – 1 linge type torchon ou gaze propre

    – De la crème liquide à 35%

    – Sel, poivre, huile d‘olive

    – Un peu de persil frais haché

    Faire cailler le lait

    Pour débuter la recette, versez votre lait entier dans une casserole et faites chauffer à feu fort jusqu’à ce qu’il atteigne environ 92°, avant ébullition. L’idéal est d’utiliser un thermomètre, mais si vous n’en avez pas, l’astuce du chef est d’arrêter le feu lorsqu’une petite mousse se forme sur la surface du liquide « un peu comme un cappuccino » et là, le lait est à bonne température.

    Pendant que le lait chauffe, vous pouvez zester l’entièreté du citron, de préférence bio. Filtrez ensuite le jus. Si vous voyez que votre citron ne donne que peu de jus, n’hésitez pas à en rajouter. Le citron fait cailler le lait et ainsi séparer la matière solide du petit-lait.

    Une ricotta onctueuse

    Une fois que le lait est prêt, retirez la casserole du feu, versez le citron dans le lait chaud et mélangez à la maryse. L’action de l’acide est instantanée.

    Laissez reposer à température ambiante pendant une dizaine de minutes. Filtrez ensuite dans un chinois au-dessus d’un saladier et déposez un linge sur le chinois pour filtrer le plus finement possible. Laissez égoutter le tout entre 15 et 30 minutes. Attention à ce que la future ricotta ne soit pas en contact avec le petit-lait, sinon, ça ne fonctionne pas.

    Pendant le temps de repos, vous pouvez concasser vos amandes à la main, au pilon ou au mixeur et préalablement torréfiées au four pendant 10 minutes à 180°. Coupez les figues en quartiers et réservez.

    Une fois que la ricotta est égouttée, débarrassez dans un saladier et ajoutez les zestes du citron, un peu de crème liquide, une belle lampée d’huile d’olive, du sel et du poivre à votre convenance. Mélangez bien pour amalgamer le tout et avoir une ricotta lisse et onctueuse.

    Pour le dressage, formez trois petites quenelles à l’aide de deux petites cuillères et disposez-les dans l’assiette, un filet d’huile d’olive, un tour de moulin à poivre, les figues, une pincée de persil et les amandes. Bon appétit !

  • [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    La Marseillaise : Suite à la disparition en 2021 de Jacob Desvarieux (leader et cofondateur du groupe), vous avez déclaré : « Après sa mort, pour moi, Kassav’, c’était fini. » Qu’est-ce qui vous a redonné du souffle pour poursuivre l’œuvre du groupe ?

    Jocelyne Béroard : Quand je disais cela, ce n’était pas une affirmation. On se demandait alors comment Kassav’ pouvait continuer après la mort de Jacob, car il avait une voix particulière et un tel charisme… Pratiquement tous les gros tubes du groupe sont écrits, composés ou chantés par lui. Maintenant, chacun a la même importance. Si Kassav’ a pu offrir au reste du monde sa musique qui venait de toutes petites îles, c’était justement grâce à la réunion de tous ses membres. On avait déjà déploré, en 2010, le décès de Patrick Saint-Eloi, puis celui de Jacob derrière. On finit par se poser des tas de questions. D’abord, parce qu’on monte en âge. On se demande si on a encore l’énergie pour continuer sans eux. Il a donc fallu faire cet hommage à Jacob. ça nous a permis de reprendre confiance. Et on lui devait ça. On a donc cherché des gens qui pouvaient nous accompagner sur scène, d’autant que Jean-Philippe Marthély, aussi un élément majeur de Kassav’, avait fait un AVC. On a eu la chance de rencontrer des musiciens qui avaient le talent et l’énergie pour nous accompagner et continuer l’aventure.

    Le zouk est, à l’image des Antilles, un mélange de toutes les cultures qui la composent. Selon vous, Marseille, cette cité carrefour où vous venez jouer, est-elle aussi une terre de créolisation ?

    J.B. : Il est vrai que Marseille est le lieu d’énormément de rencontres, un port avec des bateaux qui arrivent de partout, notamment d’Afrique. Après, chacun défend son héritage, sa culture. Mais les enfants qui naissent en France créent autre chose, c’est ça la créolisation. Et la créolisation, en fait, on la retrouve partout dans le monde aujourd’hui avec le développement et l’accès aux moyens de transport. Les voyages permettent de s’habituer aux autres cultures, de devenir plus tolérant.

    Le producteur de Kassav’, Georges Debs, avait déclaré en 1988 à « L’Humanité », après le succès de l’album « Vini Pou » : « Pour la première fois de l’histoire des Antilles, un groupe authentiquement antillais est récompensé nationalement. Ce ne sont pas les doudous et les plages qu’on récompense, mais notre culture et notre créole ». Vous sentiez-vous méprisé par l’industrie à l’époque ?

    J.B. : Je n’utiliserais pas le mot de mépris, mais plutôt d’ignorance. Et il ne faut pas oublier que les États-Unis envahissaient le monde musicalement. Même la variété française avait du mal à subsister et certains chanteurs se mettaient parfois à chanter en anglais. Ils rêvaient d’exploser en Amérique, alors que les Américains avaient la main forte sur l’industrie. Nous qui venions de petites îles qui comptent 350 000 habitants et 80 km de long, on ne faisait pas le poids. Certains leur avaient vendu une vision doudouiste des Antilles : cocotiers, sable blanc, doudou, accras, punch, fête… Eh bien non, chez nous, comme partout ailleurs, on travaille, on réfléchit à une culture, une musique… Et cela, il fallait le faire admettre à tous.

    Kassav’ a même commencé à cartonner dans le reste du monde avant de le faire en France…

    J.B. : Oui, on avait besoin d’un public, d’assurer nos attaches au niveau local. Cela nous a rendus beaucoup plus fort pour aller ailleurs. L’Afrique a vite appelé Kassav’. Ensuite, on est revenu par ici. Car quand ils ont su les scores qu’on faisait dans les concerts, jusqu’à 80 000 personnes dans les stades, tout le monde a sursauté. Un gros truc est en train de se passer et on n’est pas au courant, ont-ils pensé.

    À vos débuts, vous définissiez le zouk comme « la musique antillaise actuelle » qui « amalgame les cultures ». C’est toujours le cas ?

    J.B. : Ce qui nous avait nourris au départ, c’était les musiques traditionnelles de chez nous, comme le gwo ka. ça vient de nos arrières grands-parents, qui jouaient du tambour. Aujourd’hui, c’est le même principe, on peut les mélanger à tout : de la musique classique, du jazz, du RnB… Désormais, on se nourrit de tout ce qu’on peut. Avec juste un ordinateur, on peut vagabonder dans les musiques du monde. La base du zouk, c’était ça. Et c’était important qu’on ne soit pas une pâle copie des Américains, ni de qui que ce soit. Même si on aimait le reggae par exemple, on n’allait pas se mettre à en faire, car on avait autre chose de plus original à offrir au reste du monde.

    Votre show actuel s’ouvre par du gwo ka, musique traditionnelle de Guadeloupe jouée avec des tambours, entre autres symboles de résistance pendant le Code noir, qui en interdisait la pratique. Est-ce que la jeunesse antillaise s’en empare encore pour porter ses aspirations face à un état central qui les laisse encore à l’abandon ?

    J.B. : Je crois que dans les gens ont besoin d’avoir leurs propres réponses dans tous les pays. Ça vous ramène à votre enfance et culture. Même en ce qui concerne les gens nés en France et qui n’ont jamais vécu aux Antilles : quand leurs parents leur font découvrir la musique du pays, ça leur parle. C’est dans les tripes. Quelle que soit l’évolution, il y a toujours une référence à l’origine, qui fait qu’on appartient à un groupe de personnes.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « Nous mettrons les intérêts du monde du travail au cœur des municipales »

    [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « Nous mettrons les intérêts du monde du travail au cœur des municipales »

    Sa candidature

    Didier Gesualdi : Les communistes de Marseille viennent de vous désigner chef de file. C’est un peu tôt alors que le maire n’est toujours pas déclaré ?

    Les communistes sont des gens organisés qui aiment anticiper. Nous avons eu jeudi une assemblée générale des communistes de Marseille. Nous sommes nombreux, motivés et engagés dans cette ville. Nous avons traité plusieurs questions : quelle stratégie ? Quel programme nous souhaitons mettre en débat ? Et quel chef de file ?

    Didier Gesualdi : Benoît Payan a-t-il raison de ne pas se dévoiler alors qu’on sait qu’il sera la tête d’affiche ?

    Vous lui poserez la question. Il est maire de Marseille, il fait du bon travail. Il a encore des choses à faire avant la fin de son mandat. Ça ne nous pose pas de problème dans cette phase de réflexion et de propositions. Nous initions le débat et nous serons heureux quand chacun nous rejoindra dans ce débat.

    Léo Purguette : Vous êtes professeur de médecine, cancérologue réputé, ce n’est pas le profil habituel d’un candidat communiste et pourtant vos camarades vous ont désigné à l’unanimité. Qu’entendez-vous incarner dans cette campagne ?

    C’est vrai. Je suis en effet professeur de médecine, cancérologue, je suis aussi un enfant des milieux populaires, de la classe ouvrière et je n’oublie pas d’où je viens. Enfant, j’ai été marqué par une chanson de Jean Ferrat, l’un des artistes qu’on écoutait beaucoup à la maison, dans laquelle il disait « je rêve d’un monde où on n’est pas toujours du côté du plus fort ». C’est ce qui m’anime. Je suis heureux de participer à l’effort collectif des militants d’un parti qui a toujours été du côté de ceux qui n’ont pas grand-chose et qui cherche à améliorer leur quotidien. C’est dans cet esprit que je me trouve et c’est pour ça que je suis candidat à la demande des communistes. Qu’ils me demandent d’être leur chef de file à l’occasion des élections municipales, c’est un grand honneur qu’ils me font.

    LE MOUVEMENT SOCIAL

    Léo Purguette : Quand vous entendez Sébastien Lecornu parler de rapprocher le salaire net et le salaire brut, que répondez-vous ?

    Je tremble parce que je vois bien que cela signifie saper le financement de la Sécurité sociale. On en fête le 80e anniversaire. C’est une avancée majeure. La plus grande avancée médicale que l’on ait connue car elle met à disposition de chacun les soins dont il a besoin. N’importe quelle innovation thérapeutique n’a aucune valeur si elle n’est pas accessible. Ce que propose le Premier ministre, c’est exonérer les patrons de leur responsabilité dans l’augmentation des salaires et une façon de saper la Sécurité sociale.

    Didier Gesualdi : La rue est en train d’imposer un débat sur la taxation des hauts revenus mais elle a régulièrement perdu ces dernières années. Que faut-il faire ?

    Il ne faut pas se décourager. C’est un combat éternel qui a commencé avec Spartacus, il s’est poursuivi pendant la Révolution française dans notre pays. Je mets en garde les ultra-riches de notre pays qui s’efforcent de ralentir toute tentative de partager un tout petit peu leur richesse. Je leur dis : un jour, il y a eu la nuit du 4 août, et les privilèges de l’ancien régime ont disparu en fumée. Leur attitude est totalement indécente. La taxe Zucman, c’est une taxe très sociale-démocrate, pas une taxe révolutionnaire. Si les communistes étaient au pouvoir, c’est d’autre chose dont on parlerait. Là il s’agit de prendre à 1 800 milliardaires 2% de leur richesse.

    Léo Purguette : Ça vous inquiète le rapprochement RN-socle commun pour se répartir des postes à l’Assemblée nationale ?

    Oui, lorsque le pouvoir de l’argent se sent menacé il est capable du pire. La réponse, c’est la mobilisation populaire pour remettre les questions de classe au cœur du débat.

    LA MÉTHODE

    Léo Purguette : On entend vos propositions, vous êtes là pour les incarner, quelle sera votre méthode pour les faire cheminer dans le rassemblement de la gauche ? Vous allez dialoguer avec le maire de Marseille ?

    D’abord, nous mettons nos propositions en débat avec la population. Elles ne sont pas à prendre ou à laisser. Notre parti politique est un intellectuel collectif. D’où l’intérêt d’avoir des structures organisées qui permettent aux gens de réfléchir ensemble. Ces propositions, les communistes eux-mêmes les ont travaillées collectivement. Nous espérons qu’elles seront discutées, probablement amendées avec la population et avec nos partenaires. Tout fait l’objet de discussion. Nous voulons construire, nous voulons rassembler. Vous savez, la radicalité pour nous, ce n’est pas se positionner dans un coin de la pièce en répétant des mantras qui ne deviendront pas réalité. Nous voulons le rassemblement, c’est pour nous la manière d’accéder à la radicalité.

    Léo Purguette : Vous avez été élu chef de file sans jamais avoir exercé de mandat. Est-ce un signal envoyé en pleine crise de confiance vis-à-vis de ce que d’aucuns appellent la « classe politique » ?

    C’est une observation qu’on peut faire. Je suis professeur de médecine et oncologue médical mais je suis surtout le salarié d’un hôpital. Je travaille, je me lève le matin, je trouve que c’est plutôt pas mal que des gens qui sont engagés dans le combat politique y compris dans un mandat électif puissent être de plain-pied dans les réalités du monde du travail. On parle de moi parce que je suis chef de file mais dans le vivier des candidats communistes, il y aura toutes les composantes du monde du travail représentées.

    LA PAIX

    Léo Purguette : Les communistes prônent la paix mais comment y parvenir ?

    La paix, c’est un marqueur de notre parti. Nous voulons que Marseille joue un rôle majeur dans le combat pour la paix, du fait de son histoire, de son brassage de population, de sa position en Méditerranée…

    Léo Purguette : Vous avez apprécié le jumelage avec Bethléem ?

    Bien sûr, nous avons félicité le maire pour cette initiative qui rapproche les peuples. On est tous dégoûtés par les massacres qui se passent à Gaza, nous demandons le cessez-le-feu immédiat, la libération des otages des terroristes du Hamas, des sanctions contre le gouvernement israélien… Il faut aller plus loin que la reconnaissance d’un État palestinien et rester unis ici. Le racisme et l’antisémitisme sont des poisons qui divisent les peuples. C’est inacceptable. Pendant la Seconde guerre mondiale, nous avons été ceux qui ont organisé la Main-d’œuvre immigrée (MOI) y compris juive qui a lutté contre l’occupant. Des dizaines de héros communistes issus de cette communauté sont tombés. Nous ne laisserons jamais rien passer en matière d’antisémitisme.

    L’EXTRÊME DROITE

    Didier Gesualdi : Le climat de la campagne est-il de nature à mobiliser les électeurs ?

    La politique c’est sérieux. Il ne faut pas montrer des exemples qui ne sont pas toujours les plus attractifs. La quasi-fusion entre le RN et la composante ignoble constituée par Stéphane Ravier est de nature à inquiéter les citoyens de cette ville, les démocrates. Il va falloir réfléchir à construire un grand front démocratique contre la menace du RN.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous à ses électeurs ? Vous les considérez comme des nazis ?

    Nous n’avons jamais fait partie de ceux qui considèrent les électeurs du RN comme des nazis. C’est totalement déplacé. Beaucoup de ces électeurs sont issus des classes populaires, nous ne pouvons pas mener la lutte pour la transformation sociale en méconnaissant cette réalité. Comment fait-on ? On parle des questions sociales, on répond aux questions que se posent les gens, on affronte le sujet de la sécurité et on ne renonce jamais sur l’égalité, sur la justice.

    LE PRINTEMPS MARSEILLAIS

    Didier Gesualdi : Vous prônez l’union autour du Printemps marseillais qui a connu un certain nombre de dissensions. Est-ce encore possible un « Printemps marseillais 2026 » ?

    C’est une des questions débattues à l’assemblée générale des communistes de Marseille jeudi soir. Est-ce qu’on doit renouveler la stratégie du Printemps marseillais ? Nous avons répondu massivement oui à cette question avec deux raisons principales. La première, c’est qu’il y a un danger réel à Marseille avec un RN qui est en train de solidifier ses positions et qui avance ses pions petit à petit. Dans cette situation, les communistes ont un rôle à jouer pour alerter du danger et pour organiser la résistance. La deuxième, c’est que nous faisons partie des premiers initiateurs du Printemps marseillais, en 2019 avec ce qu’on appelait le « mouvement sans précédent » et donc c’est un peu notre propriété aussi. Nous avons des droits sur cette construction de partis politiques et de citoyens et nous avons forcément des améliorations à apporter. Il faut tenir compte du bilan que nous jugeons bon et aussi de ce qu’il faut faire pour à nouveau convaincre les Marseillais que nous avons besoin d’un mandat supplémentaire pour continuer de transformer la ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous de l’action des communistes dans le Printemps marseillais ?

    Les communistes qui ont débattu jeudi, considèrent que le bilan des élus communistes et notamment des adjoints est bon, très bon. Il a contribué à transformer la ville. Je pense à l’action de Jean-Marc Coppola dans le domaine de la culture, à celle d’Audrey Garino, dans le domaine de la Solidarité, à celle d’Aurélie Biancarelli pour l’amélioration des conditions de vie étudiantes. Je pense aussi au rôle fantastique joué par Nathalie Tessier dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, le combat pour l’égalité femme-homme. Je pense enfin à Marie-Josée Cermolacce qui était en charge de l’accueil des nouveaux habitants et qui a pu démontrer au cours des dernières années que la population de la ville augmente. C’est le reflet de nos acquis en matière de politiques publiques si Marseille attire de nouveaux habitants.

    Léo Purguette : Il reste encore beaucoup à faire dans une ville traversée d’inégalités.

    Le bilan n’est jamais la raison pour laquelle on gagne. Ce qui va emporter la décision, c’est ce qu’on propose. Nous les communistes avons un apport original : nous voulons que se trouvent au cœur de la campagne, les intérêts du monde du travail. Dans cette alliance que nous allons construire avec d’autres partis politiques et citoyens, nous voulons incorporer ces aspirations. En matière de santé, nous proposons par exemple de construire avec l’AP-HM des centres de santé répartis partout sur le territoire, dans chaque arrondissement.

    LA SÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : On ne vous entend pas parler de sécurité. Ce n’est pas important pour le PCF ?

    Pas du tout. Nous ne sommes pas de ceux qui la mettent de côté. Nous avons lancé, à l’initiative du sénateur Jérémy Bacchi et d’un certain nombre de personnalités marseillaises, ce qui s’est appelé « l’appel de Marseille » pour pointer l’urgence qu’il y avait à mener la lutte contre les narcotrafics de manière implacable. En donnant les moyens à la police, à la justice, à la lutte contre le blanchiment, en allant chercher les trafiquants. Et en même temps en développant la justice sociale, l’égalité républicaine dans les quartiers populaires. Les communistes ont été dans le siècle précédent, avec François Billoux, de grands artisans de la lutte contre le crime organisé. Nous pouvons aujourd’hui prendre la tête d’une grande coalition citoyenne qui se donnera l’objectif de débarrasser les quartiers des mafias.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Gabriel :

    Bonjour, qu’allez-vous faire pour le logement ? Il faut construire massivement des logements sociaux dans tous les arrondissements comme à Paris.

    Bonjour. Oui je suis d’accord, il faut construire massivement comme à Paris. Dans les priorités que les communistes ont adoptées jeudi, il y a un grand programme de logements publics qui soient accessibles, de haute qualité environnementale et implantés dans un cadre doté en services publics car on ne fait du logement dans un désert. Nous voulons aller jusqu’à 40% de logements publics à l’échelle de la ville. Je parle de logements publics, c’est une autre façon de parler de ce qu’on a appelé le logement social et qui est devenu connoté. Nous, par ce terme de logement public, nous voulons affirmer que le logement public, ce ne doit pas être considéré comme du logement pour personne dans la grande misère. C’est le logement des gens qui travaillent, qui ne peuvent pas passer des milliers d’euros dans leur loyer. C’est le logement des infirmières, des ouvriers, des policiers… C’est aussi une manière de souligner l’effort public qui doit être mis en œuvre pour construire ce type de logements en s’appuyant sur les bailleurs sociaux notamment.

  • Des avocats dénoncent les arrestations devant Eurolinks

    Des avocats dénoncent les arrestations devant Eurolinks

    « C’était une manifestation pacifique qui ne troublait pas l’ordre public », affirme Adrien Mawas, avocat de trois personnes interpellées et membre du Syndicat des avocats de France (SAF). Jeudi, en marge d’un rassemblement contre l’entreprise marseillaise Eurolinks, qui vend des composants d’armes à Israël, 123 personnes ont été placées en garde à vue. Quatre avocats, qui ont accompagné certaines des personnes interpellées, dénoncent une grave atteinte à la liberté de manifester.

    « La grande majorité des suites, ce sont ce qu’on appelle des alternatives aux poursuites, explique Mathilde Lanté, avocate et membre du SAF. C’est-à-dire qu’on propose des peines extrêmement faibles pour que les gens reconnaissent les faits, alors que la grande majorité d’entre eux ne les reconnaissent pas. C’est du chantage. »

    Un grand nombre de gardés à vue qui n’a pas permis aux avocats de tous les prendre en charge. « Certains ont eu des commis d’office et d’autres n’ont carrément pas eu d’avocat », se désole Adrien Mawas. Pour lui, « l’objectif est d’intimider et de priver d’une liberté fondamentale des personnes qui ne commettent aucune infraction ».

    La préfecture affirme les avoir arrêtés pour « participation à un attroupement après sommation et certains pour dégradations et violences sur personne dépositaires de l’autorité publique ». Les avocats affirment que leurs clients n’ont pas entendu les sommations.

  • Baptême de plongée sous-marine pour des élèves de primaire

    Baptême de plongée sous-marine pour des élèves de primaire

    Les élèves des classes de Florence Scotto et de Laetitia Gianazzi ont participé le mercredi 1er octobre à une expérience inoubliable : leur baptême de plongée en bouteille, organisé au centre
    UCPA de Niolon dans le cadre des classes de mer.

    Ce dispositif, financé par la mairie du Rove et mis en place avec le Parc marin de la Côte Bleue et le centre UCPA de Niolon, depuis 1984, permet aux enfants de découvrir le milieu marin autrement. Sous le regard bienveillant de leurs enseignants, des parents présents et de Juliette, animatrice du Parc marin, les jeunes écoliers ont franchi avec courage les étapes de cette immersion grâce au professionnalisme du personnel du centre UCPA.

    Le maire du Rove, Paul Sabatino, fidèle à ce rendez-vous, a tenu à encourager les élèves aux côtés de son adjointe déléguée aux écoles, Chantal Giraud, et à féliciter et remercier toutes les personnes impliquées dans la réussite de ces journées. Les conditions étaient particulièrement favorables : une eau à 20/21 degrés et une météo ensoleillée. Mais le souvenir le plus marquant restera sans doute les larges sourires des enfants à leur sortie de l’eau.

  • [Entretien] Jean-Claude Cheinet : « Les salariés et la population doivent pouvoir contrôler l’industrie »

    [Entretien] Jean-Claude Cheinet : « Les salariés et la population doivent pouvoir contrôler l’industrie »

    La Marseillaise : Comment réagissez-vous à l’explosion du gazoduc de NaTran, le 26 septembre, à Saint-Rémy ?

    Jean-Claude Cheinet : Cet accident surprend un peu tout le monde, mais rappelle qu’il faut être exigeant sur la sûreté de ce type d’installation. La direction de NaTran nous indique que cet accident n’est pas dû à un défaut de maintenance, mais nous ne connaissons pas encore la cause exacte. Les gazoducs sont un sujet de préoccupation, mais pas d’inquiétude, dans la mesure où la sécurité de la population est assurée.

    Doit-on s’alarmer de l’industrie de l’hydrogène qui arrive à Fos-sur-Mer, après deux incidents en 3 mois ?

    J.-C.C. : Il faut nuancer. Nous sommes dans une région industrielle. La décarbonation annoncée des activités est une satisfaction, c’est écologique et permettra une diminution des risques existants. Mais la fabrication et le transport d’hydrogène dans le reste de l’Europe n’est pas sans risques, ce gaz est dangereux à manipuler. Les riverains et les salariés doivent être parfaitement au courant des détails de fabrication et des mesures de sécurité.

    Quelle structure permettrait ce contrôle citoyen ?

    J.-C.C. : Ce sont les comités de suivi de site (CSS). Il faut leur donner un périmètre d’intervention et de surveillance adéquat. Actuellement, les représentants sont nommés par le préfet et ont un avis consultatif. Faisons appel aux salariés, à la population, aux riverains. Pourquoi ne pas imaginer que les assos présentent des listes à élire ? Il devrait également y avoir un budget dédié pour mener des études, contrôler les industries. Les CSS doivent obtenir le pouvoir d’imposer les investissements nécessaires à la sûreté des installations.

  • [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    Ses recherches portent sur les mécanismes cérébraux qui régulent les comportements alimentaires et particulièrement l’obésité.

    La Marseillaise : Parle-t-on d’intelligence ou de régulation ?

    Carole Rovère : J’essaie de comprendre comment notre cerveau arrive à contrôler les dérégulations du comportement. L’hypothalamus est la partie du cerveau qui contrôle cet équilibre physiologique. On peut parler d’intelligence alimentaire ou nutritionnelle. C’est essayer de manger le meilleur pour notre corps, tout en gardant le plaisir des saveurs.

    Vous insistez sur la prévention ?

    C.R. : Car revenir en arrière est très compliqué lorsque le cerveau est dérégulé. Si les causes de l’obésité sont multiples, soit génétiques (5%) ou hormonales ( 5%), l’alimentation demeure la cause principale avec 90% des cas. Les régimes hyper lipidiques sont dangereux, mais c’est le sucre le plus mauvais, car beaucoup plus addictif.

    Comment se rend-on compte que l’hypothalamus est déréglé ?

    C.R. : Les neurones qui le composent expriment des peptides (soit des neuro hormones), qui sont normalement à l’équilibre. Si elles sont anorexigènes, elles coupent l’appétit et on maigrit. Si elles sont orexigènes, c’est la prise de poids.

    Peut-on les réguler ?

    C.R. : Ces hormones ont d’autres fonctions physiologiques. Elles sont impliquées dans le sommeil ou l’humeur. Les modifier peut faire intervenir des signes d’anxiété ou de dépressions. C’est l’exemple du médicament Médiator, qui à l’origine était prévu pour réguler le diabète et a été détourné pour la perte de poids. N’étant ni étudié, ni quantifié pour agir sur l’obésité, toute une série de problèmes sont apparus.

    Comment agir autrement ?

    C.R. : Au laboratoire, nous travaillons plus sur des approches nutritionnelles. On a enrichi les croquettes des souris en huile de colza, de tournesol ou de soja-maïs, en jouant sur les rapports Oméga 6-Oméga 3 du régime alimentaire. L’OMS préconise un résultat autour de 5. Si le taux est très inférieur, c’est très bénéfique. C’est par exemple le résultat avec de l’huile de colza, riche en Omega 3. En revanche, à l’inverse, avec trop d’huile de tournesol, le taux peut approcher les 17. Une IRM révèle que le cerveau est alors inflammé au bout de 4 mois de ce régime, il y a une prise de poids, des troubles anxieux et de mémoires, selon notre étude publiée en 2024.

    Y a-t-il des aliments qui rendent intelligents ?

    C.R. : (Rires) Sur le Vieux-Port, il y a les poissons bleus, qui sont riches en Omega 3, bénéfiques pour développer la mémoire, un des critères de l’intelligence. Il faut essayer de manger des aliments sains, non transformés, bon pour notre cerveau tout en gardant le plaisir de manger.

  • Au pied de la mairie de La Ciotat, un jardin paysager a remplacé le bitume

    Au pied de la mairie de La Ciotat, un jardin paysager a remplacé le bitume

    « Là où autrefois était une vaste esplanade, fonctionnelle mais froide, maintenant, à deux pas des quais, le parvis de l’hôtel de ville s’est transformé en jardin arboré, propice aux sorties de mariage, aux moments de calme et de détente », présente, vendredi en fin d’après-midi devant le public, le maire (DVD) Alexandre Doriol.

    « Nous avons gardé les arbres existants et nous avons planté près de 40 nouvelles essences de savonniers, camphriers, aubépines (…) et des arbustes adaptés au climat méditerranéen », détaille-t-il. Depuis le premier coup de pioche, ou plutôt de tractopelle, un matin gris du 13 janvier, les travaux d’aménagement du parvis de l’hôtel de ville, réalisés sur 2 510 mètres carrés (3 166 en tout si on inclut ceux de la placette Romain-Rolland, de l’autre côté de la rue) ont duré jusqu’à fin juillet. Ils ont coûté plus de 1,3 million d’euros.

    Davantage de vert

    Adjoint aux travaux et aux espaces verts, Noël Collura explique : « Dès que le maire est arrivé aux affaires, en 2023*, il a souhaité transformer le parvis de l’hôtel de ville. L’endroit, noir, couvert de bitume, retenait la chaleur… ». Architecte paysagiste ciotadenne, Sarah Ten Dam a dessiné le projet, avec le bureau d’études marseillais Alma Provence. La feuille de route était de « désimperméabiliser l’espace, végétaliser et créer un lieu de vie devant l’hôtel de ville », énonce-t-elle. À la place du bitume couleur charbon, des allées en béton désactivé, claires, créent aujourd’hui une promenade pour les piétons et égaient l’endroit, exposé au Nord. Au magnolia et au cèdre d’envergure, enracinés de longue date dans les talus, tout comme les micocouliers, la paysagiste a ajouté des essences aux feuilles caduques. À intervalles réguliers, les passants trouvent un mobilier urbain, des chaises autour de tables d’échecs, pour jouer, ou faire une halte. Un point d’eau complète l’ensemble. Autre changement, de taille : « Auparavant, il y avait des escaliers assez raides à l’entrée de la mairie. Désormais ils occupent toute la base de l’hôtel de ville », précise Noël Collura. « Ce projet s’inscrit dans la continuité des opérations de requalification et de verdissement du Port-Vieux, où nous avons planté 18 arbres, et du Domaine de la Tour, pour créer une trame verte dans la ville », souligne le maire.

    * Suite à la démission d’Arlette Salvo, Alexandre Doriol, son 1er adjoint est devenu maire.