Tag: Bouches-du-Rhône

  • Au Mucem, Don Quichotte extravagant et crépusculaire

    Au Mucem, Don Quichotte extravagant et crépusculaire

    Finement imaginée par deux responsables scientifiques du Mucem, Aude Fanlo et Helia Paukner, cette exposition requiert un singulier alliage de vigilance et de fantaisie. Sans souci de hiérarchie, elles ont réuni plus de 200 pièces : des farces, des turbulences et des pirouettes, une abondante iconographie à la fois « élitiste » et « populaire ». Des citations de Michel Foucault, Salman Rushdie et Monique Wittig sont juxtaposées avec des éditions originales du XVIIe siècle. En dérapage contrôlé, des coupures de presse, des photos de carnaval, un jeu vidéo et une vignette publicitaire de Tricosteril cohabitent avec des gravures de Dürer et Velasquez.

    Cette déferlante rencontra ses rebondissements, le récit de Miguel de Cervantès fut un best-seller, traduit en plusieurs langues. Sa tragicomédie et ses causes perdues furent interprétées et piratées, avec ironie, démesure et passion, par des gens de théâtre et des militants, ou bien par des incontournables comme Daumier, Gustave Doré, Picasso, Dali, Julio Gonzalès et Gérard Garouste. À côté de ces figures attendues, on découvrira les enluminures d’un « artiste brut », Reinhold Metz, autrefois repéré par Dubuffet et Thévoz.

    Un avenir brutal

    ou bien la mélancolie ?

    Une place de choix est accordée au performer Abraham Poincheval. On aperçoit, relatée par un film de Matthieu Verdeil, son errance parmi les éoliennes et les terrains vagues de la Bretagne, ainsi que la transformation de son armure d’hidalgo : sa doublure intègre sur la photo de cet article les algues, les coquillages et les feuillages d’un paysage marin.

    La démarche de Poincheval pose la question de l’héritage de Don Quichotte, entamé par les sombres connotations du XXe siècle : peut-on encore croire, comme l’écrit affectueusement Erri de Luca, que « Quichotte est tout le temps par terre, mais qu’il se relève et qu’il reste invaincu » ?

    Puisque cette exposition à la fois savoureuse et complexe est visible jusqu’au 30 mars, on conseillera de visiter deux ou trois fois le rez-de-chaussée du Mucem : le temps pour revoir l’effrayante tentative filmique d’Orson Welles qui campe le chevalier à la triste figure au milieu de processions de pénitents cagoulés issus du franquisme. Par « sauts et gambades », on pratiquera une révision libre, grâce aux multiples entrées de son catalogue (Gallimard, 264 pages, 130 illustrations). Dans la programmation du Mucem, on signalera la journée du 28 janvier, pour laquelle Roger Chartier et William Marx sont pressentis.

  • Méditerranéennes engagées devant et derrière l’objectif

    Méditerranéennes engagées devant et derrière l’objectif

    À l’occasion de ses 20 ans, Films femmes Méditerranée a choisi comme invitée d’honneur Anna Mouglalis. « Une actrice singulière, libre, engagée, avec une voix qui dérange, transforme », résume la présidente de ce festival, Marcelle Callier. « Elle sera présente à Marseille pour célébrer avec nous les valeurs d’inclusion, de partage, de sonorité qui nous animent », évoquent les organisateurs à propos de cette femme de cinéma dont l’engagement dépasse l’écran, comme a pu le prouver, au printemps dernier, son audition par les députés lors d’une commission d’enquête autour des violences sexuelles dans le monde de la culture.

    « Elle a souhaité intervenir publiquement », souligne Valérie Boudoire, coordinatrice de la programmation, qui s’étendra du 7 au 14 novembre. « Il est temps de renouveler les formes de représentations et de récits, une démarche au cœur de notre réflexion », explique-t-elle. Illustration dès le film d’ouverture à l’Artplexe avec Promis le ciel. « Le premier long-métrage de fiction d’Erige Sehiri, dans lequel elle dresse le portrait de trois femmes originaires d’Afrique subsaharienne, en quête d’une seconde chance à Tunis. Cette réalisatrice tunisienne rend visible les invisibles. »

    Dix-huit pays représentés par 44 films

    Parmi les « 44 films, dont six avant-premières, représentant 18 pays », situe la déléguée générale du festival, Camilla Trombi, un « focus » autour de la Grèce avec une section dédiée à la « pionnière » Frieda Liappa (1948-94) aux Variétés. « Elle s’est élevée contre la dictature des colonels », complète Marcelle Callier, au sujet de cette réalisatrice « d’œuvres majeures comme Je me souviens de toi, toujours sur le départ ». La création actuelle sera aussi mise en lumière avec l’avant-première de Gorgona, le 13 novembre à la Baleine, dans lequel Evi Kalogiropoulou « offre une relecture contemporaine du mythe de Gorgone ». La réalisatrice libanaise Dima El-Horr viendra, elle, présenter And the fish Fly above our heads, drame qui témoigne d’un pays en ruines et de la « désillusion » d’habitants de Beyrouth portant « le poids de leur mélancolie, peuplée des fantômes de la guerre civile ». Autant de films des deux rives de la Méditerranée, auxquels Marseille ne fait pas exception avec la projection de Roikin 3, issu des ateliers du collectif Film flamme du Polygone étoilé. « L’histoire d’un minot qui prend la tangente, alors que ses éducatrices s’interrogent sur leur rôle et son avenir. Une errance géographique parcourue de poésie », décrit Valérie Boudoire.

  • En un an, 23 commerces ont ouvert en centre-ville d’Aubagne

    En un an, 23 commerces ont ouvert en centre-ville d’Aubagne

    Les affiches sont prêtes. On y lit « J’aime Aubagne, je consomme dans ses boutiques », accompagné du slogan « Soutenir nos commerces, c’est cultiver notre art de vivre. » « Ces affiches vont être apposées dans les vitrines. La campagne de communication va également se déployer sur les réseaux sociaux et des clips vidéo vont être diffusés, cette semaine, sur BFM TV Marseille », expose Danielle Menet, adjointe au maire déléguée à l’économie.

    Face « à ceux qui disent qu’il n’y a pas de commerces à Aubagne, ce qui est méprisant », lâche-t-elle, l’élue met en avant les atouts du centre-ville, selon elle : « c’est la présence de la culture », avec par exemple le cinéma Le Pagnol, le théâtre Comoedia et les loisirs, comme le manège. « Cela peut attirer le public, pour une expérience de consommation autre que de commander depuis son canapé », pose-t-elle.

    Si elle reconnaît que les travaux « pour le Bus+ en direction des Paluds et pour le Val’Tram* ont gêné les automobilistes, on espère que l’embellissement de la ville va faire oublier tout ça. » Elle poursuit : « Le Val’Tram, qui devrait être opérationnel à la fin du premier semestre 2026, va faire venir à Aubagne la clientèle d’autres communes.»

    100 commerces vacants

    Malgré un contexte économique maussade, « que l’on constate aussi dans la galerie marchande d’Auchan, zone de la Martelle, avec des commerces qui ont fermé », souligne pour sa part Céline Fourcade, directrice du Paci (Initiatives Pays d’Aubagne- La Ciotat), « on compte cette année 23 installations de commerces en centre-ville, contre 11 l’an dernier », se réjouit Danielle Menet. Directrice de l’économie à la Ville, Noria Medjebeur précise qu’il y a eu, cette année, « 39 ouvertures de commerces et 2 accompagnements en cours, et 16 fermetures ou changement de propriétaires. » Les nouveaux commerces, « restauration, esthétique, bien-être, friperie, prêt-à-porter femmes (…) » ont ouvert dans l’hypercentre, dans les rues Rastègue, Martinot, de la République, Cours Voltaire.

    Pour favoriser le commerce, indique Danielle Menet, la Ville a par exemple « doublé la taxe sur les friches commerciales en 2024 ». Cette taxe se paie lorsqu’un local est fermé depuis deux ans. Sur toute la ville, on dénombre « 100 cellules commerciales vacantes » à ce jour. La Ville peut épauler un porteur de projet pour négocier, avec un propriétaire de local commercial, un loyer moindre. Un autre outil « est la préemption. Dès qu’un local se libère, la Ville est informée. Selon le local, le maire statue sur la faisabilité du projet », éclaire l’adjointe. Grâce à ce système, Hélène Joliet, sophrologue, va par exemple pouvoir ouvrir avec sa maman mosaïste un commerce, début 2026. Elle va occuper 26m2 au 17, rue Martinot pour un loyer de 200 euros par mois.

    * Porté par la Métropole, Val’Tram prolonge la ligne de tramway d’Aubagne à La Bouilladisse. 15 000 voyageurs par jour en moyenne devraient l’emprunter.

  • Biomim’expo 2025 explore l’innovation inspirée du vivant

    Biomim’expo 2025 explore l’innovation inspirée du vivant

    Après Paris en 2024, c’est une première dans la cité phocéenne. Cet événement, à la fois salon et showroom, explore le vivant comme source d’inspiration pour l’innovation, la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la restauration de la biodiversité.

    Avec 130 exposants et 80 intervenants, le Biomim’expo s’adresse à un large public : chercheurs, scientifiques, équipes en recherche & développement, dirigeants, managers, représentants d’organismes publics, économistes, sociologues, universitaires et étudiants.

    Agriculture, biomimétisme, climat, eau ou encore intelligence artificielle font partie des thèmes abordés tout au long de la journée. Natural Solution, entreprise marseillaise, participera à une conférence-débat sur le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans la préservation de la biodiversité. « Notre ambition, c’est de donner aux écologues des outils d’IA qui parlent leur langue et respectent la nature », explique Olivier Rovellotti, directeur général de Natural Solution et fondateur du projet nommé All Life Intelligence (ALI). Il poursuit : « Concrètement, ALI repose sur des agents intelligents capables d’analyser automatiquement des rapports écologiques, de cartographier des habitats ou de générer des recommandations de restauration. »

    Pour la première fois, la question d’une mode durable s’invite au salon. Un défilé est proposé par Biomim’expo pour stimuler la réflexion et la créativité autour d’une mode plus résiliente et régénérative, avec la nature comme directrice artistique.

    La science invite la mode

    Longtemps centrée sur le modèle de la fast fashion, l’industrie de la mode commence à repenser ses méthodes de conception et de production. En juin dernier, Marseille a accueilli la slow fashion week, semaine de la mode responsable et engagée. Une initiative du collectif Baga. Le thème central : le kimono, décliné en cinq concepts, vernaculaire, symbiotique, circulaire, bio-architecturé multifonctionnel et vivant non humain.

    « à ce jour, 12 kimonos venus d’un peu partout en France nous sont parvenus. Ce n’est pas juste un défilé, mais un parcours réflexif sur ce que la nature nous apprend », relate Jocelyn Meire, membre du comité du pilotage du défilé, fondateur de FASK et président du syndicat Mode in Sud.

    Le 28 octobre au Palais du Pharo. Programme sur le site biomimexpo.com

  • Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Louis Alesandrini, président de l’association ART 13, a plaidé, lundi, en l’absence de son avocat pour demander au tribunal administratif l’arrêt en urgence des travaux en cours de requalification du jardin municipal Saint-Nicolas, présumant leur impact sur la conservation des vestiges antiques réensevelis au printemps.

    « Les travaux d’aménagement du jardin vont rajouter de l’eau qui va descendre par percolation et dégrader les vestiges. L’exhaussement de 4 m de terre n’était déjà pas autorisé au PLUi. Le mur de l’immeuble de la résidence des Loges fait barrage à l’eau et ils ont rajouté en avril une bâche en plastique », a-t-il expliqué tout en pointant la caducité du permis initial. « La ville s’était engagée à valoriser ce site historique, mais sa visibilité est réduite à un bloc abrité sous quelques bouts de bois posé à la va-vite. On est loin de la promesse d’une ombrière de 160m2. Le plus vieux monument de Marseille est en train de pourrir car ils étaient tous pressés de l’enfouir. »

    Des cadres municipaux sont venus réfuter cette analyse. « Aucun élément n’est produit sur un éventuel risque qu’aurait ce projet sur la conservation du monument, a dit une directrice de l’urbanisme. La commune produit des avis favorables de la Métropole sur la gestion des eaux pluviales. Tout a été pensé avec les Affaires culturelles (DRAC) et l’Architecte des bâtiments de France pour conserver et valoriser ce site. » De son côté, le directeur de la construction a souligné que « l’impluvium [système de captage des eaux de pluie] est total sur le jardin public. On ne rejette pas d’eau de pluie. La terre absorbe, le sol fait son œuvre. C’est un jardin fermé depuis trop longtemps. C’est sa vocation de service public d’y accueillir les enfants et leurs parents ». Délibéré mercredi.

  • Fête le mur célèbre le tennis à Istres

    Fête le mur célèbre le tennis à Istres

    Le tennis comme outil pour briser certaines frontières. À l’initiative de l’association Fête le mur, créée en 1996 par Yannick Noah, 25 jeunes venant d’Istres, Salon-de-Provence, Arles et Aix-en-Provence se sont réunis, ce lundi, à Istres, pour une journée découverte. Au programme, des matchs de tennis adaptés aux niveaux de chacun, de la découverture culturelle et des moments de rencontre entre jeunes. “Sur un même court, on ne voit plus les différences : on se parle, on joue, on rit. Ce sont des moments qui marquent les enfants et qui ouvrent des portes bien au-delà du sport” raconte Aymen, responsable de l’antenne istréenne.

    Ces journées “Matchs, culture et mixité” sont soutenues par BNP Paribas et la Fondation Engie et se veulent être “un tremplin pour l’inclusion et l’égalité des chances”. En effet, le tennis peut souvent être jugé peu accessible et réserver à une certaine élite. Un sport où les dépenses en matériel, voyage et entraînements peuvent devenir mirobolantes après seulement quelques années de pratique.

    Le but est aussi d’emmener ces enfants hors de leur quartier et tisser de nouveaux liens, en dehors de leur cercle habituel. Tous ont pu découvrir ce sport qu’est le tennis, sur la terre battue intérieure du club local, à Istres. Divers jeux étaient organisés pour qu’ils s’habituent à la discipline et puissent apprendre de manière ludique. Un moment qui est amené à se répéter pour permettre à un plus grand nombre d’enfants de participer à cet événement.

    Un sujet faisant écho à celui réalisé par notre journal le 2 septembre 2025, sur l’initiative de Guy Pinna. Cet homme a créé un circuit des quartiers, à Marseille, pour permettre à des jeunes défavorisés de jouer au tennis.

  • Marseille-Cassis à la pointe sur le volet environnemental

    Marseille-Cassis à la pointe sur le volet environnemental

    Marseille-Cassis, c’est une course emblématique au niveau national, avec un parcours difficile, un véritable défi pour les quelque 20 000 participants au départ. Mais c’est aussi un décor naturel unique, au cœur du Parc national des Calanques. Une carte postale que les organisateurs prennent soin de préserver depuis plusieurs décennies. Encore cette année, des mesures écoresponsables ont été mises en place. Cette 46e édition est placée sous le signe de l’expérimentation.

    Christiane Giraud, vice-présidente de la SCO Sainte-Marguerite, détaille le dispositif : « Nous avons choisi d’innover sur la distribution de l’eau, en accord avec le Parc national, car il n’y a pas d’eau dans la Gineste. On va installer une citerne au 15e kilomètre, avec des ecocups, et voir si cela fonctionne. L’installation de rampes d’eau est aussi prévue sur le parcours et à l’arrivée, à Cassis. Ce sera en collaboration avec la Société des eaux de Marseille et la Métropole. »

    Les bouteilles d’eau en plastique ont donc disparu des radars et c’est aussi le cas pour les bénévoles. Sur le village, tous seront munis d’une gourde durant le week-end de compétition. L’organisation a également mandaté une société pour réaliser un audit environnemental durant l’épreuve. Une observation qui servira, dans le futur, à améliorer le dispositif 2025. Récemment, le marathon de Lyon s’est couru sans qu’aucun gobelet ne soit utilisé et distribué. Ce sera aussi le cas pour celui de Paris, dès 2026. Mais les retours laissent encore à désirer et, à Marseille, cette alternative n’a pas été choisie. « J’ai eu des échos des juges arbitres lyonnais et c’est catastrophique pour les coureurs au niveau médical. Sur le principe, ça peut paraître bien mais il y a la réalité humaine qui doit être prise en compte. La réalité écologique, nous sommes les premiers à en être conscients », justifie la vice-présidente de la SCO Sainte-Marguerite.

    Un sujet majeur depuis longtemps

    Christiane Giraud appuie aussi sur le fait que l’épreuve appelle également à la mobilité douce. « Nous incitons à ne pas prendre la voiture. Des cars sont à disposition pour amener au départ les coureurs et les retourner sur Marseille ensuite. Nous avons aussi un partenariat avec la SNCF pour des trains spéciaux. En course, la majorité des voitures sont électriques, même si toutes ne le sont pas. »

    La question environnementale n’est pas nouvelle – « c’est notre dada » – pour les organisateurs du Marseille-Cassis. La SCO Sainte-Marguerite avait participé, en 1990, au nettoyage de la Gineste suite à de vastes incendies qui avaient terrorisé la population. 23 000 hectares étaient partis en fumée. Le club d’athlétisme a également participé à la plantation de nouveaux arbres, dont un olivier, aujourd’hui visible depuis le parcours. L’évolution majeure de l’édition 2025 porte donc sur l’accès à l’eau pour les coureurs. Ces dernières années, t-shirts et dossards offerts aux participants étaient déjà recyclables. L’épreuve continue de se réinventer et apporte aussi une nouvelle initiative avec les Cleanup dossards (voir ci-dessous), pour sensibiliser au ramassage des déchets. Un autre volet clé pour une course qui se veut précurseure sur le côté environnemental.

    CHIFFRES

    815

    C’est le nombre de bénévoles qui participeront à Marseille-Cassis en 2025. Ils seront mobilisés sur plus de 1 000 missions pour assurer le bon déroulement de la course. 200 bénévoles se consacreront au ravitaillement et à l’environnement.

    95 520

    La performance collective des 19 604 coureurs finishers du Marseille-Cassis en 2024, sur la distance de 20 kilomètres, représente environ 28 656 000 de calories dépensées dans l’effort, soit l’équivalent de 95 520 croissants.

  • Samir Belloumou, un cœur de Martégal

    Samir Belloumou, un cœur de Martégal

    La distance n’atténue pas l’amour que l’on garde éternellement pour son club de cœur. À 1 000 km de son Martigues natal, Samir Belloumou (31 ans), pensionnaire de Valenciennes depuis l’intersaison, a vécu la descente aux enfers du club de la Venise provençale, vers la Division 3 départementale, comme un déchirement. « C’est malheureux de voir une fin aussi tragique », déplore le milieu de terrain aux 151 rencontres entre 2017 et 2025. « Je pense sincèrement que même les gens qui voulaient du mal de Martigues, n’en voulaient pas autant », poursuit celui qui était prêt à rester pour honorer sa dernière année de contrat.

    C’était un 18 mai 2024

    Samir Belloumou était plus qu’un simple joueur, il fut le capitaine de l’équipe qui est parvenue à retrouver la Ligue 2, 23 ans après sa dernière apparition. « Je m’en rappellerai toute ma vie de ce 18 mai 2024 », martèle-t-il. « Après ce match-là [victoire face au Nîmes Olympique (1-0), Ndlr.], c’est une libération. Tout le monde était présent sur le terrain pour faire la fête. C’était un match incroyable. J’en ai encore les frissons. Je n’oublierai jamais ce match. J’ai vu la fierté dans le regard des supporters, et ça n’a pas de prix », ajoute l’ex-homme providentiel de Grégory Poirier.

    Désormais, son aventure martégale est derrière lui. Même si Valenciennes n’était pas « son premier choix », il a été séduit par le projet nordiste. « Ça m’a vraiment plu le fait qu’ils me font confiance », souligne celui qui a le malheur de rater le premier mois-et-demi de compétition suite à une blessure à l’ischio et au mollet. Le Martégal a enfin pu disputer ses premières minutes de jeu sous le maillot des Athéniens, lors de la réception de Villefranche (le 26 septembre, 2-0). Il espère désormais pouvoir connaître sa première titularisation de la saison, sous les yeux de sa famille, ce mardi au stade De-Lattre-de-Tassigny, face au Sporting club Aubagne Air-Bel.

    AUBAGNE – VALENCIENNES

    11e journée de National

    À 19h30, au stade De-Lattre-de-Tassigny

    Arbitre : Thomas Vincent

  • Des dossards verts menés par un ambassadeur de luxe

    Des dossards verts menés par un ambassadeur de luxe

    Une tonne de déchets ramassés en une semaine, c’est l’exploit réalisé par un ancien champion des pistes et 214 autres personnes. L’initiative Cleanup dossards fait partie des nouveautés de l’édition 2025 du Marseille-Cassis. L’ambassadeur choisi n’est autre que Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde 2017 du 800 mètres et désormais retraité. « Mon nom est venu sur la table et j’ai fini par accepter car les deux sujets me concernent : la course à pied et le ramassage des déchets. » L’ancien athlète s’est rapidement impliqué sur des projets environnementaux et a créé The Clean Project, un festival qui se veut « écocitoyen, sportif et culturel ». Il était d’ailleurs, le week-end dernier, place Bellecour, au centre de Lyon, pour sensibiliser les locaux.

    « PAB » sera donc au départ de ce Marseille-Cassis et explique le concept de ces dossards verts : « Le concept est simple, la course étant complète, l’organisation a fait gagner de nouveaux dossards par l’intermédiaire d’un jeu. Chaque déchet ramassé était compté et les 215 premiers ont donc gagné leur dossard vert. Je trouve ça top. Pour certaines personnes, c’était la première fois de leur vie qu’ils faisaient un ramassage. » Ce dispositif a été installé cette année pour mettre en avant les bonnes pratiques à adopter et montrer aux gens, à travers le sport, qu’il y a un geste simple à faire. « Toutes ces grosses courses ont des sponsors, de la rentabilité, sauf qu’on doit vraiment commencer à faire attention. Le trail, beaucoup de monde s’y est mis et ç’a été une catastrophe écologique car les gens jetaient leurs petits déchets n’importe où. Pour les courses sur route, c’est le même principe », analyse le spécialiste du double tour de piste.

    Pierre-Ambroise Bosse devait faire cette épreuve en compagnie de Jimmy Gressier, frais médaillé d’or mondial du 10 000 m, mais il a finalement renoncé, pour son bien. « On m’a dit que je partirai dans le même sas que Jimmy, mais finalement je ne vais pas le faire à fond. Je le fais surtout avec ma copine. Si je cours avec Jimmy, je ne tiens pas cinq minutes ! » rapportait-il, par téléphone.

  • Les citoyens évaluent les actions pour un air plus sain

    Les citoyens évaluent les actions pour un air plus sain

    Ce n’est plus un panel, c’est un collège. « On a donné plus de pouvoirs aux citoyens », explique Gwenaëlle Hourdin, présidente du Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (SPPPI) Paca. Mais le principe reste le même : le dispositif Réponses, créé en 2019 pour améliorer la qualité de l’air, lance sa campagne de recrutement ouverte à tous les habitants des 21 communes du pourtour de l’étang de Berre volontaires pour participer à l’évaluation des actions menées sur le territoire en réponse aux préoccupations et aux attentes exprimées par les riverains. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 novembre. Aucune connaissance spécifique n’est requise pour intégrer la démarche.

    Le rôle de cet organe est multiple : émettre un avis qui sera rendu public sur les actions menées pour lutter contre la pollution de l’air et les gaz à effet de serre et participer à une journée d’échange et d’évaluation collective qui se tiendra cette année le 15 novembre à Martigues.

    Restaurer le lien

    de confiance

    Membre de ce panel, devenu collège, depuis sa création en 2019, Myriam* détaille : « On peut aussi participer à d’autres activités, comme retravailler les fiches bilan du dispositif pour améliorer leur visibilité et les rendre plus pertinentes, mais c’est au libre choix des gens. C’est assez souple, on investit le temps qu’on peut donner. »

    À l’heure où les projets de décarbonation se multiplient sur le territoire, le dispositif joue un rôle crucial. « Il y a cette forme d’acculturation à la question industrielle, on est sortis du manichéisme qui voudrait que les entreprises soient toutes pourries, affirme Gwenaëlle Hourdin. Les citoyens sont plus fins, plus critiques, plus aiguisés. Du côté des usines aussi, on sent une plus grande volonté de transparence. »

    Myriam en est persuadée : le dispositif Réponses participe à restaurer le lien de confiance entre le monde économique et les habitants du territoire. « Avec la création de cet espace, il y a un meilleur dialogue et on sent que la réticence qu’il pouvait y avoir de part et d’autre s’estompe. » Quant à l’avenir industriel de Fos-Berre, « c’est évident que la démarche a un rôle à jour pour l’acceptabilité des projets » au-delà du débat de zone mené sous l’égide de la Commission nationale du débat public, au même titre que d’autres organes de concertation « comme l’institut éco-citoyen ou le Lab territorial », poursuit l’habitante de Saint-Mitre-les-Remparts.

    * Le prénom a été modifié