Tag: Bouches-du-Rhône

  • Des parcours « stressants » pour se faire régulariser

    Des parcours « stressants » pour se faire régulariser

    Devant la sous-préfecture d’Aix-en-Provence, le 16 octobre dernier, l’antenne locale de la Cimade demandait la simplification des procédures administratives nécessaires à la régularisation des personnes étrangères. L’association dénonçait « la complexité et l’absurdité des procédures qui maintiennent des milliers d’hommes te de femmes dans l’irrégularité ». « Il y a un tel écart entre la perception que l’on peut avoir avec des statistiques et la réalité des personnes qui vivent ces situations et qui voient leurs vies entravées », explique Guy Laudren, de l’antenne locale de la Cimade.

    Récemment, ce bénévole a accompagné des dizaines de bénéficiaires dans leurs parcours d’obtention de titres de séjours, souvent confrontés à des retards lors de renouvellements. Parmi elles, Icaro et Anais (*). Lui est d’origine algérienne, elle possède les nationalités française et algérienne. Actuellement, Icaro, rattaché depuis peu à l’arrondissement d’Aix-en-Provence, est toujours en attente du renouvellement de son titre de séjour, obtenu en avril 2024. Deux mois plus tard, il reçoit déjà un mail lui demandant de renouveler son titre, qui expire en octobre de cette même année.

    « Alors que nous sommes en avril, je découvre que la date inscrite est la date de dépôt, en octobre. J’ai donc une validité de six mois sur un titre d’une année », se souvient Icaro. Il faudra attendre jusqu’à mars 2025 pour obtenir une attestation de prolongation (équivalente à un récépissé). « Entre cette date et jusqu’au mois de mars, il n’avait aucun document. Je vous laisse imaginer ce que cela fait lorsqu’on croise un policier dans la rue », souligne Anais.

    Suivi au jour le jour

    Depuis cette date, Icaro court après les récépissés de demandes de renouvellement. Un parcours « stressant », rapporte le couple, confronté, selon lui, à des retards administratifs et un système dématérialisé. « Actuellement, je ne sais pas si mon prochain titre de séjour aura une validité d’un an, dix ans. J’espère quand même que ce sera la deuxième option », explique le trentenaire. Après une union en août 2022 en Algérie, le couple rentre en France en octobre 2023. Icaro entame les démarches via le site de l’administration numérique des étrangers en France (Anef), arrive sur le sol muni d’un visa « conjoint de Français ». « C’est après que la machine déraille », rapporte Anais. Depuis, chaque demande de récépissé « doit être surveillée au jour le jour ». De nouveau, entre le 29 juillet, date d’expiration d’un autre récépissé, et le 29 août, Icaro se retrouve sans documents, en raison de retards de la préfecture. Son employeur, chez qui il est en CDI, le suspend : plus aucun salaire ne tombe, ni aucun droit. L’intervention d’une avocate permettra finalement de régulariser le concerné. « De nouveau, s’ils ne me délivrent pas bientôt un titre de séjour ou un récépissé avant le 19 janvier, ils vont de nouveau me suspendre. Dans le pire des cas, ils vont me licencier », pointe Icaro. « Les crises d’angoisses, les gastrites à cause du stress… On a récemment perdu un bébé. Ils n’imaginent pas ce qu’il y a autour, ce qu’on vit. Ils dictent nos vies. On ne peut pas changer de logement. Il faut tenir compte de chaque date, chaque échéance », ajoute Anais.

    La situation est similaire pour Amed (*), dont le récit nous a été rapporté par les bénévoles de la Cimade. Cet habitant de Pertuis, ouvrier agricole et père de famille, pouvait travailler grâce notamment aux récépissés fournis par la préfecture, dans l’attente de son titre de séjour. Jusqu’au jour où ses missions, obtenues par intérim, sons suspendues, faute de dépôt, dans les temps, d’un récépissé. « Il n’y a pas longtemps, j’ai reçu mon récépissé », mettra à jour Amed.

    Il y a aussi l’histoire de Marie, sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), que nous n’avons pas pu rencontrer, mais dont l’histoire nous a aussi été délivrée par l’association. Arrivée en France dès il y a 16 ans, cette femme de ménage, mère de famille, voit sa demande de régularisation rejetée suivie d’une OQTF, sans aucune explication. À Aix, la Cimade reçoit, selon elle, « entre cinquante et cent » sollicitations par mois.

    (*) Les prénoms ont été modifiés.

  • Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    À la fin, c’est le pot de fer qui gagne. Alors que s’est ouverte, vendredi, une nouvelle enquête publique pour régulariser deux plateformes logistiques à Saint-Martin-de-Crau, gérées par Logiprest et CTLog International, Jean-Luc Moya annonce tout de go : « Nous n’allons pas y aller, nous laissons tomber. Nous sommes fatigués de voir la justice leur donner raison. » L’administrateur de l’association de protection de l’environnement Agir pour la Crau était pourtant au premier rang pour lutter contre la multiplication de ces « boîtes à chaussures » géantes. « Nous avons dépensé énormément d’énergie et d’argent dans ce dossier et nous avons obtenu des décisions favorables », rappelle-t-il. Mais, le temps que dure le bras de fer, les documents d’urbanisme ont été révisés pour mettre en conformité les installations. « Le temps donne raison à des personnes qui ont détruit des sites protégés, déplore Jean-Luc Moya. Ce sont des victoires à la Pyrrhus. Mais dans la Crau, le mal est fait. »

    Les deux plateformes logistiques soumises à enquête publique pour un mois illustrent cette longue bataille. La préfecture avait autorisé l’exploitation des deux entrepôts dès 2014, avec des prescriptions complémentaires en 2016, lorsqu’ils ont été confiés aux deux sociétés aujourd’hui propriétaires. Le premier, de 46 000 m² divisés en huit cellules, est exploité depuis 2016 par CTLOG International, avec en moyenne 80 salariés en CDI (dont 50 encadrants et administratifs) et 150 en interim ou CDD. Et 109 poids lourds par jour pour desservir le site. Le second, confié aux filiales du géant néerlandais Katoen Natie, n’a été livré qu’en 2020. Il s’étend sur 73 000 m² divisés en douze cellules, avec en moyenne 39 magasiniers, 13 encadrants et 7 personnes pour les services supports, et quelque 48 poids lourds quotidiens en circulation.

    Pas de nouvelles compensations

    Mais, le 22 janvier 2020, ces autorisations successives ont été annulées par le tribunal administratif, saisi par les associations Agir pour la Crau et France nature environnement. Sans que l’activité ne cesse sur aucun des deux sites, constatait six mois plus tard l’inspection de l’environnement. Poussant la préfecture à mettre en demeure les deux exploitants pour régulariser leur situation administrative. Mais, alors que les deux entreprises avaient déposé leur dossier, une série d’arrêts de la cour administrative d’appel annulait les décisions de justice passées, soulignant que le tribunal n’avait pas pris en compte l’évolution du plan local d’urbanisme. De quoi remettre à plat toutes les procédures après une réunion de crise en sous-préfecture le 1er mars 2023. C’est que la décision pointait le manque d’indépendance de la direction régionale de l’environnement dans son avis et une dérogation pour la destruction d’espèces protégées périmée.

    Peu importe : l’état des lieux pour l’étude d’impact est cette fois réalisé avec des plateformes logistiques déjà construites. Les exploitants n’ont donc pas à proposer de nouvelles mesures de compensations pour les atteintes à l’environnement. De quoi faire grincer des dents du côté de l’autorité environnementale, qui voulait que soit pris en compte l’état initial des lieux en 2014, avant la construction des bâtiments, tandis que les porteurs de projet s’abritent derrière la jurisprudence. Il restera malgré tout encore à régulariser les deux entrepôts voisins, face à des dérogations là aussi illégales. Quant aux associations écologistes, « nous restons engagés sur de nombreux autres dossiers », rappelle Jean-Luc Moya. Le regard tourné vers les centres de données en projet autour de Marseille.

    Refus de permis annulé à Rognac

    Le tribunal administratif de Marseille a retoqué, le 15 octobre dernier, le refus de l’ancienne maire de Rognac d’accorder un permis de construire pour la plateforme logistique de la société Gemfi sur les anciennes emprises de Shell, à Berre-l’Etang. L’entreprise avait en effet obtenu une autorisation tacite, le 24 août 2022, que la municipalité de Rognac n’avait pas le droit de retirer trois mois plus tard. Les quelque 57,4 millions d’euros d’indemnités réclamés par la société Gemfi sont en revanche retoqués par les juges administratifs. La préfecture, de son côté, a donné son feu vert au projet avec un arrêté pris le 6 juin, et contesté par la municipalité, pour cet entrepôt de 29 125 m² (pour une capacité de stockage de 87 250 tonnes). Y.S.

  • [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    Isabelle Merle, organisatrice de l’évènement et historienne au CNRS, spécialiste de l’histoire coloniale de Nouvelle-Calédonie, a répondu aux questions de La Marseillaise.

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette réunion publique maintenant ?

    Isabelle Merle : Car les trois militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), accusés d’avoir été commanditaires du mouvement social de mai 2024, ont été libérés de leur astreinte à rester en France. C’est l’opportunité d’alerter sur la situation de la Nouvelle-Calédonie, avant qu’ils ne repartent. Pour qu’ils nous donnent leur point de vue sur le processus de passage de l’accord Bougival avec la loi sur le report des élections provinciales [étudiée en commission parlementaire mixte depuis ce lundi, Ndlr.].

    Si la loi passe, les élections devraient se tenir en juin 2026 au lieu du 30 novembre 2025. En quoi ce report pose-t-il problème ?

    I.M. : Ces élections sont très importantes, parce qu’elles permettent d’élire les membres des assemblées de province et du Congrès. Si la loi passe, ce serait la troisième fois qu’elles sont reportées. Les élus auront donc un mandat qui aura excédé deux ans, car ils ont été élus en 2019. Le pays a besoin d’un souffle démocratique et d’avoir des représentants légitimés par une nouvelle élection. Car les élus du Congrès vont porter le processus d’organisation du référendum sur l’accord de Bougival, qui n’est pas consensuel.

    Pourquoi cet accord, signé le 12 juillet dernier, ne fait-il pas consensus ?

    I.M. : Une partie du FLNKS le rejette. Il a été extrêmement critiqué sur la forme : insuffisamment préparé, insuffisamment négocié, passé dans des conditions de contraintes fortes, ce qui a entraîné le retrait du FLNKS. Ce texte est aussi problématique sur le fond : il propose un État, mais sous un fort contrôle de la France, crée une nationalité, mais indexée à la française, ce qui en fait une nationalité subalterne. Le dégel du corps électoral est aussi prévu dans cet accord. Les indépendantistes ne sont pas opposés à la discussion sur un élargissement des électeurs, mais se le voir imposer par Paris sans négociation est problématique, car le dégel ne fait pas consensus.

    Maintenir la date des élections provinciales est donc important ?

    I.M. : Le pays a besoin de ce souffle démocratique pour apaiser les tensions. Sans cela, cet accord de Bougival sera pris comme un passage en force. Plus on restreint les formes de contestations démocratiques, plus elles risquent de s’exprimer autrement. Les braises sont encore chaudes dans l’archipel.

  • L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    L’innovation naturelle comme boussole au Pharo

    Et si on regardait la nature autrement ? « Le grand salon-showroom innovation & biodiversité », pose ses valises au palais du Pharo, ce mardi, pour sa 9e édition. Une première à Marseille. Biomim’expo, en quelques chiffres, c’est 3 000m2 d’expos, un showroom accueillant près de 130 exposants, plus de 80 conférenciers, vingt fresques et ateliers et près de 1 500 participants attendus pour cette journée. L’idée : fédérer chercheurs, entreprises et citoyens autour d’une idée simple : la nature est notre meilleure alliée pour inventer un futur durable.

    Si le prix d’entrée (30 euros grand public, 15 euros étudiants, 9 euros scolaires) est hésitant, le pitch est, lui, séduisant : « Les constats et alertes ne suffisent plus, le monde a besoin de solutions, de projets, de perspectives, de vie. Depuis 3,8 milliards d’années, le Vivant est champion de la transition et de l’adaptation continue. Basée sur les sciences et la recherche, la bio-inspiration propose d’en tirer leçons et idées pour des activités humaines plus respectueuses et pérennes. »

    Un cycle de neuf conférences sur l’intelligence artificielle, le climat et les océans, le sport, les villes comme territoires de résilience, ou encore l’agriculture du futur viendront alimenter une grande plénière tout au long de la journée, avec des exemples concrets à l’appui. La présentation du projet MaiOasis, une ferme pilote, autonome, agrobiologique à but social et solidaire sur l’île de Maio au Cap Vert, qui invente « une agriculture presque sans eau sur un territoire touché par des sécheresses à répétition », en sera l’un des points d’orgues.

    De l’art du Mycélium

    Au fil des allées, les visiteurs découvriront une multitude d’initiatives (publiques et privées), de prototypes, maquettes, objets, cartes, matières… Tous seront support à une galerie démonstrative et immersive présentant 108 solutions de recherches et projets bio-inspirés, mais aussi à des pitchs et résumés de travaux de recherche, à des séances de design fiction, ou des ateliers pédagogiques et de création collective.

    Au menu également, la projection du film Nature, notre alliée insoupçonnée, qui sera suivie d’un débat avec le producteur du film et de séances de dédicaces dans un salon du livre où seront réunis plusieurs auteurs, dont le journaliste Marc Mortelmans, le biologiste Marc-André Selosse et Aïna Queroz, « exploratrice du monde végétal et animal » et créatrice du podcast Bioinspi, qui vient de publier Biomimétisme et bio-inspiration en cosmétique.

    À découvrir, aussi, plusieurs expositions, dont « FluOREST » présentant la manière dont le vivant fabrique et émet de la lumière au cœur des forêts amazoniennes et d’Asie du Sud-Est, ou « Mycosmos », œuvre de l’artiste et designer marseillais, Côme Di Meglio, présentant les prouesses du Mycélium. Une expérience sensorielle qui pourra se prolonger avec « La Matériauthèque », réunissant près de 400 échantillons de matières, fibres et textiles innovants.

    Celle-ci sera une porte d’entrée pour un défilé de mode bio-inspirée, une première mondiale, dont la nature serait la directrice artistique. L’objectif ici est d’illustrer concrètement la capacité du biomimétisme à interroger la mode.

    Des kimonos vernaculaires à base de matériaux locaux et naturels, des kimonos circulaires fait de déchets recyclés, des kimonos bio architecturés inspirés de structures de la nature, ou des kimonos symbiotiques réalisés à partir de matériaux biocompatibles ou de micro-organismes inviteront les spectateurs à se questionner.

    LES TEMPS FORTS DU « BIOMIM’EXPO 2025 »

    Débats

    10h15. « L’Océan, la Biodiversité, le Climat et nous, destins liés » avec Gilles Bœuf, Maud Lelièvre, Patricia Ricard, Jacques Rougerie, Brune Poirson.

    11h15. « Et si l’Agriculture du futur était déjà là ? » avec Marc-André Selosse, Alain Thibault, Thomas Rabant, Sébastien Roumegous.

    12h. « Cette eau invisible que personne ne compte » avec Esther Crauser-Delbourg.

    14h. « Et si l’IA était profitable à la biodiversité » avec Olivier Rovelotti, Eliot Graeff, François Alexandre Bertrand et Audrey Vermeulen.

    16h. « Villes, territoires et résilience, comment les repenser au service du futur » avec Anne Claudius-Petit, Bertrand Delignon et Grégoire Fabre.

    Initiative

    17h. Lancement de « L’Appel du Pharo », pour « inventer un nouveau monde inspiré par le monde, en communauté de destins liés et fraternels entre le genre humain et l’ensemble des autres habitants de la Terre ».

    Mode

    12h20. « Défilé de mode bio-inspiré », commenté par Audrey Prat et Jocelyn Meire.

    Projection

    13h. Projection du film Nature notre alliée insoupçonnée suivie d’un échange avec le producteur Gilles Dufraisse.

    Concours

    14h. Finale et présentation des Biomim’expo Awards dont les prix (catégories Challenge étudiants, recherche et Startups) seront remis à 16h.

    Découverte

    16h15. Présentation du projet de ferme agrobiologique « MaiOasis » au Cap Vert.

    Programme complet sur biomimexpo.com

  • Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    « Ça crée un gouffre financier important pour l’élève. Avec autant de temps d’attente, soit il conduit et ça a un coût puisqu’il devra prendre des heures, soit il ne conduit pas et ça aura aussi un coût, puisqu’il devra faire plusieurs tentatives. » Thierry Pic, directeur de l’auto-école EPF à l’Estaque, résume la problématique que rencontrent les élèves à la recherche du permis de conduire. Avec des temps d’attente pour avoir une place à l’examen qui varie de 3 à 6 mois, voir « un an pour les cas les plus extrêmes, notamment pour la deuxième présentation à l’examen », difficile d’assurer une continuité pédagogique dans l’apprentissage de la conduite. « Avec un de taux de réussite à 50%, imaginez les embouteillages que ça peut faire sur le long terme. Et c’est toute la formation qui s’effondre avec le temps », laisse en suspens celui qui est également référent Bouches-du-Rhône pour Mobilians, organisation professionnelle représentative des écoles de conduite.

    Un ressenti plus que partagé par Nelly, responsable pédagogique depuis 17 ans dans une auto-école de l’hypercentre marseillais : « On est sur une moyenne de 6 à 8 mois d’attente. ça fait un bon moment que ça dure, ça ne fait que s’accentuer, les délais sont de plus en plus longs ». In fine, elle explique que les équipes pédagogiques des auto-écoles sont prises entre deux feux : « On a la Préfecture qui n’a pas assez d’inspecteurs et des élèves qui sont pressés d’avoir le permis, c’est deux mondes qui ne collent pas ensemble ». Avant de se désoler des conséquences sur les travailleurs de la conduite : « Le problème c’est que ça rebondit sur nous, car les élèves n’ont pas de contact avec la préfecture. Il y a des élèves mécontents, qui menacent de faire des commentaires négatifs sur l’établissement, par exemple ». Thierry Pic abonde : « Les parents pensent parfois qu’on retient les élèves exprès. Mais ce n’est pas le cas, on n’est pas en lien étroit avec la Préfecture ».

    « Le CPF ne répond pas aux besoins »

    Pour les deux auto-écoles, le public est principalement « des jeunes et des étudiants » passant leur permis sur leurs deniers personnels. « On a aussi des jeunes en alternance qui bénéficient d’une aide de 500 euros. Elle est nécessaire pour eux, ils auraient du mal à le passer sans », précise Nelly. Une aide que Thierry Pic aimerait voit « généralisée » pour les jeunes et étudiants. Et pour cause, la responsable évoque des « tarifs étudiants entre 1 000 et 1 200 euros minimum ». « C’est un coût pas vraiment bienvenu à ce moment là de leur vie », note Thierry Pic. D’autant que via le Compte personnel de formation (CPF), les tarifs environnent les 1 500 euros pour une trentaine d’heures et le passage de l’examen. Un dispositif pratique pour les travailleurs, mais qui ne permet pas de répondre à la problématique du coût pour les plus jeunes. « Le CPF ne répond pas aux besoins des jeunes et étudiants puisqu’ils n’ont pas de point dessus », conclut Thierry Pic.

  • Un sésame indispensable pour les jeunes de La Martine

    Un sésame indispensable pour les jeunes de La Martine

    « C’est pas secondaire, nos parents épargnent sur un livret depuis qu’on est né pour le payer », raconte Nasser, 15 ans, en train justement de passer le code. « Comme ça, je pourrai être tranquille à 17 ans et passer directement la conduite », poursuit-il. Pour les jeunes du centre social de La Martine (15e), réunis ce lundi de vacances scolaires au centre social, le permis de conduire fait partie des indispensables. « Je le vois dans la vie de tous les jours », témoigne Chemsy, 16 ans. « Mon frère, il travaille, il va à l’école, il prend tous les jours le bus et après, mon père ou ma mère doivent l’emmener, c’est galère », déplore-t-elle. Pour la jeune fille, la conduite accompagnée serait « une des solutions » pour réussir l’examen sans avoir à prendre de leçons supplémentaires.

    Aussi un moyen de trouver

    un emploi

    Obligé de se lever à 5h du matin pour rallier son établissement à Marignane et d’emprunter un métro et deux lignes de bus, Jahny, 14 ans, rêve lui aussi du moment où il pourra être autonome et gagner du temps. « On pourra sortir », s’enthousiasme Samy et obtenir un travail, « quand des employeurs le réclament, pour faire livreur aussi, ça peut servir », enchaîne son voisin.

    À 1 000 euros en moyenne le tarif, tous pointent le coût exorbitant de cet examen. « C’est inaccessible et inadmissible », s’emballe le jeune Samy, tandis que Zayan insiste : « il faudrait des aides comme [le fait la Ville de Marseille] pour le BAFA. »

    Pour ces jeunes habitants des quartiers Nord, le manque de transports ajoute à la difficulté. « Il n’y a pas assez de bus et on doit faire avec les horaires en plus », déplorent-ils.

  • Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Après des années d’études, la Métropole a défini les objectifs du réaménagement global de cette place de 1,2 ha jadis remarquable et devenue illisible, morcelée et déboisée. Elle lance le marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux en 2027-2028. Il s’agit d’abord de restaurer l’escalier monumental inscrit en décembre 2022 au titre des monuments historiques, de recréer des espaces publics apaisés, harmonieux, végétalisés et reconnectés à la future « Gare souterraine Marseille Saint-Charles » qui doit voir le jour en 2035.

    La place doit servir d’accès au hub de mobilité du pôle d’échanges multimodal de la gare. Le socle situé sous l’esplanade Narvik doit s’ouvrir sur la place. L’objectif déclaré est de réduire la place de la voiture, mais d’intégrer le réseau des bus. L’offre de stationnement pour véhicules motorisés sera majoritairement contenue à l’intérieur de la « boîte gare ». La « station taxi » sur la terrasse côté boulevard Bourdet sera supprimée. Les fonctions de taxis et dépose minute seront majoritairement à l’intérieur de la gare. « Ainsi, la place des Marseillaises requalifiée sera un parvis de gare apaisé et libéré des modes de transports individuels motorisés (voitures personnelles, voitures de location, deux-roues motorisés). »

    S’agissant de l’Est de la place occupé aujourd’hui par un parking d’une quarantaine de places « plus ou moins légitimes » (sic !), il est indiqué qu’« à terme la majeure partie des services de location de voiture seront répartis dans les infrastructures du projet Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur afin de libérer les espaces publics de ce site emblématique », écrit la Métropole. Des stationnements résidents seront maintenus et « du fait de la présence d’hôtels autour de la gare, l’offre de stationnement “linéaire” sur la voirie ne sera pas supprimée dans son intégralité, mais réduite et devra avant tout intégrer les usages de logistique urbaine (livraison, hôtels, restaurateurs etc.) ». La trame circulatoire globale est en cours de finalisation.

    Restituer des alignements d’arbres

    Le site devra intégrer des itinéraires cyclables sécurisés avec intégration d’abris pour 75 vélos dans le socle Narvik. Des aires de stationnement pour les cycles seront offertes à l’intérieur de l’ouvrage Gare (jusqu’à 750 places de stationnement cycle côté place des Marseillaises et autant côté Ouest sur la façade du Bd Bourdet/Bd Charles Nédelec).

    Les deux jardins d’agrément situés de part et d’autre de l’escalier seront requalifiés. « En surplomb depuis la terrasse, les pieds de l’escalier devront offrir les qualités d’un paysage immersif et ombragé », prescrit le cahier des charges, qui inscrit la restitution des alignements d’arbres, avec des essences adaptées au climat et au site, alors que la moitié des platanes atteints du chancre ont déjà été abattus. L’état phytosanitaire des deux hauts palmiers Washington, qui encadrent l’escalier, reste à surveiller.

    L’enveloppe prévisionnelle affectée aux travaux est estimée à 11,3 million d’euros HT incluant la restauration du monument historique estimée quant à elle à 1,9 millions d’euros HT.

  • Un permis met les écoles au point mort

    Un permis met les écoles au point mort

    Le Prado était animé, aux alentours de midi, ce lundi 27 octobre. Sur le trottoir, les passants flânaient entre les étales du traditionnel marché, tandis que, sur la route, les automobilistes se frayaient un chemin pour circuler malgré les véhicules d’auto-école stationnés sur les deux voies de bus. Après être parti à 10h du boulevard de l’Europe à Vitrolles, un cortège de 90 voitures, 40 poids lourds et 12 bus (chiffres de la préfecture de police) a rejoint la place Castellane lors d’une opération escargot menée le long de l’A7 puis du Jarret. Une action menée à l’appel de l’intersyndicale des gérants d’écoles de conduite et du syndicat majoritaire des inspecteurs du permis (Snica-FO).

    Au cœur de la contestation : les délais pour obtenir une date de passage d’examen « qui atteignent un point de non retour », regrette Yves Demange, responsable départemental de CER, un groupement de plus de 400 auto-écoles et centres de formation sur le territoire national. En moyenne, aujourd’hui en France, un candidat attend trois mois pour passer son permis, contre trois semaines avant la période du Covid-19. « Dans les zones tendues, comme les grosses agglomérations, on atteint un an », affirme-t-il.

    « C’est inacceptable », s’agace Patrick Mirouse, président d’ECF national, qui pointe des pertes de chances pour les jeunes : « Le permis de conduire c’est la mobilité, la mobilité, c’est l’employabilité. » Yves Demange souligne également les « surcoûts de formation très importants pour maintenir les candidats à niveau ».

    D’après les représentants du secteur de la conduite, les inscriptions à l’examen connaissent une hausse de 16% depuis cinq ans. En cause : le retard pris lors de la crise sanitaire de Covid-19, un boum démographique, mais aussi l’abaissement de l’âge légal de passage du permis B à 17 ans, entré en vigueur le 1er janvier 2024. « Entre ça et le CPF moto, on a vu arriver un nombre d’élèves conséquent dans les auto-écoles, mais l’administration n’avait pas prévu une seule place ni un seul moyen humain supplémentaires pour absorber l’afflux », témoigne Jean-Marc Kocik, du CER Fos, Martigues, Saint-Chamas.

    « On a eu un geste du ministère avec l’ouverture de 80 000 places supplémentaires jusqu’à fin décembre, mais c’est un pansement sur une jambe de bois, reprend son collègue Yves Demange. On a besoin de mesures réelles pour améliorer les pratiques, les délais… »

    Les professionnels de la conduite revendiquent la création de 150 postes d’inspecteurs supplémentaires. « Ce n’est pas énorme : en France, on est environ 1 200 au total », précise Frédéric Mar, délégué syndicat du Snica-FO, qui demande également une protection du statut de fonctionnaire. « L’externalisation fonctionne très mal, plaide-t-il. En 2016, on a perdu le Code de la route au profit du privé pour faire passer plus d’examens B, ce qui n’a pas résolu le problème et a engendré d’énormes fraudes. » Le coût de cette mesure est estimé à 5 millions d’euros pour l’État.

    Bonifier le taux de réussite

    « On veut également généraliser la conduite accompagnée et abaisser son âge 14 ans », poursuit Patrick Mirouse. L’objectif : améliorer le taux de validation de l’examen. « Cette filière fait plus de résultats en première présentation, avec 77% de réussite », contre 55% pour la formation traditionnelle, affirme le président d’ECR National. Jennifer Musico, responsable administrative de l’auto-école des Lycées à Nice, approuve : « Pédagogiquement, plus un enfant apprend tôt, mieux il assimile. »

    Le syndicat Mobilians porte également une mesure qui consiste à allonger le minimum légal de 20 heures de conduite à 28 heures. « On sait qu’en moyenne, un élève prend entre 28 et 30 heures pour obtenir le permis de conduire du premier coup, poursuit la Niçoise. Ça permettrait de monter le taux de réussite et donc, de fait, de baisser les délais d’attente. »

    Yves Demange propose d’aller plus loin : « Il faudrait peut être une refonte du système sur le volume et la durée de l’examen pour gagner du temps et pouvoir avoir plus de places… Des choses peuvent se piloter. »

  • Handball : les Aixois perdent sur le fil contre Montpellier

    Handball : les Aixois perdent sur le fil contre Montpellier

    Ils pointent ainsi à la 11e place du championnat.

  • À Aubagne, le parc de l’Huveaune a été inauguré

    À Aubagne, le parc de l’Huveaune a été inauguré

    200 mètres de berges restaurées, 500 mètres de voie verte pour vélos et piétons, 10 000 plants pour redonner vie à la nature, 8 000 m² d’espaces végétalisés : après 20 mois de travaux, le parc de l’Huveaune a été inauguré samedi en présence de nombreux élus venus entourer le maire d’Aubagne Gazay. D’un coût total de 3,3 millions d’euros, le projet revu suite à une importante pression citoyenne, a été réalisé par l’Epage HuCA et soutenu par la Métropole, dont la présidente, Martine Vassal, a salué samedi « un lieu de respiration et de vie où la rivière retrouve sa place, protège la ville et lui rend sa verdure ».