Tag: Bouches-du-Rhône

  • Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Lors de ses vœux, ce jeudi 22 janvier, Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille, a tenu à rappeler que son activité relevait avant tout du « fruit du travail des travailleuses et travailleurs du port ».

    S’il convient que « le port dispose d’un modèle économique robuste », il s’interroge sur l’avenir de cet outil de développement crucial du territoire, notamment « sur la finalité de certains projets sur les segments à la fois liés à la décarbonation et soumis à une concurrence exacerbée ». Pour le responsable syndical, « les prochaines élections municipales sont un laboratoire politique ». Et de souligner que « depuis plusieurs semaines, nous voyons fleurir des discours d’équilibrisme électoral, le fameux “en même temps” ». 

    Décarbonation sans ligne THT ?

    À savoir : « Un emploi industriel mais en même temps sans industrie, pour la souveraineté énergétique mais avec une baisse de la production, pour la décarbonation mais contre la ligne à très haute tension, pour la transition écologique mais contre le transport ferroviaire, pour la qualité de l’air mais contre le branchement des navires à quai. » Et au final, des positionnements « toujours contre les industries des activités portuaires, qu’il s’agisse des passagers, de la réparation navale ou du transport des marchandises », résume-t-il. Autant d’éléments qui poussent le syndicat à la plus grande prudence.

  • [Lecture] L’évasion du tirailleur

    [Lecture] L’évasion du tirailleur

    Mille neuf cent seize. La Teste de Buch. Camp du Courneau. Des milliers de tirailleurs sénégalais sont entassés dans des baraquements avant de rejoindre le front. Dans la nuit, une silhouette se faufile, passe par-dessus les barbelés et par-dessous les wagons, sous la lune froide. Les images lui reviennent des siens et de son pays. Sa fuite est peuplée d’animaux qui se font témoins de son histoire. Il se souvient du paquebot, et des façades imposantes de Bordeaux, à l’arrivée. D’où provient tant de richesse ? Les récits sur la guerre qu’il a entendus terrifient ses cauchemars. Il faut fuir, dormir dans les bois, voler un morceau de pain dans une maison isolée et se faire prendre : « Ça commence par du pain et après ? » Être pris en chasse. Thibault Rougès livre ici un récit grave, haletant et poétique, servi par des encres profondes. On est saisi par les paysages, par les visages, par les corps, par les plumages et les pelages. Thibaut Rougès s’est attelé à « entrer dans la tête de cet homme », pour le comprendre, « créant un lien fraternel presque inexplicable ». Une force se dégage de cette bande dessinée inspirée de « l’histoire vraie de Beckadou, tirailleur sénégalais, seul et unique évadé du camp du Courneau ». Elle est le résultat de cinq années de travail, un travail soigné, et de décantation qui font un récit épuré. Pas de bavardage. Quelques dialogues pour illustrer et des images pour raconter : le récit est dans le dessin. Sa magie est de nous placer immédiatement en proximité avec le héros et de nous entraîner dans sa fuite, avec lui, de susciter ce lien fraternel en nous, sans avoir besoin d’en dire davantage. Ah oui : en 1917, les deux assassins de Beckadou ont été acquittés.

    Déraciné

    Un tirailleur en fuite

    par Thibault Rougès

    Familar éditions, 21 €.

  • Nicolas Guillé : « Des objectifs très élevés sur les Grands Tours »

    Nicolas Guillé : « Des objectifs très élevés sur les Grands Tours »

    La Marseillaise : Quels sont vos grands objectifs en 2026 ?

    Nicolas Guillé : Déjà de gagner des courses. Après, il y a des passages obligés, des courses comme Paris-Nice, comme les classiques flamandes, Paris-Roubaix aussi, car nous avons notre partenaire mécanique basé dans la région. C’est un gros objectif de la saison. Ensuite, on va vite arriver sur le Tour de France. On va dire que nous avons des objectifs très élevés sur les Grands Tours. Il faut qu’on essaie de passer un cran, de pouvoir vraiment rivaliser, de s’approcher du podium sur ces courses-là.

    En regardant en détail votre effectif, on dirait que vous pouvez gagner sur tous les terrains. Qu’en pensez-vous ?

    N.G. : Oui, c’est vrai qu’on a des coureurs qui vont assez vite, qui passent bien les bosses. On a un collectif assez fort. Avec le recrutement de sprinteurs, nous allons devoir avoir une approche différente de la course. Ce sont des choses assez nouvelles pour nous, on n’a jamais eu trop de sprinteurs dans l’équipe. Et c’est vrai qu’avec le recrutement de Mark Renshaw, de coureurs aguerris autour d’Olav Kooij, on est plutôt confiant avant d’attaquer cette nouvelle année.

    2026 sera une année importante pour le grand espoir Paul Seixas. Est-il prêt à affronter le gros programme qui l’attend ?

    N.G. : Oui, bien sûr, mais c’est vrai que l’on souhaite le couver au maximum, avec que des experts autour de lui. On essaie qu’il ait la meilleure approche possible de sa saison, sachant qu’il est jeune et qu’il faut faire attention à tout avec lui. Il n’y a pas de pression particulière. On le laisse venir sur les courses. On sait que c’est un coureur qui est déjà mûr, il sait ce qu’il veut. Après, l’expérience va venir au fil des mois, des années. L’idée, c’est vraiment de ne pas lui mettre la pression. Il faut placer de bons coureurs à ses côtés pour l’amener à faire de bons résultats. Il faut juste lui laisser le temps et les performances viendront par elles-mêmes.

  • Provence Rugby bat Aurillac sous l’orage

    Provence Rugby bat Aurillac sous l’orage

    Un troisième match en 2026 pour le moins atypique. Provence Rugby s’est imposé, ce vendredi, face à Aurillac
    (26-10). Une rencontre où la pluie a été un facteur important et a rendu le jeu difficile. Les locaux ont finalement su creuser un écart au bon moment, avant que le cuir ne devienne trop glissant. Un match où même l’arbitre principal, M. Aiguebonne, est sorti sur blessure à deux minutes du terme.

    Les Provençaux ont bien fait de frapper d’entrée car la suite de la première période a été beaucoup moins flamboyante. Léo Drouet a inscrit un essai en coin dès la 3e minute avant que Tui ne score lui aussi après un peu plus d’un quart d’heure de jeu. Autour de ces moments-là, Provence a été plus absent, laissant Aurillac complètement dans la partie. Hadinegoro a transpercé la défense plein centre pour les premiers points des visiteurs. C’est ce brin de folie, cette vitesse qui a manqué aux locaux pour créer un écart à la mi-temps (14-10).

    Pluie, orage et victoire

    Les joueurs ont eu la mauvaise surprise d’être accueillis par une pluie battante au retour des vestiaires. Pas de quoi décontenancer Provence Rugby, qui s’est appliqué pour inscrire un 3e essai, au près et en force. Les entrées de période ont pu pêcher par le passé, mais il a bien été un point fort ce vendredi soir.

    Si les éléments se sont déchaînés dans le ciel aixois, les hommes de Philippe Saint-André se sont finalement mis à l’abri. Pour fêter sa prolongation de contrat jusqu’en 2029, Guillaume Piazzoli s’est offert cinq points. La fin de partie était beaucoup plus difficile pour tous. Le ballon ovale s’est transformé en savonnette géante et les réceptions de passes étaient hasardeuses. Le score n’a pas évolué après l’heure de jeu et Provence Rugby s’impose une troisième fois consécutivement et reste invaincu en 2026. « C’était parfois difficile de jouer mais on n’a pas lâché en défense et on ramène cinq points donc c’est cool », racontait Raphaël Portat après la partie.

    18e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David

    Essais : Drouet (3e), Tui (20e), Suta (44e), Piazzoli (57e) pour Provence ; Hadinegoro (27e) pour Aurillac

    PROVENCE : Drouet – Lapegue, North, Colombet, Tui – Muntz, Coville – Suta, Portat, Piazzoli – Tuisue, Van Eerten – Vernet, Latterrade, Wegrzyn

    Entraîneur : Philippe Saint-André

    AURILLAC : Condamine – Van Rensburg, Pieters, Talalua, Coertzen – Abzhandadze, Hadinegoro – Tison, De Jong, Delort – Jongejan, Bloemen – Robertson, Khonelidze, Tapueluelu

    Entraîneur : Romeo Gontineac

  • Une nouvelle année de projets pour l’hôpital psychiatrique

    Une nouvelle année de projets pour l’hôpital psychiatrique

    La santé mentale, une cause nationale 2025. « Et pourtant, l’année qui s’achève a encore été exigeante pour l’hôpital public, particulièrement pour la psychiatrie. Par la tension persistante sur les ressources humaines, le départ de médecins, par l’augmentation et la complexité des besoins de soins, par les injonctions parfois contradictoires… Pourtant, malgré ces difficultés, vous avez continué à soigner », félicite le Docteur Isabelle Boudier, présidente de la Commission médicale d’établissement. Aux vœux de Montperrin, adressés ce vendredi au 3 Bis F, le bilan de l’année passée a été tiré. À noter que Montperrin « a été trois fois cité dans le classement des dix meilleurs hôpitaux de France », rappelle Marie-Pierre Sicard Desnuelle, présidente du Conseil de surveillance. Certifiée par la Haute autorité de santé en mars, signatures de diverses chartes et rencontres avec le grand public, nombreuses inaugurations, dont l’accueil de jour adolescents sur le site de Montperrin, le développement de la politique « allers vers » avec la création de deux équipes mobiles supplémentaires en psychiatrie adulte, incluent le palmarès… « Notre plateau technique à nous est exclusivement humain, ce sont nos 1 300 professionnels répartis sur ce site et dans nos 50 structures extra-hospitalières », rappelle Gaëlle Dufour, directrice de l’établissement, qui l’assure : 2026, s’ouvre sur de « belles perspectives ». À commencer par le déploiement du projet de prise en charge des adultes autistes, dès janvier.

  • [Chroniques méditerranéennes ] Le cliquetis des menottes : Voilà la « solution »

    [Chroniques méditerranéennes ] Le cliquetis des menottes : Voilà la « solution »

    Si le dissensus est le sel de la démocratie, la répression en est le poison. Depuis longtemps, l’Italie est anesthésiée par des slogans et des clichés qui alimentent une haine toujours plus grande. Le gouvernement recourt à un vieux sport national : la démonstration de force. La répression s’effectue par un recours au droit pénal qui bafoue les libertés constitutionnelles.

    Le décret sur la sécurité, entré en vigueur le 11 avril 2025, a transformé les actes de dissidence en infractions pénales. C’est ce qui est arrivé à Marco Rovelli, écrivain et musicien, et à 36 autres personnes, fichées comme suspects. Ils avaient participé à la grande manifestation de solidarité pour Gaza et la Flottille de la Liberté à Rome en octobre dernier.

    « Ces noms, m’explique Marco Rovelli, ne sont pas choisis au hasard, mais triés sur le volet. On leur reproche d’avoir bloqué les voies en gare, malgré des négociations entre le syndicat CGIL et la police. »

    Mais le clou du spectacle, c’est le « paquet sécurité », actuellement examiné par le Parlement, qui vise les pouvoirs répressifs de l’État. Il prévoit des « zones rouges », des quartiers urbains interdits d’accès aux personnes jugées dangereuses, même non condamnées, ayant commis des « délits » lors de manifestations.

    Les « indésirables » sont de nouveau sous les feux des projecteurs : exil administratif pour tout étranger jugé dangereux, même sans avoir commis de délit. Un ensemble de mesures qui permettra de bloquer les navires de migrants si le ministre de la Ligue du nord, Matteo Salvini, actuellement ministre des Transports, le juge nécessaire. Ce dernier avait été acquitté alors qu’il était poursuivi pour séquestration et manquement à ses obligations professionnelles lorsqu’en août 2019 il avait empêché le débarquement de 147 migrants secourus par le navire de l’ONG espagnole Open Arms, avec de nombreux mineurs non accompagnés à bord.

    Mais la persécution des mineurs ne se limite pas aux arrivées par bateau. La liste des délits pour lesquels des jeunes peuvent être arrêtés en flagrant délit et les amendes infligées aux familles, allant de 200 à 1 000 €, pour défaut de surveillance, s’allonge.

    Le gouvernement Meloni ne se contente pas de lois ; il va plus loin : il instrumentalise les médias.

    Il y a quelques jours, dans un lycée de La Spezia, un élève marocain, Zouhair Atif, a poignardé son camarade d’origine égyptienne, Abanoud Youssef, par « jalousie ». Une photo d’Abanoud avec son ex-petite amie, publiée sur les réseaux sociaux, serait à l’origine du meurtre. Ultime mesure répressive : l’installation de portiques de sécurité dans les établissements scolaires. Des mesures qui, au vu des faits, se sont révélées inefficaces. Ceux qui se définissent comme immigrés de deuxième génération, nés en Italie de parents non italiens ou arrivés enfants, représentent un quart des jeunes de 15 à 35 ans. Les premiers à être confrontés et à subir la discrimination. Des familles vivant dans la crainte de l’immigration clandestine, avec des emplois précaires et des logements insalubres. Des jeunes contraints d’ignorer leur culture au nom d’un semblant de lien social, ou prêts à la reconquérir par la force. C’est dans ce contexte que se cache la tragique histoire de Zouhair Atif et Abanoud Youssef.

    Mais poser des questions n’est pas de mise. La « solution » ? Le rapatriement, des mesures de sécurité renforcées, des détecteurs de métaux dans les écoles, des arrestations. Oubliant que Zouhair et Abanoud sont les enfants de cette Italie-là. Les contrôles dans les écoles ou le bruit des menottes témoignent de la fragilité d’une société décomposée. Comme le disait Piero Calamandrei : « Là où il n’y a pas de liberté, il ne peut y avoir de légalité. »

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome.

  • Les Marseillaises face à un énorme défi en Coupe

    Les Marseillaises face à un énorme défi en Coupe

    Marseillaises contre Lyonnes, l’affiche des huitièmes de finale de Coupe de France a de quoi faire saliver les amateurs de beau jeu.

    Néanmoins, ce duel entre des Fenottes hyper favorites et des Olympiennes qui rêvent d’un exploit pour signifier leur retour au plus haut niveau, aura été promené entre Martigues, lieu habituel où évoluent les Marseillaises cette saison, et l’OM Campus, où la rencontre avait, un temps été programmée.

    Mais pour des raisons de sécurité, c’est l’enceinte martégale qui a été finalement confirmée. Une décision qui provoque un changement de date, puisque la rencontre, programmée dans un premier temps le dimanche, se jouera finalement samedi. Avec un coup d’envoi à 16h.

    Revanche ou confirmation

    Les deux Olympiques se sont déjà affrontés cette saison. En début de championnat de Ligue 1 féminine, les Lyonnaises s’étaient imposées 3-1, déjà dans l’enceinte martégale. Cette fois, les Marseillaises tenteront de prendre leur revanche. Et arracher leur premier exploit de la saison du retour au plus haut niveau du football féminin.

    Les filles de Corinne Diacre continuent d’alterner les bons matches et les sorties ratées. Leur dernière prestation à Francis-Turcan, où elles recevaient Saint-Étienne, en est l’exemple. Avec une défaite
    (0-1) qui a permis aux Foréziennes, alors lanterne rouge, de se remonter le moral. Elles ont ensuite rectifié le tir, en allant prendre un point à Fleury, cinquième du classement.

    Pour ce retour à la maison, les Marseillaises devraient compter sur leur dernière recrue. Marie-Morgane Sieber qui a rejoint le groupe en milieu de semaine. Gardienne de but, cette Alsacienne de naissance évoluait à Guingamp. Forte de 53 matches disputés en Première Ligue, Marie-Morgane s’est imposée comme une gardienne fiable et régulière. Passée par toutes les catégories de jeunes de l’Équipe de France, elle a connu sa première convocation avec les Bleues en octobre 2024, à seulement 22 ans.

    Elle pourrait connaître son baptême du feu face à Lyon. De quoi entrer dans le vif du sujet. Ce tour de Coupe de France sera une mise en bouche, car en championnat, vendredi, les Marseillaises enchaîneront sur la réception du Paris FC.

    8e de finale de la Coupe de France

    Samedi, 16h stade Francis-Turcan.

    Arbitre : Romy Fournier.

    MARSEILLAISES : Sieber (ou Shore) – Laplacette, Carro, Khélami, Kbida – Bourgouin – Herrera-Monge, le Mouel, Perret, Brown – Bourdieu.

    Entraîneuse : C. Diacre.

    LYONNES : Endler – Tarciane, Engen, Renard, Bacha – Egurrola-Wienke, Dumornay, Heaps – Diani, Hegerberg, Chawinga.

    Entraîneur : J. Giraldez.

  • Chasse aux voitures-ventouses au Charrel

    Chasse aux voitures-ventouses au Charrel

    S’il y a une égratignure à ma voiture, je fais le oaï », rugit un homme. Il est un peu plus de 10h, jeudi, sur un parking de la résidence du Charrel, et l’équipe chargée d’enlever la Peugeot de couleur sombre, qui ne compte que trois roues, l’autre étant déboîtée, fixe des câbles à la voiture-ventouse. L’énervement du propriétaire du véhicule va crescendo. « Il est où le PV ?… », gueule-t-il. Alors que le ton monte, il est maîtrisé par les policiers, puis embarqué, menottes aux mains. Remplie jusqu’à la gueule d’objets, la Peugeot « était là depuis un an », selon un habitant. « Le mec en avait fait sa cave », commente Vincent Rusconi, l’adjoint à la sécurité. Il y a peu, relate le maire (LR) Gérard Gazay, présent pour le coup d’envoi de l’opération, « lorsque nous sommes venus avec la préfète à l’égalité des chances faire un tour au Charrel, ce problème nous a été remonté comme étant la première préoccupation des gens. Les gens sont inquiets car, à cause des voitures-ventouses, les véhicules se garent en double, voire triple file, et s’il y avait un incendie, les sapeurs-pompiers ne pourraient pas intervenir… ».

    400 euros par voiture

    Dans ce quartier de plus de 2 000 habitants touché par la précarité, Erilia « a identifié 60 voitures non roulantes, et 40 roulantes. Car nous avons appris qu’il y avait ici des négociants en véhicules qui se servent du parking de la résidence pour les stocker… La semaine dernière, après que nous ayons averti de l’opération, une dizaine d’entre eux ont été spontanément enlevés », éclaire l’adjoint à la sécurité. Parce que, au Charrel, « on est sur une voie privée ouverte à la circulation publique, on est sur le domaine d’action du maire, et donc la Ville peut intervenir ». Ce qui n’est pas le cas de la résidence des Arpèges à Aubagne, où une quarantaine de véhicules à demeure empêchent les résidents de se garer. « Aux Arpèges, nous sommes sur le domaine de la police nationale. Elle est prête à faire l’opération, mais il faut que quelqu’un règle l’addition », intervient le maire. « Faire retirer une voiture coûte 400 euros. Pour faire cela ici au Charrel, chacun paie un tiers, le bailleur, la Ville, et l’État », précise l’élu. Une trentaine de ces véhicules vont être enlevés d’ici un mois.

    Parmi les voitures-ventouses non roulantes, « il y a celles, en partie volées, qui font l’objet de trafic de pièces détachées, et quand on a pris tout ce qu’on voulait, on lui met le feu », détaille Vincent Rusconi. Autre cas de figure, « acheter une voiture pas cher, mais lorsqu’elle tombe en panne, le propriétaire n’a pas les moyens de la faire réparer, et il s’en sert de remise ».

    Croisé dans le quartier, un trentenaire lance : « Il y a le maire qui se fait remarquer pour dire qu’il a enlevé les épaves… ». Une résidente de 56 ans réagit : « Ces voitures, c’est un vrai problème. Pas loin, il y a une Golf noire remplie de poubelles, près d’un immeuble. Si jamais elle prenait feu, c’est ça qui fait peur… ». La Golf a le pare-brise défoncé. Sur le capot et les portières, une main a gravé : « Brûlez-moi »…

  • En soutien au peuple kurde du Rojava

    En soutien au peuple kurde du Rojava

    Nous sommes tous Rojava ! » De la Canebière jusqu’au cours Lieutaud, les drapeaux du Kurdistan syrien flottent ce jeudi après-midi dans le centre-ville de Marseille. C’est dans ce territoire du nord-est de la Syrie, que les forces armées kurdes ont vaincu l’État islamique, à l’époque soutenues par la coalition internationale antijihadiste menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, pour ne citer qu’eux. Dix ans plus tard, le nouveau pouvoir syrien, dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al Qaïda et de Daech, attaque ces mêmes Kurdes, tentant de reprendre la main sur ce territoire avec l’aide d’Ankara. Dans le silence assourdissant des puissances occidentales.

    « Nous n’avons pas seulement défendu la Syrie contre le terrorisme mais le monde entier, et là, le peuple syrien nous tourne le dos. Comme en 1923, le peuple turc l’a fait », tempête Rosrin, rappelant que des milliers de jihadistes sont toujours retenus en Syrie dans les prisons contrôlées par les Kurdes. « Si les jihadistes prennent le dessus, ils pourront revenir en France et en Europe commettre des attentats à nouveau », signale-t-elle. Autour de la jeune femme, quelque 2 500 personnes – selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône – sont venues apporter leur soutien au Rojava, tandis que des individus ont tenté d’entacher ce rassemblement (lire ci-contre).

    Une manifestation massive qui témoigne de la gravité de la situation. « Ça fait 15 ans que notre peuple combat Daech, on a perdu des milliers et des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, tous assassinés. On ne peut pas en plus perdre notre territoire après ça ! », fulmine Firat, kurde originaire de Turquie. « On est le peuple le plus nombreux du monde à être apatride encore aujourd’hui », tient-il à souligner.

    « Nous ne lâchons pas

    les Kurdes »

    L’appel lancé par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a trouvé un écho dans tout le pays. Des rassemblements sont ainsi prévus dans les prochains jours dans des dizaines de villes, comme Paris, Toulouse, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Vichy. Face à cette colère qui se propage, à un sentiment d’abandon que la communauté kurde déplore, Paris est sommé de réagir.

    « Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons », a déclaré Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse ce jeudi, sans pourtant s’exprimer sur des actions concrètes. « Il faut continuer à dénoncer la lâcheté des puissances occidentales qui nous ont vendues une fois de plus, nous continuerons à nous battre », jure Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M).

    Témoignages recueillis par Lisa Marchand, Thibaut Carceller et Laureen Piddiu

    Joël Dutto. Secrétaire de la section PCF Marseille 15e

    « Il est important d’être aux côtés du peuple kurde qui a perdu tant d’hommes, de femmes et d’enfants dans les combats contre Daech. Les Kurdes risquent d’être rayés de la carte du Moyen-Orient car le type de société qu’ils promeuvent est insupportable pour les monarchies pétrolières qui les entourent. »

    Barine. Kurde de Syrie

    « Notre message au monde entier, c’est que nous voulons la paix et nous souhaitons que notre voix soit entendue par l’Union européenne. J’ai de la famille en Syrie et j’ai pu parler avec des combattantes. Elles sont actuellement bloquées près de la prison de Hasakah, en Syrie. Cette situation est préoccupante et peut devenir dangereuse. »

    Akram. Kurde de Turquie

    « Il y a une résistance au Rojava [nord-est de la Syrie Ndlr]. Le peuple Kurde a gagné ses droits et, aujourd’hui, ils sont réprimés par les jihadistes et par al-Charaa. Ils sont en train de perdre tous les droits qu’ils ont gagnés. Si j’ai fait le déplacement ici, à Marseille, c’est pour apporter mon soutien au peuple kurde qui résiste. »

    Nathalie Tessier. Conseillère municipale PCF de Marseille

    « À chaque fois que je viens dans les manifestations pour le peuple kurde, je suis saisie par la présence des femmes. Au Rojava, les femmes ont le rôle qu’elles ont décidé d’avoir en étant les égales des hommes. Et ça, c’est un sacré signe pour l’Histoire. »

    Zrng. Kurde originaire d’Iran

    « Les Kurdes sont le plus grand peuple sans territoire qui s’est battu contre les plus grands terroristes du monde. Nous nous sentons trahis, ces mêmes terroristes sont aujourd’hui au pouvoir à cause de l’Europe, ce n’est pas normal. Nous sommes unis, dans la rue et nous n’avons pas peur. »

    Cathy Aubron. Collectif solidarité Kurdistan

    « Je suis venue défendre le projet démocratique porté par les Kurdes, qui accorde une place importante à la paix et au féminisme. Tant que le Parti des travailleurs kurdes sera considéré comme une organisation terroriste, les Kurdes ne pourront être défendus comme ils devraient. »

    Josiane Durrieu. Chargée des questions internationales au PCF 13

    « Si on ne fait rien, Ahmed Al-Charaa va installer un régime islamiste, ils ont déjà libéré des prisonniers jihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe, tout le contraire des jihadistes. »

  • En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    Sauver Marseille. Un nouveau slogan pour sauver une campagne. Distancé dans les derniers sondages par le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, et Franck Allisio, le candidat (RN) de l’extrême droite, Martine Vassal est à la relance. Partie en campagne le 13 septembre sous le slogan « Marseille, je t’aime », la candidate de la droite, a voulu changer de braquet avec le lancement de son comité de soutien.

    « ça fait chaud au cœur », concède-t-elle en prenant la parole pour conclure la soirée. « C’est vrai que c’est dur, j’en prends plein la figure », poursuit-elle en reprenant les mots de Renaud Muselier, le président de son comité soutien « mais je ne vais rien lâcher ». Près de 600 personnes s’étaient inscrites pour ce rendez-vous dans une brasserie de l’Escale Borély (8e). Un peu moins de la moitié était présente. Parmi eux des élus, un certain Yvon Berland, aussi, candidat macroniste qui avait contribué à sa défaite en 2020, ou Titi le boss, ce supporter de l’OM rendu célèbre pour « gratter » les maillots des joueurs à la sortie de la Commanderie.

    « Madame courage »

    à la tribune, quelques membres de son comité qui réunit presque 6 000 personnes, viennent expliciter leur engagement. Il sera beaucoup question de sécurité. Sans surprise. Christine Frontera, commandante de police honoraire, estime que Martine Vassal « a la volonté, le courage et la lucidité nécessaires pour affronter ce défi majeur ». Elle apprécie « l’idée novatrice » de création un hôtel des polices à la Caserne du Muy.

    « Marseille a besoin de constance, d’une autorité qui soit juste, protège et rassure », enchaîne Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille Provence. André Bendano, ex-président de la chambre régionale des métiers et de l’artisanat, s’engage par « sens du devoir » et par « refus du déclin de la ville ». Il cède le micro à Djihane Dib, d’une Génération pour Marseille. Elle, se bat pour une « ville plus accueillante, plus sûre, plus verte », où « sortir le soir ne doit être plus être un sujet ». N’y voir aucun lien avec la fermeture du métro à 21h30, même si elle salue la proposition de gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Toute la droite locale qui honnit la gratuité applaudit.

    Invité surprise, le président du club de football de Vivaux Sauvagère, Omar Keddadouche, n’a pas écrit de discours. Il enchaîne les punchlines : « Personne n’a le monopole du cœur et des quartiers », « Je veux travailler pour le peuple », « Mon sang est bleu et blanc », « Martine tu vas gagner car on n’a pas besoin d’amateur mais de gens qui ont fait leurs preuves ».

    C’est finalement Renaud Muselier qui sortira les gants pour boxer les autres candidats, persuadé que « les choses ne se passeront pas comme annoncé » à « Marseille, reine des batailles ». Comprendre un duel entre Allisio, le « candidat à l’étiquette porteuse » qui a « fui à Vitrolles » et Benoît Payan. à l’entrée du « money-time », il invite la salle à ne pas croire aux sondages. Après avoir singé Nora Preziosi, dansant autour du candidat Erwan Davoux de manière « téléguidée », le président (Ren.) de la Région tape sur le maire sortant.

    Les JO 2024 et la coupe du monde de rugby, « c’est moi », et le Pape, c’est Gaudin… La gauche c’est les budgets retoqués en justice, le fiasco d’une adjointe à l’urbanisme qui ne « sortait pas un permis », l’affaire de l’ex-maire (PM) des 6-8 « sorti manu militari de la mairie pour avoir fait des cochonneries ». Après avoir évoqué le cas Hammou, il finit par convoquer « les héritiers de Guérini »… « Martine, c’est Madame courage. Il faut l’applaudir. On la défendra. Cette campagne est difficile, elle va être extrêmement violente. » On veut bien le croire.

    « ça fait chaud au cœur…
    C’est vrai que c’est dur,
    j’en prends plein la figure
    mais je ne vais rien lâcher »