Tag: Bouches-du-Rhône

  • Quand l’austérité fabrique la misère

    Quand l’austérité fabrique la misère

    Le rendez-vous symbolise l’insécurité alimentaire et la misère qui gagnent le pays. Ce week-end, la Banque alimentaire lance sa collecte nationale.

    Entre denrées alimentaires ou produits d’hygiène, les besoins sont vastes. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître, ces dernières années.

    Ce phénomène correspond à un constat insupportable : le taux
    de pauvreté, en France,
    a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l’Insee le calcule, à savoir 9,8 millions de personnes concernées (15,4% de la population). Il ne s’agit plus de la pauvreté, mais de misère.

    Rétablir un État social fort

    Pendant ce temps, l’État se dérobe. Tout comme l’Union européenne. Les politiques d’austérité ont démantelé les filets sociaux, laissant les associations colmater les brèches, avec des moyens toujours plus réduits. Et abandonnant le peuple à la charité.

    La Banque alimentaire, confrontée aux baisses de subventions, à la hausse des coûts et du nombre de bénéficiaires, fait aussi face à une réduction du volume des dons. Encore le signe d’un contexte social difficile.

    La faim n’est pas
    une fatalité. Elle est le symptôme d’un choix politique : celui de laisser les inégalités prospérer. Ce n’est pas aux bénévoles, dont il faut saluer l’engagement, de réparer les dégâts de l’austérité mais à l’État de garantir le droit fondamental à l’alimentation.

    Augmenter les subventions aux associations ne suffira pas. Il faut rétablir un État social fort, taxer les profits indécents, investir dans les services publics et garantir à chacun l’accès à une alimentation digne.

  • Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Sur le parking du dépôt interurbain de la RTM, les agents du réseau, arborant les dossards de leurs syndicats respectifs, sont mobilisés depuis 4h du matin. Une grève « extrêmement bien suivie », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement interurbain Régie des transports métropolitain (RTM), qui avait d’ailleurs signalé, pour ce vendredi, de « fortes perturbations ». En cause, un large mouvement de grève mené par les agents des lignes interurbaines.

    La mobilisation, impulsée par l’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC), mobilise « 85% de grévistes [étendus sur les dépôts d’Aix, d’Aubagne et Châteauneuf-les-Martigues, Ndlr]. Il y a 80% chez les conducteurs et 100% chez les administratifs et les contrôleurs », précise Séverine Ben Moussa, secrétaire générale CFTC. Les revendications sont nombreuses, mais la principale inquiétude concerne la perte progressive des acquis antérieurs à la fusion, en janvier 2024, entre le Réseau de transports marseillais (RTM) et la Régie départementale des transports urbains (RDT 13).

    Négociations à venir ?

    Les deux entités ne forment désormais qu’une seule régie : la Régie des transports métropolitains. « Depuis, on doit renégocier trois accords de substitution, celle du temps de travail, de la rémunération et du déroulement de carrière. Aujourd’hui, beaucoup de ces acquis sont remis en cause », poursuit Marc Garcia. Selon l’intersyndicale, la raison est claire : des économies budgétaires. « On demande simplement à récupérer nos salaires et nos primes d’avant-fusion », rappelle Mohamed Boumadi, délégué syndical SUD Solidaires.

    Des négociations sont prévues ce lundi. à l’issue de cette rencontre, les agents décideront de reconduire ou non la grève. « Avec la direction générale autour de la table, on espère. On veut une personne de la Métropole », insiste Marc Garcia. « On a l’impression d’être traités comme une filiale. Ils tiennent à ce qu’on soit un groupe ? Alors, même traitement pour tout le monde », lance David Icard, délégué CGT.

    Le syndicat CFDT, mobilisé aussi, mais en marge de l’intersyndicale, demande à la direction de « reprendre des négociations sérieuses et d’entendre la colère de ses salariés ». « La direction nous propose des augmentations qui sont, pour la majorité d’entre nous, à peine suffisantes pour compenser l’inflation (…). Nous nous battrons pour obtenir une augmentation significative de nos salaires de base et une juste reconnaissance de notre ancienneté et de nos efforts quotidiens », poursuit le syndicat, qui ne sera pas invité aux discussions, en début de semaine, mais « adressera un courrier listant ses revendications », indique Alexandre Sass, élu CSE et délégué syndical CFDT.

    De leur côté, les services de la RTM indiquent ne pas pouvoir communiquer davantage d’éléments.

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Chacun son boulot, dans son domaine »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Chacun son boulot, dans son domaine »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui se joue lors de cette 7e convention annuelle ?

    Renaud Muselier : L’objectif, aujourd’hui, c’est de faire l’état des lieux des relations entre la Région et les mairies, l’état des lieux entre le contexte local et national et faire le constat que les maires, qui sont élus et qui vont être en compétition au mois de mars, sont quand même ceux qui sont en contact direct sur la proximité. S’ils ont fait leur boulot, ce n’est pas le national qui pèsera, c’est le local.

    En octobre, dans « La Marseillaise », vous indiquez vouloir un « fédéralisme à la française ». Pourriez-vous développer ?

    R.M. : ça veut dire simplement : fin des injonctions contradictoires de l’état, suppression des doublons, liberté et confiance auprès des acteurs locaux de terrain, des entreprises ou des salariés d’ailleurs, de façon à ce qu’on ne soit non plus dans le contrôle de la réglementation, mais dans une liberté – dans le respect des lois de la République – qui ne soit pas en permanence en train de contraindre. C’est une décentralisation très claire que je propose : chacun son boulot, dans son domaine. à ce jour, ce n’est pas le cas. Par exemple, nous avons à charge l’orientation, que nous finançons. Mais, pourquoi a-t-on encore des services de l’orientation au niveau national ? C’est un doublon ! (…) C’est impossible pour les maires de travailler dans des conditions pareilles. Comment développer un territoire si, systématiquement, vous avez au sein d’une administration, trois sous-administrations véhicules de l’état ?

    Avec quels moyens mettre en place un modèle qui donnera encore davantage de responsabilité aux collectivités ?

    R.M. : Nous allons proposer, avec le Sénat, un texte pour une vraie décentralisation. (…) Si l’état veut décentraliser, la Région sera en première ligne. C’est notre devoir d’aider (les maires) maintenant.

  • Ces trois grands joueurs passés par l’OM et Toulouse

    Ces trois grands joueurs passés par l’OM et Toulouse

    André-Pierre Gignac

    Le minot de Martigues a été révélé au grand jour sous les couleurs violettes et blanches du Toulouse FC. Dans un premier temps remplaçant de Johan Elmander, « Dédé » Gignac a profité du départ de l’avant-centre suédois pour se faire une place. Meilleur buteur du championnat lors de la saison 2008-2009, ses performances en Haute-Garonne lui ont permis d’être convoqué par Raymond Domenech en équipe de France, où il sera même retenu pour la Coupe du monde 2010, en Afrique du Sud.

    Au retour de la terrible épopée à Kynsna, Gignac a rejoint l’OM contre la somme de 18 millions d’euros. Victime au départ d’une rude concurrence avec Loïc Rémy, le Martégal est progressivement monté en puissance. Au terme de ses cinq saisons passées à la Commanderie, André-Pierre Gignac a disputé 188 rencontres sous la tunique blanche et aura inscrit 77 buts.

    Fabien Barthez

    Soixante-quinze ans avant André-Pierre Gignac, Mario Zatelli enfilait déjà les buts sous les couleurs de l’OM. Recruté en 1935, le natif de Sétif, en Algérie française, marque les esprits du championnat de France en terminant ses trois saisons dans le top 10 des buteurs, dont la saison 1937-1938 avec 28 buts en 21 matches seulement. « Beau Mario », modèle du premier Ballon d’Or français Just Fontaine, a poursuivi sa carrière avec deux passages à Toulouse, marqués par la Seconde Guerre mondiale.

    Il a fait son retour dans la cité phocéenne en 1943 afin d’évoluer dans la nouvelle équipe fédérale Marseille-Provence, créée par le régime de Vichy en remplacement des clubs professionnels. Ce n’est qu’à la fin de la guerre que Zatelli a pu revenir porter le maillot de l’Olympique de Marseille, club qu’il entraînera à quatre reprises entre 1964 et 1973, avec un titre de champion de France en 1972.

    Né à Lavelanet, dans l’Ariège, Fabien Barthez a rapidement tapé dans l’œil du Toulouse FC, dont le responsable des gardiens était un certain Élie Baup, entraîneur de l’OM deux décennies plus tard. Profitant de la blessure des deux gardiens principaux lors de la saison 1991-1992, le « Divin chauve » a été lancé dans le grand bain par Victor Zvunka, légende l’Olympique de Marseille. Comme quoi, il était prédestiné à rejoindre la cité phocéenne. Ses excellentes prestations face aux cadors du championnat, dont l’OM, où Bernard Tapie a voulu à tout prix le recruter, lui ont permis de rejoindre le club provençal en septembre 1992.

    Barthez a remporté, dès sa première saison, la Ligue des Champions tant convoitée, seulement vingt mois après sa première titularisation en Division 1 française. La suite de son histoire a été gâchée par l’affaire VA-OM, puis la descente du club en Division 2 en 1994. Il reste cependant encore une saison avant de rejoindre Monaco en 1995.

    Mario Zatelli

    Soixante-quinze ans avant André-Pierre Gignac, Mario Zatelli enfilait déjà les buts sous les couleurs de l’OM. Recruté en 1935, le natif de Sétif, en Algérie française, marque les esprits du championnat de France en terminant ses trois saisons dans le top 10 des buteurs, dont la saison 1937-1938 avec 28 buts en 21 matches seulement. « Beau Mario », modèle du premier Ballon d’Or français Just Fontaine, a poursuivi sa carrière avec deux passages à Toulouse, marqués par la Seconde Guerre mondiale.

    Il a fait son retour dans la cité phocéenne en 1943 afin d’évoluer dans la nouvelle équipe fédérale Marseille-Provence, créée par le régime de Vichy en remplacement des clubs professionnels. Ce n’est qu’à la fin de la guerre que Zatelli a pu revenir porter le maillot de l’Olympique de Marseille, club qu’il entraînera à quatre reprises entre 1964 et 1973, avec un titre de champion de France en 1972.

    Newcastle dénonce le « mauvais traitement » de ses fans

    Le club de Newcastle a rédigé un communiqué, jeudi matin, pour dénoncer « le traitement inacceptable » réservé à leurs supporters par la police, au stade Vélodrome, mardi soir, après le match de Ligue des Champions. « Une fois le premier groupe de supporters libéré, la police a commencé à utiliser une force inutile et disproportionnée pour empêcher le reste de nos fans d’avancer. Elle a utilisé pour cela du gaz poivré, des matraques, des boucliers et de nombreux supporters ont été agressés sans discernement par la police, détaille le club anglais. Nous demanderons à l’UEFA, à l’Olympique de Marseille et aux autorités locales d’ouvrir une enquête officielle sur cette affaire afin de tirer les leçons qui s’imposent et d’éviter que ce comportement ne se reproduise. »

  • À Provence Rugby, la densité fait maintenant le bonheur

    À Provence Rugby, la densité fait maintenant le bonheur

    Provence Rugby reprend du service et compte bien poursuivre sa dynamique. Les Aixois reçoivent, ce vendredi (19h30), Carcassonne, toujours englué dans la zone de relégation après onze journées. Une série à continuer car les hommes de Philippe Saint-André restent sur trois victoires consécutives. Cette séquence resplendissante a été enclenchée parce que la densité de l’effectif est devenue une référence du championnat.

    Remy Ladauge, fraîchement prolongé par le club, ce mercredi, « une grosse fierté de s’installer sur la durée dans un gros club comme Provence Rugby » dit-il, raconte le déclic de ses joueurs : « Suite à notre défaite à Vannes, où nous avons beaucoup donné et on a pris une correction (7-40), on a décidé de changer les choses et être plus hermétique. Ceci, on l’a ensuite validé à Grenoble, à Colomiers et à Aurillac. On finit bien nos matches et nous sommes armés pour affronter l’hiver. » Un changement mental, donc, avec des répercussions sur le jeu pur.

    Une fraîcheur mentale que le staff technique veut conserver pour ce dernier bloc de quatre matches avant la trêve de Noël.

    « On a une équipe

    de chiens »

    Pour cela, les entraîneurs ont offert neuf jours de repos au groupe, lors de cette courte coupure. « C’était un choix de couper un peu plus longtemps que les autres clubs, pour récupérer les joueurs avec plus de fraîcheur mentale. Forcément, la qualité des entraînements était moins bonne, mais le choix est assumé », détaille Remy Ladauge.

    Un esprit de combativité plus développé ces derniers temps, surtout que Teimana Harrison était absent. Le capitaine va remettre les crampons après quatre semaines de suspension suite à son sévère carton rouge contre Nevers. Motivé pour son come-back, il a vu, devant la télé, ses coéquipiers se transformer. « On a une équipe de chiens. Entre guillemets, ils veulent tuer tout le monde. Chaque année, on s’est amélioré et, maintenant, on est bien dans ce domaine. Même un gars de 20 ou 21 ans qui remplace un plus vieux, on ne voit pas de différence. »

    Une envie débordante avant de se confronter à Carcassonne, un match où il faudra être « pragmatique et efficace » pour réaliser le quatre à la suite. Et rester… quatrième de cordée dans cette Pro D2.

    Provence – Carcassonne

    12e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (19h30)

    Arbitre : Remi Aiguebonne

    Provence : Drouet – Lapègue, Colombet, Finau, Tui – Muntz, Deghmache – Suta, Gambini, Harisson (cap.) – Tuisue, Van Eerten- Hawkes, Sauveterre, Wegrzyn

    Carcassonne : Gianet – Gadea, Patilla, Puletua, Railevu – Michet, Pichon – Timani, Bradshaw Ryan, Fadli – Iftimiciuc, Manchia (cap.) – Sauzaret, Moreno, Arnold

  • Choc des titans en vue pour les Spartiates avec la réception de Rouen

    Choc des titans en vue pour les Spartiates avec la réception de Rouen

    Accueillir les Dragons de Rouen est toujours un événement dans une saison de Ligue Magnus. Le club normand, dix-huit fois champion de France, domine sans vergogne le hockey sur glace français depuis les années 1990. D’ailleurs, Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates, et son demi-frère Jonathan Zwikel, directeur général de la maison marseillaise, ont participé activement à quelques épopées victorieuses.

    Aujourd’hui, les hockeyeurs rouennais bataillent toujours pour rester au sommet : ils sont deuxièmes de Ligue Magnus, à égalité de points avec le leader angevin. « Rouen, c’est un cador du championnat », reconnaît Fabien Bourgeois, défenseur des Spartiates de Marseille. Ce dernier s’apprête à affronter avec ses coéquipiers les Dragons pour la seconde fois de la saison, après la défaite sur la patinoire de l’île Lacroix lors de la 3e journée. (4-1, le 19 septembre).

    « Si on veut viser haut, si on veut faire partie des grosses équipes du championnat, il faut être capable de rivaliser avec eux. On l’a déjà prouvé en battant deux fois Grenoble cette année. Et même si on perd deux fois face à Angers, on a quand même sorti une belle prestation à chaque fois. On a tout pour bien faire et montrer qu’on est à la hauteur », insiste « Tigib », conscient que les Spartiates, troisièmes du championnat, ont besoin d’un Libor Kasik en grande forme pour stopper la deuxième attaque la plus efficace du championnat (avec 13,1% de leurs tirs convertis), portée par le meilleur pointeur de Ligue Magnus, Anthony Rech.

  • Letizia Battaglia : sa cause, sa bataille contre Cosa nostra

    Letizia Battaglia : sa cause, sa bataille contre Cosa nostra

    Dans son cliché La pauvre maison va s’effondrer, une fillette crie son effroi dans les bras de sa mère, au milieu d’une pièce fissurée de toutes parts. « Au début des années 1970, existe encore en Italie, une misère qu’aucun média ne montre jamais. Alors, je photographie sans relâche la souffrance de tous ces invisibles à qui l’on interdit de rêver. » Des mots de Letizia Battaglia -qui a photographié la pauvreté mais aussi la dignité des habitants de Palerme, sa ville- repris dans Letizia Battaglia, photographe des années de sang, documentaire réalisé par Cécile Allegra et projeté le 2 décembre à l’Alcazar dans le cadre du Primed, festival de la Méditerranée en images. Elle est la première femme à diriger, en 1974, le service photo d’un journal, celui du quotidien communiste L’Ora, documentant les crimes de Cosa nostra. « L’Italie n’a pas encore conscience de la réalité de la mafia. On compte alors quatre meurtres par jour. Mais les photos de ces morts ne parviennent pas à changer l’opinion publique », où règne l’omerta et la terreur, entretenues par la collusion des mafiosi et du monde politique, témoigne Roberto Scarpinato, ancien procureur général de Palerme. « Mais Letizia va tout changer. Elle photographie les mêmes scènes et soudain, le public est frappé. »

    Dans Ils l’ont tué dans l’obscurité, parmi ses nombreux clichés chocs, elle capte une mère implorant le ciel face au corps de son fils baignant dans le sang. Après s’être liée d’amitié à Boris Giuliano, chef de la police de Palerme, qui sera assassiné en 1979, elle multiplie les photos de scènes de crimes et de cadavres ensanglantés : de mafieux, mais aussi de magistrats ou de militants qui affirment un peu trop fort leur combat contre la pieuvre.

    « Mes photos en courant, la trouille au ventre »

    À travers ses photographies, Letizia Battaglia renvoie en pleine face des garants de l’unité de la société italienne, leurs propres responsabilités. Elle expose même ses clichés en plein cœur de Palerme, s’exposant ainsi elle-même aux menaces et représailles, avant de se lancer en politique. Avec son travail, elle rend aussi visible la lutte de magistrats membres du « pool antimafia » comme Paolo Borsellino ou Giovanni Falcone. Leurs assassinats en 1992 mettront un terme à son travail sur Cosa nostra. « J’ai fait mes photos en courant pendant 10 ans, la trouille au ventre. J’ai besoin de retrouver un peu d’innocence », dira-t-elle alors.

    Compagnon et photoreporter aux côtés de Letizia Battaglia lors de ces années-là, Franco Zecchin viendra quant à lui présenter, vendredi 28 novembre à 18h, au Centre d’animation municipal Michel-Lévy, un ouvrage sur les années qu’il a passées avec elle, à l’invitation de l’association de transmission de la culture italienne, Passa Parola. « À sa mort », explique cet homme installé depuis 20 ans à Marseille, « j’ai pensé que ca serait un bel hommage de témoigner de ce travail et de cette vie ». Dans Letizia, il livre un regard intime sur cette figure admirable dont les Palermitains se sont emparés, « pour voir son côté humain, plutôt que le mythe ».

  • Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Un rassemblement d’une cinquantaine de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, de personnels de direction, de personnels administratifs, de personnels de surveillance, personnels socio-éducatifs, psychologues venus prêter serment comme un décret le leur impose désormais, s’est tenu jeudi à 12h45 devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, boulevard Carnot, pour dénoncer les « pressions et intimidations » dont ils sont l’objet en haut lieu.

    La CGT insertion probation et le Snepap-FSU, avec le soutien du Syndicat des avocats de France (section de Marseille) et du Syndicat de la magistrature (section régionale Aix-en-Provence) ont voulu ainsi dénoncer les « attaques et dénigrements » dont ces agents sont l’objet. Depuis le début de l’année, « Gérald Darmanin a multiplié les interventions et instructions dénigrant et fragilisant le travail des personnels chargés de l’application des peines, qu’il s’agisse des personnels de surveillance, des services d’insertion et de probation ou des juridictions de l’application des peines », dénoncent-ils dans un communiqué commun.

    « Des attaques

    sans précédent »

    « À Aix ou à Marseille, un conseiller de probation suit 130 personnes. Est-ce que le garde des Sceaux qui parle de sécurité à tout va devant les caméras de télévision va parler de ça alors que 200 détenus à Luynes dorment sur un matelas au sol ? », déclare Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. « Des collègues sont KO quand ils entendent les déclarations de leur ministre de tutelle dénonçant des “activités ludiques et provocantes”. Ils ont le sentiment d’être insultés, eux qui travaillent depuis des semaines en amont. Des permis de sortir sont annulés au dernier moment que personne ne comprend. »

    Sentiment partagé par Élodie Bartolini de la CGT Insertion Probation selon laquelle « le moral des agents est très très bas car ils se sentent dans le viseur. Il faut sortir des réactions à chaud et retrouver un cadre de travail serein. Pour cela, il faut faire confiance aux professionnels. Notre métier, c’est d’accompagner les gens, de travailler sur le passage à l’acte, la gestion des émotions pour les réintégrer, pour qu’ils redeviennent des citoyens. On ne peut pas continuer à mettre au ban de la société des gens, les entasser en détention. Trois personnes dans une cellule de 9 m², c’est indigne. »

    Marie-Blanche Régnier, co-déléguée de la section régionale du Syndicat de la magistrature, les comprend. « On est là pour soutenir les agents face aux attaques sans précédent sur les permissions de sortir sous couvert dans la communication politique d’être des narcotrafiquants, alors qu’en fait les personnes en détention sous main de justice ne sont pas majoritairement de ce profil. » Ces attaques qui ont débuté en février se sont accentuées ces dernières semaines. Le garde des Sceaux critique les activités socio-éducatives culturelles en détention qui sont freinées voire ont disparu. « La hiérarchie pénitentiaire ajoute des critères pour contrecarrer des permissions de sortie accordées par les juges d’application des peines. Les détenus étrangers en situation irrégulière sont particulièrement visés même lorsqu’ils ne font même pas encore l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », observe-t-elle.

  • Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    C’est le premier assaut du froid. Emmenés par Alba, médiatrice du patrimoine à la Ville, et Magali, la trentaine de personnes inscrites à la visite*, saisies par le vent froid qui transperce, hâtent le pas. Le soleil est au rendez-vous. Sitôt franchi une grille, le groupe rentre sur le site des chantiers navals de La Ciotat Shipyards (LCS). Pour éviter tout espionnage industriel, aucune photo n’est autorisée. Grande frustration. D’autant que le site ferait se damner tout amateur de photographie…

    Les 105 irréductibles

    Ici, tout est démesure. Gagnés pour trois quarts sur la mer, les chantiers navals actuels « occupent 34 hectares », renseigne Alba. Ils étaient concentrés sur 3 ha, à l’époque des tout premiers chantiers modernes Vence-Benet (1835-1851)… On construisait des bateaux en bois à La Ciotat depuis 1660. Juste avant la visite, cette histoire captivante est racontée, par le biais de diapos commentées et d’un film, aux visiteurs.

    Drôle de paysage. Sur une immense plateforme claire battue par les rafales, les 7 immeubles flottants que sont les mégayachts ont pris place. Ils ont été mis à quai et au sec par « Atlas », explique Alba. Inauguré en septembre 2022 après plus de deux ans de travaux, c’est le petit nom de « l’ascenseur à bateaux. Il peut soulever des yachts de 80 à 120 mètres de long, avec un poids maximal de 4 300 tonnes. Depuis sa mise en service, La Ciotat figure parmi les trois chantiers navals les plus performants au monde pour ce type de yachts. » Au loin, d’autres navires tout aussi gigantesques, comme le sont les fortunes qui permettent de les acquérir (les propriétaires sont en majorité issus des Émirats, de Russie, des États-Unis), ont été enveloppés dans des sortes de cocons pour être repeints. À l’emplacement même de la plateforme Atlas, était la cale de lancement n°1 empruntée par de nombreux pétroliers construits à La Ciotat, durant le fameux « âge d’or », de 1940 à 1982.

    Un bus attend les passagers. Il s’arrêtera à proximité de chaque grande infrastructure. Comme « la grande forme, de 350 mètres de long à l’origine, sur 59 m de large, où l’on peut construire un navire à sec. Puis on remplit avec de l’eau de mer avec les vannes », précise Alba. Il est alors prêt à prendre la mer. Mais aussi le fameux grand portique. Celui dont la poutre horizontale culmine à 83 mètres de haut, avec, écrit en bleu sur fond blanc : 105. Ce sont les 105 irréductibles. Ces gars du chantier qui refusèrent de voir mourir leur outil de travail. De 1988 à 1994, ils occupèrent le site. Et réussirent à le sauver.

    * Gratuit. Infos : MCN, 46, quai François-Mitterrand prolongé. 04.42.08.65.23.