Tag: Bouches-du-Rhône

  • Alinea doit proposer un plan de relance

    Alinea doit proposer un plan de relance

    L’enseigne française d’ameublement de la galaxie Mulliez, Alinea, qui compte 36 magasins dont six en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en tout 1 200 salariés, a été placée jeudi en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Marseille.

    Il y a cinq ans, l’enseigne avait déjà connu le même sort. Le 12 janvier prochain, la direction devra présenter à ce même tribunal un plan de relance. Le redressement judiciaire de l’entreprise en grande difficulté financière (moins 47 millions d’euros de résultat net en 2024 pour 162 millions d’euros de chiffre d’affaires), sera assorti d’une période d’observation de six mois, selon des sources syndicales. La première des conséquences du redressement judiciaire se traduit par le gel des dettes de l’entreprise. Cela signifie que les créanciers de l’entreprise en redressement judiciaire ont l’impossibilité de se faire rembourser les créances échues avant le jugement d’ouverture.

    1 000 salariés licenciés

    en 2020

    La marque espérait atteindre la rentabilité en 2024, selon les prévisions affichées en 2023, lorsqu’elle avait présenté son plan prévoyant la transformation d’une vingtaine de magasins Zodio (également galaxie Mulliez) en enseignes Alinea.

    Fondée en 1989 à Avignon, Alinea avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2020 en pleine pandémie de Covid-19. Elle avait été finalement reprise par ses propres actionnaires, opération rendue possible par une ordonnance gouvernementale prise à la faveur de la crise sanitaire, perdant au passage 17 magasins sur 26 et près de 1 000 salariés sur 1 800. « La direction a exprimé l’espoir de trouver un ou des repreneurs, mais pour l’instant elle est dans la confidentialité et nous ne pouvons rien savoir. Nous craignons cependant que cette éventuelle reprise ne soit que partielle, et ne porte pas sur tous les magasins », a déclaré une source syndicale proche du dossier.

  • La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    Arrivée il y a peu à la tête de 13 Habitat, la nouvelle direction du plus important bailleur social des Bouches-du-Rhône arpente le terrain. Ce jeudi 20 novembre, c’est à Port-de-Bouc que le président Jean-Marc Perrin et Damien Vanoverschelde, à la tête de son équipe technique, se sont arrêtés. « On essaie d’aller vers nos plus gros patrimoines comme à Miramas, à Port-Saint-Louis-du-Rhône ou ici, où on gère 1 400 logements », explique le successeur de Nora Preziosi qui rappelle : « 13 Habitat, ce sont 526 résidences réparties sur 73 communes et 34 000 logements. »

    Dans la commune de 16 000 habitants, qui compte 42% de logements sociaux, le bailleur gère quatre quartiers et y mène des projets structurants financés par l’Agence nationale de pour la rénovation urbaine (Anru), suite à la signature de la convention en avril 2023.

    À la Lèque, la grande barre de 71 appartements doit être détruite par grignotage dans les mois qui viennent. « On s’organise pour que ce soit fait au cours du premier semestre 2026, détaille Damien Vanoverschelde, directeur général de 13 Habitat. Il reste une famille qui y vit, pour laquelle on est en train de finaliser le relogement. »

    Du logement étudiant

    La tour à proximité sera quant à elle réhabilitée. « Une fois la barre tombée, on construira trois petits immeubles d’Action Logement pour le 1% patronal [à destination des salariés du privé, Ndlr], de nouvelles rues perpendiculaires vont traverser le quartier, ce sera plus sympa, plus aéré », se projette le maire Laurent Belsola (PCF).

    Toujours sur la presqu’île, aux Aigues-Douces, deux bâtiments seront démolis à la fin de l’année 2026. Un troisième sera à moitié détruit et fera l’objet d’une restructuration pour que les appartements soient plus adaptés aux besoins actuels. « On va vers du concret, se réjouit l’édile. Après l’école Victor-Hugo, complètement rénovée énergétiquement, et le nouveau city-stade inauguré en avril 2024, la population va voir des immeubles tomber, des aménagements extérieurs, des réhabilitations… »

    À Bellevue, une barre et une quarantaine de villas sociales doivent être rasées. La Ville et 13 Habitat réfléchissent à un projet de logements étudiants dans ce quartier où sont implantés le lycée professionnel Charles-Mongrand et le CFA Henri-Rol-Tanguy. « Nous avons des établissements et des industries qui font de la formation, comme l’institut de soudure ou l’atelier d’usinage John-Cockerill, donc on va s’orienter vers un habitat accessible aux jeunes car il y a un réel besoin », révèle Laurent Belsola.

    Pour Jean-Marc Perrin, « il faudrait qu’il y ait un Anru 3 pour qu’on puisse continuer le travail ». Mais le président du bailleur social reconnaît que ce n’est pas une mince affaire, dans la mesure où « l’État manque d’argent public ».

  • Une soirée dédiée à la lutte des femmes iraniennes à Martigues

    Une soirée dédiée à la lutte des femmes iraniennes à Martigues

    « Tout ce qui arrive aux femmes est de leur faute. » Sara, installée en France depuis 2018, fait partie de ces Iraniennes à avoir refusé de se soumettre aux hommes et au régime des Mollah. Ce vendredi soir, elle vient partager son expérience de la lutte des femmes iraniennes à l’invitation du collectif féministe du PCF de Martigues.

    « Au départ, je pensais que c’était moi qui étais bizarre. On me disait que j’étais rebelle, car je ne voulais pas être leur poupée », raconte la trentenaire. « Car on ne peut rien dire contre les hommes. Sinon on se fait insulter avec des mots très durs. Cette sensation de ne rien pouvoir dire est étouffante », poursuit-elle. « Tout ce qui arrive aux femmes est de leur faute », affirme Sara, prenant comme exemple « si l’homme trompe sa femme, c’est de sa faute car c’est son rôle de satisfaire son homme ».

    Sororité contre patriarcat

    Dans la lutte des femmes iraniennes, Sara pense qu’« il faut d’abord se rendre compte que c’est le gouvernement qui permet tous ces problèmes que connaissent les femmes, en imposant la religion et l’éducation qui les contrôlent et les fait taire ». Elle est solidaire de « ces filles qui ne portent plus le hijab même si elles se font frapper par la police des mœurs ».

    Aujourd’hui, Sara a « espoir contre ce gouvernement qui vit ses dernières minutes », et trouve « rassurant que des hommes soient avec nous au lieu de se protéger entre eux ».

    Le témoignage de Sara est à retrouver au complet ce vendredi soir au 1 bd Gérard-Philipe à Martigues, à partir de 18h. Une initiative du collectif féministe du PCF dont fait partie Marianne Bocca, qui l’inscrit « dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre » et pour « dénoncer le patriarcat » dans tous les pays.

    Entrée libre, repas à prix libre.

  • Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Un rendez-vous au milieu des tempêtes de l’actualité. Ce dimanche à partir de 13h30, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, tient un meeting au parc Chanot. L’occasion, entre les débats budgétaires, les élans guerriers internationaux et la campagne des municipales, de porter les propositions du PCF à travers un Pacte pour l’avenir de la France, avec la création d’un fonds d’avances pour l’industrie et les services publics. Mais cette rencontre sera aussi l’occasion de redonner largement la parole au monde du travail et à ses représentants. « Nous répondons toujours positivement aux invitations des partis politiques progressistes pour porter nos revendications pour qu’ils puissent les relayer à l’Assemblée, qu’ils entendent les revendications du salariat », explique Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU, qui prendra la parole ce dimanche. Une intervention d’autant plus importante alors que se poursuivent les débats sur les lois de finances au Parlement. « Nous sommes en première ligne dans la période budgétaire actuelle, assène-t-elle. Il faut que l’opinion publique ait conscience des menaces qui pèsent sur l’ensemble des services publics : l’hôpital et l’école sont dans des états lamentables… » Et de rappeler : « Les services publics sont la pierre angulaire de la société française. »

    C’est d’autant plus vrai après l’assassinat de Mehdi Kessaci. « C’est dramatique ce qui se passe à Marseille », partage la co-secrétaire de la FSU, alors que l’organisation syndicale a appelé, à l’échelon départemental comme national, à se joindre à la marche blanche organisée samedi. « Le service public de proximité est le dernier rempart pour les publics les plus défavorisés, ce sont les plus concernés par les politiques mises en place par Emmanuel Macron », insiste-t-elle.

    Préparer le 2 décembre

    Cette menace du narcotrafic, les portuaires et dockers la connaissent bien eux aussi. « Nous sommes confrontés à des questions de menaces pour certains d’entre nous, la question de la protection des travailleurs devient importante, encore plus avec ce qu’il s’est passé pour la famille Kessaci », s’alarme le secrétaire général de la CGT du Grand Port maritime de Marseille, Pascal Galéoté, un des premiers signataires de l’Appel de Marseille. Il n’oublie pas qu’au Havre, un docker CGT a déjà été assassiné par les réseaux de narcotrafiquants. « Il y a eu une loi narcotrafic votée, mais sans moyens supplémentaires, sans vraie démarche dans les quartiers autour du port, autour des bassins Est », déplore-t-il.

    Lui aussi reste mobilisé face aux débats budgétaires. « C’est important de prendre la parole dans ce meeting dans cette période de plus en plus compliquée pour le monde du travail, la discussion sur le budget aura des conséquences économiques sur l’activité portuaire, sur la question sociale, sur la nécessité d’avoir un État qui assume ses responsabilités et peut mener ses investissements », détaille-t-il, rappelant les revendications sur la Sécurité sociale, sur les retraites. « De l’argent il y a en a, on produit des richesses, mais on fait des économies sur le dos du peuple », dénonce Pascal Galéoté. Et d’insister, d’autant plus face à la menace de l’extrême droite : « Aujourd’hui, il faut qu’il y ait un sursaut, ce meeting doit préparer le mouvement du 2 décembre. »

  • Le Château Faguest en ruines abandonné à son triste sort

    Le Château Faguest en ruines abandonné à son triste sort

    Le tribunal administratif a donné entière satisfaction à Eiffage Immobilier et Primosud qui peuvent lancer leur projet immobilier, traverse du Vieux-Moulin, 14e, à Saint-Joseph, sans avoir à réhabiliter la bastide de château Faguest, ou plutôt sa ruine inscrite au plan local d’urbanisme au titre d’élément remarquable du patrimoine bastidaire (EB 184).

    Ce devait être un « marqueur visuel historique fort » dans l’aménagement de ce quartier compris dans le périmètre de l’OAP Bessons-Giraudy qui prétend « valoriser le patrimoine bâti historique ». La bastide du XIXe en ruines est condamnée à s’effondrer puisque sa seule protection, au final, c’est de ne pouvoir être démolie sauf à modifier le PLUi. Les promoteurs n’ont en réalité jamais envisagé sa réhabilitation. Leur projet se borne malicieusement à proposer d’en conserver la mémoire par une « représentation au sol » ! De quoi douter de la portée des servitudes patrimoniales votées en conseil métropolitain.

    Le permis délivré en décembre 2023 pour la construction de deux immeubles comprenant 86 logements dont 46 sociaux, des commerces et une crèche, sur les terres de cette ancienne « campagne » marseillaise est ainsi sauvé. Les juges annulent la prescription de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) suivant laquelle « l’intégralité des ruines de l’ancienne bastide, de l’ensemble des bâtiments constituant ses communs ainsi que les éléments constitutifs de ses jardins (bassins, escaliers, arbres remarquables), sont conservées, réhabilitées et intégrées au projet ». Reprenant le raisonnement des requérants, les juges ont considéré que le projet ne portait pas en lui-même sur l’ancienne bastide – sciemment exclue de l’assiette du projet – la prescription qualifiée d’« imprécise » sur la réhabilitation exigée et donc « illégale », ne visait pas à s’assurer de la conformité des travaux projetés.

    « Pas dans l’équation économique »

    La Ville ne fera pas appel, elle qui soutenait la prescription de l’ABF. « C’était très contraignant pour les promoteurs. La réhabilitation n’entrait pas dans leur équation économique », commente l’adjoint à l’urbanisme Eric Méry qui se satisfait d’avoir obtenu de « diminuer la densité » du projet. Il dit à présent « négocier sur la sécurisation du site » accessible au public. Le clos et le couvert ont disparu avec la totalité des charpentes et la majeure partie des travées de planchers, ce qui laisse les murs libres sur une grande hauteur. Les travaux de conservation et de sécurisation de la bastide étaient évalués en 2023 à 500 000 euros. Aucun arrêté de mise en sécurité n’a été pris à ce stade au titre de la police des immeubles menaçant ruine.

    « Il est regrettable que soient progressivement loties et densifiées les terres constituant l’ancien domaine de la bastide, cette dernière se retrouvant progressivement phagocytée par des constructions au point de perdre la lecture paysagère originelle du site » écrit l’ABF dans son avis de juillet 2023 jeté aux orties.

  • Témoigner des atrocités d’Hiroshima et de Nagasaki

    Témoigner des atrocités d’Hiroshima et de Nagasaki

    Plus jamais Hiroshima, plus jamais Nagasaki ! Quatre-vingts ans après les terribles bombardements américains sur le Japon, les militants de la paix sont plus inquiets que jamais. La menace reste vive, brandie par les puissances la possédant. C’est pour alerter l’opinion publique que les associations Hidankyo (confédération japonaise des organisations des survivants des bombes A et H), lauréate du Prix Nobel de la paix en 2024 et Gensuikyo (conseil japonais contre les bombes A et H), effectuent jusqu’au 29 novembre, une tournée dans 18 villes du sud de la France*. « Les gens oublient Hiroshima et Nagasaki », déplore Miko Honma, membre du conseil d’administration de Nihon Hidankyo. Née en 1950, elle est la première de la deuxième génération des victimes de la bombe atomique à présider l’organisation.

    « Ils ne veulent pas seulement témoigner de leur souffrance, ils veulent rassembler pour éliminer les armes atomiques afin que les victimes de Nagasaki soient les dernières victimes des bombes atomiques de l’humanité », insiste Pierre Villard, coordinateur régional du Mouvement de la Paix qui est à l’origine de cet événement. Une délégation de militants était sur place, en août dernier, pour participer aux commémorations, aux côtés de membres du Casi cheminots Paca qui accueillent les pacifistes nippons ce vendredi. Une partie d’entre eux sera reçue lundi par le maire DVG de Marseille Benoît Payan, qui a annoncé en août dernier le ralliement de la ville au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian). Le Rove en a été la première signataire : « l’armement atomique est irréversible, ce village n’a pas spécialement de craintes, il a toutes les craintes », martèle le maire PCF de la commune Paul Sabatino.

    Faire ratifier le traité

    « L’inquiétude principale en ce moment est que, malgré la menace qui est pratiquement quotidienne, très importante, il y a dans la population française en tout cas, un déni sur lequel on a du mal à intervenir », constate Yves Perrin Toinin, représentant de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire. C’est pourquoi ces précieuses paroles seront relayées dans les salles de classe. « C’est en faisant écouter les témoignages d’hibakusha que les jeunes japonais se rendent compte de la menace et se disent qu’ils seront peut-être les prochains », relève Yuhi Shimada, membre du conseil exécutif de Gensuikyo. L’objectif visé par cette campagne est la ratification par la France, l’une des neuf puissances nucléaire, du Tian, à laquelle même le Japon, seul pays ayant subi cette catastrophe s’oppose, « servant d’avant base en Asie dans leur projet américain d’endiguement de la Chine », déplore Yayoi Tsuchida, secrétaire générale adjointe de Gensuikyo.

    Le programme de la tournée sur www.frenchpeacenobeltour.com

  • Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    « Alfred Nakache était un nageur juif déporté à Auschwitz. Il y a perdu toute sa famille. » À la fin de guerre, « il est revenu nager au Cercle des nageurs et y a battu un record du monde », rappelle Christina, 13 ans. Cette élève du collège Notre-Dame de la Major se dit très « fière » d’avoir participé à ce relais de natation inter-collèges dans une « super ambiance ». La 4e édition du prix Alfred-Nakache s’est tenue jeudi au Cercle des nageurs de Marseille (CNM), sur l’initiative du Fonds social juif unifié (FSJU) en collaboration avec le Département.

    « Le but est d’inscrire des initiatives dans la cité, nous tenons aux valeurs de laïcité et de République. L’éducation est majeure tout comme la culture et les valeurs universelles du sport », explique Lionel Stora, président du FSJU. Cette année la compétition a réuni six collèges et 79 élèves. Les vainqueurs pourront offrir à quatre élèves ne sachant pas ou peu nager, des cours collectifs pendant un an au CNM. « Chaque année, ils savent qu’ils ne gagnent pas pour eux mais ils s’arrachent », décrit fièrement la professeure d’EPS du collège Gaston-Defferre, entre deux cris d’encouragement. Avec une moyenne de 2 minutes 31 pour 50 m, son établissement termine deuxième derrière Gyptis. Tous se félicitent sous les applaudissements. « Un prix pour celui qui nage le plus vite mais surtout qui s’allie avec un devoir de mémoire », affirme Martine Vassal, présidente (DVD) du Département. Chaque élève a pu repartir avec Le nageur de Pierre Assouline, une biographie d’Alfred Nakache. Sa présence « permet de nourrir la réflexion et met la littérature de haut niveau à la portée des collégiens », estime Lionel Stora.

    Dans une ville où un jeune sur trois ne sait pas nager, la solidarité est à l’honneur pour la nouvelle génération.

  • Un collectif contre le silence du CD 13

    Un collectif contre le silence du CD 13

    Déjà en 2022, l’Igas établissait un rapport alarmant sur le dispositif départemental de l’aide sociale à l’enfance, soulignant une dégradation progressive des structures partenaires du Département dont l’instabilité organisationnelle qui avait des impacts jusque sur les enfants. En réaction, la présidente (DVD) Martine Vassal, débarque la directrice du service enfance famille et « rompt tout dialogue avec nos associations », déplorent les responsables des structures, jadis partenaires à part entière de la collectivité.

    Un nouveau courrier collectif est resté sans réponse. Les directions de ces structures (Dames de la Providence, Saralogisol, Fouque, Anef, Sauvegarde 13, Serena, Bois fleuri, les Matins bleus, Epis, Delta Sud, L’abri, Acte 13, Saint-Michel, Saints Anges…) bravent « les pressions, les contentieux administratifs » de cette autorité de tutelle qui a décidé de les ignorer. « Nous ne serons plus complices des dérives institutionnelles qui mèneront inévitablement à des accidents. Nous ne serons pas les boucs émissaires des failles que nous dénonçons », ont-elles réagi en unissant leur voix. Ils sont clairement conscients du contexte financier mais ont des propositions pour pouvoir accueillir des enfants sans les mettre en danger, pour embaucher des éducateurs sans les décourager. Car les baisses successives des budgets, le non-versement du Ségur, le manque de places d’accueil, la pénurie de personnels conduisent la chaîne de la protection de l’enfance à sa ruine. L’alerte avait déjà été lancée, et chacun avait assisté aux commissions de travail mises en place. Mais le Département a jeté les copies. Faudra-t-il aller devant le tribunal pour éviter de massacrer les petites vies mises sous leur protection ?

    L’alerte des agents

    Ils étaient plus de 150 agents jeudi midi devant l’hôtel du Département à l’occasion de la journée des droits de l’enfant. Une mobilisation qui reflète l’urgence dans les services départementaux, d’autant plus que le forum de l’emploi organisé le même jour était vécu comme une provocation. Les salariés de l’association Sauvegarde 13 étaient présents, dénonçant la suppression de 17 postes. Et déplorant ne pas être reçus par l’exécutif. Y.S.

  • La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    Pour les professionnels de la protection de l’enfance, c’est une décision rarissime. Le jeudi 13 novembre, le conseil départemental a décidé de placer sous administration provisoire la Maison d’enfants à caractère social (Mecs) de Bois fleuri, à Saint-Loup (10e). Une décision motivée par une « situation d’urgence […] toujours d’actualité, en raison de carences manifestes » dans la gestion de l’établissement, pointe l’arrêté pris par le directeur général adjoint de la solidarité publié ce mercredi. Le cabinet DirecTransition disposera ainsi de tous les pouvoirs nécessaires à la direction des différents services de la Mecs pour « mettre fin aux difficultés constatées ».

    Dès le mois d’avril, une inspection de trois jours avait été diligentée par le conseil départemental au sein de l’Association Bois fleuri, qui gère 54 places d’hébergement pour enfants et 24 autres pour les mineurs non accompagnés de plus de 15 ans. Quatre mois plus tard, le 18 août, la collectivité adressait cette fois un courrier d’injonctions, dont certaines ne sont toujours pas satisfaites. « Les administrateurs de l’association ne s’impliquent pas dans le suivi de l’établissement de manière à garantir son bon fonctionnement ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des personnes qui y sont accueillies », torpille le Département dans son arrêté.

    Des signalements d’agressions sexuelles

    Il décrit ainsi « la rupture actuelle dans le pilotage et la gestion quotidienne » avec des plannings désorganisés, des difficultés de recrutements sur les postes vacants, des conflits entre la direction et les professionnels, des carences de gestions budgétaires, le non-respect des obligations légales… Mais surtout, la collectivité pointe « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles sur mineurs pendant près de quatre mois concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». Sollicitée, la collectivité indique ne pas pouvoir s’exprimer davantage, une procédure étant en cours.

    Dès le mois de juin les salariés avaient donné l’alerte, fait remonter des difficultés à fonctionner, à habiller, voire à fournir des repas corrects aux enfants. « Quand il manque des serviettes périodiques pour les ados, c’est nous qui en amenons, quand il faut conduire un enfant en rendez-vous, hormis l’essence, c’est encore de notre poche », explique un éducateur. Un autre confirme : « On manque de tout. Depuis juin, on ne fête plus un seul anniversaire, faute de bougie, de gâteau. » Les budgets ont tellement dégringolé que les crédits sont bloqués.

    Les effectifs ont également beaucoup varié dans les derniers mois, avec un énorme turn-over. « Beaucoup d’anciens ont craqué, d’autres sont partis en maladie. On rogne sur les postes donc on fait des contrats à des jeunes sans expérience, sans formation ni motivation. Les enfants sont laissés sans surveillance », déplore encore une éducatrice. « Quand il y a des enfants tellement traumatisés, atteints psychologiquement, qu’il faut une prise en charge spécifique et que rien n’est fait, on expose tous les autres au danger », regrette le directeur d’une structure associative.

    Le directeur général adjoint de l’association de son côté se borne à constater : « Nous avons été mis sous tutelle. » Et renvoie à plus tard toute communication.

  • Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    La mobilisation se forme et des manifestants livrent des témoignages effrayants. « Une femme énorme , a été victime d’un AVC. Les pompiers ont dû la faire sortir par le balcon, faute d’ascenseur. Elle vit au neuvième étage à Bel Ombre », s’indigne une copropriétaire. L’hiver commence et « le chauffage ne fonctionne pas ou mal », complète une autre. Cette copropriété du 11e continue de se dégrader, mais aussi celles de la Maurelette (15e), du Mail (14e), de la Belle de Mai (3e), des Rosiers (14e), de Benza (11e), de Mazenode (11e)… Le collectif rassemblant ces copropriétés sous administration judiciaire et des associations (Touche pas à ma copro) étaient présents.

    Mohamed, membre actif de l’association « Préservons Bel Ombre », est chaleureusement accueilli : « Nous avons obtenu un report de six mois pour la mise en péril. » Il est applaudi. Depuis deux semaines, la structure négocie pour faire acter le report.

    Demande de soutiens

    « On n’arrivait pas à avoir des réponses. La providence a fait qu’on tombe au moment de la venue du ministre Darmanin : ça nous a permis d’obtenir l’entrevue avec Patrick Amico [adjoint (GRS) au maire en charge du logement, de l’habitat indigne] », poursuit-il. Il sort de la réunion, prévue la veille au matin. « On pensait qu’on allait être soutenus par la Ville, la préfecture, l’administrateur judiciaire. On se sent punis par les institutions », lance-t-il, avant d‘ajouter : « Il va falloir continuer à se battre contre AJ Associés [leur gestionnaire judiciaire]. Nous espérons que la mise en péril soit annulée. »