Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    L’Union pour Arles, issue de l’Appel du même nom lancé par la société civile pour une majorité de gauche, écologiste et citoyenne aux municipales de 2026, a officialisé l’investiture de Nicolas Koukas comme tête de liste du rassemblement, à l’occasion d’une conférence de presse tenue au restaurant le France, jeudi matin.

    La Marseillaise : Que signifie votre désignation comme tête
    de liste pour les élections municipales de 2026 ?

    Nicolas Koukas : C’est l’aboutissement du processus initié par le collectif issu de l’Appel d’Arles, né des citoyens et auquel les partis se sont agrégés. Le déclic a eu lieu lors des élections législatives. Le rassemblement que j’ai mené dans le cadre du Nouveau Front populaire nous a permis de réaliser un gros score face au RN et d’être devant lui au second tour, sur Arles, alors qu’on pensait être battus au premier tour. Il fallait alors aller plus loin. L’union est un combat qui prend du temps, chacun doit faire des concessions avec les autres tout en faisant le lien avec le collectif de la société civile. Notre rassemblement est marqué à gauche, mais pas fermé. C’est pour cela que j’ai accepté de me mettre à disposition pour porter ce projet.

    Qu’est-ce qui vous caractérise ?

    N.K. : Je suis un amoureux d’Arles. Je suis né pas loin, rue de Stalingrad, dans une famille immigrée grecque du côté de mon papa, et d’une famille arlésienne du côté de ma maman, qui s’appelle Mistral. J’aime ce territoire, car j’y suis né, j’y ai tout construit et ma famille est ici. Je dis souvent qu’une ville finit par devenir une personne pour soi et, en ce moment, je vois qu’elle ne va pas bien.

    Quel est votre diagnostic ?

    N.K. : Le principal sujet est celui de la déconnexion de la municipalité actuelle avec les Arlésiens, il manque la participation et la concertation à tous les niveaux. Ils décident, mais il n’y a aucun moment d’échanges. C’est une réalité criante sur tous les sujets. Il faut aussi regarder les villages et les hameaux qui ont été choyés ou délaissés suivant les affinités politiques du maire. Il y a aussi une déconnexion à ce niveau-là. Je pense, aussi, aux personnels et agents de la Ville. Les services techniques ont été tant critiqués, montrés du doigt, alors qu’ils sont là à 5h du matin sur le territoire. On nous accusait de clientélisme auparavant, mais aujourd’hui, je crois qu’on doit dire qu’on est fiers du service public qu’ils rendent aux habitants. Il est important de rétablir une autre façon de faire de la politique, plus proche des habitants. Les promesses de 2020 n’ont d’ailleurs pas abouti.

    À quelles promesses faites-vous référence ?

    N.K. : Par exemple, celle sur la propreté. On nous avait promis un plan de propreté mirobolant, mais la ville n’a jamais été aussi sale. Je rappelle que le maire d’Arles est aussi président de la communauté d’agglomération et que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères a explosé, le prix des transports aussi, sans oublier l’eau. Visiblement, le maire ne doit pas connaître le président de la communauté d’Agglo, il faudrait leur organiser un rendez-vous ! Sur le plan économique, je mets au défi quiconque de citer une entreprise qui s’est installée depuis 2020. Je me rappelle, aussi, la promesse d’une ville plus sûre, qui a donné lieu à l’augmentation des effectifs de la police municipale de 18 à 60, mais pour quel résultat ? Quel est le projet de la police ?

    Quel est le vôtre, sur ce sujet est sur les autres ?

    N.K. : Notre projet est de créer des hôtels des polices municipale et nationale dans les quartiers. On a besoin de services publics avec tous les outils de prévention, qui ont été sacrifiés, de même que nous devons redonner des moyens aux centres sociaux avec des animateurs et des agents de prévention. Nous aurons plusieurs annonces économiques prochainement, car plusieurs gros acteurs n’ont jamais pu travailler avec Arles, faute d’échanges.

    Quid du développement industriel ?

    N.K. : Nous sommes favorables à la décarbonation et au développement de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Je rappelle que 16% des habitants du Pays d’Arles y travaillent. Mais nous devons faire un enfouissement total de la ligne à très haute tension, on ne peut pas défigurer la Camargue. Il ne faudrait pas, non plus, que les acteurs économiques quittent le golfe. Pour ce qui est du contournement autoroutier, mettre un péage aux Arlésiens qui vont travailler à Saint-Martin ou à Fos est impensable et c’est Vinci qui décide, pas le maire ! J’ai donc proposé aux acteurs économiques et associatifs de mener une véritable consultation citoyenne.

    L’Union locale CGT peut-elle rester domiciliée à la Bourse du travail ?

    N.K. : L’expulsion de la CGT de la Bourse du travail est un coup politique pour faire du buzz en pleine droitisation du pays. Le maire ne connaît pas l’histoire d’Arles, de la CGT et des combats durs qu’ils ont menés. Cela fait partie de notre ADN local. Pourquoi cliver la population ? Le site est inscrit aux monuments historiques et n’est pas accessible, donc l’office du tourisme ne peut pas s’y installer.

    Comment s’annonce la campagne ?

    N.K. : Nous sommes prêts, je suis prêt. Arles mérite mieux. Un vrai élan est né de l’Appel d’Arles. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais le plus important est le projet que nous avons pour réparer et recoudre la ville.

  • Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Ils étaient plus d’une vingtaine sur la cinquantaine de salariés du Groupe SOS affectés sur le centre d’hébergement d’urgence de la Minoterie dans le 15e et autant sur celui de Fontainieu dans le 14e, ainsi que sur le CHRS Chez Simone dans le 3e à exprimer leur colère et leurs inquiétudes. Une action soutenue par la CGT, dans le cadre d’un mouvement national. En débrayage depuis 11h avec ses collègues, accompagnant éducatif depuis dix ans au sein du Groupe SOS, Rudolph Buhlert déplore : « Nous avons fait une pétition qui a recueilli plus d’un millier de signatures, nous avons alerté via le CSE, mais la direction n’a rien voulu savoir. » Les salariés dénoncent une note reçue fin septembre, « où le groupe décide de mettre fin à l’accord qu’on avait, de ne pas subir de carence en cas d’arrêt maladie ».

    Restriction matérielle

    Pour le délégué syndical CGT, « cette dérive risque de nous mettre en situation de travailler même malade au risque de contaminer les collègues et les publics hébergés, dont la santé est souvent très fragile ». Une réunion devait se tenir au siège pour tenter de revenir sur cette mesure. Mais les salariés pointent également « des difficultés financières du Groupe, qui, malgré sa taille, subit les restrictions budgétaires de l’État et a déployé un plan de retour à l’équilibre ».

    Devant le grand bâtiment de la Minoterie d’une capacité de 200 places, ils font état d’une détérioration des conditions de travail et d’accueil : « Les morceaux de pains sont comptés, un par personne le matin avec un café, les couvertures et les draps commencent à manquer, dans la réserve le stock d’équipement s’amenuise, on tire sur le chauffage ou la clim… » De quoi s’inquiéter de l’avenir des structures gérées par le Groupe SOS. « Nous avons deux postes d’aide soignantes qui ont été gelés », regrette encore un salarié.

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».

  • 13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    Assiata avait enfin obtenu en octobre 2022 un logement social pour découvrir qu’il est rongé par l’humidité et les moisissures. 13 Habitat, dont la gouvernance a vacillé cette année, est visé par 4 arrêtés préfectoraux d’insalubrité depuis le début de l’année : deux à Marseille dans la cité Louis-Loucheur de 1932 où vit cette mère, un à Rognac et un à Salon-de-Provence, ce qui renseigne sur la dégradation du patrimoine du premier bailleur social des Bouches-du-Rhône.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’en est ouvert par courrier au président du conseil d’administration de l’office public en relayant les alertes d’habitants des résidences des Aygalades, Val Plan, la Marie et la Verdière. Jean-Marc Perrin lui a répondu que c’était une « polémique stérile » tout en appelant à « coopérer ». Six mois après l’arrêté préfectoral d’insalubrité du 5 juin 2025, le bailleur public n’a toujours pas traité le logement ni même reloger Assiata Abdou et son fils. L’arrêté soulignait déjà « l’absence de réponse » de 13 Habitat à son courrier lançant la procédure contradictoire, ce qui en dit long sur l’inertie de l’office public qui engage désormais sa responsabilité pénale pour sa carence persistante.

    « Il faut avoir le courage

    de dénoncer »

    « L’arrêté n’a rien changé. Je n’ai eu aucune proposition de relogement. L’été, l’odeur insupportable réveille la nuit et l’hiver avec l’air qui passe par les fenêtres j’ai peur pour ma santé. Je fais de l’asthme, j’ai fait une rechute en juillet d’inflammation pulmonaire » raconte Assiata, 58 ans, accompagnante d‘élève en situation de handicap. « Depuis 3 ans qu’on vit ça, ils promettent des travaux mais sont champions pour envoyer un plombier ou le gardien reprendre des photos. Ils savent aussi déstabiliser les locataires en affirmant qu’on n’a pas répondu aux appels téléphoniques des entreprises. » Son fils de 21 ans est inquiet de voir la santé de sa mère se détériorer. « On est obligés de stocker nos vêtements dans des caisses hermétiques pour ne pas qu’ils pourrissent », dit-il.

    « Avant, moi aussi comme mon fils, j’avais honte d’habiter là où on vit, mais il faut avoir le courage de le dénoncer. Cela aidera les autres mamans seules à témoigner. » Comble de cet enfer, les désordres d’évacuation du logement impactent sa voisine du dessous. Assiata se retrouve assignée avec 13 Habitat devant le pôle judiciaire.

    En avril dernier, 13 Habitat a reconnu avoir « pu constater différents désordres et désagréments que vous subissez et qui impactent votre cadre de vie » et a promis des travaux. L’office concluait : « Soyez assurée que [13 Habitat] veillera tout particulièrement au suivi des travaux demandés afin que vous puissiez retrouver le cadre de vie que vous êtes en droit d’attendre. »

    « La situation de Mme A. vivant dans un logement déclaré insalubre à Louis-Loucheur, doit être améliorée de toute urgence. 13 Habitat assume sa part de responsabilité dans le retard pris, et présente ses excuses à la locataire », écrit le bailleur social dans le communiqué qu’il nous adressé ce jeudi 27 novembre et qui reconnaît qu’à ce jour, « seule la pose de réglettes d’aération sur menuiseries a été effectuée par l’entreprise prestataire. Les autres interventions n’ont pas pu être réalisées, en l’absence de rendez-vous fixés entre les prestataires et la locataire ».

    Le logement, occupé par Assiata et son fils, est couvert de moisissures. Il est frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité depuis le 5 juin 2025, qui oblige désormais le bailleur à des travaux et à un relogement dans les trois mois. 13 Habitat indique avoir « décidé » d’interventions à faire. « 13 Habitat vient de demander à nouveau, à ses prestataires, d’intervenir dans les plus brefs délais, et sera particulièrement attentif à la qualité des travaux réalisés. »

    L’office demande à sa locataire de se rendre disponible afin de faciliter la bonne réalisation de ces interventions. Pour rappel, cette mère isolée qui travaille a déjà dû prendre des congés pour se rendre disponible et jusqu’alors pour rien, se mettant en difficultés financièrement. 13 Habitat dit « étudier la possibilité d’un relogement temporaire ou pérenne. L’objectif est bien de mettre un terme au plus vite à cet état d’insalubrité ». À suivre donc.

    Interrogé, 13 Habitat
    nous indique préparer
    un communiqué jeudi.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Gaby Charroux

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Gaby Charroux

    [#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invité Gaby Charroux. Martigues, municipales, actualité sociale, enjeux industriels, proximité, services publics…

    À vous la parole ⬇️

  • [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    Bouziane Berraoud

    Avant d’être licencié du site en 2021, Bouziane Berraoud occupait depuis 2012 un poste de garde, employé via un sous-traitant de Gazel Énergie. Avant sa reprise, le 1er décembre, il passe par la case formation, et espère intégrer un poste de « rondier » pour la société Provex.« Je le pense en tout cas ! Le but est d’être un agent qui fait des rondes pour surveiller l’installation et faire remonter l’info à son supérieur, explique Bouziane Berraoud. Avant d’être rembauché, j’ai été au chômage. En parallèle, les camarades travaillaient sur le projet. Il fallait être sur les clous », retrace ce travailleur. Il ajoute : « Cette période a été très très compliquée. Je me suis retrouvé à vivre avec 55% de mon salaire de base, avec un crédit immobilier sur les bras. ça a été un sacré calvaire. »

    CDI en poche, Bouziane Berraoud se dit « satisfait » : « Mais je le serais encore plus quand tous mes camarades auront signé leur contrat. La vraie victoire aurait été de signer tous ensemble, aujourd’hui, pour faire une belle photo. Mais on est obligés de faire comme ça, puisqu’on n’a pas tous été licenciés en même temps. »

    Nicolas Auclaire

    Nicolas Auclaire, arrivé en 2015 à Gardanne, était responsable du démarrage de l’installation de la centrale et de son fonctionnement, avant d’être licencié en 2021. Après avoir perçu son congé de classement (CAS) pendant neuf mois, cet employé de Gazel a ensuite été appelé en Lorraine pour travailler sur le redémarrage d’une centrale. Son CAS a repris à son retour. Sans la signature de ce nouveau contrat, Nicolas Auclaire se serait retrouvé au chômage dès le 30 novembre, date de fin du CAS.

    Avant ce jour, Nicolas Auclaire était actif au sein de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ACTG), même à distance. « C’est une grande satisfaction de signer ce nouveau contrat. Ces quatre dernières années ont été difficiles pour tous les salariés, qui ont subi ce licenciement, surtout pour les familles aussi. C’est un soulagement, vraiment », rapporte ce salarié, qui attend lui aussi d’entamer une formation avant de connaître le poste qu’il occupera à partir du 1er décembre. « Je suis fier de mes camarades, qui nous ont permis de signer ce contrat », ajoute-t-il.

    Quant à la sensation de faire partie des trois premiers ? « ça fait bizarre, on est en tête de ligne, on attend nos copains qui vont arriver dans quelques jours. »

    Khalil Saidi

    Avant d’être licencié en 2021, Khalil Saidi, dans les mêmes modalités que Bouziane Berraoud, occupait depuis 2012 un poste de garde sur la centrale, via un sous-traitant de Gazel Énergie. « Avec Bouziane, on a vécu la même chose », pointe Khalil Saidi. Après plusieurs années de chômage avec un salaire réduit de moitié, ce salarié confie avoir traversé une période « très difficile, très dure », sans s’attarder sur les détails.

    « De mon côté, j’ai toujours eu espoir dans le projet des camarades de la CGT. J’ai gardé la foi. Je pensais même qu’il prendrait un peu plus de temps (à aboutir), que notre situation allait durer », poursuit le salarié. Il souhaite, à l’issue des formations proposées avant la reprise, le 1er décembre prochain, obtenir un poste de « rondier dans la gazéification », lui aussi. « Un nouveau poste, pour une nouvelle vie ! Je suis très satisfait aujourd’hui, même s’il y a une toute petite méfiance. »

    Il indique que, désormais, les modalités du contrat sont équivalentes, « voire meilleures » que lors de son précédent contrat. Le salaire a lui aussi été augmenté dans ce nouveau CDI. « Il y a quand même une petite pression à reprendre le travail, on ne va pas se mentir. Mais, je dirais que c’est une pression de joie », conclut Khalil Saidi.

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.

  • [Entretien] Maryan Barthelemy : « Diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! »

    [Entretien] Maryan Barthelemy : « Diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours ?

    Maryan Barthelemy : J’ai 53 ans. J’ai un parcours dans l’événementiel depuis 25 ans. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs vies dans le sport pétanque. J’ai été joueur. J’ai ensuite basculé dans l’organisation d’événements. J’ai été chef de projet et directeur d’agence chez l’organisateur des Masters de pétanque et du trophée des villes. J’ai aussi été consultant pour de nombreuses chaînes de télévision : TF1, TMC… J’ai ensuite créé ma boîte, MB Events avec laquelle j’organise des événements pétanque notamment tournés vers le monde de l’entreprise.

    Le Mondial La Marseillaise
    à pétanque et vous, c’est une histoire qui ne date pas d’aujourd’hui.

    M.B. : C’est vrai. Cela remonte à 1988. À l’époque nous étions 3 juniors à faire la finale, chose qui ne s’est jamais reproduite même si des jeunes comme Tyson Molinas, Joe Casale ou Adrien Delahaye l’ont gagnée en étant junior.

    Quand on vous a parlé de devenir directeur des événements du groupe La Marseillaise,
    quelle a été votre réaction
     ?

    M.B. : Je n’y ai pas cru. Lorsque Pierre Guille m’a appelé pour m’annoncer son départ je croyais qu’il voulait me parler d’organiser un événement en commun auquel on avait réfléchi ensemble il y a quelque temps. J’ai donc été surpris. J’ai ensuite été reçu par les dirigeants et, c’est un poste incroyable qui ne peut pas se refuser. Déjà, travailler dans sa passion c’est quelque chose de formidable. Essayer de diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! Le challenge est tellement passionnant, tellement intéressant que j’ai maintenant hâte d’entrer sur le terrain ! C’est un événement aux multiples facettes. J’en connais déjà certaines mais j’ai vraiment hâte de travailler avec tous les bénévoles, les commerciaux. C’est une grosse machine, on va se mettre en ordre de marche pour suivre ensemble le même cap. On va se renouveler en respectant toute l’antériorité de cet événement unique avec ce qu’a apporté Michel Montana puis Pierre Guille.

    Le Mondial La Marseillaise à pétanque n’aurait pas lieu sans ses bénévoles. Quels sont vos liens ?

    M.B. : J’espère que tous les bénévoles vont continuer. Je les connais depuis longtemps. Maurice Caumel, Didier Lalanne, Thierry Marque, André Picca, Daniel Simon, Sylviane Bourrelly sont des personnes de grande valeur. On se souvient ensemble de Maurice Vial qui est malheureusement décédé, on sait à quel point on a besoin de tout le monde et on va tout faire pour leur rendre la tâche la plus facile possible. On va notamment essayer que le maximum de parties se déroulent à Marseille intra muros car c’est important pour les participants. Il faut trouver des solutions au regard de la croissance de l’événement.

    Quels sont vos rapports
    avec les instances sportives
    de la pétanque
     ?

    M.B. : J’ai appelé Michel Le Bot, quelques minutes avant cette interview, parce que je me devais d’annoncer la nouvelle au président de la Fédération française et dès que nous aurons fini j’adresserai un mail à Gérard Schneider, président luxembourgeois de la Fédération internationale avec lequel j’entretiens aussi d’excellentes relations. Il y a quelques semaines, j’ai rencontré le délégué Romain Barré sur un événement. On a parlé des heures et des heures du Mondial La Marseillaise à pétanque alors que je ne savais pas encore que j’allais occuper une responsabilité importante dans l’organisation de cet événement. Je ne considère pas que j’arrive en terrain conquis pour autant. Il y a beaucoup d’innovation à entreprendre. On doit se développer avec des partenaires privés car les collectivités sont en difficulté sur les moyens dont elles disposent. Nous allons tenter d’apporter des nouveautés pour trouver des nouvelles ressources qui sont essentielles.

    Vous êtes d’abord connu dans
    le monde de la pétanque, mais
    les événements de La
     Marseillaise c’est bien plus large que cela.
    Ça aussi c’est un défi
     ?

    M.B. : Oui il y a quatre grands événements. Le Mondial bien sûr mais aussi le Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise dont Marc Poggiale a pris la présidence. Il aura lieu le 1er février et il est en grande partie lancé. Je serai donc plutôt en observation. Ensuite nous tiendrons La Marseillaise breaking cup au printemps et bien sûr, il y a la Tournée d’été La Marseillaise. J’ai tout aussi hâte de l’organiser. J’ai toujours été un homme de tournée, les Masters de pétanque en étaient une. Tous les événements se montent de la même manière, c’est un puzzle où il faut trouver les meilleurs prix, les meilleurs prestataires. Les soirées de la Tournée d’été seront toujours aussi festives, on est sur une dynamique puisque l’année passée il y avait une quinzaine de dates.

    À nos lecteurs

    C’est à vous, chères lectrices et chers lecteurs, aux côtés des bénévoles et salariés de La Marseillaise, que nous avons souhaité réserver la primeur de l’annonce du renouvellement du pôle événementiel du groupe La Marseillaise. La croissance de nos événements et le départ de Pierre Guille vers de nouveaux horizons professionnels nécessitent une réorganisation pour accompagner notre développement. C’est dans cet esprit de conquête que Maryan Barthelemy, spécialiste de la pétanque et professionnel de l’événementiel, est nommé directeur des événements du groupe La Marseillaise. Rafaël Jacquelain, directeur commercial marchés privés, est chargé du sponsoring. Marc Poggiale, président du conseil de surveillance, est élu président de l’association ESCS, organisatrice du Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise. Jean-Luc Corréard, spécialiste du cyclisme, est nommé directeur de course. Le dispositif sera complété par un nouveau président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque dans les prochains jours.

    Léo Purguette,

    président et directeur éditorial du groupe La Marseillaise

    président du Mondial La Marseillaise à pétanque

  • [Entretien] Pablo Longoria : « Une belle victoire importante pour la suite »

    [Entretien] Pablo Longoria : « Une belle victoire importante pour la suite »

    La Marseillaise : Après deux journées sans prendre le moindre point face au Sporting Portugal
    et à l’Atalanta Bergame, vos joueurs ont retrouvé le chemin
    de la victoire en Ligue des Champions, mardi soir au stade Vélodrome, face à Newcastle. Soulagé d’être toujours en course pour une qualification
     ?

    Pablo Longoria : Je suis très satisfait de la victoire mardi soir. C’était un gros match de Ligue des Champions où nous avons eu la bonne réaction. J’ai fait tous les calculs mathématiques possibles dans la nuit pour savoir ce qu’il nous reste à faire afin de nous qualifier pour les barrages de la compétition. Maintenant, nous devons nous concentrer sur le prochain match, samedi, contre Toulouse, puis celui de Lille qui arrive bientôt, avant de penser au déplacement à l’Union Saint-Gilloise. Pour revenir sur la rencontre contre Newcastle, je suis content, mais ça ne reste qu’un match, il faut trouver de la continuité avec les différentes performances.

    Est-ce que cette victoire vous
    a rassuré pour la suite et pour une éventuelle qualification ?

    P.L. : C’est une belle victoire, importante pour la suite, mais ça dépend des différents résultats. Les victoires, les points, les différences de buts : beaucoup de facteurs entrent en compte avec ce nouveau format de la Ligue des Champions. Ce succès face à Newcastle nous a, au moins, permis de prendre de la confiance. Je crois que ce genre de rencontres, où il faut trouver la force de revenir au score dans un moment compliqué, surtout en Ligue des Champions contre un adversaire très fort, dévoile la personnalité, la maturité, la capacité physique de nos joueurs.

    L’autre bonne surprise
    de la soirée reste la première titularisation de Darryl Bakola…

    P.L. : Darryl est un bon exemple du travail que nous faisons sur le développement des jeunes. C’est le cas aussi des autres joueurs, qui sont obligés de jouer comme Robinio Vaz ou Tadjidine Mmadi. Ça fait plaisir de voir un jeune issu de notre centre de formation débuter en Ligue des Champions, surtout avec la personnalité avec laquelle il a joué. Affronter une équipe de Premier League dans un tel contexte, ce n’est pas facile, mais Darryl a été à la hauteur. C’est le fruit du travail collectif de nos éducateurs et du courage du joueur.

  • Pétanque : du travail en profondeur lors de l’assemblée générale

    Pétanque : du travail en profondeur lors de l’assemblée générale

    Après le discours d’accueil et de bienvenue du président Patrick Fara, qui allait remercier la direction de La Salle Jennifer, pour la mise à disposition de ce bel écrin, mais aussi les dirigeants et responsables de clubs pour leur présence, Paul Sabatino, le 1er Magistrat de la commune du Rove, s’est adressé à l’assemblée et s’est réjoui que l’instance départementale ait choisi une commune où le sport bouliste avec deux associations est bien implanté. Il était accompagné de son adjoint aux sports David Guevara.

    La séance s’est poursuivie avec Charles-Baptiste Agostini, ce Corse pour l’essentiel – ainsi se définit-il – fonctionnaire d’État, DTN adjoint au sein de la FFPJP, qui va aborder la première partie de cette assemblée avec à l’ordre du jour les problèmes qui résultent de sa mission au sein de l’instance nationale orientée sur le développement et la réglementation.

    Un exposé riche en découvertes pour bon nombre dans l’assistance. Il est évident que l’instance départementale en donnera les échos, car nombreux sont les points qui semblent échapper aux responsables des associations boulistes.

    Après ces exposés s’ensuit un riche débat au cours duquel chacun des intervenants, cherche à peaufiner son savoir.

    En fin de partie, la discussion s’engage sur les suites données au peu de réponses. Soit dit en passant, sur le questionnaire adressé aux clubs sur les sujets de leur préoccupation, il est vrai qu’avec seulement une vingtaine de réponses pour 155 groupes concernés, nous avons un ordre d’idée sur l’attachement et les compétences d’une grande majorité des dirigeants dans l’accomplissement et la fonction de leur tâche. C’est certainement plus facile pour eux de blâmer ou de critiquer sous cape.

    Après une matinée de débats bien instructifs, l’essentiel des participants était convié à un copieux et somptueux cocktail déjeunatoire.

    L’AG devait se poursuivre à 14h. Avec, dans un premier temps, la remise de trophées qu’il soit individuels ou collectifs. Vient ensuite le moment des rapports d’activité et financier énoncés respectivement par Manon Vincensini, et Christiane Calenzo. Deux comptes rendus qui vont recevoir l’approbation de l’assemblée.

    Booster l’effort

    vers les jeunes…

    On aura pu toutefois constater que si sur le plan effectif le comité des BdR est le plus important sur le plan national. S’il y a des effectifs en hausse en seniors, chez les féminines et chez les vétérans, hélas, c’est chez les jeunes que le bât blesse.

    Dans un sport où la pratique semble échapper de plus en plus à la jeunesse, le président Patrick Fara prend son bâton de pèlerin et lance une offensive vers les jeunes. Il veut les initier vers les deux pratiques : pétanque et jeu Provençal.

    Deux postes d’administrateurs sont à pourvoir au sein du comité directeur. Deux candidats sont en liste. Ils vont être élus à l’unanimité et vont rejoindre le pôle jeunes que tient à constituer le président. On aura pu s’apercevoir pourtant quelques instants auparavant – lors de la remise des trophées – qu’il y a chez les jeunes « treizistes » du potentiel. Et pour le président : « Il faut garder ces jeunes talentueux dans les BdR. » Le débat va se poursuivre avec l’aspect financier. Et là encore, les groupes qui n’effectueront pas les démarches qui s’imposent auprès des collectivités locales et départementales, n’auront rien à attendre de l’instance départementale.

    On aura pu le constater, avec la mise en application de nouvelles directives afin de booster l’effort pour le développement du sport bouliste chez les jeunes, le comité directeur autour du président Patrick Fara a du travail en profondeur…