Tag: Bouches-du-Rhône

  • À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À moins de soixante jours du scrutin, j’ai décidé de prendre mes responsabilités et d’être candidat aux prochaines élections municipales », a déclaré, devant plus de 150 personnes, salle St-Marceaux, le communiste Karim Ghendouf.

    Quelques minutes plus tard, il a lancé : « L’histoire de La Ciotat le montre : la gauche gagne lorsqu’elle est unie. » D’accord. Et c’est pour cela que Karim Ghendouf se présente sous les seules couleurs de La Ciotat nous rassemble ? Après les discours, l’homme a accepté de faire une – bien utile – explication de texte. « Cela fait de nombreux mois qu’on discute avec le PS, LFI, le collectif Nouveau front populaire, EELV. Mais les discussions pour l’union de la gauche aux municipales n’aboutissent pas. J’ai donc pris mes responsabilités, et je les assume. Cela suffit, les palabres. La loi impose de déposer les listes entre le 9 et le 26 février. Si ça peut provoquer un électrochoc… On a un bilan, une expérience, et en même temps on dit qu’on n’est pas fermé », explicite Karim Ghendouf. Le PS de Toni Delogu voulait, lui, placer Martine Cuccaroni en tête de liste de l’union de la gauche ciotadenne.

    2 000 logements sociaux de plus

    À l’exact opposé du « clinquant, du show perpétuel de la municipalité actuelle », a épinglé Albert-Jean Morazzini ; « nous devons faire du commun », a plaidé Karim Ghendouf. « Le mandat de la majorité de droite [Alexandre Doriol, DVD, est maire depuis 2023, Ndlr.] s’achève avec une commune dont les impôts, le prix du mètre carré du foncier et le coût du logement sont les plus élevés du département, creusant les inégalités et empêchant, contrairement à ce qu’ils disent, une ville équilibrée et solidaire », a mis en exergue le communiste. « L’école est la priorité de La Ciotat nous rassemble », a posé Sylvie Demoulin. Le programme promet « la gratuité des fournitures scolaires, de l’accès à la culture, des temps périscolaires ». Mais surtout, LCNR veut agir pour le logement, « alors que les jeunes ménages quittent la ville », faute de pouvoir se loger. Aujourd’hui, le taux de logements sociaux est de 21%. LCNR veut le porter à 30%, selon son estimation des besoins, soit « au minimum 2 000 logements sociaux de plus », a exposé Hervé Watteau.

  • L’ambitieux projet de Decathlon- CMA CGM

    L’ambitieux projet de Decathlon- CMA CGM

    Entre Marseille et Lille, pour briller au niveau planétaire. L’équipe Decathlon-CMA CGM est prête à changer de dimension à l’aube d’une année charnière pour cette formation ambitieuse. L’arrivée de la compagnie maritime comme sponsor principal rebat les cartes. Les moyens sont plus élevés, les attentes aussi. « Il y a de l’attente vis-à-vis du partenaire mais aussi vis-à-vis de nos dirigeants, qui ont recruté des coureurs talentueux. À partir de là, nous à la direction sportive, il faut bien travailler avec les collègues pour que la mayonnaise prenne bien et qu’on soit déjà opérationnel rapidement pour prendre des bons automatismes et avoir une bonne dynamique », explique Nicolas Guillé, le directeur sportif qui accompagnera les coureurs sur le Grand Prix de Marseille-La Marseillaise.

    L’équipe World Tour se rapproche désormais des meilleurs collectifs du monde. Le staff s’est étoffé, le recrutement gonfle les ambitions et Decathlon- CMA CGM est attendu en haut des classements sur chaque course. Chaque détail compte pour entourer au mieux les cyclistes, comme le raconte Nicolas Guillé : « On essaie de se mettre au niveau de grosses équipes comme Visma ou UAE. Je pense que maintenant on a des personnes compétentes dans chaque secteur, des personnes brillantes pour le haut niveau. Chaque secteur, la nutrition, l’entraînement, la mécanique, tous ces secteurs sont très très pointus maintenant et on a besoin des meilleurs. »

    Preuve de ce nouveau statut, deux directeurs sportifs d’excellence ont rejoint la formation française durant l’intersaison. Mark Renshaw est celui qui a mené le légendaire Mark Cavendish à tant de victoires. L’ex-sprinteur Heinrich Haussler, 2e de Milan-San Remo 2009, a aussi signé un contrat avec l’équipe dirigée par Sébastien Joly.

    Paul Lapeira, leader désigné à Marseille

    Le Grand Prix de Marseille- La Marseillaise et les autres courses prévues dans le sud de la France revêtent d’une importance particulière pour Decathlon-CMA CGM. Avec ce partenaire phocéen, l’objectif est de gagner le 1er février. « C’est vrai que notre équipe a un petit peu ce devoir de gagner ces courses-là, rappelle Nicolas Guillé. Maintenant ce n’est pas les plus faciles mais en tout cas on va avec l’ambition de gagner. » Le champion de France 2024 Paul Lapeira sera le leader mais « sur ces courses on essaie aussi de faire profiter les plus jeunes, alors que dans les courses World Tour, ils ont vraiment un rôle spécifique ».

    Avec 28 coureurs sous contrat en 2026, Decathlon-CMA CGM a la possibilité de gagner sur n’importe quel jour de course. Benoot, Kooij, Paret-Peintre, Scotson, Bissegger, Gall, Prodhomme et bien sûr Paul Seixas, tant de noms pouvant lever les bras à travers une année. Les Tricolores ont même déjà ouvert leur compteur avec la récente victoire de Tobias Lund Andresen lors du Tour Down Under, en Australie. Et l’idée est de réaliser la même chose, le 1er février, lors du Grand Prix cycliste.

    « Notre équipe a un petit peu ce devoir
    de gagner
    ces courses-là »

  • Les élus face à la révolution industrielle

    Les élus face à la révolution industrielle

    À l’Ouest du département, le ballet des camions sur la RN568 est incessant. D’ici 2030, ces véhicules (4 600 poids lourds par jour dont 700 opérant du transport de matières dangereuses) ne passeront plus par ce qui sera, Laurent Belsola (PCF) et Gaby Charroux (PCF) l’espèrent, un boulevard urbain, mais par le contournement autoroutier qui passera au nord de leurs deux villes Martigues et Port-de-Bouc.

    Déclaré d’utilité publique en 2017 et demandé depuis plus de cinquante ans par la population et les élus du territoire, cet aménagement est enfin entré dans le concret en juillet 2025 avec la signature de son protocole de financement. Au total, 228 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics (État, Région, Département, Métropole et Grand Port maritime de Marseille-Fos – GPMM) pour construire près de 7 km de 2×2 voies, deux échangeurs et 12 ouvrages d’art.

    Loin d’être un hasard, cette somme a été obtenue à la faveur de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos. « On a pris en compte le fait que l’économie mondiale est là, c’est le premier investissement qui permet de dire que la ZIP va se développer et prendre une autre dimension », notait le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola lors de la signature en préfecture.

    Des décisions finales d’investissement en 2026

    De la même manière que, dans les années 1970, le développement de la sidérurgie dans les bassins Ouest du port, et notamment les implantations de Solmer et d’Ugine, ont entraîné une arrivée massive de travailleurs lorrains, l’arrivée de nouveaux acteurs économiques devrait bouleverser la physionomie du territoire dans les années à venir.

    Près de cinquante projets industriels ont été identifiés par la Commission nationale du débat public, qui a mené une concertation globale du 2 avril au 13 juillet dernier, dans les secteurs de l’hydrogène (H2V), de la sidérurgie dite « verte » (GravitHy, Marcegaglia), des carburants bas-carbone pour le maritime et l’aviation (Neocarb), la chimie, de la pétrochimie, de l’aérien (pôle Jean-Sarrail), des énergies (Carbon), ou encore de la logistique. Près de 15 milliards d’euros privés sont attendus dans la zone. Alors que le contexte national et international est pour le moins instable, lors des vœux du GPMM, le président du directoire Hervé Martel rappelait : « 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. » Les pouvoirs publics et le monde économique parlent déjà de 10 000 emplois directs créés d’ici 2030-2035. Charge aux communes alentour d’être en capacité d’accueillir ces nouveaux travailleurs et leurs familles.

    Pour le président du conseil de surveillance du GPMM, Christophe Castaner, « notre responsabilité est de rendre possible l’implantation de ces projets, en aménageur et propriétaire foncier, en accompagnant massivement les infrastructures publiques ». Le port vient d’adopter son projet stratégique 2025-2029, qui prévoit plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont 77% seront consacrés aux bassins Ouest. En ligne de mire : l’extension du terminal avec le projet Fos 3XL à horizon 2031, la desserte du môle central et l’élaboration d’un schéma directeur ferroviaire pour anticiper les flux.

    La ligne THT divise

    Indispensable, l’alimentation électrique constitue la pierre d’achoppement de la transition industrielle de la zone. D’après le port, les besoins sont estimés à 2,4 GW supplémentaires sur le seul môle central d’ici 2029, et plus de 6 GW à l’échelle du golfe de Fos à l’horizon 2030. Pour y répondre, un projet de ligne aérienne très haute tension de 65 km et 180 pylônes avait été présenté au public, suscitant de vives oppositions des agriculteurs, des associations écologistes et des élus du pays d’Arles, amenant le collectif THT 13/30 à proposer une solution alternative d’enfouissement partiel.

    Dans leur rapport publié en décembre, les services de l’État ont acté le report de leur décision sur la réalisation de cette infrastructure électrique, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE. Un consensus sera-t-il trouvé ?

    « Rendre possible l’implantation de ces projets »

  • Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    À sept semaines du 1er tour des élections municipales (15 et 22 mars), le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne. Installé à l’angle du cours Belsunce et de la Canebière (1er). Le lieu fourmille déjà depuis quelques semaines. Les 800m2 de cette ancienne banque installée au cœur de Marseille ont été apprivoisés au fil des semaines. Vendredi, la façade jusqu’ici parée d’un soleil, symbole du Printemps marseillais, noir sur fond blanc, s’est colorée. Du fuchsia, du rouge, du vert, du bleu et quatre chiffres énormes, 2026, blancs et bleus, planté au milieu de la rade de Marseille, laissant figurer en fond la Bonne Mère. Côté Belsunce, le nom de tous les quartiers de Marseille.

    Plusieurs rendez-vous y ont été organisés. Benoît Payan, le maire (DVG) sortant y a officiellement annoncé sa candidature le 10 janvier. Audrey Garino, son adjointe (PCF) en charge des solidarités y a dévoilé les vingt premières mesures programmatiques du Printemps marseillais pour la future mandature, la semaine passée. Mercredi, c’est Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes qui est venue apporter son soutien, le tout premier venu d’une personnalité politique nationale.

    L’inauguration va battre le rappel des troupes et donner le véritable coup d’envoi de la campagne du Printemps marseillais version 2026 même si les militants sont engagés sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà. Porte-à-porte, affichage, tractage de rue se multiplient. Plusieurs centaines d’entre eux sont attendues ce samedi, au côté des représentants de toutes les forces politiques et citoyennes engagées derrière Benoît Payan.

    « Le but est de montrer toute l’ampleur de ce rassemblement », glisse l’entourage du maire ou l’appui sur l’enthousiasme qui anime les troupes. L’ambiance soutenue par les derniers sondages et les retours des Marseillais est bonne. Comprenez ici, joyeuse.

  • La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    Vous nous avez sauvés ! Je vais recevoir ma carte de séjour qui sera valable jusqu’en 2035 et je reprends le travail lundi. Merci, merci ! J’étais désespérée. Je me demandais comment j’allais faire. Merci à La Marseillaise, vous êtes notre sauveur ! », exulte Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants âgés de 9 à 16 ans, dont le titre de séjour avait expiré malgré ses démarches pour son renouvellement. Elle nous confirme la reprise lundi de son contrat de travail d’agent de production chez Kalhyge. La blanchisserie industrielle du chemin de Saint-Jean-du Désert (5e) avait dû la suspendre, dans l’attente du renouvellement de sa carte décennale de séjour.

    Une carte de séjour provisoire de trois mois lui a été délivrée jeudi avec une convocation pour se voir remettre sa nouvelle et troisième carte de séjour de dix ans. Elle avait perçu son dernier salaire de 1 700 euros et s’accrochait à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendrait la carte. L’entreprise n’avait pas d’alternative, le Code du travail l’oblige dans cette situation à suspendre la relation contractuelle. Mariama consultait régulièrement son dossier en ligne qui lui indiquait que sa nouvelle carte était « en construction ».

    « Tous les salariés étaient contents »

    Le délégué syndical CGT de l’entreprise, Kamel Bouanani, s’était immédiatement mobilisé pour venir en aide à cette mère et à deux autres salariés de l’entreprise placés dans la même situation : le dossier de renouvellement était quelque part en stand-by dans les méandres informatiques de la plateforme Anef (Administration numérique pour les étrangers en France) qui depuis juillet 2024 dématérialise complètement les démarches. Pour le syndicaliste, cela génère des situations extrêmement injustes et pénalisantes. « Les salariés comme les employeurs se retrouvent sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable. »

    Faute de titre de séjour valide, le Code du travail ne laisse en réalité pas de choix à l’employeur, sauf à s’exposer à des poursuites pénales. « Nul ne peut, directement ou par personne interposée, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l’autorisant à exercer une activité salariée en France » dispose l’article L. 8256-2 du Code du travail modifié en janvier 2024 qui punit sa violation de cinq ans de prison et d’une amende de 30 000 euros. L’amende est en outre appliquée « autant de fois qu’il y a d’étrangers concernés ». La loi Immigration de janvier 2024 a même ajouté une amende administrative à l’employeur allant jusqu’à 5 000 fois le minimum garanti soit plus de 20 000 euros par salarié en infraction.

    L’article de La Marseillaise relatant cette terrible injustice aux lourdes conséquences humaines et sociales, a fait immédiatement réagir la Préfecture des Bouches-du-Rhône dont les agents se sont investis pour débloquer la situation. « C’est bon pour nos collègues. Un reprend le travail cet après-midi et les deux autres lundi », soupire de soulagement Kamel Bouanani. « Tous les salariés étaient contents d’apprendre que leurs collègues reprennent et au nom de tous les salariés nous remercions beaucoup La Marseillaise d’avoir relayé notre alerte. » La CGT a revendiqué de manière constante la délivrance d’un titre de séjour de plein droit pour tout travailleur.

    Des dysfonctionnements de la plateforme Anef remontent régulièrement et sont dénoncés comme des atteintes à l’exercice effectif des droits au séjour. Il faut saluer l’intervention rapide de la préfecture des Bouches-du-Rhône désireuse de trouver une solution pour ces trois travailleurs.

  • « Moi Marseille »

    « Moi Marseille »

    Laissez passer les cartes postales. Celle de la ville de coups de vents, des coups du sort que les magazines habillent de lumière, de ferveur et de passions, de caricatures. Et revenons à ce que je suis.

    Hier, j’ai célébré mes 2600 ans. Grecque, ouverte sur la Méditerranée, j’ai souvent résisté avec courage, parfois folie, moins souvent j’ai cédé à la sagesse. Des excès, nombreux, me direz-vous. Sans doute, mais je suis ainsi faite. De cycles, de dépressions, de rebonds et c’est dans ce flot incessant que j’ai déployé ma légende.

    Trompant les projets des urbanistes, jouant de l’espace entre ma centaine de villages, j’ai fait ville sans jamais trahir l’âme de ceux qui m’ont façonnée durant ces siècles. J’ai tissé ma force, à l’abri du massif de la Nerthe et de la chaîne de l’Etoile, me dressant contre la Provence, négligeant le tourisme, préférant les orients lointains.

    Alors, d’aucuns ont parlé de moi comme un carrefour alors que je ne suis rien d’autre qu’un havre où les hommes se croisent, travaillent et galèjent. Oui, ici le verbe est haut, moqueur mais je suis ville de labeur et d’efforts, contrairement aux clichés exhibés par ceux de la capitale.

    Aujourd’hui, je le sais. Je suis à la croisée des chemins et je sens que le bruit et la fureur, transformés en étendards par certains, me menacent. Ils excluent, rejettent et se sont persuadés que mes excès traduisent une lâche tentation vers les extrêmes, que mes emportements justifient leurs aveuglements et leurs ressentiments.

    Ils font table rase de ce qui m’a nourri. Leurs propos et programmes, à l’emporte-pièce, sont la négation de mon passé, qui s’est pétri dans l’accueil et le mélange. N’allez pas croire que mon essence populaire signifie l’amour de la révolution. Je manifeste, je crie, je conteste parce que j’aime la justice et refuse les exclusions. Mes colères, elles sont là.

    Si j’ai chanté La Marseillaise, c’est pour sauver la République, pas pour faire preuve d’insoumission. Cette République, elle est égalité, fraternité et liberté. Elle est peut-être menacée, comme ce qui fait ma chair, mes espérances.

    Ceux qui affirment sans sourciller que la police tue, ceux qui refusent le compromis, rejettent tout ce qui ne s’accorde pas avec leur credo. Ils ont les mêmes défauts que ceux qui font porter les péchés capitaux à l’autre, celui qui ne leur ressemble pas. Leurs combats ne sont pas les miens. Ils instrumentalisent mes emportements. Oubliant ce que je veux.

    Je veux continuer à grandir sans perdre mon authenticité, je veux que chacun de mes habitants ait sa juste place, que tous mes quartiers soient apaisés. Le temps n’est plus où je cherchais ma force dans le refus de tendre la main à mon arrière-pays. Le développement auquel j’aspire est fait de coopérations, de dialogues et d’échanges avec mes voisins, proches ou lointains.

    À leur laisser les rênes, ces ingrédients du vivre ensemble disparaîtraient refermant le chapitre d’une ville où les projets, enfin, peuvent bénéficier d’investissements de l’État.

    Je veux être Marseille, une ville de projets pour une jeunesse libérée du déficit d’investissement, de formation, d’emplois qualifiés… Je veux être une ville de logements décents pour tous, d’espaces publics accueillants, de nature préservée. Je veux une économie dynamique qui reflète le potentiel de cette terre de recherche, de savoirs, d’innovation. Je veux des politiques qui rapprochent et non qui opposent, des choix qui protègent et non qui affaiblissent.

    Ce sillon, je l’ai creusé durant des années, avec des maires de conviction, courageux, auxquels mille et un reproches peuvent être lancés. Mais ils n’étaient pas enkystés par cette fatigue démocratique qui menace.

    Il faut être démocrate, républicain, courageux. Le pire n’est jamais sûr mais il nous appartient, désormais ensemble, de tourner le dos aux passions tristes des extrêmes.

  • Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Lors de ses vœux, ce jeudi 22 janvier, Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille, a tenu à rappeler que son activité relevait avant tout du « fruit du travail des travailleuses et travailleurs du port ».

    S’il convient que « le port dispose d’un modèle économique robuste », il s’interroge sur l’avenir de cet outil de développement crucial du territoire, notamment « sur la finalité de certains projets sur les segments à la fois liés à la décarbonation et soumis à une concurrence exacerbée ». Pour le responsable syndical, « les prochaines élections municipales sont un laboratoire politique ». Et de souligner que « depuis plusieurs semaines, nous voyons fleurir des discours d’équilibrisme électoral, le fameux “en même temps” ». 

    Décarbonation sans ligne THT ?

    À savoir : « Un emploi industriel mais en même temps sans industrie, pour la souveraineté énergétique mais avec une baisse de la production, pour la décarbonation mais contre la ligne à très haute tension, pour la transition écologique mais contre le transport ferroviaire, pour la qualité de l’air mais contre le branchement des navires à quai. » Et au final, des positionnements « toujours contre les industries des activités portuaires, qu’il s’agisse des passagers, de la réparation navale ou du transport des marchandises », résume-t-il. Autant d’éléments qui poussent le syndicat à la plus grande prudence.

  • [Lecture] L’évasion du tirailleur

    [Lecture] L’évasion du tirailleur

    Mille neuf cent seize. La Teste de Buch. Camp du Courneau. Des milliers de tirailleurs sénégalais sont entassés dans des baraquements avant de rejoindre le front. Dans la nuit, une silhouette se faufile, passe par-dessus les barbelés et par-dessous les wagons, sous la lune froide. Les images lui reviennent des siens et de son pays. Sa fuite est peuplée d’animaux qui se font témoins de son histoire. Il se souvient du paquebot, et des façades imposantes de Bordeaux, à l’arrivée. D’où provient tant de richesse ? Les récits sur la guerre qu’il a entendus terrifient ses cauchemars. Il faut fuir, dormir dans les bois, voler un morceau de pain dans une maison isolée et se faire prendre : « Ça commence par du pain et après ? » Être pris en chasse. Thibault Rougès livre ici un récit grave, haletant et poétique, servi par des encres profondes. On est saisi par les paysages, par les visages, par les corps, par les plumages et les pelages. Thibaut Rougès s’est attelé à « entrer dans la tête de cet homme », pour le comprendre, « créant un lien fraternel presque inexplicable ». Une force se dégage de cette bande dessinée inspirée de « l’histoire vraie de Beckadou, tirailleur sénégalais, seul et unique évadé du camp du Courneau ». Elle est le résultat de cinq années de travail, un travail soigné, et de décantation qui font un récit épuré. Pas de bavardage. Quelques dialogues pour illustrer et des images pour raconter : le récit est dans le dessin. Sa magie est de nous placer immédiatement en proximité avec le héros et de nous entraîner dans sa fuite, avec lui, de susciter ce lien fraternel en nous, sans avoir besoin d’en dire davantage. Ah oui : en 1917, les deux assassins de Beckadou ont été acquittés.

    Déraciné

    Un tirailleur en fuite

    par Thibault Rougès

    Familar éditions, 21 €.

  • Nicolas Guillé : « Des objectifs très élevés sur les Grands Tours »

    Nicolas Guillé : « Des objectifs très élevés sur les Grands Tours »

    La Marseillaise : Quels sont vos grands objectifs en 2026 ?

    Nicolas Guillé : Déjà de gagner des courses. Après, il y a des passages obligés, des courses comme Paris-Nice, comme les classiques flamandes, Paris-Roubaix aussi, car nous avons notre partenaire mécanique basé dans la région. C’est un gros objectif de la saison. Ensuite, on va vite arriver sur le Tour de France. On va dire que nous avons des objectifs très élevés sur les Grands Tours. Il faut qu’on essaie de passer un cran, de pouvoir vraiment rivaliser, de s’approcher du podium sur ces courses-là.

    En regardant en détail votre effectif, on dirait que vous pouvez gagner sur tous les terrains. Qu’en pensez-vous ?

    N.G. : Oui, c’est vrai qu’on a des coureurs qui vont assez vite, qui passent bien les bosses. On a un collectif assez fort. Avec le recrutement de sprinteurs, nous allons devoir avoir une approche différente de la course. Ce sont des choses assez nouvelles pour nous, on n’a jamais eu trop de sprinteurs dans l’équipe. Et c’est vrai qu’avec le recrutement de Mark Renshaw, de coureurs aguerris autour d’Olav Kooij, on est plutôt confiant avant d’attaquer cette nouvelle année.

    2026 sera une année importante pour le grand espoir Paul Seixas. Est-il prêt à affronter le gros programme qui l’attend ?

    N.G. : Oui, bien sûr, mais c’est vrai que l’on souhaite le couver au maximum, avec que des experts autour de lui. On essaie qu’il ait la meilleure approche possible de sa saison, sachant qu’il est jeune et qu’il faut faire attention à tout avec lui. Il n’y a pas de pression particulière. On le laisse venir sur les courses. On sait que c’est un coureur qui est déjà mûr, il sait ce qu’il veut. Après, l’expérience va venir au fil des mois, des années. L’idée, c’est vraiment de ne pas lui mettre la pression. Il faut placer de bons coureurs à ses côtés pour l’amener à faire de bons résultats. Il faut juste lui laisser le temps et les performances viendront par elles-mêmes.

  • Provence Rugby bat Aurillac sous l’orage

    Provence Rugby bat Aurillac sous l’orage

    Un troisième match en 2026 pour le moins atypique. Provence Rugby s’est imposé, ce vendredi, face à Aurillac
    (26-10). Une rencontre où la pluie a été un facteur important et a rendu le jeu difficile. Les locaux ont finalement su creuser un écart au bon moment, avant que le cuir ne devienne trop glissant. Un match où même l’arbitre principal, M. Aiguebonne, est sorti sur blessure à deux minutes du terme.

    Les Provençaux ont bien fait de frapper d’entrée car la suite de la première période a été beaucoup moins flamboyante. Léo Drouet a inscrit un essai en coin dès la 3e minute avant que Tui ne score lui aussi après un peu plus d’un quart d’heure de jeu. Autour de ces moments-là, Provence a été plus absent, laissant Aurillac complètement dans la partie. Hadinegoro a transpercé la défense plein centre pour les premiers points des visiteurs. C’est ce brin de folie, cette vitesse qui a manqué aux locaux pour créer un écart à la mi-temps (14-10).

    Pluie, orage et victoire

    Les joueurs ont eu la mauvaise surprise d’être accueillis par une pluie battante au retour des vestiaires. Pas de quoi décontenancer Provence Rugby, qui s’est appliqué pour inscrire un 3e essai, au près et en force. Les entrées de période ont pu pêcher par le passé, mais il a bien été un point fort ce vendredi soir.

    Si les éléments se sont déchaînés dans le ciel aixois, les hommes de Philippe Saint-André se sont finalement mis à l’abri. Pour fêter sa prolongation de contrat jusqu’en 2029, Guillaume Piazzoli s’est offert cinq points. La fin de partie était beaucoup plus difficile pour tous. Le ballon ovale s’est transformé en savonnette géante et les réceptions de passes étaient hasardeuses. Le score n’a pas évolué après l’heure de jeu et Provence Rugby s’impose une troisième fois consécutivement et reste invaincu en 2026. « C’était parfois difficile de jouer mais on n’a pas lâché en défense et on ramène cinq points donc c’est cool », racontait Raphaël Portat après la partie.

    18e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David

    Essais : Drouet (3e), Tui (20e), Suta (44e), Piazzoli (57e) pour Provence ; Hadinegoro (27e) pour Aurillac

    PROVENCE : Drouet – Lapegue, North, Colombet, Tui – Muntz, Coville – Suta, Portat, Piazzoli – Tuisue, Van Eerten – Vernet, Latterrade, Wegrzyn

    Entraîneur : Philippe Saint-André

    AURILLAC : Condamine – Van Rensburg, Pieters, Talalua, Coertzen – Abzhandadze, Hadinegoro – Tison, De Jong, Delort – Jongejan, Bloemen – Robertson, Khonelidze, Tapueluelu

    Entraîneur : Romeo Gontineac