Tag: Bouches-du-Rhône

  • Le Cercle des nageurs de Marseille triomphe

    Le Cercle des nageurs de Marseille triomphe

    Il n’est pas si fréquent d’être sacré champion d’Europe après une défaite lors du match retour. C’est pourtant le scénario vécu par les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille, vainqueurs de l’Euro Cup, samedi 6 juin, malgré leur revers face aux Croates de Jadran Split (16-14).

    Forts de leur succès acquis à l’aller au bassin Pierre-Garsau (19-16), les poloïstes marseillais ont fait la différence sur l’ensemble des deux rencontres pour s’adjuger le deuxième trophée européen de leur histoire, après celui décroché en 2019.

    « On a vécu ce match retour de manière assez difficile, parce qu’on ne s’est pas rendu la tâche facile. En plus de ça, on savait qu’on allait évoluer dans un environnement très hostile. Donc c’était vraiment très compliqué. On a gagné le titre, mais je ne pense pas qu’on ait joué à la fin du match comme on aurait dû la jouer », souligne Thomas Vernoux.

    Avec ses coéquipiers, l’étudiant à Polytechnique Marseille a vécu une expérience hors-norme. « Ils ont tout fait pour nous faire déjouer et nous faire perdre notre sang-froid. Cette finale a pris de telles proportions que nos familles ont été protégées par les forces de l’ordre avant et pendant le match », ajoute l’international français de 23 ans, hué toute la soirée par le public croate.

    Consécration avant

    un 43e titre national

    Dans un contexte tendu, le Marseillais a pourtant répondu présent. Auteur de cinq buts, dont trois inscrits dès le premier quart-temps, il a permis au CNM de rester au contact au tableau d’affichage.

    Jusqu’au dernier acte, où les Croates ont brièvement pris deux longueurs d’avance à cinq minutes du terme. Mais le collectif phocéen a tenu bon jusqu’au bout, fidèle à sa réputation. « Je faisais déjà partie de l’aventure en 2019, mais j’étais très jeune. Aujourd’hui, je mesure vraiment ce que représente le fait de gagner une Coupe d’Europe avec Marseille », confie le serial-buteur, conscient d’inscrire son club dans une trajectoire historique, avec deux titres européens glanés en moins de dix ans.

    De quoi susciter la reconnaissance du peuple marseillais. « Félicitations à nos poloïstes du CN Marseille, champions d’Europe à Split sept ans après leur dernier titre ! Marseille est fière de vous », a publié le maire de Marseille, Benoît Payan, sur ses réseaux sociaux.

    Au-delà de la dimension symbolique, cette consécration permet aux joueurs du Cercle d’atténuer l’amertume de l’élimination prématurée en Ligue des champions.

    « C’est sûr que l’on veut tous être sur la plus haute marche européenne. Après notre défaite contre Sabadell, on s’est dit que si on gagnait l’Eurocup, ce serait quand même une belle saison. Je ne pense pas qu’on soit très loin d’un sacre en Ligue des champions, mais il y a encore du travail », estime Thomas Vernoux, compétiteur dans l’âme. La saison des poloïstes phocéens n’est toutefois pas terminée. Ils sont toujours en course pour un 43e titre de champion de France.

    Après avoir largement battu Nice, le week-end dernier, les Marseillais recevront ce samedi (18h) les Maralpins en demi-finale retour. « La dernière fois que l’on a remporté l’Euro Cup, on avait perdu le championnat national », rappelle le cousin de Romain Marion-Vernoux.

    « On est tous contents et remotivés à l’idée de retourner s’entraîner dans quelques jours, après le repos, pour continuer à jouer ensemble tous les matches qui nous restent et profiter ensemble », lance-t-il avec sa volonté de fer légendaire.

  • Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Les études se succèdent et se ressemblent : les maladies chroniques frappent davantage les personnes aux revenus modestes. C’est le cas du diabète, des maladies du foie ou du pancréas, ainsi que des maladies psychiatriques et respiratoires chroniques. Le cancer, première cause de mortalité en France avec plus de 160 000 décès chaque année, faisait jusqu’à présent figure d’exception, touchant pauvres et riches de manière indifférente. Une étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée en février, a toutefois révélé « un lien extrêmement fort avec la situation des individus, notamment sociodémographique », expose Thomas Wanecq, directeur général de l’institution.

    Ces inégalités se manifestent notamment dans la localisation des cancers, c’est-à-dire au niveau des organes touchés par la tumeur cancéreuse. La Drees s’est basée sur les quatre cancers les plus répandus dans le pays : ceux du sein, de la prostate, du poumon et le cancer colorectal.

    Le cancer du poumon est l’un des exemples les plus frappants. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10% les plus modestes avaient un risque 2,2 fois d’en développer un que ceux des 10% les plus aisés. C’est l’un des cancers associé à certains facteurs connus et considérés comme évitables, comme le tabagisme, l’exposition à l’amiante, ou encore l’alimentation et l’exposition au soleil.

    À l’inverse, les femmes les plus aisées sont davantage atteintes de cancer du sein. Les chercheurs l’expliquent par des facteurs dits « protecteurs » chez les femmes les plus modestes, « notamment le fait d’avoir des enfants plus tôt, et probablement un accès historiquement plus tardif et moindre aux premières contraceptions hormonales orales, dont on sait qu’elles avaient été un peu surdosées et ont pu constituer un facteur de risque », détaille Hadrien Le Mer, chef de projet EDP-Santé*, l’un des coauteurs de l’étude.

    Limiter les risques

    par la prévention

    Les inégalités se retrouvent également dans la gravité du cancer. Selon les auteurs, les plus modestes développent plus souvent des cancers associés à de moindres chances de survie et subissent des formes plus agressives. « À structure par âge et sexe comparables, les 10% les plus modestes présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer de mauvais pronostic que les 10% les plus aisés », notent-ils.

    Les chercheurs mettent aussi en avant un recours au dépistage plus élevé chez les catégories les plus aisées. « Les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés » aux trois dépistages nationaux, en raison de freins financiers, mais aussi informationnels et liés au rapport aux soins, avance une précédente étude de la Drees, citée plus haut.

    Dès lors, « le risque de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic est 2,3 fois plus important chez les plus modestes que chez les plus aisés lorsque la localisation est dépistable ». Lorsque ce n’est pas le cas « les inégalités d’incidence de cancers déjà métastasés disparaissent quasi intégralement ».

    « Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic. Ils suggèrent que les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention, ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé », conclut l’étude.

    * Échantillon démographique permanent (EDP), géré par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), avec des informations issues du Système national des données de santé (SNDS), géré par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam)

    REPÈRES

    L’association Sept à la rencontre des publics les plus éloignés du soin à Marseille

    À Marseille, l’association Sept (Santé et environnement pour tous) se déplace à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour leur proposer des dépistages du cancer du sein, du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal, ainsi que des actions de sensibilisation et de rattrapage vaccinal. Les médiateurs interviennent lors de distributions alimentaires, devant les locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) ou encore à des arrêts de bus, au plus près des personnes « qui n’ont pas du tout recours aux soins, des travailleurs pauvres ou des sans-papiers », explique Yazid Atallah, président de l’association, qui lutte contre les inégalités d’accès aux soins. Sept dispose également d’une antenne à Avignon, où se tiennent des permanences de dépistage tous les vendredis de 9h à 12h.

    Un centre de dépistage du cancer du sein à Cavaillon

    Le centre hospitalier de Cavaillon s’est doté, en octobre dernier, d’un échographe « dédié » à l’échographie mammaire. Cette acquisition intervient dans un contexte de recul du dépistage du cancer du sein dans le département. « Avec 39%, le taux de participation à la campagne de dépistage 2023 est en net recul. Le Vaucluse se positionne parmi les dix départements les moins participatifs au programme national », regrette le centre hospitalier, dans un communiqué.

    Toulon participe au programme « Impulsion »

    L’hôpital Sainte-Musse de Toulon fait partie des établissements sélectionnés pour participer au programme pilote de dépistage du cancer du poumon « Impulsion », auquel participe la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce programme de recherche vise à préparer la mise en place d’un futur dépistage organisé à l’échelle nationale, explique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. Un test est proposé sur un site dédié afin de déterminer si un dépistage est nécessaire.

  • Fracture sociale

    Fracture sociale

    Le cancer n’est pas seulement une affaire de santé, c’est aussi une question sociale. Longtemps perçue comme une maladie frappant sans distinction, la pathologie la plus meurtrière dans le pays révèle au contraire des fractures sociales profondes. L’étude de la Drees en apporte une démonstration implacable. Les plus modestes sont davantage exposés aux facteurs de risque, recourent moins au dépistage et sont plus souvent diagnostiqués à un stade avancé. Résultat : des formes plus graves, et des chances de survie plus faibles.

    Ce constat, les médecins le connaissent déjà. Sur le terrain, le cancérologue et élu (PCF) marseillais Anthony Gonçalves le confirme. Ce que les chiffres mettent aujourd’hui en évidence, les praticiens l’observent chaque jour : le cancer n’échappe pas aux déterminants sociaux. Il en est même l’un des révélateurs les plus douloureux.

    Enjeu politique

    Car ces inégalités ne relèvent pas du hasard. Elles sont le produit d’un accès inégal à l’information, à la prévention, et plus largement au système de soins. Lorsque certains se dépistent plus tôt et plus souvent, d’autres arrivent trop tard. Lorsque certains bénéficient d’un suivi régulier, d’autres renoncent, faute de moyens ou de repères.

    Derrière la maladie, c’est donc un enjeu politique majeur qui se dessine. Réduire les inégalités face au cancer suppose de sortir d’une approche strictement médicale pour investir pleinement le champ social : aller vers les publics les plus éloignés, renforcer les politiques de prévention et garantir un accès effectif aux soins. À défaut, la fracture ne pourra que se creuser davantage.

  • Le collectif Stop Croisières mobilise un large public

    Le collectif Stop Croisières mobilise un large public

    La pollution est visible en ville. J’imagine que c’est un accélérateur pour développer des maladies », s’interroge Gauthier. À ses côtés, Anne-Laure complète : « Il faut se questionner sur l’accès à la mer dans une ville comme Marseille. Quelle occupation sur l’espace public ? »

    À l’image de ces deux trentenaires, le public est varié sur l’esplanade du J4. Disposée en file indienne, une série de stands, sous les pins parasols, interpelle largement les passants sur la mer et son accès. Clean my Calanques sensibilise à l’entretien du littoral avec une collecte mensuelle ; Attac dénonce le projet d’une aérogare liée à un tourisme de luxe et invite à remplir le questionnaire réalisé par l’Association Environnement Estaque (AEE).

    Au milieu, bien sûr, le collectif Stop Croisières, qui est à l’initiative de cette manifestation pour la seconde année consécutive. Il informe le public et présente deux maquettes : « un J4 confisqué » et « un J4 pour toutes et tous ». Celles-ci ont été réalisées, d’un côté, à partir des projets économiques du Port, et de l’autre, à partir d’une première concertation menée auprès des habitants l’année dernière. Enfin, l’association Estaque environnement (AEE) et son président, Pierre-Yves Gilles, est à l’origine du formulaire de concertation intitulé : « Et si vous décidiez de l’avenir du J4 ? »

    « Les croisières sont un sujet clivant, mais le sujet de l’accès à la mer nous concerne tous. Au vu de la chaleur urbaine, c’est une question de justice sociale. Je pense vraiment qu’il faudrait faire une convergence des luttes du sud au nord », explique le retraité avec enthousiasme, à la sortie d’un petit bain de mer avec les Libres nageurs, dans la « piscine naturelle », devant le Mucem.

    Des questions générales, un rappel des différents projets et une dizaine de propositions interrogent les participants sur la priorité absolue qu’ils souhaitent donner à l’esplanade du J4, récemment rebaptisée esplanade Gisèle-Halimi. Les résultats de l’enquête seront diffusés largement, assure cet ancien universitaire. Dans l’eau, encore pas mal de monde qui entonne un joyeux « ça nage pour moi », sur l’air du tube de Plastic Bertrand. Force est de constater qu’en fin de journée, la vie est belle sur l’esplanade.

    Site web : stop-croisières.org

  • Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Revendiquer la liberté et l’égalité des orientations sexuelles et des identités de genre : tel est le message, simple mais indispensable, porté à l’unisson par les Prides, organisées dans tout le pays en ce mois des fiertés, et ce samedi à Aix-en-Provence, à l’appel de l’association Aix Vanguard.

    À 14h30, alors qu’une foule colorée et joyeuse envahit la place de la mairie, une dame s’installe derrière les organisateurs et brandit sa pancarte : « Française, hétéro et fière. » La preuve que les messages simples ne le sont pas pour tous. Les marcheurs ont rappelé à qui veut bien l’entendre : la communauté LGBT est encore aujourd’hui victime de lourdes discriminations. À l’étranger, où l’on compte 64 pays qui criminalisent encore l’homosexualité, et où les droits des personnes transgenres font l’objet de reculs ou restrictions dans plusieurs régions, notamment aux États-Unis, avec l’administration Trump. Mais aussi en France, où l’on continue de mourir sous les coups de la haine homophobe. Le 2 juin, Noahm, un jeune homme gay de 19 ans, est décédé des suites d’une violente agression à Metz. Il aurait, d’après SOS homophobie, été ciblé en raison d’une « expression de genre plutôt féminine ».

    Lutte en fête

    Mais c’est bien sûr, comme le veut la tradition, dans une ambiance festive que les marcheurs aixois ont revendiqué leurs droits. Plus de 800 personnes, d’après les chiffres de la préfecture, ont suivi pendant deux heures un char musical animé par « Momi ». « C’est un moment de partage important. C’est l’occasion de faire communauté et de montrer qu’à Aix aussi, nous sommes nombreux », a-t-elle souligné. Et l’assemblée de rappeler, en chœur, que toutes les luttes se rejoignent : « Aix, queer, antifa ! », s’est exclamée la foule à de multiples reprises.

    Les prochaines dates

    Les Prides se succèdent tout au long de ce mois des fiertés. Si celles d’Avignon, Gap ou Aix-en-Provence sont déjà passées, restent encore des rendez-vous dans la région : le samedi 13 juin à Toulon, au départ de la Place d’Armes, et le samedi 4 juillet à Marseille, au départ de la place Castellane (6e).

    M.M.

  • [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine débarque à Marseille. Le navire vient de l’Est de la Méditerranée. Dans sa cargaison, une bactérie : celle de la peste qui frappera toute la Provence. « C’est la dernière grande épidémie de peste en France », rappelle Isabelle Séguy, chercheuse associée au laboratoire Cultures – Environnements, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM) à Nice. Elle fera plus de 120 000 victimes. « Mais il est difficile d’évaluer l’impact de l’épidémie sur la population et la démographie seulement à partir du décompte des morts », poursuit la chercheuse. C’est la raison pour laquelle, avec son collègue Pierre Darlu du Muséum national d’histoire naturelle (Paris), elle s’est plongée dans les noms de famille de la population de Martigues. « La ville tenait des registres exceptionnels », précise-t-elle. Et l’analyse parue dans Plos One révèle une histoire jusqu’alors inconnue : « Près de 50% de la population a été remplacée après la peste de 1720, résume Isabelle Séguy, coautrice de l’étude. C’est la première fois que nous mettons en évidence l’impact profond de cette épidémie avec les mouvements de population engendrés. »

    Anglesy, Diegue, Langlois… Avant 1720, ces noms de famille – ou leurs dérivés – sont communs à Martigues dans les listes des enfants baptisés. Après 1721, ils disparaissent. Certains sont morts de la peste : ils figurent dans les registres des victimes. D’autres ont fui. On les retrouve ailleurs dans les Bouches-du-Rhône ou plus loin en France au registre des noms de famille établi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Exemple avec les Gratian, un nom typique de Martigues – dont beaucoup d’enfants sont nés avant 1720 et sont absents des registres des victimes – qui disparaît du département et apparaît dans le Sud-Ouest de la France plus tard. « Il serait intéressant de savoir qui étaient ces personnes pour voir si des facteurs
    – profession, milieu social – ont pu influencer la mobilité
     », indique Isabelle Séguy.

    Natalité en baisse

    À l’inverse, des noms comme Pignatel, Mauras ou Cambon apparaissent à Martigues à partir de 1721 alors qu’ils étaient absents avant. L’étude note que ces nouveaux arrivants viennent plutôt de la région et non pas de l’autre bout de la France.

    D’autres noms comme Tourrel ou Fouque traversent la crise. Mais la natalité baisse parmi les survivants. Est-ce dû à la peste ou à un changement générationnel ? Les données font pencher la balance vers la première hypothèse car la baisse touche principalement les noms de famille touchés par la peste. Mais l’autre piste n’est pas exclue. « Cela serait plus tôt que ce qu’estiment les historiens », relève Isabelle Séguy. Ces derniers considèrent que le passage d’une forte natalité – compensant une forte mortalité – à une natalité plus faible, a débuté en France à la fin du XVIIIe siècle.

    Y. pestis

    Yersinia pestis est la bactérie responsable de la peste. Elle a été découverte en 1894. Ce n’est qu’en 1998 que l’épidémie qui a frappé la Provence en 1720 sera imputée à Y. pestis, suite aux avancées des analyses ADN qui permettent d’identifier la bactérie sur des squelettes dans un charnier.

    120 800

    C’est le nombre de morts de la peste entre 1720 et 1722 en Provence et dans le Bas-Languedoc sur une population totale de 400 000 habitants. À Martigues, l’épidémie tuera 2 150 personnes en quelques mois sur une population d’environ 6 000 habitants.

    4 022

    C’est le nombre de noms de famille d’habitants de Martigues retenus pour cette étude sur la période 1689-1789. Les données viennent principalement des registres paroissiaux conservés aux archives de Martigues et de l’association de généalogie des Bouches-du-Rhône (via le site Geneanet).

  • [Entretien] « Les patronymes offrent un regard inédit sur l’impact des épidémies »

    [Entretien] « Les patronymes offrent un regard inédit sur l’impact des épidémies »

    La Marseillaise : Vous avez étudié l’impact de l’épidémie de peste de 1720 sur la population de Martigues à partir des noms de famille des habitants. Est-ce une approche commune ?

    Isabelle Séguy : Non, je pense que c’est une première. C’est une étude originale qui nous aura pris 25 ans
    – en grande partie pour réunir les conditions pour la réaliser. Cela fait longtemps que les historiens se questionnent sur l’impact démographique des épidémies de peste. Mais c’est difficile en ne se basant que sur les registres des morts. Les patronymes permettent d’aller plus loin et offrent un regard inédit en donnant un aperçu de ceux qui sont partis définitivement, ceux qui sont partis puis revenus, ceux qui sont arrivés… Cette étude pionnière fera peut-être des émules. Mais cela n’est pas faisable partout. Il faut que les données existent.

    C’était le cas à Martigues ?

    I.S. : Oui, c’est pour cette raison que nous avons choisi d’y mener cette étude. La ville a conservé énormément de documents historiques depuis le Moyen-Âge. C’est assez exceptionnel. Et des fouilles de sauvetage ont mis au jour des squelettes dans des fosses où étaient enterrés les pestiférés.

    Que reste-t-il à découvrir ?

    I.S. : Un sujet qui m’intéresse à présent est de voir dans quelle mesure l’épidémie infantile – probablement la coqueluche, peut-être la rougeole ou la variole – qui a tué un tiers des enfants en quatre mois en 1705 et l’hiver rigoureux de 1709-1710 ont pu fragiliser la population de Martigues et alourdir le bilan de la peste de 1720, particulièrement meurtrière.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    On sait que les tumeurs de la vessie, c’est des cancers tout le temps », pose d’emblée Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Mais la nature exacte de ce cancer, son degré d’agressivité et sa profondeur d’infiltration, va tout changer dans le choix du traitement.

    D’une analyse, faite grâce à une micro caméra qu’on appelle cystoscopie, ressortent deux informations clés : le grade, qui mesure l’agressivité des cellules, et le stade, qui indique jusqu’où le cancer s’est enfoncé dans la paroi de la vessie. Si la tumeur ne touche pas encore le muscle de la vessie, qu’elle est « non infiltrante », le simple grattage peut suffire. C’est le cas pour 80% des patients diagnostiqués à temps. Mais cette forme de cancer a tendance à récidiver. Si en revanche la tumeur a infiltré le muscle de la vessie, le traitement change radicalement. Il s’agit « de retirer la vessie, de faire une cystectomie, et parfois d’y associer de la chimiothérapie avant et ou de l’immunothérapie après », explique la chirurgienne. Ce qui implique de reconstruire entièrement les voies urinaires. Deux options existent : soit une dérivation externe, avec une poche collectrice fixée sur le ventre, soit une reconstruction interne à partir d’un fragment d’intestin suturé à l’urètre, ce qu’on appelle une néo-vessie, qui permet au patient d’uriner comme avant, en appliquant une pression sur le ventre. À l’IPC, chaque patient bénéficie d’abord d’une préhabilitation : avant même d’entrer au bloc, il est suivi par une diététicienne, une coach sportive, une psychologue et une assistante sociale. « On essaie de faire en sorte qu’ils ne soient pas dénutris, qu’ils aient une activité physique régulière, qu’ils soient bien accompagnés sur le plan psychologique », détaille Géraldine Pignot. L’objectif est d’arriver à l’opération dans le meilleur état possible. Pendant et après la chirurgie, c’est la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) qui prend le relais. Elle passe d’abord par la chirurgie robotique, moins invasive, qui permet depuis quelques années de préserver les organes génitaux et donc l’activité sexuelle. « Avant, on enlevait à la fois la vessie, l’utérus, le vagin chez la femme. Aujourd’hui on préserve l’utérus et le vagin chaque fois qu’on le peut », souligne-t-elle. Chez l’homme, les nerfs responsables de l’érection peuvent également être épargnés. Puis en post-opératoire, mobilisation dès le lendemain, réalimentation rapide et durée d’hospitalisation réduite : « Tout est fait pour que le patient retrouve une vie normale au plus vite.» Depuis sa mise en place il y a dix ans, « les taux de complications ont diminué et les durées de séjour se sont raccourcies », ajoute la praticienne. Ce qui enthousiasme le plus Géraldine Pignot, c’est ce qui devrait être proposé aux patients prochainement : une nouvelle combinaison chimiothérapie-immunothérapie administrée avant même la chirurgie. Un espoir concret, pour une maladie qui, prise en charge tôt et bien traitée, se gère de mieux en mieux.

  • Le Cercle des nageurs de Marseille remporte l’Euro Cup

    Le Cercle des nageurs de Marseille remporte l’Euro Cup

    Ce n’est pas courant d’être sacré champion d’Europe en terminant l’aventure par une défaite, mais les pensionnaires du Cercle des nageurs ont remporté l’Euro Cup, ce samedi 6 juin, après leur défaite face aux Croates de Jadran Split (16-14).

    Grâce à leur victoire de trois buts d’écart au match aller, au bassin Pierre-Garsau (19-16), les poloïstes marseillais ont assuré l’essentiel pour soulever le deuxième trophée européen de leur histoire, après la campagne concluante en 2019.

    Dans ce match retour face à Jadran Split, les cinq buts de Thomas Vernoux, dont trois ont été inscrits dans le premier quart-temps, ont permis au CNM de ne pas être distancé au tableau d’affichage. Du moins, jusque dans la dernière période où les Croates avaient pris deux longueurs d’avance au score, à cinq minutes du coup de sifflet final. Mais le collectif phocéen a tenu bon jusqu’au bout. La marque des champions.

  • Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Ils veulent leur « part du gâteau ». Alors qu’en avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%, les salariés des magasins des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont réunis en intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, ce samedi 6 juin, devant le village Decathlon de Bouc-Bel-Air, le siège régional, pour réclamer des hausses de salaires.

    « Si le Smic augmente, nos salaires ne progressent plus, les fins de mois sont de plus en plus difficiles et Decathlon ne suit plus, alors que les bénéfices sont énormes », explique Luca Antonellini, délégué syndical Unsa, tandis que ces collègues distribuent des tracts aux clients venus faire leurs emplettes.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic brut à moins de 3000 euros brut pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, estiment les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé peu ou prou comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les 14 magasins de la zone mais aussi de Rhône-Alpes. «On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec en contrepartie de moins en moins ».

    Les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « difficile depuis 5 ou 6 ans. »

    Des débrayages ont également eu lieu partout en France, un entrepôt de logistique ayant même fermé ses portes, à Caen, ont affirmé les grévistes. Decathlon compte environ 750 salariés dans les deux départements, 230 000 dans le pays.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année.» Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients. »

    À noter que des cadres et des CDD avaient été mobilisés pour assurer la vente…