Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les frères Popov attendus au tournant aux championnats de France à Caen

    Les frères Popov attendus au tournant aux championnats de France à Caen

    Avec trois joueurs du Top 20 mondial, le tableau masculin s’annonce palpitant.

    Christo Popov, du BC Fos, sacré en décembre lors des World Tour Finals, abordera la compétition avec un nouveau statut à assumer en terre normande. Tête de série n° 1, il sera clairement l’homme à battre. Une demi-finale explosive pourrait l’opposer à Arnaud Merkle, du Red Star Mulhouse, pour un duel au sommet.

    Un autre Popov, Toma junior, sera l’homme fort du tableau bas. Là aussi, un choc potentiel est possible entre le Fosséen et le Strasbourgeois Alex Lanier, en demi-finale. Quant à la finale, elle pourrait donner lieu à un duel fratricide entre Christo et Toma Popov.

    Fos sur quatre tableaux

    Les frangins du BC Fos vont aussi remettre leur titre de champion de France en double en jeu. Ils seront les favoris d’un tableau particulièrement relevé, ils pourraient retrouver en finale le duo Eloi Adam/Léo Rossi (BC Chambly Oise), comme lors de l’édition 2025.

    Avant cela, ces derniers devront toutefois franchir un quart de finale potentiellement disputé face aux jeunes internationaux Ewan Goulin/Arsène Serre (Val d’Europe Badminton/BA Cholet), puis une éventuelle demi-finale contre les champions de France 2023, Julien Maïo / Wiliam Villeger (Issy-les-Moulineaux BC/BC Fos), eux aussi sérieux candidats au titre.

    D’ailleurs, en cas de qualification de cette paire et des deux frères Popov pour la finale du double, au moins un Fosséen sera sacré champion de France 2026.

    Une Fosséenne sera également à suivre dans le tableau du double dame. Associée à Flavie Vallet, Elsa Jacob. Toutes deux ont déjà goûté au podium national, mais jamais ensemble.

    Elsa Jacob jouera aussi dans le tableau du double mixte. Cette fois-ci, la Fosséenne sera aux côtés de Natan Begga de l’ASPTT Strasbourg. Elle pourrait rencontrer en quarts son ancien partenaire avec lequel elle avait décroché le titre, Tom Lalot-Trescarte, du Racing Club de Franc, associé à Agathe Cuevas, de la VGA Stella Saint Maur.

    Jusqu’au 8 février, au Palais des Sports de Caen la Mer

  • Le Nomad’ va se sédentariser dans le quartier des Crottes

    Le Nomad’ va se sédentariser dans le quartier des Crottes

    Une nouvelle page s’écrit pour le Nomad’. Après avoir été chassé il y a plus de deux ans par les projets d’Euroméditerranée du boulevard de Briançon, à Arenc, où il était implanté depuis 1999, « le premier lieu dédié à la création musique et jeune public retrouvera un lieu fixe en janvier 2027 », annonce Julian Crozat, son chargé de projet. « Nous allons intégrer le futur campus de la Plateforme », indique-t-il pour parler de ce qui est actuellement un chantier de 25 000 m² dans le quartier des Crottes, censé également accueillir une école du numérique ou encore la future antenne de la Cinémathèque française. Créé il y a 25 ans par les frères Haddjeri, le Nomad’ disposera ainsi d’un auditorium de plus de 1 000 places « avec gradin télescopique et balcon, d’un foyer, d’un espace d’accueil ainsi que d’un bar-café dédié à de plus petits événements », se réjouissent ses équipes actuellement hébergées dans la salle de concert du Moulin, à Saint-Just, que la Ville de Marseille a acheté en 2024 et qui doit voir un appel à projet pour sa prochaine gestion, lancé ce mois-ci. Au sein de la Plateforme, « épicentre » de ses activités, le Nomad’ « proposera une programmation jeune public d’ampleur mais aussi une programmation de musiques actuelles ». Il aura aussi à sa disposition « un jardin d’expérimentation » et un second espace de 140 m² où seront déployés « des ateliers d’éveil musical, des spectacles avec petite jauge ». Un « trait d’union » avec le quartier et ses habitants qui sera « ouvert aux crèches, écoles, familles, structures médico-sociales avec des créneaux réservés », précise Julian Crozat.

    La paix

    D’ici là, les équipes du Nomad’ ne chôment pas et se préparent à lancer la 12e édition de Babel Minots. Un festival musical dédié à la jeunesse qui investira une quinzaine de structures culturelles marseillaises. Avec une mouture axée autour de la paix, comme l’illustre son affiche détournant la pochette d’album du groupe U2, War. « À l’heure où il faudrait préparer les enfants à la guerre », explique son programmateur Julien Villatte, Babel Minots leur « apporte des clés d’émancipation et un capital culturel en défendant la création musicale jeune public, toutes esthétiques confondues ». Illustrations avec une trentaine de représentations, parmi lesquelles celles de Zola… pas comme Emile!. Visible gratuitement au Théâtre de l’Odéon, le 11 mars, et incarné par Forbon N’Zakimuena, « le récit autobiographique et rappé d’une personne qui a perdu son nom en arrivant en France », qui va retracer « le parcours administratif pour retrouver son nom d’origine ».

    Programme complet du festival sur www.babelminots.com

  • Les musiques du monde font escale dans le pays d’Arles

    Les musiques du monde font escale dans le pays d’Arles

    Les mots puissants de poètes soufis tels que Mahmoud Darwich ou Ibn Arabi vont résonner au Château de Tarascon – Centre d’art René Anjou, dimanche 8 février. Portés par le chanteur et compositeur Walid Ben Selim et sous les scansions mélodieuses de la harpiste Marie-Marguerite Cano, un voyage musical et poétique qui lance la 9e édition des Suds en hiver, déclinaison du festival Les Suds à Arles, qui se tiendra quant à lui du 13 au 19 juillet.

    Des sons en fusions

    La deuxième escale de la parenthèse hivernale de ce festival destiné à « faire dialoguer les cultures, les esthétiques et les générations », passera par Saint-Martin-de-Crau. La salle Mistral sera le théâtre d’un concert de la chorale de 150 enfants et 40 adultes réunis autour d’un répertoire de chants italiens « proposé par la chanteuse et musicienne Maura Guerrera et transmis aux choristes par les chefs de chœur Julien Bellec, Anne-Sophie Chamayou, Anne Cesano-Giordano, Manon Ghobrial et Guylaine Renaud », indique le programme. Parmi la dizaine de propositions, on notera également, du côté de la Salles des fêtes d’Arles, le trio Boucs! qui mêle l’esprit du rock anglo-saxon aux sonorités méditerranéennes. À Châteaurenard, la salle de l’Étoile accueillera pour sa part le groupe Orange blossom, qui « pioche dans la tradition turque, égyptienne, malienne, sénégalaise et cubaine avec des voix chantées en arabe, persan et portugais ».

  • Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Fini la friche, l’ancienne entreprise de BTP laisse place au logement neuf. Un nouveau lotissement a vu le jour le long de la nationale 569, en face du domaine de la Mériquette. Le Clos des Carabins, porté par Bouygues immobilier, a été inauguré mercredi 4 février par son promoteur, ses partenaires, la Ville et le sous-préfet d’Istres Christophe Borgus.

    La résidence se compose de 28 logements pavillonnaires, dont neuf en location sociale portés par le bailleur Erilia et 19 en location intermédiaire gérés par Inli’Paca. D’après le promoteur Bouygues immobilier, la résidence a été conçue autour de trois enjeux : « contribuer à la réindustrialisation par une offre de logement répondant aux besoins des bassins d’emploi », « réaliser des logements accessibles au plus grand nombre en zone tendue » par le panachage de locatif social et intermédiaire, et insérer le projet sur un site déjà existant.

    Valoriser le foncier sans artificialiser les sols

    Le programme s’insère dans le paysage urbain du nord de Fos-sur-Mer, dans la zone pavillonnaire des Carabins. L’emprise du programme remplace celle d’une ancienne entreprise du BTP. « La résidence a permis une requalification complète du site, transformant une emprise industrielle en un nouveau lieu de vie apaisé, végétalisé et ouvert sur son environnement » illustre le promoteur, qui parle de « valoriser le foncier existant tout en limitant l’artificialisation des sols et en contribuant ainsi à un urbanisme plus durable ».

    Le directeur régional de Bouygues immobilier Olivier Ferroni estime que « cette opération illustre la collaboration entre acteurs privés et publics », constituant « un modèle économique exemplaire permettant de proposer une offre variée de logements en phase avec les besoins des familles ».

    Son supérieur Olivier Durix développe : « Bouygues Immobilier développe des solutions résidentielles indispensables à l’accueil des entreprises et de leurs salariés, en tant qu’acteur des territoires », considérant que « la réussite de la politique nationale de réindustrialisation repose aussi sur le logement » alors que des dizaines de milliers d’emplois nouveaux sont annoncées d’ici à 2030 sur la zone, déjà tendue sur le plan de l’habitat.

  • Un documentaire retrace l’exploitation minière en Provence

    Un documentaire retrace l’exploitation minière en Provence

    « On ignore souvent que les mines de charbon des Bouches-du-Rhône ont fortement contribué à l’essor économique de la Provence, depuis la Révolution industrielle jusqu’au XXe siècle. Pendant plus de deux cents ans, elles ont rythmé la vie quotidienne de nombreux Provençaux. Qui étaient-ils ? Comment vivaient-ils ? Et que reste-t-il de ces deux siècles d’exploitation ? », peut-on lire dans la présentation du documentaire Les mineurs de Provence, l’histoire oubliée.

    Réalisé par Lorenzo Consolazione, le film, diffusé ce soir, à 21h à la salle de l’Ensoleïado, avenue du Gaillardet (entrée libre et gratuite) revient sur cette période méconnue à partir d’archives sonores inédites, mises en scène avec des animations 2D en noir et blanc, des photos d’archives et des prises de vues actuelles dans les lieux de mémoire à Gréasque, Saint-Savournin, Gardanne, La Bouilladisse, Peypin, Mimet, Trets, Fuveau… D’anciens mineurs de Gréasque, commune où existe d’ailleurs un musée de la mine, viendront témoigner de leur vie dans les mines.

    En 1948, renseigne un article intitulé Les mines en Provence-Alpes-Côte d’Azur : rencontres avec les mineurs de Gréasque, les « gueules noires » du Bassin minier de Provence sont 6 505, la production de charbon atteint 970 000 tonnes et se place au 3e rang de la production nationale. Le 31 janvier 2003, un point final est mis à cette histoire minière, avec la fermeture du puits Yvon-Morandat, à Gardanne.

  • Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    « L’emprise économique est un vrai sujet dans les cas de violences conjugales », rappelle Clara Agnello, coordinatrice de projet chez Une voix pour elles. Face à cette problématique, le Crédit municipal de Marseille a décidé de s’emparer du sujet en rencontrant, ce jeudi à Marseille, de nombreuses associations d’accompagnement d’aide aux victimes de violences conjugales.

    Avec 90% de clients qui sont des clientes, « cette démarche est en cohérence avec notre public, explique Christelle Gerlier, directrice générale déléguée du Crédit municipal de Marseille. Et on sait qu’avec notre structure on peut répondre aux problèmes financiers que connaissent certaines femmes victimes de violences ». En effet, 20% des femmes victimes de violence ayant appelé le 3919 sont en situation de dépendance économique.

    Le Crédit municipal de Marseille, créé il y a plus de 300 ans, permet aux personnes exclues du système bancaire, d’avoir accès aux crédits. Les outils de l’établissement bancaire, comme les microcrédits accompagnés, le prêt sur gages ou encore le placement de petites sommes, peuvent donc être des solutions face à cette violence économique.

    « Une aide dans l’urgence »

    Le prêt sur gage a particulièrement interpellé Nada Baher, directrice adjointe du planning familial 13. Autorisé seulement dans les crédits municipaux en France, ce type de prêt permet à n’importe qui, sous réserve d’avoir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, d’échanger un objet contre une somme d’argent. « C’est vrai que beaucoup de personnes peuvent avoir un objet de valeur. C’est donc quelque chose qui peut débloquer de l’argent rapidement et être une aide dans l’urgence. » Pour l’association Les Louves d’accompagnement de victimes, c’est plutôt le microcrédit accompagné qui a intéressé. Ils pourraient couvrir les frais juridiques que ces femmes doivent engager lors de divorce ou de dépôt de plainte.

    Des outils qui restent toutefois à affiner selon les besoins des associations. « Le but, ce n’est pas de réfléchir seuls à des solutions, mais avec les professionnels de terrain pour répondre au mieux aux différentes problématiques de ces femmes », explique Christelle Gerlier. Pour la directrice du centre d’information sur le droit des femmes et de la famille, Marielle Vallon, il reste par exemple « des interrogations sur la façon de sécuriser les demandes de papiers administratifs, pour que le conjoint ne soit pas au courant. Nous avons des choses réciproques à s’apprendre ». Des projets à coconstruire, entre réalité du terrain et moyens du Crédit municipal.

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Ni l’État, ni les directions des deux compagnies maritimes n’auront apporté de solutions permettant de pérenniser l’emploi maritime sous pavillon français, a considéré la CGT des Marins de Marseille à la sortie de la préfecture. Une réunion de conciliation s’y est tenue jeudi 5 février au matin à la demande de la CGT en présence des organisations syndicales Sammm, STC La Méridionale et des directions de La Méridionale et de Corsica Linea et un représentant du cabinet du ministère des Transports.

    Dans l’attente « d’engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français, a expliqué Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT des marins de Marseille, on n’est pas satisfait des propositions faites par l’État et les compagnies ». Pour sortir de la crise, la CGT souhaite un plan commun sur la desserte en Algérie entre la Corsica Linea et La Méridionale depuis Sète et Marseille et une exonération de la taxe carbone pour les déplacements insulaires.

    En Corse jeudi, deux navires de la Corsica Ferries ont été déroutés vers Propriano et L’Île Rousse après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins grévistes de la Corsica Linea qui dénoncent « le dumping social » de la compagnie a indiqué à l’AFP Antoine Sisco, porte-parole des marins du Syndicat autonome des marins de la marine marchande (Sammm) de la Corsica Linea. Les organisations syndicales revendiquent « l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse », « l’interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers » et « l’engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP jusqu’en 2030 ».

  • Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Deux ministres qui jettent l’ancre ce jeudi à Marseille mais pour des annonces aux airs de goutte d’eau dans l’océan. Au salon Euromaritime qui se déroule au parc Chanot depuis mardi dernier, Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche et Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie étaient particulièrement attendus pour officialiser un soutien au secteur. « Ça y est, on a un budget ! Et on a inscrit la décarbonation du secteur maritime dans celui-ci via la déclinaison nationale d’un appel à projets », lance Catherine Chabaud, avec un grand sourire devant le gratin des acteurs et industriels locaux (lire notre article du 05/02). Un soutien ou une redistribution ? « Il va y avoir un fléchage de la taxe carbone pour le maritime, qu’on appelle les ETS [système d’échange de quotas d’émission carbone auquel est soumis le secteur depuis 2024, Ndlr] pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation. »

    Cet appel à projets sur l’ensemble du territoire sera lancé « d’ici fin mars avec le ministère des Transports » et « opéré par l’Ademe [Agence de la transition écologique, Ndlr] ». Il porte sur « trois thématiques : le déploiement de technologies de décarbonation à bord des navires, le soutien aux chantiers navals pour les flottes et le financement d’infrastructures portuaires ». Un sujet qui pourrait paraître technique pour les marins d’eau douce mais qui va avoir une forme très terre à terre. « C’est 70 millions pour financer des projets très concrets : acquisition de navires à propulsion décarbonée, développement de la filière vélique ou décarbonation des infrastructures portuaires », résume le ministre délégué à l’Industrie. « On ne fait pas de cadeau au secteur, on soutient une dynamique. Il y a une concurrence internationale », précise la ministre. Le tout, avec le traditionnel arrivage d’aides et crédits divers et variés puisque Catherine Chabaud annonce aussi « la mobilisation de garanties de projets stratégiques jusqu’à 20 millions d’euros et le renforcement des financements mobilisables via un dispositif de certificats d’économie d’énergie ».

    « Les meilleurs gagneront »

    De quoi mettre du vent dans les voiles des acteurs du maritime ? « C’est une très bonne nouvelle pour la filière, on travaille depuis un an avec l’administration pour mettre en place ce dispositif. Union des ports français, le Gican [Groupement des Activités Navales, Ndlr] et armateurs sont ensemble sur le sujet », se réjouit Laurent Martens, délégué général d’Armateur de France, organisation professionnelle regroupant les entreprises armatrices. Avant de nuancer : « Mais c’est un peu normal : on paie une taxe pour décarboner, on doit t’aider à décarboner… Et il était prévu initialement qu’une partie des ETS reviennent au secteur. »

    La mesure est amenée à être reconduite sur les années selon la ministre de la Mer. « 70 millions, c’est pas beaucoup. On est sur 90 millions au total avec le reste et ça va augmenter avec les années », espère-t-il. Détail d’importance : qui dit appel à projets dit candidats, lauréats mais aussi projets non retenus… « Les meilleurs gagneront », conclut Laurent Martens, par ailleurs ancien de la CMA CGM, premier armateur français et employeur privé de Marseille. Reste que l’idée du gouvernement est « d’irriguer toute la filière ». Jakob Sidenius, directeur général de Seayard Terminal Fos se disait justement « demandeur d’une feuille de route » notamment sur la question de l’électricité dans les ports. « Les besoins sont énormes, il y a une nécessité d’investir dans les infrastructures », plaide-t-il, en faisant référence à la ligne Très Haute Tension en projet, qui doit arriver à Fos. Et in fine du coût de l’électricité. « Il y a des pistes de financements : les ETS et l’Europe. Si on veut que notre produit soit attractif, mais qu’on a pas les aides ni les ETS, on aura beau se regarder avec les autorités portuaires… », laisse-t-il en suspend. Et de prévenir : « L’électricité sera un élément décisionnel pour faire venir les navires. »

  • Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    « Faire cette pièce, c’est une manière de reconnaître ce qui est arrivé à ces femmes. » Ce vendredi, sur les planches du forum de Berre, l’histoire de Carmen résonne avec les histoires d’autres femmes victimes de violences conjugales dans la pièce de théâtre Prends garde à toi.

    Une création artistique qui voit le jour avec la rencontre de Jeanne Béziers, metteuse en scène et comédienne, et des femmes du Relais des possibles, un hébergement d’urgence aixois. « La porte d’entrée a été l’opéra de Carmen, explique la dramaturge. Au fur et à mesure, ce personnage est devenu une voisine à qui ces femmes racontaient des parties de leur vie très difficiles. » De ces échanges est donc née cette pièce de théâtre, où deux voisines racontent l’histoire de Carmen, tout en dévoilant les violences conjugales qu’elles ont subies.

    Le spectacle raconte également la résilience de ces femmes. « Car elles s’en sortent, explique la metteuse en scène. Elles ne veulent pas être définies comme des victimes. […] La pièce ne s’arrête donc pas sur le féminicide de Carmen. » Une façon pour le directeur de la salle, Mickhaël Piconne de « délier les langues grâce à la culture ».

    Une représentation qui donne donc la parole à ces femmes, en dialogue et en chanson, pour retracer des parcours de vie parfois difficiles à raconter. « Une manière d’inviter les gens à penser par un geste artistique », précise Jeanne Béziers.