Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les Olympiens n’ont pas lâché les chevaux

    Les Olympiens n’ont pas lâché les chevaux

    Accueillir un adversaire pratiquement condamné pouvait être la planche d’appel pour regarder à nouveau vers le haut. Aidés par le retour de Mason Greenwood, les Marseillais ont rapidement pris le contrôle. Avec un scénario digne d’un tour de coupe de France, entre une Ligue 1 et un petit Poucet intimidé.

    L’OM a su étendre son emprise et a poussé les Lorrains à parer au plus pressé. Et commettre des erreurs qui amenaient régulièrement le danger sur le but de Pape Sy. Une de ces bourdes ouvrait la porte au premier but de la soirée, avec un Pierre-Emerick Aubameyang enfin efficace. Néanmoins, en ne portant pas l’estocade, l’OM restait sous la menace messine. Gauthier Hein manquant l’égalisation avant la pause.

    En seconde période, les Olympiens offraient le but de l’espoir à leurs visiteurs, quelques secondes après le but d’Igor Paixão. Et allaient trembler jusqu’au bout face au regain d’un FC Metz et une série d’actes manqués offensifs.

  • Les supporters regardent vers l’avenir avec optimisme

    Les supporters regardent vers l’avenir avec optimisme

    Sa première prise de parole semble avoir convaincu une grande partie des supporters marseillais. Stéphane Richard a su trouver les mots pour apporter de l’optimisme quant à l’avenir de l’OM. « C’est quelqu’un de très humain, un excellent communicant qui va nous apporter son calme et nous faire du bien », souligne Jérôme, salarié chez Orange, l’entreprise que le Girondin a dirigé entre 2011 et 2022. Ce dernier prendra ses fonctions le 2 juillet, date jusqu’à laquelle Alban Juster, président intérimaire depuis le départ de Pablo Longoria, restera à la tête du club phocéen. « M. Richard va devoir restructurer l’ensemble du club, le cas échéant changer d’entraîneur et pas mal de joueurs pour repartir la prochaine saison sur une base saine et stable », estime Thierry, conscient qu’il n’aura pas d’impact direct sur la fin de saison des Olympiens, toujours en course pour la troisième place du championnat, qualificative pour la Ligue des Champions. « Je pensais que McCourt allait faire une plus grosse annonce qu’un simple président », indique Hocine, pour qui la question d’un nouvel investisseur, afin de peser dans le capital de l’OM, était plus primordiale. « Mais pour revenir sur Stéphane Richard, je pense que c’est différent de diriger un club de football et une entreprise. J’espère juste qu’on va trouver une stabilité, avec des nouvelles personnes dans l’encadrement », ajoute-t-il, en valorisant tout de même la « rigueur » de l’entrepreneur bordelais, qui va inévitablement avoir besoin de moyens financiers pour aller de l’avant. « Est-il assez fou pour prendre la tête de l’OM sans avoir de garanties d’un nouvel actionnaire ? », s’interroge Hocine, persuadé qu’il y a anguille sous roche.

  • La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    Face à la presse ce jeudi midi, le président (Ren.) de Région promettait d’annoncer officiellement, face à son hémicycle, sa volonté d’être candidat aux sénatoriales et de laisser son siège. « J’ai oublié », confessait-il auprès des journalistes présents à l’issue de la séance plénière ce vendredi midi. Estimant avoir assez communiqué pour s’en passer finalement. Les débats face à son opposition d’extrême droite avaient pourtant été l’occasion d’allusions à cette ambition sénatoriale. « Je compte sur le futur jeune sénateur que vous êtes », narguait le député RN Franck Allisio, pour porter ses vœux nationaux. Et l’intéressé de répliquer : « Si je suis au Sénat, comptez sur moi pour corriger vos erreurs et vos bêtises. »

    Mais passée la sidération au sein de la majorité régionale, l’heure est désormais à afficher l’unité dans les rangs. « Il nous revient collectivement de poursuivre et d’accentuer encore les dynamiques engagées, rappelait jeudi Christophe Madrolle (UCE). Nombreux sont les défis qu’il va nous falloir relever pour trouver le juste équilibre entre développement économique, développement humain et préservation de notre patrimoine naturel. » Surtout, les élus centristes se sont empressés de poser pour une photo avant la séance avec le président de Région, son héritier désigné François de Canson (DVD)… et le vice-président LR David Géhant. Si son entourage assure qu’il n’ambitionne pas de prendre la présidence et veut se consacrer à Forcalquier, un élu lui donnait du « bonjour au président de Région » à l’université des maires de Sisteron. « L’important c’est d’être rassemblés », insiste l’intéressé.

    Alors Renaud Muselier assume le contre-feu photographique. « J’ai toujours la crainte de la division, la division c’est mortel : chaque fois qu’on est divisés on perd », explique-t-il, coupant court aux rumeurs sur des ambitions de Christian Estrosi. « J’organise les trucs comme jamais on n’a organisé une transmission, une organisation, des dossiers qui sont ficelés, un avenir pour cette région, des grands projets », défend-il, en répétant : « Tout le monde est ensemble. »

  • Le festival du Nouvel an kurde se clôture en musique à la Camaraderie

    Le festival du Nouvel an kurde se clôture en musique à la Camaraderie

    C’est en concert – en accès libre – que se clôtura la 4e édition marseillaise du Festival Newroz, co-organisé par Solidarité et liberté Provence et le Collectif Solidarité Kurdistan 13 à l’occasion du Nouvel an kurde. Pour animer cette soirée festive, qui s’ouvrira à 19h30 à la Camaraderie (3e) : Ezgili Kervan, la « caravane mélodieuse », groupe de musiques et chants traditionnels d’Anatolie. « Portée par une énergie dansante, cette caravane vous invite à monter à bord pour un périple musical, des ruelles animées d’Istanbul aux villages kurdes, en faisant un détour par les rivages de la Mer Noire et les îles grecques baignées de soleil », promettent les artistes dans leur fascicule de présentation. Composé d’une voix et de cinq musiciens, le groupe propose un répertoire où langues turque, kurde, grecque et arménienne se mélangent, « dans des mélodies qui traversent les frontières ». Sabine Amar, qui, depuis une dizaine d’annéesds, explore les chants traditionnels des rives de la Méditerranée, tiendra le micro, accompagnée des clarinettes eurasiennes de Manon Champel, de la trompette balkanique de Thomas Mornay, du violon virtuose d’Alexia Parry-Jansen et du saz mésopotamien d’Okan Fidan.

    Organisé pour la quatrième année consécutive, le festival est soutenu par la mairie des 2-3, la Ville de Marseille et La Marseillaise, qui avait accueilli la semaine dernière dans ses locaux une escale littéraire sur le Rojava, Kurdistan syrien.

  • Aix goûte à nouveau au succès face à Mont-de-Marsan

    Aix goûte à nouveau au succès face à Mont-de-Marsan

    Et maintenant, les nuages se dissipent. Sous un joli ciel orange sanguine, ce vendredi soir, Provence Rugby a retrouvé le chemin de la victoire après cinq défaites de rang. Mont-de-Marsan a été vaincu 42-33 et les joueurs de Philippe Saint-André ont offert un visage plus conquérant pour assurer ce succès. Une bouffée d’air frais dans la quête du top 4. Plus que quatre matches avant la fin de saison régulière.

    Un élément était à ressortir de cette belle première période des locaux : les ballons portés. Mont-de-Marsan a eu le plus grand mal à gérer la puissance des avants aixois. Suite à des touches et des balles mises au chaud, les Provençaux ont inscrit trois essais. Il y en aura cinq au total lors des 40 premières minutes, dont un numéro sur le côté gauche de Paul Cellio-Zwiler. L’international U20 français s’est joué de trois défenseurs pour s’offrir, tout seul comme un grand, le premier essai professionnel de sa jeune carrière. Les Montois ont également eu leur temps fort et ont exploité certaines brèches dans la ligne aixoise. De Nardi et Durand ont permis au 11e du championnat de rentrer aux vestiaires avec, non pas 35 points de retard, mais 23
    (35-12). Une première mi-temps des plus animée.

    Une seconde période plus délicate

    Auteur d’un doublé, l’inarrêtable Setareki Bituniyata s’est même montré gentleman en ouverture de la seconde période. Le Fidjien a traversé l’en-but et a donné un essai à son demi de mêlée, Arthur Coville. Pas de triplé, mais une nouvelle prestation inestimable de la part du trois-quarts venu du Pacifique.

    Provence Rugby s’est tout de même fait une légère frayeur au cœur de ce second acte. Les visiteurs ont marqué deux essais coup sur coup, dont un sur une interception franchement évitable. Beaucoup de pénalités concédées, également, ce qui n’a pas permis aux Aixois de créer une plus grande différence. La fin de partie a été beaucoup plus chaotique avec des fautes de mains, des touches mal lancées et, globalement, des erreurs individuelles en pagaille. Jusque dans les derniers instants, les Provençaux ont poussé pour récupérer le bonus offensif. En vain, à cause d’un dernier ballon aplati par le Stade Montois, juste avant la sirène.

    L’essentiel est bien de revoir une victoire provençale à quelques semaines de la fin de saison. De retour à la 3e place, Izack Rodda et ses coéquipiers se rapprochent d’un barrage à domicile, essentiel pour espérer aller au bout de ces phases finales de Pro D2.

    PROVENCE 42 (35) STADE MONTOIS 33 (12)

    26e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David

    (8 500 spectateurs)

    Arbitre : Mathieu Noirot

    Essais : Bituniyata (8e, 38e), Pifeleti (23e), Cellio-Zwiler (26e), Tuisue (30e), Coville (43e) pour Provence ; De Nardi (18e), Durand (36e), Robic (54e), Dupont (57e), Lamothe (79e) pour Mont-de-Marsan

    PROVENCE : Portela – Bouhedjeur, Bituniyata, Lucas, Cellio-Zwiler – Muntz, Coville – Jalagonia, Zinzen, Tuisue – Rodda, Van Eerten – Yemsi, Pifeleti, Vernet

    Entraîneur : Philippe Saint-André

    STADE MONTOIS : Broeiro – De Nardi, Dupont, Wakaya, Sayerse – Lcalau, Canut – Iashagashvili, Darquier, Robic – Eames, Tuivaiti – Alves, Begic, Goginava

    Entraîneur : Romain Mareuil

  • Le festival fait résonner les accents à la Criée

    Le festival fait résonner les accents à la Criée

    Conférences et animations seront au rendez-vous pour cette deuxième édition du Festival des accents. « Ça parle des accents de notre région, des autres régions… bourgeois, de banlieue, mais aussi du monde », explique le linguiste d’Aix-Marseille Université Médéric Gasquet-Cyrus, organisateur de l’événement. Au fil de la journée, différents scientifiques présenteront leurs travaux entre deux activités animées pour les enfants. Des invités sont également attendus, comme le duo de comiques Les Jobastres, fervents représentants de l’accent marseillais, ou l’actrice Ariana Ascaride, « ainsi que différents artistes qui viendront chanter avec leur accent », précise le chercheur. Forcément, tous les accents ne seront pas représentés, « il en existe beaucoup », mais le festival a pour objectif de s’inscrire dans la durée et de grandir… « Le but, c’est qu’il soit repris dans d’autres endroits au même moment et qu’il devienne international », rajoute Médéric Gasquet-Cyrus, toujours aussi enthousiaste.

    Du loisir mais pas que…

    Et de rappeler la démarche : « C’est du savoir présenter de manière joyeuse. On est des chercheurs en linguistique et on explique nos recherches à tout le monde », détaille le linguiste. En effet, la journée servira également à collecter des données pour étayer leurs recherches : « On enregistrera les accents de ceux qui le voudront bien à travers nos différents ateliers. » Le temps est également à l’innovation, puisqu’« il y aura des machines qui permettent de mesurer l’accent », assure-t-il.

    Programme complet sur le site : festivaldesaccents.org

  • L’OM assure sans rassurer

    L’OM assure sans rassurer

    Monaco étrillé par le Paris FC (1-4), pour l’OM, la soirée avait plutôt bien débuté.

    En recevant Metz, les hommes de Habib Beye pouvaient réaliser plusieurs bonnes opérations. Reprendre une marge de manœuvre sur des Monégasques qui avaient plombé leur fête de Pâques. Recoller les morceaux avec les supporters, dans un Vélodrome qui n’était pas à guichets fermés, mais qui avait retrouvé sa ferveur. Et, surtout, offrir un cadeau de bienvenue à leur nouveau président, Stéphane Richard, porté sur les fonts baptismaux un peu plus tôt dans la journée par Frank McCourt.

    Les Messins restaient sur trois nuls lors de leurs dernières venues au Vélodrome. Restait à voir si la lanterne rouge serait capable de prolonger cette série, ou si, comme lors du match aller en Moselle (0-3), l’OM ne ferait qu’une bouchée d’un Graoully aux griffes émoussées.

    Dès les premières minutes, la différence de niveau était flagrante entre les deux équipes. Mais s’ils étaient régulièrement dangereux sur le but mosellan, les Marseillais manquaient encore une fois de réalisme dans le dernier geste. Il faudra attendre qu’un vent de panique souffle dans la défense des Grenat pour assister à l’ouverture du score, signée Pierre-Emerick Aubameyang.

    Les Phocéens avaient leur attitude d’élèves appliqués. Mais encore un peu trop brouillons dans une première période qui laissait tout le monde sur sa faim. Il restait 45 minutes aux hommes de Habib Beye pour approfondir les choses et envoyer un signal fort à leurs rivaux pour la troisième place.

    En doublant la mise rapidement après les citrons, Igor Paixão aurait pu mettre son équipe à l’abri. Mais la défense marseillaise devait encore faire un cadeau qui réveillait le Graoully. Et ce duel qui aurait pu être une promenade de santé devait finalement rester crispant jusqu’au bout. Avec un OM manquant visiblement de sérénité, malgré son avance au tableau d’affichage, trop ténue pour être une assurance tous risques.

    Le succès, et la remontée provisoire sur le podium, ne seront assurés que dans le temps additionnel, avec le troisième but libérateur, signé Hamed Traoré.

    OM 3 (1) METZ 1 (0)

    29e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (63 923 spectateurs)

    Arbitre : S. Frappart.

    Buts : Aubameyang (14), Paixão (48), Traoté (90+2) pour l’OM, Tsitaïshvili (50) pour Metz.

    Avertissements : Medina (45+2) à l’OM, Colin (55), Kouao (85) à Metz.

    OM : Rulli – Weah, Pavard, Balerdi, Medina – Höjbjerg ( c ), Timber (Nnadi, 83) – Greenwood (Traoré, 83), Gouiri, Paixão (Abdelli, 90) – Aubameyang (Vermeeren, 73).

    Entraîneur : H. Beye

    METZ : Sy – Kouao, Sané, Gbamin, Colin(Ballo-Touré, 83) – Touré (Michal, 88), Deminguet (Mbala, 83) – Sarr, Hein, Tsitaïshvili – Diallo ( c ).

    Entraîneur : B. Tavenot.

    Baptême du feu

    Non, ce n’était pas une boule de pétanque géante. La sphère déployée sur le rond central durant l’échauffement des joueurs et l’avant-match était la première sortie officielle de ce qui sera la nouvelle identité graphique de l’OM. Histoire d’habituer les supporters à un design qui a surpris lors de sa divulgation, mercredi lors d’une soirée de gala dédiée à Treizième homme.

  • Les communistes fêtent des avancées dans le département

    Les communistes fêtent des avancées dans le département

    « Ça fait chaud au cœur ! » C’est devant une foule pleine de sourires que le sénateur et secrétaire départemental du PCF 13, Jérémy Bacchi, a salué des campagnes « ô combien courageuses après cette séquence électorale qui a été harassante ».

    Suite à la fin des municipales, les militants se retrouvaient dans les jardins de la fédération du département pour « un moment fraternel et convivial » accompagné du verre de l’amitié, vendredi dans la soirée. Et ils ont de quoi se féliciter : « On reprend pied de partout ! Une augmentation de 20% du nombre d’élus dans les Bouches-du-Rhône. 14 communes où nous n’avions plus d’élus et où nous en avons aujourd’hui, dont 7 de plus de 10 000 habitants », résume le sénateur. Ce dernier n’entend « pas s’autocongratuler » mais bien démontrer la pertinence de la démarche communiste pour ce scrutin local. « Il faut prendre la mesure de notre capacité à faire bouger des lignes dans un département où des observateurs prédisaient un raz-de-marée du Rassemblement national », martèle-t-il. Il cite évidemment la victoire, plus que symbolique, de Jean-Pierre Squillari, « un ami de longue date de notre parti, un maire apparenté » à Aubagne. Et aussi la « prise de la mairie des 15-16 à Marseille », de Jean-Marc Coppola.

    Beaucoup de plus et peu de moins

    À cela s’ajoute évidemment des bastions conservés, des élus d’opposition plus nombreux… D’où les tonnerres d’applaudissements pour les victoires d’André Molino à Septèmes-les-Vallons, de Paul Sabatino au Rove, de Laurent Belsola à Port-de-Bouc ou encore de Gaby Charroux à Martigues. Cette dernière « démontre qu’on a une gestion municipale tournée vers les habitants ». Le discours du sénateur reflète cette dynamique globale : d’un côté il loue l’élection de Jean-Marc Coppola « qui a ému tous les communistes », de l’autre il salue « la campagne courageuse d’Arianne Lombardi en terre d’extrême droite à Marignane qui arrive deuxième ». Même quand le PCF, ou les listes d’union de gauche dans lesquelles il était impliqué, ne remporte pas la ville, Jérémy Bacchi insiste sur les progressions : « À Plan-de-Cuques, nous n’avions plus d’élus depuis 1989, nous en reprenons. À Châteauneuf-les-Martigues, comme à Allauch, cela faisait près de 20 ans qu’on n’avait pas d’élus ! » Il cite également les « listes citoyennes soutenues » et énumère : « À Aix nous avons un élu et une citoyenne apparentée, à Cabriès nous gagnons des élus comme à Gardanne, à Gignac, à Mallemort, à Sausset-les-Pins ou encore à Vitrolles… » En bref, beaucoup de plus et peu de moins pour les militants communistes.

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    « Jott contribue depuis des années à structurer la filière mode locale, nous appelons à une décision qui garantisse la pérennité de l’entreprise, la sauvegarde des emplois et le maintien du siège à Marseille. » Dans un communiqué commun, Jocelyn Meire, président de Mode in Sud et Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIMP) montent au créneau pour défendre la marque aux doudounes colorées. L’avenir de la société fondée voilà 16 ans par deux Marseillais et cousins, Mathieu et Nicolas Gourdikian, placée en redressement judiciaire le 18 décembre, devrait être scellé ce lundi 13 avril.

    Pour Jocelyn Meire, c’est le projet de reprise « Mars », proposé par des membres de l’équipe dirigeante actuelle, qu’il faut soutenir. « Ce n’est pas le mieux-disant en termes de maintien des salariés » convient-il quand seulement 34% des 200 employés seraient gardés. Mais l’idée que Jott puisse être repris par un fonds d’investissement qui détient Chevignon et surtout Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein », dans le cadre de l’offre portée par le groupe Amoniss, le défrise. Proposition qui aurait eu un écho favorable lors de l’audience au tribunal de commerce fin mars. Un « mauvais signal » martèle-t-il, craignant le démantèlement.

    « L’humain oublié »

    Il va dans le sens des salariés qui ont écrit au juge-commissaire, alerté la CCIMP, la Ville de Marseille, la Région et le Département, explique une salariée du siège. « On sait bien qu’on ne peut pas reprendre tout le monde » estime-t-elle mais « on craint de voir la marque associée à la fast fashion ». Une vaste consultation a été engagée par les représentants des salariés au CSE, précise Damien Laine, l’un d’entre eux, « les équipes soutiennent à plus de 70% Mars ». Après avoir été racheté en 2021 par L. Catterton, chez Jott, « l’humain a été oublié » déplore-t-il, les actionnaires ne voyant « que le financier ». « On souhaite que cela redevienne une marque familiale », insiste-t-il.

    C’est parce qu’ils ne « voulaient pas que ça s’arrête », que Mathilde Picard, directrice commerciale Retail de l’entreprise et deux autres membres de la direction se sont lancés dans la bataille. « On a contacté Nicolas Gourdikian, on lui a présenté notre projet, il a dit : “go” », explique-t-elle. Passer de 25 à 15% de frais de personnel lui paraît plus tenable. « Ce n’est pas par gaieté de cœur, mais financièrement ça ne passe pas », précise-t-elle. Si Jott en est arrivé là, c’est que Catterton a remis en cause un modèle « où 65% du chiffre d’affaires se fait en 4 mois, de septembre à décembre », analyse-t-elle. Multiplier les points de vente, monter les prix alors que la marque se voulait de qualité mais accessible, sont pour elle autant d’erreurs. Or, la doudoune a de l’avenir car « l’outwear », le vêtement d’extérieur, a le vent en poupe en France : « C’est +2% et les projections de marché, c’est +5 à +6% à 3 ans », assure-t-elle.