Tag: biodiversité

  • « Les œuvres d’art complètent l’histoire connue des espèces aquatiques »

    « Les œuvres d’art complètent l’histoire connue des espèces aquatiques »

    La Marseillaise : En étudiant les espèces aquatiques dans les peintures italiennes du XVIe au XVIIIe siècle, confirmez-vous des connaissances établies ou avez-vous fait des découvertes ?

    Louise Merquiol : Cela confirme principalement ce que nous savions. Mais les œuvres d’art complètent aussi l’histoire établie de certaines espèces. Par exemple, l’esturgeon a vu ses populations décliner au XIXe siècle. C’est connu. Mais ce déclin a probablement commencé plus tôt car il est de moins en moins représenté entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Nous avons aussi retrouvé des espèces cryptiques.

    C’est-à-dire ?

    L.M. : Ce sont des espèces morphologiquement proches mais génétiquement différentes. On en retrouve beaucoup parmi les poissons d’eau douce dont deux espèces peuvent évoluer différemment à partir d’une espèce commune. Nous avons identifié deux espèces cryptiques de brochet : une en démique et une importée. Elles étaient donc présentes en Italie quand le tableau a été peint. Nous l’ignorions.

    La biodiversité représentée présente toutefois
    des biais…

    L.M. : C’est vrai, l’œil de l’artiste et la culture jouent. Sur la période, le phoque était pêché et consommé mais il est peu représenté, probablement car il était vu comme un animal maléfique. Idem pour la sardine qui était très consommée mais qu’on voit peu sur les tableaux. Sans doute car elle était un « petit poisson du peuple ». Or les tableaux étaient souvent des commandes de riches clients qui préféraient voir des espèces symbolisant le luxe : homards, esturgeons, huîtres…

  • L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    En observant les flamants roses patauger dans les salins, les installations du géant de la pétrochimie LyondellBasell se font presque oublier. La pointe de Berre est un lieu de contraste. « Il y a de l’industrie, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser tomber ce beau littoral », lance le maire de la commune Mario Martinet (DVG). C’est tout l’objectif de l’État, qui, par le biais de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM 13), vient de lancer un chantier de renaturation de cet espace, dont il est propriétaire, pour un montant de 70 000 euros.

    Depuis la semaine dernière, deux engins se relaient pour évacuer 700m3 de gravats et de blocs de béton armé. « Ces déchets du bâtiment sont déposés depuis plusieurs décennies, explique Mathieu Eyrard, directeur adjoint de la DDTM 13. On n’en connaît pas vraiment l’origine. » Le sous-préfet de l’arrondissement d’Istres, Christophe Borgus, élude : « On voit les traces du passé, maintenant on se tourne vers l’avenir. À un moment, on prend nos responsabilités et on enlève ce qui doit être enlevé. »

    Aux manettes, l’entreprise berroise de travaux publics Calvin Frères, sélectionnée pour des critères environnementaux. Sa présidente expose : « Ce marché nous permet de participer à l’amélioration du littoral berrois et de valoriser dans un circuit court ces déblais rocheux, puisqu’ils seront concassés à 9km d’ici pour être réemployés. »

    Un hotspot pour l’avifaune

    À l’avenir, les accès aux véhicules seront régulés « pour éviter les roulages intempestifs et avoir une renaturation naturelle », souligne Ludovic Roulet, chef du pôle domaine public maritime de la DDTM 13. « On travaille avec l’association de chasse maritime locale pour mettre en place une gestion des espaces qui permette d’avoir une continuité de circulation entre les eaux salées de l’étang en démolissant d’anciens petits ouvrages. »

    Un suivi de l’évolution de la végétation sera réalisé en partenariat avec l’Office français de la biodiversité, ainsi que des observations des espèces présentes avec le Conservatoire du littoral et le Gipreb, le syndicat mixte en charge restauration écologique de l’étang de Berre, « afin de voir comment les populations avifaunes se comportent sur le site pour identifier d’éventuelles opérations complémentaires de renaturation plus techniques », précise-t-il.

    Car le site présente des enjeux environnementaux majeurs avec des zones humides, des marais salants, des habitats naturels, et la proximité de deux sites Natura 2000, essentiels pour la biodiversité locale. Ludovic Roulet développe : « L’idée, c’est de favoriser la présence de lieux de nidification et de nourrissage pour les oiseaux, mais aussi d’améliorer la vision qu’ont les habitants de l’étang de Berre, ce qui les engagera à mieux l’aimer et le respecter. »

    Mario Martinet se réjouit de ce « retour aux origines » qui s’inscrit dans la droite ligne de son engagement, qui s’est déjà traduit par la renaissance de la plage de Berre, disparue dans les années 1970, en juin dernier.

  • [Biodiversité] À la découverte des oiseaux des Salins d’Hyères

    [Biodiversité] À la découverte des oiseaux des Salins d’Hyères

    Des tadornes aux flamants roses, en passant par les sternes, les hérons ou encore les goélands : au total, près de quatre cents espèces d’oiseaux peuvent être observées dans les anciens salins d’Hyères au fil des saisons. Si certains ne sont que de passage au cours de leur migration, le site varois compte plus de 70 espèces nicheuses, dont une dizaine classées protégées en France.

    Mais les véritables vedettes de la presqu’île de Giens restent les flamants roses. Observables par milliers jusqu’à la fin de l’été, puis par centaines au cours de la saison hivernale, ces oiseaux doivent la coloration si particulière de leur plumage à une alimentation composée de plancton, d’algues et de petits crustacés contenant des pigments caroténoïdes. À leurs côtés, les limicoles, autres espèces phares de la saison appartenant à l’ordre des charadriiformes, fouillent les vasières pour y puiser toutes sortes de petits invertébrés. Le caractère sursalé, humide et vaseux des salins en fait un environnement privilégié pour l’épanouissement et la prolifération de ces espèces.

    Un espace naturel hautement protégé

    Longtemps consacrés à la pêche et à la production de sel, les Salins d’Hyères ne deviennent une réserve biologique qu’au début du siècle. Alors que ses activités industrielles prennent progressivement fin entre les années 70 et 1995, le Conservatoire du littoral en fait l’acquisition en 2001 avec pour objectif de protéger sa faune et sa flore, menacées à l’époque par des projets immobiliers. La richesse écologique des Salins d’Hyères, en effet, ne se limite pas à ses oiseaux : les 800 hectares de marais salants abritent également diverses espèces de poissons, d’insectes et de petits mammifères, ainsi que des centaines d’espèces de plantes, dont certaines variétés d’orchidées sauvages particulièrement rares en Méditerranée.

    Depuis 2004, la gestion des deux zones du site (le Salin des Pesquiers et les Vieux Salins) est assurée par la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée, qui met un point d’honneur à développer des actions tant en termes de sauvegarde de son patrimoine que d’éducation à la biodiversité dans son ensemble.

    Les visites proposées, au tarif de 7 à 12 euros, s’inscrivent pleinement dans cette démarche de mise en valeur. À travers un parcours de marche accessible à tous les publics et grâce à des équipements adaptés (jumelles, longues-vues, marchepieds pour les enfants), les guides spécialisés de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) invitent petits et grands à venir observer et mieux comprendre les espèces qui peuplent cette réserve ornithologique d’exception.

    Prochaines dates des visites guidées : lundi 22 et samedi 27 septembre au Salin des Pesquiers et mercredi 24 septembre aux Vieux Salins, de 8h45 à 10h45 — sous réserve de conditions météo favorables. Réservation obligatoire sur provencemed.com.

  • Les gorges du Caramy mises en scène et protégées

    Les gorges du Caramy mises en scène et protégées

    « On voit le travail réalisé ! Ce n’est pas artificiel. On a l’impression que ces murs en branchages ont toujours été là… », commente une visiteuse, mardi, à la fin de la visite. Le lieu est idyllique. Le Caramy, à cet endroit, s’élargit. Ses eaux limpides frissonnent dans son lit clair. Un vent léger fait bruisser les feuilles. Il y a quelques minutes, Jean-Michel Constans, maire (SE) de Tourves et vice-président de l’agglo Provence Verte, a rappelé : « Les gorges du Caramy sont un des sites emblématiques du Parc naturel régional (PNR) Sainte-Baume et de la Provence verte. Il attire 15 000 à 20 000 visiteurs par an, surtout l’été. Ils doivent prendre la mesure de cet endroit exceptionnel. On n’est pas là que pour pique-niquer, se baigner et faire courir le chien. Avec le Parc et grâce au Parc, on a pu faire cet aménagement. C’est la fin d’une belle aventure et une seconde vie pour le Caramy. »

    Dix mois de travaux

    Président du PNR Sainte-Baume et ses 28 communes, Michel Gros souligne : « La Sainte-Baume est comme un château karstique et une des plus belles résurgences est le Caramy. » Protégées au titre de Natura 2000 du fait de leur ripisylve (forêt de bord de cours d’eau, avec des aulnes, des ormes…), de leur biodiversité (libellules, papillons, oiseaux, chauves-souris…), « les gorges étaient en mauvais état », dit-il avec sobriété. « Or une des missions du PNR consiste en la préservation des cours d’eau. » Un peu plus tard, il précise : « Les gens allaient partout. Il n’y avait pas de cheminement. Des motos et des quads traversaient le cours d’eau… »

    Il fallait agir. C’est chose faite. D’un coût de 400 000 euros, les travaux, financés pour moitié environ par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec le fonds Site d’exception, le PNR Sainte-Baume, l’État, la Fondation du patrimoine, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée, ont duré dix mois et se sont achevés en juillet.

    Gilles Martinod, architecte-paysagiste, a conçu, avec Mathilde Letterond, l’aménagement : « Il fallait respecter le site, son histoire et révéler le génie du lieu », évoque-t-il. À l’entrée, un parking a été repensé, le stationnement organisé, des arbres plantés. À proximité, des toilettes sèches ont été construites.

    Comme « il y avait avant beaucoup de sentes sauvages, les gens piétinaient partout », observe Gilles Martinod, « on a donc créé des mises en défens ». À partir « de branchages issus des élagages, nous avons fait des fagots compressés par couches et nous les avons ligaturés », détaille Mathilde Letterond. Ces sortes de barrières, qui auraient pu être faites par un Robinson, avec ce qu’il trouvait sur place, servent à guider les visiteurs et à protéger les sources et vasques de tufs calcaires, très fragiles. Les berges ont été restaurées. Le long de la rivière, un sentier de découverte, ponctué par « 8 pupitres pédagogiques », renseigne Tiphaine Fermi, responsable du pôle opérationnel du PNR Sainte-Baume, a été tracé. Il forme une boucle autour des deux rives, avec traversée sur des pas japonais en pierre. « On est très rassuré de voir que le site a été respecté cet été. C’est de très bon augure pour la suite », veut croire Tiphaine Fermi.

    « Avec et grâce au Parc,
    on a pu faire cet aménagement »

  • [Entretien] Jean-Marc Groul : « Les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses »

    [Entretien] Jean-Marc Groul : « Les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses »

    La Marseillaise : Dans quels cas parle-t-on de canicule marine ?

    Jean-Marc Groul : Il faut bien faire la différence entre le réchauffement climatique dû au réchauffement global de la planète, qui est quelque chose de lent et continu (0,4 degré en 10 ans environ) et les canicules marines, qui sont des phénomènes exceptionnels et ponctuels. On parle de canicule marine lorsque la température moyenne de la mer est dépassée d’environ 5 ou 6 degrés pendant une période d’au moins 5 à 6 jours. La canicule marine est le plus souvent liée à une canicule terrestre, les fameux dômes de chaleur comme on a eu cette année. La canicule qui a eu lieu fin juin-début juillet était de ce point de vue caractéristique : les nuages ne faisaient pas trop écran, il n’y avait pas de vent donc il y avait une énorme masse de chaleur au-dessus de la mer, qui a transmis, sur les 50 premiers mètres d’eau, une température très forte (l’eau était à 29,5°C).

    Fin juillet, c’est le phénomène inverse qui s’est produit : le thermomètre n’affichait plus que 17,5°C à la surface de la Méditerranée. Comment l’expliquer ?

    J.-M.G. : Ce qui arrête la canicule, c’est un mécanisme appelé « upwelling », dû au vent. Dans le golfe du Lion, la tramontane et le mistral ont une fonction très importante qui est de brasser les eaux. Sous l’effet de ces vents, les eaux de surface s’éloignent au large, celles de profondeur, plus fraîche, remontent. Ce mélange est essentiel à la vie de la Méditerranée. Lorsque la tramontane s’est levée, ce phénomène bien connu ici s’est produit et l’eau a plongé en température, ce qui a stoppé l’épisode de canicule. S’il n’y avait pas eu ce gros coup de tramontane, ça aurait été une catastrophe. Mais c’est propre au golfe du Lion. Au large de la Corse ou aux Baléares, la canicule marine peut s’installer et être beaucoup plus sévère.

    Globalement, les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses. On sait, grâce à des études très poussées, que le réchauffement climatique de la planète est responsable de plus de 80% des canicules marines. Il y a 40 ans, il y avait une canicule par an sur une zone précise. Depuis quelques années, il y en a sur tout le bassin méditerranéen et c’est 2, 3 ou 4 fois par an. C’est très préoccupant.

    Quelles sont les conséquences de ces canicules sur la biodiversité marine ?

    J.-M.G. : C’est dans les cinquante premiers mètres d’eau depuis la surface que l’impact de la canicule se fait sentir. Lorsque le décalage de température entre la surface et les profondeurs devient trop important, une séparation complète se produit : les deux zones ne se mélangent plus, un peu comme de l’eau et de l’huile. L’eau chaude reste au-dessus, l’eau froide en dessous. Or le mélange de l’eau est vital, car les eaux de surface apportent l’oxygène en bas grâce au brassage et les eaux du bas apportent les éléments minéraux pour enrichir les eaux de surface pour le plancton.

    Les espèces impactées sont celles qui se trouvent dans les 50 premiers mètres et ne peuvent pas aller plus profond. La plupart des animaux marins sont des animaux à sang froid, ce qui signifie que leur température se calque sur celle du milieu, quand celle du corps humain, par exemple, se régule. Si bien que si la température idéale pour un animal est de 20°C et qu’il fait 30°C, à moins qu’il ne puisse plonger, il meurt. Les animaux les plus menacés sont donc tous les animaux fixés : éponges de mer, gorgones, bivalves (moules, etc.), herbiers, notamment de Posidonie. Mais aussi le plancton, qui évolue essentiellement dans ces fameux 50 premiers mètres. Il y a des études menées par des scientifiques qui suivent des zones bien délimitées. Deux mois après une canicule marine, ils vont constater les dégâts : certaines zones sont entièrement détruites, comme s’il y avait eu un incendie sous-marin.

    La Méditerranée recouvre 1 à 1,5% de la surface des océans et elle contient près de 10% de la biodiversité mondiale. C’est une mer extrêmement riche. Cette biodiversité va être mise à mal, on le sait. Car les espèces qui y vivent sont adaptées à des eaux tempérées, pas tropicales. Pour autant la vie ne va pas disparaître, ça va laisser la place à des espèces qui aiment les eaux plus chaudes. Ces espèces qu’on appelle invasives ou exogènes. Elles peuvent trouver des conditions de vie assez exceptionnelles car certaines n’ont pas de prédateurs, comme par exemple le poisson-lion. Elles peuvent alors envahir le milieu.

    Ce dérèglement imposé à la mer par le réchauffement climatique entraîne-t-il d’autres perturbations ?

    J.-M.G. : Outre la perte de biodiversité, il faut aussi s’attendre à une perte de production pour certaines régions au niveau de la pêche (le Giec dit qu’il va y avoir près de 30 % de diminution selon les endroits, d’ici 2050) ainsi qu’à la multiplication des tempêtes, typhons, épisodes cévenols… Car toute cette chaleur accumulée, à un moment, ressort. Tout ça parce qu’on ne respecte rien… Les accords de Paris n’ont pas été respectés du tout, le 1,5 degré de plus est déjà dépassé. Les jeunes qui se lancent aujourd’hui dans la biologie marine vont passer leur carrière à constater cet énorme changement. Ça dure depuis des millénaires et là, en quelques dizaines d’années, peut-être une centaine, il va y avoir un bouleversement comme on n’en a jamais connu, qui a déjà commencé.

    Comment faire pour le contenir ?

    J.-M.G. : La seule façon de limiter ça, car on ne peut plus l’empêcher, c’est d’enfin prendre au sérieux le réchauffement climatique et d’appliquer les solutions qui avaient été préconisées. On sait quoi faire, mais on ne l’applique pas. La seule chose qu’on peut recommander à notre échelle, nous biologistes, c’est la mise en place d’aires marines protégées. Là non plus les accords ne sont pas respectés. On s’était engagé à ce qu’il y ait 30% de ces aires à l’horizon 2030. On en sera très loin. Et la plupart de celles qu’on déclare protégées ne le sont pas (moins d’1% le sont vraiment). Or il est plus facile de subir un réchauffement et surtout une canicule marine au milieu d’herbiers, de gorgones, de tout un milieu que sur un rocher nu. Les aires marines protégées sont des endroits très riches et là-dedans, le même poisson, même s’il souffre de la température, sera beaucoup plus apte à lutter et être résilient que dans un endroit surexploité, surpêché, pollué.

  • Rentrée active pour l’atlas populaire de la biodiversité communale

    Rentrée active pour l’atlas populaire de la biodiversité communale

    Dans le cadre du projet citoyen d’atlas populaire de la biodiversité communale répondant à l’appel d’offres « ABC » lancé par l’Office français de la biodiversité, le service de Biodiversité communal multiplie les propositions depuis deux ans. En cette rentrée, il reprend son agenda chargé. Après une séance sur les rapaces nocturnes début septembre, deux rendez-vous sont proposés cette semaine.

    Le premier est réalisé en partenariat avec le Gipreb le mercredi 17 septembre : une animation sur la biodiversité de l’étang de Berre et de Caronte. Un stand sera proposé de 15h à 18h à la plage de Ferrières avec deux animateurs pour répondre aux questions. Des jeux faisant découvrir la biodiversité seront à disposition des enfants (chamboule-tout, « Qui est-ce ? ») ainsi qu’un aquascope afin d’observer les herbiers de zostère ainsi que la vie qu’ils abritent.

    C’est ensuite en partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels Paca qu’est proposée le vendredi 19 septembre une animation sur les papillons de nuit. Elle se déroulera de 19h30 à 22h30 à la ferme pédagogique du Parc de Figuerolles – Paul Lombard, et permettra de découvrir des insectes aux formes et couleurs très diverses. L’activité sera précédée d’une présentation de cet univers méconnu mais précieux pour la pollinisation et donc la vie sur terre. En effet, les hétérocères, les papillons de nuit, déposeraient davantage de pollen sur les fleurs en un temps réduit, par rapport aux insectes actifs le jour tels que les abeilles.

    S’il n’y a pas d’obligation d’assister à l’animation en entier, il est nécessaire de s’inscrire.

  • Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    On va utiliser des daurades royales car c’est un poisson local. La philosophie de cet art est de célébrer la vie du poisson, remercier l’animal. On utilise l’encre Sumi-e et du papier artisanal Washi et des pinceaux. », détaille Mauro De Giorgi, l’artiste peintre qui anime l’atelier. Et de poursuivre « L’art du Gyotaku en français ichtyogramme, est une technique ancestrale qui permet de prendre l’empreinte d’un poisson sur un support léger. En faisant ça, on donne une seconde vie à l’animal. »

    À l’initiative de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cet atelier intitulé « Imprime moi un poisson : traces de mer » est une première. Il s’inscrit dans le cadre du projet Biodiversité aquatique dans l’art (BiodivAquArt), une étude en écologie historique, destinée à mieux comprendre les écosystèmes aquatiques du passé. Jusque-là spécialisé dans le décryptage et l’explication des tableaux anciens (XVIe-XVIIIe siècles), l’idée de cet atelier est née d’une rencontre informelle avec l’artiste Mauro De Giorgi. Une approche originale et respectueuse du vivant, qui permet d’explorer autrement la biodiversité marine méditerranéenne. L’encre utilisée samedi est alimentaire et biodégradable, permettant ainsi de consommer le poisson après l’expérience artistique.

    Changer les mentalités

    « Depuis 2017, on développe un travail autour de l’art et la biodiversité aquatique, on monte des opérations qui associent le public et permettent de faire des comptes rendus scientifiques » explique Thomas Changeux, hydrobiologiste (IRD-MIO). La biodiversité aquatique est bien moins connue que celle terrestre. Pour exemple « on n’entretient pas la même relation avec les goélands, les lapins ou les poules qu’avec les méduses ou les poissons », illustre le scientifique. L’objectif des scientifiques étant de mieux cerner ce qui peut faire peur ou dégoûter. Et de poursuivre, « répugnant, sale ou cruel… sont des adjectifs que j’entends encore trop souvent quand on parle des poissons… »

    Plus d’infos sur ird.fr/imprime-moi-un-poisson-traces-de-mer
    L’atelier sera encadré par l’artiste Mauro De Giorgi et des experts AMU et des chercheurs. ce samedi, quai de la Fraternité, Vieux port de Marseille.

  • « Les feux fréquents bloquent la régénération naturelle »

    « Les feux fréquents bloquent la régénération naturelle »

    La Marseillaise : Nous avons vu plusieurs feux de grande ampleur cet été, comme à Martigues et au nord de Marseille. Comment la nature reprend-elle ses droits après son passage ?

    Laurent Vélasco : Le feu fait partie de la vie des milieux naturels méditerranéens. La sécheresse et la météo ont conditionné les espèces végétales avant et après le feu. Certaines ont des mécanismes de résistance au feu, comme le chêne vert qui repart à la base car ces racines sont protégées. Un rejet de souche qu’on aide en coupant le tronc brûlé. D’autres espèces sont résilientes, comme le pin d’Alep qui a une écorce fine, qui résiste moins à la chaleur. Un coup de chaud et la plante s’assèche et dépérit même s’il reste du vert. En revanche son cône est sérotineux, il pègue en raison de la résine collante qui l’entoure, le protège du feu et les graines à l’intérieur restent vivantes. Le feu fait fondre la résine et fait du semis. Si les conditions sont favorables on obtient un arbre, comme on voit à Martigues et sur l’Arbois. Des espèces d’herbacées émergent rapidement après l’incendie, dès le printemps suivant on a des fleurs grâce aux graines ou aux parties souterraines, et des bourgeons sortent des rhizomes souterrains 8 à 10 jours après un incendie.

    On ne voit pourtant pas beaucoup d’arbres là où a sévi le feu par le passé.

    L.V. : Tout simplement car les feux répétés font qu’il n’y a plus assez d’arbres pour permettre cette régénération. Il faudra attendre beaucoup plus longtemps pour que les adultes au loin dispersent leurs graines et recolonisent les espaces vides. Mais si le feu passe plus d’une fois tous les 20 à 25 ans, la régénération est impossible, ça vaut pour toutes les espèces. Car le feu épuise les ressources naturelles et appauvrit le sol et la biodiversité. Sur le massif de la Nerthe, des zones ont brûlé plus de 5 fois en 60 ans. On observe beaucoup de roches affleurantes, la litière organique nécessaire aux plantes est très faible et la végétation est bloquée durablement au stade de garrigue, le cycle de régénération aussi, faute d’un réservoir de vie suffisant. C’est un cercle vicieux.

    Ne peut-on pas replanter en masse pour casser cette dynamique ?

    L.V. : Cela arrive ponctuellement sur un parc périurbain en interface avec les habitations, par exemple, avec les limites de coût et d’entretien induits. Car quand on plante il faut assurer l’arrosage derrière. Le dynamisme naturel est plus efficace que la main de l’homme, tant en nombre qu’en termes de survie bien meilleur au naturel tout en étant moins cher. Les plantations artificielles sont vouées à l’échec pour contrer ce cercle vicieux à plus grande échelle. La seule solution est le temps long par la reconstitution de l’humus, Ce qui prend plusieurs dizaines à milliers d’années. On ne sait pas le faire à échelle humaine, peu importent les perturbations, mécanique ou chimique. Le seul levier d’action est d’empêcher les feux, particulièrement dans le contexte de changement climatique où l’on s’attend à des saisons sèches et caniculaires à la fois plus fréquentes et longues. Dans cette perspective, on imagine bien que la sensibilité de la végétation au feu va également s’amplifier avec la sécheresse.

    Alors que peut-on faire pour lutter contre les incendies ?

    L.V. : À problème complexe réponse complexe. 90% des feux sont d’origine humaine, dont 60 à 70% sont involontaires, sachant que la pyromanie a régressé par rapport aux années 1980-1990. Du reste, cela signifie ne plus jeter son mégot et ne plus faire de disqueuse ou de barbecue quand on est proche du milieu naturel. C’est très simple, mais trop souvent la cause. Cela pose aussi la question de l’aménagement du territoire pour faciliter la circonscription d’un feu. Mieux vaut des lignes franches que des serpentins entre nature et habitations. L’accessibilité aussi, pour permettre aux pompiers d’avoir de l’eau et d’étouffer au plus vite le feu, car passé une certaine ampleur la lutte est beaucoup plus difficile. Le débroussaillement est primordial pour retarder la progression du feu et garantir la sécurité des pompiers. Les politiques publiques doivent communiquer sur la prévention et accompagner les populations, qui doivent aussi y mettre du leur. C’est une approche globale.

  • Parc des Cévennes : la fusion qui inquiète

    Parc des Cévennes : la fusion qui inquiète

    À Florac, siège du Parc national des Cévennes (PNC), la tension est palpable. Depuis que le Sénat a rendu public, début juillet, un rapport proposant la fusion des onze parcs nationaux français avec l’Office français de la biodiversité (OFB), le monde de la protection de la nature est en émoi. Officiellement, il s’agit de rationaliser les opérateurs de l’État et de participer à l’effort d’économie de 40 milliards d’euros annoncé par le gouvernement. Mais sur le terrain, la colère monte. « Ça serait vraiment une catastrophe », martèle Stéphan Maurin, président du PNC, qui s’indigne de n’avoir jamais été consulté. « Quand on fait un rapport, on va au contact des gens pour prendre la température, pour voir ce qui fonctionne, ce qui aurait le mérite d’être amélioré. Je n’ai pas vu un sénateur au kilomètre carré depuis que je suis président. »

    Les critiques s’appuient sur un point central : la gouvernance. Depuis la loi Giran de 2006, les parcs nationaux sont des établissements publics autonomes, ancrés dans leur territoire. Leurs conseils d’administration réunissent des élus, des associations, des agriculteurs, des chasseurs ou encore des habitants. Une diversité saluée pour sa capacité à prendre des décisions adaptées aux réalités locales. La perspective d’un rattachement à l’OFB, organisme national centralisé, signifierait la disparition de ce modèle participatif.

    « On perdrait toute notre liberté »

    Au conseil d’administration réuni le 26 juin à Florac, agents et administrateurs ont d’ailleurs adopté une motion unanime contre la fusion. « Nous refusons catégoriquement ce projet, pas seulement en raison des postes qui seraient supprimés, mais parce que cela nous couperait de notre ancrage territorial », a déclaré le représentant du personnel, Laurent Bernard. « Dans le projet proposé, on perdrait vraiment toute notre liberté dans la prise de décision. » Les opposants rappellent que des mutualisations existent déjà, notamment sur la formation ou la gestion administrative, et qu’elles pourraient être renforcées sans remettre en cause l’autonomie des parcs. « Ce n’est pas avec les 8 ou 9 millions d’euros de chaque parce qu’on comblera le déficit de l’État », dénonce Stéphan Maurin, pour qui l’argument budgétaire est un « très mauvais calcul ».

    Cette inquiétude dépasse largement les Cévennes. Le parc du Mercantour a déjà lancé une pétition qui a recueilli plus de 20 000 signatures, et les dix autres parcs nationaux préparent une mobilisation commune. Tous redoutent de voir s’effacer des décennies de travail de concertation locale. Au-delà des chiffres, c’est une certaine idée de la relation entre l’État et ses territoires qui est en jeu. « On échange, on dialogue, on écoute avec attention ce que le territoire nous dit », souligne le maire du Pont-de-Montvert. « Si nous ne sommes plus là, qui va le faire ? »

    Pour le Parc national des Cévennes, habité et vivant, l’enjeu dépasse la simple protection de la biodiversité : il s’agit aussi de défendre un mode de gestion de l’environnement qui associe les habitants, loin des décisions prises à Paris. Le combat s’annonce animé à la rentrée, alors que le gouvernement doit présenter son budget à l’automne.

    « Je n’ai pas vu un sénateur depuis que je suis président »

  • Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    « Avec l’IUT Rénov, nous offrons à 800 étudiants un campus moderne, durable et exemplaire », a déclaré le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, en précisant que la collectivité a investi 3,5 millions d’euros « pour donner à notre jeunesse les meilleures conditions d’études et à notre territoire les talents dont il a besoin pour relever les défis de demain ».

    Ce projet s’inscrit dans une démarche globale de rénovation du campus de La Garde, avec pour objectif la préservation des ressources. Il comprend notamment la création d’îlots de fraîcheur pour renforcer la biodiversité, des toitures végétalisées, des panneaux photovoltaïques, ainsi qu’un raccordement à une chaudière biomasse afin de réduire l’empreinte énergétique. Une gestion optimisée des eaux pluviales complète ce dispositif

    Dans le cadre de cette démarche d’éco-campus, l’Université de Toulon a d’ailleurs été lauréate du Prix d’excellence de la planification écologique 2024, qui récompense les initiatives financées par la Région en faveur de l’adaptation du territoire au changement climatique et écologique.

    Éco-campus exemplaire

    « Désormais, les étudiants en génie industriel et maintenance et génie électrique et informatique industrielle vont étudier dans des conditions idéales », s’est félicitée la vice-présidente de la Métropole, Josée Massi (SE). Elle a salué le regroupement de ces deux départements, qui témoigne, selon elle, de la volonté de l’Université de Toulon de « mutualiser les locaux » et de sa « capacité à créer une synergie qui sera bénéfique aux deux filières ».

    L’occasion de rappeler, également, que « ce bâtiment est la première étape d’une restructuration globale de l’IUT, autour de quatre ensembles immobiliers ». Une « politique volontariste », insiste-t-elle qui vise à donner « les moyens à notre territoire de devenir une référence en matière de vie étudiante ».