Tag: Bien-être

  • Celya Girgendi, son combat pour la coiffure

    Celya Girgendi, son combat pour la coiffure

    « Prendre soin des gens. » Pour Celya Girgendi, être coiffeuse prend tout son sens lorsqu’il s’agit d’apporter du bien-être à ses clients. Après avoir passée son CAP, cette Phocéenne de 19 ans poursuit avec une mention en apprentissage, « comme une troisième année », compare-t-elle. Sa semaine alterne entre deux jours au lycée professionnel Leau de Bonneveine (8e) à Marseille, puis deux autres au salon de coiffure Mon Showroom Beauté, installé en banlieue marseillaise. Une approche du monde du travail pour « prendre en maturité » avant de passer son bac, l’année prochaine.

    Un chemin semé d’embûches

    Au-delà de la technique, le contact humain prime dans son quotidien. « Parfois, il y a des clients qui passent une mauvaise journée. Nous, on leur transmet de bonnes choses. Donc ils se disent “aujourd’hui, elle m’a fait oublier mes problèmes. Aujourd’hui, elle m’a rendu beau ou belle“. C’est le but de mon métier », relate Celya. Pour elle, son travail se résume naturellement : « Je souhaite donner confiance aux gens, à ma petite échelle. »

    Atteinte du syndrome de l’X fragile, Celya doit composer avec son handicap jusqu’au salon de coiffure. Ce syndrome se caractérise par une déficience intellectuelle plus ou moins légère. Cet handicap influence son quotidien sur le déplacement (transports, marche) ou encore la logique mathématique (calcul financier, lecture de l’heure). Suivie par une orthophoniste et soutenue par sa famille, Celya progresse régulièrement : « Au début, je me trompais plein de fois en allant à l’école. Et au final, j’ai réussi à le faire. »

    Entourée par ses trois têtes à coiffer reçues pendant les World Skills, elle confie : « Je ne peux pas enlever mon handicap. Mais si je ne l’avais pas, je n’aurais pas autant de force aujourd’hui. Je suis fière de l’avoir », confie Celya émue, concluant : « Je suis fière de la femme que je suis aujourd’hui. »

    Dès l’école primaire, Celya est déjà fixée sur son avenir : « Maman, je veux être coiffeuse. » Son entourage la soutien, contrairement à ses professeurs, qu’elle juge « pas très compréhensifs ». Pourtant accompagnée au quotidien par son auxiliaire de vie scolaire, elle reçoit des remarques telle que « elle fait exprès ». Le milieu scolaire lui renvoie un sentiment de différence. Aujourd’hui, elle tient un discours éclairé cet épisode : « Ils te mettent dans des cases dès que tu as un peu de difficultés. » Mais la jeune femme persiste : « Coiffeuse, ça va être mon métier ! »

    Le manque de considération lié à son handicap refait surface lors de sa première expérience professionnelle. Après plusieurs années dans un salon de coiffure « où tout se passait bien » décrit-elle, « une nouvelle responsable ne m’a pas acceptée telle que je suis », déplore Celya : « ça m’a fait mal. J’ai ressenti une injustice… » Ces épisodes deviennent moteurs de motivation et d’ambition pour la jeune femme. Sa victoire au World Skills représente donc « une belle revanche ».

    Pour approfondir le contact humain dans son métier, la jeune femme prévoit une carrière de coiffeuse dans l’événementiel. Une manière pour elle d’exprimer sa créativité à travers « ce métier artistique ».

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».

  • Des vacances quand on a Alzheimer, c’est possible

    Des vacances quand on a Alzheimer, c’est possible

    La lutte contre la maladie d’Alzheimer n’a pas de frontières. Les associations France Alzheimer Vaucluse et Alzheimer Gesellschaft München organisent un séjour d’échange franco-allemand pour la 13e année, depuis le 6 octobre et jusqu’à ce lundi 13 octobre, avec pour destination, cette année, la Bastide des Joncas, à la Couronne.

    Peu avant midi, vendredi, un groupe de seniors s’adonnait à un jeu de balle sur le terrain de sport, pendant que d’autres profitaient d’un atelier bien être avec une esthéticienne. « Mixer les malades et les proches permet de ne pas perdre en motricité », commente Lisa Junglas, organisatrice franco-allemande de l’échange. Une odeur d’ail flotte dans l’air : la cuisine est communautaire et une participante prépare une soupe au pistou.

    Le programme du séjour est conséquent, avec notamment l’intervention des services neurologie de l’hôpital de la Timone et d’Avignon pour la remise du prix de la fondation Hertie le mardi, une excursion au Frioul le mercredi, visite du Mucem le jeudi, entre autres activités. « Ce cadre offre de vraies vacances aux aidants, un soulagement », confie Marcel Blanc, adhérent français. Daniel Di Natale abonde : « ça nous permet de nous aérer l’esprit en tant qu’aidant, car on a moins de contraintes en groupe. On sort du quotidien. Si on était que tous les deux, on pourrait pas relâcher l’encadrement. »

    « Unique en Europe »

    Mais comment faire quand on ne parle pas la même langue ? « Certains traduisent, d’autres n’en ont pas besoin. Il y a quelque chose qui se passe dans les tablées », estime Marcel Blanc. Peut-être car « le même thème nous réunit, nous connaissons les mêmes choses, alors on arrive à rire et danser, malgré la barrière de la langue », relève Lisa Junglas.

    L’organisation d’un tel séjour pour 68 personnes, dont 35 venues de Munich, est particulière. « Ça se prépare sur une année avec des réunions régulières », commente Thierry Sanchez, l’un des cinq accompagnateurs français aux côtés des cinq Allemands. Plusieurs sont des professionnels. « Thierry est bénévole et éducateur spécialisé, je suis conseillère conjugale et familiale salariée de l’association », indique Lisa Junglas. La chargée du programme côté allemand, Anna Walner, tient au « vivre ensemble » développé lors du séjour. « Nous avons réussi quand ils rentrent à la maison et passent l’année à dire que c’était sympa », lance l’éducatrice spécialisée de formation.

    Les acteurs des Rencontres sans frontières présenteront leur projet « unique en Europe », selon Lisa Junglas, au congrès international de Lyon, en 2026.

  • Premier point d’experts pour les assemblées de la Terre

    Premier point d’experts pour les assemblées de la Terre

    Espaces de réflexion et d’échange sur les Objectifs du développement durable (ODD), nés en France avant de s’étendre aux autres États (Allemagne, Brésil, Espagne, Équateur, Mexique et Pays basque prochainement), les assemblées de la Terre, portées par le programme Onusien Harmonie avec la nature, sont vouées à préparer le sommet de la Terre 2030 de l’ONU, qui dessinera les lignes directrices pour l’avenir en matière de développement durable.

    Une restitution par an

    Après un coup d’envoi donné le 2 juillet à l’université de Toulon par Caroline Regad et Cédric Riot, enseignants-chercheurs à l’initiative du projet et responsables de son comité scientifique, elles connaîtront ce jeudi leur première réunion de personnes qualifiées, qui abordera le premier lot d’ODD : santé et bien-être (ODD 3), eau propre (ODD 6), changement climatique (ODD 13), vie aquatique (ODD 14) et vie terrestre (ODD 15) avec des possibilités de transversalité.

    « D’ici décembre, on veut avoir une synthèse concernant le premier lot d’ODD, qui pourra encore évoluer, et qui sera présentée le 2 juillet 2025. Il y aura une restitution par lots d’ODD chaque 2 juillet jusqu’en 2030 », expliquent les deux scientifiques. Des sommets régionaux auront ensuite lieu (2029 en Amérique, 2028 en Europe) en vue du Sommet de la Terre 2030.

    Les citoyens, quant à eux, participent déjà en faisant remonter leurs observations via des formulaires qui leur sont régulièrement adressés. Ils seront auditionnés en novembre et pourront ensuite participer à des ateliers.