Au collège Roy d’Espagne ce lundi après-midi, un petit groupe d’élèves se serre entre les tables et les fauteuils que compte la petite salle qui donne sur la cour du collège. Tous élèves de 5e, 4e et 3e dans l’établissement, ils se sont rassemblés pour présenter « la Bulle », un lieu dédié au bien-être et à la santé mentale des élèves. « On a tout juste commencé à aménager le local. Il n’est pas terminé et pas encore ouvert aux élèves, mais on discute tous ensemble de la forme que va prendre la Bulle », introduit Eva, membre du projet et élue au conseil départemental des jeunes.
Si la quinzaine de collégiens à l’origine du projet évoque le besoin d’un canapé et d’occultants pour les fenêtres, c’est pour faire de la Bulle un endroit intimiste, « où chacun puisse venir parler de ses problèmes ». « La Bulle est là pour écouter ceux qui n’ont pas forcément quelqu’un pour les écouter, entre jeunes, car on n’ose pas toujours en parler aux adultes », résume Marie, une des protagonistes du projet. Un lieu d’écoute mis en place par les collégiens et pour les collégiens, qui tiennent à souligner que La Bulle n’est pas centrée exclusivement sur le harcèlement, mais bien sûr le bien-être au sens large.
« On a pu remarquer que les élèves se braquent quand on parle de harcèlement », fait remarquer Marie. Ses amies, Jade et Iliana, craignent que catégoriser la Bulle comme un lieu de lutte contre le harcèlement ne « bloque les élèves ». « C’est un endroit dédié à la santé mentale des jeunes, pour parler des problèmes familiaux aussi », affirment les deux collégiennes. Amine, membre du collectif et ambassadeur du dispositif pHARe, appuie sur l’importance de faire perdurer la Bulle pour les prochaines générations. Les collégiens assureront des permanences aux récréations du matin et de la pause méridienne, pour discuter avec les élèves dans le besoin, et traiter les petits mots déposés anonymement dans la « Boîte à Maux », une initiative du Département pour prévenir le mal-être et le harcèlement scolaire.
Des professeurs du dispositif pHARe épauleront les jeunes en apportant leur aide pour jauger de la gravité des problèmes recueillis, et rediriger les collégiens vers des adultes compétents pour trouver des solutions. Christine Thomas, principale du collège Roy d’Espagne, se félicite « d’un espace qui émane directement des élèves ». Elle précise que « les élèves eux-mêmes ont été formés pour savoir comment réagir ». « J’espère que ce projet pilote fera des émules », s’enthousiasme la conseillère départementale Laurenge Angeletti, déléguée au bien-être et à la santé alimentaire des collégiens. « Les élèves se saisissent eux-mêmes d’un problème qui les concerne avant tout, et j’aime à croire que c’est parce qu’ils ont compris que la collectivité dans son ensemble s’intéresse à eux. »









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