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  • Toulon : Aux journées de la réparation, on incite à ne plus jeter ou remplacer

    Toulon : Aux journées de la réparation, on incite à ne plus jeter ou remplacer

    Pendant quatre jours, du 16 au 19 octobre, les Journées nationales de la réparation et de la durabilité des produits ont eu lieu partout en France. Un grand rendez-vous pour encourager les Français à réparer plutôt que remplacer leurs équipements, qui a donné lieu à plusieurs événements dans le Var, comme à l’Amarre, à Toulon. Ce samedi s’y tenait une journée dédiée à la réparation de toutes sortes d’objets (petit électroménager, électronique, vêtements…), encadrée par les bénévoles de ce tiers-lieu participatif lancé il y a quatre ans, et qui s’est doté d’un Repair Café, lieu où chacun peut venir réparer ses objets endommagés.

    Et même si l’association n’a pas besoin de ce cadre pour promouvoir l’idée, « c’est bien de participer à ces journées pour fédérer autour de la réparation », explique Marc Hocdé, secrétaire de l’association et responsable du Repair Café. Ce samedi, un atelier a été installé devant le tiers-lieu. Mais pour les bénévoles, l’objectif n’est pas simplement celui de réparer, mais « de réparer ensemble. Nous sommes bricoleurs, les gens viennent avec leurs objets et nous les aidons », précise le bénévole. Car l’intérêt réside aussi dans le fait de « créer du lien. En général les gens sont ravis, même si on ne répare pas à tous les coups », reconnaît-il, avançant une réussite « de 60% ».

    Halte à l’obsolescence programmée

    Pour bénéficier du service, il faut adhérer à l’association (5 euros pour une adhésion à la journée, 30 pour une adhésion annuelle, et à partir de 1 euro en tarif solidaire). Une modique somme qui offre ensuite accès à l’ensemble des activités de l’association. Parmi les nouveaux adhérents, Sandrine, venue réparer un grille-pain et des vêtements : « Je me suis dit que ce serait plus sympa d’apprendre à réparer moi-même que de confier mes objets à quelqu’un qui incite à acheter du neuf. » Car ceci est fréquent chez les fabricants, qui incitent à l’achat, notamment via l’obsolescence programmée : « Ils créent leurs propres vis, ce qui nous oblige à acheter des outils particuliers. Ils collent, ou font des systèmes de clips indémontables », fustige Marc Hocdé, qui pointe ainsi la viabilité du label QualiRepar, octroyé à des réparateurs pour attester de leur compétence, et qui donne droit à un bonus réparation au consommateur : « C’est super, mais quand les fabricants font tout pour rendre la réparation impossible… »

    Malgré cela, le principe de réparation fait des émules, si bien que le Repair Café a signé un partenariat avec le collège la Marquisanne, où a été créé cette année un champ professionnel Segpa sur la réparabilité. « Il faut lutter contre la surconsommation et pour l’écologie, car un objet réparé n’est pas reconstruit ni jeté. Il y a un double bénéfice. Et ce genre de journée permet de sensibiliser autour de ça », conclut Marc Hocdé.

  • À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    Une assiette remplie de mets divers et variés, Sébastien va rejoindre ses amis autour d’une table au soleil, à deux pas du canal Galiffet. Les discussions se mêlent au son des enceintes, qui retransmettent les rythmes créoles et la poésie occitane de Moussu T e lei Jovents, un groupe créé par Tatou et Blu de Massilia Sound System. Posté à l’étage, derrière la friteuse, Nicolas lâche : « On est bien, là, le cadre est idyllique. »

    Ce 19 octobre, c’est le dimanche mensuel du brunch au Rallumeur d’étoiles. « Ça fait deux jours qu’on le prépare, on s’est levés à 8 heures ce matin », confie Enora, la seule salariée du café associatif. Le principe est simple : les bénévoles concoctent le repas, les adhérents et autres curieux viennent le déguster à prix libre tout en profitant de la musique live d’un groupe payé au chapeau. « C’est une volonté de rendre la culture accessible », explique Nicolas, membre du collège solidaire du lieu.

    De l’autre côté, les artistes jouent le jeu. « On a commencé comme ça, dans les bars, c’est là qu’on s’amuse, affirme Tatou. C’est politique aussi, bien sûr ! Et puis si ça peut donner un coup de main à ce genre de lieu c’est tant mieux. »

    De nouveaux publics

    Car si le Rallumeur d’étoiles fête ses dix ans, chaque anniversaire est une victoire. « À chaque fois on est sur la corde raide mais on tient », assure Nicolas. Il faut dire que toutes les activités proposées par le café associatif, qui vont d’une grainothèque à des conférences en passant par des ateliers de conversation en espagnol, en anglais, en provençal, des débats philosophiques, des ateliers d’écriture, de lecture ou encore des concerts, sont gratuites pour les adhérents. L’an dernier, le lieu a organisé près de 200 événements.

    « Les adhésions à prix libre remboursent 20% de notre budget de fonctionnement, poursuit Nicolas. La mairie nous soutient avec une subvention de 10 000 euros et après on fait des levées de fonds pour tenir. » Car l’association doit faire face à l’inflation et à l’augmentation de son loyer, passé de 600 euros il y a 9 ans à 1 200 euros actuellement. À l’avenir, le Rallumeur d’étoiles cherche à attirer de nouveaux publics. Enora détaille : « On aimerait bien avoir plus de jeunes, pour leur montrer qu’ils ont leur place dans la société comme dans le café. Pour ça, on est sur Instagram et on travaille avec des partenaires comme Mistral Show qui est un collectif qui fait de la programmation musicale qui parle plus à ce public. » Nouvelle année, nouveau challenge !

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.

  • Misère, quand les institutions maltraitent

    Misère, quand les institutions maltraitent

    « Nous devons insister sur ce qu’on est et ce qu’on n’est pas », enrage Julien Moisan, chargé de plaidoyer du Secours catholique en accueillant à l’ADJ de la rue Malaval à Marseille, entièrement refait à neuf. « Nous en avons assez de pallier les carences des pouvoirs publics. Notre mission n’est ni la distribution alimentaire, ni les douches publiques, mais d’offrir un espace confortable aux personnes dans le besoin et de prendre le temps d’échanger avec eux. »

    Il est 9h, les tables sont déjà toutes occupées et Eva et Saïd ne sont pas trop de deux pour offrir cafés, thés et parts de cake aux arrivants. Ils sont ainsi plus d’une centaine à venir se poser, discuter ou chercher une aide administrative, un accompagnement vers l’emploi, un accès aux droits, consulter le médecin ou le podologue, prendre rendez-vous avec le coiffeur, participer à l’atelier de français ou à celui d’initiation à l’informatique, chacun des quatre jours d’ouverture hebdomadaire. « Pour sortir de l’isolement », ajoute un monsieur hébergé dans un foyer Adoma. Et pour répondre au manque de bains publics, l’accueil dispose de deux douches. Les associatifs, notamment depuis la crise Covid, ont bien multiplié les points de distribution alimentaire, mais « où peut-on manger assis, dignement ? interroge Julien Moisan, de même que pour l’hébergement ou l’hygiène, dans la réalité, il n’y a plus de dispositif d’accueil inconditionnel ».

    Slimane, 65 ans, retraité du BTP, happe Danièle, qui gère l’aide administrative, au passage : « Je dors depuis plus d’un mois à l’aéroport. Le 115, c’est une fois oui, vingt fois non. Je ne sais plus où aller. » La bénévole confirme : « C’est de plus en plus difficile. Et avec les nouvelles réformes, il y a beaucoup de sorties de droits. Un manquement à la CAF et l’aide est coupée dès le 3e mois, un contrôle expéditif et l’allocation handicapé saute. On récupère les gens à la petite cuillère. » Un jeune étudiant étranger ressort d’un bureau soulagé. « Ils vont m’aider pour faire changer mes lunettes. Mon droit à l’AME avait été remis en cause. Il faut renouveler le dossier », indique-t-il.

    Des vies cadenassées

    À l’étage, la salle informatique est très sollicitée. Bien que le défenseur des droits ait déjà alerté sur le fait que la dématérialisation des services publics éloigne les plus fragiles de l’accès aux droits, on note ici peu d’amélioration. Une mère de famille est en panique. Son mot de passe est refusé sur son espace CAF. Arrivé à son secours, Julien Moisan réalise, après plusieurs tentatives, qu’un 3e code a été mis en place. « Pour protéger vos données », précise le site sur l’écran. « C’est un verrou de plus à une administration cadenassée, qui a déjà fermé ses accueils physiques. On supprime le lien humain, on met des algorithmes sous prétexte de lutte contre la fraude. En réalité, on cadenasse des vies !  » réagit-il.

    Au-delà des baisses budgétaires, ce responsable associatif pointe un grave recul des politiques publiques dans ses réponses à l’urgence sociale : « Il y a une priorité donnée au parcours d’insertion dans les dispositifs d’urgence. » Conséquence : « Ceux qui ne sont pas entrés dans un dispositif se retrouvent devant des portes fermées. On met des précarités en concurrence. » Et sur le terrain, la pauvreté ne recule pas, mais s’invisibilise : « Les plus isolés, les plus fragiles, les enfants, les femmes enceintes continuent de l’être. Le nombre de mineurs non pris en charge par l’aide sociale à l’enfance reste impressionnant. De même, le parcours de la sortie d’hospitalisation est si mal pensé que le retour à la rue est monnaie courante. »

    Au milieu de l’accueil, une petite fille court des bras de son père aux genoux de sa mère. Débouté de sa demande de droit d’asile, le couple, dont un des enfants est né en France, a dû libérer du jour au lendemain sa place en Cada. Un recours doit être mis en place, mais pour l’instant, c’est la rue qui les attend. Bien consciente que tous les dispositifs sont sous-dotés, Danièle a cependant contacté les centres d’hébergement, sans succès. « À partir de là qu’est-ce qu’on fait ? Le plus terrible, c’est de ne pas pouvoir apporter de solution », regrette-t-elle. L’heure de fermeture approche, l’accueil se vide lentement.

  • Mouvement associatif : les bénévoles prennent leur devenir en main

    Mouvement associatif : les bénévoles prennent leur devenir en main

    Onze octobre. Le Mouvement associatif, qui regroupe plus de 600 000 associations sur le territoire national, a appelé à une mobilisation générale face à une crise « sans précédent » : financements sabrés, « risque de disparition », avec une chute de 41% des subventions en 15 ans et 54% d’associations en difficulté de trésorerie, selon le Mouvement associatif. « Il est important de se soulever, même un peu tard, car beaucoup d’associations ferment et sont dans le dur. Il est urgent de se demander comment on agit et comment on se saisit de cet élan pour ne rien lâcher. Un mot d’ordre circule déjà, celui de dire : on ne lâchera rien, rapporte Sandra Castebrunet, déléguée régionale pour le Mouvement associatif. Il faut se demander : comment saisir cette envie de grand rassemblement ? » À Marseille, ce sont 300 personnes qui se sont rassemblées sous l’ombrière pour que le statut de bénévoles soit légitimité et réclamer une reconnaissance du travail associatif. « On ne peut pas continuer à être considérés comme non indispensables où être vus comme des associations consommatrices de subventions. Il y a un enjeu à faire connaître le large spectre des associations, il faut que les politiques s’emparent de cette vision, quel que soit le bord politique », ajoute Sandra Castebrunet, qui admet que l’avenir politique et financier reste une « crainte » pour les associations. L’action, inédite, a trouvé son écho dans les communes alentour. À Venelles, commune proche d’Aix, six associations se sont jointes à l’appel du Mouvement associatif. « Les associations sont un lieu d’échange, de démocratie, de lien social : c’est le maintient de tout cela qui se joue actuellement, rapporte Michel Bianco, co-référent de l’association Carrefour Citoyen. Ce sont des enjeux qui font partie des questions politiques au sens large. »

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port

  • Les sauveteurs en mer ont pu compter sur leur nouvelle vedette cet été

    Les sauveteurs en mer ont pu compter sur leur nouvelle vedette cet été

    L’été n’a pas été de tout repos pour la station de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Carro. En début de saison, en parallèle des interventions, les 30 bénévoles de l’association ont dû se former sur le nouveau navire de sauvetage hauturier arrivé sur la Côte Bleue, le 18 avril. « L’ancien bateau, le canot tous temps SNS 073, a quitté le port en août, explique le tout nouveau président de la station, Jean-Michel Roque. Il est parti au pôle technique de Méditerranée à Palavas et va remonter en Atlantique pour y servir de support. Il a fait 32 ans de service chez nous. »

    Bien qu’il ait eu lieu en plein milieu de l’été, ce changement d’équipement reste une chance. « L’ancien bateau avait été mis en service en 1992 et ses plans dataient des années 1980, poursuit le sauveteur. Le nouveau est toujours auto-redressable, insubmersible, sauf que le design est différent donc il va plus vite. Avant, on avait deux moteurs de 350 chevaux, maintenant on a deux fois 700 chevaux donc on double la puissance, on a une caméra thermique à poste… »

    Les bénévoles ont aussi dû pallier l’absence de bateau à Port-Saint-Louis-du-Rhône, puisqu’il était en reconditonnement. Conséquence : « Le nombre d’interventions a explosé, depuis le début de l’année, on en a fait 70. » Deux tiers concernaient le « Maritime assistance service », soit le remorquage d’embarcations, et un tiers de la recherche et du sauvetage de personne. « Globalement, ce sont toujours des erreurs d’usagers facilement évitables : des gens qui ne regardent pas la météo avant de partir, ne préviennent pas leurs proches…, affirme Jean-Michel Roque. C’est toujours beaucoup d’inconscience. On pense que la mer c’est facile, mais c’est comme la montagne, les conditions peuvent changer très vite. »

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.

  • Les associations toujours en quête de bénévoles

    Les associations toujours en quête de bénévoles

    Stands culturels, institutionnels, animaliers, sportifs et bien d’autres constituent la panoplie d’organisations présentes sur le cours Mirabeau, à l’occasion de la cinquième édition du forum des associations et du bénévolat. 300 associations – « fil rouge et vitalité de la Ville », selon Sophie Joissains, maire (UDI) sans communiquer davantage sur l’événement, faute de réserve électorale – ont installé leurs étals le temps d’une journée.

    « On cherche une activité pour la rentrée, un peu tard, mais sur place la petite aura une idée plus concrète de ce sur quoi elle s’engage », estime Julia en quête d’une activité sportive pour sa fille. Pour Esteban, étudiant, il s’agit d’« intégrer une association en tant que bénévole, pour rencontrer du monde et donner de son temps par la même occasion. Pourquoi pas acquérir de nouvelles compétences aussi et enrichir le CV ! ». Pour d’autres, comme Steph, difficile d’imaginer s’engager dans une association à plein temps. « De nos jours on n’a plus le temps. Avec le boulot, les obligations familiales… Mais trouver un sport ou une asso d’art pour les enfants, oui ! » « Moi, c’est mon dossier scolaire qui me pousse à aller sur le forum. Je sais que certaines écoles comme Sciences Po valorisent l’engagement sur le dossier. Je me dis qu’intégrer des maraudes ou donner des cours ça peut être mon truc », ajoute Elsa, 17 ans.

    S’engager différemment

    À chacun sa motivation pour venir sur le forum donc. Côté associations, la sensibilisation à une cause et surtout, le recrutement de bénévoles reste l’intérêt principal. « Depuis le Covid, le bénévolat s’est développé, avant de se calmer. Mais on est toujours sur la corde raide au niveau des bénévoles réguliers, pointe Eric Richard, vice-président de l’antenne locale du Secours populaire. On voit quelques étudiants arriver et c’est tant mieux, ça va permettre de rafraîchir les équipes. » La majeure partie des bénévoles sont des retraités, selon l’antenne locale. « Oui, c’est plus difficile d’avoir des bénévoles », concède Clairette Gatineau, présidente de la MJC Prévert.

    Un constat que ne partage pas Anna, qui tient le stand des Petits frères des pauvres. « On a une grande parité dans les âges. On est plutôt là pour communiquer sur les actions que l’on fait ». « Peu importe l’âge ou le temps que l’on donne dans une association, il faut que ce soit quelque chose auquel on croit, puis il faut le respecter, en faire quelque chose et le poursuivre. Tout ce qu’on donne est un plus », ajoute Heather, bénévole pour la même association. Pour Jacques Ducerf, bénévole des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP), le bénévolat et l’engagement, c’est aussi et surtout une « question de relations humaines ».

    Selon une étude de la France bénévole, Recherches et Solidarités, avec Coalta Formations, en 2025, « 11% des Français, soit 5 millions de personnes, donnent du temps chaque semaine aux associations ». Une progression significative de 2 points en 2 ans.