Tag: Beaux-arts

  • Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    « On s’est levé pour rien ! » Ce mercredi matin, les minots repartent du conservatoire Pierre Barbizet à Marseille, sans avoir pu mettre la main sur leurs instruments. Sur place, des salariés annoncent, avec un air désolé : « Les cours sont annulés toute la journée. » En cause ? Le mouvement de grève lancé par les agents d’accueil et de sécurité du site, sur un préavis de grève de la CGT, se durcit. « On était sur deux heures le matin et deux heures l’après-midi depuis plus d’une semaine, mais on passe sur une grève toute la journée », explique un agent gréviste de l’établissement qui fait partie de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm).

    Pour rappel, ils revendiquent une « meilleure reconnaissance » de leur travail essentiel au fonctionnement du conservatoire, via une hausse salariale et une amélioration de leurs conditions de travail (lire notre article du 07/01). Et si la direction, par la voix du saxophoniste Raphaël Imbert, affiche une ouverture au dialogue social et dit « entendre les revendications », reste que les agents ne sont pas convaincus par ses propositions. « Elles ne sont clairement pas à la hauteur », dénoncent les agents, après un premier round de discussion.

    En parallèle, un collectif d’agents, notamment des enseignants, des Beaux-Arts de Marseille toujours de l’Inseamm, mais situé à Luminy, fait aussi part de son opposition quant « à l’évolution » de l’institut public, avec le lancement d’une pétition. Ils citent « des conditions salariales dégradées » sur fond de « réduction des moyens alloués au Conservatoire comme aux Beaux-Arts ». De quoi animer le conseil d’administration prévu ce jeudi.

  • La Petite galerie Cezanne joue les prolongations

    La Petite galerie Cezanne joue les prolongations

    Accessible à partir de 3 ans, la petite galerie Cezanne est une exposition à hauteur d’enfants inaugurée en février et qui a déjà séduit plus de 35 000 visiteurs. Face à un tel succès, elle joue les prolongations jusqu’au 21 décembre, alors que celle-ci devait se clôturer à l’automne, à l’instar de l’exposition « Cezanne au Jas de Bouffan », qui ferme ses portes ce dimanche, au musée Granet.

    « Pour être honnête, nous avions déjà prévu le prolongement de la petite galerie avant même que l’exposition ouvre ses portes », sourit Jean-Sébastien Gaydon, en charge de la coordination de la programmation culturelle à la ville d’Aix-en-Provence. « Au départ, c’était pour permettre l’accueil de plus de groupes scolaires, mais avec l’engouement qu’elle a suscité, la poursuite de l’exposition est apparue comme une évidence. »

    La petite galerie Cezanne, installée depuis le mois de février à la Galerie de la Manufacture, fait découvrir aux plus jeunes l’univers du célèbre peintre. « Nous proposons deux parcours. Un pour les enfants entre 3 et 6 ans et l’autre de 7 à 12 ans », souligne Marie Debals, responsable des relations publiques à la culture de la Ville. « On y découvre les concepts cezaniens à hauteur d’enfants bien évidemment, avec des expériences à manipuler, de petites surprises, un espace de dessin libre, des reproductions etc. En somme, c’est une exposition où l’on passe d’une activité à une autre avec un côté très actif et ludique. »

    La culture pour tous

    De la découverte du cercle chromatique à la complexité de la perspective, cette exposition pédagogique vient compléter la pléthore d’animations proposée pendant l’Année Cezanne à Aix-en-Provence. « Nous voulions que les enfants fassent partie intégrante de cette année, avec un moment gratuit à destination des familles en permettant un accès à tous et pour tous à la culture, détaille Jean-Sébastien Gaydon. Sans compter que des expositions pédagogiques scientifiques existent en France autour de la science, mais très peu, voir pas du tout, autour des Beaux-Arts. »

  • Don surprise d’un chef d’œuvre caravagesque à la Ville de Marseille

    Don surprise d’un chef d’œuvre caravagesque à la Ville de Marseille

    Un gentleman offre à Marseille un chef d’œuvre caravagesque. Une générosité qu’on croyait ne pas pouvoir côtoyer, une histoire qu’il fallait vérifier étape par étape. Un personnage qui préfère conserver l’anonymat vient de faire donation d’une toile d’un artiste proche du Caravage, Louis Finson. Coût de l’opération, plus de 500 000 euros !

    Lumières et cruautés, corps en souffrance, reflets de bronze sur la peau, silence et début d’extase. Percé par treize flèches, Saint- Sébastien entamera une nouvelle vie vendredi 3 octobre, dans une salle du rez-de-chaussée du Palais Longchamp. On se hâtera de venir l’admirer. Après une brève présentation au public qui s’achèvera dimanche 5 octobre en soirée, ce martyr rejoindra pour quelques mois le CICRP, le Centre de Restauration du Patrimoine basé à la Belle de Mai. Plusieurs défauts de ce clair-obscur de beau format – 147 x 116 centimètres – impliquent des réparations.

    Un indice fiable aura confirmé les expertises du Cabinet parisien Eric Turquin. En bas à gauche, sa signature mentionne en majuscules son auteur «Aloisus Finsonius fecit» et sa date, 1612. Ce tableau qui appartenait à une famille aixoise fut proposé aux enchères chez Drouot le 18 juin, par la maison de Ventes Ader. Son estimation était raisonnable, 40 à 60 000 euros. Alerté et très motivé, le conservateur du musée Longchamp Luc Georget avait obtenu de la Ville de Marseille des crédits conséquents : 300 000 euros avaient été provisionnés, la possibilité d’une préemption semblait envisageable.

    La déception de Luc Georget fut immense. Au téléphone et dans la salle d’autres concurrents du secteur privé surenchérissaient, le marteau final enregistra un implacable dépassement de prévision : 416.000 euros ! Frais compris, l’acquisition de Saint Sébastien par une galerie italienne voisina 500 000 euros. Quand il reprit son train pour Marseille, le conservateur de Longchamp ne pouvait pas anticiper le miracle qui survint une vingtaine de jours plus tard…

    Vœu de silence

    Surprises et joies, la Ville et les musées furent informés de la volonté d’un ultime acquéreur de la toile : il l’avait rachetée et avait résolu d’en faire donation à Marseille ! Au milieu de cette soudaine clarté, un très respectable point d’obscurité : ce mystérieux donateur exigeait de garder l’anonymat. Mis à part Benoît Payan, Jean-Marc Coppola et les directeurs des musées qui gardent très légitimement pour eux ce secret, personne ne peut révéler l’identité de ce donateur : notre gratitude ne s’exprimera pas directement.

    Ce taiseux n’est pas uniquement un riche bienfaiteur, ce mécène admire des expositions et des tableaux liés au destin de Marseille. On imaginera qu’il a souvent consulté le catalogue de l’exposition de la Peinture en Provence au XVII° siècle, programmée en 1978 au Palais Longchamp. Dans ce catalogue Jacques Thuillier raconte que Louis Finsonius (1578-1617) fut proche du Caravage qu’il hébergea dans son atelier de Naples. Auteur de tableaux qu’on aime dans les cathédrales d’Aix et d’Arles, Finson fut invité en Provence par l’érudit et collectionneur aixois Nicolas Peiresc. D’ordinaire visible à Longchamp, son chef d’œuvre, une copie de La Madeleine en extase du Caravage, est actuellement présenté dans l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

    Le tableau, après avoir bénéficié d’une restauration complète pendant plusieurs mois rejoindra ensuite les collections permanentes du musée en 2026, dans un accrochage valorisant les écoles italienne et provençale du XVIIe siècle.

    Alain Paire