Tag: bâtiment

  • La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La dégringolade du Football club de Martigues (FCM) n’en finit pas de faire parler. Après la liquidation de la structure professionnelle, le club Sang et Or était reparti en Régional 1 en juillet dernier, les garanties financières promises par l’actionnaire n’étant pas arrivées à temps. En août, la chute des Martégaux s’était amplifiée avec une deuxième sanction, cette fois-ci de la part de la Ligue Méditerranée de Football, qui l’avait rétrogradé en Départemental 1. Au conseil municipal, jeudi dernier, l’avenir du club aux 450 licenciés a interrogé les élus.

    Le conseiller municipal d’opposition et candidat (DVD) aux municipales Jean-Luc Di Maria a décrit un FCM « aujourd’hui en 9e division et endetté jusqu’au cou », pointant la responsabilité de la majorité : « Avec 380 000 euros de subvention par an, je vous laisse comptable de cette situation. » Pourtant, la responsabilité de trouver les fonds nécessaires pour que le club s’engage en championnat national incombait à l’actionnaire américain du club.

    Éliane Isidore, conseillère municipale déléguée aux sports, a répondu : « Cette rétrogradation n’est pas due aux dettes du FCM, mais à des décisions d’instances fédérales. (…) La situation en 2025/2026 va être la même que cette année, pas moins de joueurs, pas plus de dette. Ce n’est pas à la Ville que vous devriez vous en prendre mais aux instances pour leurs décisions inconséquentes. Dans le monde du foot, on n’a jamais vu une rétrogradation de 7 divisions. »

    La Goutte d’or libérée

    Quant à la demande de Frédéric Grimaud (LFI) de mettre en place une commission d’enquête pour « comprendre la descente faramineuse » du club et s’assurer de « la bonne gestion des deniers publics », l’élue a rétorqué : « Créer une commission qui va aller éplucher les comptes, c’est du délit d’ingérence. La Ville n’a pas de pouvoir d’enquête sur les associations et c’est une bonne chose. Quand les associations sont subventionnées à cette hauteur-là, elles ont des commissaires aux comptes. Ce sont eux qui attestent de la sincérité des finances. » Un autre dossier a fait jaser : celui de la Goutte d’or. La Ville avait acheté ce bâtiment, situé au bout du cours de Jonquières, en 2019. Après six ans de contentieux pour « récupérer notre bien et pouvoir le valoriser », c’est désormais chose faite avec l’approbation d’un protocole d’accord transactionnel de 275 000 euros que la municipalité versera à la SARL la Renaissance au titre de l’indemnité d’éviction. La société demandait initialement 550 000 euros. La Ville récupérera les locaux le 15 janvier.

    Jean-Luc Di Maria a déploré le « manque de vision » de la municipalité, l’accusant d’avoir acheté sans « stratégie » ni « anticipation ». Le premier adjoint Henri Cambessedes (PCF) a affirmé : « Le service de l’urbanisme travaille masqué pour faire en sorte que, le plus vite possible, des commerçants, des notaires, des médecins puissent s’installer dans le cœur de Martigues et rehausser la qualité de notre centre-ville. »

  • À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    Il y a presque 700 ans, les architectes du Palais des Papes et des bâtiments historiques n’avaient certainement pas anticipé le réchauffement climatique. Et c’est désormais aux utilisateurs actuels, à savoir notamment la municipalité, de s’adapter. Un sujet complexe abordé ces jeudi 4 et vendredi 5 décembre à l’occasion des 30 ans de l’inscription du centre historique d’Avignon au patrimoine mondial de l’Unesco lors d’ateliers et de colloques organisés par l’Université d’Avignon sur les adaptations face au changement climatique des jardins et paysages du patrimoine mondial.

    Des échanges entre public et spécialistes qui ont commencé ce jeudi 4 décembre au matin avec les visites des jardins et des grandes salles et allées du Rocher des Doms et du Palais des Papes. « Le sujet était une évidence. On est obligés de se poser ces questions-là aujourd’hui. Tout en montrant que le patrimoine historique n’est pas un petit îlot isolé du territoire, et donc de l’insérer dans le paysage », précise Dominique Cassaz, coorganisatrice des deux journées et adjointe du directeur des Monuments historiques et coordinatrice patrimoine mondial de l’Unesco à la Ville d’Avignon.

    Enjeux économiques

    Car au sein de l’emblématique bâtiment historique avignonnais, les effets du réchauffement climatique « ne sont pas simples à gérer », comme le confie Corinne Langlois, conservatrice du Palais des Papes. Le monument le plus visité de la Région Sud, avec 700 000 passages par an, et ses murs anciens doivent faire face à de grandes variations de températures, mais aussi d’hygrométrie en leur sein. Et les réglementations autour des bâtiments historiques empêchent toute installation qui permettrait de réguler ces paramètres rapidement. « Le plus gros problème, c’est l’été. On aère au maximum et on n’expose pas d’œuvres sensibles dans ces conditions. Mais en ouvrant tout, on se retrouve avec des pigeons dans le bâtiment, ce qui est un autre problème », glisse-t-elle. L’extérieur aussi est exposé, avec des enduits devenus inadaptés aux grosses chaleurs et qui ne tiennent pas dans la durée. Avant de rappeler qu’il « n’y a pas le choix d’arrêter de faire des bêtises avec le climat », et de réfléchir à des changements, comme par exemple modifier les horaires de visite en saison estivale, mais aussi à travers des travaux.

    Une démarche fondamentale car, comme le rappelle l’adjoint au maire d’Avignon en charge du patrimoine, Sébastien Giorgis, « c’est une économie à la fois touristique mais aussi pour toutes les entreprises spécialisées du territoire qui s’activent autour de l’entretien et la rénovation », tout un environnement « qui vit autour de ce lieu ». Pour le bâti donc, mais aussi du côté du jardin, qui doit lui aussi évoluer face au changement climatique. « Certaines essences ne sont plus adaptées, il y a la question de l’eau et des îlots de fraîcheur pour l’été. Tout cela évolue très, très vite », conclut l’élu.

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Très attendue par l’administration pénitentiaire, la sortie de terre de Baumettes 3 (B3) ne fait pas que des heureux. Alors que les détenus sont en cours de transfert pour désengorger des cellules remplies à 208%, les riverains du nouvel établissement s’inquiètent des conséquences sur leur vie quotidienne. « On a été échaudé par l’ouverture de Baumettes 2, il y a eu tellement de problèmes que cette fois-ci l’Apij [Agence publique pour l’immobilier de la justice, Ndlr] a fait les choses correctement, il y a eu des préconisations et certaines ont été respectées. Mais sur d’autres j’ai des interrogations », alerte Éliane Gastaud, coordinatrice du collectif des voisins des Baumettes.

    D’abord, la vue. « On a obtenu l’installation d’un pare-vue qui part des garages puis quand on arrive au bâtiment des prisons, plus rien du tout », décrit-elle. Une trentaine de riverains « ont une vue imparable sur les bâtiments de détention », selon cette dernière. Et de craindre que les visiteurs ne grimpent sur les clôtures des maisons pour des parloirs sauvages.

    Des brouilleurs

    trop efficaces ?

    Côté cellules, des fenêtres équipées « d’oreilles », des espèces « de coques remplies de matériel isolant », permettent d’isoler les détenus au niveau visuel et auditif. En théorie. « On ne sait pas encore quelle va être leur efficacité », nuance Éliane Gastaud, qui rappelle que les bâtiments de Baumettes 3 sont disposés face à face, « à très peu de distance », de quoi encourager, selon elle, les conversations.

    Autre source de nuisances, la lumière. Avec un éclairage jour et nuit, une lumière « extrêmement puissante », confirme Éliane Gastaud, pour assurer la sécurité des agents pénitentiaires qui entrent dans la prison. Résultat : « À Beauvallon, la nuit, on voit comme en plein jour dans le salon », explique-t-elle. Et trouver une solution ne va pas être chose aisée. Même si les contacts sont « très bons avec le directeur actuel des Baumettes », reconnaît-elle, « il y a des préconisations avec des normes édictées par le ministère de la Justice ».

    Qui dit 740 places supplémentaires, dit aussi plus de visiteurs. « Et il n’y a déjà pas beaucoup de places de stationnements », rappelle Éliane Gastaud, et côté transports en commun « une seule ligne de bus ». Quant à la mobilité douce, « les pistes cyclables se sont transformées en parking ». Vient enfin la question ardue des brouilleurs pour empêcher les communications depuis les cellules et les livraisons illicites par drones. Un marché à 24 millions d’euros hors taxe, dont 8 millions dévolus à l’équipement de B3, a été passé en juin, demandant au prestataire d’éviter les « perturbations ou débordements à l’extérieur » des zones concernées. Le chantier serait finalisé en mars. Mais depuis la mise en place du système en 2021 à Baumettes 2, les habitants des maisons autour sont déjà obligés de recourir au Wifi pour téléphoner. « Pour B3, c’est tout le centre de Beauvallon situé à 100 m qui est concerné », s’inquiète Éliane Gastaud. Et de promettre de remettre l’ouvrage sur le métier au cours des réunions régulières organisées par l’Apij.

  • Après l’évacuation, la résidence Saint-Michel dans le flou

    Après l’évacuation, la résidence Saint-Michel dans le flou

    « Je suis propriétaire et maintenant je suis logée dans un bungalow », lâche avec dépit une ancienne habitante du bâtiment Rosier 1 devant son immeuble évacué le mercredi 29 octobre dernier, dans la résidence Saint-Michel à Apt, tandis qu’une banderole avec l’inscription « On nous a vendu du béton pourri » flotte sous l’impulsion d’un mistral glacial quelques pas derrière elle.

    Ce vendredi 21 novembre, la municipalité aptésienne et la préfecture ont convié la presse pour faire le point sur la situation, plus de trois semaines après que 33 foyers ont dû quitter leurs logements après des alertes sur la structure du bâti de trois immeubles.

    « On a fait, mais on aurait aimé pouvoir faire mieux », lance la première magistrate de la capitale du Luberon, Véronique Arnaud-Deloy (LR), après des sollicitations de membres de l’association Ahdasami, qui défend les intérêts des habitants du quartier. L’avenir de cette résidence, construite dans les années 60 pour la création du 1er groupement de missiles stratégiques du plateau d’Albion en y installant 3 000 militaires, est un enjeu majeur pour la commune, car elle représente presque un tiers de ses habitants. « L’enjeu est surtout de trouver une solution pérenne. Il faut rappeler qu’il y a une crise du logement à Apt. On n’a pas de logements dans la ville et heureusement que des communes voisines nous aident. Aidez-nous, car on en a besoin », pousse la maire.

    Terrain instable

    « Les bâtiments sont mal construits et mal fondés à l’origine. On voit même dans les analyses qu’à certains endroits, il n’y a pas de ferraille dans le béton. C’est un sinistre immobilier pour la ville d’Apt. On lance de nouveaux diagnostics sur tout le quartier et on ne peut exclure d’autres évacuations », confie de son côté René Bresson, à qui la municipalité a confié la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage.

    Ouarda Belaid, présidente de l’Ahdasami et propriétaire d’un appartement évacué, appelle à ce que « les erreurs soient réparées par les responsables, au lieu de rejeter la faute sur d’autres », en visant l’État. Une action en justice devrait être menée prochainement par l’association.

  • La Carraire-George Sand, à Miramas : nouvelle école, nouveau nom

    La Carraire-George Sand, à Miramas : nouvelle école, nouveau nom

    Le groupe scolaire La Carraire est méconnaissable. « On a gardé, quelques murs, des colonnes, mais sinon on a tout refait », résume le maire Frédéric Vigouroux (DVG). Après deux années de chantier au cours desquelles les 200 élèves ont suivi les cours dans des containers aménagés, l’établissement réhabilité a rouvert ses portes en septembre dernier, sous un nouveau nom : La Carraire-George Sand, pour poursuivre « la volonté qu’a la Ville de dénommer des écoles de personnalités féminines, ce qui nous permet de rattraper ce retard qu’on avait dans la reconnaissance de l’importance des femmes dans le monde littéraire, scientifique et dans la lutte pour l’égalité », explique l’édile.

    Samedi 15 novembre, le nouveau bâtiment, d’un coût de 16 millions d’euros subventionné à hauteur de 60%, a été présenté aux financeurs (l’État et le Département, pour 4 millions d’euros chacun, la Métropole, pour 1,5 million d’euros, et la CAF, pour 76 000 euros).

    Le changement est spectaculaire. L’étage a été rasé. Le groupe scolaire, construit en 1978, accueille désormais les élèves de maternelle et de primaire sur un seul niveau plein pied de 2 700m2. L’extérieur a été repensé sous forme de deux cours qui comprennent des jardins et des potagers, « ce qui pourra donner lieu à des projets pédagogiques », se réjouit Frédéric Vigouroux.

    Des espaces de sport et des lieux de motricité ont été aménagés, ainsi qu’une salle polyvalente, et « la crèche est bientôt terminée », précise le maire, qui assure qu’avec ces changements, les enseignants « se battent » pour y exercer.

    Bâtiment durable

    Mais la rénovation est aussi « exemplaire » d’un point de vue environnemental : l’ensemble a été classé « Bâtiment durable méditerranéen » argent. « Il était le temps qu’on le fasse parce que c’était certes une école qui avait été conçue avec des normes intéressantes et une forme architecturale particulière mais elle était impossible à chauffer et l’été c’était le calvaire, assure Frédéric Vigouroux. Ça nous permet de faire de grosses économies d’énergie et de faire en sorte que le climat à l’intérieur soit propice aux études et au calme. »

    Sur ce point, la commune de Miramas fait office de référence, puisque le dispositif « Éco énergie tertiaire », inscrit dans la loi Elan, impose aux bâtiments du secteur public une réduction progressive de leur consommation d’énergie pour atteindre une baisse de 60% d’ici 2050. « Notre ville, sans faire de bruit, a déjà atteint cet objectif en 2024 », précise le maire, non sans fierté.

  • Les copros en crise se prennent en main à Marseille

    Les copros en crise se prennent en main à Marseille

    Un mur de soutènement qui faute d’entretien conduit au péril et nécessiterait des travaux à hauteur de 600 000 euros à la Mazenode (11e). Des réparations d’ascenseurs à plus d’un million à Bel Ombre (11e). Des factures astronomiques pour des chantiers non réalisés à la Sauvagère (10e). Une dette abyssale de 3 millions d’euros à la Maurelette (15e) et 18 millions d’euros de travaux pour lever l’arrêté de péril. Et toute ces cités placées en cessation de paiement…

    C’est un véritable « système » que sont venus dénoncer des co-propriétaires dont les logements se dégradent lentement ce lundi 10 novembre devant le Palais de justice. « Notre syndic nous a placés en redressement, nous sommes venus contester cette décision », explique Radhouane, secrétaire d’une association créée au nom des propriétaires et habitants de la Mazenode. Leur bâtiment abrite 106 logements sur les 500 que compte la résidence. Tout a basculé en avril, quand ils apprennent que l’état d’un des murs jouxtant l’immeuble a déclenché un arrêté de mise en sécurité, entraînant un chantier de taille. « Ce n’est pas un refus de payer mais nous demandons comment nous en sommes arrivés là, et nous ne voyons pas pourquoi il faut démolir et reconstruire. Rien ne nous démontre que c’est nécessaire, nous n’avons pas voté cette résolution », explique Radhouane, évoquant un conseil syndical incompétent et un syndic négligeant. Syndic qui s’est désengagé au profit d’un administrateur judiciaire, AJAssociés, concentrant nombre de dossiers marseillais.

    Un scénario qui se reproduit, déplorent les manifestants. « C’est toujours la même spirale », raconte Mohamed venu de Bel Ombre, « les bâtiments s’abiment, l’insalubrité s’installe, les réseaux de drogue aussi », avec des atteintes « à la dignité humaine » quand les habitants sont coincés en haut de leur tour, faute d’ascenseur. À la Maurelette, Ahmed décrit un syndic « qui ne respecte pas son mandat », un administrateur qui laisse courir et « va finir le travail » par « la revente à des prix dérisoires ».

    Unis, ils réclament dans une lettre ouverte commune de la transparence, un contrôle renforcé des syndics, un encadrement des mandataires, s’interrogeant sur leur rémunération et leurs « pratiques peu lisibles et difficilement justifiables ». Et en appellent à l’action des collectivités et de l’État.

    Des dossiers à la pelle

    Du côté d’AJAssociés, on déplore des recours bien trop tardifs. « Après une ou plusieurs années d’impayés, les situations sont complexes », indique-t-on. Et de confirmer que l’administrateur judiciaire devient le seul maître à bord quand il est désigné par le tribunal car « les co-propriétaires n’ont pas été capables de gérer ». Quand on lui demande quelle est sa marge de manœuvre, AJAssociés dit avoir accès à des aides. « Prenons Bel Ombre, ils ont eu droit à 50% du montant des travaux pour les ascenseurs, estimé à 1,7 millions TTC, payés par l’État », précise-t-on. À la Maurelette, « dans un parc privé, ce sont 18 millions qui sont injectés », insiste-t-on. Quant au nombre de dossiers dont l’administrateur judiciaire a la charge, il va effectivement croissant. De quelques-uns « lors de notre arrivée à Marseille en 2017, nous sommes passés à 10 ou 15 de plus après la rue d’Aubagne ». Il y a eu aussi le rachat par Foncia, un des leaders du secteur, d’énormément de syndics. Le temps de « faire le tri », les copros les plus problématiques comme le Mail, la Sauvagère, Bel Ombre, sont passées sous administration provisoire. La loi du 9 avril 2024 où le syndic peut être condamné s’il ne demande pas de « mandat ad hoc » en cas de difficulté financière, en clair une mesure de protection avant d’arriver à la cessation de paiement, a aussi joué. Si AJAssociés s’est lancé dans ce secteur c’est parce que « sa structure nationale » le lui permet, ses « autres missions » comme le redressement des entreprises lui donnant l’assise financière en attendant de récupérer la mise avec des procédures. Et de se féliciter que les co-propriétaires se mobilisent, même s’ils auraient « dû le faire avant et payer leurs charges. » « Le pouvoir est entre leur main » estime-t-on.

  • La discussion ouverte sur le futur du Camembert Cousteau

    La discussion ouverte sur le futur du Camembert Cousteau

    Un pas en avant… Après une rencontre avec des représentants de la direction du Grand port maritime de Marseille le 30 octobre, le collectif « Camembert de Cousteau », qui réunit la fédération des comités d’intérêt de quartier (CIQ) du 16e arrondissement, le collectif Thala et la coopérative Hôtel du Nord, se félicite d’avoir réussi à ouvrir un espace de discussion.

    Cet été, habitants et associatifs s’étaient mobilisé pour évoquer l’avenir du bâtiment menacé de démolition et propriété du port, situé à deux pas de l’espace Mistral, tout à côté du hangar qui abrite le sous-marin Saga, machine imaginée par le marin au bonnet rouge, et du siège du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Une pétition avait été lancée pour sa sauvegarde. En parallèle, une quinzaine d’artistes avaient donné à voir toutes ses possibilités en le transformant en musée éphémère, empli de graffs et de fresques colorés. Le chantier de démantèlement avait finalement été suspendu. Un des pieux de la plateforme supportant le Saga ayant été fragilisé.

    « Trop tôt pour communiquer »

    « Nous allons entamer, dès janvier 2026, un travail sur une convention d’occupation », précise Michel Teule, président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement. Les demandes n’ont pas bougé : faire du Camembert un espace public, un lieu patrimonial et associatif avec « différentes activités en relation avec la mer et le quartier », rappelle Michel Teule.

    Leur projet a été présenté, reste à en définir les modalités de financement, à régler aussi la question du loyer. Des échanges « riches » s’est réjouit ce dernier. À terme, une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) pourrait même voir le jour. Autour de la table, ils ont insisté aussi pour que le Port soit partie prenante des discussions menées autour des projets de réaménagement du littoral qui seraient menés au sein du « grand Estaque ».

    Contactée, la direction du GPMM a confirmé ce vendredi 7 novembre que des discussions étaient en cours mais considéré qu’« il était trop tôt pour communiquer sur les modalités précises ». Et de réaffirmer que le Port travaille « en concertation avec la Ville et les acteurs locaux pour définir l’avenir du site », dans le cadre justement du « Grand Estaque ». Le GPMM rappelle que « toute occupation du domaine public du Port » doit « respecter les règles en vigueur » et « garantir la sécurité et la viabilité des projets ».

  • La direction des services pénitentiaires de Marseille va s’agrandir

    La direction des services pénitentiaires de Marseille va s’agrandir

    Aux Baumettes, on pousse les murs… Alors que le centre pénitentiaire prend de l’ampleur avec le chantier des Baumettes 3 pour une livraison prévue en fin d’année, un appel d’offres pour l’extension du siège de la direction interrégionale des services pénitentiaires (Disp) de Marseille a été lancé, la semaine dernière, par le ministère de la Justice.

    Où l’on apprend que les effectifs « vont être amenés à augmenter rapidement », passant de « 166 agents au quotidien à 242 agents ». Une augmentation qui « induit une surface nécessaire supplémentaire d’environ 1 200 m2 ». Autre raison évoquée : « Deux services se trouvent actuellement dans des préfabriqués sans contrôle d’accès. Cette solution n’est pas pérenne », estime le donneur d’ordre.

    Renseignements pris, ces structures provisoires durent en fait depuis… « au moins 20 ans », nous indique une source en interne, « à l’époque, il s’agissait d’y mettre les Eris ». En clair, les équipes régionales d’intervention et de sécurité chargées d’intervenir, en cas de tensions, dans un établissement pénitentiaire. Depuis, les agents de l’Autorité de régulation et de programmation des extractions judiciaires (Arpej) et les services techniques ont investi les lieux.

    Pas de rénovation prévue

    Une vingtaine de personnes seraient concernées, avec des conditions de travail qui ne sont « pas terribles » nous alerte-t-on, sans compter que le bâtiment principal de la direction serait « une vraie passoire thermique ».

    Mais dans ce projet, « sera traitée uniquement l’extension », prévient le ministère dans le cahier des charges, « le bâtiment existant ne fera l’objet d’aucunes modifications, hormis celles nécessaires pour joindre l’extension à l’existant ». Il s’agit de « fournir des espaces de travail de taille adaptée aux effectifs projetés permettant à l’ensemble des agents de travailler dans des conditions convenables, que ce soit en termes de confort ou de sécurité », tout en « prenant en compte l’ensemble des contraintes de la parcelle ».

    Car le siège de la Disp se situe dans la zone d’adhésion du Parc national des calanques. Même s’il faudra couper des arbres, pour respecter les normes de prévention contre les feux de forêt, la mise en œuvre d’« une palette végétale de type méditerranéenne sans espèces invasives » est également demandée.

    Plus prosaïquement, l’enveloppe attribuée au projet s’élève à 3,67 millions d’euros hors taxes. De quoi laisser craindre des gels des formations et autres budgets aux personnels, nous confie-t-on. L’entreprise choisie aura 14 mois pour concevoir l’extension, 15 mois pour livrer le bâtiment. Les professionnels ont jusqu’au 24 novembre pour candidater.

  • Accident du travail : un gérant condamné

    Accident du travail : un gérant condamné

    Le tribunal correctionnel a condamné, lundi, un gérant et son entreprise de travaux de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment pour « blessures involontaires » et « omission de mise à disposition d’équipements de travail contre les risques de chute », en l’espèce, l’absence de garde-corps sur un échafaudage d’où était tombé un prestataire.

    Le 9 mai 2023, à 7h20 du matin, Alain, 70 ans, autoentrepreneur missionné en qualité d’OPC (Ordonnancement, pilotage, et coordination) sur le chantier d’extension d’une villa, boulevard Gillet (13e), avait chuté de l’échafaudage rudimentaire formé de trois tréteaux surmontés de madriers et dépourvu de garde-corps. Une chute d’à peine 2 mètres, mais qui a eu des conséquences dramatiques : la lésion de la moelle épinière à hauteur de la vertèbre C7 occasionnant une tétraplégie des membres inférieurs, du torse et des bras.

    L’imprudence

    de la victime retenue

    Le tribunal a jugé « incohérentes, invraisemblables et dénuées de toute logique pratique » les explications données par le prévenu, à l’audience du 30 septembre : il avait indiqué qu’il démontait et remontait tous les soirs l’échafaudage et que ce matin-là, il n’avait pas eu le temps de reposer le garde-corps. Il disait avoir dissuadé le prestataire de monter, mais n’avait pas été écouté. Il imputait l’accident à un malaise de la victime âgée, argument écarté par le tribunal, pour qui « il est indifférent que la victime ait chuté à cause d’un malaise puisque de toute façon, c’est le fait d’avoir fourni une plateforme non sécurisée qui a participé à la réalisation du dommage ».

    Le tribunal a en effet rappelé que les obligations de sécurité au travail s’imposent au maître d’œuvre, autant pour ses salariés que pour les prestataires. En conséquence de quoi, la 6e chambre correctionnelle, dépassant les réquisitions, a condamné le gérant à titre personnel à 6 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende, dont 12 000 avec sursis. Sa société Marci Construction écope de 30 000 euros d’amende, dont 25 000 avec sursis.

    S’agissant de l’action civile, le prévenu pointait la faute directe et exclusive de la victime, ce que n’a pas retenu le tribunal, qui a néanmoins estimé que l’autoentrepreneur était lui-même soumis à des obligations de sécurité sur les protections individuelles et les équipements de travail, n’étant pas en lien de subordination avec le prévenu.

    « Le comportement de la victime est également à l’origine de l’accident en acceptant d’utiliser un équipement de travail visiblement dangereux sans équipement de protection individuelle. Compte tenu de la situation imprudente dans laquelle s’est placée la victime, la responsabilité retenue à sa charge est de 30% », a tranché le tribunal. L’audience sur les intérêts civils est fixée au 13 novembre 2026.