Tag: Banque alimentaire

  • Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    « On vient de connaître un grand coup de reculoir », se désole Pascale Hémard, présidente de la Banque alimentaire de Vaucluse. Le sujet en question est le projet de relocalisation de l’association. Locataire d’un hangar agricole en ceinture verte depuis 2008, la structure est à la fois à l’étroit et difficilement accessible aux gros camions sur les voies agricoles.

    Pour faire face à la demande croissante, qui a presque doublé en 3 ans (de 30 000 à 55 000 bénéficiaires, soit un Vauclusien sur dix), la Banque alimentaire aurait besoin d’un stockage de 1 500 palettes contre 500 actuellement. Elle offre un support logistique et des denrées alimentaires ou produits à quelque 70 autres associations de proximité.

    Cet été, l’ex-directeur Patrick Munsch -en poste grâce à un contrat de mécénat SNCF- confiait que le dossier de relocalisation connaissait, cette année, « un gros coup d’accélérateur ». Quatre mois plus tard, la présidente constate que « nous repartons de zéro ». Des discussions avancées avec la Ville avaient lieu pour une implantation non loin de là, sur le MIN (marché d’intérêt national) à Saint-Chamand, mais le projet a capoté dans le cadre de la nouvelle délégation de service public du MIN, qui sera votée ce samedi, en conseil municipal. « C’était parfait car il y avait des locaux prêts et équipés, c’était un gain de temps et d’argent », regrette Pascale Hémard. De locataire, la Banque alimentaire aimerait devenir propriétaire, mais n’a pas les reins financiers solides pour se lancer dans la construction ou lourde réhabilitation d’un bâtiment.

    Un appel à l’aide

    au Département

    L’association cherche à se relocaliser dans le périmètre actuel jusqu’à Agroparc, voire en Courtine désormais. « Pour le moment, la municipalité n’a rien à nous proposer qui convienne et le Département n’a pas de solution. Nous allons mettre la pression, il serait le partenaire le plus logique car nous servons tout le Vaucluse », note la présidente de la Banque alimentaire. En octobre dernier, le conseil départemental avait voté 20 000 euros de subvention pour participer à une étude fixant le cahier des charges de la relocalisation.

    De son côté, l’État -qui ne subventionne que l’activité mais pas l’investissement- « accompagne depuis le début avec des réunions pour le diagnostic des éventuels locaux », indique Sébastien Maggi, sous-préfet chargé de la politique de la ville. Un comité de pilotage est en place avec les différents acteurs publics et économiques.

  • Quand l’austérité fabrique la misère

    Quand l’austérité fabrique la misère

    Le rendez-vous symbolise l’insécurité alimentaire et la misère qui gagnent le pays. Ce week-end, la Banque alimentaire lance sa collecte nationale.

    Entre denrées alimentaires ou produits d’hygiène, les besoins sont vastes. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître, ces dernières années.

    Ce phénomène correspond à un constat insupportable : le taux
    de pauvreté, en France,
    a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l’Insee le calcule, à savoir 9,8 millions de personnes concernées (15,4% de la population). Il ne s’agit plus de la pauvreté, mais de misère.

    Rétablir un État social fort

    Pendant ce temps, l’État se dérobe. Tout comme l’Union européenne. Les politiques d’austérité ont démantelé les filets sociaux, laissant les associations colmater les brèches, avec des moyens toujours plus réduits. Et abandonnant le peuple à la charité.

    La Banque alimentaire, confrontée aux baisses de subventions, à la hausse des coûts et du nombre de bénéficiaires, fait aussi face à une réduction du volume des dons. Encore le signe d’un contexte social difficile.

    La faim n’est pas
    une fatalité. Elle est le symptôme d’un choix politique : celui de laisser les inégalités prospérer. Ce n’est pas aux bénévoles, dont il faut saluer l’engagement, de réparer les dégâts de l’austérité mais à l’État de garantir le droit fondamental à l’alimentation.

    Augmenter les subventions aux associations ne suffira pas. Il faut rétablir un État social fort, taxer les profits indécents, investir dans les services publics et garantir à chacun l’accès à une alimentation digne.

  • [Entretien] Joseph Arakel : « Il manque encore un millier de bénévoles à la Banque alimentaire »

    [Entretien] Joseph Arakel : « Il manque encore un millier de bénévoles à la Banque alimentaire »

    La Marseillaise : Du 28 au 30 novembre, la Banque alimentaire organise sa Grande Collecte. En quoi consiste cet événement ?

    Joseph Arakel : Cet événement, c’est un appel à la générosité du grand public. Cela permet aux personnes d’acheter des produits supplémentaires lors de leurs achats dans les supermarchés, pour les donner aux coordinateurs qui s’occupent de la collecte dans le magasin. Cela permet de remplir nos stocks de denrées, afin de les donner à des associations qui, elles, se chargent de la redistribution auprès des publics vulnérables.

    Pourquoi est-il si important pour votre association ?

    J.A. : C’est important, car avec la dette qu’il y a en France, nos subventions publiques diminuent. Donc, pour nous, cette grande récolte, c’est une manière de se réapprovisionner face à une demande qui s’accroît et des financements qui diminuent. En 2024, la demande a augmenté de 30%. Les étudiants, par exemple, étaient 300 par semaine, en 2019, ils sont 3 000 aujourd’hui [à faire appel à l’aide alimentaire, Ndlr.]. Les retraités n’y arrivent plus non plus et viennent chercher leur colis, et même des gens qui travaillent. Donc, les seules réponses dont l’on dispose, ce sont : la générosité du public, des entreprises agroalimentaires et les dons financiers qui nous permettent d’acheter des produits.

    Comment la Banque alimentaire réagit à cette situation ?

    J.A. : Jusqu’à présent, la collecte représentait 10% de nos réserves. Mais j’espère que cette année, cela sera 20%, parce que l’on arrive plus à faire face. On a réussi à mobiliser 240 magasins, contre 160 l’année dernière, dans les Bouches-du-Rhône. En multipliant les points de collectes, on espère augmenter la quantité de nourriture que l’on va récupérer.

    Vous avez donc besoin de plus de bras qu’avant…

    J.A. : On a besoin de 3 000 personnes, uniquement sur les Bouches-du-Rhône. Pour le moment, il nous manque encore un millier de bénévoles. Donc, j’en appelle à toute âme de bonne volonté, toute entreprise qui veut détacher du personnel en mécénat de compétence ou même tout étudiant qui veut participer. Tout le monde peut se mobiliser, que ce soit pour une demi-journée, un, deux ou trois jours, selon ses disponibilités.

    Et que devront-ils faire ?

    J.A. : Il faut que les personnes prennent contact avec la Banque alimentaire, qui leur indiquera une grande surface. Ils devront distribuer des sachets que les gens rendront, garnis de ce qu’ils auront acheté. Les sachets sont ensuite vidés dans des palettes. La mission, c’est cela : être présent dans les magasins et faire en sorte de tout transvaser dans les containers.

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org