Les poings rageurs et les sourires ne trompaient pas samedi, en fin d’après-midi, sur la pelouse de Mayol. Longtemps en difficulté face au promu vannetais, le RCT a, malgré tout, enfin enclenché la première, s’offrant un shot de soulagement qui lui évite une crise qui pointait le bout de son nez à la mi-temps.
« Il ne faut pas galvauder l’adversité », appuyait Franck Azéma après la rencontre. « Vannes a été fidèle à ses trois premiers matches, on s’attendait à cette résistance. » Si celle-ci fut plus que vive dans un premier acte au cours duquel ses joueurs ont subi la domination bretonne, les trop nombreuses approximations, fautes de main et pénalités concédées (7) expliquent aussi, toutes ensemble, le fait que Toulon soit rentré au vestiaire avec trois points de retard. « On est tombé dans leur faux rythme. On a eu du déchet, on a dû défendre dans notre camp donc on a eu moins d’énergie », analyse Corentin Mézou. « On doit passer par ce déchet, mais on n’a pas le temps. Il faut aller plus vite dans l’apprentissage et les repères », avertit son entraîneur.
pour le prochain match »
Ce dernier se veut malgré tout positif : « Ce n’est pas un problème de concentration, il faut trouver le bon timing, les automatismes, faire les passes devant. On a fait tomber quatre ou cinq ballons sur des opportunités, mais ça va finir par aller mieux ». Du mieux, il y en a eu en deuxième mi-temps. Même si tout fut loin d’être parfait, et qu’un certain nombre d’erreurs techniques ont persisté, le ballon a changé de mains, et le score s’est inversé.
D’abord grâce à Ribbans, dont le retour à la compétition va faire le plus grand bien aux Rouge et Noir. Puis grâce aux entrants, entre un Serin qui a apporté du dynamisme, un Ollivon percutant dans les rucks défensifs comme offensifs, et un Fickou qui a inscrit son premier essai sous le maillot de son club formateur. « Le coaching de Toulon nous fait très mal », déplore Jean-Noël Spitzer, l’entraîneur vannetais. « Ce sont des garçons de qualité, internationaux. Ils nous ont boosté, notamment dans la capacité à gagner les contacts qui nous mettent dans l’avancée », salue Franck Azéma. Ils ont contribué à la résistance du bloc varois dans une fin de match au cours de laquelle ce fameux bonus aurait aussi pu tomber dans l’escarcelle du promu. « J’ai aimé la qualité défensive près de la ligne, à résister, faire des turnovers, c’est ce qui permet d’aller chercher ce bonus. » Acquis grâce à Kpoku, servi par Serin, suite à « un choix couillu (sic) », dixit Azéma, de Thomas Albornoz, de jouer une pénalité à la main, alors que les visiteurs pilonnaient l’en-but toulonnais depuis de longues minutes. L’Argentin, auteur d’un essai solitaire de classe en première mi-temps, a bien mérité son titre d’homme du match. « Tommy est magique. C’est un facteur x », lâche, admiratif, Juan Ignacio Brex. « Il amène cette énergie, cette confiance autour de lui », abonde Franck Azéma. Une confiance nécessaire pour progresser, et une victoire qui permet, selon le coach du RCT, en plus de quitter la zone rouge, « d’avoir un prisme différent pour préparer le prochain match ». « Il y aura plus de sourires et d’énergie à l’entraînement, ces cinq points font du bien », appuie Corentin Mézou. Il faut désormais travailler à les confirmer.
« Le coaching de Toulon nous a fait très mal »


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