Tag: Avignon

  • Avignon : ce que dit l’audit sur le gestionnaire des transports

    Avignon : ce que dit l’audit sur le gestionnaire des transports

    C’est un brûlant dossier qui arrive sur la table des élus du conseil communautaire du Grand Avignon de lundi prochain et devrait même éclipser le vote du dernier budget de la mandature : l’audit sur la gestion de Tecelys, la SPL (société publique locale) satellite de la collectivité en charge notamment de la gestion des transports. En octobre 2024, nous révélions les lourdes accusations d’irrégularités et d’opacités portées par le directeur général des services (DGS), qui avait préféré quitter son poste face à la situation. Dans la foulée, Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, mais surtout ici PDG de Tecelys, annonçait lancer un audit.

    Réalisée par Auream, un cabinet de conseil du secteur public, la mission d’audit s’est achevée, fin septembre, par la remise d’un rapport de 52 pages, dont les élus n’ont pas été encore destinataires. Seule une synthèse leur a été présentée lors d’une commission dédiée, le 13 novembre dernier. « Je suis très serein, il n’y a pas de dérapage, aucun gaspillage, ni poussière sous le tapis », assurait, le 6 octobre, Joël Guin, lors du précédent conseil communautaire, promettant un débat lors de la prochaine séance, de ce lundi donc.

    Rappelons que Tecelys a la main sur de l’argent public, principalement issu du budget annuel des transports du Grand Avignon, qui va culminer à plus de 100 millions d’euros en 2026. Avec pour l’heure, un bilan copieux en études, mais famélique en réalisations. « L’évolution des transports en commun sur ce mandat, c’est zéro », a asséné Cécile Helle, samedi dernier, en conseil municipal. Généralement discrète en conseil communautaire, la maire (PS) d’Avignon interviendra peut-être sur le sujet lundi.

    L’audit, consulté par La Marseillaise, pourrait faire pschitt quant aux accusations de l’ex-DGS, Alain Cluzet. « Aucune irrégularité constatée, mais des dysfonctionnements organisationnels et contextuels », est-il exposé en résumé. Le travail a été réalisé selon le propre cabinet, par « un trio d’experts spécialisés dans les domaines financiers, juridiques et l’exploitation de transport », qui ont auditionné près d’une trentaine de personnes de la SPL et du Grand Avignon. L’audit s’apparente en réalité à un document de réponses aux accusations soulevées par l’ex-DGS et délivre ensuite une analyse juridique avec quelques recommandations et évaluations du risque.

    « Manque de compétences » et « confusion des rôles »

    Parmi les écueils, le fait qu’Alain Cluzet, lanceur d’alerte dans l’affaire, n’ait pas été audité, « en raison de l’impossibilité de se rendre à Avignon et le refus de la collectivité que l’entretien se réalise en visio ». « Je n’allais pas poser deux jours de congé pour venir en plus chez Tecelys où vous imaginez bien que je n’aurais pas eu une haie d’honneur », justifie l’intéressé, joint par La Marseillaise. En juin dernier déjà, il parlait d’un « simulacre » d’audit. « La seule mission est de répondre à mes allégations de la façon la plus sommaire, ce n’est pas moral qu’un patron fasse réaliser un audit de sa propre activité », poursuit-il aujourd’hui, parlant d’une étude « complètement pipée ». « Le seul auditeur, c’est la CRC », assène Alain Cluzet. Des magistrats qui ont justement démarré un contrôle au Grand Avignon et Tecelys (lire ci-contre).

    Le contenu de l’audit estime que 8 des 19 dysfonctionnements mis en avant par le DGS sont faux, à l’instar de factures de SPL sans service fait. Trois sont invérifiables, comme le fait que l’actuel directeur de cabinet de Joël Guin devienne directeur de la SPL, un seul est vrai (alertes au président), le reste étant des vrais, mais nuancés. La surrémunération du directeur Daniel Audibert n’est pas non plus avérée selon l’audit, bien que les auditeurs se soient vus refuser leur demande d’accès à son contrat de travail et avenants.

    Si l’audit ne relève rien de répréhensible juridiquement voire pénalement, il pointe des dysfonctionnements où, en creux, un certain amateurisme est dénoncé. Notamment depuis que la SPL a récupéré le réseau de transports Orizo mi-2022. Il est question « d’un manque de compétences au sein du Grand Avignon pour une telle opération » et d’une « intégration de l’activité [qui] semble avoir été réalisée au forceps, sans aucune prise en compte de l’organisation de la SPL ». Idem, « une confusion des rôles » et des missions entre la SPL et le Grand Avignon ainsi que « des équipes sous-dimensionnées » auraient participé à une « désorganisation ». De même, l’audit recommande de dissocier la fonction de président de l’Agglo et de PDG de Tecelys. Ce devrait être le cas fin mars, à l’issue des municipales où Joël Guin ne souhaite pas rempiler à la présidence du Grand Avignon. Il laisse également la patate chaude Tecelys à la prochaine mandature.

  • À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    Alors que les candidats aux municipales rivalisent d’imagination actuellement pour poursuivre le projet de liaison Est-Ouest (LEO), le préfet douche les derniers minces espoirs de voir réaliser la phase 2 du contournement routier sud d’Avignon.

    Ainsi, « un porté à connaissance de clôture du dossier » a été enclenché, indique Thierry Suquet, ce jeudi 4 décembre, lors d’un point presse.

    Il y a un mois déjà, le ministre des Transports avait confirmé que les crédits initialement prévus étaient alloués à d’autres projets dans la région, faute d’accord politique sur le tracé initialement prévu, récusé par la maire d’Avignon Cécile Helle (PS) et le président du Grand Avignon, Joël Guin (SE).

    Le préfet glisse tout de même que les travaux de compensation prévus (arasement dans la Durance) seront réalisés. Tandis que certains réclament le prolongement de la DUP (déclaration d’utilité publique) qui arrive à terme en 2027, le préfet balaye l’éventualité : « On n’est pas dans ce schéma-là ». Idem, toute modification du projet ou inversion de tranche [phase 3 vers le Gard d’abord] nécessite de « tout recommencer sur le plan juridique ».

    Quant au barreau de Rognonas (1 km entre la fin actuelle de la LEO et le pont de Rognonas), rien ne sera engagé. « Le préfet de Région a été clair : je ne le réalise pas si c’est pour, derrière, ne pas enclencher la 2ᵉ phase », redit Thierry Suquet.

  • Une autre liste est-elle en train d’émerger à gauche à Avignon ?

    Une autre liste est-elle en train d’émerger à gauche à Avignon ?

    Désigné dès début avril premier des socialistes en vue des municipales, David Fournier agrège depuis plusieurs soutiens de partis (Génération écologie, les Écologistes, l’Après ou le Parti animaliste qui sera officialisé ce jeudi) ou personnalités comme l’ex-insoumis Farid Faryssy. Lors du vote interne au sein du PS pour mener le parti aux municipales, David Fournier avait devancé Zinèbe Haddaoui, adjointe aux sports. « Tout de suite tu as apporté ton soutien à David, l’objectif est de sortir plus fort de ce vote », assurait, devant les intéressés, à l’époque Maryline Croyet secrétaire de section du PS. La donne a bien changé. Toujours encartée au PS, Zinèbe Haddaoui s’en est beaucoup éloignée, étant coupée de la campagne de son collègue adjoint de la majorité.

    Mais elle est loin de se désintéresser des municipales. Début novembre, aux côtés du PCF, Génération.s et de l’Après (qui a depuis rallié David Fournier), Zinèbe Haddaoui participait activement à une réunion publique sur la jeunesse. Avec l’objectif pour les organisateurs de poursuivre « le rassemblement des forces de gauche, écologistes et citoyennes par toutes les initiatives possibles dans la construction d’un projet ». Une seconde réunion est organisée jeudi prochain, 11 décembre (mairie annexe Saint-Jean), sur le thème des sécurités. « L’idée est de faire monter la parole des citoyens car beaucoup nous ont alerté pour nous dire que ce qui est proposé ne convient pas », expose Zinèbe Haddaoui, qui apparaît comme la figure de proue de ce mouvement dont le nom et le logo devraient être connus très rapidement.

    Pour l’heure, le PCF et Génération.s s’inscrivent toujours dans cette démarche, en dehors de la liste LFI portée par Mathilde Louvain. Si la possibilité d’un ralliement à David Fournier n’est pas exclue, elle est encore hypothétique. Ce dernier n’a d’ailleurs pas souhaité commenter ce mouvement en cours, qui lui reproche de ne pas assez partir du fond mais aussi des ralliements précoces d’opposants actuels (Les Écologistes, Farid Faryssy). « On construit les fondations, c’est un temps long qui ne se voit pas », souligne Zinèbe Haddaoui qui mesure aussi « le risque de désunion ». La réunion du 11 marquera une étape. Ce sera « le point de lancement d’un appel », brosse l’adjointe aux sports, passée par le Front de gauche.

  • À Avignon, Stéphan Fiori veut faire de la Ville une entreprise

    À Avignon, Stéphan Fiori veut faire de la Ville une entreprise

    Business plan », « chiffre d’affaires », « gestion en bon père de famille ». Ce mardi soir au parc des expositions d’Avignon, on pourrait croire qu’une entreprise tenait son séminaire annuel. Devant environ 500 personnes, c’était en fait un candidat aux municipales qui présentait son programme. En l’occurrence Stéphan Fiori. Se revendiquant avec fierté comme le seul prétendant sans aucun soutien d’un parti politique, ce chef d’entreprise dans les assurances passe à l’étape supérieure après son officialisation de candidature il y a deux mois.

    Très éphémèrement encarté LR puis proche de Julien Aubert, Stéphan Fiori ne laisse rien au hasard pour « redonner espoir » dans une ville où, à l’entendre, il ne se passerait rien ou que du déclin. Très travaillée voire formatée, sa présentation de programme a vu se succéder une dizaine d’intervenants avançant des propositions toutes chiffrées. Il propose ainsi 7,9 millions d’euros d’économies – dont une partie sur le personnel, qu’il veut pourtant choyer (hausse des tickets restaurant) – et 4,6 millions d’euros de nouvelles recettes. En faisant notamment des touristes des vaches à lait (augmentation des tarifs du palais des Papes ou du pont, parkings plus chers).

    Impossible de se livrer à un inventaire à la Prévert des mesures, que certains qualifieraient de conservatrices (uniforme à l’école) ou poujadistes (retour de la voiture en centre-ville, fin de la verbalisation du stationnement pour défendre le petit commerce). Parmi les annonces phares : la création d’un tunnel sous la Rocade (300 millions d’euros) qui résoudrait les maux de pollution et circulation.

  • Le jardin du Rocher des Doms bientôt prêt à rouvrir

    Le jardin du Rocher des Doms bientôt prêt à rouvrir

    J’ai redécouvert ce séquoia. » En remontant l’allée principale conduisant au jardin du Rocher des Doms, la maire (PS) Cécile Helle constate d’entrée le changement de paysage de ce site emblématique du centre-ville d’Avignon, surplombant le Rhône et dominant le palais des Papes. Depuis un peu plus d’un an, la Ville a lancé un important chantier en deux phases (10 millions d’euros au total) « dans le cœur historique du patrimoine mondial de l’Unesco », insiste Cécile Helle, qui participait ce mardi à une visite des travaux.

    Fermé au public depuis octobre 2024 [hormis une esplanade accessible depuis le Rhône], le jardin doit rouvrir d’ici à début mars. Une seconde phase aura ensuite lieu de septembre 2026 à juin 2027, afin de restaurer et végétaliser l’esplanade minérale mais aussi de rénover la montée de l’accès principal. « C’est un beau mais lourd projet qui va permettre de repartir pour
    150 ou 200 ans
     », estime la maire en rappelant l’impérieuse nécessité de ce chantier. « Le diagnostic a montré que les sols s’asphyxiaient, si on n’avait pas réagi le patrimoine naturel aurait disparu », rappelle-t-elle.

    Ainsi, 30% des arbres et 90% des arbustes ont été renouvelés. En déambulant dans les allées, une nouvelle perspective dénote. « L’idée est de remettre le jardin dans sa forme d’origine comme l’a pensé Jean-Pierre Barillet-Deschamps [architecte paysagiste qui a créé ce parc en 1865, concepteur également du parc Borély à Marseille ou les Buttes-Chaumont à Paris] en dégageant la vue sur le palais des Papes, on a ainsi enlevé les végétaux morts ou les bambous qui gâchaient la vue », fait valoir Juliette Hafteck, architecte-paysagiste du cabinet Alep en charge du projet. « Il fallait continuer le rêve de Barillet-Deschamps qui avait réussi à créer ce parc pittoresque sur un rocher, c’était un visionnaire qui avait compris les enjeux de l’écologie urbaine », complète Philippe Deliau, second architecte-paysagiste du projet.

    Toilettes, buvette et aire de jeux

    Le bassin a été repris dans sa forme originelle, de nouvelles toilettes publiques seront aussi installées. Le nombre de bancs et tables de pique-nique ne variera pas non plus. Tous les socles des statues ont été nettoyés. La buvette rouvrira également mais qu’à l’issue de la seconde phase des travaux. Au sol, « le sable stabilisé est en train d’être refait afin d’être moins poussiéreux et sera beaucoup moins tassé car le petit train touristique et les camions poubelles ne passeront plus, ce qui permettra une meilleure perméabilité », développe Juliette Hafteck. Une grande pelouse, « façon Stade de France », sera engazonnée avant la réouverture mais pas accessible dans l’immédiat. Enfin, une nouvelle aire de jeux en bois de 4 mètres de haut va faire son apparition. Réalisée à Nantes, elle symbolisera un dragon sortant du Rhône.

  • Avignon : l’insoumis déçu Farid Faryssy rejoint David Fournier

    Avignon : l’insoumis déçu Farid Faryssy rejoint David Fournier

    À qui le tour ? Sans à dire qu’une élection municipale est une loterie, David Fournier a, ce mardi, officialisé un nouveau soutien. Trop tôt pour savoir s’il aura les bons numéros au soir des 15 et 22 mars mais l’appui de Farid Faryssy constitue un pas supplémentaire pour tendre vers l’unité à gauche. Il y a trois semaines, Farid Faryssy avait quitté avec fracas la France insoumise, dénonçant les « violences et comportements autoritaires ». Il avait été pourtant désigné co-chef de file pour les municipales en juin avant qu’en octobre la tête de liste n’échoit à Mathilde Louvain.

    « Je rejoins David Fournier, l’homme, et pas le PS que j’avais quitté en 2012 », justifie Farid Faryssy. Devant la presse, les deux hommes se remémorent leur passé presque commun au MJS, louent réciproquement leurs qualités humaines pour éviter le reproche d’un accord électoraliste sur fond de tambouille politique. « David est épris de justice sociale, proche de la population, avec qui je ne me suis jamais disputé », insiste Farid Faryssy qui, en 2020, avait mené une liste insoumise aux municipales (5,36%) contre notamment la maire sortante et réélue Cécile Helle et sa liste où figure David Fournier.

    David Fournier sait pouvoir compter sur un nouvel allié, « son implantation locale reconnue, ses réseaux pour convaincre sur notre base programmatique ». En quittant LFI, Farid Faryssy a créé son mouvement, « Humains, libres et égaux ». Une seconde personne issue de ce mouvement devrait figurer sur la liste de David Fournier. « Farid ne m’a demandé aucune place ni délégation », tient à préciser le candidat socialiste. Côté programme, Farid Faryssy n’a pas peur de parler sécurité, « pas un gros mot », veut développer la gratuité de la cantine et entend surtout « ne pas fracturer la population, ne défendre qu’une certaine communauté et jouer les antifascistes d’opérette ». Le député Raphaël Arnault (NFP-LFI) appréciera.

    Un nouveau soutien jeudi

    Aux yeux de l’ex-insoumis, David Fournier serait donc un anti-Arnault – et dans une moindre mesure un anti-Helle – dans la méthode. « C’est un homme de rupture dans la façon de faire, il ne dirigera pas la ville seul dans sa tour d’Ivoire », projette Farid Faryssy, qui a été Premier adjoint à Carpentras sous Francis Adolphe. « Je prendrai des décisions collégiales avec la majorité et prévoit un conseil des adjoints tous les lundis », annonce David Fournier. Ce ralliement ne pourrait-il pas avoir un effet repoussoir auprès de potentiels alliés au centre gauche qui ne veulent pas entendre parler de LFI ? « C’est une chance », contrecarre David Fournier. « À gauche, 80% des gens partagent le programme de l’Avenir en commun, c’est le fonctionnement qui coince », pense Farid Faryssy. Après Génération écologie, les Écologistes et l’Après, David Fournier continue donc d’additionner les soutiens. « Je suis le seul candidat qui fédère », se targue-t-il, promettant un nouveau ralliement ce jeudi, veille d’une grande réunion publique à la salle de Montfavet (18h30).

  • Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Si le marché de fin d’année sur la place Jean-Jaurès d’Avignon peut laisser penser à une réunion festive, les personnes vêtues de gilets rouges, roses et blancs étaient bien venues manifester ce mardi 2 décembre dans les rues d’Avignon. Ce, entre autres, face à un budget de l’État qui démontre « le cap désastreux pour les salariés et notre modèle social » avec les 30 milliards en moins prévus au budget, comme l’a évoqué Laurence de Villèlen, secrétaire départementale CGT, au nom de l’intersyndicale avec Solidaires et la FSU.

    « On nous propose une pseudo-alliance avec les socialistes. Mais cela ne défend absolument pas le droit des travailleurs », poursuit la responsable syndicale. Dans les rangs de la mobilisation, Philippe Riehel et Sabine Aulagner, syndiqués Solidaires, enseignants en maternelle et en élémentaire, affirment se « sentir attaqués car on ne peut pas travailler comme on le voudrait ». « L’école tient grâce à nous, c’est-à-dire tous les salariés dans l’éducation. Mais les choix politiques favorisent le privé aux dépens d’un service public acceptable », poursuivent-ils. Tandis que quelques mètres plus loin, Dimitri Szabo, employé à l’Inrae, regrette « un chantage à la dette ».

    Cohésion de la gauche

    Présent également avant de se rendre à l’Assemblée nationale l’après-midi, le député de la 1ère circonscription de Vaucluse, Raphaël Arnault (LFI-NFP), dénonce des socialistes qui « rentrent dans le rang » avec les macronistes, alors que certains membres du PS, comme le sénateur Rachid Temal ou François Hollande, défendent le recours au 49.3 pour le budget. Tout en espérant une cohésion de la gauche sur la question.

  • [Maj] Les territoriaux d’Avignon prêts à la grève pour un meilleur salaire

    [Maj] Les territoriaux d’Avignon prêts à la grève pour un meilleur salaire

    Indépendamment de l’appel national à la grève de ce mardi (lire page 2 et 3), les agents municipaux d’Avignon pourraient également cesser le travail à partir de ce jeudi. L’intersyndicale CFDT-CGT-FO-Fédération autonome a déposé un préavis de grève face à la « véritable mascarade », selon Nicolas Garcia, secrétaire FO Territoriaux, des négociations liées à la revalorisation de leur régime indemnitaire. Ou Rifseep, dans le jargon administratif, dispositif de primes et compléments de salaire propre à chaque collectivité.

    Des négociations se sont ouvertes, en début d’année, pour revoir ce régime avec une enveloppe budgétaire initiale de 300 000 euros, destinée aux agents de catégorie C. Soit les fonctionnaires les moins bien rémunérés qui, à Avignon, représentent près de 55% de la globalité des 2 300 agents. « Il faut un geste fort, certains agents font des astreintes et heures supplémentaires juste pour finir le mois », constate Dalila Djoudi, secrétaire CGT Territoriaux. Une dizaine de réunions ont eu lieu afin d’identifier chaque fiche de postes et les critères possibles de réévaluation salariale. L’intersyndicale estime avoir joué le jeu en travaillant ensemble pour avancer des propositions communes et pas en ordre dispersé. En vain. « Nous n’avons pas trouvé de compromis », déplore Marie Douzon, secrétaire de la Fédération autonome. « Nous refusons qu’in fine seulement la moitié des agents soient concernés par cette hausse », poursuit-elle. Selon un premier arbitrage municipal cité par les syndicats, seuls les agents ayant une indemnité inférieure à 200 euros ainsi que cinq métiers (Atsem, agents de bibliothèque, agents d’entretien, assistants de gestion administrative) seraient concernés.

    « On nous a pris pour

    des imbéciles »

    « Nous avions fait une proposition qui concerne tout le monde avec une enveloppe de 375 000 euros et un effet rétroactif que sur 9 mois et non 12 », détaille Valérie Foeller, secrétaire CFDT Territoriaux. « On nous a pris pour des imbéciles car notre proposition n’a même pas été étudiée, on nous a imposé un arbitrage unilatéral », peste Nicolas Lopez. L’intersyndicale en veut aussi à la maire (PS), Cécile Helle, qui ne l’a pas reçue sur le sujet. Elle appelle à un rassemblement le 9 décembre (8h30, devant la mairie), en amont d’un comité social territorial. « Les agents sont en colère, on va le montrer ce jour là », assure Valérie Foeller.

    Contacté, David Fournier, adjoint (PS) à l’administration générale, confie s’être mis en retrait du dossier depuis septembre, ne pouvant « être juge et partie » en tant que candidat aux municipales. Si lundi soir nous n’avions pu joindre le Premier adjoint c’est parce l’intéressé était en réunion jusqu’à tard avec les services de la Ville pour préparer une contre proposition sur la revalorisation salariale en cours de négociation. « Je trouverais dommage que ça ne puisse pas aboutir avec les propositions que l’on va faire », assure Claude Nahoum, joint ce mardi matin, qui réserve la teneur des annonces aux syndicats lors d’une réunion d’ici au 9 décembre, jour du CST. Selon les syndicats, les propositions de la Ville ne permettraient d’augmenter que la moitié des agents de catégorie C. « On était plutôt sur 58 %, nuance Claude Nahoum. L’objectif est de couvrir la totalité des catégories C en augmentant légèrement l’enveloppe prévue de 300 000 euros sans empiéter de trop sur l’enveloppe 2026 [fixée aussi à 300 000 euros et qui doit couvrir le reste des agents C et les B] ». Le Premier adjoint assure ne pas éluder les difficultés financières des agents : « On n’est pas une entreprise privée, on est conscient du travail fait par les agents au quotidien en direction des habitants. Des éléments importants ont échelonné tout le mandat comme la mise en place de la prévoyance, la mutuelle, et la revalorisation modeste des tickets restaurants (5 à 6 euros) ».

  • La publicité bientôt interdite en centre-ville d’Avignon

    La publicité bientôt interdite en centre-ville d’Avignon

    C’est « un acte éminemment politique », selon Laurence Lefèvre, adjointe (DVG) à la qualité de vie. « Un document essentiel pour restaurer la qualité de vie et paysagère », appuie la maire, Cécile Helle (PS). Le sujet en question : le règlement local de publicité (RLP). Un document caduc depuis janvier 2021 sur lequel la Ville finit de plancher. Ce samedi, les élus ont voté l’arrêt de ce projet avec l’objectif, après enquête publique, qu’il soit définitivement adopté lors d’un prochain conseil municipal au dernier trimestre 2026.

    « Il doit respecter les enjeux de cadre de vie et ne pas trop porter préjudice au monde économique », dresse Laurence Lefèvre. Quatre zones réglementaires différentes ont été définies, le cadre variant évidemment que l’on soit dans l’intra-muros, classé au patrimoine mondial de l’Unesco ou vers les zones commerciales. « Dans le centre-ville et autour des remparts, la pub sera très restreinte voire interdite », annonce l’adjointe, insistant « sur cette demande forte », issue d’une concertation. Pas question pour autant « que le reste de la pub se répercute plus fortement ailleurs ».

    Alors qu’actuellement, l’unité des enseignes commerciales laisse à désirer, le RLP vient fixer un cadre plus précis sur les dimensions des devantures, les couleurs, les lettres ou l’ancrage au sol. « Il faut du courage », se targue Laurence Lefèvre, qui assure avoir relevé « le challenge fixé par Mme le maire de ne pas perdre d’argent ». Comment ? En améliorant les recettes d’occupation de l’espace public, jusque-là perçues sur une simple base déclarative. « On n’avait pas toujours les bonnes infos », relève l’adjointe.

  • La der de Achdé au festival de la BD

    La der de Achdé au festival de la BD

    Lucky Luke et Jolly Jumper quittent le Far West pour la Cité des Papes ce week-end à l’occasion de la 7e édition du Festival de la bande dessinée d’Avignon.

    « Vingt-cinq illustrateurs et auteurs de BD seront dans l’hôtel de ville avec pas moins de 10 000 visiteurs attendus ces samedi 29 et dimanche 30 novembre, de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h. Avec la volonté d’une édition apothéose », comme le confie la première magistrate (PS) d’Avignon, Cécile Helle. Parmi les artistes présents ce week-end, Achdé, illustrateur de Lucky Luke de 2004 à 2024, pour qui ce sera le dernier festival d’après les organisateurs. Ou encore Enrico Marini, qui signera exceptionnellement une trentaine d’œuvres pour l’événement, et Marc Bourgne, dessinateur de Michel Vaillant. « On a voulu mélanger tous les genres avec des auteurs qui ont permis à la BD d’exploser. Souvent, les gens ne connaissent pas directement les artistes mais connaissent les personnages », précise Frédéric Ranchin, président du Festival, qui se réjouit de l’entrée de l’événement dans les cinq plus gros rendez-vous du 9e art dans l’Hexagone. « Demandez au concierge de la mairie. Dès cinq heures du matin, les férus de BD, qu’on connaît tous au fil des éditions, sonnent pour être les premiers », sourit l’organisateur, qui attend entre 10 000 et 12 000 visiteurs tout au long du week-end.

    Taille humaine

    La taille et l’aspect plus humain et familial du Festival sont également mis en avant, avec « le choix de bien accueillir les dessinateurs et auteurs, qui est devenu notre marque de fabrique et c’est une satisfaction. Notamment avec le débat actuel autour du Festival d’Angoulême », lance Cécile Helle. « On avait beaucoup de demandes et on a dû faire des choix sur les auteurs car on n’a ni le budget, ni les structures pour pouvoir en accueillir plus. Cela montre bien qu’Avignon compte dans le milieu », poursuit Frédéric Ranchin. Et cela permet aussi aux librairies locales, qui tiendront aussi des stands, de faire le plein.

    L’entrée est gratuite lors des deux jours. Plus d’informations sur avignon.fr.