Tag: attractivité

  • La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    Le cinéma mondial a rendez-vous dans le sud de la France. Ce lundi, Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) accueille le Sommet Lumière, une rencontre internationale consacrée à l’avenir du cinéma, de l’audiovisuel, de l’animation et du jeu vidéo. Initié par le Centre national du cinéma et de l’image animée, coprésidé par Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung, ce « Davos du cinéma » réunit près de 150 personnes. Patrons des grands studios et plateformes (Disney, Netflix, Sony, Universal), producteurs (CJ Group), cinéastes, acteurs, grands groupes de l’audiovisuel français et responsables publics y sont attendus.

    Si le choix de Saint-Paul-de-Vence peut surprendre, il s’inscrit dans une logique territoriale forte. Héritière de l’aventure des frères Lumière, terre d’accueil du Festival de Cannes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est aujourd’hui la deuxième région de cinéma en France, après l’Île-de-France. Plus de 9 000 professionnels y travaillent et le territoire accueille, chaque année, entre 5 000 et 6 000 jours de tournage.

    Terre du Septième art

    Des historiques Studios de la Victorine à Nice aux dynamiques Provence Studios de Martigues, en passant par le Pôle Média de la Belle de Mai à Marseille, la région dispose d’infrastructures capables d’attirer aussi bien des productions françaises que les géants internationaux du secteur. « Aujourd’hui, tout le monde pense qu’on a une main-d’œuvre plus chère, mais quand on regarde la productivité de nos équipes et de nos outils, les restitutions faites par l’état et les aides des collectivités, on est très compétitif », martèle Olivier Marchetti, président de Provence Studios. « C’est ce qu’il faut démontrer : la France est une vraie terre de tournage. Le cinéma a été inventé ici, il doit y rester. »

    Réunissant la plupart des décideurs contrôlant la majeure partie du marché mondial, le Sommet Lumière revêt une dimension stratégique. À l’heure où les États rivalisent pour attirer tournages, studios, talents et investissements, les industries de l’image sont un enjeu économique majeur. Derrière les caméras pointent des questions d’emplois, d’innovation technologique, d’influence et de souveraineté culturelle. Le marasme américain en est une illustration. Le volume des tournages à Hollywood a reculé de 40% en dix ans. Si bien que Donald Trump a demandé au Congrès de renforcer les incitations fiscales pour favoriser le retour des productions et soutenir l’emploi. À travers cette initiative, la France entend défendre son modèle de soutien à la création tout en renforçant l’attractivité de son industrie audiovisuelle. L’Élysée voit ce rendez-vous comme une vitrine du savoir-faire français.

    Autre objectif : peser dans les discussions qui définiront demain les règles mondiales des industries culturelles confrontées aux défis technologiques du XXIe siècle. Selon eux, le secteur traverse une révolution comparable aux grandes mutations qui ont jalonné l’histoire du cinéma. Car l’intelligence artificielle, la montée en puissance des plateformes de streaming, l’évolution des usages, les difficultés rencontrées par les salles obscures et l’apparition de nouveaux modèles de financement bouleversent l’ensemble de la filière. Derrière les débats sur la création et l’innovation se joue donc une bataille beaucoup plus large.

    Trois questions majeures structureront les échanges : comment préserver la diversité culturelle face à des marchés toujours plus concentrés ? Comment encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création ? Et, surtout, comment financer les œuvres de demain dans un environnement dominé par une concurrence internationale de plus en plus intense ?

    En toile de fond à ces débats, la Provence, dont le nom résonne avec l’histoire. C’est ici, à La Ciotat, que les frères Lumière réalisèrent plusieurs de leurs premiers films et qu’Antoine Lumière organisa en 1895, à l’Eden Théâtre, l’une des premières projections. Cent trente ans plus tard, la région qui a vu naître le cinéma peut voir s’y écrire un nouveau scénario.

    CHIFFRES

    9 000

    La filière cinéma en région Provence-Alpes Côte d’Azurrassemble plus de 9 000 professionnels, dont 4 000 techniciens, 2 000 comédiens, 800 auteurs et réalisateurs, ainsi qu’une cinquantaine de sociétés de production.

    6 000

    Avec près de 6 000 jours de tournage en moyenne chaque année, la région s’impose comme l’un des principaux territoires de production audiovisuelle en France. Un dynamisme porté par la diversité des décors, des infrastructures et des savoir-faire locaux.

    135 millions

    En 2024, les tournages ont généré plus de 81 millions d’euros de retombées économiques à Marseille, contre 61,3 millions en 2023.À l’échelle régionale, la filière avait produit 135,1 millions de retombées en 2022.

  • Sisteron reste « commune touristique » pour cinq ans

    Sisteron reste « commune touristique » pour cinq ans

    Sisteron, « commune touristique » pour cinq années supplémentaires. La ville de 7 000 habitants, nichée au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, garde le statut obtenu en 2024. En effet, vendredi 3 juillet, l’arrêté préfectoral permettant à la commune de jouir du nom de « commune touristique » a été renouvelé.

    Une réussite dont se sont félicité le maire, Jean-Pierre Templier (DVD) et son conseiller délégué au tourisme Alain Angelvin. « C’est la reconnaissance de l’attractivité de Sisteron et du travail accompli par tous les acteurs du tourisme », affirme le maire dans un communiqué. Et de souligner le travail de « l’office de tourisme Sisteron Alpes Provençales et les services de la Ville » avant de poursuivre : « Cela nous encourage à poursuivre nos efforts ! »

    Ce renouvellement confirme aussi « le caractère touristique majeur de Sisteron mais aussi la solide réputation de la commune bénéficiant d’une forte notoriété internationale et qui fait aussi partie des 100 plus beaux détours de France, label très prisé et reconnu », apprécient les élus.

    Surnommée la perle de Haute-Provence, la ville a dû remplir plusieurs critères afin d’obtenir cette dénomination dont celui d’avoir un office de tourisme classé. Dans celui de Sisteron, on peut apercevoir un vestige archéologique : les fondations d’un ancien bâtiment. La commune doit également offrir une capacité d’hébergement adaptée à une population non permanente, et organisatrice des animations touristiques régulièrement.

    Une étape

    Pour autant, cette reconnaissance n’est qu’une étape, certes stratégique, vers le renouvellement du classement en station de tourisme obtenu en novembre 2014 et qui en cours d’instruction. Ce classement permet de bénéficier de droits et avantages spécifiques (urbanisme, fiscalité, promotion…) et de renforcer l’attractivité économique et l’image de la Ville.

  • La région Occitanie enregistre un bilan touristique contrasté à l’aube de l’été

    La région Occitanie enregistre un bilan touristique contrasté à l’aube de l’été

    Le calendrier des jours fériés était favorable aux échappées touristiques ce mois de mai. Alors que la saison des ponts s’achève pour laisser place à l’arrivée de l’été, l’Occitanie y a enregistré 20 millions de nuitées touristiques, soit 31% de sa fréquentation depuis le début de l’année.

    Mais le pont de l’Ascension et le week-end de la Pentecôte ont affiché une fréquentation en retrait par rapport à l’année précédente. L’agence Ad’Occ privilégie la piste météorologique pour justifier le recul des réservations.

    Préparer l’été

    Désigné comme le plus chaud jamais enregistré en France, le printemps 2026 a été singulier. Marqué aussi bien par cette anomalie de +1,7°C en moyenne par rapport à la période 1991-2020, que par l’environnement géopolitique instable, ce climat global a impacté les professionnels du secteur.

    Fin avril, 60% d’entre eux redoutaient un impact négatif des tensions internationales sur leur activité. Une inquiétude qui coïncide avec le ralentissement des arrivées aériennes internationales en France : le pays s’efface légèrement derrière d’autres Européens comme l’Espagne et l’Italie. Il est cependant à noter que les clientèles françaises demeurent majoritaires sur l’ensemble de la région et génèrent une fréquentation
    similaire à 2025. Plus d’un acteur du tourisme sur deux tire un bilan positif de ce mois de mai, un niveau de satisfaction en retrait de 5 points par rapport à mai 2025. Mais l’agence Ad’Occ reste optimiste : Airbnb, qui représente 81% de l’offre d’hébergement en Occitanie, annonce des réservations pour juillet et août qui dépassent les scores de l’an passé. Parmi les destinations choisies, les espaces urbains sont donnés favoris et Toulouse se distingue avec une nette avance.

    Pour Vincent Garel, administrateur de l’agence, « le tourisme est l’un des moteurs de l’attractivité de l’Occitanie. Dans un contexte marqué par des décisions de voyage de plus en plus tardives, les perspectives estivales restent encourageantes et témoignent de la confiance accordée à notre destination ». Les prochaines semaines seront décisives.

    Oriane Castan

  • La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    Parkings, bâtiment, plages, ponton, cale de mise à l’eau, espace de restauration et commerces. « L’ensemble constitue désormais un véritable pôle de loisirs et d’accueil au service des visiteurs, des habitants et des acteurs locaux », explique les initiateurs de ce projet d’importance, destiné à « moderniser » et rendre plus attractif du lac de Serre-Ponçon.

    Jean-Michel Tron, le maire d’Ubaye-Serre-Ponçon, Victor Bérenguel, le président du syndicat mixte d’Aménagement et de développement de Serre-Ponçon ainsi que Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région et la présidente du conseil départemental, Eliane Barreille, ne tarissent pas d’éloges pour cette réalisation qui a demandé près de 5 millions d’euros d’investissements cofinancé par les différentes collectivités ainsi que le Fonds Vert.

    L’enjeu est « considérable », soulignent les élus, « Serre-Ponçon constituant un atout central de la vallée, et l’adaptation de ses infrastructures au changement climatique est une priorité pour le territoire ».

    Un projet qui en appelle d’autres

    « Ubaye plage » constitue « l’un des tout premiers sites finalisés dans le cadre du plan de résilience de Serre-Ponçon, il s’agit d’un aménagement exemplaire visant à être progressivement décliné sur l’ensemble des pôles nautiques de la retenue, notamment pour sécuriser l’accès à la baignade et aux activités nautiques en cas de baisse importante du niveau de remplissage de la retenue », est-il précisé dans le communiqué.

    Et au président de la Région de souligner qu’au-delà de l’aspect récréatif et de loisirs le nouvel équipement permet de « soutenir les activités touristiques et économiques locales et d’adapter les infrastructures et de lutter contre le dérèglement climatique ».

  • Olivier Galzi entend opérer au devenir de l’hôpital

    Olivier Galzi entend opérer au devenir de l’hôpital

    Après avoir pris le pouls de la ville pendant la campagne et commencé à administrer son remède pour, à ses yeux, rendre Avignon plus attractive, Olivier Galzi a été élu, il y a deux semaines, président du conseil de surveillance du centre hospitalier. Une fonction, davantage axée sur la consultation et le contrôle que sur la stratégie. « Avignon entend désormais jouer son rôle au sein de ce magnifique navire amiral de la santé sur notre territoire », se targue le maire (DVD).

    Comme Marie-Josée Roig et Cécile Helle avant lui, Olivier Galzi hérite de cette présidence et d’un conseil qui se réunit 3 ou 4 fois par an. Une prochaine réunion est d’ailleurs prévue mi-juillet sur le volet financier. Les représentants syndicaux du personnel sollicitent déjà une rencontre (lire ci-dessous). Dans son programme, le maire promettait « un soutien renforcé à l’hôpital public et au rôle du maire au sein du conseil de surveillance ». Sans trop de détails. Sollicitée, la Ville nous a adressé une réponse écrite : « Dans l’un des départements les plus pauvres de France, l’offre publique de soins se doit d’être solide. Le maire a affirmé très clairement sa volonté de soutenir politiquement le développement de cette offre jusqu’au plus haut sommet de l’État. C’est chose faite puisqu’il a échangé sur le sujet avec le directeur de cabinet du président de la République en début de mois ». Olivier Galzi mise sur le projet Terah (modernisation phasée de l’hôpital à 156 millions d’euros) qui « favorisera sans nul doute l’attractivité médicale, et améliorera l’offre de soins, deux des axes essentiels de la politique de la nouvelle municipalité ».

    Alors que Cécile Helle a conduit une présidence discrète, refusant notamment de prendre position sur les accusations de favoritisme et le management décrié du directeur, Olivier Galzi juge « légitime » Pierre Pinzelli avec qui il ambitionne de « développer un partenariat solide et entretenir des liens étroits avec la direction ». Et ce, bien que « les différentes réformes hospitalières ont conduit à une dépolitisation des hôpitaux avec l’effacement des collectivités territoriales de la gouvernance sans qu’il y ait une amélioration de leur gestion, avec parfois même une dégradation », relève-t-on en mairie.

    Le parking gratuit,

    pas pour tout de suite

    Rappelons qu’il y a plus de deux ans, l’hôpital a perdu sa certification délivrée par la Haute autorité de santé. De quoi ternir l’image du centre hospitalier ? Une nouvelle inspection a eu lieu en mai, avant des résultats attendus au dernier trimestre de l’année. « Le maire ne doute pas que l’ensemble de l’équipe hospitalière s’est mobilisée pour obtenir cette certification dans ce contexte difficile », se montre optimiste la Ville. Enfin, depuis fin 2022, la direction a rendu payant le parking de l’hôpital au grand dam de nombreux patients et familles. Dans son projet aux municipales, Olivier Galzi comptait « offrir le stationnement gratuit aux patients et à leurs proches ». Une promesse qui semble déjà enterrée dans l’immédiat. « L’exploitation du parking est dépendante d’une concession qui n’arrivera pas à son terme dans les prochains mois, la rupture du contrat entraînerait des frais importants pour l’hôpital ce qu’il est préférable d’éviter », juge la municipalité qui souhaite « travailler avec l’hôpital pour augmenter le nombre de places gratuites ».

  • Des internes en médecine accueillis à Manosque

    Des internes en médecine accueillis à Manosque

    L’objectif est de renforcer l’attractivité médicale du territoire, d’améliorer l’accès aux soins et de créer les conditions favorables à leur installation future. « Cette stratégie produit déjà des résultats concrets », selon le maire de Manosque : en l’espace de deux ans, une dizaine de nouveaux professionnels de santé s’y sont installés.

  • Le climat international ralentit le tourisme

    Le climat international ralentit le tourisme

    Selon la récente enquête publiée par l’agence d’attractivité et de développement d’Occitanie (Ad’Occ), « 59% des professionnels du tourisme déclarent constater un impact des tensions internationales sur leur activité, dont 98% jugés négatif. »

    Ces impacts concerneraient une baisse des demandes et des réservations, un printemps plus calme que prévu, une fréquentation en recul et un manque de visibilité sur la saison estivale. En cause, le climat international tendu qui freine les dynamiques du secteur, notamment dans la restauration et les commerces et services.

    L’inquiétude est partagée par tous les univers de destination interrogés (campagne, urbain, littoral et montagne) : 58% des professionnels du tourisme de ces zones ressentent l’impact des tensions internationales sur leur activité touristique actuelle ou à venir.

    Ralentissement des habitudes

    « Les résultats de cette enquête ne traduisent pas un décrochage massif de l’activité touristique mais plutôt un climat d’attentisme généralisé », précise l’agence Ad’Occ. Le principal signal observé repose sur un ralentissement des prises de décision, une montée des réservations de dernière minute et surtout un manque de visibilité pour les professionnels.

    Ce ralentissement serait dû à une hésitation plus grande des clients habituels, qui arbitrent davantage leurs dépenses. « Dans ce contexte, les prochaines semaines seront déterminantes pour confirmer ou non les tendances observées et mesurer leur impact sur la saison estivale », conclut l’agence Ad’Occ.

    « Pour les mois à venir, les professionnels affichent une prudence marquée : 66% jugent les réservations “peu ou pas encourageantes”, tant pour les ponts du mois de mai que pour la période juillet-août », précise l’organisme. Les plus inquiets sont les gérants d’hôtels (51%) et de gîtes d’étape et refuges (46%).

    Selon l’enquête, la hausse des prix généraux, l’envolée des prix du carburant, la baisse du pouvoir d’achat et le coût des déplacements restent les facteurs principaux de cette dynamique.

  • Barcillonnette, ce village « caché » où les jeunes reviennent

    Barcillonnette, ce village « caché » où les jeunes reviennent

    Avec deux associés, Mathéo Morin, 29 ans, est venu s’installer comme souffleur de verre à Barcillonnette, il y a de cela quelques mois. Les trois jeunes artisans sont en train d’aménager le local de 100 m² qu’ils louent à la mairie pour 250 euros par mois. Mathéo lui-même habite dans un logement communal proposé par la municipalité. « Depuis 2021, toutes les équipes municipales successives nous ont soutenus. Sans cette aide, on n’aurait pas pu s’installer », raconte-t-il. Mathéo est originaire de Chorges, et l’un de ses partenaires, Sacha, vient de Barcillonnette même. Les trois artisans souhaitent s’intégrer dans la vie locale, et projettent d’animer des expositions et des ateliers de démonstrations au Bar-là-bas, café associatif et centre névralgique de la vie communale. « On ne veut pas juste être enfermés dans notre atelier à exporter nos productions, s’engage Mathéo. On veut créer de l’activité ici, ne pas venir juste pour travailler et repartir ou à l’inverse seulement pour dormir et travailler à Gap ou Sisteron. »

    La commune, qui ne comptait que 148 âmes en 2023, a réussi depuis quatre ans à faire s’installer une dizaine d’activités, portées par 14 personnes dont sept sont originaires du village, dont la nouvelle maire elle-même, Remina Salerno, âgée de 28 ans, élue aux dernières municipales après être revenue s’installer l’an passé.

    Population vieillissante

    « Les précédentes municipalités avaient identifié un enjeu autour du vieillissement de la population et conclu qu’une manière de lutter contre ça était d’attirer des jeunes actifs, explique-t-elle. Ce n’était pas forcément évident, au vu de la ruralité de la commune, éloignée des villes où il y a des emplois. Mais, ce qui est intéressant c’est que les profils qui se sont installés sont principalement des artisans et des agriculteurs qui travaillent sur place. » Les différentes équipes municipales ont donc joué en priorité sur le levier du logement, en mettant en location des habitations et locaux communaux, à des prix abordables, afin de permettre à des jeunes de s’installer.

    Cette politique, Aude et Marion, deux boulangères de 40 et 33 ans, originaires d’Aix Marseille, en ont profité. « On a envoyé des demandes dans beaucoup d’endroits et ici la mairie nous a rendu la tâche plus facile en nous fournissant un local avec un loyer de 250 euros par mois qui permet de commencer sans être pris à la gorge », explique Aude. Mais cette politique municipale n’est pas le seul facteur. « Nous souhaitions répondre à un besoin local et les habitants et le tissu associatif, notamment le bar qui a été notre premier point de vente, nous ont aidées », témoigne Aude. Un lien d’entraide qui a aussi été bénéfique à Adélie et Valentin, un couple de vignerons de 33 et 36 ans, arrivés en 2021 et logés dans un habitat communal dans les premiers temps. « On a découvert une riche vie collective, on a eu l’opportunité de louer des terres à des familles locales. Les mains tendues ont été nombreuses », confie Adélie. « Je pense qu’il y a une part propre aux habitants, les gens qui vivent là ont une conscience de la solidarité, de l’entraide dans le voisinage. La mairie a été le relais de ça, avec une équipe motivée », explique Rémina Salerno, qui rappelle aussi que cette dynamique a été confortée par les retours successifs de plusieurs enfants du pays en l’espace de quelques années dont elle fait partie : « Voir tous mes amis d’enfance revenir au village pour développer des choses, je me suis dit que moi aussi je voulais participer. »

    Attirer des activités qui participent à la vie locale

    D’autres projets d’arrivées sont à l’étude, dont celle prochaine de deux jeunes fromagères. « La question du logement reste complexe, il y a du monde qui veut venir et on arrive aux limites de notre PLU, que l’on ne veut pas étendre exagérément », nuance la maire. La mairie ne veut pas accueillir pour accueillir et dénaturer l’esprit d’une commune qui a tout de même pour devise « un peu perchée, un peu cachée ». Pour cela, l’équipe municipale réfléchit à de nouvelles activités qui profiteraient à la vie locale, comme un atelier de réparation/ressourcerie et un marché hebdomadaire local. « Tout cela viendrait nourrir cette dynamique, où on a déjà un poulailler collectif, un bar associatif ouvert tous les vendredis, projette Rémina Salerno. On veut pérenniser un noyau d’activités, qui va faire que Barcillonnette c’est un tout petit village, mais un tout petit village pas tout à fait comme les autres. »

  • Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    La Marseillaise : Comment s’annonce la saison touristique 2026 en Occitanie ?

    Vincent Garel : On est clairement dans un contexte économique tendu, notamment avec le prix de l’essence qui pèse sur les arbitrages. Mais les premiers signaux ne sont pas mauvais : les ponts de mai sont très bien réservés, dans la continuité des bonnes saisons précédentes. En revanche, sur début juillet, on sent un peu d’attentisme, avec une stagnation, voire une légère baisse des réservations. Cela tient au contexte, bien sûr, mais aussi à une habitude qui s’installe : les réservations de dernière minute. Et parallèlement, on observe un report assez net vers septembre, qui progresse depuis plusieurs saisons.

    Le tourisme de proximité
    est-il devenu un vrai levier ?

    V.G. : Oui. Dès 2019, avant le Covid, nous avons travaillé ce tourisme de proximité. Aujourd’hui, il correspond à une vraie attente : 30% des Français cherchent à partir pas trop loin de chez eux. En Occitanie, les clientèles françaises représentent déjà près des trois quarts des nuitées. Et la région a un atout majeur : la diversité de ses territoires. On ne part plus forcément quinze jours au même endroit ; on rayonne davantage, on multiplie les courts séjours, les week-ends, les découvertes. L’offre culturelle, patrimoniale et paysagère de la région permet justement cette mobilité.

    Dans cette évolution, les transports collectifs semblent occuper une place centrale.

    V.G. : Oui, parce qu’ils répondent à la fois à la question du pouvoir d’achat et à celle de l’environnement. Quand le coût du transport individuel augmente, il faut offrir des alternatives accessibles. L’Occitanie Rail Tour, les lignes TER, les lignes d’autocar régulières et saisonnières permettent justement d’irriguer le territoire à bas coût. On a 19 lignes TER régulières et 270 lignes d’autocar régulières, auxquelles s’ajoutent des dessertes saisonnières… et on continue d’ouvrir des lignes ! C’est aussi une réponse écologique : la première externalité négative du tourisme, c’est le transport. On accompagne aussi des destinations avec le label Green Destination et on travaille sur la question du dernier kilomètre avec du vélo, des navettes ou du covoiturage.

    Le littoral reste-t-il la locomotive ?

    V.G. : Oui, le littoral reste clairement moteur sur la période estivale. Il a des attraits extraordinaires et une grande capacité d’accueil, avec les grands campings, l’hôtellerie et bien sûr l’attractivité de la Méditerranée. Mais ce qui est intéressant, c’est que les stations ne se font plus concurrence de la même manière : elles sont de plus en plus complémentaires, avec des offres différenciées. Et surtout, ce moteur littoral bénéficie aussi à l’intérieur des terres. Quelqu’un qui séjourne en station balnéaire peut aller découvrir l’arrière-pays, les villages, les sites patrimoniaux ou naturels. Les offices de tourisme proposent désormais de véritables parcours de découverte autour de leur destination.

    Quel cap faut-il donner au tourisme en Occitanie ?

    V.G. : Le tourisme est un secteur économique majeur, le deuxième pourvoyeur d’emplois en Occitanie après l’agriculture et l’agroalimentaire, avec une croissance moyenne de 4% par an depuis 25 ans. Mais il faut le développer autrement. La saison ne va plus seulement de juin à août : elle s’étend des ponts de mai jusqu’à fin septembre. Il faut mieux répartir les flux, développer les offres hors été et mieux prendre en compte les enjeux environnementaux. Et il faudra aussi, à un moment, ouvrir le débat sur les vacances scolaires, parce qu’on ne régulera pas vraiment les flux sans cela. On a des propositions, mais encore faut-il que l’État nous écoute.

  • Jean-Jacques Micoud : « Le tourisme contribue au cadre de vie des Martégaux »

    Jean-Jacques Micoud : « Le tourisme contribue au cadre de vie des Martégaux »

    Marquée par une affluence concentrée sur le mois d’août, la saison estivale 2025 avait posé plusieurs enjeux. Un an après sa prise de fonction, Jean‑Jacques Micoud analyse le tourisme en pays martégal.

    La Marseillaise : Comment se passe
    ce début de la saison touristique
     ?

    Jean-Jacques Micoud : On a commencé par un vrai festival de la banane, lors de la fête des 20 ans de Camping Paradis, le 18 avril. C’était un peu le premier élément de la saison. Quatre ponts arrivent, il fait beau, on a de bons espoirs d’avoir du monde. Mars a été bon avec une fréquentation de l’office de tourisme en augmentation de 8 à 9% par rapport à mars 2025. C’est pas le reflet du territoire, mais un indicateur.

    Comment caractérisez-vous le fait touristique en pays martégal ?

    J.-J.M. : Il y a plusieurs indicateurs. L’année dernière, la fréquentation des hébergements marchands a augmenté de 8%, sachant que 53% des nuitées se font dans le secteur non marchand, chez les copains par exemple. Il faut aussi constater qu’il y a de moins en moins de saisonnalité, on vient à Martigues toute l’année. On peut aussi parler du taux d’intensité touristique, c’est-à-dire le nombre de lits par rapport à la population. On en dénombre 6 000 dans le secteur marchand, pour 15 000 au total. Pour une population d’à peu près 50 000 personnes ça nous donne autour des 30%. Ce taux est de 16% à l’échelle des Bouches-du-Rhône. Nous ne sommes pas loin d’un million de nuitées à l’année. Ça représente à la louche 200 000 personnes, en partant de la moyenne de 5 nuitées par séjour. Il faut ajouter les excursionnistes, qui ne viennent qu’à la journée, à peu près 150 000 personnes. Donc 350 000 touristes sur l’année, et ce ne sont que des fourchettes basses. Martigues est donc bel et bien une ville touristique et industrielle. Et c’est notre travail d’objectiver ces données.

    Quel est l’impact économique ?

    J.-J.M. : Si on se base sur la consommation départementale de 74 euros par personne et par jour, en comptant en moyenne 24€ d’hébergement, on peut l’estimer à près de 23 millions d’euros à l’année.

    Est-ce une fin en soi d’attirer du monde ?

    J.-J.M. : Le tourisme n’est pas une finalité mais un élément de l’attractivité du territoire. C’est un vecteur économique, d’aménagement du territoire, d’embellissement, de lien social qui contribue au cadre de vie et donc aux habitants. Un cercle vertueux qui ne veut pas juste dire hôtels campings restaurants. C’est comme ça que je travaille dans l’ombre pour porter ce nouveau regard. Le but n’est pas de faire plus tourisme mais mieux tourisme. On ne vient pas par hasard à Martigues, sa signature est « Bien plus que vous imaginez ». On commence par la Côte bleue, puis on découvre la ville, puis l’étang de Berre, puis le cinéma avec Provence Studios…

    Pourquoi l’office propose
    des activités payantes ?

    J.-J.M. : Car c’est le métier des prestataires qui les réalisent, nous ne gagnons pas grand-chose dessus. C’est une mise en lumière. Car nous sommes un lieu dans lequel on vient chercher des infos… Mais pas que ! On a une boutique, une salle d’exposition à destination des associations et des Martégaux. On va aussi recommencer la billetterie pour le Summer Festiv’Halles.

    Entretien réalisé par Antonin Maja