Tag: Association

  • « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « L’autodétermination c’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. C’est un accompagnement adapté. »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence (DAB+ et Divergence-fm.org) participe à l’émission « Quoi de neuf ? » . Cette semaine, notre invité est Jacques Mallet, président adjoint de l’Unapei 34, engagée auprès des enfants et personnes en situation de handicap mental.

    L’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés (Unapei) est implantée dans toute la France et de nombreuses associations y sont affiliées. Dans l’Hérault, l’association Unapei 34 s’occupe de 1 300 personnes en situation de handicap mental, gère 33 établissements et services médico-sociaux et emploie 860 équivalents temps plein. Lors de la rentrée scolaire, elle a dénoncé l’absence de scolarisation pour plus de 700 enfants dans l’Hérault et révèle que près de 300 enfants sont sur liste d’attente pour une place en établissements médico-éducatifs (IME). Rencontre avec son président adjoint, Jacques Mallet, pour ce premier numéro de la nouvelle saison de Quoi de Neuf.

    Françoise Verna : Comment expliquez-vous les grandes difficultés de scolarisation en milieu ordinaire des enfants en situation de handicap ?

    Jacques Mallet : La grande difficulté de la scolarisation des enfants c’est déjà, tout simplement, la prise en compte du handicap, la prise en charge de l’enfant en difficulté. Qu’il ait simplement un trouble Dys : dysorthographie, dyscalculie, etc, ou autre. Nous travaillons en ce sens actuellement. Nous relançons madame la rectrice de Montpellier pour pouvoir mettre en place des passerelles, des liens et arriver à mutualiser nos efforts, à la fois l’éducation nationale et à la fois notre association, qui n’est pas la seule dans le département de l’Hérault à prendre en charge des enfants en situation de handicap mental ou de déficience intellectuelle, mais qui représente sur l’arrondissement de Montpellier, l’une des plus importante.

    Olivier Nottale : Il y a les accompagnants d’enfants en situation de handicap, les AESH. Est-ce que la difficulté vient du manque de ces accompagnants ? d’une mauvaise gestion ?

    Jacques Mallet : On pourrait dire d’emblée que c’est une question de moyens qui manquent. Je ne suis pas persuadé que c’est cela qu’il convient de mettre en avant, tout de suite. Je pense que la première des choses c’est la volonté politique, au sens premier du terme. Au sens de la vie dans la cité. Quelle place veut-on donner aux personnes en situation de handicap ? Quand on parle de handicap mental ou de déficience intellectuelle, c’est souvent un handicap invisible. je prends l’exemple de ma fille qui est atteinte d’un trouble autistique, et bien vous allez la voir très sociable, capable de communiquer sans problème, mais elle vous cachera toutes les périodes d’angoisse et de grandes difficultés. La question est avant tout politique : qu’est-ce qu’on veut faire dans notre société pour les personnes en situation de handicap ? Près de 65%d’enfants suivis par l’Unapei n’ont pas de numéro INE, c’est-à-dire d’identification de l’élève. Pour schématiser, ils n’existent pas pour l’éducation nationale.

    Françoise Verna : La loi de 2005 dit pourtant que la scolarisation est un droit. Nous pourrions revenir sur l’Histoire, Marc ?

    Marc Ossorguine [administrateur de Radio Divergence, ancien formateur et éducateur spécialisé ] : La loi de 2005 suit celle de 1975, dîte « loi d’orientation en faveur des personnes handicapées ». Elle a mis en place beaucoup de choses mais n’a pas atteint ses objectifs, loin s’en faut. La loi de 2005 était là pour la toiletter avec un slogan clé, « l’enfant au cœur du dispositif ». C’est là que l’on a commencé à parler de « personnes en situation de handicap » et non plus « d’élèves ou de personnes handicapé(e)s ». Je me suis toujours dit deux choses : la première c’est que beaucoup de gens ont pris cette formulation comme du politiquement correct sans mesurer toutes les conséquences que cela disait. Et puis, je me suis dit que cela n’allait pas assez loin et qu’il faudrait parler de « situation de handicap » tout court. Cela veut dire qu’il n’y a pas un enfant qui est « responsable » de son handicap mais qu’il y a une situation qui fait qu’une personne se retrouve handicapée. Cela tient aux déficiences et aux capacités qu’elle peut avoir mais pas seulement. Cela tient aussi à l’environnement, à l’organisation matérielle d’un espace, au suivi, etc. qui disent que l’on parle bien d’« une situation de handicap ». C’est une question collective, pas individuelle.

    Jacques Mallet : Il y a un mot très important dans la loi de 2005 : c’est une loi pour « l’égalité des chances ». Quand je vous parlais d’inclusion, ce n’est pas un mouvement qui va de la personne handicapée vers la société. C’est à la société d’aller vers l’enfant en situation de handicap. Ce n’est pas rien. Aujourd’hui, on avance un autre mot : l’autodétermination. Nous avons mis ce terme dans nos objectifs stratégiques et dans nos statuts de l’association Unapei 34.

    Olivier Nottale : Qu’est-ce que cela veut dire précisément « l’autodétermination » ?

    Jacques Mallet : C’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. Ce n’est pas laisser faire l’enfant tout seul ! L’autodétermination, ce n’est pas l’absence d’accompagnement. C’est un accompagnement adapté, mesuré, qui prend en compte les difficultés mais aussi le potentiel et les capacités d’un enfant.

    Site internet : Unapei34.org

  • Une asso pour préparer le terrain des municipales

    Une asso pour préparer le terrain des municipales

    « On va l’annoncer officiellement dans très peu de temps », informe Patrick Ducôme. Militant socialiste ciotaden, il a constitué, le 2 septembre dernier, avec Jean-Pierre Freani, secrétaire, et Jérôme Assier, trésorier, l’association loi 1901 « La Ciotat en commun ». Lui en sera le président. Si « La Ciotat en commun » porte un nom similaire à Aubagne en commun, elle n’en a pas la même nature. La première se présente en effet comme une coalition de forces politiques de gauche et de citoyens en vue des municipales à Aubagne. « La Ciotat en commun », elle, « est un groupe composé de membres de la société civile et de membres de partis politiques. C’est une initiative citoyenne », insiste Patrick Ducôme. « La Ciotat en commun veut regrouper toutes les forces progressistes qui souhaitent travailler en commun sur l’expertise des grands dossiers de la ville comme sur les enjeux métropolitains liés à la commune », poursuit-il.

    « Force de propositions »

    L’état d’esprit est « d’être une force de propositions sans minorer ni dénigrer pour autant le travail effectué par l’exécutif actuel de la ville ou par les associations résidentes ». Patrick Ducôme détaille : « On est partis de l’idée : qu’avons-nous en commun nous les Ciotadens et que voulons-nous sauvegarder et enrichir. » Par exemple, « La Ciotat en commun préconise de sauvegarder l’espace public, notre site urbain central ou décentralisé, le logement accessible à tous, la défense des intérêts vitaux de la commune que sont l’eau, l’énergie partagée, la mer défendue, la sécurité des habitants et la lutte pour sortir des précarités et des discriminations, l’école et les lieux de formation et d’éducation, la défense de tous les services publics, la culture pour tous… » Vis-à-vis des partis politiques à La Ciotat, l’asso se positionne ainsi : « La Ciotat en Commun pourrait éventuellement proposer sous cette appellation une liste des colistiers progressistes, groupe des forces de gauche pour les prochaines élections, selon les accords qui découleront des négociations en cours entre partis et mouvements politiques. » Le temps citoyen n’est pas le même que le temps des appareils politiques, on le sait. « Pour l’heure, il n’y a à La Ciotat, à gauche, que des souhaits d’accord d’appareils. Or nous souhaitons surtout un accord sur le programme. Bien sûr on est contre la droite et l’extrême droite, mais ça ne fait pas un programme. Or c’est sur celui-ci qu’on pourra convaincre les électeurs », plaide-t-il.

  • Autour du plus grand orgue en région, le festival forme orchestre

    Autour du plus grand orgue en région, le festival forme orchestre

    « On se trouve à Roquevaire comme si on était dans une salle de concert », assure Jean-Robert Cain. Directeur artistique du festival, lui-même organiste de l’église des Réformés à Marseille, il explique : « L’organiste, à Roquevaire, ne se trouve pas en tribune, caché du public, mais à proximité. » Inauguré en 1997, « et constitué à partir de l’orgue personnel de Pierre Cochereau, qui était organiste titulaire à Notre-Dame de Paris », le grand orgue roquevairois, installé dans l’église St-Vincent « constitue, avec sa console mobile de 5 claviers qui commande les 5 000 tuyaux en tribune, déjà un orchestre à lui tout seul », présente le musicien. Celui qui est aussi président de l’association des Amis du grand orgue de Roquevaire (Agor) observe : « le grand orgue de Roquevaire est le plus grand orgue de France, juste après ceux de Notre-Dame et Saint-Eustache à Paris. »

    Vincent Fernandel dira Claudel

    « À cette symphonie de tuyaux, cette 29e édition propose d’ajouter des instruments solistes : percussions, trombones, flûte, clarinette, saxophones et même un orgue Hammond… Ils dialogueront dans des œuvres originales, mais également des pièces de répertoire parfois revisitées pour séduire un large public toujours friand d’adaptations insolites car uniques à Roquevaire », poursuit l’organiste. Après un « trio percussions et orgue », ce vendredi 19 septembre, avec Alexis Grizard, organiste de 23 ans, le festival proposera « une première», dimanche 21, avec Frédéric Isoletta à l’orgue, et 11 musiciens de trombone. Le dimanche 5 octobre par exemple, Sophie-Véronique Cauchefer-Choplin, organiste du grand orgue de St-Sulpice à Paris depuis 1985 se confrontera « aux élites du jazz à la batterie, à la clarinette, à l’orgue Hammond pour servir les thèmes cultes des musiques de films des grands cinéastes des cinquante dernières années ». Autre « temps fort », Le Chemin de la croix, texte de Paul Claudel, musique de Marcel Dupré, avec Vincent Fernandel comme récitant, le 10 octobre. Destiné « à mettre en valeur un patrimoine, le grand orgue, mais aussi les interprètes, et les compositeurs », le festival, soutenu pour l’instant par la seule Ville de Roquevaire, vise aussi à entretenir l’orgue et notamment la transmission numérique*.

  • Une association met en cause Arcelor pour sa pollution

    Une association met en cause Arcelor pour sa pollution

    C’est une énième accusation de pollution qui entache ArcelorMittal. Entre avril et juin derniers, l’association Respire a réalisé une nouvelle étude afin de mesurer les concentrations de particules fines dans une dizaine de lieux du quotidien aux abords des usines de Fos-sur-Mer et de Dunkerque. Du côté méditerranéen, deux capteurs ont été placés de part et d’autre de l’usine, dans l’axe du vent dominant, pour comparer les taux de particules fines en amont et en aval du site.

    Résultat : « Les valeurs de pollution de fond mesurées dépassent les seuils journaliers recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans 7 cas sur 8, avec des concentrations parfois deux fois supérieures aux seuils comme sur la plage du Cavaou », note l’organisation. « Les pics de pollution observés dans l’axe des nuages de fumée industrielle atteignent plus de trois fois les seuils journaliers OMS. »

    L’aciériste répond « que les particules fines proviennent de nombreuses sources : chauffage, agriculture, industrie, transport… » et assure mener des actions concrètes pour limiter la pollution de l’air : « Grâce à de nombreux investissements, à Fos-sur-Mer, les émissions de poussières ont ainsi été réduites de plus de 70% en 10 ans (2014-2024). » La direction met notamment en avant un dispositif de filtration abaissant le niveau de poussières au-delà des seuils réglementaires d’un coût de 30 millions d’euros.

    Une procédure de mise en examen en cours

    Cette présence « préoccupante » de particules fines montrée du doigt par Respire intervient alors qu’ArcelorMittal a été mis en examen en mars pour mise en danger de la vie d’autrui et atteintes à l’environnement. Le sidérurgiste ne souhaite pas commenter « car il s’agit d’une procédure en cours », « conteste les accusations et rappelle qu’elle bénéficie à la fois de la présomption d’innocence et du secret de l’instruction ».

  • Les associations toujours en quête de bénévoles

    Les associations toujours en quête de bénévoles

    Stands culturels, institutionnels, animaliers, sportifs et bien d’autres constituent la panoplie d’organisations présentes sur le cours Mirabeau, à l’occasion de la cinquième édition du forum des associations et du bénévolat. 300 associations – « fil rouge et vitalité de la Ville », selon Sophie Joissains, maire (UDI) sans communiquer davantage sur l’événement, faute de réserve électorale – ont installé leurs étals le temps d’une journée.

    « On cherche une activité pour la rentrée, un peu tard, mais sur place la petite aura une idée plus concrète de ce sur quoi elle s’engage », estime Julia en quête d’une activité sportive pour sa fille. Pour Esteban, étudiant, il s’agit d’« intégrer une association en tant que bénévole, pour rencontrer du monde et donner de son temps par la même occasion. Pourquoi pas acquérir de nouvelles compétences aussi et enrichir le CV ! ». Pour d’autres, comme Steph, difficile d’imaginer s’engager dans une association à plein temps. « De nos jours on n’a plus le temps. Avec le boulot, les obligations familiales… Mais trouver un sport ou une asso d’art pour les enfants, oui ! » « Moi, c’est mon dossier scolaire qui me pousse à aller sur le forum. Je sais que certaines écoles comme Sciences Po valorisent l’engagement sur le dossier. Je me dis qu’intégrer des maraudes ou donner des cours ça peut être mon truc », ajoute Elsa, 17 ans.

    S’engager différemment

    À chacun sa motivation pour venir sur le forum donc. Côté associations, la sensibilisation à une cause et surtout, le recrutement de bénévoles reste l’intérêt principal. « Depuis le Covid, le bénévolat s’est développé, avant de se calmer. Mais on est toujours sur la corde raide au niveau des bénévoles réguliers, pointe Eric Richard, vice-président de l’antenne locale du Secours populaire. On voit quelques étudiants arriver et c’est tant mieux, ça va permettre de rafraîchir les équipes. » La majeure partie des bénévoles sont des retraités, selon l’antenne locale. « Oui, c’est plus difficile d’avoir des bénévoles », concède Clairette Gatineau, présidente de la MJC Prévert.

    Un constat que ne partage pas Anna, qui tient le stand des Petits frères des pauvres. « On a une grande parité dans les âges. On est plutôt là pour communiquer sur les actions que l’on fait ». « Peu importe l’âge ou le temps que l’on donne dans une association, il faut que ce soit quelque chose auquel on croit, puis il faut le respecter, en faire quelque chose et le poursuivre. Tout ce qu’on donne est un plus », ajoute Heather, bénévole pour la même association. Pour Jacques Ducerf, bénévole des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP), le bénévolat et l’engagement, c’est aussi et surtout une « question de relations humaines ».

    Selon une étude de la France bénévole, Recherches et Solidarités, avec Coalta Formations, en 2025, « 11% des Français, soit 5 millions de personnes, donnent du temps chaque semaine aux associations ». Une progression significative de 2 points en 2 ans.

  • Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    « Nous avons vraiment à cœur de mettre en lumière la richesse du tissu associatif de la ville de Toulon et tous les bénévoles qui le font vivre », commence l’adjointe au maire Caroline Depallens qui a en charge parmi ses fonctions l’organisation du Forum des associations. Une vitalité expliquée par une politique volontariste de la municipalité qui, malgré les crises, a non seulement maintenu les dotations aux associations mais est parvenue à les augmenter, lorsqu’ailleurs elles faisaient les frais de rigueur budgétaire. L’élue insiste sur leur rôle joué par toutes ces structures dans le maintien de la cohésion sociale fortement ébranlée « en créant du lien entre les personnes ».

    À ses côtés Caroline Giran, également impliquée dans le déroulement de la manifestation rappelle que « les associations sont un des outils de la mise en œuvre des politiques publiques, des corps intermédiaires sans lesquels on ne pourrait pas faire grand-chose ».

    Pour donner à voir cette diversité, 330 associations qui œuvrent dans les solidarités, le sport, la culture, le développement durable ou encore la santé vont se retrouver ce samedi sur les trois étages du Palais des Congrès Neptune ainsi que sur son parvis. Un rendez-vous auquel chaque année le public répond présent. Ainsi en 2024, ce sont 12 000 personnes qui sont venues sur les stands s’informer sur les nombreuses activités proposées, prendre des contacts, ou s’engager eux-mêmes à faire vivre la solidarité en donnant de leur temps.

    12 000 personnes

    « Le bénévolat, c’est le don de soi pour le vivre-ensemble », reprend Caroline Depallens pour qui « la solidarité est l’essence même d’une ville ». Et de poursuivre : « Faire attention humainement à l’autre c’est primordial, surtout dans la période. »

    L’occasion aussi de mettre en lumière les Comités d’intérêts locaux (CIL) qui sont de véritables courroies de transmission entre les habitants et la municipalité. Ils seront cette année regroupés à l’entrée du Palais Neptune. « Ils sont un quartier. Et un quartier plus un quartier plus un quartier, ça fait la richesse de la ville », insiste l’élue.

    Une journée donc pour trouver une activité sociale, éthique, physique ou culturelle, et se connecter physiquement aux autres et à la vie de la cité, en allant à la rencontre de tous ceux qui œuvrent déjà au service de la collectivité. Avec en prime des démonstrations, entre autres de danses et d’arts martiaux. Et des conférences aussi. Parmi elles, on peut noter à 10h45 celle intitulée « une bonne assurance », animée par l’association de consommateurs UFC Que Choisir. Ou à 11h30, « Sensibilisation aux enjeux de l’énergie et du climat », par The Shifters, l’organisation qui milite pour la décarbonation de l’économie. Et à 14h45, « le changement climatique », animée par l’Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la Nature et de l’Environnement.

    La vie associative permet aussi cela, de se lever pour faire face aux grands défis et devenir soi-même acteur du changement. Ou du moins tenter d’éclairer les consciences.

  • Le label controversé adressé à la bénédiction des calissons inquiète

    Le label controversé adressé à la bénédiction des calissons inquiète

    Ce premier dimanche de septembre, la cérémonie de bénédiction des calissons célébrera sa douceur à base d’amande, à l’occasion d’une grande fête. Organisée par l’association Excalisson, la journée de bénédiction des calissons promet un programme chargé. Mais en coulisses, un tabou pèse. Récemment, la fête provençale, a été labellisée Plus belle fête de France. L’association éponyme, créée en 2024, se « fait un porte-parole du patrimoine culturel immatériel ». Et fait couler de l’encre. L’association est en partie financée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin (voir notre édition du 16 août), d’après les révélations de L’Humanité, en juillet dernier. Dans un communiqué de presse paru le 7 août, l’association explique être « victime d’articles de presse calomnieux et imprécis remettant en cause son caractère apolitique » et nous affirmait que « Monsieur Stérin n’est pas membre de l’association, et l’association ne lui rend aucun compte ». Inquiet, le Collectif anti-extrême droite aixois organisera une opération de tractage et de sensibilisation ce dimanche, en parallèle des festivités. Composé de plusieurs partis de gauche et syndicats et associations humanitaires, le Collectif précise ne pas souhaiter « attaquer » la fête, ni l’association organisatrice, mais alerter sur le « projet idéologique et politique » de Pierre-Édouard Stérin. « On n’en fera pas plus. On est obligés de relier ça à bien d’autres choses, au fait qu’il s’infiltre de partout de façon plus ou moins insidieuse », précise Philippe Sénégas, coprésident de la Ligue des Droits de l’Homme, prenant pour exemple plusieurs fêtes locales. « La bénédiction des calissons est organisée par une association indépendante, explique de son côté la municipalité. La Ville n’est donc pas à l’origine et n’a aucun lien avec la démarche d’obtention du label “Les Plus Belles Fêtes de France”. » Sollicitée, l’organisation Excalisson n’a pas pu nous répondre.

  • Des balades et rencontres pour découvrir le territoire

    Des balades et rencontres pour découvrir le territoire

    La saison s’annonce encore chargée. Le Bureau des guides, association d’artistes marcheurs à l’origine du tracé du GR2013, sentier de randonnée de 365 km traversant 38 communes des Bouches-du-Rhône, prévoit de nombreux rendez-vous jusqu’en décembre. Au programme cette saison : 7 balades, 2 rencontres et 1 atelier. Et la première promenade est prévue dès samedi à Roquevaire. L’objectif : « comprendre le territoire à travers l’arbre et le rencontrer comme un individu qui dialogue avec son environnement ». La balade conférence débutera à 9h depuis l’arrêt de bus Pont de l’Étoile à Roquevaire. Une visite suivra le dimanche 14 septembre en compagnie de la journaliste Margaux Mazellier qui proposera une déambulation dans le centre-ville de Marseille pour (re)découvrir les lieux et les femmes qui ont marqué l’histoire féministe de la cité phocéenne. La marche le long du fleuve côtier, du parc Billoux (15e) à la cascade de la Cité des arts (15e), clôturera le programme de septembre le samedi 20. Des balades à Sainte-Marthe (14e), sur le boulevard Urbain sud (8e), à Port-de-Bouc et à Bon secours (14e) seront respectivement organisées les 29 octobre, 8 novembre, 22 novembre et 14 décembre sur les thèmes du feu, du brouillard, des strates urbaines ou des mémoires coloniales.

    Fête du ruisseau

    Parmi les sites du GR2013 régulièrement explorées par le Bureau des guides et leurs collaborateurs : le fleuve côtier Caravelle-Aygalades (15e). Le collectif Gammares – du nom d’une crevette d’eau douce –, partenaire du bureau, qui s’applique à prendre soin du cours d’eau tout au long de l’année, organise le 3, 4 et 5 octobre la cinquième édition de la Fête du ruisseau. Le vendredi sera l’occasion pour les locaux – ou curieux des alentours – d’assister à une performance de Floriane Facchini qui proposera aux spectateurs de « goûter le ruisseau ». Le samedi matin sera consacré à une session ramassage de déchets sur les rives de la rivière. Une déambulation est organisée l’après-midi avec les habitants, munis de pancartes pour défendre les lieux, avant un spectacle de 17h30 à 18h30. Un marché augmenté et un « Karaeauké » seront enfin mis en place le dimanche.

    Réservation des balades sur le site du Bureau des guides.

  • Le 100 % féminin de Provence revient

    Le 100 % féminin de Provence revient

    Le 100% féminin de Provence est de retour pour une deuxième édition. Un National triplette Top 1 000 féminin aura lieu le week-end des 6 et 7 septembre, en même temps que deux triplettes de niveau départemental.

    L’objectif est de promouvoir la pétanque féminine. Le directeur général de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP), Xavier Grande, a souligné que « la pratique féminine fait partie du projet fédéral et des moyens lui sont donnés, notamment en termes de médiatisation ». Mais comme l’a rappelé Sabine Fara, « le milieu bouliste est un milieu assez macho ». L’ancienne vainqueure du Mondial La Marseillaise participera au concours cette année. Elle est heureuse de voir des tournois exclusivement féminins être organisés : « C’est une belle compétition. Ça met en avant les femmes dans le milieu. Et l’endroit est magique. »

    Gérard Poncié, l’organisateur du projet, est ravi de voir la progression de la pétanque chez les femmes. « Le sport féminin est agréable à regarder. Donc je me suis dit pourquoi pas organiser quelque chose pour valoriser la pratique féminine. Et je ne regrette pas du tout ce choix. »

    Le 100% féminin de Provence sera également l’occasion de soutenir la bonne cause. Les recettes de la tombola et de la buvette seront reversées à Point Rose, qui offre un accompagnement aux familles confrontées à la fin de vie et au deuil d’un enfant.

    Début du National triplettes Top 1 000 à 9h30. Finale
    le dimanche à 15h.

    Début des triplettes départementales le samedi
    à 14h30, le dimanche dès 9h. Renseignements
    : 06.88.09.10.09.

  • Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Sur le bureau de Lucie Mekerke, conseillère en économie sociale et familiale chez le bailleur social Erilia, tout est parfaitement rangé. Une organisation qui contraste avec l’incertitude de son emploi du temps : « j’essaye toujours de planifier, mais ça change souvent ». Les journées de Lucie ne se ressemblent jamais et sont toujours bien remplies. Entre les rendez-vous mensuels dans les différents ensembles pour rencontrer les locataires, la gestion d’urgence et le suivi des dossiers, « on ne s’ennuie pas », affirme-t-elle.

    La jeune femme est l’une des 20 conseillères en économie sociale et familiale de l’entreprise sur Marseille. Elle est chargée des 15 et 16e arrondissements où Erilia a environ 1 000 locataires. Depuis son arrivée dans l’agence en novembre 2024, elle tente d’apporter des solutions à ceux qui en ont besoin. « Mon rôle c’est de les accompagner dans la recherche, l’accès et le maintien au logement. Je les accompagne parfois dans leur demande d’aides ».

    Pour cela, elle est en contact régulier avec différentes structures, comme la Caf, des assistantes sociales ou encore l’hôpital Édouard Toulouse. C’est également à la conseillère de faire les signalements lorsque des personnes peuvent être dangereuses pour elles ou pour autrui. « Mais le but de ces signalements c’est que ces personnes soient suivies, de trouver la meilleure solution pour elles. »

    Le lien social à cœur

    Un travail qui tient à cœur à Lucie Mekerke qui aime particulièrement le lien social qu’elle peut tisser avec les locataires. « J’ai toujours su que je voulais travailler dans le social, parce que j’aime aider les gens ». Dès le bac, son appétence l’oriente vers la filière ST2S (sciences et technologies de la santé et du social). Puis elle poursuit avec un BTS en économie sociale et familiale à Marseille et une licence dans le même domaine. C’est au cours de ces études qu’elle découvre ce métier « je me suis dit que c’était ce que je voulais faire parce que c’est tellement riche et on peut y faire tellement de postes différents ».

    Âgée de 23 ans, elle n’est pas à sa première expérience. « J’étais dans une association à Istres pendant à peu près un an ». Mais, elle veut se spécialiser sur la question du logement et travailler à Marseille « parce que le public y est particulièrement fragilisé. » et décide donc de venir travailler chez Erilia. Elle avoue toutefois : « J’avais un peu peur d’aller travailler dans les quartiers nord. Mais en fait ça se passe super bien ». Ce nouveau travail lui donne également le sentiment d’être utile : « Ici, on a des lignes directes avec la Caf, le Département ou la Ville, donc je peux apporter des vraies réponses. »

    Il est 9h30, un matin d’août, et après un court passage à l’agence d’Erilia, située dans le boulevard National (3e), direction les logements du 38 avenue de la Viste (15e) pour rencontrer les locataires. « Je préfère les rencontrer sur place, dans un lieu qui leur est familier. Parce qu’on a des locaux pour les recevoir à l’agence, mais c’est loin pour eux et c’est impersonnel. ça peut être plus compliqué de se confier sur des sujets difficiles », développe la conseillère.

    Un travail d’équipe

    Sur place, c’est une équipe complète qu’elle retrouve avec les gestionnaires d’immeubles et la gestionnaire de contentieux. « Ils sont tout le temps sur place, donc ils connaissent mieux les habitants et leurs problématiques. Ce sont un peu nos yeux et nos oreilles. Sans eux, je ne pourrais rien faire ». Après chaque rendez-vous, elle échange avec eux sur les solutions possibles, car ils ont souvent plus d’informations sur la situation. « Notre but c’est de trouver les meilleures solutions et d’éviter les expulsions », insiste Lucie.

    Très impliquée et appliquée, la jeune femme sait pour autant qu’il est important de prendre du recul sur certaines situations. Mais elle est reconnaissante : « Depuis que je suis arrivée, on a réussi en équipe à trouver des solutions. Quand tout se débloque pour les locataires, c’est incroyable, et on reçoit beaucoup de gratitude. »

    Eva Janus