Tag: Association

  • « Une première victoire », mais pas de terrains pour l’Orange Football Club

    « Une première victoire », mais pas de terrains pour l’Orange Football Club

    « C’est une première victoire, mais le chemin reste long », confie Amid Chouly, président de l’Orange Football Club (OFC), ce jeudi 13 novembre. Il évoque la décision du tribunal administratif de Nîmes d’annuler la décision de la préfecture de Vaucluse retirant l’agrément de son association sportive. Sauf que, dans le même temps, la municipalité orangeoise a attribué le stade Clapier au Rugby Club Orangeois.

    « L’arrêté était disproportionné », explique Simon Renault, avocat du club. L’agrément avait été retiré, en janvier, à la suite à des actes de « violence », mais la décision avait été suspendue par la justice, en mars. Ce qui avait alors permis aux jeunes de 4 à 13 ans de refouler les terrains jusqu’en été. « Nous avons pu montrer que 4% des rencontres avaient connu un trouble à l’ordre public. Les juges ont estimé que ce pourcentage était trop faible pour justifier une décision aussi lourde », précise Me Renault.

    Dialogue rompu

    Fin juillet, les dirigeants de l’OFC ont appris que le stade Clapier serait désormais occupé par le club de rugby local, à leurs dépens, alors que ce dernier dispose déjà d’un autre stade sur la commune. Une décision également contestée en justice.

    Le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête en référé dans un premier temps, estimant « qu’il n’y avait pas d’urgence, la saison ayant déjà commencé », indique Simon Renault. Un recours en annulation est en cours devant la juridiction. Une procédure qui peut durer jusqu’à 18 mois. « C’était un coup de massue pour moi et les autres membres du bureau », lâche le président de la structure, qui demande désormais « à rouvrir le dialogue avec la mairie, car on n’a plus eu de réponses à nos prises de contact depuis, alors que l’on se pliait à toutes leurs demandes avant ces problèmes ».

    Avant cette affaire, le club comptait 300 licenciés. La plupart des jeunes footballeurs ont rejoint des clubs voisins, « mais on estime qu’environ 100 d’entre eux ne sont pas allés dans une autre structure », estime Amid Chouly. « Nous privilégions l’aspect social, car nous sommes situés dans une zone entourée de quartiers populaires. Beaucoup de mamans n’ont pas les moyens d’amener leurs enfants plus loin. Certains vont traîner dans la rue et on ne souhaite pas ça », poursuit le président du club.

    Contactée, la municipalité d’Orange n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    Depuis 1803, la foire des santons provençaux investit le Vieux-Port. Samedi, la mythique foire aux santons ouvre ses portes pour l’édition 2025, avec 21 santonniers provençaux. « Les visiteurs peuvent avoir l’absolue certitude qu’ils sont fabriqués en Provence », assure Philippe Risch, secrétaire de l’association IGSP. Une association qui organise la création et la gestion pour une indication géographique de cet artisanat traditionnel. « Le but est de protéger les santons provençaux », explique Daniel Coulomb, président de l’association. Les deux hommes espèrent que l’indication géographique sera effective en décembre 2026.

    Un patrimoine culturel que la foire tient, cette année encore, à mettre en avant. Comme l’année passée, les enfants pourront découvrir ce savoir faire tous les mercredis, en faisant leur propre santon d’argile. Les week-end seront animés par des chants et danses provençales.

    Une année difficile tout de même pour la foire, qui a perdu la subvention de la Métropole. « La filière d’argile de la Métropole a été transférée à la ville d’Aubagne, explique Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Comme ils organisent une foire concurrente, on a perdu nos subventions », se désole-t-il. Un manque à gagner de 20 000 euros.

  • Les copros en crise se prennent en main à Marseille

    Les copros en crise se prennent en main à Marseille

    Un mur de soutènement qui faute d’entretien conduit au péril et nécessiterait des travaux à hauteur de 600 000 euros à la Mazenode (11e). Des réparations d’ascenseurs à plus d’un million à Bel Ombre (11e). Des factures astronomiques pour des chantiers non réalisés à la Sauvagère (10e). Une dette abyssale de 3 millions d’euros à la Maurelette (15e) et 18 millions d’euros de travaux pour lever l’arrêté de péril. Et toute ces cités placées en cessation de paiement…

    C’est un véritable « système » que sont venus dénoncer des co-propriétaires dont les logements se dégradent lentement ce lundi 10 novembre devant le Palais de justice. « Notre syndic nous a placés en redressement, nous sommes venus contester cette décision », explique Radhouane, secrétaire d’une association créée au nom des propriétaires et habitants de la Mazenode. Leur bâtiment abrite 106 logements sur les 500 que compte la résidence. Tout a basculé en avril, quand ils apprennent que l’état d’un des murs jouxtant l’immeuble a déclenché un arrêté de mise en sécurité, entraînant un chantier de taille. « Ce n’est pas un refus de payer mais nous demandons comment nous en sommes arrivés là, et nous ne voyons pas pourquoi il faut démolir et reconstruire. Rien ne nous démontre que c’est nécessaire, nous n’avons pas voté cette résolution », explique Radhouane, évoquant un conseil syndical incompétent et un syndic négligeant. Syndic qui s’est désengagé au profit d’un administrateur judiciaire, AJAssociés, concentrant nombre de dossiers marseillais.

    Un scénario qui se reproduit, déplorent les manifestants. « C’est toujours la même spirale », raconte Mohamed venu de Bel Ombre, « les bâtiments s’abiment, l’insalubrité s’installe, les réseaux de drogue aussi », avec des atteintes « à la dignité humaine » quand les habitants sont coincés en haut de leur tour, faute d’ascenseur. À la Maurelette, Ahmed décrit un syndic « qui ne respecte pas son mandat », un administrateur qui laisse courir et « va finir le travail » par « la revente à des prix dérisoires ».

    Unis, ils réclament dans une lettre ouverte commune de la transparence, un contrôle renforcé des syndics, un encadrement des mandataires, s’interrogeant sur leur rémunération et leurs « pratiques peu lisibles et difficilement justifiables ». Et en appellent à l’action des collectivités et de l’État.

    Des dossiers à la pelle

    Du côté d’AJAssociés, on déplore des recours bien trop tardifs. « Après une ou plusieurs années d’impayés, les situations sont complexes », indique-t-on. Et de confirmer que l’administrateur judiciaire devient le seul maître à bord quand il est désigné par le tribunal car « les co-propriétaires n’ont pas été capables de gérer ». Quand on lui demande quelle est sa marge de manœuvre, AJAssociés dit avoir accès à des aides. « Prenons Bel Ombre, ils ont eu droit à 50% du montant des travaux pour les ascenseurs, estimé à 1,7 millions TTC, payés par l’État », précise-t-on. À la Maurelette, « dans un parc privé, ce sont 18 millions qui sont injectés », insiste-t-on. Quant au nombre de dossiers dont l’administrateur judiciaire a la charge, il va effectivement croissant. De quelques-uns « lors de notre arrivée à Marseille en 2017, nous sommes passés à 10 ou 15 de plus après la rue d’Aubagne ». Il y a eu aussi le rachat par Foncia, un des leaders du secteur, d’énormément de syndics. Le temps de « faire le tri », les copros les plus problématiques comme le Mail, la Sauvagère, Bel Ombre, sont passées sous administration provisoire. La loi du 9 avril 2024 où le syndic peut être condamné s’il ne demande pas de « mandat ad hoc » en cas de difficulté financière, en clair une mesure de protection avant d’arriver à la cessation de paiement, a aussi joué. Si AJAssociés s’est lancé dans ce secteur c’est parce que « sa structure nationale » le lui permet, ses « autres missions » comme le redressement des entreprises lui donnant l’assise financière en attendant de récupérer la mise avec des procédures. Et de se féliciter que les co-propriétaires se mobilisent, même s’ils auraient « dû le faire avant et payer leurs charges. » « Le pouvoir est entre leur main » estime-t-on.

  • Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    La lutte a commencé à payer. Après une semaine à braver le froid, la trentaine de personnes (dont 15 enfants) expulsées d’un squat le 27 octobre et qui depuis dormaient dehors, ont enfin été mises à l’abri. Depuis mardi 4 novembre et jusqu’au jeudi 13, ces familles françaises, ukrainiennes, arméniennes, albanaises, angolaises, libériennes ou algériennes à la rue sont relogées dans un hôtel d’Euromédecine. « Un hôtel où vous n’iriez pas passer vos vacances », tempère Samuel Forest, de l’association Solidarité partagée. Mais qu’importe, il s’agit d’une première victoire collective arrachée de haute lutte. « On est très contents pour toutes ces personnes. Ce n’est pas possible qu’en France on laisse des enfants dormir à la rue ».

    Comme cela a été rappelé par le travailleur social Antoine Feletti (Sud santé sociaux) lors du rassemblement de soutien du lundi 3 novembre devant la préfecture de l’Hérault, il incombe à l’État de s’assurer que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence » (article L345-2 du code de l’Action sociale et des familles).

    Or, c’est grâce à l’intervention de la Ville de Montpellier que cette solution provisoire a pu être trouvée. Reprochant à l’État ses carences, le maire M. Delafosse (PS) va lancer une procédure de remboursement auprès de ses services. « Nous saluons la proposition de la Mairie de Montpellier, qui a finalement pris ses responsabilités », se réjouit Un toit, un avenir.

    Soutien de députés

    Depuis le 27 octobre, l’ensemble des soutiens (citoyens, assos, syndicats, partis) dénoncent l’inertie des services déconcentrés de l’État. « Il y a une réelle volonté de ne pas prendre en charge. Tout le monde est choqué par cette situation », déclarait au micro Samuel Forest le 3 novembre devant les grilles de la préfecture. Un « choix politique » que Nathalie Oziol, députée LFI en campagne, attribue au gouvernement macroniste « qui avait promis qu’il n’y aurait plus un seul SDF ! ». Reproches semblables du côté de l’autre candidat aux Municipales, Jean-Louis Roumégas, qui pointe le manque d’un millier de places d’hébergement d’urgence. Le député écologiste s’inscrit en faux contre l’argument de la préfecture qui invoque le statut de personnes qui seraient sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). « Ce n’est pas la majorité des cas. Et quand des enfants dorment à la rue, on ne leur demande pas leurs papiers ».

    L’affaire qui fait grand bruit n’est pas close. « L’hébergement provisoire ne saurait remplacer un véritable relogement pérenne et digne », insiste Un toit, un avenir. « On espère un accompagnement de la part de la mairie avec des structures adaptées », confie Samuel Forest. Inquiet pour l’avenir de Solidarité partagée, il n’espère plus rien de la préfecture. Laquelle « défie quiconque de donner les leçons à l’État en la matière », dénonce une « instrumentalisation politique » et semble avoir l’association dans le viseur (saisine du procureur contre l’organisateur). Ce à quoi Samuel Forest rétorque : « Je leur demande juste de faire leur travail, si c’était le cas, nous n’aurions pas à nous occuper de ces familles ».

  • Var : carnet de voyage de l’association Les enfants d’Atacama

    Var : carnet de voyage de l’association Les enfants d’Atacama

    Ce voyage est l’occasion de recenser les divers besoins des écoliers de petits villages des Andes argentines, dont Porto Se et San Juan de Quillaques, à 3 800 mètres d’altitude. Depuis la création de l’association, ses membres multiplient les initiatives visant à améliorer les rudes conditions de vie des habitants, en particulier les plus jeunes, en facilitant l’accès à la nourriture et à la culture. Cette photo fait partie des dernières que Nicole vient de faire parvenir à aux adhérents donateurs en leur racontant par le menu le nouveau périple entamé.

  • La Marseillaise des femmes Rose, première édition

    La Marseillaise des femmes Rose, première édition

    La Marseillaise des femmes est une course bien connue dans la cité phocéenne. Cette dernière a regroupé plus de 10 000 participants lors de sa 15e édition, cette année. L’événement est organisée par le club des Marseillaises, qui a souhaité se diversifier avec une nouvelle date à son calendrier. Ce samedi, dans le luxueux hôtel Villa M (8e), le club invitait toutes celles et ceux qui souhaitaient venir à cet « entraînement sportif et musical ». De la gym suédoise pour être précis. La première Marseillaise des femmes Rose est née, avec quatre mots mis en avant : sport, bien-être, solidarité et fun.

    Christine Rollais est la présidente du club des Marseillaises. Elle raconte comment est née la manifestation du jour. « Nous sommes un club cool et féminin qui se réunit tous les samedis matin. Avec le succès grandissant de la Marseillaise des femmes, il y avait l’envie de se diversifier. Nous sommes un peu plus légitimes et nous pouvons faire plus qu’un rendez-vous par an. » Cette nouvelle course s’est réalisé en lien avec Octobre rose, avec un double objectif. Faire du sport et avoir un moment avec des associations pour parler du cancer et spécialement celui du sein. « Nous voulions commencer avec Octobre rose par cet entraînement de gym suédoise, mais aussi pour mettre en place un lieu d’échange avec des associations. ça permet de mettre en relation et de répondre à certaines questions que l’on ne se pose pas forcément », détaille Christine Rollais.

    Un événement qui pourrait en appeler d’autres

    Quinze associations étaient présentes sur place pour informer une foule d’une bonne centaine de personnes, composée à plus de 95% de femmes. L’une des salles d’accueil de l’hôtel Villa M s’est donc rapidement transformée en cours grandeur nature. Deux coaches étaient présentes sur une petite scène et montraient les mouvements à cette foule essentiellement vêtues de rose.

    Près d’une heure de sport s’est ainsi déroulé, avant la partie échange avec les associations et ravitaillement après s’être bien dépensé. Le club des Marseillaises souhaite pérenniser ce rendez-vous et possiblement en créer de nouveau, d’après sa présidente. « Nous souhaiterions faire d’autres événements aussi forts, toujours sur notre principal sujet, le sport-santé. » Un regroupement dont la Ville de Marseille était partenaire, avec la présence de la première adjointe au maire, Michèle Rubirola.

  • À Toulon, le Collectif tramway refuse que la voie du rail soit enterrée

    À Toulon, le Collectif tramway refuse que la voie du rail soit enterrée

    La bataille est de toute évidence loin d’être terminée. Pour mémoire, depuis l’abandon en 2005 par Hubert Falco du projet tramway, qu’il avait pourtant fait voter à l’unanimité par la Métropole, on s’écharpe à n’en plus finir dans le Port du Levant.

    Une véritable guerre du rail oppose les défenseurs de ce mode de transport rapide, écologique et performant à une droite locale devenue frileuse, craignant que les nuisances liées aux travaux ne sclérosent la circulation automobile et ne mettent en péril l’économie déjà précaire du centre-ville. Elle préfère donc le BHNS, moins gourmand en infrastructures, mais aussi bien moins performant.

    Vingt ans de procédure plus tard, tout le monde reste figé dans son couloir. La bataille des municipales relance le dossier. D’autant que les conclusions de l’enquête d’utilité publique, tout en donnant son feu vert au BHNS, en soulignent les limites.

    Des recours vont être déposés

    Pour le Collectif tramway, c’est donc « le choix de la médiocrité » qui a été retenu.

    Le rapport de la commission d’enquête a en effet clairement « émis des doutes sur la viabilité du projet en termes stratégique, de validation du concept et du choix du mode ». Il ajoute que « la capacité d’emport du BHNS et l’ampleur de la restructuration du réseau de bus paraissent limitées, avec une faible capacité d’évolution dans le temps, au regard des besoins futurs liés au dynamisme économique et démographique de MTPM ».

    « C’est exactement ce que nous exprimons depuis de nombreuses années », enrage le président du collectif, Maurice Franceschi. Des remarques, poursuit-il, auxquelles s’ajoutent, « six réserves dans lesquelles la commission indique que le projet n’est pas à la hauteur des besoins futurs ».

    Parmi les points problématiques mis en avant : le BHNS sera, sur au moins 30% de son parcours, soumis au flux de la circulation automobile, notamment à Saint-Jean-du-Var, un quartier particulièrement embouteillé aux heures de pointe, mais aussi à la Coupiane. Ce qui aura nécessairement un impact négatif sur la vitesse commerciale et la régularité du service.

    à cela s’ajoute la mise en circulation qui n’est pas programmée avant 2038, soit encore 13 ans d’attente, « alors que les autres métropoles réalisent leurs lignes de Bhns en 3 ans en moyenne ». Un véritable gâchis pour Maurice Franceschi, alors que les travaux déjà réalisés pour le tramway, d’un montant de 180 millions d’euros, ont permis de faire l’acquisition d’une grande partie du site propre et de réaliser plusieurs ouvrages d’art.

    Un autre point reste non élucidé : le franchissement du port de La Seyne où, pour l’instant, « il n’y a pas encore de solution technique définie et évaluée financièrement ».

    Pour le collectif, cette déclaration d’utilité publique est donc faite par dépit, « pour éviter une dégradation du service public des transports en l’absence d’un autre projet ».

    Le Collectif tramway déplore donc que la solution retenue permette uniquement de compenser l’augmentation de la population, avec pour conséquence une stagnation du niveau d’utilisation des transports en commun à moins de 10%, alors que les autres métropoles en sont à plus de 20%.

    Pas question, donc, de se contenter d’un tel dénouement. « Nous avons besoin d’un tramway qui permettrait de transporter deux fois plus de passagers par rame, avec une ponctualité d’un site propre à 100% et une attractivité de 50% supérieure », souligne Maurice Franceschi.

    Des recours contre ce projet, « qui n’est qu’un gaspillage de l’argent public pour un résultat qui n’est pas à la hauteur des besoins », vont donc être entamés.

    Avec un appel lancé à toutes les listes, pour les prochaines élections municipales, à rectifier ce choix en revenant à la solution tramway qui bénéficie, elle, d’une déclaration d’utilité publique depuis 2005.

  • Vacances dans un site superbe pour des enfants malades

    Vacances dans un site superbe pour des enfants malades

    Il est 10h30 et l’orage est passé, ce mercredi 22 octobre. Le soleil revient éclairer le sublime site du Château Sourire, 1 800 m2 dans 5 hectares de terrain à Sainte-Marthe dans les quartiers Nord. Depuis 20 ans, l’association Sourire à la vie accompagne des enfants atteints du cancer. Dans le château mis à disposition par Ricard après une grosse rénovation, elle a pu lancer, lundi, sa première semaine d’activités.

    Un groupe d’adolescents court avec un éducateur dans le parc. Des rires s’échappent de la grande salle du rez-de-chaussée où d’autres jeunes, enthousiastes, font du renforcement musculaire. Ils sont accompagnés de Frédéric Sotteau, le fondateur de l’association. « Il y a eu beaucoup d’excitation des enfants. Et pour nous, beaucoup de plaisir à les recevoir, voir enfin ce château qui vit, ces beaux dortoirs qui sont occupés », se réjouit-il avant d’ajouter : « Ce sont des enfants qu’on suit depuis longtemps. Et ils avaient l’air halluciné de découvrir les chambres, les appartements qu’ils ont. » Les murs blancs sentent encore la peinture fraîche. Une trentaine de jeunes ont pu poser leurs valises pour profiter d’un répit.

    « On a nagé avec des requins, incroyable ! »

    L’association occupait jusque-là le Phare Sourire à l’Estaque, mais l’espace manquait et le logement n’y était pas possible. Le château permet plus. « On est très impatient de pouvoir accueillir tous les publics en même temps. On a des gamins qui sont en post-greffe et ne peuvent voir personne, mais pour autant on peut quand même les recevoir », s’enflamme Frédéric Sotteau, « C’est merveilleux. Le gosse participe aux activités, et hop, quelqu’un vient le chercher pour un soin, et hop, il revient. »

    L’initiative est unique en France. C’est le seul lieu pour enfants qui propose des activités sportives, un suivi hors hôpital, un hébergement des familles entièrement pris en charge. Les jeunes font du sport, de l’art-thérapie, des ateliers de nutrition aidés du chef cuisinier et profitent d’un potager.

    « J’ai commencé à faire des stages d’une semaine » témoigne Lucas, 18 ans, atteint de leucémie et ayant rejoint l’association en 2021. Et de lister : « Je suis parti faire du bateau en Corse, on est parti en Polynésie un mois. Franchement, c’était incroyable ! On a nagé avec des requins. » « J’ai continué car ici tout le monde se comprend. Ça fait du bien de venir pour s’amuser et oublier un peu tout ça », conclut enfin le jeune homme.

    Le voyage est un élément central pour l’association et la prochaine destination est… la Norvège en mars ! « On fait une préparation avant de partir, beaucoup de sport durant la semaine car ça va être très physique là-bas », précise Candice, 20 ans. En rémission, elle a passé son Bafa avec l’association et sera animatrice durant le séjour norvégien. La boucle est bouclée.

    Aurélie Laborde

  • Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Une foule de jeunes engagés a envahi, mercredi soir, le hall de l’Alcazar (1er), à l’occasion de l’ouverture des traditionnelles Semaines de l’engagement associatif, cette année organisées du 22 octobre au 6 décembre. Devant l’auditorium de la plus grande bibliothèque de la ville, les jeunes bénévoles marseillais sont passés tour à tour derrière un appareil automatique, repartant avec un cliché imprimé que, peut-être, ils colleront sur le passeport bénévole qu’ils viennent d’acquérir.

    Pour lancer les Semaines de l’engagement, événement mis en place par la Ville de Marseille, en partenariat avec de nombreuses associations locales, Ahmed Heddadi, adjoint au maire en charge de la Vie associative (PM), a en effet remis à plusieurs associations un lot de passeports bénévoles nominatifs. « L’objectif de ce support est que les associations valorisent et reconnaissent l’engagement du bénévole, en mettant en avant les compétences qu’il ou elle a acquises et développer au cours de son expérience dans l’associatif », détaille la représentante de France Bénévolat Marseille, collectif d’associations créateur du passeport bénévole en 2007. Elle ajoute : « Nous recommandons que le document soit remis lors de petite manifestation solennelle, comme c’est le cas aujourd’hui. »

    Le passeport se matérialise sous la forme d’un petit livret qu’il est possible de remplir progressivement. Aussi imaginé pour permettre aux bénévoles de prendre conscience du temps qu’ils ont dédié à leur engagement associatif, le document est pensé pour être complété par les présidents d’associations, en présence du bénévole concerné. « En revenant sur toutes les heures qu’il a passées à travailler pour l’association, le bénévole se réapproprie les compétences qu’il a développées et aura ensuite moins de mal à les mettre en valeur pour une demande d’embauche, par exemple », insiste la représentante France Bénévole Marseille.

    Florilège d’engagements

    Lutte contre la discrimination et le racisme, soutien aux étudiants en situation de précarité, cours de français gratuits, aides administratives aux familles démunies, réseau d’accueil de mineurs non accompagnés ou cours de musique, les causes défendues par les associations présentes mercredi soir à l’Alcazar sont presque aussi nombreuses que ceux qui les portent. Dans l’auditorium de la bibliothèque pour cette ouverture des Semaines de l’engagement : Action Bomaye, le centre social de la Martine, le conseil municipal des jeunes, Donne-moi ta chance, Espoirs étudiants, IMSP, Kipawa, la Ligue de l’Enseignement, Marseille Bénévolat, Ramina, Restons solidaires ou encore Voix d’artistes.

    « C’est une bonne manière d’ouvrir les Semaines particulières, qui ont pour objectif de sensibiliser sur les valeurs de l’engagement, fraternité et lien social, car cela permet de valoriser ceux qui travaillent et donnent de leur temps », explique Ahmed Heddadi. Le 4 novembre sera la prochaine échéance des Semaines de l’engagement, avec une conférence-débat organisée sur le thème de l’engagement comme levier d’insertion professionnelle.

    TÉMOIGNAGES

    Josiane, 24 ans, bénévole pour Marseille Bénévolat

    J’ai choisi Marseille Bénévoles parce qu’ils interviennent sur des événements qui rassemblent beaucoup de monde et j’avais besoin de rencontrer de nouvelles personnes. C’était l’occasion de passer de bons moments tout en aidant. J’ai appris beaucoup sur l’esprit d’équipe avec des personnes qui ne se connaissent pas mais qui évoluent en harmonie pour aider d’autres personnes.

    Chaina, 21 ans, présidente de l’association Espoir étudiant

    Notre mission c’est d’aider les étudiants en situation de précarité. On distribue des colis alimentaires, on fait des vide-dressings, des collectes pour les redistribuer par la suite. On écoute les étudiants, on est là pour eux. J’ai choisi d’aider car je pense qu’on peut tous se retrouver dans une situation compliquée un jour dans notre vie. C’est une démarche de solidarité.

    Ibrahim, 15 ans, bénévole pour la Ligue de l’enseignement

    Je suis bénévole pour une junior association de la ligue qui a été créée par des amis à moi. On y fait de l’éducation populaire, de l’éducation à la citoyenneté. J’ai gagné énormément d’expérience. Ça m’a ouvert des portes. Ça m’a permis de découvrir ce que je voulais faire plus tard, c’est-à-dire un métier en lien avec l’informatique, que j’aimais déjà, et la politique, que j’ai découverte.

    Jinane, 23 ans, bénévole pour Restons solidaires

    C’est dans le cadre de ma recherche d’emploi que j’ai découvert l’association. Elle m’a beaucoup aidée, j’ai appris à construire un CV, à rédiger une lettre de motivation. Ça m’a beaucoup touchée et j’ai donc décidé d’à mon tour de devenir bénévole. J’ai appris à aider les gens et j’ai été confrontée à beaucoup de situations difficiles, avec des gens qui n’avaient plus de vie sociale, qui ne parvenaient plus à payer leurs factures…

  • [Entretien] Guy Verga : « Le Covid a accéléré le phénomène de pauvreté »

    [Entretien] Guy Verga : « Le Covid a accéléré le phénomène de pauvreté »

    La Marseillaise : Quelle est la vocation de cette soirée que vous organisez ?

    Guy Verda : L’idée est avant tout de passer un moment festif entre anciens bénévoles et l’équipe actuelle, mais aussi les donateurs, des gens qui sont proches du Secours populaire. à Gréasque, nous n’avons pas 80 ans, mais il y a un comité qui existe depuis longtemps. Les donateurs et les bénévoles sont des gens emblématiques du village et qui ont contribué à sa dynamique. On va rendre hommage à toutes ces personnes.

    Vous évoquez des besoins qui ne cessent de croître aujourd’hui. Quelle est la réalité du terrain local ?

    G.V. : Notre noyau d’activité se situe à Gréasque, mais nous sommes sollicités dans les villages environnants. On rencontre essentiellement des personnes seules, surtout des femmes, qui ont soit de petites retraites, ou qui sont des mères isolées. Il y a quelques familles nombreuses, avec quatre ou cinq enfants. La rupture a tout de même été le Covid, qui a accéléré le phénomène de pauvreté. On voit des jeunes qui n’ont jamais mis un pied dans une association d’aide et qui se retrouvent contraints à venir. Vous connaissez les causes du développement de la précarité… L’isolement est aussi une grosse problématique. On se retrouve à livrer des colis à des personnes qui ne peuvent se déplacer, d’autres qui sont malades. On prête évidemment main-forte sur le côté matériel, mais on se rend compte que beaucoup de bénéficiaires ont besoin de compagnie, d’un soutien un peu plus psychologique. Par exemple, chaque mercredi, nous avons une trentaine de personnes qui viennent – ça augmente – et on leur donne des produits frais qui correspondent à des invendus, en faisant la distribution de la façon la plus légère possible : on discute, on prend un café, on essaie d’éviter la tristesse. J’essaie de ne pas employer le mot bénéficiaire, je parle plutôt de personnes accueillies.

    Le comité parvient-il actuellement à répondre à la demande ?

    G.V. : L’équipe de bénévoles se renouvelle chaque année sur Gréasque. Certains viennent, peu arrêtent. Ceux qui le font sont contraints par des raisons de santé. L’équipe reste fidèle, on a aussi quelques étudiants qui viennent nous aider sur les collectes alimentaires, par exemple. C’est bienvenu. Ou d’anciennes personnes accueillies qui veulent rendre ce qui leur a été donné. Ils finissent, pour certains, par prendre des responsabilités, certains sont membres du bureau. On innove, on essaie par exemple de renouveler l’initiative de Copains du monde. On répond le plus largement aux demandes, mais l’idée reste de ne pas remplacer le service public. C’est notre façon de le défendre.