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  • Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Les mines sont graves et les gorges, nouées. Au 31 décembre, l’action menée depuis 10 ans par Area auprès des habitants des bidonvilles de Montpellier prendra fin. Le temps qu’un autre opérateur prenne le relais, 400 personnes en situation de grande précarité se retrouveront donc sans accompagnement social. Et les dix salariés de l’association, en liquidation judiciaire, seront licenciés.

    Ainsi en a décidé la préfecture de l’Hérault en ne renouvelant pas la convention annuelle qui la lie à Area. Un arrêt du financement de l’État qui entraîne la perte de l’ensemble des autres subventions (Fonds social européen, mairie, CAF, ARS, Drac) adossées à cette mission sur les bidonvilles.

    Entourée de représentants du monde associatif et de personnes accompagnées venus la soutenir, l’équipe a tenu à dénoncer publiquement, le 26 novembre, cette décision lors d’une conférence de presse où se sont tour à tour exprimées colère, inquiétude et émotion. Car « il ne s’agit pas d’un choix budgétaire, mais d’une décision politique de rétorsion », souligne Catherine Vassaux, administratrice et ancienne directrice d’Area. « Il nous est clairement reproché d’avoir une position trop critique, c’est pour ça que nous sommes sanctionnés. Ça nous a été dit par les services de l’État à plusieurs reprises et ça nous a aussi été écrit », assure-t-elle.

    « Vous m’avez indiqué que l’association se positionne dans une posture critique des institutions à des fins d’amélioration continue de l’accompagnement des personnes en difficulté sociale sur les bidonvilles. Cette posture a amené à plusieurs reprises mes équipes à s’opposer à vos positions, depuis plusieurs années, tout en acceptant de continuer à financer la mission d’accompagnement au vu de vos résultats », écrit le directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de l’Hérault dans un courrier en date du 30 septembre – dans lequel il reconnaît la qualité du travail de l’association. « Aujourd’hui votre posture sur l’opération de résorption du bidonville de Jasse de Maurin ainsi que vos déclarations dans la presse et celles de votre équipe démontrent l’incompatibilité de votre position avec un financement de l’État », poursuit-il. Trop critique, donc.

    « Les pouvoirs publics

    en donneurs d’ordre »

    « Cette décision est prise aux dépens du travail social », déplore Catherine Vassaux. L’État finance en effet six des dix postes d’Area (les 4 autres dépendent d’autres subventions). « Ça veut dire que si une association ou un opérateur prend la suite de notre action, il y aura moins d’accompagnement social, puisqu’il y aura pratiquement 40% de financements en moins. » Selon l’ancienne directrice de la structure, ce qui arrive à Area n’est pas un cas isolé. « De plus en plus d’associations sont sanctionnées suite à des prises de position critiques. L’Observatoire des libertés associatives a rendu en juin dernier un rapport qui révèle que 30% du secteur associatif a été sanctionné pour des positions qui ne convenaient pas à l’administration. »

    « Longtemps, dans le travail social, les projets ont été portés par les associations sur la base de ce que qu’elles constataient sur le terrain. Les pouvoirs publics, eux, finançaient ces projets et leur mise en œuvre. Désormais, ils se positionnent en donneurs d’ordre qui attendent des associations qu’elles soient des prestataires », dénonce Damien Nantes, administrateur d’Area. « Ça a des conséquences directes sur le travail social, car on a des dispositifs imaginés par des personnes éloignées du terrain, qui demandent aux associations de les appliquer à la lettre. Or l’accompagnement social est le fruit d’une interaction entre les travailleurs sociaux et les personnes accompagnées. Les dispositifs doivent s’adapter aux besoins des gens. Aujourd’hui on fait l’inverse : on demande aux travailleurs sociaux d’adapter les personnes aux dispositifs », s’agace-t-il. L’association a donc pointé, au cours de ses dix années d’expérience sur les bidonvilles, ce qu’elle estimait être des erreurs, des points faibles ou des manquements. « 10 ans de tensions permanentes sur des sujets récurrents », soupire le directeur de l’association, José Lagorce, visiblement éprouvé. « On nous dit qu’on est une association militante. Mais ce que fait Area, c’est simplement utiliser Légifrance pour demander l’application d’un droit », poursuit-il. « Sur le bidonville de l’avenue de Maurin, par exemple, il y a des personnes qui relevaient de la stabilisation ou du CHRS auxquelles on a refusé l’entrée dans ces dispositifs en raison de l’irrégularité de leur séjour, alors que cette question ne devait pas se poser. Ça veut dire qu’on laisse en errance des gens qui n’auront d’autre choix que d’aller reconstruire un bidonville ailleurs. Ces exemples se multiplient », assure José Lagorce. « Ce qui nous arrive et arrive à d’autres associations en France va se multiplier. Il faut faire en sorte que notre exemple ne provoque pas de la peur, mais donne envie de résister. »

    Reste l’énorme gâchis humain causé par cette décision brutale. Car « au-delà de la vacance de l’accompagnement, c’est aussi un lien qui va être perdu. Un lien de confiance, ça ne se crée pas en quelques jours parce qu’on signe un financement avec un prestataire quelconque. Ça se construit dans le temps », insiste Damien Nantes. La preuve par les témoignages émus livrés à la fin de la conférence de presse. « J’ai 27 ans. Voilà plus de 10 ans que je suis accompagnée par Area. Ils font partie de mon histoire. J’ai habité plusieurs années sur le bidonville du Zénith. Ils m’ont aidée à trouver du travail et un logement. Je suis là pour les remercier », déclare une jeune femme au bord des larmes. « Mes premiers pas à l’école, c’était avec eux. Grâce à eux, je suis allé jusqu’au bac, alors que je voulais arrêter. Ils m’ont trouvé un logement social. Ça fait des années qu’ils suivent ma famille, qu’ils se battent pour nous. Ce sont des éducateurs exceptionnels. Je n’arrive pas à croire que le travail de cette association s’arrête », renchérit un jeune homme. Le cri du cœur. Le plus bel adieu.

  • Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    « Je vous attends nombreux. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple. » On aurait pu croire Amine Kessaci définitivement anéanti par l’assassinat de Mehdi son frère, un très probable « crime d’avertissement » selon le ministère de l’Intérieur, alors que le militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic et sous protection policière, avait reçu des menaces. Mais c’était mal le connaître.

    Dans un message sur les réseaux sociaux ce mercredi 19 novembre, il appelle au rassemblement ce samedi à 15h pour une grande marche blanche au départ du lieu du crime. Plus tôt dans la matinée, il a signé dans le journal Le Monde une tribune aux mots dont on devine qu’ils ont été soigneusement pesés. Un uppercut à destination de ceux qui ont tué son frère, de l’État dont il dénonce les carences, insistant sur « les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées ».

    Un texte qui dénote un courage admirable face à l’horreur, a réagi Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, parmi les premières signataires de l’Appel de Marseille. Lancé en janvier 2024 à l’initiative du PCF 13 il entendait enrayer la spirale de violences du narcotrafic et a été depuis soutenu par des milliers de citoyens, élus, acteurs de la culture, du sport, du secteur associatif et syndical… Dont Amine Kessaci. Une démarche qui dans ce contexte, prend un sens tout particulier.

    « La terreur n’aura pas de prise, il faut qu’il y ait du monde à cette marche blanche », estime la militante associative. Même s’il faudra mener « une lutte de longue haleine », pour « rétablir les services publics dans les quartiers, les écoles » et « faire en sorte que les quartiers ne soient plus dans l’abandon », estime-t-elle.

    Déplorant une « situation effroyable », Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port, également parmi les premiers signataires, considère que « l’Appel de Marseille a été quelque part précurseur pour essayer d’interpeller tout le monde, et malgré les engagements, les actes concrets ne sont toujours pas au rendez-vous ». Et ce ne sont pas les « quelques coups d’éclat du gouvernement » qui vont remplacer un nécessaire « travail de fond » pour « qu’on reprenne possession de nos quartiers et qu’on arrive à éradiquer ces trafics », s’indigne le responsable syndical. Et d’insister : « Ce problème concerne tous les Marseillaises et les Marseillais et au-delà, on n’a pas d’autre choix que de s’en emparer. On sera là samedi. »

    Un minimum aussi pour Vincent Moutardier, chirurgien dans les quartiers Nord, aussi engagé dès le début dans l’Appel.

    « Un sursaut populaire »

    « Il n’y a plus de limites, c’est très impressionnant », nous confie-t-il entre deux opérations au bloc, toujours bouleversé. « On ne peut pas rester silencieux, c’est un problème de société majeur dont j’avais moins conscience il y a un an », reconnaît-il, faisant part de ses doutes. « Que faire à mon niveau ? La marche blanche évidemment mais la prise de conscience n’est pas encore là », analyse le chirurgien pour qui un « sursaut populaire » s’impose néanmoins.

    Pour crier sa colère et son espoir, Joël Dutto, secrétaire de la section PCF Marseille 15e et aussi partie prenante de l’Appel, avait pris la plume deux jours après l’assassinat. Une manière « d’inciter les gens à parler », explique-t-il, se souvenant des réticences des habitants à signer le texte de leur nom. « Beaucoup l’ont fait, ce n’était pas facile, on était là avec nos stylos à deux pas du réseau, à la Solidarité », raconte le militant communiste pour qui l’État n’agira que « si ça monte d’en bas ». Et si Mehdi est mort, analyse-t-il, c’est aussi que les trafiquants « ont peur pour leur empire ». Il appelle à dépasser le choc. « La République ne peut pas perdre face au narcotrafic, c’est ce que dit Amine », insiste Joël Dutto.

    Samedi, « il faut que toute la ville soit présente », exhorte Anthony Gonçalvez, oncologue à l’Institut Paoli Calmettes mais aussi chef de file des communistes de Marseille pour les municipales, « ce que l’on disait lors de l’Appel résonne d’une plus grande acuité encore ». Il en rappelle les termes et les propositions : s’attaquer au trafic de manière immédiate en venant en aide aux familles de victimes, « avec des moyens radicaux et des renforts de police, de douanes », mener un travail de long terme pour démanteler les réseaux, s’attaquer au blanchiment, apporter une réponse « sociale et de justice » à des quartiers délaissés. Il faut aussi « que ces questions de narcotrafic soient identifiées par le mouvement social et populaire comme une priorité », estime-t-il, quand « souvent à gauche on les a laissés aux fascistes, aux populistes alors que c’est une des manifestations de l’affrontement de classes, ces violences ne sont jamais que les conditions d’un capitalisme primitif ».

    Samedi 22 novembre, à 15h, rond-point Claudie-Darcy

    ET AUSSI

    Minute de silence

    Au Sénat le président Larcher (LR) a demandé un « moment de recueillement » en hommage à Mehdi Kessaci.

    Tondelier et Faure

    Les leaders du PS, Olivier Faure, et des Verts, Marine Tondelier, ont annoncé leur participation à la marche blanche de samedi.

    Stand-by

    Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a indiqué qu’elle serait présente samedi lors du rassemblement. Ses équipes ont annoncé mettre la campagne pour les municipales en stand-by jusqu’à la fin de la semaine.

    Plateforme

    La droite marseillaise a lancé une plateforme (Marseille-republicaine.fr) anonymisée où tous les Marseillais qui luttent « contre le crime, ce cycle de violence et de mort » peuvent exprimer leur soutien.

  • [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous présentez-vous ?

    Judith Dossemont : J’ai voulu proposer ma candidature et offrir aux Roquevairois mon expérience. J’ai d’abord eu un engagement associatif à Roquevaire : j’étais membre fondatrice du grand trail du Garlaban. Mon engagement dans le monde associatif, en 2014, s’est poursuivi avec un engagement aux municipales en devenant colistière. Depuis 2020, je suis le leader de l’opposition à droite. Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit sur la commune. Je suis également conseillère départementale, j’ai été colistière aux régionales, colistière aux élections européennes et attachée parlementaire. Aujourd’hui, je ne peux plus être conseillère départementale et regarder ma ville dépérir sans pouvoir agir.

    Que voulez changer ?

    J.D. : Tout. Je veux tout changer. Le centre du village se paupérise, donc je veux prendre soin de Roquevaire en proposant un vrai projet d’aménagement du cours Négrel-Ferraud. C’est un endroit central qu’il faut vraiment rénover. Je suis en train d’y réfléchir avec des architectes reconnus internationalement, pour voir comment on peut à la fois produire du parking, un aménagement qui puisse permettre aux commerces de fonctionner, avoir des terrasses, avoir une petite place à la Provençale avec peut-être une petite fontaine. Quelque chose que l’on puisse se réapproprier. Parce qu’aujourd’hui, personne n’a envie de venir se promener dans le centre ville.

    Quel est le reste de votre programme ?

    J.D. : Les trois axes qui vont alimenter ma campagne sont la sécurité et la tranquillité publique, l’attractivité et la relance économique du village et enfin le cadre de vie et l’urbanisme enfin maîtrisés. Au niveau de la sécurité, la société a changé et il y a des violences partout. L’insécurité progresse et les Roquevairois le voient, le ressentent. Il y a juste la municipalité qui ne veut pas le voir. Il y a 4,5 policiers pour une ville de 9 000 habitants, et il n’y a quasiment pas de caméras, ou elles ne fonctionnent pas. Je veux renforcer la présence policière, moderniser la police municipale et repenser à un élargissement des horaires des agents. Je souhaite également lancer un grand plan de vidéoprotection crédible, parce qu’il y a beaucoup d’incivilités, de nuisances et de dégradations. Il faut plus de fermeté. Et enfin je veux redonner du caractère au centre ville de Roquevaire, créer du parking, ramener des commerces de bouche, des artisans, des cafés, une vie de hameau.

    Comment comptez-vous financer cela ?

    J.D. : Sans cofinancement, la ville de Roquevaire ne pourra effectivement rien faire. La première chose que je voudrais entreprendre, c’est faire un contrat d’aide aux communes, dès que je suis élue, pour pouvoir m’appuyer sur les collectivités donc le Département, la Métropole et la Région. Car j’ai quand même des liens puisque j’ai été colistière de Renaud Muselier. Je suis en train de chiffrer tous les projets et je m’appuie évidemment sur ces aides pour renforcer l’attractivité de Roquevaire.

  • « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    La Marseillaise : Quel a été votre sentiment en apprenant cet assassinat ?

    Mathieu Croizet : Celui d’une immense tristesse. J’ai tenté d’appeler Amine pour lui transmettre mes sincères condoléances. Je connais bien Amine qui est le premier à se rendre sur place quand quelqu’un se fait tuer, qui refusait de quitter le quartier où il vit. C’est horrible pour sa maman qui perd un nouveau fils. Je ne parle pas au nom de la famille que je n’ai pas pu joindre mais je vous livre mon sentiment personnel. Son petit frère n’était pas lié à du trafic de stupéfiants, n’était pas connu de la police et de la justice comme l’a dit le procureur. Il voulait d’ailleurs devenir policier. S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites.

    Saviez-vous si Amine nourrissait des craintes pour lui et ses proches ?

    M.C. : Amine est quelqu’un d’assez discret. J’ai appris qu’il bénéficiait avec sa mère d’une protection policière. Mais on peut tous avoir des inquiétudes quand on voit les victimes collatérales dans les coups de force entre réseaux, la balle perdue qui a tué Socayna [étudiante de 24 ans, fauchée en 2023 d’une balle dans sa chambre par un tir en rafale de jeunes à scooter voulant récupérer un point de deal]. Des confrères avocats ont été agressés à l’arme blanche au sein de leur cabinet. Là, le ciblage est incontestable sur un pourfendeur des narcotrafiquants, un responsable associatif et militant politique. C’est une étape nouvelle dans l’horreur. Le cap a en réalité déjà été franchi depuis longtemps quand on voit des quartiers entiers placés sous la coupe réglée des narcotrafiquants qui règnent en maître et disposent de plus en plus de moyens. Des degrés dans l’horreur ont déjà été franchis pour arriver à tuer quelqu’un comme son premier frère qui a subi le « barbecue marseillais ». Est-ce un ensauvagement de notre société, peut être ?

    En quoi Amine Kessaci peut-il constituer une réelle menace pour le crime organisé au point qu’il leur faille abattre son frère ?

    M.C. : À force de parler, d’écrire, de demander le retour de la police dans les quartiers pour protéger les habitants qui sont les premiers et les plus frappés, cela remet à chaque fois un jeton dans le jukebox médiatique. Et tout le monde sait qu’il faut l’appui des médias pour obtenir des réponses de l’État. Amine, c’est un grain de sable dans un rouage, c’est un moustique mais ils ont utilisé la bombe nucléaire en tuant son frère. On sait qu’il y a des gradations pour intimider. Il y a le trolling, les menaces téléphoniques, la « jambisation ». Mais là il n’y a plus de limite pour eux. Ils considèrent que « si ce n’est pas toi c’est donc ton frère ». Le mode opératoire révèle un sang froid et un professionnalisme. Ce n’est pas l’aspersion kalashnikovienne, là c’est une arme de poing donc quelqu’un de plus professionnel. Les narcos sont capables de recourir au « uber-hit » en recrutant des jeunes en région parisienne pour venir tuer quelqu’un pour 5 000 ou 10 000 euros. C’est vraiment une triste journée pour les Marseillais. J’y vois aussi la démonstration de l’incapacité de l’État à prendre en compte les narcotrafiquants. Les autorités ont toujours un train de retard. Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel Amine se trouve. Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements.

  • Le service civique, « outil de reconstruction » menacé

    Le service civique, « outil de reconstruction » menacé

    La journée de l’engagement s’est tenue ce mercredi à l’IME de l’Alizarine. Elle met en relations jeunes et structures à la recherche de services civiques. à cette occasion, la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, à travers la voix de sa présidente Christiane Siréta, exprime son « inquiétude qui grandit sur la pérennité de ces missions ».

    Car « un gel du nombre de missions est effectif pour cette rentrée », poursuit-elle devant 17 structures venues sur place pour recruter des personnes de 16 à 25 ans, pour des missions de 6 à 12 mois. Et ce, car les aléas du budget de l’État à venir ne laissent rien présager de bon pour l’association.

    « Affaiblir le service civique, c’est affaiblir les services de proximité et le tissu associatif déjà sous tension », poursuit Christiane Siréta, après avoir vanté « un outil de reconstruction qui met des jeunes sur les rails du monde de l’emploi ». Tout comme Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, qui loue une « mission de solidarité et de vie citoyenne », qui permet de « consacrer une partie de sa vie à rendre service aux autres ».

    Liste des missions sur service-civique.gouv.fr

  • Des parcours « stressants » pour se faire régulariser

    Des parcours « stressants » pour se faire régulariser

    Devant la sous-préfecture d’Aix-en-Provence, le 16 octobre dernier, l’antenne locale de la Cimade demandait la simplification des procédures administratives nécessaires à la régularisation des personnes étrangères. L’association dénonçait « la complexité et l’absurdité des procédures qui maintiennent des milliers d’hommes te de femmes dans l’irrégularité ». « Il y a un tel écart entre la perception que l’on peut avoir avec des statistiques et la réalité des personnes qui vivent ces situations et qui voient leurs vies entravées », explique Guy Laudren, de l’antenne locale de la Cimade.

    Récemment, ce bénévole a accompagné des dizaines de bénéficiaires dans leurs parcours d’obtention de titres de séjours, souvent confrontés à des retards lors de renouvellements. Parmi elles, Icaro et Anais (*). Lui est d’origine algérienne, elle possède les nationalités française et algérienne. Actuellement, Icaro, rattaché depuis peu à l’arrondissement d’Aix-en-Provence, est toujours en attente du renouvellement de son titre de séjour, obtenu en avril 2024. Deux mois plus tard, il reçoit déjà un mail lui demandant de renouveler son titre, qui expire en octobre de cette même année.

    « Alors que nous sommes en avril, je découvre que la date inscrite est la date de dépôt, en octobre. J’ai donc une validité de six mois sur un titre d’une année », se souvient Icaro. Il faudra attendre jusqu’à mars 2025 pour obtenir une attestation de prolongation (équivalente à un récépissé). « Entre cette date et jusqu’au mois de mars, il n’avait aucun document. Je vous laisse imaginer ce que cela fait lorsqu’on croise un policier dans la rue », souligne Anais.

    Suivi au jour le jour

    Depuis cette date, Icaro court après les récépissés de demandes de renouvellement. Un parcours « stressant », rapporte le couple, confronté, selon lui, à des retards administratifs et un système dématérialisé. « Actuellement, je ne sais pas si mon prochain titre de séjour aura une validité d’un an, dix ans. J’espère quand même que ce sera la deuxième option », explique le trentenaire. Après une union en août 2022 en Algérie, le couple rentre en France en octobre 2023. Icaro entame les démarches via le site de l’administration numérique des étrangers en France (Anef), arrive sur le sol muni d’un visa « conjoint de Français ». « C’est après que la machine déraille », rapporte Anais. Depuis, chaque demande de récépissé « doit être surveillée au jour le jour ». De nouveau, entre le 29 juillet, date d’expiration d’un autre récépissé, et le 29 août, Icaro se retrouve sans documents, en raison de retards de la préfecture. Son employeur, chez qui il est en CDI, le suspend : plus aucun salaire ne tombe, ni aucun droit. L’intervention d’une avocate permettra finalement de régulariser le concerné. « De nouveau, s’ils ne me délivrent pas bientôt un titre de séjour ou un récépissé avant le 19 janvier, ils vont de nouveau me suspendre. Dans le pire des cas, ils vont me licencier », pointe Icaro. « Les crises d’angoisses, les gastrites à cause du stress… On a récemment perdu un bébé. Ils n’imaginent pas ce qu’il y a autour, ce qu’on vit. Ils dictent nos vies. On ne peut pas changer de logement. Il faut tenir compte de chaque date, chaque échéance », ajoute Anais.

    La situation est similaire pour Amed (*), dont le récit nous a été rapporté par les bénévoles de la Cimade. Cet habitant de Pertuis, ouvrier agricole et père de famille, pouvait travailler grâce notamment aux récépissés fournis par la préfecture, dans l’attente de son titre de séjour. Jusqu’au jour où ses missions, obtenues par intérim, sons suspendues, faute de dépôt, dans les temps, d’un récépissé. « Il n’y a pas longtemps, j’ai reçu mon récépissé », mettra à jour Amed.

    Il y a aussi l’histoire de Marie, sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), que nous n’avons pas pu rencontrer, mais dont l’histoire nous a aussi été délivrée par l’association. Arrivée en France dès il y a 16 ans, cette femme de ménage, mère de famille, voit sa demande de régularisation rejetée suivie d’une OQTF, sans aucune explication. À Aix, la Cimade reçoit, selon elle, « entre cinquante et cent » sollicitations par mois.

    (*) Les prénoms ont été modifiés.

  • Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Une foule de jeunes engagés a envahi, mercredi soir, le hall de l’Alcazar (1er), à l’occasion de l’ouverture des traditionnelles Semaines de l’engagement associatif, cette année organisées du 22 octobre au 6 décembre. Devant l’auditorium de la plus grande bibliothèque de la ville, les jeunes bénévoles marseillais sont passés tour à tour derrière un appareil automatique, repartant avec un cliché imprimé que, peut-être, ils colleront sur le passeport bénévole qu’ils viennent d’acquérir.

    Pour lancer les Semaines de l’engagement, événement mis en place par la Ville de Marseille, en partenariat avec de nombreuses associations locales, Ahmed Heddadi, adjoint au maire en charge de la Vie associative (PM), a en effet remis à plusieurs associations un lot de passeports bénévoles nominatifs. « L’objectif de ce support est que les associations valorisent et reconnaissent l’engagement du bénévole, en mettant en avant les compétences qu’il ou elle a acquises et développer au cours de son expérience dans l’associatif », détaille la représentante de France Bénévolat Marseille, collectif d’associations créateur du passeport bénévole en 2007. Elle ajoute : « Nous recommandons que le document soit remis lors de petite manifestation solennelle, comme c’est le cas aujourd’hui. »

    Le passeport se matérialise sous la forme d’un petit livret qu’il est possible de remplir progressivement. Aussi imaginé pour permettre aux bénévoles de prendre conscience du temps qu’ils ont dédié à leur engagement associatif, le document est pensé pour être complété par les présidents d’associations, en présence du bénévole concerné. « En revenant sur toutes les heures qu’il a passées à travailler pour l’association, le bénévole se réapproprie les compétences qu’il a développées et aura ensuite moins de mal à les mettre en valeur pour une demande d’embauche, par exemple », insiste la représentante France Bénévole Marseille.

    Florilège d’engagements

    Lutte contre la discrimination et le racisme, soutien aux étudiants en situation de précarité, cours de français gratuits, aides administratives aux familles démunies, réseau d’accueil de mineurs non accompagnés ou cours de musique, les causes défendues par les associations présentes mercredi soir à l’Alcazar sont presque aussi nombreuses que ceux qui les portent. Dans l’auditorium de la bibliothèque pour cette ouverture des Semaines de l’engagement : Action Bomaye, le centre social de la Martine, le conseil municipal des jeunes, Donne-moi ta chance, Espoirs étudiants, IMSP, Kipawa, la Ligue de l’Enseignement, Marseille Bénévolat, Ramina, Restons solidaires ou encore Voix d’artistes.

    « C’est une bonne manière d’ouvrir les Semaines particulières, qui ont pour objectif de sensibiliser sur les valeurs de l’engagement, fraternité et lien social, car cela permet de valoriser ceux qui travaillent et donnent de leur temps », explique Ahmed Heddadi. Le 4 novembre sera la prochaine échéance des Semaines de l’engagement, avec une conférence-débat organisée sur le thème de l’engagement comme levier d’insertion professionnelle.

    TÉMOIGNAGES

    Josiane, 24 ans, bénévole pour Marseille Bénévolat

    J’ai choisi Marseille Bénévoles parce qu’ils interviennent sur des événements qui rassemblent beaucoup de monde et j’avais besoin de rencontrer de nouvelles personnes. C’était l’occasion de passer de bons moments tout en aidant. J’ai appris beaucoup sur l’esprit d’équipe avec des personnes qui ne se connaissent pas mais qui évoluent en harmonie pour aider d’autres personnes.

    Chaina, 21 ans, présidente de l’association Espoir étudiant

    Notre mission c’est d’aider les étudiants en situation de précarité. On distribue des colis alimentaires, on fait des vide-dressings, des collectes pour les redistribuer par la suite. On écoute les étudiants, on est là pour eux. J’ai choisi d’aider car je pense qu’on peut tous se retrouver dans une situation compliquée un jour dans notre vie. C’est une démarche de solidarité.

    Ibrahim, 15 ans, bénévole pour la Ligue de l’enseignement

    Je suis bénévole pour une junior association de la ligue qui a été créée par des amis à moi. On y fait de l’éducation populaire, de l’éducation à la citoyenneté. J’ai gagné énormément d’expérience. Ça m’a ouvert des portes. Ça m’a permis de découvrir ce que je voulais faire plus tard, c’est-à-dire un métier en lien avec l’informatique, que j’aimais déjà, et la politique, que j’ai découverte.

    Jinane, 23 ans, bénévole pour Restons solidaires

    C’est dans le cadre de ma recherche d’emploi que j’ai découvert l’association. Elle m’a beaucoup aidée, j’ai appris à construire un CV, à rédiger une lettre de motivation. Ça m’a beaucoup touchée et j’ai donc décidé d’à mon tour de devenir bénévole. J’ai appris à aider les gens et j’ai été confrontée à beaucoup de situations difficiles, avec des gens qui n’avaient plus de vie sociale, qui ne parvenaient plus à payer leurs factures…

  • La Nuit de la solidarité est de retour à Aix

    La Nuit de la solidarité est de retour à Aix

    Cette opération nationale, coordonnée par la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) et par la Ville d’Aix-en-Provence vise à dénombrer les personnes sans-abri et mieux connaître leur situation avant l’hiver. Douze équipes de bénévoles ont sillonné la ville pour rencontrer et échanger avec les personnes contraintes de vivre à la rue. Munis d’un questionnaire anonyme, ils ont recueilli des données essentielles pour adapter les politiques locales d’aide et d’hébergement. L’initiative se veut aussi un temps fort de sensibilisation à la précarité et à l’isolement, soutenu par de nombreux partenaires associatifs et institutionnels. Un recensement sera ensuite effectué et communiqué après cette opération.

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port