Tag: arrêté

  • Fermeture des épiceries de nuit : un arrêté peut en chasser un autre

    Fermeture des épiceries de nuit : un arrêté peut en chasser un autre

    Il faut reconnaître à Olivier Galzi un certain talent dans l’art de communiquer, voire mettre en scène son action politique. Déjà, pendant la campagne, ses pastilles vidéos faisaient mouche sur les réseaux sociaux. Élu maire (DVD) il y a un peu plus d’un mois, l’ex-journaliste TV reste très actif en la matière. Jeudi dernier, c’est directement via la page Facebook de la Ville qu’il annonce la « fermeture l’été des épiceries de nuit à 22h et non plus 23h30 ». Le tout en vidéo dans son bureau de maire, stylo en main pour parapher ledit arrêté.

    Dans le détail, l’arrêté s’applique du 1er mai au 31 octobre et impose aux « établissements de vente de produits à emporter (exceptés les restaurants et brasseries) et les épiceries de nuit d’être fermés entre 22h et 6h ». Une mesure en réalité déjà en cours depuis le 1er novembre et qui s’achevait le 30 avril. Au simple visionnage de la vidéo, on pourrait donc croire qu’Olivier Galzi instaure une mesure inédite, d’ailleurs largement appréciée à la lecture des multiples commentaires de la vidéo. La nouveauté réside dans le fait que, cette fois, la fermeture à 22h va s’appliquer durant la saison estivale, là où, auparavant, les épiceries pouvaient accueillir des clients jusqu’à 23h30, voire 2h pendant les trois semaines du Festival.

    Les deux arrêtés, celui en cours et son précédent, sont quasiment similaires dans leurs contenus et secteurs concernés. Le nouveau ajoute le boulevard Capdevilla (derrière la préfecture) dans son champ de restriction, quand l’intra intra muros Est, Avignon sud/Monclar, Ouest Lyon/Morières, Montfavet et Pierre-Semard demeurent. Les motivations autour de troubles à l’ordre public justifiant l’arrêté signé par Olivier Galzi sont quasi identiques à celui paraphé en octobre dernier par Catherine Gay, ex-adjointe à la sécurité de Cécile Helle. Il est fait mention que « l’activité génère un va-et-vient incessant, une consommation à proximité du commerce ou la présence permanente de personnes sur la voie publique, créent des nuisances sonores portant atteinte à la salubrité et à la tranquillité publique ».

    Rien, en revanche, sur les activités interlopes de certaines épiceries de nuit, comme la vente illégale de tabac, le trafic de drogues ou de bonbonnes de protoxyde d’azote. Des agissements illégaux dans le viseur des autorités préfectorales qui, depuis plus d’un an, multiplient les fermetures administratives. « Avignon sera une des villes les plus restrictives en la matière », se targue Olivier Galzi, bien que des arrêtés similaires aient été pris à Carpentras, Nîmes ou Marseille. « La grande nouveauté, c’est d’envoyer le signal qu’on respecte la liberté de consommer, on peut avoir besoin d’un commerce de proximité pour dépanner, mais à partir de 22h, la problématique n’est plus la même, on sait que certaines officines à ouverture tardive font partie de la panoplie du narcotrafic », expose le maire.

    « On s’y attendait, mais c’est une catastrophe »

    La forme de l’annonce a suscité quelques railleries à gauche, comme de l’écologiste et ancienne élue Christine Lagrange ou du secrétaire départemental du PCF, Julien de Benito, tous deux y voyant « un parallèle avec Donald Trump signant ses décrets d’un geste impérial ». « Sur un sujet aussi grave et structurant, tout ce qu’on trouve à dire, c’est que je n’aurais pas dû faire une vidéo, c’est le niveau zéro de la politique, ils ne sont pas en phase avec les administrés », réplique Olivier Galzi.

    Toutefois, sur le fond, Julien De Benito ou la Ligue des droits de l’Homme s’interrogent sur la légalité d’un tel arrêté. « Je sais que des avocats regardent, j’espère avoir une rencontre avec la mairie qui ne se rend pas compte des conséquences », réagit Maëlys, gérante d’une épicerie de la rue Thiers. Si elle reconnaît que certaines autres enseignes font dans l’illégalité, elle déplore une décision « qui pénalise tout le monde, surtout les gens honnêtes qui payent des charges ou prennent la carte bleue ». « On s’y attendait, mais c’est une catastrophe, j’espère que ce sera assoupli au moins pendant le festival où on reçoit beaucoup de touristes, si on ferme comme les autres supermarchés, il n’y a plus aucun intérêt à travailler », conclut la gérante.

  • Sept épiceries de nuit contraintes à trois mois de fermeture par la mairie

    Sept épiceries de nuit contraintes à trois mois de fermeture par la mairie

    Du 11 février au dimanche 10 mai, 7 épiceries de nuit, situées en centre-ville et périphérie doivent, selon l’arrêté municipal pris par le maire, fermer leurs portes en nocturne, le lundi, mardi, mercredi, jeudi et dimanche de 21h à 6h du matin, et le vendredi, samedi et les veilles de jours fériés, de 22h à 7h. Parmi ces commerces, figure l’épicerie de nuit du 8, avenue de Verdun, fermée par arrêté préfectoral le 29 août, alors qu’un jeune employé avait été tué par balles par un commando cagoulé de 3 individus. Suite à cela, « on avait fait fermer 3 autres épiceries aux alentours en novembre, pour trois mois. Comme l’arrêté arrivait à son terme le 8 février, le maire a décidé de le reconduire », explique Vincent Rusconi, adjoint à la sécurité.

    Depuis la fermeture de ces commerces établis en centre-ville, au 12, rue Laget, 2, cours Barthélémy et 47, rue de la République, « beaucoup de nuisances n’ont plus lieu, clientèle qui arrive vers 2 à 3 heures du matin avec la musique à fond », argumente l’adjoint.

    Aux alentours de ces 4 épiceries, mais aussi celles du 14, avenue Elzéard-Rougier, 37, avenue des Goums et 4, rue de la Liberté, l’arrêté fait notamment état « de rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants, de comportements agressifs, de disputes et de rixes, de stationnements anarchiques (…) ». Il souligne que « les interventions régulières des services de police, les verbalisations et avertissements, ne suffisaient pas à mettre fin à ces troubles. »

    Ventes illicites

    Dans 2 épiceries de nuit, par ailleurs, les contrôles douaniers du 20 janvier dernier ont mis à jour des ventes illicites de protoxyde d’azote, et de cigarettes de contrebande. La fermeture par arrêté municipal de ces commerces est possible, indique l’élu, depuis le vote de la loi narcotrafic, en avril dernier.

  • Une micro-crèche privée fermée pour moisissures

    Une micro-crèche privée fermée pour moisissures

    Facture salée et potentielle mise en danger des minots dans la micro-crèche Zola, dans le 9e arrondissement de Marseille, appartenant au groupe privé lucratif bien connu dans la ville, Youbee For Kids.

    L’établissement du quartier de Mazargues, accueillant plus d’une dizaine de bambins, a été fermé, pour une durée de 4 mois, suite à un arrêté pris par le Département des Bouches-du-Rhône, le 10 février. Et les causes de la prise de cet arrêté se passent de commentaires. Il relève « la présence importante de taches d’humidité qui remontent sur les murs dans les pièces de vie des enfants ». Mais aussi « que la peinture s’écaille et les morceaux tombent au sol à portée des enfants » et que « le linoléum au sol est taché de traces de moisissures sur son intégralité ». Cerise sur le gâteau : « La VMC et la climatisation sont encrassées ; la structure manque d’aération. » En bref, pas vraiment un environnement sain pour les minots de cette micro-crèche, puisque l’arrêté conclut qu’il existe une « dégradation importante des conditions d’accueil, depuis le mois de juillet 2025, qui compromettent la santé et la sécurité des enfants ». Et de considérer que « les faits évoqués et l’urgence sont de nature à justifier la fermeture immédiate et provisoire de l’établissement ».

    L’arrêté départemental s’appuie notamment sur deux visites de contrôle. Une première en juillet 2025 à la suite de laquelle « le gestionnaire n’a pas répondu aux demandes de la PMI [Protection maternelle et infantile, service du Département Ndlr]. La seconde visite a été réalisée le 29 janvier, « suite à la transmission d’éléments relevant des événements indésirables graves ».

    Procès avec le propriétaire ?

    Contacté, Pierre Comboroure, co-fondateur de YouBee For Kids, renvoie la responsabilité vers le propriétaire du bâtiment et explique « subir de nombreuses malfaçons » : « Nous sommes en procès avec le propriétaire depuis 2 ans pour qu’il effectue les démarches et les travaux nécessaires pour résoudre ce problème d’humidité constaté peu après l’ouverture. »

    Un problème d’humidité dont il dit ignorer l’origine, mais « vraisemblablement extérieur à notre périmètre ». Pierre Comboroure affirme également avoir joué la transparence avec les familles qui auraient apporté « un soutien unanime » à l’entreprise. « Toutes les familles étaient informées, depuis le début, de cette situation. Notre priorité a été de pouvoir proposer des solutions pour un maximum de familles. Sept d’entre elles ont pu bénéficier d’une place dans d’autres établissements. D’autres nous ont annoncé pouvoir s’organiser grâce à la période de vacances scolaires », développe-t-il. Du reste, l’entreprise assure « utiliser au contraire cette période de fermeture forcée pour réaliser tous les travaux pour leur compte ».

  • Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Un projet d’arrêté portant sur la « limitation des conditions d’utilisation des tours de piste » de l’aérodrome d’Aix-les Milles est actuellement à l’étude, indique le ministère des Transports. Objectif affiché : réduire les nuisances sonores autour de la plateforme, régulièrement dénoncées par les associations et comités de quartier riverains. Une consultation publique est ouverte sur ce projet jusqu’au 11 janvier. « Les tours de piste des aéronefs constituent la principale source de nuisances pour les riverains proches. L’objectif de cet arrêté est de conditionner, en période estivale, l’exécution des tours de piste à la performance acoustique des avions légers », précise le ministère. Le texte prévoit notamment de limiter les tours de piste toute l’année, entre 8h et 19h. Des restrictions renforcées s’appliqueraient, en plus, entre le 1er juin et le 15 septembre. Les week-ends et jours fériés, seuls les avions électriques et légers basés les moins bruyants seraient autorisés à effectuer des tours de piste. Pour le collectif C2DA, l’arrêté est pourtant limité à la fois géographiquement, sur les activités, et dans le temps. « L’arrêté ne traite pas la totalité des autres nuisances : les paras, l’aviation d’affaire… On avait demandé d’avoir des mesures plus ambitieuses que ce que l’on nous propose, rapporte François Cabenet, président de C2DA. Il portera quelques améliorations mais ne va pas traiter la problématique [sonore] des villages (…) Enfin, l’arrêté porte sur trois mois et demi. Lors de la dernière CCE [comission consultative de l’environnement], les associations ont demandé qu’on porte le consensus sur sept mois au mois d’activité. On peut mieux faire », estime François Cabenet.

  • [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    Interdiction de la vente des canettes de bière à l’unité, zèle pour la construction d’un centre de rétention administrative… On ne compte plus les fois où, en 2025, Robert Ménard s’en est à nouveau pris aux populations précaires, quelles que soient leurs nationalités.

    L’une de ses décisions unilatérales les plus commentées fut sans doute le choix d’étendre, durant tout l’été (vacances scolaires incluses), son arrêté municipal instaurant un couvre-feu pour mineurs de moins de 15 ans. Une mesure motivée à l’époque par les émeutes dans les banlieues (suite à la mort du jeune Nahel tué par un policier), qui avait déjà fait réagir en 2024, bien que le Conseil d’État n’ait pas jugé opportun de l’annuler.

    N. Cossange : « Mépris de classe »

    Se sentant pousser des ailes, le shérif de la cité Paul Riquet a donc remis ça en ciblant des quartiers populaires. De 23h à 6h du matin, les mineurs de moins de 15 ans résidant en centre-ville, à la Devèze ou à Irranget-Grangète se sont donc vus confinés chez eux jusqu’au 30 septembre, mais aussi pendant les vacances scolaires et la nuit d’Halloween, le 31 octobre. Le tout sous couvert de lutter contre le trafic de drogue.

    « Robert Ménard réduit la question de la délinquance aux quartiers populaires. Il affiche un mépris de classe qui est aussi un aveu d’impuissance : sa politique de ravalement de façade sans lien avec la nécessité de services publics est un échec », commentait alors l’opposant Nicolas Cossange (PCF).

    Du côté de la LDH 34, Sophie Mazas n’en démord pas. « L’article 34 de la Constitution dit que toute mesure de restriction de liberté doit se faire au niveau du Parlement. Son arrêté est directement contraire à la loi. »

  • Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Au premier jour du procès à Marseille de Yann Bompard, 39 ans, le maire Ligue du Sud d’Orange, accusé d’avoir perçu 42 000 euros nets pour 15 mois d’emploi présumé fictif d’assistant parlementaire, l’audience a plongé dans le vif avec la diffusion de l’écoute où la députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, apprenant le 5 septembre 2023 que la PJ perquisitionne sa permanence, demande à un assistant de mentir aux enquêteurs sur la réalité des 208 heures forfaitaires par an effectués par Yann Bompard pourtant élu maire d’Orange en novembre 2021, conseiller départemental et président de la communauté d’agglomérations. Un grand moment d’audience.

    « C’est la merde. On a une enquête pour prise illégale d’intérêts », s’affole la députée. « Et bien voilà… Je suis censé dire quoi ? » dit, pas surpris, Jean-Baptiste Rolland, un de ses quatre collaborateurs parlementaires. « Qu’il faisait des discours, qu’il travaillait sinon on va être dans la merde », lance Marie-France Lorho à qui Jacques Bompard, ex-maire d’Orange condamné et inéligible, a cédé son siège en 2017. « C’est quand même chaud de me demander de mentir », maugrée le collab. « Moi aussi je vais mentir », l’amadoue la députée. « Vous couvrir, c’est une chose mais me demander de mentir c’est une autre. Y a rien, aucune trace d’un travail de sa part. Faire une fausse déclaration là-dessus, heu… », freine l’assistant.

    « Un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés »

    Rolland la met en garde : « Quand bien même je mentirais, il n’y a aucune trace matérielle pour corroborer nos dires. Pas une photo en 5 ans où il nous accompagne sur un événement. Il n’y a rien, rien, rien. Pour le journal, il a appelé La Poste c’est tout. Il était là les huit premiers mois mais ça s’est arrêté là. Je m’étonne que ça ne nous soit pas tombé dessus plus tôt. »

    D’autres écoutes frappent encore quand ce même collaborateur narre à un proche son audition par les enquêteurs : « Ils ont compris que c’est un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés. (…) C’est un branleur, c’est fictif, fictif, il fait comme Pénélope [Fillon]. » Des élus peuvent témoigner pour Yann, « ils sont choisis génétiquement pour leur soumission ». De sa patronne il dit qu’« elle est con comme c’est pas permis. Elle a une culture nulle. C’est juste une bourge qui a l’entregent des bourgeois, sinon c’est une cruche absolue ». Léopoldine, autre collaboratrice sur écoute, plombe la députée : « Je l’avais mise en garde une trentaine de fois. Elle s’est autopersuadée qu’il travaillait. »

    À la barre, la députée réélue en 2022, qui s’est affranchie de l’emprise des Bompard en passant au Rassemblement national, nie tout détournement, réfute même la subornation de témoin. « J’étais perdue ce jour-là. Jamais, j’aurais menti. Le travail de Yann était là », chouine Mme Lorho qui dit sa crainte du clan Bompard qui l’insulte, lui fait des bras d’honneur sur les marchés. « Je m’en veux de ne pas avoir été plus rigoureuse sur le temps partiel. Mais je peux vous assurer que Yann Bompard a rédigé des discours, fait des courriers aux administrés. Je ne les ai pas gardés car je jetais tout. »

    « Elle travaillait de son côté et moi du mien. On avait peu d’échanges », se défend Yann Bompard qui risque l’inéligibilité. « Je n’ai jamais eu la sensation de voler de l’argent à qui que ce soit. Oui la double rémunération pour le travail de maire et celui de collaborateur parlementaire était complètement justifiée. » Pour lui, toutes ses missions se confondent. « Comme maire, je promeus l’action de la députée les jours de marché. L’attaché parlementaire, c’est comme un couteau suisse. Le maire n’agit que très peu finalement, l’administration sert à ça. » Les juges apprécieront. Les électeurs aussi de ce Dallas provençal.

    Réquisitoire aujourd’hui.

  • Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Liberté pour Christophe Gleizes », peut-on lire sur des dizaines de pancartes, ce lundi matin, sur le Vieux-Port. à l’appel de la section de Provence de l’Union des journalistes sportifs en France (UJSF), une quarantaine de journalistes sont venus apporter leur soutien à Christophe Gleizes, incarcéré depuis un an et demi en Algérie,

    Le journaliste sportif a été arrêté dans le nord du pays le 28 mai 2024, alors qu’il réalisait un reportage sur le club de football Jeunesse sportive de Kabylie. Il est condamné, en juin 2025, à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme ». La justice algérienne lui reproche de s’être entretenu avec le président du club de foot qui est également responsable du mouvement de l’autodétermination de la Kabylie (MAK), considéré comme terroriste par l’Algérie depuis 2021. La cour d’appel de Tizi-Ouzou a reconfirmé sa condamnation mercredi dernier.

    Face à cette nouvelle décision judiciaire, l’UJSF a appelé à une mobilisation nationale en soutien à Christophe Gleizes. Un appel auquel a répondu la section de Provence. « Cette action est symbolique pour marquer notre désapprobation, car cet emprisonnement est en contradiction avec la liberté de la presse », explique Gérard Poncié, président de la section Provence de l’UJSF.

    Défendre le métier

    Un rassemblement qui ne se limite pas aux journalistes sportifs, mais qui a mobilisé toute la profession. Eric Miguet, journaliste au service podcast de La Provence tenait à être présent : « En tant que journaliste, c’est important de prendre part à cette mobilisation pour témoigner notre soutien à un confrère, emprisonné pour avoir fait son travail. »

    Une entrave à la liberté de la presse qui, d’après Dine Gazoul, journaliste franco-algérien présent au Vieux-Port, n’est plus si rare en Algérie. « Il y a d’autres journalistes qui sont incarcérés simplement pour avoir dit qu’ils n’étaient pas d’accord avec le gouvernement, explique le journaliste. Il faut que les instances internationales et françaises bougent pour exiger que la liberté d’expression soit garantie. »

    Le 27 novembre dernier, un journaliste algérien, Saâd Bouakba, a été condamné à 3 ans de prison pour « insulte et diffamation des symboles de la Révolution », après une émission accusant d’anciens membres du FLN (Front de libération nationale) d’avoir pris le contrôle d’une partie du « trésor du FLN ».

    Noa Thevenin, photojournaliste en formation, est aussi venu pour protéger son futur métier. « L’incarcération de Christophe Gleizes ne fait que confirmer que c’est de pire en pire pour la liberté de la presse, en Algérie, mais aussi partout dans le monde, se désole-t-il. Il faut se mobiliser maintenant pour défendre le métier. »

  • 13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    Assiata avait enfin obtenu en octobre 2022 un logement social pour découvrir qu’il est rongé par l’humidité et les moisissures. 13 Habitat, dont la gouvernance a vacillé cette année, est visé par 4 arrêtés préfectoraux d’insalubrité depuis le début de l’année : deux à Marseille dans la cité Louis-Loucheur de 1932 où vit cette mère, un à Rognac et un à Salon-de-Provence, ce qui renseigne sur la dégradation du patrimoine du premier bailleur social des Bouches-du-Rhône.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’en est ouvert par courrier au président du conseil d’administration de l’office public en relayant les alertes d’habitants des résidences des Aygalades, Val Plan, la Marie et la Verdière. Jean-Marc Perrin lui a répondu que c’était une « polémique stérile » tout en appelant à « coopérer ». Six mois après l’arrêté préfectoral d’insalubrité du 5 juin 2025, le bailleur public n’a toujours pas traité le logement ni même reloger Assiata Abdou et son fils. L’arrêté soulignait déjà « l’absence de réponse » de 13 Habitat à son courrier lançant la procédure contradictoire, ce qui en dit long sur l’inertie de l’office public qui engage désormais sa responsabilité pénale pour sa carence persistante.

    « Il faut avoir le courage

    de dénoncer »

    « L’arrêté n’a rien changé. Je n’ai eu aucune proposition de relogement. L’été, l’odeur insupportable réveille la nuit et l’hiver avec l’air qui passe par les fenêtres j’ai peur pour ma santé. Je fais de l’asthme, j’ai fait une rechute en juillet d’inflammation pulmonaire » raconte Assiata, 58 ans, accompagnante d‘élève en situation de handicap. « Depuis 3 ans qu’on vit ça, ils promettent des travaux mais sont champions pour envoyer un plombier ou le gardien reprendre des photos. Ils savent aussi déstabiliser les locataires en affirmant qu’on n’a pas répondu aux appels téléphoniques des entreprises. » Son fils de 21 ans est inquiet de voir la santé de sa mère se détériorer. « On est obligés de stocker nos vêtements dans des caisses hermétiques pour ne pas qu’ils pourrissent », dit-il.

    « Avant, moi aussi comme mon fils, j’avais honte d’habiter là où on vit, mais il faut avoir le courage de le dénoncer. Cela aidera les autres mamans seules à témoigner. » Comble de cet enfer, les désordres d’évacuation du logement impactent sa voisine du dessous. Assiata se retrouve assignée avec 13 Habitat devant le pôle judiciaire.

    En avril dernier, 13 Habitat a reconnu avoir « pu constater différents désordres et désagréments que vous subissez et qui impactent votre cadre de vie » et a promis des travaux. L’office concluait : « Soyez assurée que [13 Habitat] veillera tout particulièrement au suivi des travaux demandés afin que vous puissiez retrouver le cadre de vie que vous êtes en droit d’attendre. »

    « La situation de Mme A. vivant dans un logement déclaré insalubre à Louis-Loucheur, doit être améliorée de toute urgence. 13 Habitat assume sa part de responsabilité dans le retard pris, et présente ses excuses à la locataire », écrit le bailleur social dans le communiqué qu’il nous adressé ce jeudi 27 novembre et qui reconnaît qu’à ce jour, « seule la pose de réglettes d’aération sur menuiseries a été effectuée par l’entreprise prestataire. Les autres interventions n’ont pas pu être réalisées, en l’absence de rendez-vous fixés entre les prestataires et la locataire ».

    Le logement, occupé par Assiata et son fils, est couvert de moisissures. Il est frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité depuis le 5 juin 2025, qui oblige désormais le bailleur à des travaux et à un relogement dans les trois mois. 13 Habitat indique avoir « décidé » d’interventions à faire. « 13 Habitat vient de demander à nouveau, à ses prestataires, d’intervenir dans les plus brefs délais, et sera particulièrement attentif à la qualité des travaux réalisés. »

    L’office demande à sa locataire de se rendre disponible afin de faciliter la bonne réalisation de ces interventions. Pour rappel, cette mère isolée qui travaille a déjà dû prendre des congés pour se rendre disponible et jusqu’alors pour rien, se mettant en difficultés financièrement. 13 Habitat dit « étudier la possibilité d’un relogement temporaire ou pérenne. L’objectif est bien de mettre un terme au plus vite à cet état d’insalubrité ». À suivre donc.

    Interrogé, 13 Habitat
    nous indique préparer
    un communiqué jeudi.

  • Les Flots Bleus contraints de fermer à La Ciotat

    Les Flots Bleus contraints de fermer à La Ciotat

    L’arrêté préfectoral, signé le 28 octobre par le préfet Leclerc, tranche. « Compte tenu de la gravité des non-conformités constatées par la commission de sécurité contre les risques d’incendie et de panique de l’arrondissement de Marseille, et des risques encourus par le public et le personnel » dans ces cas-là, la halle gastronomique les Flots Bleus « est temporairement fermée au public », ordonne le préfet.

    La halle ne pourra rouvrir qu’après la mise en conformité de l’établissement, vérifiée par une commission ad hoc.

    Parmi les raisons qui ont conduit à cette fermeture, qui impacte 8 restaurants, le procès-verbal de la commission de sécurité, en janvier 2025, énonce par exemple : « La présence de véhicules de type scooter dans les espaces Burger’s et Pizza, interdite en raison du risque incendie, de nombreuses observations non levées figurant sur les différents rapports de vérification. »

    Une affaire au long cours

    L’affaire perdure en effet depuis le 26 mai 2023, date à laquelle la commission de sécurité réalise une visite inopinée de la halle. Depuis, les visites se succèdent, les courriers au maire et mises en demeure aussi.

    Dans un post récent, le conseiller municipal d’opposition Lionel Giusti écrit : « Malheureusement, faute de réponse suffisante ou d’actions efficaces, la situation a conduit à cette issue que je juge regrettable. Il est impératif que toute la lumière soit faite sur les responsabilités respectives et sur les raisons pour lesquelles les prescriptions de sécurité n’ont pas été appliquées dans les délais impartis. Les acteurs économiques locaux méritent mieux que des décisions brutales et tardives qui mettent en péril leur activité. »

    Alors que le Landerneau politique ciotaden réagit à cette fermeture, l’ex-maire (LR) Arlette Salvo répond dans un post : « C’est bien la Ville [propriétaire des murs, Ndlr] sous ma responsabilité à l’époque qui a demandé la visite de contrôle de la commission de sécurité aux Flots Bleus car les règles en la matière n’étaient pas respectées. Nous avons tout fait pour ne pas pénaliser les commerçants mais après des mois d’efforts, de courriers, de réunions, de mises en demeure… le couperet est tombé. En plus de trois ans, l’exploitant aurait eu largement le temps de se mettre en conformité. Mais il est bienvenu de rappeler que nous n’avons (heureusement…) pas tous les pouvoirs et encore moins ceux du préfet. »

  • Les vignerons autorisés à relever le degré d’alcool

    Les vignerons autorisés à relever le degré d’alcool

    « L’enrichissement, ici par moût concentré rectifié, c’est-à-dire du sucre issu du raisin, est une pratique œnologique courante et autorisée par l’Union européenne, mais qui nécessite en France un arrêté préfectoral », éclaire Jérôme Rouzier, directeur du syndicat des vignerons du Var.

    Le 13 octobre, le préfet de région Provence-Alpes-Côte d’Azur a autorisé l’augmentation de 1,5 degré d’alcool, par ce procédé, des vins en Indication géographique protégée (IGP) Var DGC Coteaux du Verdon, IGP Méditerranée (périmètre plus large) et vins sans indication géographique.

    « Pour le Var, l’autorisation concerne surtout le Haut-Var, zone qui a subi, cet automne, des conditions climatiques très compliquées. Il y a eu de gros orages, il a plu en septembre et en octobre, pendant les vendanges, et il a fait plus frais, ce qui n’a pas permis au raisin d’atteindre sa pleine maturité, explique Jérôme Rouzier. L’enrichissement permet d’obtenir un vin plus qualitatif, pour parvenir le minimum requis de 11 degrés d’alcool. Or, les raisins récoltés étaient largement en dessous. »

    « Une procédure lourde »

    Il poursuit : « Pour qu’un vin soit équilibré, il faut qu’il ait un minimum d’alcool. S’il en manque, il est ressenti comme vif, acide, déséquilibré et il ne répond pas aux conditions de qualité que le marché requiert. L’enrichissement est utilisé dans le but d’une amélioration qualitative du vin. »

    Mais obtenir la signature d’un tel décret implique une procédure administrative complexe. « Pour que les vignerons puissent en bénéficier, l’organisme de défense et de gestion (ODG) que nous sommes doit rédiger un argumentaire soumis à l’avis de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), et à celui de la répression des fraudes. C’est une procédure administrative relativement lourde, détaille Jérôme Rouzier. On plaide pour que cette procédure soit allégée. »

    L’IGP Var Coteaux du Verdon rassemble 26 communes. Si chaque cave coopérative ou domaine sur ce périmètre peut, en vertu de l’arrêté préfectoral, recourir à l’enrichissement des vins en alcool, tous ne l’ont pas demandé. La cave Saint-André, à Saint-Julien, n’a par exemple pas effectué la demande pour ce millésime, mais l’avait faite pour celui de 2024.