Tag: apprentissage

  • Insee : le diplôme paye encore mais la région peine à recruter

    Insee : le diplôme paye encore mais la région peine à recruter

    Le premier des Rendez-vous de l’Insee s’est tenu vendredi 2 octobre à Marseille, devant une foule d’étudiants de master mathématiques appliqués et sciences sociales à Aix-Marseille Université. Un temps d’échange en partenariat avec le Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Céreq), pensé pour « apporter davantage d’ouverture autour de ce que peut apporter la statistique pour le débat public et l’éclairage de la société », s’enthousiasmait en ouverture Stéphane Lhermitte, directeur régional adjoint de l’Insee Paca.

    Cette première rencontre éclairait la thématique étudiante. Y aurait-il une érosion de la valeur du diplôme ? Cela vaut-il encore le coup d’engager des études dans le supérieur ? Ces questionnements présents dans le débat public ont attiré l’attention de Thomas Couppié, chef du département des entrées et des évolutions dans la vie active au Céreq. En se plongeant dans l’étude des six dernières générations de diplômés, il dresse deux constats : l’accès à l’emploi des jeunes est d’abord lié à la conjoncture, et ce de manière stable depuis 20 ans. Ce qui le pousse à affirmer que la valeur du diplôme ne s’est pas érodée : c’est bel et bien les différences de niveaux d’études qui creusent les inégalités d’accès à l’emploi et de rémunération, variant du simple au double entre non-diplômés et titulaires de master.

    Les bacheliers s’exportent en dehors de la région

    « Parmi les 32 000 bacheliers ayant poursuivi dans le supérieur par l’intermédiaire de la plateforme Parcoursup en phase principale, 26 000 le font dans la région », comptabilise Stéphanie Durieux, cheffe de projet à l’Insee Paca. Elle fait remarquer un solde négatif entre les 6 200 anciens lycéens qui quittent la région pour entreprendre des études ailleurs et les 4 400 entrants. Et de souligner : « Quand l’Occitanie accueille 2 200 nouveaux entrants et la région Auvergne-Rhône-Alpes 1 800. »

    Si l’échange de bacheliers se fait principalement avec les régions voisines, 20% des anciens lycéens se tournent vers l’Île-de-France. Un phénomène que Stéphanie Durieux relie à l’offre limitée de la région en écoles d’ingénieur post-bac, « des formations qui génèrent des mobilités entre provinces », affirme-t-elle.

    Et s’il était aussi question de logement ? Le chargé d’étude Sébastien Novella dresse un constat préoccupant : seulement 37% des étudiants de la région vivent dans leur propre logement. Un pourcentage parmi les plus faibles de France métropolitaine qui s’explique notamment par le fort taux de pauvreté de la région et son marché immobilier particulièrement tendu.

    CHIFFRES

    48 000

    élèves ont obtenu leur baccalauréat en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2022

    14 %

    c’est le taux d’étudiants entrants en région Paca.
    C’est le plus faible de France qui affiche 18% en moyenne.

    70 000

    apprentis ont été recensés en région à la fin de l’année 2023. Entre 2018 et 2023, leur nombre a presque triplé.

    37%

    des étudiants de la région vivent dans leur propre logement. 58% vivent dans le domicile familial, un taux seulement dépassé en Corse et en région francilienne, et les derniers résidents dans des foyers étudiants et les internats.

  • Le dynamisme associatif célébré au cœur de tous les secteurs à Marseille

    Le dynamisme associatif célébré au cœur de tous les secteurs à Marseille

    Le forum des associations a pris, en cette rentrée 2026, une nouvelle forme. Jusqu’à présent, l’événement Vivacité regroupait les associatifs de tous les quartiers de Marseille sur le Vieux-Port. La Ville a désormais opté pour un événement de proximité, avec des rendez-vous par secteur, échelonnés sur le mois. Parmi les ouvertures du bal, le stade Vallier a vu affluer un public nombreux.

    « On arrivait vite à un millier d’associations, cette formule nous permet d’accueillir le double de participants », précise Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire en charge de la vie associative. Et sous les parasols, les habitants des 4e et 5e arrondissements arrivent « à la pêche aux informations dès la rentrée, pour voir quelles activités je pourrais proposer à mes enfants », indique Ismène, qui passe des stands sportifs au secteur enfance-famille. Même démarche pour Olivier, père d’un petit Félix qui montre un intérêt certain pour la musique : « Mais il faut encore que je trouve le moyen de concilier ces heures d’apprentissage avec mon emploi du temps, donc la proximité, c’est un critère qui prime. »

    Pour les associatifs, les avis sont encore mitigés. « On est plus près de notre public », apprécie-t-on à l’association humanitaire Unadev. Patrick Delpicchia, responsable départemental des Auxiliaires des aveugles, regrette pour sa part : « On va devoir se démultiplier. Mais le vrai souci, c’est qu’on manque de bénévoles. » Un des objectifs de la fête, rappelle Didier Jau, le maire du secteur, est de « soutenir le bénévolat, sans lequel la vie de quartier décline ».

    Recherche de bénévoles

    Les élus sont venus à la rencontre des associations : « Dans un contexte national de restrictions financières publiques, Marseille maintiendra un haut niveau de subventions. » Par ailleurs, ils souhaitent épauler les structures confrontées à la difficulté de trouver des locaux. « Sous forme d’un engagement partenarial », précise Yannick Ohanessian.

    Du côté de la Fédération française de natation, Franck, responsable de Marseille Dolfin, qui compte une centaine d’adhérents et s’est hissé au 13e rang Club élite de France, plaide pour davantage d’équipements et structures : « On a connu un mieux sur les piscines, mais les créneaux horaires très tardifs sont difficilement accessibles aux petits. » Un apprentissage essentiel au regard du nombre encore trop élevé de noyades.

    La fête est donc aussi l’occasion de découvrir de nouvelles activités. Yanis, Amine et Sajid, venus faire des démonstrations de MMA pour la Team Evolution, ont testé leur aptitude au billard : « C’est intéressant et, comme le MMA, il y a concentration, précision, stratégie. »

  • L’avenir se prépare aussi dans la cour des écoles, à Toulon

    L’avenir se prépare aussi dans la cour des écoles, à Toulon

    Pas du tout intimidés par cette énième rentrée des classes, certains élèves ne cachent pas leur enthousiasme devant l’école Brusquet, dix minutes avant l’ouverture des portes. Comme Tom, qui, interrogé, s’écrie spontanément : « C’est trop bien ! Je suis trop content ! »

    La maire de Toulon Josée Massi (SE) vient d’arriver et la visite du groupe scolaire, dans lequel la Ville vient de terminer cet été d’importants travaux, va bientôt commencer en compagnie du préfet du Var, Simon Babre, et du Dasen, Jean-Roger Ribaud. L’investissement public a porté notamment sur la désimperméabilisation de la cour. Un espace qui était auparavant entièrement bitumé et sur lequel le sol a dû être décaissé sur environ 50 cm, avant de recevoir de la terre pour être végétalisé.

    Le projet a été coconstruit pendant environ un an avec les élèves, les enseignants, la Ville et une paysagiste, explique le directeur de l’établissement, Mickaël Rioualen. L’objectif étant à la fois de répondre aux souhaits des enfants et aux usages pédagogiques tout en faisant sensiblement descendre la température dans ce nouveau lieu dédié aux jeux, au repos, mais aussi au sport et aux apprentissages.

    La cour comprend entre autres des bancs, un échiquier, une salle de classe extérieure et un jardin potager. « Un excellent support pédagogique », alimenté par une citerne de récupération des eaux de pluie, dans lequel les enfants interviennent régulièrement.

    Avec les jeunes pousses

    Pour ce qui est des autres plantations végétales, la Ville a ici misé sur le respect des élèves en supprimant les protections précédemment installées ailleurs.

    « C’est une évolution importante par rapport aux premières cours aménagées par la Ville », explique la première magistrate. Plus de ganivelles dont les pointes ont été jugées dangereuses, ni même les cordes qui les avaient remplacées, mais pouvaient être utilisées comme balançoires.

    Autre avantage constaté avec ces sols désormais drainants : ils ont permis d’éviter l’inondation de la cour lors du dernier épisode méditerranéen, alors que ce phénomène était récurrent auparavant. Ils contribuent également à faire évoluer les pratiques d’entretien vers des méthodes plus vertueuses.

    « Auparavant, les feuilles mortes des platanes étaient ramassées puis évacuées en sacs-poubelles. Désormais, elles sont soufflées dans les massifs et restent sur place, se décomposent et participent au fonctionnement naturel du lieu », explique encore Mickaël Rioualen. Avec donc une réduction des déchets verts et une matière organique bénéfiques aux plantations.

    L’école dispose également aujourd’hui d’un mur d’escalade, de deux terrains de basket, un de handball et même un autre de pétanque. Une offre diversifiée qui n’a entraîné aucun conflit d’usage, insiste le directeur. Au contraire. « Ça crée encore plus de liens et de bienveillance entre les élèves », insiste Mickaël Rioualen. Et de conclure : « Ça a changé radicalement la manière de voir l’école. Et de vivre l’école. »

    Ravie des résultats enregistrés ici aussi, Josée Massi les a replacés dans une politique globale d’adaptation de la ville au changement climatique, sans rien sacrifier au confort des élèves. La municipalité prévoit notamment de généraliser des salles fraîcheur (climatisées) dans les écoles à l’horizon de la prochaine rentrée.

  • Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    « Protéger plutôt que laisser faire. Investir plutôt que subir. » Même si l’État a une nouvelle fois fait faux bond à la Région Occitanie (un demi-milliard d’euros d’enveloppe en moins), la majorité de Carole Delga (PS) a fait le choix de maintenir l’éducation comme priorité. Et ce afin de « permettre à chaque enfant, quelles que soient ses origines sociales, sa couleur de peau, de pouvoir rêver en grand, choisir son destin », insiste la présidente.

    Pour tendre vers « l’égalité des chances », il faut encore agir en faveur du pouvoir d’achat. Avec 74 millions d’euros (ME) injectés, l’Occitanie conserve, selon Carole Delga, « la rentrée la moins chère de France ». En dépit de difficultés d’approvisionnement et d’un surcoût (9 ME), l’ordinateur portable reste gratuit, de même que les manuels scolaires, les premiers équipements des apprentis et les formations aux premiers secours. L’aide à la licence sportive UNSS est maintenue à 15 euros et celle à la lecture passe de 15 à 20 euros dans les librairies indépendantes. Pour cette rentrée, l’aide à la cantine pour les familles en difficulté augmente même de 20%. Si l’on ajoute l’aide aux vélos (200 euros) pour les boursiers de seconde, les transports scolaires gratuits et la gratuité à l’usage des trains et cars Lio pour les 12-26 ans, on atteint le millier d’euros économisés pour chacun des 231 000 lycéens.

    Plan de prévention contre le protoxyde d’azote

    Contre l’assignation à résidence et le déterminisme social, la Région met aussi les moyens pour « une orientation choisie et non subie ». La plateforme « ID stages », propose à 31 000 jeunes 8 300 offres de stages. Dans les 13 départements, les salons « ID métiers » ont sensibilisé 27 000 collégiens de 4e et 3e. « 70% des jeunes ont découvert un métier dans ces salons », se félicite le vice-président Kamel Chibli. 28 000 jeunes ont été accueillis dans une maison d’orientation mobile.

    Dans le cadre de son grand plan « Occitanie résiliente » qui vise à faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe, la majorité poursuit ses actions de rénovation et sécurisation de ses établissements scolaires. Les travaux pour l’inclusion et la rénovation énergétique avancent bien. « On est quasiment au bout de l’accessibilité de nos bâtiments », confirme K. Chibli, qui évoque une « sécurisation pragmatique, pas dogmatique » à base de tourniquets, d’accès via la carte jeunes et de caméras de vidéosurveillance. 10 ME ont été débloqués pour faire face à la canicule (brasseurs d’air, films anti-UV sur les fenêtres, protection solaire, isolation thermique…). « On n’a pas attendu d’être reçus par le ministre pour agir. »

    Enfin, Carole Delga est déterminée à poursuivre « la lutte contre toutes formes de discrimination ». Désormais, s’ajoute le combat contre le protoxyde d’azote, véritable fléau. Après concertation avec le Rectorat, un grand plan de prévention sera présenté à l’automne. S’ensuivra une campagne de sensibilisation avec un kit d’action pour les maires et les professionnels de l’éducation.

    Un nouveau lycée à Cournonterral

    Ce sera le 11e à sortir de terre depuis 2016 !

    Jeudi 10 septembre sera inauguré, en présence d’Élisabeth Badinter le lycée Élisabeth et Robert Badinter de Cournonterral, à l’ouest de Montpellier. Sur une surface de 17 200 m² et un site de 6ha, ce lycée à énergie positive accueillera 1 400 élèves et 130 agents. Le coût (52 ME) financé par la Région a été gonflé de 6 ME en raison de procédures environnementales. « Ça a été un lourd combat qui nous a retardés 2 ans », souffle Carole Delga.

  • Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Apprendre à construire un four solaire, à utiliser une imprimante 3D ou encore à faire de la soudure : l’atelier partagé la Fabrique & Co donne accès aux habitants de Forcalquier et de ses alentours à des outils, des machines, des stages et des formations de bricolage en tout genre. L’atelier est né avec l’idée de « rendre le bricolage moins genré » et que « même des gens qui n’ont jamais fait de bricolage, qui ne sont pas à l’aise avec les outils, puissent ici trouver l’accompagnement qu’il faut », explique Frédéric Hafner, l’un de ses fondateurs. Les cinq thèmes développés par l’association sont le bois, le métal, le numérique, la mécanique et le vélo.

    Aménager

    son camping-car

    Cinq bénévoles tiennent l’association : Aurélie pour la menuiserie, Jean-Michel Grès – qui était candidat DVG aux municipales – pour le métal, Philippe pour le numérique, Sylvain pour le bois et le 3D, et Frédéric Hafner pour le vélo.

    La Fabrique & Co organise également des journées thématiques, comme par exemple pour apprendre à aménager son camping-car avec un lit et des meubles.

    L’adhésion annuelle coûte 50 euros, et la mensuelle 20 euros. Pour louer l’atelier pendant cinq heures, il faut compter 15 euros ; et pour une demi-journée de stage, 20 euros.

    En tant que tiers lieu, l’atelier a été subventionné par l’Europe au travers du programme LEADER. Un chantier participatif a été mis en place pour aménager le local vide, situé dans la zone d’activité de Forcalquier, en 2024.

    L’association compte déjà 80 adhérents. Elle fera une journée portes ouvertes le 5 septembre, pendant la fête des associations de Forcalquier.

    51 rue des Ateliers, Forcalquier.

  • Des cours gratuits pour que les petits Marseillais apprennent à nager en mer

    Des cours gratuits pour que les petits Marseillais apprennent à nager en mer

    À Marseille, un enfant sur trois ne sait pas nager. Pour y remédier et faire face aux nombreuses noyades de l’été, la Ville de Marseille a mis en place le dispositif « J’apprends à nager » en partenariat avec la Fédération française de natation (FFN) pour former les enfants dès leur plus jeune âge. Les apprentis nageurs s’engagent à venir participer à un cours d’une heure par jour avec un moniteur pendant une semaine. Ils apprendront à nager en mer et à la fin des sept jours, ils seront autonomes et se verront délivrer un diplôme de natation. À Marseille, 12 cours sont dispensés par jour : six ont lieu à la plage du Prophète, et six autres à la plage de la Pointe Rouge.

    « Avant le dispositif, il y avait 10 000 enfants qui apprenaient à nager par an, aujourd’hui, c’est plus de 30 000 », savoure Éric Méry, adjoint aux sports de Benoît Payan. « Dans les quartiers populaires principalement, on sait que le manque d’équipements ou de moyens peut être un frein à l’apprentissage, c’est pourquoi on essaie de faire en sorte qu’ils sachent tous nager avant de rentrer au collège », analyse-t-il avant d’ajouter : « Et apprendre la natation en mer est d’autant plus formateur que les enfants apprennent à s’adapter aux éléments naturels. Dans une piscine, on est rassuré par le bord, ici le bord c’est la plage. Or, 90% des noyades ont lieu en milieu naturel. »

    En ce vendredi de juillet au matin, c’est au tour des enfants du centre social Agora de la Busserine, de faire leurs premières brasses. Arrivés dès 8h30 dans l’eau, les huit jeunes participants apprennent en s’amusant. Ils s’éclaboussent, font l’étoile de mer, jouent avec les frites et font des jeux avec le moniteur. « Allez on fait le petit train à fond ! » « et 3,2,1… Planche ! » Dans le petit carré délimité par les lignes flottantes, tous sont ravis d’être là. À 9h30, lorsque les enfants sortent de l’eau et qu’on leur demande s’ils ont aimé, la réponse est unanime. « C’était trop trop bien ! », s’exclame Alya, 7 ans. Boubakar, 8 ans partage son avis : « J’ai hâte de revenir demain ! »

    Pour compléter l’apprentissage en mer, des piscines mobiles éphémères sont mises en place dans les quartiers les moins bien équipés. Elles permettent aux riverains de pouvoir prendre des cours de natation ou d’aquagym par exemple, sans avoir besoin d’aller jusqu’à la plage du Prophète ou à la Pointe Rouge. Des cours d’aisance aquatique sont aussi proposés aux enfants de 4 à 8 ans afin de les familiariser au milieu. Face au succès, la Ville prévoit de renouveler l’opération chaque été.

  • Apprendre à nager au Novotel-Sofitel

    Apprendre à nager au Novotel-Sofitel

    « C’est le hasard qui nous a fait rencontrer l’association le Grand bleu, l’an passé. Nous avions un voiturier bagagiste qui les connaissait. Ça a été un véritable coup de cœur », lance Vincent Gaymard, directeur du Sofitel et Novotel Marseille Vieux-Port. Poursuivant : « On fête nos 50 ans cette année. Ouvrir nos portes à ses petits Marseillais, ce n’est pas neutre. Certains n’étaient jamais rentrés dans un hôtel. Ça donne du sens à notre engagement, apprendre à nager, mais aussi à respecter les océans. »

    Des partenariats nécessaires

    Dans la piscine, les enfants, bonnet jaune sur la tête, tentent l’étoile de mer encadrés par les maîtres-nageurs. La surprise, c’est le calme. Les enfants sont dans l’eau et quelques clients de l’hôtel bronzent sur des transats paisiblement.

    Grâce au dispositif d’aisance aquatique et apprentissage de la natation durant les temps scolaires, qui lie la Ville, l’État et l’association, cela fait maintenant 5 ans que les écoliers s’initient. « Cette semaine, 100 enfants ont bénéficié du dispositif. Une partie à la piscine du Novotel-Sofitel et l’autre sur le site de Corbière grâce à un bassin gonflable », explique Brahim Timricht, directeur de l’association. Il ajoute : « Ils ont pu bénéficier d’une formation en 3 temps soit avec de l’éducation à l’environnement en partenariat avec la fondation Suez, une initiation kayak paddle et des notions d’apprentissage aquatique. Les enfants pourront poursuivre la formation gratuitement avec l’association dans différents lieux*. » Depuis 13 ans, 17 000 enfants ont appris à nager avec le Grand bleu. « Nous sommes toujours en carence », soupire-t-il.

    *En juillet : piscine des Micocouliers ou sur la base nautique Florence-Artaud. En août : piscine de la Busserine , ou sur le site de Corbière tout l’été. Web : legrandbleumarseille.com

  • [Entretien] Judith Sasportes : « Un jeu non digital peut gagner le concours Lépine ! »

    [Entretien] Judith Sasportes : « Un jeu non digital peut gagner le concours Lépine ! »

    Comment éviter les prises de tête autour des devoirs de maths ? Judith Sasportes, marseillaise de 26 ans, a peut-être trouvé la solution avec son jeu « Maths et ma toque », médaille d’argent au concours Lépine 2026. L’ancienne étudiante à la faculté d’Aix-Marseille a poursuivi des études d’ingénieure avant de se lancer dans une école de commerce. Son bagage universitaire, complété par un fort investissement associatif, notamment auprès des scolaires, l’ont poussé à s’intéresser à l’apprentissage. Entretien avec une inventeuse engagée.

    La Marseillaise : Quel est l’objectif de votre jeu « Maths et ma toque » ?

    Judith Sasportes : Ce jeu tend à réduire le traumatisme de l’apprentissage des mathématiques ! Le but est de monter en grade en réalisant des recettes de cuisine à l’aide de calculs mathématiques. Il existe cinq niveaux, allant de la simple addition à des fractions ou encore la règle de trois. Les enfants et les adultes peuvent jouer ensemble. C’est très important qu’il y ait ces moments de partage, de montrer aux enfants qu’il est normal de se tromper à n’importe quel âge.

    Comment vous est venue l’idée de ce jeu ?

    J. S. : Après mes études d’ingénierie informatique, j’ai voulu développer mon entreprise. J’ai fait une école de commerce et en parallèle, je suis rentrée en lien avec des enfants, des familles, des professeurs, en ayant en tête de réaliser un projet utile pour l’apprentissage. Grâce à mes échanges, j’ai constaté que les méthodes d’apprentissages des mathématiques étaient trop déconnectées de la réalité. Les enfants pensent souvent que les maths ne servent à rien, ou alors à compter l’argent. Mais ils n’en ont pas, donc ça reste très abstrait ! Aussi, j’ai commencé à réfléchir à ce premier jeu didactique.

    Les jeunes filles sont moins représentées dans le domaine scientifique, est-ce que vous avez pensé votre jeu autour de cette problématique ?

    J. S. : Je m’engage depuis plusieurs années pour l’égalité des chances dans les sciences, notamment en étant marraine de l’association « Ambitieuses ingénieuses » qui soutient les collégiennes dans leur projet d’études scientifiques. Sur la boîte de « Maths et ma toque », j’ai fait figurer deux personnages, masculin et féminin. Dans le jeu, les personnages sont assez androgynes. En école d’ingénieure, 25% des étudiants sont des femmes. Les représenter, c’est leur donner confiance en leur légitimité dès leur plus jeune âge.

    Que représente pour vous cette médaille d’argent au concours Lépine ?

    J. S. : Cette reconnaissance prouve qu’un jeu didactique qui n’est ni technologique ou digital peut gagner un concours d’invention en 2026 ! La semaine d’exposition à Paris-Expo en amont du prix m’a beaucoup touché. J’ai rencontré des enfants en difficulté qui se sont amusés en faisant des maths, cela leur a redonné confiance en leurs compétences. C’était des beaux moments de partage.

    Avez-vous d’autres projets de jeu ?

    J. S. : Je suis en cours de production d’un jeu autour de l’apprentissage du français ! Je ne peux pas en dire plus, mais je travaille actuellement avec des professeurs sur ce projet qui sortira prochainement. En attendant, je suis à fond dans la diffusion de mon premier jeu !

    Pour tout renseignement et commande : https://maths-et-ma-toque.fr

  • [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    La Marseillaise : Quel état des lieux faites-vous de la formation professionnelle ?

    Sylvain Bego-Ghina : Ça va être vite vu : ils sont en train de tuer la formation professionnelle. Sur les 13 milliards d’euros récoltés par an aux entreprises, 11 sont orientés vers l’apprentissage, il ne reste donc plus d’argent pour les opérateurs de compétences [Opco, Ndlr.]. Tous les budgets baissent, les voyants sont dans le rouge. Le Compte personnel de formation (CPF) est aujourd’hui limité. À France Travail, les choix de formations se résument à celles dont les métiers sont en tension, comme l’hôtellerie-restauration ou l’aide au service… Les missions locales subissent des baisses de moyens. C’est plus que les vaches maigres ! Dans 10 ans, il n’y aura plus de centre de formation tel qu’on l’a connu, l’Afpa ne sera peut-être plus là. L’apprentissage est normalement adressé aux mineurs, ou aux moins de 20 ans… Ce n’est pas ce qu’on entend traditionnellement par « formation professionnelle ».

    Qu’est-ce que ça implique
    de favoriser l’apprentissage
    au détriment de la formation professionnelle
     ?

    S.B.-G. : Plusieurs choses. Quand on est en apprentissage, on est une semaine dans une boîte de formation et trois semaines chez un patron. C’est de la main-d’œuvre bon marché pour le patronat. À l’Afpa, les stages étaient de 3-4 semaines, on n’est pas sur la même échelle de temps. On est d’ailleurs en train de devenir des centres d’apprentissage. La direction veut prendre « le train de l’apprentissage » et table sur des fermetures de CFA… On va faire la voiture balais des CFA, ça en dit long sur les politiques menées. D’autant que notre direction veut tout rentabiliser et entend fermer tout ce qui n’est pas rentable. On craint prochainement des fermetures de formations, de centres, a minima des regroupements de structures ou encore des licenciements. C’est toute l’histoire du macronisme : ils ne veulent plus de services publics de pleine compétence, faire plus avec moins… De toute façon, on est tellement dans le rouge, que la seule chose qui reste pour baisser les coûts c’est baisser la masse salariale. Et moins il y a de masse salariale, moins il y a de formations… Vous voyez le schéma.

    Quelles conséquences concrètes de ces baisses de moyens ?

    S.B.-G. : Avant, à l’Afpa, les usagers étaient hébergés, nourris, il y avait la médecine du travail, de l’orientation, une vraie égalité devant la formation… Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Également, les fermetures de centres ont une conséquence très concrète : l’impossibilité de faire une formation près de chez soi. Il y a des endroits où il faudra faire 150 km pour devenir maçon…

  • [Travailleurs de demain] Enzo et Raphaël, as de la maçonnerie

    [Travailleurs de demain] Enzo et Raphaël, as de la maçonnerie

    Issu d’un bac pro menuiserie, Enzo s’oriente à la sortie du lycée vers un CAP maçonnerie, lorsque son père et son oncle montent leur propre entreprise de rénovation. Désormais en alternance dans la société familiale, il se réjouit de pouvoir travailler dans un climat de « confiance ». « C’est un avantage de travailler en famille, l’ambiance n’est pas la même qu’ailleurs, s’enthousiasme-t-il. Mon père et mon oncle ont confiance en moi et me laissent faire des tâches importantes, comme moi j’ai confiance en eux dans leur façon d’entreprendre un chantier. C’est un vrai avantage pour un apprenti, car nous sommes souvent utilisés pour faire les tâches ingrates, de manutention par exemple. » Autre point positif pour le jeune homme : travailler, chaque jour, « différemment ». « Ce qui me plaît dans la maçonnerie, c’est pouvoir toucher à plein de choses, explique-t-il. Un jour, je peux faire de la toiture, le lendemain, une ouverture dans un mur porteur, ensuite du carrelage… Disons qu’on ne voit jamais la même situation, c’est toujours différent. »

    Raphaël, lui, est fils d’un steward et d’une hôtesse de l’air. Passé par un bac scientifique, il s’oriente dans un premier temps vers la menuiserie, poussé par son beau-père, avant de se rediriger vers la maçonnerie. « Pouvoir construire une maison de A à Z, avec mes mains, c’est ça qui m’a vraiment donné envie », s’émerveille-t-il. Une envie de travail manuel qu’il parvient même à transmettre à son père, aujourd’hui en reconversion pour devenir menuisier. Une passion partagée avec son père donc, mais aussi avec son beau-père, dont il a rénové « en sept mois tout le jardin ». « J’ai pris énormément de plaisir, car j’ai un peu eu la sensation d’avoir rendu à mon beau-père tout ce qu’il m’a apporté au début, s’émeut le jeune homme. Finalement, c’est moi qui lui ai appris la maçonnerie et lui m’a appris une partie de la menuiserie. »

    Montrer l’excellence

    Se « challenger », bien sûr, mais surtout montrer que l’excellence existe aussi en maçonnerie. C’était là l’ambition d’Enzo en participant aux Worldskills. « Les jeunes du CFA ne sont pas toujours bien vus, note-t-il. C’était aussi l’occasion de montrer à tout le monde que, nous aussi, on est aussi capables de faire de grandes choses ». Raphaël, de son côté, reconnaît avoir lui même déjà appliqué certains préjugés à son métier. « Ma vision a complètement changé, comme celle de mes parents d’ailleurs. Aujourd’hui, quand ma mère voit qu’on se baigne dans la piscine qu’on a construite, elle comprend qu’au-delà de l’aspect fatigant, mon métier est gratifiant. » Et d’ajouter : « Construire tout ça avec ses mains, c’est fou quand même, non ? »