Tag: anniversaire

  • La Fondation SNCF fête ses 30 ans

    La Fondation SNCF fête ses 30 ans

    « Tout a commencé avec l’engagement des salariés. » Pour le 30e anniversaire de la Fondation SNCF, Laetitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation, n’a pas manqué de saluer le travail des petites mains de l’entreprise historique du rail français. Un travail en faveur du monde associatif qui dure depuis 30 ans au travers de la Fondation. Et qui a été mis en avant lors d’une matinée d’échanges et de présentation des associations partenaires de la Fondation, au Campus Biaggi dans le 3e arrondissement de Marseille, ce jeudi.

    « On fait le pont entre une entreprise d’utilité publique et le monde associatif depuis 30 ans », martèle la déléguée générale. « En région Paca, ces 5 dernières années, l’accompagnement des associations était de l’ordre de 120 000 euros par an. Et 70 salariés ont porté des projets », explique Delphine Couzi, coordinatrice régionale du groupe SNCF. De quoi mettre en avant « l’entreprise avec des valeurs autour de la solidarité, de l’inclusion, de la création de lien dans les territoires » qu’est la SNCF. Et surtout, les projets réalisés par les associations soutenues par la fondation, à l’image de Sourire à la vie, qui aide à la pratique sportive d’enfants et adolescents atteints de cancer et qui a une base à l’Estaque.

  • « Femmes solidaires marque un changement »

    « Femmes solidaires marque un changement »

    La Marseillaise : Exposition, repas, que propose Femmes solidaires pour cet anniversaire ?

    Annick Karsenty : D’abord de revenir sur notre histoire depuis la fondation de l’Union des femmes françaises (UFF) en 1945 avec une exposition faite par nos amies de Nîmes, avec de nombreux panneaux explicatifs. Elles ont été chercher les événements, les lois, les bagarres… Il y aura aussi la projection d’un film et une table ronde avec deux anciennes qui l’ont vécu, cette histoire, pour qu’elles nous racontent ce que nous, nous n’avons pas connu.

    Comment mesurez-vous le chemin parcouru en 80 ans ?

    A.K. : On peut dire qu’il y a vraiment eu un changement d’orientation, une évolution dans la décennie 1984-1992, une évolution quand nous avons changé de nom. En 1992, le 17e congrès de l’UFF porte le slogan « femmes solidaires pour défendre nos droits et la paix » et on passe d’une association féminine et familiale qui portait des revendications sur notamment le droit au travail des femmes à un mouvement féministe solidaire. On commence à parler de loi anti-sexiste, de culture du viol. On passe à des questions plus sociétales. On avance aussi un mot d’ordre contre la féminisation de la pauvreté. Après il va y avoir la participation à la conférence mondiale des femmes de Pékin [en septembre 1995 Ndlr]. On intervient également au niveau de l’Afghanistan, où nous allons financer des écoles clandestines pour les petites filles et nous faisons la connaissance de Shoukria Haidar [présidente fondatrice de l’association Negar-Soutien] qui participera à la création du RIFL, notre réseau international féministe et laïc. En 2004, on obtient aussi le statut international spécial à l’ONU dans lequel on siège toujours.

    Et quel chemin reste-t-il selon vous à parcourir ?

    A.K. : Beaucoup de choses restent à faire. En particulier sur les violences dans la famille. Au niveau des féminicides, le chiffre ne descend pas. Avec les suicides forcés, on en est à trois femmes par jour qui décèdent. Il y a aussi le retour des masculinistes qui font que nous retournons en arrière. On le voit bien quand nous intervenons dans les salles de classe. Les garçons portent des propos de recul… Même si les filles se rebiffent et c’est aussi à prendre en compte. La loi de 2016 qui fait que la France est un pays abolitionniste de la prostitution est menacée aussi et il y a tout le combat contre le courant transactiviste qui vise dans tous les domaines à gommer le mot femme…

  • Barbara Hendricks, exemple à suivre dans « son » collège à Orange

    Barbara Hendricks, exemple à suivre dans « son » collège à Orange

    « Je dis à tout le monde que c’est mon collège. Vous faites partie de ma famille depuis 30 ans maintenant », lance la chanteuse lyrique américaine Barbara Hendricks devant un parterre de personnalités et d’élèves du collège qui porte son nom depuis trois décennies désormais.

    En concert à Aix-en-Provence cette semaine, celle qui était également ambassadrice du Haut-Commissariat pour les réfugiés à l’ONU en a profité pour faire un crochet dans le Haut-Vaucluse et voir ceux qu’elle considère comme ses « enfants et petits enfants ».

    « On parle de valeurs, des droits humains. On a vu le travail des élèves sur le harcèlement par exemple. À chaque fois que je viens, ils ont quelque chose à me montrer qui me rend très, très fière, car cela montre qu’ils prennent ces valeurs très au sérieux », lance-t-elle dans un français avec un accent yankee. Quelques minutes auparavant, la chorale et l’orchestre de l’établissement ont joué en son honneur L’Hymne à la joie en allemand et en provençal. Et la septuagénaire, qui fête son 77e anniversaire ce jeudi 20 novembre, n’a cessé de bouger la tête en rythme et avec un large sourire malgré les quelques petites fausses notes, sûrement dues au fait que certains ne jouaient d’aucun instrument il y a quelques semaines encore. Un plaisir de revenir à Orange donc, notamment après de nombreux passages au festival des Chorégies dans le Théâtre antique où elle garde l’un de ses meilleurs souvenirs de sa carrière « malgré le mistral glacial qui m’obligeait à chanter avec des habits de ski sous ma robe », se remémore-t-elle tout en riant. La plantation d’un rosier en son honneur a conclu la matinée.

    Et c’est notamment le parcours et les actions véhiculées par Barbara Hendricks qui ont été soulignés par les représentants du collège et des différentes organisations, mais aussi par les élèves et la chanteuse elle-même.

    Engagement permanent

    Fille de pasteur née dans l’Arkansas « 20 jours avant la Déclaration universelle des droits de l’Homme par les Nations unies », comme elle le rappelle, elle a connu la ségrégation dans son État du Sud des États-Unis, confiant avoir le sentiment d’être « née apatride dans son propre pays ».

    « Par votre engagement permanent, notamment auprès des plus fragiles, nous retrouvons cet esprit chez les élèves », assure Philippe Koszyk, Dasen de Vaucluse, en faisant ensuite un parallèle, peut-être un peu hasardeux, entre « les élèves qui n’ont pas besoin d’aide et un certain nombre dans ce collège qui ont vraiment besoin d’être accompagnés ». D’autant plus lorsque l’on sait que professeurs et personnels éducatifs demandent depuis plus d’un an le passage du collège en réseau d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), et qu’à ce jour, d’après nos informations, cette demande n’a eu aucune réponse de la part des instances.

  • Marchais, l’ouvrier devenu patron des communistes

    Marchais, l’ouvrier devenu patron des communistes

    Rien ne prédestinait ce fils d’agriculteurs, enfant de chœur, rêvant de devenir ouvrier, à être l’une des principales figure du communisme européen de la fin du XXe siècle. Accéder au poste de secrétaire général en 1972, ce n’était pas rien, du temps où le PCF, le plus puissant à gauche, très loin devant le PS revendiquait près d’un million de militants et avait la CGT dans sa poche. Il rendit possible le programme commun et la victoire de l’union de la gauche aux municipales de 1977 et ensuite en 1981.

    « Georges » à la stature imposante et au large sourire était un séducteur avec un côté foncièrement attachant pour l’avoir rencontré en août 1985 à Moscou lors du festival mondial des jeunes et des étudiants. Il avait aussi le cuir épais et il le fallait car, réquisitionné à 22 ans pour aller travailler au STO en Allemagne en 1942 ce lui fût reproché « de façon dégueulasse » par ses adversaires quarante ans plus tard comme si cela faisait du jeune Marchais victime des lois scélérates de Vichy un collabo ! Reproches lui furent fait aussi de se rapprocher du « grand frère » soviétique, allant jusqu’à juger son bilan « globalement positif » et justifier l’invasion de l’Afghanistan.

    Au final, il était un homme tout aussi charismatique que passionnant, tout en nuances, un dirigeant politique bien plus complexe qu’il n’y paraissait. Sincère et loyal dans ses combats, celui qui fut ouvrier ajusteur et qui défendait l’idée que le pouvoir ne devait pas appartenir à ceux qui se prétendent faits pour l’exercer. Ce que l’on sait moins c’est que cultivé, il était notamment fou de jazz, qu’il ne se lassait d’écouter et sur lequel il était intarissable.

    Et puis dans les années 70 les médias ne concevaient pas un débat politique sans lui et son sens de ce que l’on appelle aujourd’hui « la punchline ». Il avait le sens du spectacle et ses joutes avec les journalistes politiques restent gravées dans les mémoires notamment en 1980 alors en vacances lorsqu’il déclare à l’antenne : « J’ai dit à ma femme, François Mitterrand a décidé d’abandonner le programme commun, Liliane fait les valises, on rentre à Paris. »

  • Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    « Ce banc, c’est une invitation à la rencontre, à s’asseoir côte à côte, comme un premier pas vers la paix », sourit Laura Sahin, co-responsable de la section sud de l’association Les Guerrières pour la paix. Sur la corniche Kennedy, à côté de la plage du prophète, une cinquantaine de personnes se sont réunies, ce jeudi, pour inaugurer la mosaïque de l’association. Un banc de la paix qui a d’autant plus de sens qu’il fait face à la Méditerranée, « une mer témoin des conflits qui frappent ses rives, en Israël, en Palestine, en Ukraine, en Syrie, au Liban », insiste la responsable.

    Débuté en octobre, le projet a été porté par l’association Les Guerrières de la paix, fondée en 2022 par Hanna Assouline, qui rassemblent des femmes juives et musulmanes pour promouvoir un discours de paix et la place des femmes dans ces processus. C’est en partenariat avec l’artiste Paola Cervoni, qui réalise les mosaïques de la corniche, et les élèves de l’école de la Seconde chance que ce banc a été réalisé.

    Pendant 2 mois, tous les mardi, élèves et bénévoles de l’association se sont retrouvés pour discuter de la paix et créer ce dessin de pierre, qui représentent une femme qui souffle les colombes de la paix. « ça fait chaud au cœur de voir le résultat », sourit Fadela Omari, guerrière de la paix.

    C’est donc un message d’apaisement et de solidarité que les guerrières de la paix et Ali Abu Awwad ont voulu porté, ce jeudi, jour du 10e anniversaire des attentats de Paris. « Dans un moment de grande fracture, où le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie montent, on a voulu recréer un espace commun et de dialogue », insiste Hanna Assouline, fondatrice de l’association. Un message de paix partagé par le fondateur de l’association palestinienne Taghyeer : « il faut que l’on soit pro-solution, pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre libres, dignes et en sécurité. »

    L’inauguration de ce banc a été suivi par la projection du film Résister pour la paix, au musée d’art contemporain de Marseille. Un film co-réalisé par Hanna Assouline, avec Sonia Terrab, sur des hommes et des femmes qui résistent pour la paix en Israël et dans les territoire palestiniens.

    Le pacifisme comme solution

    Militant pacifiste palestinien, Ali Abu Awwad lutte pour une solution à deux états.

    Une des façons d’agir de manière la plus juste pour nous [les Palestiniens], c’est en faisant de la non-violence notre identité, car nous n’avons pas d’état et le monde entier nous critique si l’on résiste militairement. » C’est la conviction d’Ali Abu Awwad, fondateur de l’association palestinienne pacifiste Taghyeer. Né près de Hébron, en Cisjordanie, il y habite toujours « entouré de grillages et de checkpoints où personne ne peut se déplacer librement ou travailler ».

    C’est pour lutter contre cette réalité qu’il crée Taghyeer (changement en arabe), pour promouvoir une solution non-violente à la guerre Israélo-palestinienne. « Je ne veux pas résister à l’occupation, je veux y mettre fin. Pour cela, il faut une action stratégique qui donnera à mon peuple sa liberté. » Il défend donc une solution à deux états, avec une reconnaissance mutuelle et la libre circulation des populations « pour que les deux peuples puissent vivre libres et en sécurité sur cette terre ».

  • L’insertion par la restauration récolte ses premiers succès

    L’insertion par la restauration récolte ses premiers succès

    « Cette formation m’a beaucoup appris sur moi-même. Je la conseille à toute personne souhaitant devenir encadrant technique, car elle est très méthodologique et permet de se fixer des objectifs », témoigne au micro Cédric Lauze salarié à l’Armée du salut. Il fait partie des cinq lauréats du titre professionnel d’encadrant technique d’insertion (ETI). à ses côtés, Jérémy Rahim, également lauréat et salarié de l’Armée du salut, confie que cette formation l’a changé : « Elle m’a permis de mettre des mots sur des choses. » Un véritable défi pour ce jeune homme, pour qui l’école n’a jamais été « son truc ».

    Ce 4 novembre, la soirée marquant le premier anniversaire a aussi officialisé le lancement du site internet d’Épices. Ce collectif regroupe sept structures d’insertion par la restauration : La Table de Cana, Les Grandes Tables, En Chantier, Festin (Les Beaux-Mets & Des Étoiles et des Femmes), L’Après-M, La Résidence William Booth de l’Armée du salut, et Le Bouillon de Noailles.

    L’objectif de l’association est de favoriser l’accès à un emploi durable dans le secteur de la restauration, renforcer l’accompagnement des personnes en insertion et, plus largement, promouvoir une approche inclusive de la cuisine. En chiffres, ce sont 230 personnes qui ont été accompagnées vers l’emploi en 2025. Les coordinatrices Marina Jost et Émilie Buisson ne cachent cependant pas leurs inquiétudes : « les financements de l’insertion sont annoncés à la baisse et il nous faudra redoubler d’efforts pour mener à bien nos missions. »

    Autre moment fort : la présentation du 23e numéro de la revue Ingrédient, consacrée à la valeur travail et réalisé au sein des structures du collectif Épices. Pour Mo Abbas, auteur, « sans doute l’un des numéros les plus difficiles, car il a fallu beaucoup réfléchir sur le rapport au travail et en parler librement ». Pour Pauline Gilbert, illustratrice, « c’était beaucoup de rencontres avec ces hommes et ces femmes. Un véritable travail d’équipe ».

    Site web : collectifepices.fr

  • L’Occitanie célèbre les 80 ans de la Sécu

    L’Occitanie célèbre les 80 ans de la Sécu

    Portées principalement par des collectivités de gauche, par la CGT et par le monde associatif (la droite a-t-elle oublié que le Général de Gaulle dirigeait le gouvernement provisoire lors de sa création ?), de nombreuses manifestations émaillent le Gard et l’Hérault. Le film La Sociale de Gilles Perret, qui raconte l’histoire de la Sécu, a été régulièrement diffusé comme jeudi 30 octobre à l’Union locale CGT de Béziers avant d’être suivi d’un débat sur l’avenir de la Sécu.

    Du côté de la Ville de Montpellier, une « exposition qui retrace 80 années d’existence de la Sécurité sociale » a été inaugurée le 27 octobre dans le hall de l’hôtel de ville. Mais elle ne sera accessible que jusqu’au vendredi 31 octobre. L’initiative la plus originale devait venir de la CGT de Lunel, qui avait lancé durant l’été un appel à projets artistiques pour une « exposition participative » intitulée « 80 ans de Sécu, 80 regards ». Le but était de faire appel aux artistes locaux (plasticiens, photographes, vidéastes, performeurs, collectifs, artistes numériques) pour obtenir des regards différents sur le soin et la solidarité. Sauf qu’à la veille de monter l’exposition, la mairie a refusé de prêter une salle. « On n’a pas réussi à rebondir après ce problème avec la mairie », regrette Alain Bobet, secrétaire de l’UL CGT de Lunel.

    Exposition sur Ambroise Croizat à Alès

    Dans le Gard, ce sont les deux bars du Prolé qui sont principalement à la manœuvre. À Nîmes, une conférence-débat avec Léo Rosell, auteur de « La sécu, une ambition perdue ? De la solidarité à la rentabilité », est organisée le samedi 15 novembre (à 17h). Du côté d’Alès, où la CGT a mené une large campagne de sensibilisation, notamment auprès des jeunes, sur l’importance de préserver la Sécurité sociale et où le collectif de défense de la santé du bassin alésien a aussi organisé des conférences et des débats, c’est le Prolé qui accueille désormais une exposition sur Ambroise Croizat. Ainsi, la vie du ministre du Travail (PCF) qui a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre concrète de la Sécu qu’il a conçue comme un mécanisme de solidarité nationale et non comme une simple assurance professionnelle est résumée sur une quinzaine de panneaux. « Non seulement, nous devons agir pour préserver notre système de sécurité sociale mais agir pour l’extraire des logiques de marché et l’inscrire dans notre constitution », a martelé Giovanni di Francesco, secrétaire de la section alésienne du PCF, lors de l’inauguration.

  • Sécu : un budget 2026 de coupes jamais vues

    Sécu : un budget 2026 de coupes jamais vues

    Le projet de budget de la Sécurité sociale a débuté son chemin à l’Assemblée lundi dernier, en commission des Affaires sociales, pour des débats qui s’annoncent explosifs, entre la suspension de la réforme des retraites, et des économies exceptionnellement fortes.

    Les oppositions ont d’ores et déjà supprimé les mentions des objectifs de dépenses et recettes du gouvernement, ou encore les prévisions de dépenses de santé pour cette année, les estimant tantôt « insincères », tantôt insuffisantes face aux besoins, notamment à l’hôpital. Un tour de chauffe qui a permis surtout d’observer les positions de chaque force politique, car les députés repartiront quoi qu’il arrive du texte initial dans l’hémicycle le 4 novembre pour un vote prévu le 12.

    Et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est sous le feu des critiques des oppositions, en raison des économies massives pour réduire le déficit à 17,5 milliards en 2026 (23 milliards en 2025). « Le débat est ouvert » et la version finale « sera bien différente », ont répété les différents ministres en charge du texte, tout en affirmant la nécessité de maîtriser les dépenses, et « responsabiliser » tous les acteurs. La mesure phare restera quoi qu’il arrive la suspension de la réforme des retraites, promise aux socialistes en échange de leur non-censure. Le projet suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein. Au cours de l’examen, les Républicains proposeront de supprimer cette suspension, tandis que les socialistes chercheront à y intégrer les carrières longues. Si l’Assemblée vote la suspension, le Sénat, contrôlé par la droite et les centristes, rétablira la réforme, a prévenu samedi dernier le président de la chambre haute, Gérard Larcher (LR). Le coût de la suspension est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027. Pour la financer, les options retenues -une mise à contribution des complémentaires santé et des retraités – font controverse. D’autant que le projet de budget est d’une exceptionnelle rigueur financière. L’exécutif y limite la hausse des dépenses d’Assurance maladie à 1,6%, alors qu’elles progressent naturellement chaque année d’environ 4%. Et il table sur sept milliards d’économies en santé, pour beaucoup douloureuses. Plusieurs mesures ciblent les malades : nouvelle hausse des franchises (reste à charge des patients sur les consultations et médicaments), moindre remboursement chez le dentiste, limitation de la durée d’un premier arrêt maladie… Ce projet est « profondément injuste et inefficace », a jugé France Assos Santé, principale fédération d’associations de patients. C’est « la pire cure d’économies depuis les années 2010 », selon les fédérations hospitalières. Autres propositions décriées : une taxation supplémentaire des complémentaires santé, -qui fait débat jusque dans le camp gouvernemental-, une taxation des cotisations patronales sur les tickets-restaurants et œuvres du CSE, ou encore une surcotisation sur les dépassements d’honoraires des médecins. Le gel des pensions et de l’ensemble des prestations sociales (RSA, allocations familiales, APL…) en 2026, pour dégager 3,6 milliards d’euros d’économies, provoquera aussi de vifs débats. L’équation s’annonce particulièrement difficile pour le gouvernement Lecornu. Olivier Faure (PS) agite le spectre si le gouvernement ne cède pas ce vendredi en faveur d’une taxe sur les hauts patrimoines lors de l’examen du budget de l’État.

  • [Entretien] Pierre Tranchand (alias Pica) : « Les Profs ne sont pas mon plus grand succès, c’est le seul »

    [Entretien] Pierre Tranchand (alias Pica) : « Les Profs ne sont pas mon plus grand succès, c’est le seul »

    La Marseillaise : Architecte de formation, vous vous lancez dans la BD à la fin des années 1970. Comment cette passion est-elle née ?

    Pica : J’ai même commencé avant. J’ai passé mon diplôme en juillet 1977, mais en 1976, j’avais déjà décroché des choses. Pendant l’année de mon diplôme, je faisais de la BD le week-end. En 1966, on m’a offert Astérix chez les Bretons. J’ai commencé à recopier Astérix, puis j’ai fait mes propres trucs (sic). J’ai été publié dès l’âge de 16 ans, en 1969, avec de petits strips dans des journaux locaux, à Saint-Étienne. J’ai ensuite choisi une école d’architecture, parce que ça durait six ans et que ça me laissait le temps de me perfectionner sur la BD, ma vraie passion.

    Depuis, vous avez écrit plus de 70 albums. Vous attendiez-vous à une telle carrière ?

    Pica : Bien sûr que non. Ça fait 48 ans que je fais de la BD, une durée comme celle-ci, c’est incroyable. D’ailleurs, je pense qu’aujourd’hui, ce sera très difficile de faire ça. Les gens ne font plus ce genre de carrière car j’ai beaucoup travaillé dans la presse, ce qui était bien, car on était payé. Aujourd’hui, si vous faites un album qui ne marche pas, vous êtes viré et vous n’avez plus de boulot. Moi, j’ai eu du bol, car j’ai fait une série qui marche. On a vendu 6,7 millions d’albums, donc ça va (rires). Quand on dit que la BD va bien, c’est global, mais il y a quand même beaucoup d’auteurs qui sont dans la pauvreté totale.

    Parmi eux, « Les Profs », votre plus grand succès, lancée en 2000. Comment est née cette BD ?

    Pica : Ce n’est pas mon plus grand succès, c’est le seul (rires). Avant, j’étais connu car j’ai beaucoup écrit dans le Journal de Mickey et dans Pif Gadget, qui était tiré jusqu’à 1 million d’exemplaires. Mais je ne vendais pas d’album. Les Profs sont nés en 1995-1996. Je n’avais plus de boulot, on me disait que j’avais un style hasbeen. Un soir, j’appelle Gilles Corre, mon scénariste actuel [connu sous le nom d’Erroc, Ndlr]. Je lui dis que j’ai l’idée de faire une histoire de profs, mais je pense alors qu’il faut être prof pour faire ça. Il me dit qu’il a fait un projet là-dessus, qui avait été refusé il y a deux ans. Il m’envoie les scénarios et c’était pile poil ce que je voulais faire. J’ai commencé à dessiner en 1997 et on a mis trois ans à faire un album, car personne n’en a voulu.

    Vous célébrez cette année ses 25 ans. Qu’est-ce qui fait son succès ? Comment réussissez-vous à le faire durer ?

    Pica : Une grande part du mérite revient aux scénaristes, car si vous faites un dessin magnifique et que le scénario est nul, ça ne marche pas (rires). Erroc se fait aider maintenant, car 25 ans à trouver des gags, il faut le faire. Comment ça a duré ? Je n’en sais strictement rien (rires). Ce qui a fait le succès, c’est le sujet. Tout le monde a été à l’école, mais on l’a bien traité. L’humour et le dessin plaisent aux gens. J’avais déjà fait une BD sur une école de sorciers, ça n’a pas eu le succès d’Harry Potter (rires). Il faut que le public adhère et ce n’est pas simple. On va souvent observer des salles de classe, mais tout sort de notre imagination. On se sert de l’actualité, mais rien n’est vécu. On fait une caricature de l’école. Le problème des Profs, niveau dessin, c’est que le décor est toujours le même, et il ne faut pas lasser le lecteur.

    Le 28e tome, « Carnet de potes » (Bamboo éditions), est sorti le 28 octobre, mais vous n’en êtes plus le dessinateur. Vous êtes désormais focus sur une série dérivée, « Les Profs refont l’histoire ».

    Pica : J’ai lancé cette série en 2008, un an avant de faire un AVC, dû au stress et aux charges de travail infernales. Je n’arrivais plus à tenir le rythme d’un album par an, donc j’ai passé la main sur Les Profs en 2015. J’avais envie de faire des décors, j’en avais un petit peu marre de faire la même chose. Les profs refont l’histoire reprennent les mêmes personnages en les replaçant dans des époques différentes. Je suis à la retraite depuis 11 ans, mais je n’ai pas trop envie de m’arrêter (rires). C’est une passion, j’ai beaucoup de difficultés à dessiner, mais je continue tant que mon dessin n’est pas complètement pourri (sic). Le quatrième tome sort en janvier et on m’en a déjà commandé un cinquième.

    Exposition dédiée à Pica, au Facto,
    à Solliès-Pont,
    du 1
    er novembre
    au 31
     mars.

  • En Espagne, douleur et colère un an après la catastrophe

    En Espagne, douleur et colère un an après la catastrophe

    Le 29 octobre 2024 des inondations dévastatrices ravageaient villes et villages dans le sud-est de l’Espagne. 237 personnes trouvaient la mort dont 229 dans la région de Valence. Les pluies torrentielles dans la nuit du 28 au 29 octobre atteignirent par endroit, en quelques heures, jusqu’à 700 litres au mètre carré. À la tragédie humaine, il faut ajouter la destruction de centaines de maisons, de routes, de diverses infrastructures et équipements collectifs. Cet évènement est considéré comme la pire catastrophe hydrologique de l’Espagne.

    Quelques jours plus tôt, dès le 23 octobre, l’Agence d’État espagnole de Météorologie (AEMET) alertait sur la formation imminente d’une goutte froide, la DANA, ce qui veut dire : dépression isolée en haute altitude. Le 28 octobre, vers 22h d’importants orages de grêle commencent à s’abattre sur la région. Dès le 29 au matin l’AEMET émet une alerte rouge. Il aura fallu attendre 20h11 pour que l’alerte soit donnée par la Generalitat de Valence alors que les morts se comptaient déjà par dizaines.

    Au-delà du traumatisme, toujours présent dans les populations affectées par ce drame, il y a une colère qui ne cesse de s’amplifier depuis un an. Samedi dernier des milliers de manifestants à Valence ont demandé vérité, justice et réparation et la démission du président de la Generalitat de Valence Carlos Mazon, membre du Parti Populaire, dont l’attitude le jour de la tragédie ne cesse de poser des questions. Alors que la situation s’aggravait au fil de la journée, Carlos Mazon s’absentait vers 15h, pour un déjeuner au restaurant avec une journaliste, pour un entretien d’embauche qui devait durer quatre heures. Injoignable, aucune décision ne pouvait être prise. Ce n’est que vers 20h qu’il réapparaît et fait déclencher l’alerte téléphonique aux populations de la région à 20h11. À cette heure les morts se comptaient déjà par dizaines.

    « Évitables »

    Dans le résumé de l’enquête pénale menée par la juge Nuria Ruiz Tobarra, celle-ci considère que la plupart des décès étaient évitables car ils se sont produits avant que les autorités n’envoient à 20h11 un message d’alerte tardifs vers les portables qui demandait « d’éviter tout déplacement dans la province de Valence ». Mais à ce moment là les gens avaient déjà pris leur voiture et rentraient du travail ou étaient descendus dans les garages pour essayer de sauver leurs véhicules. Au total, 103 corps sans vie ont été retrouvés dans des rez-de-chaussée, sur des parkings et dans des sous-sols. Le 112 avait déjà reçu plus de 15 000 appels de détresse avant le déclenchement de l’alerte. Dans une garderie de Paiporta, une des communes les plus touchées, les enfants jouent à empiler des petites voitures, car ils ont en mémoire l’image gravée pour toujours en eux, des cimetières de voitures à chaque coin de rue. Au total, 140 000 véhicules ont été répertoriés dans les casses de la région. Cette catastrophe a aussi révélé une forte solidarité de milliers de bénévoles organisés via les réseaux sociaux, venus apporter leur aide dans les zones les plus touchées. Ça été aussi le déploiement de plus de 30 000 soldats, menant à bien 12 552 missions sur une superficie de 4 608km² soit 43% de la provincede Valence, où 72 communes ont été touchées.

    Ce mercredi 29 octobre des funérailles d’État auront lieu à la cité des Arts et des Sciences de Valence afin de rendre hommage aux victimes. La cérémonie débutera à 18 heures en présence des familles, de Pedro Sanchez chef du gouvernement, Carlos Mazon président de la Generalitat et le Roi Felipe VI.