Tag: Amine Kessaci

  • Lutte contre le narcotrafic : deux ministres face aux attentes de Marseille

    Lutte contre le narcotrafic : deux ministres face aux attentes de Marseille

    Marseille espérait des actes. Elle a eu droit à de l’écoute, une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le frère d’Amine, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic. « Un crime qui vise à faire peur et à atteindre quelque part la République », a martelé Laurent Nuñez avant d’aller rencontrer la famille endeuillée. « La République ne doit pas avoir la main qui tremble », lui a rétorqué Benoît Payan, le maire (DVG) de la ville, continuant d’appeler à une large mobilisation pour la marche blanche de samedi (lire page 3).

    Ce jeudi, le ministre de l’Intérieur et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, sont en réalité surtout venus défendre un bilan, et prêcher la parole présidentielle. Emmanuel Macron est attendu dans un mois à Marseille pour inaugurer notamment les Baumettes 3, a expliqué le ministre de l’Intérieur. Lui, a promis de son côté de revenir « tous les mois » dans la 2e ville de France.

    « Un continuum extrêmement efficace »

    Jeudi, les deux représentants du Gouvernement ont multiplié les rencontres. Gérald Darmanin était notamment aux Baumettes, en début de matinée, pour « écouter » et « soutenir » les agents pénitentiaires. Il a ensuite rejoint Laurent Nuñez en Préfecture pour une réunion de travail avec les représentants de l’État, les directions de la police et de la gendarmerie, le Procureur de la République, des magistrats… Une « réunion opérationnelle » qui a permis de faire le point sur « ce continuum extrêmement efficace qui est mis en œuvre entre la justice et le ministère de l’Intérieur », a justifié ce dernier.

    Ce moment « extrêmement important d’échange et d’amélioration des process » a été aussi l’occasion de faire le point sur la loi de Lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée votée en juin à l’assemblée. Elle aboutira notamment à la mise en place d’un parquet spécialisé, le Parquet national anticriminalité organisé (Pnaco), qui verra le jour le 5 janvier sur le modèle du parquet national financier ou du parquet national anti-terroriste.

    Une manière de répondre à la « menace » du narcotrafic « équivalente à celle du terrorisme », a répété Gérald Darmanin en écho à Emmanuel Macron qui appelait mardi à adopter la même approche que face au terrorisme. « Il y a des magistrats, des enquêteurs qui sont physiquement menacés parce que nous gagnons difficilement une bataille très très dure contre une organisation criminelle qui a sans doute fait entre 5 et 6 milliards d’euros de chiffres d’affaires d’argent liquide et dont les intérêts sont immenses », a-t-il expliqué. Et de mettre en avant les prisons haute sécurité ou 500 à 600 détenus du haut spectre doivent être mis à l’isolement.

    Le maire de Marseille qui en matinée a reçu le ministre de l’Intérieur à l’Hôtel de ville a lui continué de réclamer des moyens pour les enquêteurs, pour la justice mais aussi pour l’éducation. Et de plaider notamment l’installation du Pnaco à Marseille, la création d’une antenne d’Interpol et le retour d’une préfecture de police de plein exercice. Laurent Nuñez a balayé ce dernier point d’un revers de main.

    Renforts en magistrats

    Reçu dans l’après-midi en Préfecture, avec un représentant du Président de Région, Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département et de la Métropole a, elle aussi, réclamé des effectifs, pour la Police judiciaire et scientifique, pour la protection judiciaire de la jeunesse, ainsi que la création d’une antenne du Pnaco dans la 2e ville de France. « Ce serait un symbole fort », estime cette dernière. Mais sur ce point encore le Gouvernement dit non.

    Le ministre de la Justice avait ainsi justifié un peu plus tôt l’installation à Paris de ce parquet « qui va se saisir d’affaires marseillaises de très grande ampleur », par le fait qu’elles « ne peuvent pas toujours être documentées ici, soit pour des raisons de menaces, soit parce qu’elles concernent de grands groupes à l’international ». Pour Marseille, les représentants du Gouvernement ont promis de nouveaux renforts, notamment de magistrats ou greffiers, sans en donner un détail chiffré. « Je l’annoncerai chez vos confrères de La Provence », a expliqué Gérald Darmanin, venu donc pour la photo devant les autres.

    La juridiction marseillaise, la troisième de France, a été renforcée ces dernières années. Elle compte aujourd’hui 143 magistrats du siège et 60 au parquet. Insuffisant. À la cour d’appel d’Aix, 500 procédures criminelles sont en attente. Parmi elles, le dossier des assassins présumés du grand frère d’Amine, tué en 2020. L’embolie judiciaire est telle que des dates de procès n’ont pas été fixées. Sans doute en 2026.

    Les pénitentiaires sur la brèche

    « Nous avons rappelé que nous avons besoin de moyens, humains et financiers. » La CGT pénitentiaire Paca Corse a remis sur la table ses revendications ce jeudi face au ministre de la justice, Gérald Darmanin, venu les « soutenir » aux Baumettes. Alors qu’avec l’ouverture d’un nouveau bâtiment mardi, le centre pénitentiaire est devenu le 2e de France rappelle la CGT, les effectifs sont déjà « sous calibrés. » Le bureau régional du Snepap FSU déplore, lui, dans un communiqué « l’écroulement des dispositifs d’accompagnement vers le logement et l’insertion professionnelle » pour assurer « la sortie de la délinquance des personnes déjà sous main de justice. » Une réalité à laquelle « la politique ministérielle doit répondre » tance le syndicat. M.R.

  • Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    « Je vous attends nombreux. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple. » On aurait pu croire Amine Kessaci définitivement anéanti par l’assassinat de Mehdi son frère, un très probable « crime d’avertissement » selon le ministère de l’Intérieur, alors que le militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic et sous protection policière, avait reçu des menaces. Mais c’était mal le connaître.

    Dans un message sur les réseaux sociaux ce mercredi 19 novembre, il appelle au rassemblement ce samedi à 15h pour une grande marche blanche au départ du lieu du crime. Plus tôt dans la matinée, il a signé dans le journal Le Monde une tribune aux mots dont on devine qu’ils ont été soigneusement pesés. Un uppercut à destination de ceux qui ont tué son frère, de l’État dont il dénonce les carences, insistant sur « les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées ».

    Un texte qui dénote un courage admirable face à l’horreur, a réagi Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, parmi les premières signataires de l’Appel de Marseille. Lancé en janvier 2024 à l’initiative du PCF 13 il entendait enrayer la spirale de violences du narcotrafic et a été depuis soutenu par des milliers de citoyens, élus, acteurs de la culture, du sport, du secteur associatif et syndical… Dont Amine Kessaci. Une démarche qui dans ce contexte, prend un sens tout particulier.

    « La terreur n’aura pas de prise, il faut qu’il y ait du monde à cette marche blanche », estime la militante associative. Même s’il faudra mener « une lutte de longue haleine », pour « rétablir les services publics dans les quartiers, les écoles » et « faire en sorte que les quartiers ne soient plus dans l’abandon », estime-t-elle.

    Déplorant une « situation effroyable », Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port, également parmi les premiers signataires, considère que « l’Appel de Marseille a été quelque part précurseur pour essayer d’interpeller tout le monde, et malgré les engagements, les actes concrets ne sont toujours pas au rendez-vous ». Et ce ne sont pas les « quelques coups d’éclat du gouvernement » qui vont remplacer un nécessaire « travail de fond » pour « qu’on reprenne possession de nos quartiers et qu’on arrive à éradiquer ces trafics », s’indigne le responsable syndical. Et d’insister : « Ce problème concerne tous les Marseillaises et les Marseillais et au-delà, on n’a pas d’autre choix que de s’en emparer. On sera là samedi. »

    Un minimum aussi pour Vincent Moutardier, chirurgien dans les quartiers Nord, aussi engagé dès le début dans l’Appel.

    « Un sursaut populaire »

    « Il n’y a plus de limites, c’est très impressionnant », nous confie-t-il entre deux opérations au bloc, toujours bouleversé. « On ne peut pas rester silencieux, c’est un problème de société majeur dont j’avais moins conscience il y a un an », reconnaît-il, faisant part de ses doutes. « Que faire à mon niveau ? La marche blanche évidemment mais la prise de conscience n’est pas encore là », analyse le chirurgien pour qui un « sursaut populaire » s’impose néanmoins.

    Pour crier sa colère et son espoir, Joël Dutto, secrétaire de la section PCF Marseille 15e et aussi partie prenante de l’Appel, avait pris la plume deux jours après l’assassinat. Une manière « d’inciter les gens à parler », explique-t-il, se souvenant des réticences des habitants à signer le texte de leur nom. « Beaucoup l’ont fait, ce n’était pas facile, on était là avec nos stylos à deux pas du réseau, à la Solidarité », raconte le militant communiste pour qui l’État n’agira que « si ça monte d’en bas ». Et si Mehdi est mort, analyse-t-il, c’est aussi que les trafiquants « ont peur pour leur empire ». Il appelle à dépasser le choc. « La République ne peut pas perdre face au narcotrafic, c’est ce que dit Amine », insiste Joël Dutto.

    Samedi, « il faut que toute la ville soit présente », exhorte Anthony Gonçalvez, oncologue à l’Institut Paoli Calmettes mais aussi chef de file des communistes de Marseille pour les municipales, « ce que l’on disait lors de l’Appel résonne d’une plus grande acuité encore ». Il en rappelle les termes et les propositions : s’attaquer au trafic de manière immédiate en venant en aide aux familles de victimes, « avec des moyens radicaux et des renforts de police, de douanes », mener un travail de long terme pour démanteler les réseaux, s’attaquer au blanchiment, apporter une réponse « sociale et de justice » à des quartiers délaissés. Il faut aussi « que ces questions de narcotrafic soient identifiées par le mouvement social et populaire comme une priorité », estime-t-il, quand « souvent à gauche on les a laissés aux fascistes, aux populistes alors que c’est une des manifestations de l’affrontement de classes, ces violences ne sont jamais que les conditions d’un capitalisme primitif ».

    Samedi 22 novembre, à 15h, rond-point Claudie-Darcy

    ET AUSSI

    Minute de silence

    Au Sénat le président Larcher (LR) a demandé un « moment de recueillement » en hommage à Mehdi Kessaci.

    Tondelier et Faure

    Les leaders du PS, Olivier Faure, et des Verts, Marine Tondelier, ont annoncé leur participation à la marche blanche de samedi.

    Stand-by

    Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a indiqué qu’elle serait présente samedi lors du rassemblement. Ses équipes ont annoncé mettre la campagne pour les municipales en stand-by jusqu’à la fin de la semaine.

    Plateforme

    La droite marseillaise a lancé une plateforme (Marseille-republicaine.fr) anonymisée où tous les Marseillais qui luttent « contre le crime, ce cycle de violence et de mort » peuvent exprimer leur soutien.

  • La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    La famille et les amis de Mehdi Kessaci toujours sous le choc

    Douleur et sidération devant le petit cimetière de Saint-Henri (16e) où Mehdi, 20 ans, a été inhumé ce mardi 18 novembre. Le jeune frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, 22 ans, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic après avoir perdu en 2020 son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture, a été assassiné froidement par un commando à moto jeudi à quelques pas du Dôme (4e), alors qu’il attendait sa mère, au volant de la voiture familiale.

    La piste d’un crime « d’avertissement » restant pour le moment privilégié indiquait lundi le procureur de Marseille, Nicolas Bessone. Une hypothèse devenue affirmation ce mardi, dans la bouche de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Un cran supplémentaire dans la violence et l’horreur qui a touché en plein cœur Amine, sa famille mais aussi ses amis, les associatifs, les militants politiques ou les élus mobilisés à ses côtés depuis des années. La peine est immense, la peur palpable. Où désormais, le simple retard d’un enfant après l’école donne des sueurs froides.

    En hommage, le petit parking où a eu lieu le drame a été couvert d’un tapis de fleurs dans la journée. Plus tard dans la soirée, ils sont nombreux à être venus partager un moment de recueillement le temps d’un repas, dans les locaux de l’association Conscience, dans le quartier de Château-Gombert (13e). Elle a été fondée par Amine Kessaci justement pour sensibiliser aux ravages du narcotrafic. Dans la rue comme dans la cour intérieure, le dispositif policier, avec six fourgons et des agents en nombre, est impressionnant. Lorsqu’un convoi de trois voitures déboule vers 19h15, ils font corps pour le laisser entrer. À bord, Amine Kessaci désormais protégé par les hommes du Raid, lourdement armés. Évidemment dévasté, il sortira du véhicule sous les applaudissements.

    Une marche blanche samedi

    « Amine, je l’ai connu il avait 17 ans, lors de la campagne où je me suis engagée aux côtés du Printemps marseillais, il combattait le narcotrafic, lui aux côtés des victimes par balles, des jeunes qui croyaient pouvoir s’en sortir en acceptant l’argent facile, moi en aidant les usagers de drogue, aussi des victimes » nous confie, émue, Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille. Pour elle, avec le meurtre de Mehdi, un « cap a été franchi, la société est en danger » et la seule politique sécuritaire ne saurait suffire. « Il faut aussi des politiques sociaux et de reconstruction de la ville » estime l’élue avec à ses côtés Didier Jau maire écologiste des 4e et 5e arrondissements, Marie Toussaint, députée européenne EELV ou encore Olivia Fortin (Mad mars) maire des 6-8.

    Marion Honde-Amiar, responsable du collectif quartiers populaires du PCF 13 et militante des 13-14, Audrey Cermolacce, membre du conseil national du PCF et élue de Septèmes-les-Vallons, et Marie-José Cermolacce, conseillère municipale déléguée aux nouveaux arrivants et conseillère d’arrondissements déléguée au port et à la sécurité, sont là aussi. Cette dernière oscille entre tristesse et colère. « C’est chaque mois un point de bascule, combien de morts encore va-t-il falloir pour que l’État se mobilise ? » s’indigne l’élue qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme au fil des narchomicides, entre lettre au préfet et travail avec ses homologues d’autres villes. Comme beaucoup ce soir-là, elle compte bien qu’enfin les citoyens se fassent entendre, lors de la marche blanche organisée samedi après-midi, à laquelle elle participera.

  • Lutte contre les narcotrafics : Nuñez et Darmanin attendus à Marseille

    Lutte contre les narcotrafics : Nuñez et Darmanin attendus à Marseille

    Poursuivre et amplifier la lutte contre le narcotrafic. C’est le mot d’ordre lancé par Emmanuel Macron lors de la réunion d’urgence tenue mardi à l’Élysée, après l’assassinat à Marseille du frère d’Amine Kessaci, un militant écologiste engagé dans ce combat. Autour du Président, les ministres des Comptes publics, et des Affaires étrangères, des magistrats spécialisés dont le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, et le directeur national de la police judiciaire. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin était en visio depuis les Émirats arabes unis.

    Cet assassinat « n’est pas un règlement de compte classique mais manifestement un crime d’intimidation inédit » marquant « un point de bascule » a répété devant la presse Laurent Nuñez à la sortie de la réunion. Alors que l’enquête a été transférée à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée à Paris, le ministre de l’Intérieur sera avec le garde des Sceaux ce jeudi à Marseille à la demande du chef de l’État qui devrait s’y rendre lui-même mi-décembre.

    « Les mafias marseillaises de plus en plus à cran »

    « Les trafiquants et notamment ceux qui dirigent les mafias marseillaises sont de plus en plus à cran parce que nous menons des actions qui sont extrêmement efficaces », a poursuivi le ministre de l’Intérieur chiffres à l’appui : 2 000 mises en examen pour trafic de stup à Marseille, 900 détentions provisoires, une baisse de 30% des narchomicides en 2025, déjà passés de 49 à 24 entre 2023 et 2024, une réduction de moitié des points de deal recensés, 80 environ…

    Une manière de répondre aux responsables politiques qui appellent l’exécutif à passer de la parole aux actes. Car le thème s’invite dans la campagne municipale. Candidat de l’extrême droite à la mairie de Marseille, Franck Allisio (RN), a réclamé « l’état d’urgence ». « Une punition collective par lâcheté et incapacité à cibler les véritables coupables » lui a répondu le macroniste Romain Simmarano (Ren.), porte-parole de Martine Vassal (DVD) pour les municipales.

    L’objectif de la réunion élyséenne visait à intensifier la mise en œuvre de la loi pour lutter contre le narcotrafic. Promulguée en juin elle monte « en puissance » assure l’Élysée. Elle prévoit l’installation du parquet national anticriminalité organisée qui sera créé le 1er janvier et compétent sur les dossiers les plus graves et complexes, sur le modèle du parquet national antiterroriste ou du parquet national financier.

    Ce qui a été fait « sur la lutte contre le terrorisme doit aussi nous inspirer dans la lutte contre le narcotrafic », a affirmé le Premier ministre à l’Assemblée, espérant « une forme d’unité nationale ». Sébastien Lecornu répondait à l’écologiste Cyrielle Chatelain, applaudie par tous les députés debout lorsqu’elle a rendu hommage à Mehdi Kessaci, dont les obsèques se tenaient au même moment à Marseille. « Marseille restera toujours une priorité pour le gouvernement », abondait encore Laurent Nuñez interrogé par le député PS Laurent Lhardit.

  • Après les obsèques de Mehdi Kessaci, une marche blanche

    Après les obsèques de Mehdi Kessaci, une marche blanche

    « C’est à ce stade la piste privilégiée. » Après l’assassinat de Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu en plein après-midi le jeudi 13 novembre, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone a confirmé sur France Inter la forte probabilité du crime d’avertissement. Même si « toutes les hypothèses » restent envisagées à ce stade de l’enquête.

    Totalement inconnu des services de police a rappelé le magistrat, le jeune homme de 20 ans était le frère du militant écologiste, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Ce dernier a créé en 2020 l’association Conscience après la mort de son grand frère, Brahim, dont le corps avait été retrouvé calciné dans une voiture.

    Inhumé dans l’intimité

    Il a aussi publié un ouvrage le 2 octobre, intitulé Marseille, essuie tes larmes, vivre et mourir en terre de narcotrafic, dénonçant l’engrenage dans lequel a été pris Brahim, n’hésitant pas à plusieurs reprises à dénoncer haut et fort une « narcocratie ». Depuis plusieurs semaines, Amine Kessaci était sous protection policière après avoir reçu des « menaces et des pressions très fortes » a précisé le procureur de la République qui réclame plus de moyens pour la police judiciaire, en mal d’enquêteurs, pour permettre de démanteler les réseaux.

    Après une cérémonie à la mosquée de Frais Vallon (13e), Mehdi Kessaci sera inhumé « dans l’intimité » ce mardi 18 novembre au cimetière de Saint-Henri (16e). La priorité de la famille étant de « rassembler le plus de monde possible » au cours d’une marche blanche ce week-end, dont les modalités restent encore à préciser indique l’association Conscience.

    Cet assassinat intervient aussi alors que le procès où seront jugés les auteurs présumés du meurtre de Brahim doit avoir lieu prochainement. « Ce sera le procès qui marquera la fin de l’impunité. La justice doit être claire, ceux qui ont du sang sur les mains doivent être traqués sans relâche », avait commenté Amine Kessaci.

  • L’hommage des marins à Mehdi Kessaci, qui avait travaillé à bord du Casanova

    L’hommage des marins à Mehdi Kessaci, qui avait travaillé à bord du Casanova

    « Lire dans la presse le nom de Mehdi Kessaci, ça nous a tous fait un choc terrible », lance avec émotion Fabrice Cardelli, maître d’hôtel à la Corsica Linéa. Durant la saison estivale le plus jeune des fils de Wassila avait embarqué dans son service, partageant la vie à bord et le quotidien d’une soixantaine de marins.

    « C’était sa première saison. Mais sa personnalité a fait l’unanimité au sein de l’équipage, il était apprécié de tout le monde », affirme celui qui l’a eu sous sa responsabilité, soulignant « son implication sans faille dans un travail pourtant difficile, exigeant ». Au sein de la compagnie, Mehdi s’était aussi distingué par sa « belle mentalité, sa droiture d’esprit ». Il a formé, le temps de sa mission sur la ligne Marseille-Tunis, « avec son binôme, un duo comme on aimerait en avoir plus souvent », précise ce marin aguerri.

    C’est en effet avec Laurent* qu’il a passé le plus de temps à bord, nouant des liens qui auguraient la naissance d’une sincère amitié. Actuellement en Angleterre pour la poursuite de ses études d’ingénieur dans le secteur industriel, Laurent reste encore abasourdi par l’annonce de l’assassinat de Mehdi. « J’ai d’abord lu rapidement sur les réseaux qu’un nouveau meurtre par balle avait eu lieu à Marseille. Mais je n’ai absolument pas pensé à lui. Il était à mille lieues des trafics. Puis un des marins m’a appelé… j’étais atterré. Et j’ai vu la diffusion sur la BBC », explique le jeune homme.

    Une trop brève traversée

    « On a passé toutes les traversées ensemble, jour et nuit. On a tout de suite accroché, c’était facile, naturel, avec lui, on partageait les mêmes valeurs », continue Laurent avec beaucoup d’émotion dans la voix. « Je n’ai pas besoin d’embellir les choses, c’est une évidence, Mehdi était un garçon droit, honnête, intelligent. Il avait une sacrée éloquence et on pouvait discuter de tout dans le respect de l’opinion de l’autre. De foot, de politique, comme de sa volonté de devenir gardien de la paix ».

    Laurent évoque encore un ami « avec le cœur sur la main, discret, pudique, notamment sur le deuil de son frère. On sentait cette douleur peser. Je ne connaissais pas Amine ni son engagement politique. Quand on s’est présenté, il m’avait simplement dit : tu connais pas mon nom ? Il semblait fier de son frère ». La disparition brutale de son binôme laisse en Laurent une amertume profonde. « On aurait pu devenir de très bons et proches amis. Ceux qui l’ont tué ne nous en ont pas laissés le temps. Maintenant, on pourra faire tout ce qu’on veut… Mehdi n’est plus là ». C’est à ses frères et sœurs que les pensées de l’étudiant vont, leur adressant ses « sincères et tristes condoléances dans ce moment extrêmement douloureux et d’autant plus terrible qu’ils ont déjà eu un drame familial à surmonter quelques années plus tôt ».

    Sa belle mais bien trop brève traversée de l’existence laisse tout un équipage abattu. Les marins souhaitent lui rendre un hommage aussi sensible qu’il l’était et s’associent à l’incommensurable peine de sa famille et ses proches.

    * Le prénom a été changé.

    Le soutien des personnels de la PJJ

    « C’est avec une profonde tristesse », que le syndicat SNPES-PJJ-FSU Paca a accueilli le décès de Mehdi Kessaci, dont le frère Amine « était animé par un noble combat avec son association Conscience ». Un combat qui est « également » celui du syndicat de la protection judiciaire de la jeunesse, « qui dénonce depuis des années l’expansion par la terreur des trafics de stupéfiants et la responsabilité de l’État qui abandonne les quartiers en matière de services publics, de prévention, d’éducation, de protection de l’enfance, de protection judiciaire de la jeunesse, de logement, de transport… », précise le communiqué. Le SNPES-PJJ-FSU Paca apporte son soutien à sa famille. Et rappelle, « contrairement aux idées réactionnaires véhiculées par l’extrême droite et la droite décomplexée, que toutes les vies se valent. Nous ne pouvons banaliser ces morts violentes qui fauchent les jeunes de nos quartiers ». Le syndicat « ne restera pas silencieux face à ces drames » et continuera « à réclamer un réengagement de l’État et une véritable politique de prévention et des moyens à la clé ».

  • Après la sidération

    Après la sidération

    La proximité des commémorations du 13 novembre est là pour le rappeler. Face à l’horreur et l’injustice, le meilleur des remparts reste l’union. Après la sidération, état d’anéantissement soudain sous l’effet d’un violent choc émotionnel, vient le temps de la réaction. La sidération était l’état de Marseille en apprenant qu’un jeune qui avait rompu le silence sur les narcotrafics pouvait être ainsi menacé et attaqué en tuant son frère, un frère exemplaire à en croire les différents témoignages qui se sont exprimés. Un frère qui représentait la vie qu’Amine Kessaci voulait pour tous les jeunes des quartiers de Marseille, aujourd’hui trop souvent en coupe réglée des trafics de drogue.

    Réaction républicaine

    Vient maintenant le temps de la réaction. Et celle-ci, comme face aux attentats du 13 novembre, ne pourra qu’être collective. Entre les institutions avec un engagement à la hauteur de l’État à l’échelon municipal, de la police à la justice en passant par les services sociaux. Entre les élus de terrain qui doivent se rappeler, quand ils le sont, qu’ils sont avant tout des élus
    de la République. Que cela passe avant les querelles politiques, même quand celles-ci ont pourtant lieu dans l’arc républicain. Que cela ne permet plus les écarts anti-républicains. Que si la haine et la peur ont fait le terreau de l’extrême droite, elles nourrissent également des logiques mafieuses.

    De Paris à Marseille, du champ politique à celui de la justice, le mot « bascule » a été prononcé. Il n’a rien de définitif. Il contient une notion d’aller-retour qui permet d’espérer le meilleur. À Marseille, dans toutes ses composantes, d’appuyer sur la partie républicaine de la balance pour osciller vers un avenir libéré de la pègre.

  • « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    La Marseillaise : Quel a été votre sentiment en apprenant cet assassinat ?

    Mathieu Croizet : Celui d’une immense tristesse. J’ai tenté d’appeler Amine pour lui transmettre mes sincères condoléances. Je connais bien Amine qui est le premier à se rendre sur place quand quelqu’un se fait tuer, qui refusait de quitter le quartier où il vit. C’est horrible pour sa maman qui perd un nouveau fils. Je ne parle pas au nom de la famille que je n’ai pas pu joindre mais je vous livre mon sentiment personnel. Son petit frère n’était pas lié à du trafic de stupéfiants, n’était pas connu de la police et de la justice comme l’a dit le procureur. Il voulait d’ailleurs devenir policier. S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites.

    Saviez-vous si Amine nourrissait des craintes pour lui et ses proches ?

    M.C. : Amine est quelqu’un d’assez discret. J’ai appris qu’il bénéficiait avec sa mère d’une protection policière. Mais on peut tous avoir des inquiétudes quand on voit les victimes collatérales dans les coups de force entre réseaux, la balle perdue qui a tué Socayna [étudiante de 24 ans, fauchée en 2023 d’une balle dans sa chambre par un tir en rafale de jeunes à scooter voulant récupérer un point de deal]. Des confrères avocats ont été agressés à l’arme blanche au sein de leur cabinet. Là, le ciblage est incontestable sur un pourfendeur des narcotrafiquants, un responsable associatif et militant politique. C’est une étape nouvelle dans l’horreur. Le cap a en réalité déjà été franchi depuis longtemps quand on voit des quartiers entiers placés sous la coupe réglée des narcotrafiquants qui règnent en maître et disposent de plus en plus de moyens. Des degrés dans l’horreur ont déjà été franchis pour arriver à tuer quelqu’un comme son premier frère qui a subi le « barbecue marseillais ». Est-ce un ensauvagement de notre société, peut être ?

    En quoi Amine Kessaci peut-il constituer une réelle menace pour le crime organisé au point qu’il leur faille abattre son frère ?

    M.C. : À force de parler, d’écrire, de demander le retour de la police dans les quartiers pour protéger les habitants qui sont les premiers et les plus frappés, cela remet à chaque fois un jeton dans le jukebox médiatique. Et tout le monde sait qu’il faut l’appui des médias pour obtenir des réponses de l’État. Amine, c’est un grain de sable dans un rouage, c’est un moustique mais ils ont utilisé la bombe nucléaire en tuant son frère. On sait qu’il y a des gradations pour intimider. Il y a le trolling, les menaces téléphoniques, la « jambisation ». Mais là il n’y a plus de limite pour eux. Ils considèrent que « si ce n’est pas toi c’est donc ton frère ». Le mode opératoire révèle un sang froid et un professionnalisme. Ce n’est pas l’aspersion kalashnikovienne, là c’est une arme de poing donc quelqu’un de plus professionnel. Les narcos sont capables de recourir au « uber-hit » en recrutant des jeunes en région parisienne pour venir tuer quelqu’un pour 5 000 ou 10 000 euros. C’est vraiment une triste journée pour les Marseillais. J’y vois aussi la démonstration de l’incapacité de l’État à prendre en compte les narcotrafiquants. Les autorités ont toujours un train de retard. Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel Amine se trouve. Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements.

  • La piste d’une exécution pour semer la terreur

    La piste d’une exécution pour semer la terreur

    L’assassinat, jeudi, du frère d’un militant écologiste menacé de mort pour avoir dénoncé l’emprise du narcotrafic sur la cité phocéenne est unanimement interprété comme un cap franchi dans l’horreur. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, voit aussi dans ce drame « un point de bascule effrayant qui doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narcobanditisme à l’ensemble de la société française ». Car cet assassinat s’inscrit, selon lui, « probablement dans la stratégie de terreur et d’intimidation contre tous ceux qui, courageusement, luttent contre le narcotrafic ».

    Le jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de 9 mm par un commando à moto alors qu’il stationnait devant la pharmacie du rond-point Claudie d’Arcy (4e). Le corps de Mehdi a été autopsié, vendredi, à l’institut médicolégal de la Timone. Le garçon était « absolument inconnu des services de police et de la justice », a redit le procureur de la République, Nicolas Bessone. Ce dernier n’exclut pas l’hypothèse d’un « assassinat d’avertissement », un crime par procuration dirigé contre son frère Amine Kessaci, 22 ans, militant écologiste qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, tué fin 2020. Il avait interpellé Emmanuel Macron, en 2021, venu lancer « Marseille en grand », pour lui demander de prendre en considération les habitants. Amine venait de sortir, le mois dernier, le livre Marseille, essuie tes larmes, centré sur l’exécution de son premier frère et qui fustigeait le narcotrafic et la carence de l’état à défendre les habitants victimes premières dans les cités.

    « Une jeunesse fauchée par une violence sans limite »

    « Si l’enquête confirme qu’il s’agit d’un assassinat d’intimidation, une volonté de faire taire Amine, nous passons collectivement dans une autre dimension et cela est très préoccupant », a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), venu la veille sur la scène de crime soutenir des membres de la famille, dont la mère et la tante d’Amine.

    Ce sentiment est partagé par la fédération du PCF 13 : « L’idée même qu’un assassinat d’avertissement soit envisagé par le parquet montre à quel point la violence a franchi un seuil intolérable », écrit la fédération, horrifiée de voir « cette jeunesse fauchée par une violence sans limite dans une société qui accumule les problèmes et où les inégalités se creusent ». Cette tragédie est « la conséquence d’un désengagement continu de l’État, qui laisse nos quartiers sans moyens, sans prévention, sans perspectives ».

    « Nous ne céderons rien face à l’intolérable », déclare la préfète de police Corinne Simon, qui « réaffirme la détermination totale de l’État » à retrouver les auteurs et les présenter à la justice. L’enquête pour « assassinat en bande organisée », confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée, est une « priorité ». Une « trentaine d’enquêteurs » sont mobilisés, indique le parquet. Vendredi, la moto des auteurs a été retrouvée incendiée dans le 13e arrondissement.

    « Amine n’est pas un simple militant », se dresse Katia Yakoubi, sa colistière d’Europe Écologie aux dernières élections européennes : « C’est un jeune qui s’est levé avec courage pour dénoncer la violence du narcotrafic et défendre l’honneur de notre ville. Il a écrit, témoigné, mobilisé. Et parce qu’il ose parler, il vivait sous protection, menacé de mort. » Le président de Région, Renaud Muselier (Ren.), a aussi souligné que ce « terrible drame » touche la famille d’un « acteur politique de Marseille ».

    Amine et sa mère bénéficient d’une protection du ministère de l’Intérieur depuis août et Amine a dû quitter Marseille. « S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites », répond Me Mathieu Croizet, conseil d’Amine, constitué partie civile dans la procédure visant à conduire sept personnes devant les assises pour l’assassinat de son premier frère, en 2020.

  • Un autre frère d’Amine Kessaci froidement abattu

    Un autre frère d’Amine Kessaci froidement abattu

    Un jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de calibre 9 mm, au volant d’une Audi blanche. Le véhicule venait de s’immobiliser devant la pharmacie du rond-point Claudie-Darcy, près du siège de 13 Habitat (4e). Alors que le passager était sorti pour se rendre à la pharmacie, un commando à moto a surgi. Le passager arrière a ouvert le feu criblant de balles le conducteur, qui est décédé malgré les efforts de réanimation.

    Jeudi, vers 18h, l’Identité judiciaire procédait toujours aux différents relevés sur la scène de crime. Le maire de Marseille, Benoit Payan, était sur place, se tenant aux côtés de la conseillère départementale Nora Preziosi, proche de la famille de la victime qu’elle réconfortait.

    Le parquet a ouvert une enquête des chefs d’assassinat en bande organisée et d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et a saisi la Division de la criminalité organisée et spécialisée.

    La jeune victime est le frère de Amine Kessaci, ce militant politique de 22 ans, colistier sur la liste Europe Écologie aux élections européennes 2024, qui a fondé en 2020 l’association Conscience d’aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, retrouvé carbonisé avec un autre homme le 29 décembre 2020 dans une Audi, sur l’A55 à hauteur des Pennes-Mirabeau, exécution perpétrée sur fond de narcotrafic. L’instruction a conclu, en février 2025, au renvoi de sept personnes devant les assises.

    Amine Kessaci ne se trouvait pas sur place, jeudi soir, aux côtés de ses proches. Le jeune homme venait de publier, le mois dernier, un livre en hommage à son frère tué, Marseille, essuie tes larmes, aux éditions Le Bruit du Monde. Amine Kessaci et sa mère se trouvaient sous protection policière, mais pas son frère, confie l’entourage politique du militant. L’hypothèse d’un assassinat commis pour lui infliger une punition est évoquée. « Ce n’est pas une formule choc, c’est la réalité : la narcocratie s’installe jusque dans nos élections » avait posté, la semaine dernière, le militant sur son compte X.

    Soutien de la classe politique

    L’annonce du drame a provoqué des réactions de soutien à Amine Kessaci dans la classe politique. Du maire Benoît Payan (DVG), qui s’est rendu sur place et a affirmé sur X : « Cette violence insupportable n’a pas et n’aura jamais sa place à Marseille. » « Le narcotrafic est sans pitié. Ne le laissons pas triompher », a renchéri la maire (GRS) du premier secteur Sophie Camard. « Nous exigeons que justice soit rendue », a pour sa part twitté la co-responsable de l’Après 13, Katia Yacoubi. Plus à droite, enfin, c’est Maxime Boudet, responsable com de Renaissance qui a salué « son courage et son engagement pour offrir d’autres voies à nos jeunes ». Sans oublier la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier qui lancé un « Amine : nous serons là pour toi » à celui qui a porté ses couleurs aux dernières législatives.