Tag: Alpes

  • Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    « Notre département compte 470 000 hectares de forêt, soit un taux de boisement de 60%. Cette richesse est vulnérable. L’année 2025 a marqué une aggravation sensible du risque avec 196 incendies recensés, contre 120 en 2024. Et depuis le 1er janvier 2026, dix feux ont déjà été déclarés, sans compter ceux de ce week-end », a rappelé, lundi, la directrice de cabinet de la préfète, Fabienne Monmarson, avant de présenter le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt aux côtés du Sdis. « Notre climat devient plus sec et chaud chaque année », a complété Jean-Claude Castel, président du Sdis 04.

    « Les premières patrouilles ont été mises en œuvre dès ce matin, compte tenu du niveau de danger et de l’analyse qui a été faite hier soir », a annoncé le colonel Sylvain Besson, directeur départemental du Sdis. Il estime que « deux feux sur trois pourraient être évités » dans le département, entre « jets de mégots et travaux réalisés dans de mauvaises conditions ».

    Les pompiers ont ensuite mis en œuvre une démonstration d’intervention sur un feu en temps réel, à Cruis, sur la montagne de Lure, particulièrement sujette aux incendies. Ce sont les patrouilles de l’ONF qui sont les premières à intervenir sur le terrain, avant de passer le relais aux pompiers, qui ont des véhicules avec une capacité de stockage d’eau plus importante et des tuyaux beaucoup plus longs. Des renforts aériens peuvent également être demandés. Pendant ce temps-là, au poste de commandement, un tableau recense les victimes et les personnes confinées identifiées.

    Des drones équipés d’intelligence artificielle et de caméras thermiques permettent d’identifier des départs de feu et des points chauds résiduels parfois invisibles à l’œil nu, car enfouis à 20 ou 30 centimètres sous terre. Les pompiers peuvent donner des instructions très précises aux drones, comme trouver un véhicule d’une couleur bien précise, comptabiliser les piétons ou les voitures de manière automatique. Le drone mesure l’intensité et la température du feu en temps réel. Il envoie les coordonnées GPS précises du feu aux patrouilles, ce qui peut leur faire gagner 20 ou 30 minutes dans des secteurs difficiles d’accès. « L’usage de drones permet aujourd’hui d’envisager des solutions techniques pour détecter encore plus rapidement ces départs de feu », résume le colonel Besson. Ces dispositifs de la société toulousaine Menaps, surnommés Fire Eagle, seront expérimentés dans le département cet été.

    Les gendarmes interviennent ensuite sur place pour investiguer et trouver la cause du départ de feu. Ils cherchent à identifier le sens de propagation et cherchent des traces d’hydrocarbures. Ils grattent le sol et inspectent tout sur leur passage : végétation, insectes, escargots ou encore tissus imbibés d’hydrocarbures.

    Les pompiers de Manosque ont par ailleurs fait l’acquisition, il y a quinze jours, d’un véhicule « nouvelle génération avec près de 10 tonnes de charge pour la lutte » contre le feu.

    « Neuf feux sur dix d’origine humaine »

    « Neuf feux sur dix sont d’origine humaine, dont la moitié est liée à l’imprudence. Plus préoccupant encore, la malveillance est en forte progression et a représenté 16% des départs de feu en 2025. Les investigations de la gendarmerie, notamment par l’exploitation des indices et de la vidéoprotection à Forcalquier et à Riez, ont permis d’identifier et d’interpeller des auteurs. Tout acte de mise en feu volontaire sera recherché, identifié et poursuivi », a martelé Fabienne Monmarson.

    « Débroussailler dans un rayon de 50 mètres autour des habitations situées à proximité des massifs n’est pas qu’une obligation réglementaire. C’est le geste vital pour protéger sa famille et ses voisins », a rappelé la sous-préfète.

    Dans le département, ce sont les zones autour de Manosque et de Valensole qui sont les plus à risque.

  • « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    Il y a ceux qui font la fête pour « oublier », pas nous. Nous, nous la faisons pour nous rassembler, nous organiser, réfléchir et lutter pour ne pas rester seul dans cette société où l’individualisme et la compétition entre les citoyens sont érigés en valeurs suprêmes. Cette société où la culpabilité est renvoyée à celui qui est en difficulté. Tu ne trouves pas de travail ? C’est de ta faute. Tu n’arrives pas à boucler ton budget, c’est de ta faute. Ton gamin ne s’en sort pas, c’est de ta faute. La planète brûle, c’est de ta faute…

    Si les services publics, la santé, la justice dysfonctionnent, c’est sûrement de la faute de certaines personnes et on ne remet jamais en cause ce système ultralibéral.

    Alors non, ce n’est pas notre faute à nous si la société va mal, très mal. En revanche, c’est notre responsabilité collective de faire face. Ce ne sera jamais une réponse individuelle qui pourra résoudre quoi que ce soit.

    Voilà pourquoi nous sommes communistes et pas populistes et que nous luttons depuis toujours contre les forces d’extrême droite.

    Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour faire la fête, une fête qui crée de l’intelligence collective, une fête de luttes, une fête de fraternité. »

  • La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    Ce samedi à la salle 750 à la Bâtie-neuve, la Fête de La Marseillaise était presque aussi attendue que le retour du journal lui-même. Une table ronde en compagnie de journalistes du Dauphiné Libéré, de Ram05 et de BFMDICI a animé la matinée, avant l’ouverture de la restauration à midi.

    En parallèle, plusieurs associations tenaient des stands sur place, de Terres de lien, association qui acquiert des terres agricoles pour installer les jeunes paysans, à France Solidarités Palestine et Solidarité Madagascar en passant par la coopérative Scop-Ti, célèbre pour son mouvement social de 1336 jours et ses thés. « Cela montre la symbiose entre un certain nombre d’associations et de mouvements et ces moments de retrouvaille, de convivialité, sont importants pour créer de la solidarité entre nous », a souligné Frédérique Lainé, présidente du comité alpin des Amis de La Marseillaise, qui a beaucoup œuvré pour que notre journal parte à la conquête des Alpes.

    « L’envie de rencontrer les acteurs de la presse, c’est quelque chose qui revient beaucoup dans les discussions ici, pour qu’ils puissent parler de leurs contraintes, des pressions, des réalités des médias qui ne sont pas aux mains des milliardaires », rapporte-t-elle.

    L’occasion était aussi de se serrer les coudes dans une période politique inquiétante qui vire au brun, et de s’appuyer sur les conseils des anciens. « La Marseillaise porte une ligne éditoriale précieuse, surtout dans cette période où l’on nous met en condition de concevoir et d’accepter la guerre comme une nécessité, où l’on fournit des milliards d’euros pour des armes, pour tuer, alors qu’on refuse d’allouer des crédits à la santé, à l’éducation, pour tout le service public », a affirmé Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port à Marseille en 1943 et infatigable militant communiste.

    De la musique qui secoue pour une fête engagée

    L’après-midi a été rythmée par les Fralibos, groupe formé par des ouvriers de l’usine à thé Fralib durant leurs 1336 jours de grève, une musique aux accents de solidarité et de progrès social qui résonne avec les valeurs de La Marseillaise. Pour la soirée, la scène du 750 a vu défiler la musique punk du groupe Red Shift de Chorges, puis le rock haut-alpin de De Mist et le néo-métal montagnard de Spit on that thing, avant de conclure avec Airain, groupe de métal Embrunais.

    Fatigués mais heureux, les artisans de la Fête, pensaient déjà à l’année prochaine.

  • La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    Parkings, bâtiment, plages, ponton, cale de mise à l’eau, espace de restauration et commerces. « L’ensemble constitue désormais un véritable pôle de loisirs et d’accueil au service des visiteurs, des habitants et des acteurs locaux », explique les initiateurs de ce projet d’importance, destiné à « moderniser » et rendre plus attractif du lac de Serre-Ponçon.

    Jean-Michel Tron, le maire d’Ubaye-Serre-Ponçon, Victor Bérenguel, le président du syndicat mixte d’Aménagement et de développement de Serre-Ponçon ainsi que Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région et la présidente du conseil départemental, Eliane Barreille, ne tarissent pas d’éloges pour cette réalisation qui a demandé près de 5 millions d’euros d’investissements cofinancé par les différentes collectivités ainsi que le Fonds Vert.

    L’enjeu est « considérable », soulignent les élus, « Serre-Ponçon constituant un atout central de la vallée, et l’adaptation de ses infrastructures au changement climatique est une priorité pour le territoire ».

    Un projet qui en appelle d’autres

    « Ubaye plage » constitue « l’un des tout premiers sites finalisés dans le cadre du plan de résilience de Serre-Ponçon, il s’agit d’un aménagement exemplaire visant à être progressivement décliné sur l’ensemble des pôles nautiques de la retenue, notamment pour sécuriser l’accès à la baignade et aux activités nautiques en cas de baisse importante du niveau de remplissage de la retenue », est-il précisé dans le communiqué.

    Et au président de la Région de souligner qu’au-delà de l’aspect récréatif et de loisirs le nouvel équipement permet de « soutenir les activités touristiques et économiques locales et d’adapter les infrastructures et de lutter contre le dérèglement climatique ».

  • Une pluralité médiatique unique mais menacée

    Une pluralité médiatique unique mais menacée

    Avec deux quotidiens, le Dauphiné Libéré et La Marseillaise, plusieurs radios dont Alpes1 et Ram05 mais aussi une chaîne d’info, BFMDICI, le département des Hautes-Alpes, de seulement 140 000 habitants, présente un pluralisme médiatique rare, pour autant en danger. Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise est revenu sur les difficultés rencontrées par le journal durant la période Covid, finalement sauvé par « la mobilisation des salariés et des Amis de la Marseillaise » tout en conservant « sa ligne éditoriale et ses valeurs issus du Conseil National de la Résistance et en allant à la conquête de trois départements supplémentaires », a-t-il rappelé.

    « BFMDICI cessera d’émettre au 31 décembre si elle n’a pas de repreneur d’ici là », a alerté Loïc Guerringue, rédacteur en chef de la rédaction, actuellement en grève. Pour autant, chaque média ne doit pas mener seul la lutte pour sa survie : « C’est un combat collectif selon moi, c’est-à-dire que nous tentons tous de pérenniser un média local. Les médias sont complémentaires, personne ne fait mieux que la PQR (presse quotidienne régionale) localement, très précisément dans les territoires », a-t-il rappelé. Des difficultés partagées par Simon Becquet, journaliste à Ram05 : « On est de plus en plus boudés par les annonceurs y compris dans les territoires où on est très implantés. Sauf qu’en faisant vivre les médias locaux on fait vivre un écosystème local dont ils bénéficient ».

    De son côté, Lionel Arce-Menso directeur de la rédaction des Hautes-Alpes du Dauphiné Libéré, a rappelé que son journal, principal titre local, était loin de « vouloir écraser les autres » et mis en avant « le panorama formidable » qu’offre ce pluralisme « à l’échelle d’un petit département », confiant avoir eu envie de devenir journaliste en écrivant pour La Marseillaise une chronique sportive avec son père qui fut correspondant. Pour lui « se battre pour le pluralisme, c’est aussi se battre pour qu’on puisse offrir un regard et une information objectifs ». D’autant que le pluralisme a des effets positifs pour tout l’écosystème médiatique : « L’étude menée par la Fondation Jean Jaurès montre que plus il y a d’offre médiatique locale, plus les gens s’informent et en demandent. À l’inverse, il peut y avoir un cercle vicieux, moins il y a de médias plus les gens les délaissent pour d’autres canaux d’info », a argumenté Simon Becquet. Or, la disparition du pluralisme médiatique a des effets très concrets a rappelé Lionel Arce-Menso : « Les études faites aux États-Unis montrent que là où il y a des déserts journalistiques, des endroits où la presse locale a totalement disparu, c’est là où l’on vote le plus pour Trump ».

    Mener la bataille culturelle

    Mais il n’y a pas que la presse qui est en danger : « La culture est en difficulté, le monde scientifique aussi », menacés notamment par « des gens qui dominent aujourd’hui la pensée en France, qui rachètent tous les médias, et qui impriment des récits faux ou qui servent leurs intérêts », a prévenu Lionel Arce-Menso. Or, cette situation relève d’un choix politique, qui peut être contrecarré selon Léo Purguette : « Quand il y a des baisses de ressources pour la science, pour les communes et les collectivités, c’est un choix de société, le choix de l’austérité qui prépare les victoires politiques de l’extrême droite. Quand il n’y a plus de services publics, de médias de proximité, ce sont eux qui avancent (…) », a-t-il alerté. Tout en rappelant que si La Marseillaise porte cette lutte « avec ses valeurs », l’action à mener est selon lui « plus large qu’un combat droite-gauche, c’est un combat pour la République ». Avant de conclure par la célèbre citation de Bertold Brecht publiée chaque jour à la Une de notre journal : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

  • Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Dans le contexte actuel de baisse des financements publics, les subventions européennes peuvent être un levier de diversification du modèle économique, pour autant c’est des financements qui peuvent être complexes », explique Mathilde L’Hôte, directrice de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress).

    C’est la raison pour laquelle la Chambre a organisé, vendredi, une matinée pour aider les entreprises, associations ou coopératives sociales et solidaires des Alpes du Sud à identifier et demander des subventions européennes adaptées à leur structure. Ces acteurs de l’économie sociale et solidaire ont des projets « d’utilité sociale, avec des modes de gouvernance démocratiques (un homme = une voix) et un principe de lucrativité limité », précise Mathilde L’Hôte.

    Thibault Dingreville, qui accompagne ces structures dans leur recherche de fonds européens, a expliqué que cela pouvait être pour certains « un enfer administratif ». Il a cependant appelé à « ne pas les essentialiser : ils ne sont pas tous complexes ».

    « Travailler ensemble pour trouver des solutions »

    Il existe deux catégories d’appels à projets européens : les projets de développement local, avec des gestionnaires provençaux ; et les projets de coopération internationale, qui incitent à travailler avec des homologues européens. « L’idée est de travailler ensemble pour trouver des solutions à des enjeux communs de part et d’autre de la frontière et échanger des pratiques », avance Thibault Dingreville.

    Certains fonds, comme le Fonds européen de développement régional (Feder), visent à réduire les écarts de développement entre les différentes zones de l’UE en fonction du PIB (produit intérieur brut) par habitant, a expliqué le chargé de mission Europe. D’autres soutiennent notamment les projets pour les quartiers prioritaires de la ville, les communes rurales, les familles monoparentales ou encore contre le décrochage scolaire et la pauvreté.

    Un autre projet européen appelle à revitaliser les territoires ruraux. « Les Français sont en retard par rapport à d’autres pays. L’Italie prend la moitié des enveloppes de l’UE », a lancé Thibault Dingreville. Le programme européen Citoyenneté, égalité, droits et valeurs (Cerv) permet lui de financer des projets luttant contre les violences faites aux femmes ou encore les discriminations homophobes. Un appel à projets en cours appelle à soutenir la charte des droits fondamentaux de l’UE.

  • Précarité alimentaire : les associations fixent les besoins dans les Hautes-Alpes

    Précarité alimentaire : les associations fixent les besoins dans les Hautes-Alpes

    En 2026, la précarité alimentaire concerne 16% des Français, soit 8 millions de personnes. Or 78% des personnes en situation de précarité ne demandent pas d’aide par peur de la stigmatisation ou par manque d’information. Autant dire qu’il s’agit d’une urgence nationale. C’était d’ailleurs l’objet des Rencontres solidaires de ce vendredi, organisées par le Département des Hautes-Alpes et l’Agence de développement. Deux acteurs qui ont identifié cette urgence, puisqu’a été lancé un observatoire de la précarité alimentaire en décembre dernier.

    « Chaque association

    est dans son couloir »

    L’observatoire a déjà glané des premiers chiffres pour les Hautes-Alpes : 17% de la population, soit une personne sur six, y est en situation de précarité alimentaire. Encore jeune, le but de cet observatoire va être de continuer à récolter des chiffres et à faire le lien et donner une direction de travail aux différents acteurs : pouvoirs publics, services sociaux, associations, etc.

    Le moment a aussi permis au monde associatif de pointer les manques ou les progrès à faire dans la lutte contre la précarité alimentaire. Ainsi, au moment d’évoquer les dispositifs de formation, Jean-Claude Eyraud, président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire, a regretté un manque de coordination entre les structures : « Chaque association est dans son couloir. C’est normal que chacun fasse ses formations, vous défendez votre culture », a-t-il d’abord plaidé. « Mais on n’a pas parlé d’un sujet qui est préoccupant, c’est qu’on n’a pas de Banque alimentaire sur le territoire. On ne peut pas continuer comme ça, pour une raison simple : la pauvreté gagne du terrain et on nous signale encore des demandes d’aides supplémentaires. Si on n’arrive pas à casser les cloisons entre nous, on ne sortira pas de cette situation. »

    Le manque de logement sur le territoire complique aussi l’implantation des structures d’aide alimentaire. Robert Durand, de l’association Alisol, a rapporté que son collectif cherche depuis un an et demi un local à Veynes pour y implanter une épicerie solidaire, sans succès. « Soit les propriétaires veulent bien louer mais à condition qu’on fasse les travaux, soit, on entend des échos, que ça provoque de l’inquiétude dans l’environnement immédiat. En d’autres termes, on a peur des pauvres, ça dérange, ça gêne », a-t-il alerté. Face à cette impasse, il en appelle à revoir les conditions d’aides publiques : « Soit les pouvoirs publics nous louent un local, soit, l’autre cas, c’est d’avoir des subventions, mais elles nous sont refusées parce qu’on n’a pas de local, mais on n’a pas de local parce qu’on n’a pas d’argent. Peut-être la puissance publique devrait s’interroger sur la façon dont les subventions sont données », a-t-il proposé.

  • [Entretien] Jean-Yves Roux : « Au Sénat, c’est l’intérêt général qui compte »

    [Entretien] Jean-Yves Roux : « Au Sénat, c’est l’intérêt général qui compte »

    La Marseillaise : Comment avez-vous démarré votre carrière politique ?

    Jean-Yves Roux : J’ai commencé ma carrière politique en 1995, quand j’étais adjoint au maire du Brusquet. En 1990, j’ai commencé à travailler à la Caisse primaire d’assurance maladie. J’y ai travaillé pendant 25 ans. Donc tout ce qui est santé, je connais. En 1998, je me suis présenté au conseil général de l’époque, où j’étais le plus jeune conseiller général de France. En 2001, j’ai décidé de me présenter contre le maire du Brusquet. C’était le premier adjoint qui avait pris la place de mon père, qui a été maire du Brusquet de 1959 à 1995, donc pendant 36 ans. Et ma mère a été sa secrétaire de mairie. J’ai été maire de 2001 à 2010, tout en conservant mon travail à la caisse primaire d’assurance maladie que j’ai gardé jusqu’en 2014, jusqu’à ce que je sois sénateur.

    Pourquoi vous êtes-vous porté candidat aux sénatoriales en 2014 ?

    J.-Y.R. : J’étais au Parti Socialiste à cette époque, et on avait fait une sorte de primaire. J’avais posé ma candidature, et j’ai été désigné par les militants du Parti socialiste.

    Pourquoi avez-vous quitté le PS ?

    J.-Y.R. : J’ai quitté le PS trois ans après parce que j’ai eu un conflit avec la fédération du département, et par rapport à l’évolution du Parti socialiste au niveau national.

    Qu’est-ce qui vous déplaisait ?

    J.-Y.R. : On commençait déjà à parler d’une large union de la gauche. Je ne suis pas pour la Nupes. J’ai su me rassembler avec d’autres, comme Gérard Paul (PCF) avec qui j’ai beaucoup travaillé. D’autres partis, je pense, n’avaient pas cette même réflexion. Je ne voulais pas m’allier avec LFI. Le Parti socialiste a voulu faire ce grand mouvement de la gauche. Ils ont mis un candidat contre moi aux élections sénatoriales en 2020 et en 2017. Je suis désormais apparenté Parti radical de gauche, mais je n’y suis pas encarté. Dans notre groupe, au Sénat, on a une politique de compromis pour l’intérêt général. On a la liberté de vote. Chacun vote comme il veut, on n’a pas de ligne, c’est ce qui nous différencie.

    Vous préférez être indépendant, électron libre ?

    J.-Y.R. : Pas électron libre, parce que j’ai des idées de gauche. En 2020, je me suis présenté divers gauche, malgré le fait que j’avais toute la gauche contre moi, parce que j’étais pas des leurs, parce que j’étais pas encarté. Que vous soyez dans une majorité ou pas au Sénat, c’est l’intérêt général qui compte. C’est pas parce que vous allez appartenir aux Républicains que vous allez arriver à faire passer plus de choses et changer le monde. C’est pas comme ça que ça se passe.

  • À Gap, malgré la perte des silos,les hirondelles sont toujours là

    À Gap, malgré la perte des silos,les hirondelles sont toujours là

    « Il y a 400 nids et ils sont tous pleins, il y a donc au moins 800 hirondelles et martinets », confirme Eliane Dupland coordinatrice de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Gap. Ce mercredi matin, avec un groupe de bénévoles, elle est venue compter les hirondelles de fenêtre et les martinets noirs sur l’ancien site des silos à grain. Ces bâtiments de stockage du grain, détruits en 2021, étaient un refuge de l’hirondelle de fenêtre, espèce menacée en France. Le principal problème pour l’hirondelle est qu’à la différence du martinet, elle ne niche pas dans les cavités des bâtiments mais construit ses nids de boue sur les parois. Or, cela lui est impossible sur la plupart des façades des constructions modernes.

    Un temps boudés, les nids sont pleins

    « Avec le plan de démolition, on est intervenus pour que les nids soient pris en compte. Ainsi, il n’y a pas eu de travaux pendant les périodes de nidification, et une mare a été créée à proximité pour que les hirondelles y cherchent la boue pour leur nid, explique Eliane Dupland. Depuis un an, le nouveau bâtiment est construit, on y a fait mettre des nids artificiels, en béton de bois, car, autrement, le ciment du bâtiment glisse trop pour qu’elles y fassent leur nid. » Malgré ces mesures, Eliane explique que les bénévoles sont « restés très inquiets car les premières années les nids n’étaient pas occupés, elles semblaient les bouder. » Finalement, cette dernière prospection permet de constater que les hirondelles s’en accommodent très bien. D’après la LPO gapençaise, les nids ont été conçus par une entreprise de Toulon, ville pionnière dans les mesures de protection des hirondelles en milieu urbain.

  • Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    « Tout le monde a faim, que le meilleur gagne ! », s’enthousiasme Ambre Pétolat-Dubois assistante de direction des chalets Dubois à Briançon. Ce mercredi matin, elle est venue avec Axel Vernaz, chargé d’affaires, participer à la rencontre organisée à la Chambre de commerce et d’industrie de Gap, dédiée aux entreprises et fournisseurs du territoire. Le but de l’événement : que les grands travaux à venir pour les JOP2030 profitent aux entreprises locales. « Beaucoup de chantiers vont toucher à notre domaine, la charpente, la couverture… Notre entreprise est située à Briançon-même, juste à coté, ce serait bête de pas participer », explique Axel Vernaz.

    Ils sont des dizaines comme eux à avoir répondu à l’invitation de la SNCF, de la Solideo et de la région sud pour venir prospecter les marchés à venir. Il faut dire qu’avec un investissement total estimé à 1,4 milliard d’euros pour la livraison des ouvrages olympiques et 342 millions pour les travaux ferroviaires, les entreprises alpines ne veulent pas rester à quai. Pour autant, ces chiffres ne doivent pas conduire à se brûler les ailes. « C’est une très bonne opportunité pour les trois-quatre prochaines années à venir. Par contre, il faut rester très vigilants, le danger, c’est qu’on mange dix ans de budget en trois ans et qu’il y ait un gros trou derrière, avertit Georges Emmanuel, gérant d’Ozé, société coopérative de travaux de falaise. Ce n’est pas la peine d’investir dans des machines chères à rembourser sur dix ans alors que tu n’as que trois ans de chantier. Cela peut être dangereux pour nous s’il n’y a plus beaucoup de boulot local dans trois ans. »

    Face à un évènement dont l’impact économique peut aussi inquiéter, Nicolas Chabrand, président de la fédération de BTP 05, a tenu à rappeler à quel points les grands évènements avaient contribué positivement à sa filière : « Après guerre, la coconstruction du barrage de Serre-Ponçon a été une transformation du département qui a permis à nos entreprises de grandir, avance-t-il. Mais il y a eu aussi les plans neiges successifs qui ont permis d’avoir cinq millions de touristes chaque année. Cela a transformé nos entreprises, qui ont relevé le challenge, dans des conditions difficiles, en hiver, parfois à 1 800 m, pour respecter les délais. C’est ce qui a fait la force du BTP des Hautes-Alpes. » De son côté, la SNCF, l’un des principaux porteurs de marchés publics de travaux, est venue présenter ses atouts : « Les achats SNCF, sur ce qu’on appelle le cœur ferroviaire de la société, c’est 15 milliards d’euros par an. En 2025, ils ont engendré presque 285 000 emplois induits et indirects », a ainsi souligné Fabrice Morel, directeur RSE de l’entreprise.

    Des entreprises…

    et des associations

    Il n’y a pas que des entreprises qui viennent aux renseignements, des associations viennent aussi voir de quelles manières elles pourraient s’associer aux Jeux. Parmi elles, Caroline Haag, de l’association Environnement et solidarité, porteuse de chantiers d’insertion dans le briançonnais, s’avance en solution locale pour améliorer l’impact environnemental des Jeux : « On regarde quelle place la ressourcerie et le réemploi pourraient avoir dans ce partenariat avec les futurs Jeux 2030, explique celle qui est également représentante des ressourceries de la région. Cela peut-être en participant à l’aménagement et à la conception des lieux éphémères avec du réemploi, en récupérant des installations éphémères pour des ressourceries plutôt que de les jeter, ou en fournissant des équipements de réemploi pour des appartements du village olympiques. » Les premiers marchés de travaux de voirie seront publiés dans les semaines à venir, d’après Yannick Ghiron, directeur stratégique à la Solideo. L’ensemble des marchés seront publiés au début du premier semestre 2027 et accessibles sur marche2030.org