Tag: Allemagne

  • [Coupe du Monde] Dans le groupe E, incertitudes à tous niveaux

    [Coupe du Monde] Dans le groupe E, incertitudes à tous niveaux

    Allemagne, Côte d’Ivoire, Equateur et Curaçao. Trois nations fortes de leur continent respectif et le Petit Poucet incontesté de cette 23e édition. La 4e place de cet indécis groupe E ne devrait pas échapper à l’ancienne colonie néerlandaise, peuplée de 185 000 habitants – soit à peine plus que la ville de Grenoble -, tant l’écart de niveau semble élevé. Pour le reste, les débats sont ouverts.

    Les certitudes ne sont pas nombreuses pour les troupes de Julian Nagelsmann, qui débutent justement contre Curaçao (dimanche 19h). Manuel Neuer est sorti de sa retraite internationale pour aider son pays, le prodige Lennart Karl s’est blessé en préparation et les cadres de cette équipe sortent d’une saison en dents de scie. Les Kimmich, Goretzka, Musiala, Wirtz, Woltemade n’ont pas été des plus flamboyants, mais ils seront tout de même les principaux atouts de leur sélectionneur.

    Qui pour créer la surprise ?

    Dans cette situation, Equatoriens et Ivoiriens ont leur carte à jouer, même face à la sélection allemande. Après de solides campagnes de qualification, les deux formations arrivent en forme en Amérique du Nord. Leur affrontement, dans la nuit de dimanche à lundi (1h), établira une première hiérarchie dans cette poule E. Le vainqueur verra à coup sûr les 16e de finale et sera en position de remporter ce groupe.

  • [Entretien] Elisa Goudin-Steinmann : « En Allemagne, le “mur pare-feu” contre l’AfD se fissure »

    [Entretien] Elisa Goudin-Steinmann : « En Allemagne, le “mur pare-feu” contre l’AfD se fissure »

    La Marseillaise : Un an après son accession au pouvoir, le chancelier Friedrich Merz est à un niveau d’impopularité record. Comment l’expliquer ?

    Elisa Goudin-Steinmann : La CDU fait les frais de la situation économique difficile liée à des facteurs qui ne sont pas dus à l’Allemagne elle-même. Il y a eu coup sur coup l’arrêt du gaz russe pas cher et les tensions géopolitiques. On entre dans la troisième année de récession, ce qui n’est pas du tout habituel pour les Allemands, en tout cas ceux de l’Ouest qui n’ont pas connu ça depuis le « miracle économique ». Ça a créé l’impopularité du chancelier de fait. Il pâtit également des difficultés de dialogue au sein de la coalition avec le SPD.

    Le noyau dur de l’électorat du CDU et du SPD qui se partagent le pouvoir depuis 1949 est en train de disparaître. Y a-t-il une lassitude ?

    E.G.-S. : Je ne dirais pas qu’ils sont en train de disparaître. Les scores du SPD, le PS en rêverait. Ils perdent des électeurs, ça c’est sûr. Pas seulement au profit de l’AfD mais aussi de l’abstention, de la gauche plus radicale Die Linke ou dans certains cas des Verts. Mais oui, ce qu’on appelle les « Volkspartei », les partis de masse traditionnels [CDU et SPD Ndlr], sont un peu usés par le fait d’avoir gouverné ensemble plusieurs fois depuis 2005. On a du mal à voir la différence entre l’offre politique. Le SPD est un petit peu plus progressiste sur les questions sociétales mais à part ça, c’est la même politique économique qui sera menée au final, donc à quoi bon choisir ? C’est ce que disent les électeurs et les partis en sont conscients. C’est pour ça qu’ils n’étaient pas très motivés à l’idée de gouverner ensemble. Arithmétiquement parlant, le Bundestag est bloqué parce que la CDU ne veut pas s’allier avec la gauche radicale. Le cordon sanitaire tient pour l’instant autour de l’AfD, personne ne veut gouverner avec eux mais ils ont quand même 152 députés. Par ailleurs, en Allemagne, on ne dit pas « cordon sanitaire » mais on parle de « mur pare-feu ». L’AfD n’arrête pas de dire qu’il faut faire tomber ce mur, comme on a fait tomber le mur de Berlin et qu’on va libérer les Allemands une deuxième fois. Ils ont une stratégie très claire de chercher des moyens pour, finalement, gouverner avec la CDU, ce qui finira peut-être par arriver. Je suis incapable de le dire. Mais des voix à la CDU disent qu’il faut mettre fin à ce mur pare-feu. C’est en train de se fissurer.

    Pour récupérer les électeurs de l’extrême droite, la CDU a durci son discours sur l’immigration, ce qui a finalement bénéficié à l’AfD ?

    E.G.-S. : La CDU reprend un peu les éléments de discours de l’AfD pour essayer de récupérer les électeurs mais on sait très bien que ça ne marche pas. Ça s’est vérifié partout. Les Républicains ont essayé de faire ça aussi avec certains thèmes du Rassemblement national. On ne récupère pas d’électeurs comme ça. Ça crée juste une droitisation, en général, de leur politique et ça légitime le discours de l’AfD, ça le normalise. En Thuringe, Björn Höcke a repris le slogan nazi « Deutschland über alles » (« L’Allemagne au-dessus de tout »). Alexander Gauland [président d’honneur de l’AfD, Ndlr], a utilisé le mot « entsorgen » à l’encontre d’une ministre d’origine turque. Ce qui veut dire qu’il fallait la déporter. Ce n’est plus ambigu, c’est un langage ouvertement nazi.

    L’AfD ambitionne de remporter plusieurs régions à l’Est lors des élections de septembre. Pourquoi fait-elle de bons scores dans l’ex RDA ?

    E.G.-S. : Si on regarde les marqueurs sociaux comme le chômage par exemple, la population à l’Est est plus défavorisée donc, elle a une plus grande probabilité de voter AfD. Même si ça ne représente pas la totalité des électeurs, bien sûr. Le deuxième facteur est historique. Les électeurs sont souvent des personnes ayant grandi en RDA ou socialisés par des parents qui vivaient dans l’ex Allemagne de l’Est, où il n’y a pas eu ce travail sur le passé nazi. On racontait l’histoire en disant qu’on était les héros de la Résistance, qu’on était les communistes donc on ne s’est pas du tout interrogé sur la culpabilité. Il y a ce manque d’un travail historique et d’une conscience historique à l’Est qui a été en partie comblée après la chute du Mur. Enfin, le troisième et plus gros facteur d’explication, selon moi, ce sont les injustices économiques et sociales commises après 1990. Le vote AfD est souvent un vote de protestation. Mais il ne faut pas stigmatiser les Allemands de l’Est, l’extrême droite progresse aussi et plus rapidement à l’Ouest, d’où viennent tous ses dirigeants.

    81 ans après la capitulation nazie, le parti dirigé par une petite-fille de SS est en tête des sondages. L’Allemagne renie son passé ?

    E.G.-S. : Le 2 avril dernier, l’hebdomadaire allemand Die Zeit a mis en ligne un moteur de recherche qui permet à chacun, en deux clics, de savoir s’il avait des grands-parents nazis ou pas. Ça a provoqué un gros débat en Allemagne et une prise de conscience. Tout le monde tombe des nus en découvrant qu’il avait un grand-père ou une grand-mère nazi. C’est une petite révolution. L’espoir est que ça mette à mal la stratégie de l’AfD qui essaye de balayer tout le travail de mémoire fait depuis 1945. Les sondages montrent que seulement un quart des Allemands pensent avoir eu un nazi dans sa famille, ce qui est hyper sous-estimé. Est-ce que ça va empêcher de voter AfD ? Ça, c’est encore une autre question. Je n’ai pas la réponse. En tout cas, on ne pourra plus dire mais les nazis, c’est la famille des autres.

  • 8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    La capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, le 8-Mai 1945, symbolise la victoire des Alliés sur une armée et, surtout, une idéologie mortifère aux multiples crimes de guerre et contre l’humanité, dont le génocide des juifs d’Europe, avec la complicité d’États collaborateurs zélés, à l’instar du gouvernement de Vichy, en France.

    C’est, à ce titre, bien plus qu’une page de notre Histoire. Car les mécanismes qui ont accouché du fascisme et du nazisme semblent se remettre en branle, en ce premier quart du XXIe siècle. Il est donc impérieux de tirer les leçons de l’ascension de ces idéologies racistes et antisémites, qui charrient la haine de l’autre.

    Le patronat mise sur le RN

    Car leurs héritiers, les partis d’extrême droite contemporains, misent sur l’amnésie quatre-vingt-un an après la capitulation nazie. L’entreprise leur est facilitée par les partis conservateurs, dits de droite classique, qui font leurs les thèmes obsessionnels de l’extrême droite : la famille, la patrie, la xénophobie, le nationalisme, la guerre… En 2007, Nicolas Sarkozy crut avoir dompté le FN. Près de vingt ans plus tard, le parti des Le Pen a avalé la droite. Désormais, le patronat français mise clairement sur le RN.

    La mécanique est la même outre-Rhin. Qui aurait pu croire que le parti des héritiers des nazis, l’AfD, puisse obtenir des scores records et supplanter les conservateurs ? L’accession de l’extrême droite au pouvoir est-elle résistible ? Oui, si les forces progressistes se réveillent et font déferler un tsunami de progrès social comme ce fut le cas après-guerre. C’est la grande leçon du 8-Mai.

  • L’autoroute européenne de l’hydrogène arrive en 2032

    L’autoroute européenne de l’hydrogène arrive en 2032

    Deux millions de tonnes d’hydrogène devraient transiter par le golfe de Fos d’ici à 2032 selon les plans de NaTran (ex GRTGaz), transporteur de gaz indépendant porteur du projet Hyfen, sujet d’une conférence de presse mardi matin à Paris.

    Il s’agit d’un gazoduc d’hydrogène partant de Fos-sur-Mer et passant par la Vallée de la Chimie lyonnaise et la Moselle, où des réserves souterraines auraient été trouvées, dans une idée de « corridor européen interconnecté reliant le Portugal à l’Allemagne » d’après Anthony Mazzenga, directeur du développement de NaTran. Il s’intègre au projet BarMar de gazoduc d’hydrogène sous la Méditerranée reliant Barcelone aux bassins ouest du Grand Port de Marseille, à Fos, et vise principalement à alimenter « la stratégie de décarbonation de l’Allemagne basée sur 50% d’hydrogène » dans son mix énergétique.

    Cinq milliards d’euros

    NaTran vise les gros clients industriels comme l’aciériste allemand SHS. « C’est un des secteurs qui auront besoin de l’hydrogène, avec le raffinage et la production d’engrais », détaille le dirigeant. À La Marseillaise sur le territoire, Anthony Mazzenga parle d’un « ouvrage enterré à faible impact paysager, à bonne acceptabilité du public derrière lequel dépend l’avenir industriel de la zone ». Sans rompre « d’accords de confidentialité », l’industriel précise « travailler avec l’ensemble des acteurs industriels du territoire, dont certains maintiennent leur activité ou se diversifient dans la production d’acier bas carbone ou de e-saf », le carburant de synthèse produit à La Mède par Total, consommateur d’hydrogène.

    Cinq milliards d’euros sont engagés par le groupe dans une « perspective de longue durée et un amortissement sur plusieurs dizaines d’années » présente Anthony Mazzenga, de manière « similaire aux investissements sur les réseaux gaz ou électrique ». Reconnu Projet d’intérêt commun (PIC) par l’Europe, Hyfen est en pleine étape d’études, la décision finale d’investissement étant attendue pour 2029 et la mise en service en 2032. Cette décision dépendra de trois conditions pour NaTran : le marché, le cadre législatif avec la transposition attendue du droit européen sur l’hydrogène, et les garanties publiques. « Nous espérons l’apparition d’un mécanisme de lissage temporel des coûts d’ici 2029 pour investir en confiance et à nos clients de se raccorder à prix compétitif », conclut le représentant de NaTran.

  • [Passerelle interculturelle] Le chancelier allemand Friedrich Merz a promu la coopération lors de ses visites d’entreprises en Chine

    [Passerelle interculturelle] Le chancelier allemand Friedrich Merz a promu la coopération lors de ses visites d’entreprises en Chine

    Jeudi dernier matin à Pékin, Merz a effectué un essai de la nouvelle Mercedes-Benz Classe S, découvrant son système de conduite assistée intelligente dans le cadre de sa visite officielle en Chine.

    « C’est incroyable. Je pense que c’est l’une des technologies d’avenir pour la mobilité », a déclaré M. Merz à l’issue de l’essai, saluant la coopération étroite entre les constructeurs allemands et les entreprises technologiques chinoises. Mercedes-Benz a indiqué dans un communiqué publié jeudi avoir établi en Chine une implantation locale complète et un réseau de coopération couvrant l’ensemble de sa chaîne industrielle. L’équipe chinoise de recherche et développement joue un rôle de plus en plus crucial au sein du réseau mondial de R&D du groupe.

    La visite officielle de M. Merz en Chine s’est déroulée les 25 et 26 février. Les visites d’entreprises des deux pays et la promotion d’une coopération concrète figuraient parmi les principaux points à l’ordre du jour jeudi dernier.

    Robots humanoïdes

    M. Merz est arrivé à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, à l’est de la Chine, jeudi dernier à midi. Chez Unitree Robotics, il a observé des robots humanoïdes accomplissant différentes tâches et s’est dit impressionné par leur agilité. Ces robots se sont récemment distingués lors du gala de la Fête du Printemps, où ils ont offert une performance remarquée aux côtés d’artistes humains. Leur prestation, mêlant danse synchronisée, mouvements complexes et interaction fluide avec la scène, a illustré les progrès rapides réalisés par la Chine dans le domaine de la robotique humanoïde et de l’intelligence artificielle.

    Wang Xingxing, fondateur et PDG de Unitree, a déclaré à CMG que la visite de M. Merz mettait en lumière l’attention mondiale portée à l’industrie chinoise de la robotique. M.Wang a ajouté qu’il se réjouissait d’approfondir la collaboration avec les entreprises allemandes et internationales afin de faire progresser la robotique humanoïde et l’intelligence artificielle vers un nouveau niveau. M. Merz a également visité Siemens High Voltage Circuit Breaker Co. Ltd., à Hangzhou, où il s’est informé du développement des entreprises à capitaux allemands en Chine.

    Des dirigeants d’environ 30 grandes entreprises allemandes, issus de secteurs tels que l’automobile, la chimie, la biopharmacie, les machines et l’économie circulaire, ont accompagné M. Merz lors de sa visite. Plus de dix accords commerciaux ont été conclus, envoyant un signal clair d’un approfondissement de la coopération pragmatique.

    À l’issue de son voyage, M. Merz a déclaré qu’il quittait la Chine avec une impression profonde du pays, soulignant que l’Allemagne et la Chine entretiennent une bonne coopération, tout en faisant face à des défis qu’elles doivent relever ensemble.

  • L’exil du « Grand Charles » vers l’Allemagne

    L’exil du « Grand Charles » vers l’Allemagne

    Il y a des terreaux où le talent pousse mieux qu’ailleurs. À Frontignan, le hand bénéficie d’un microclimat et d’un terrain de jeu fertile depuis près de quarante ans. Un jour, Branko Karabatic, père de Nikola et Luka, y a posé ses valises au bout d’un voyage d’affaires entamé à Trogir, dans l’ex-Yougoslavie.

    Dans le sillage de cet homme au regard aussi doux qu’au goût de l’effort féroce, s’est forgé une culture du sport, du hand en particulier. Avant d’être un éducateur exigeant, il fut un gardien international à Nis, terre natale de Nikola, ou avec la sélection yougoslave.

    Le dernier héritier de Branko, décédé en mai 2011 à l’âge de 55 ans, ne pouvait être qu’un gardien de but. En l’occurrence Charles Bolzinger, jeune portier de Montpellier Handball sur le point de s’envoler vers la Bundesliga.

    Bolzinger (24 ans), filleul de Branko, a refusé l’offre de prolongation de contrat de son club formateur, comme l’a annoncé Midi Libre. Comme d’autres avant lui, comme Nikola Karabatic (Kiel, 2005), Ludovic Fabregas (Barcelone, 2018), cet autre produit-maison du MHB veut vivre les choses en grand. Veut façonner sa légende, pour le moins construire une carrière, suivre peut-être la trace de Thierry Omeyer, meilleur gardien de l’histoire du handball français.

    En 2006, en écho à un Euro en Suisse exceptionnel, coup d’envoi du règne des « Experts », Omeyer avait prolongé son contrat au MHB, avant d’accepter quelques mois plus tard l’offre de Kiel, l’un des maîtres de la Bundesliga et de l’Europe.

    Charles Bolzinger s’apprête à son tour à quitter Montpellier au plus tard en 2027, terme de son contrat, peut-être dès l’été prochain, pour un club prestigieux de ce championnat référent, où le handball génère une popularité, un engouement et une attente incomparables. Selon divers médias, Flensburg, sur les bords de la Baltique, et Berlin convoitent le gardien héraultais.

    Dans le Nord de l’Allemagne, il pourrait suppléer le Bosnien Benjamin Buric (35 ans).

    À Montpellier, rejoint à l’âge de 15 ans et demi, ce gardien longiligne (1,98 m, 100 kg) a fait toutes ses classes. Et, il a très vite sauté les marches pour s’installer au côté de Rémi Desbonnet, arrivé de Nîmes, dans l’effectif de Patrice Canayer, alors manager.

    Dans l’insouciance et l’euphorie de ses débuts en première division, lors de la saison 2022-23, le jeune gardien a affiché son envergure et sa marque de fabrique pour bousculer la hiérarchie. « Certains observateurs préconisaient que Charles devait être prêté pour avoir du temps de jeu. Il est resté et a été le numéro 1 quasiment toute la saison. L’émulation est un très bon vecteur pour faire avancer les gens. Il avait terminé la première moitié de saison à 39% d’arrêts, avec neuf points d’avance sur le second. Cela ne pouvait pas durer. Il a connu la grâce divine, aujourd’hui, il doit trouver la grâce. La grâce divine, je ne suis pas sûr qu’elle revienne. Il est encore en phase d’apprentissage. C’est plus facile d’apprendre quand tu débutes que quand tu es connu » expliquait alors l’ancien manager Patrice Canayer.

    « Le grand Charles » ne va pas partir comme ça. Le Frontignanais va devoir couper les ponts, rompre le cordon ombilical avec son club formateur, où sa personnalité a séduit tout Bougnol. Facétieux, accessible et populaire, il entretient des liens étroits avec les « Blue Fox », club de supporters influent.

    L’international (26 sélections) va partir de Montpellier et à la chasse d’une place vacante chez les Bleus depuis 2024 et les JO. Vincent Gérard, successeur contesté de Thierry Omeyer, avait étiré sa carrière jusqu’à l’échéance olympique avant de tirer sa référence.

    Aujourd’hui, Charles Bolzinger va devoir assumer aussi cette lourde succession. Le prochain championnat d’Europe (15 janvier – 1er février), au Danemark, Norvège et Suède sera un excellent tremplin pour afficher un nouveau statut. Et dérouler le tapis rouge vers Flensburg, ville frontalière du Danemark, ou vers Berlin.

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.

  • Vernoux, futur roi des bassins

    Vernoux, futur roi des bassins

    Sous son mètre quatre-vingt-seize et sa centaine de kilos bien tassée, sans un seul pet de graisse, le Marseillais Thomas Vernoux (23 ans) ne cache pas ses rêves de grandeur. « Je veux être le meilleur joueur du monde », martèle le prodige du CNM. Cet immense objectif peut paraître prétentieux, mais ses proches vantent « son humilité et sa bienveillance ». « C’est un joueur et une personne exceptionnelle, hors du commun, on a de la chance de l’avoir », témoigne Ugo Crousillat, fier de le compter parmi ses meilleurs amis. « Il a cette envie de progresser et je suis très content aussi, parce qu’il progresse dans le leadership, il prend une place importante à ce niveau-là dans l’équipe. Je sais son objectif, il va y arriver, il ne faut pas qu’il se mette la pression », ajoute le capitaine marseillais, persuadé que son fidèle coéquipier n’a pas encore atteint son plein potentiel. Un avis également partagé par le principal concerné. « J’espère ne pas être dans la forme de ma vie », souligne Thomas. « J’ai toujours l’ambition de progresser encore plus. Chaque saison est meilleure. Peut-être que je suis proche du maximum physiquement, mais je dois encore progresser sur le plan tactique, psychologique, sur savoir comment gérer moins mes émotions, comment gérer tous les espaces, et sur la gestion de l’équipe », reconnaît-il.

    En quête de régularité

    À seulement 23 ans, Thomas Vernoux est considéré comme un cadre de la formation marseillaise. À tel point qu’il parvient même, sans en avoir conscience, à motiver ses coéquipiers grâce à son niveau de jeu. « C’est une référence pour les joueurs du Cercle afin de savoir où est-ce qu’on doit mettre notre niveau. Il fait partie des raisons pour lesquelles je continue à jouer à 38 ans », confie Mickaël Bodegas, qui le suivait depuis l’étranger lorsque « le métronome », comme il le décrit, a fait ses premiers pas avec l’équipe de France, à l’âge de 15 ans. « Il est déjà à un niveau extraordinaire, mais il a encore beaucoup à apprendre. Avec l’expérience, et s’il arrive à garder cette régularité, en écoutant les plus vieux comme moi, il arrivera à un niveau où il sera sûrement inarrêtable », estime l’international italien, conscient que la force des grands poloïstes réside dans la constance des performances. « Il y a des matches où je suis à mon maximum et d’autres où je suis un peu en dessous. C’est normal d’avoir des hauts et des bas, mais il faut vraiment que je sois très exigeant envers moi-même », insiste Vernoux, avec son petit côté perfectionniste. « Il s’entraîne toujours à fond », raconte Milos Šcepanovic, l’entraîneur du Cercle. « Quand il passe un palier, on voit qu’il en a encore sous le coude pour en atteindre un autre. Son potentiel est énorme. Je crois qu’on peut toujours s’améliorer. C’est un état d’esprit que j’aime beaucoup et il faut absolument qu’il garde ça en tête », conseille le technicien monténégrin.

    Hanovre, premier défi marseillais

    Les poloïstes du Cercle des nageurs de Marseille reçoivent les pensionnaires du Waspo 98 Hannover, mardi soir (20h30) au bassin Pierre-Garsau, à l’occasion de la 1ère journée de la Ligue des Champions. Ce premier adversaire de la poule D, qui compte également les clubs espagnols de Sabadell et Barceloneta, se révèle être le dernier champion d’Allemagne et très récent vainqueur de la Supercoupe d’Allemagne, samedi, au détriment du Spandau 04 (14-10), écurie phare d’Outre-Rhin. « C’est une équipe qui ne va pas être considérée favorite pour se qualifier, mais ça reste une formation solide avec des qualités physiques et de tirs », analyse Milos Šcepanovic, l’entraîneur du CNM. « Je pense que c’est une équipe très sérieuse », surenchérit le capitaine Ugo Crousillat. « Il va falloir mettre beaucoup de rythme et rester patients. Il faudra bien les surveiller », ajoute l’ancien coéquipier en sélection d’Aleksandar Radovic, l’entraîneur de Hanovre.

    MARSEILLE – HANOVRE

    1ère journée de Ligue des Champions

    Mardi 14 octobre, à 20h30

    Lieu : Bassin Pierre-Garsau, à Marseille

    CN Marseille : Bodegas, Bouet, Canovas, Crousillat (cap), De Nardi, Drasovic, Gbadamassi, Hovhannisyan, Kalogeropoulos, Larumbe, Marion-Vernoux, Nagy, Spaic, Tesanovic, Vanpeperstraete, Vernoux.

    WASPO 98 HANNOVER : Benke, Bock, Bozic, Buha, Gansen, Jaeschke, Kueppers, Langiewicz, Lozina, Macan (cap), Milardovic, Schipper, Spittank, Strelezkij, Henrike Van Den Burg, Vukicevic.

  • Des vacances quand on a Alzheimer, c’est possible

    Des vacances quand on a Alzheimer, c’est possible

    La lutte contre la maladie d’Alzheimer n’a pas de frontières. Les associations France Alzheimer Vaucluse et Alzheimer Gesellschaft München organisent un séjour d’échange franco-allemand pour la 13e année, depuis le 6 octobre et jusqu’à ce lundi 13 octobre, avec pour destination, cette année, la Bastide des Joncas, à la Couronne.

    Peu avant midi, vendredi, un groupe de seniors s’adonnait à un jeu de balle sur le terrain de sport, pendant que d’autres profitaient d’un atelier bien être avec une esthéticienne. « Mixer les malades et les proches permet de ne pas perdre en motricité », commente Lisa Junglas, organisatrice franco-allemande de l’échange. Une odeur d’ail flotte dans l’air : la cuisine est communautaire et une participante prépare une soupe au pistou.

    Le programme du séjour est conséquent, avec notamment l’intervention des services neurologie de l’hôpital de la Timone et d’Avignon pour la remise du prix de la fondation Hertie le mardi, une excursion au Frioul le mercredi, visite du Mucem le jeudi, entre autres activités. « Ce cadre offre de vraies vacances aux aidants, un soulagement », confie Marcel Blanc, adhérent français. Daniel Di Natale abonde : « ça nous permet de nous aérer l’esprit en tant qu’aidant, car on a moins de contraintes en groupe. On sort du quotidien. Si on était que tous les deux, on pourrait pas relâcher l’encadrement. »

    « Unique en Europe »

    Mais comment faire quand on ne parle pas la même langue ? « Certains traduisent, d’autres n’en ont pas besoin. Il y a quelque chose qui se passe dans les tablées », estime Marcel Blanc. Peut-être car « le même thème nous réunit, nous connaissons les mêmes choses, alors on arrive à rire et danser, malgré la barrière de la langue », relève Lisa Junglas.

    L’organisation d’un tel séjour pour 68 personnes, dont 35 venues de Munich, est particulière. « Ça se prépare sur une année avec des réunions régulières », commente Thierry Sanchez, l’un des cinq accompagnateurs français aux côtés des cinq Allemands. Plusieurs sont des professionnels. « Thierry est bénévole et éducateur spécialisé, je suis conseillère conjugale et familiale salariée de l’association », indique Lisa Junglas. La chargée du programme côté allemand, Anna Walner, tient au « vivre ensemble » développé lors du séjour. « Nous avons réussi quand ils rentrent à la maison et passent l’année à dire que c’était sympa », lance l’éducatrice spécialisée de formation.

    Les acteurs des Rencontres sans frontières présenteront leur projet « unique en Europe », selon Lisa Junglas, au congrès international de Lyon, en 2026.

  • De jeunes marseillais prêts à vivre l’Euro des quartiers

    De jeunes marseillais prêts à vivre l’Euro des quartiers

    Des jeunes de Marseille en partance pour l’Allemagne. C’est une initiative rare mise en place par l’entraîneur, Guy Pinna. En novembre, dix adolescents de plusieurs quartiers défavorisés participeront à l’Euro de tennis des quartiers, à Sarrebruck. L’idée de cette compétition a germé depuis deux ans et voit désormais le jour. Ces dix tennismen sont âgés de 12 à 16 ans et viennent de Félix-Pyat, la Viste, le Canet, les Caillols et Saint-Giniez. Ils ont tous été sélectionnés grâce à l’ATC. Ce circuit a organisé 150 tournois dans 35 quartiers de la ville depuis 2015 et de nombreux joueurs y ont découvert le tennis.

    La mise en place de l’ATC Tour était déjà une évolution pour Guy Pinna. Il a commencé, il y a plus de 30 ans, à donner des cours de tennis improvisés au pied des immeubles, sur des terrains de sport de proximité. L’idée originelle était de « faire découvrir le tennis, d’animer les quartiers et créer de l’animation ». Une découverte pour ces jeunes qui n’aurait pas été possible sans cet homme d’une soixante d’années, tant la discipline a encore du mal à s’ouvrir à toutes les classes sociales.

    Ce premier championnat d’Europe opposera des jeunes marseillais à des jeunes de Sarrebruck. Avant de s’ouvrir à d’autres pays dans les prochaines années. « Nous avons réussi à mélanger les enfants de différents quartiers de Marseille en faisant de la mixité sociale, je trouve ça super », éclaire Guy Pinna. Pour cela, l’entraîneur part en mission dès le début de la semaine prochaine dans le « Land » de la Sarre. « Je pars en visite à Sarrebruck pour préparer l’événement avec les autorités locales et trouver des hébergements pour les jeunes. » Un club partenaire, sur place, a même été trouvé. Le TC Rotenbühl pourra accueillir la délégation sur ses courts en terre battue.

    Un capitaine âgé de 17 ans

    Samedi, Guy Pinna et le club de l’AS Time présenteront l’ensemble de la délégation française pour Sarrebruck. Le capitaine choisi pour encadrer cette sélection est Assane Boina Madi, seulement 17 ans. En 2021 et 2022, il a été le leader du circuit ATC. Le chef de file de ce petit groupe n’a lui que 12 ans. Yanisse Mzembaba est numéro 1 au classement ATC depuis un peu plus d’un an. Il représente le quartier Félix-Pyat, tout comme Yanis Ali. Adem Bakas, de la Viste, ou encore Adem Bounour, du Canet, sont aussi sélectionnés.

    Cette petite troupe a reçu l’aide financière de la Ville de Marseille, ainsi que du Département des Bouches-du-Rhône. Un Mondial est également dans les cartons pour fin 2026 avec des adolescents ghanéens, comoriens et ougandais, en plus des Français et Allemands. Celui-ci se déroulera dans la cité phocéenne. Ces dix jeunes marseillais vont vivre une expérience unique et se confronter à de nouveaux joueurs outre-Rhin.