Tag: Alès

  • Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Il y a un peu moins d’un an, lorsque Max Roustan laissait son fauteuil de maire à l’omniprésent premier adjoint et président d’Alès agglomération Christophe Rivenq, la survie du « roustanisme » semblait assurée. Mais onze mois plus tard, rien n’est moins sûr tant les problèmes à Alès s’accumulent, bien loin de l’image du « sud ingénieux » vantée par Christophe Rivenq.

    Les fusillades liées au narcotrafic se succèdent ces derniers mois et viennent souligner l’abandon des quartiers populaires où les services publics disparaissent les uns après les autres à l’image de la fermeture du bureau de poste de Tamaris. Ces quartiers manquent aussi d’une réelle connexion avec le centre-ville qui aurait lui aussi à y gagner tant les fermetures de commerces y sont récurrentes. Touchée par un important taux de chômage (23,8% en 2022) notamment chez les jeunes (39,3% pour les 15-24 ans), la ville doit retrouver une économie florissante qui embauche, clé pour retrouver l’attractivité d’Alès. Un développement économique qui ne pourra se faire qu’en lien avec l’écologie car Alès sera la troisième ville de France la plus impactée par l’augmentation des températures due au dérèglement climatique.

    Face à tous ces enjeux, avec la liste « Alès, c’est vous ! » Paul Planque a lancé une initiative citoyenne de consultation de la population pour construire un projet au plus près des attentes des 46 000 habitants de la ville. Ingénieur architecte et ancien premier adjoint de la ville de Saint-Ouen en banlieue parisienne où il a lancé le plus vaste projet d’écoquartier d’Île-de-France, il souhaite désormais mettre son expérience au profit de sa ville natale. Pour cela, il mènera une liste soutenue par La France insoumise, L’Après, le Parti animaliste et des militants syndicaux et associatifs.

    Mais Planque n’aura pas réussi à réunir toute la gauche au premier tour puisque Basile Imbert (PS) soutenu par les Écologistes, est bien décidé à aller au bout. « Je vous remercie pour ce énième appel solennel à se ranger derrière le candidat du PCF et pour votre généreuse proposition sur votre liste, une méthode qui me confirme que vous n’avez toujours pas saisi pourquoi il y a aujourd’hui deux listes de gauche à Alès », a répondu le jeune socialiste à l’appel d’union lancé par « Alès c’est vous » fin janvier. S’il a dévoilé une partie de son programme, Basile Imbert n’a toujours pas communiqué sur sa liste et certains s’interrogent sur sa capacité à cocher la quarantaine de noms nécessaires pour se présenter.

    Le RN en embuscade

    À l’instar d’un Jean-Paul Fournier à Nîmes, Max Roustan parvenait à chaque élection à capter un électorat populaire habituellement acquis à la gauche. Pas sûr qu’il en soit de même pour Christophe Rivenq. S’il annonce dans tout Alès que des sondages le donnent large vainqueur au premier tour, sa popularité dans la deuxième ville du Gard reste largement à prouver tant les voix critiques sont nombreuses. « Tout le monde nous dit la même chose : Rivenq n’est pas Roustan. Rivenq n’est pas apprécié du tout car il a gardé ce côté directeur. Les gens attendent une alternance et une autre proposition », soutient Armand Crépin (LFI).

    D’autant que Rivenq devra faire face à deux listes sur sa droite. Le président de l’association Agir pour Alès et son Agglomération (AAA) Marc Infantès a en effet décidé de se lancer dans la bataille avec sa liste « Alès Moderne et Authentique ». Ce retraité de la gendarmerie a axé sa campagne sur la sécurité, ciblant là aussi une faiblesse de la municipalité sortante dans une ville gangrenée par le narcotrafic. Le Rassemblement National suit la même stratégie. Si le parti d’extrême droite n’a pas envoyé de poids lourd en Cévennes, il s’appuie lui aussi sur un fonctionnaire de police pour mener sa liste et compte marteler un discours sécuritaire. Anthony Bordarier, 40 ans, a en effet officialisé sa candidature le 6 février, entouré des députés Pierre Meurin et Yoann Gillet. Il confirme vouloir « créer la surprise ». Et dans une triangulaire, voire une quadrangulaire, au second tour, les chances de Christophe Rivenq de l’emporter sont tout sauf acquises. À Alès, tout reste donc ouvert.

  • [Étoile de Bessèges] Costiou, nouvelle Étoile

    [Étoile de Bessèges] Costiou, nouvelle Étoile

    On craignait de la voir disparaître, après une édition 2025 marquée par la fronde de huit équipes (parmi elles, seules Unibet Rose – Rockets et Décathlon – CMA CGM étaient présentes cette année), effarouchées par des incidents de sécurité bien indépendants de la responsabilité de l’organisation. Bien malgré elle, l’Étoile de Bessèges s’était retrouvée sous le feu d’un opprobre qu’elle ne méritait pas. Mais elle ne s’est pas éteinte, portée par une équipe dévouée, dirigée avec résilience par Claudine Fangille-Allègre, animée par son devoir de mémoire envers son père, Roland, géniteur de la course. Une histoire de famille qui se perpétue aussi à travers Tiffany et Romain Le Roux, fille et gendre de la présidente, amenés à reprendre le flambeau à l’avenir.

    Si la sécurité avait été grandement renforcée, au détriment du nombre d’équipes (16, contre 21 l’an dernier, 111 coureurs contre 146), pour garder l’équilibre budgétaire, certaines choses, elles, n’ont pas changé. Les conditions climatiques, dantesques en 2025, l’ont aussi été sur les deux premières étapes, courues sous une pluie battante. Et après une accalmie de deux jours, elle a repris de plus belle sur le contre-la-montre final, pour apporter un peu plus de dramaturgie au dénouement.

    Car l’indécision s’érige, elle aussi, en constante. Comme on s’y attendait, les écarts sont restés minimes jusqu’au bout. Malgré les nombreuses tentatives et le panache de coureurs déterminés à se montrer, aucune échappée ou attaque n’a pu être menée à bien. Les quatre premières journées se sont jouées au sprint, si bien qu’à l’orée de la cinquième et dernière, les 35 premiers du général se tenaient en 1 minute, et les 19 en 30 secondes.

    L’Ermitage, faiseur de roi

    Tout s’est donc joué dimanche, au sommet de l’Ermitage. Chacun y allait de son favori, avec une seule et même question : le champion de Slovaquie Lukas Kubis (Unibet – Rose Rockets), leader du général depuis le troisième jour, et 2e de chacune de quatre premières étapes, allait-il garder son maillot corail, à la faveur de ses quelques secondes d’avance sur ses poursuivants ?

    Rien n’était moins sûr, car de sérieux prétendants rêvaient de détrôner celui qui, en dépit de son titre de champion national du contre-la-montre en 2024, n’apparaissait pas comme favori face à cette arrivée en pente, propice à déchoir ou à couronner. Et à l’arrivée, le dénouement fut cruel pour le coureur le plus régulier de l’épreuve, 15e de l’étape, et 4e à l’arrivée. La place du con. Le nouveau roi s’appelle Ewen Costiou (Groupama – FDJ United), 11e au départ, et vainqueur pour 2’’ devant son coéquipier Maxime Decomble, et avec 5’’ d’avance sur Paul Lapeira (Décathlon – CMA CGM). L’Ermitage a encore parlé. Et on a déjà hâte d’entendre ce qu’il aura à nous raconter en 2027.

  • [Étoile de Bessèges] Ewen Costiou fait coup double et remporte la 56e édition

    [Étoile de Bessèges] Ewen Costiou fait coup double et remporte la 56e édition

    Tel qu’on pouvait s’y attendre, le contre la montre final d’Alès (Gard), ce dimanche, a déterminé le vainqueur de cette 56e édition de l’Étoile de Bessèges-Tour du Gard. Et comme ce fut le cas depuis le début de la course, les écarts ont été minimes au sommet de la côte de l’Ermitage, qui aura joué son rôle de juge de paix. À l’arrivée, un podium 100% français au sommet duquel trône Ewen Costiou (Groupama – FDJ United), vainqueur pour 5 secondes devant son coéquipier, le Ciotaden Maxime Decomble, qui prend le maillot blanc de meilleur jeune, alors que le coureur de Décathlon – CMA CGM Paul Lapeira (à 6’’) complète le podium.

    Une victoire qui permet à Ewen Costiou de s’adjuger le classement général de l’épreuve, devant Paul Lapeira, pour 2 petites secondes, tandis que Maxime Decomble complète le podium. En tête du général depuis la 3e étape, le double champion de Slovaquie, Lukas Kubis (Unibet – Rose Rockets), 15e à 35 secondes, est le grand perdant du jour, sortant du podium (4e à 15 secondes). Il se consolera avec le maillot du classement par points.

  • Un tribunal pour enfants bientôt créé à Alès

    Un tribunal pour enfants bientôt créé à Alès

    C’est une annonce attendue depuis des années par les acteurs judiciaires et les élus cévenols. Dans un courrier daté du 19 janvier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a confirmé au maire d’Alès, Christophe Rivenq, sa décision de créer un tribunal pour enfants de plein exercice dans la capitale des Cévennes. Une avancée qui vise à rapprocher la justice des familles et à améliorer le traitement des dossiers concernant les mineurs.

    Jusqu’ici, l’ensemble des affaires pénales et éducatives impliquant des mineurs du ressort d’Alès étaient traitées à Nîmes. Une organisation qui impliquait de nombreux déplacements pour les familles, les avocats, les éducateurs et les forces de l’ordre, et qui allongeait les délais. Le ministre reconnaît lui-même que ces contraintes « nourrissent légitimement un sentiment d’éloignement du service public de la justice des mineurs pour les Alésiennes et les Alésiens ». Dans sa lettre, Gérald Darmanin souligne le « contexte territorial spécifique » du bassin alésien, marqué par l’étendue du ressort couvrant également l’arrondissement du Vigan, et par des difficultés d’accès à la juridiction nîmoise pour une part importante de la population.

    Un combat qui aboutit

    La décision intervient aussi dans un contexte local tendu. Depuis 2023, les affaires impliquant des mineurs se sont multipliées dans le bassin alésien, avec des faits de violence, de trafic et plusieurs dossiers très médiatisés. Pour les avocats du barreau d’Alès, qui réclamaient cette création depuis longtemps, l’engorgement du tribunal pour enfants de Nîmes et les délais de traitement nuisaient à la prévention et à la réinsertion.

    Sur ses réseaux sociaux, le maire d’Alès s’est félicité de cette annonce, estimant qu’elle permettra de rendre « une justice encore plus efficace sur notre territoire ». Il évoque « une belle victoire pour le territoire » après « plusieurs années de rencontres et d’échanges avec de nombreux ministres ».

    Si le feu vert politique est donné, la mise en œuvre reste conditionnée à la disponibilité de locaux adaptés et l’évaluation des moyens humains nécessaires. Darmanin a d’ailleurs interrogé la commune sur sa capacité à proposer rapidement un site opérationnel. En attendant, pour de nombreux professionnels, cette annonce marque déjà un tournant vers une justice des mineurs mieux ancrée dans les réalités locales.

  • Au Cratère, à Alès, les Sea Girls cassent les codes du music-hall

    Au Cratère, à Alès, les Sea Girls cassent les codes du music-hall

    Découvrir ou redécouvrir la comédie musicale depuis les coulisses. Un pari audacieux qu’ont accepté de relever les Sea Girls, trois comédiennes qui font du Music-hall depuis vingt ans, avec leur spectacle « Dérapage ». Mis en scène par Pierre Guillois, à qui on doit le succès du cabaret de carton « Les Gros patinent bien » la saison dernière, le spectacle revendique une écriture contemporaine légère, grave, sociétale et intime. Les Sea Girls y abordent, en musique et avec humour, les prises de tête en tournée, la fatigue et les discriminations liées à l’âge que subissent les comédiennes autour de 50 ans. Les deux représentations auront lieu samedi 17 janvier à 21h et dimanche 18 à 17h au théâtre éphémère le Cratère à la Prairie (Champ de foire) à Alès.

    « Le spectateur se retrouve derrière le rideau de fond de scène, plongé dans l’univers à la fois drôle, tendre et sensible des Sea Girls, détaille Olivier Lataste, le directeur du Cratère. On assiste à une fusion entre la comédie musicale et le burlesque. » Un mélange des genres qui pourrait expliquer le retour du music-hall sur le devant de la scène ces dernières années.

    Starmania, La la land ou Wicked, autant d’œuvres au succès fulgurant qui ont su capter l’attention d’un public qui boudait le genre depuis plusieurs années. « Les spectateurs ont toujours été adeptes de théâtre, de danse et de concerts. Mixer les trois, c’est apporter la légèreté et le divertissement dont ils ont besoin, notamment en ce début d’année difficile », estime le directeur.

    Si la liberté employée dans la scénographie des comédies musicales d’aujourd’hui joue un rôle majeur dans leur succès retrouvé, selon Olivier Lataste, une modernisation du genre restait essentielle. « Ce qui me frappe surtout, ce sont les moyens techniques colossaux employés. Le spectateur vit un moment féerique. »

    Du côté des Sea Girls, pas d’entracte pyrotechnique ou d’effets spéciaux de synthèse, mais un axe narratif moderne et multigénérationnel. « Un public plus âgé va venir voir le spectacle pour le côté cabaret et burlesque. Mais un public plus jeune trouvera tout autant son compte avec un côté débridé et des prises de position qui tendent vers le féminisme », explique le directeur. « C’est un mélange des genres mais aussi un croisement des générations et des milieux sociaux. »

    Et grâce à l’expertise du metteur en scène Pierre Guillois, les surprises fusent, le côté décalé l’emporte et on retrouve une dérision dominante, comme dans son dernier spectacle.

    « Leur prospérité s’apparente à un cycle »

    Si on y réfléchit bien, depuis leur apparition au début du XXe siècle, les comédies musicales n’ont jamais quitté les planches ou le grand écran. En témoigne le succès du Roi lion au théâtre Mogador, renouvelé de nombreuses fois depuis 2007 et encore joué aujourd’hui. Pour Olivier Lataste, leur prospérité s’apparente à un cycle. « Peut-être que l’enthousiasme du public va redescendre, mais les music-halls reviendront toujours. La chanson n’a jamais cessé d’être populaire. Ça ne s’arrêtera pas aujourd’hui. »

    Billetterie sur lecratere.fr. Si complet, contactez le théâtre au 04.66.52.52.64. Des places peuvent se libérer. 30€ plein tarif, 19 € réduit.

  • Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Quand Nîmes ralentit, Alès en plein boom

    Si son évolution démographique est un peu moins forte que celle de l’Hérault, le Gard poursuit sa progression avec une population de 770 940 personnes en 2023, contre 744 178 au 1er janvier 2017, soit une augmentation totale de 3,6%.

    Première ville du Gard, la croissance démographique de Nîmes est néanmoins en perte de vitesse ces dernières années. Entre 2012 et 2017, elle augmentait à hauteur de 0,4% par an. Mais sur la période suivante, sa progression s’étiole, plafonnant à 0,1% d’habitants supplémentaires chaque année entre 2017 et 2023. Elle est donc passée de 150 610 à 151 839 habitants.

    Si elle est encore bien loin de détrôner la capitale départementale, la ville d’Alès affiche en revanche une dynamique inverse. Alors que la commune perdait des habitants dans la période précédente, elle présente désormais un taux de croissance annuel de 2,3%. La population de la capitale des Cévennes est donc passée de 40 219 à 46 125 résidents.

    Une santé de fer entièrement due au solde migratoire, mais qu’il faut analyser sur le temps long. Selon Katia Le Goaziou, de l’Insee, Alès serait en effet boostée par des effets de rattrapage, notamment à la faveur de programmes de construction de nouveaux logements après plusieurs décennies de stagnation (lire son entretien).

    De leur côté, les troisième et quatrième villes du Gard que sont Bagnols-sur-Cèze et Beaucaire ont plutôt tendance à perdre des citoyens ; tandis que les petites communes de Nages-et-Solorgues et Beauvoisin caracolent en tête des secteurs les plus attractifs, avec un taux de croissance démographique annuelle de 4,1% chacune.

  • L’optimisme réaliste des communistes gardois

    L’optimisme réaliste des communistes gardois

    « Le bonheur reste une idée neuve ». Cette phrase, prononcée par le citoyen Saint Just devant la Convention en 1794, demeure plus que jamais d’actualité. Elle constitue encore aujourd’hui le projet politique des communistes du Gard, a insisté Murielle Blachère, responsable fédérale du parti, lors de la présentation de ses vœux samedi à Alès, au Prolé. Un objectif pleinement partagé par Romain La Sala, représentant le mouvement des jeunes communistes du département. Un but à atteindre au terme d’un chemin semé d’embûches, entravé par un système capitaliste fondamentalement inégalitaire. Une réalité décrite tour à tour par Giovanni Di Francesco d’Alès et par Jean Michel Suau, membre de la direction fédérale du parti. «Austérité, précarité et crainte du lendemain rythment trop souvent la vie d’une majorité de citoyens, tandis qu’une ultra-minorité s’enrichit à leurs dépens», ont-ils dénoncé. Une situation lourde de conséquences, qui nourrit le repli sur soi. «Rompre les isolements, redonner l’espoir en l’avenir et apporter des réponses concrètes aux problèmes des Gardois : telle est la tâche des communistes du département», a développé Michel Suau. Il a souligné que les élections municipales constituaient «une occasion majeure de porter ces ambitions et, au passage, de contrarier les projets de l’extrême droite, déterminée à faire main basse sur le département». Un objectif qui passe, selon lui, «par une gauche sociale, démocratique et écologique rassemblée», qu’il appelle de ses vœux « pour un retour du printemps. »

    A.C

  • Dans le Gard, le PCF et LFI se rassemblent au sein de la liste citoyenne «Alès, c’est vous !»

    Dans le Gard, le PCF et LFI se rassemblent au sein de la liste citoyenne «Alès, c’est vous !»

    Résolument citoyenne, la liste «Alès, c’est vous !» s’est officiellement lancée dans la campagne. Le PCF et LFI ont officialisé la nouvelle à l’occasion de la signature d’un «accord de rassemblement» ce lundi 5 janvier. L’objectif : «s’engager dans une démarche commune afin de construire une alternative solidaire et ambitieuse», stipule le texte collectif, avant de pointer une équipe sortante restée sourde «aux attentes et aux besoins réels des habitant.es». «Alès ressort abîmée (…) Alès mérite mieux qu’une politique d’abandon ou de résignation», poursuit l’accord.

    Après plusieurs semaines de négociations et «des échanges francs», communistes et insoumis se sont donc entendus sur la méthode, mais aussi sur une ambition commune dont les mesures phares seront détaillées dans les jours à venir. «Il ne s’agit pas d’un accord d’appareil, mais d’un engagement sur des priorités concrètes : le pouvoir d’achat, l’accès aux services publics, la justice sociale, la transition écologique, la participation citoyenne et le développement d’une démocratie municipale plus participative», a énuméré le candidat communiste Paul Planque. Un résumé partagé par son homologue insoumis Armand Crépin qui a salué la seule «alternative crédible» à la gestion façon Christophe Rivenq.

    Si les deux responsables politiques semblent faire office «d’armature nécessaire», cette liste réunira néanmoins une majorité de citoyens sans étiquette et des colistiers issus de toute la gauche. Un peu à l’image de ses premiers soutiens, dont la conseillère régionale socialiste Suzanne Coulet, l’étudiant écologiste Antoine Baguelin, la citoyenne Latifa Faraldo – en première ligne pour le maintien de la poste dans le quartier Tamaris -, ou encore la cégétiste Martine Sagit…

    Resté pour l’heure hermétique à la main tendue, le parti socialiste et les écologistes continuent de faire cavalier seul. Mais pas de quoi ternir l’humeur du secrétaire du PCF d’Alès, Giovanni di Francesco : «Dans ce monde qui se fracture et nourrit les replis et les inégalités, je prends une sacrée bouffée d’air frais».

  • Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Vingt-cinq ans de Fournier à Nîmes, trente et un ans de Roustan à Alès : en 2026, deux villes clefs du Gard tournent la page de mairies verrouillées à droite. À Nîmes, Jean-Paul Fournier (LR) se retire après quatre mandats. La droite laisse un paysage en friche, fracturé entre les ambitions concurrentes de Julien Plantier, ancien premier adjoint, et de Franck Proust, patron de Nîmes Métropole, adoubé par LR, l’UDI… et plus récemment Horizons. À côté, Renaissance tente d’exister, au prix de combinaisons illisibles pour beaucoup de Nîmois. Quant au RN en embuscade, il laisse planer la rumeur Julien Sanchez.

    En face, la gauche a tiré les leçons de 2020. Avec Nîmes en Commun, Vincent Bouget (PCF) conduit une union large – PS, EELV, PP – nourrie par une démarche participative au long cours : des réunions de quartiers et un questionnaire où plus de 3 000 habitants ont pris la parole. Dans une ville où la droite a confisqué les décisions pendant un quart de siècle, le message est clair : redonner la ville à celles et ceux qui l’habitent.

    À Alès aussi, c’est la fin d’une époque. Max Roustan, figure de la droite locale depuis les années 1990, a passé la main à son fidèle compagnon de route, Christophe Rivenq. Une continuité revendiquée, au moment même où l’extrême droite engrange des victoires dans les circonscriptions alentour. Le RN rêve de transformer l’ancienne « capitale des Cévennes rouges » en vitrine de sa normalisation. La gauche, elle, tente de reconstituer un front commun pour « reprendre la maison » via le mouvement du Printemps alésien et son chef de file Paul Planque (PCF).

    Mais l’enjeu dépasse les seules préfecture et sous-préfecture. Dans les villages viticoles et les petites villes, le RN lorgne sur les mairies (Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Vauvert…). Là où les services publics se retirent, où les loyers flambent et où les fins de mois se tendent, c’est aussi le terrain de jeu des discours de haine et des clientélismes opaques. En 2026, le Gard joue donc gros. Soit les forces de gauche et du mouvement social parviennent à transformer les colères en projets, les citoyens en contre-pouvoirs locaux. Soit l’extrême droite continue d’essaimer, de Beaucaire à Vauvert, d’Alès aux hameaux des Cévennes, profitant des divisions et des rancœurs personnelles.

  • Le festival Itinérances déroule sa 44e édition

    Le festival Itinérances déroule sa 44e édition

    Depuis plus de quarante ans, le festival cinématographique s’attache à transmettre une passion du septième art accessible et profondément ancrée
    dans le territoire cévenol. En 2026, l’événement prendra une dimension particulière : les travaux du Cratère amènent une partie de la programmation au théâtre éphémère de la Prairie.

    Après une édition 2025 marquée par la présence de Sergi López et près de 43 000 entrées, Itinérances revient avec un programme ambitieux : hommages, invités, avant-premières, cartes blanches et la traditionnelle compétition de courts-métrages francophones. La grande rétrospective 2026, intitulée
    Les Magnifiques ! explorera toutes les formes d’itinérance : du voyage au long cours au cheminement intérieur. Fidèle
    à son identité, le festival mettra en lumière des cinématographies du monde entier. Le Pass 2026, proposé à tarif réduit jusqu’au 4 janvier, permettra d’accéder à l’ensemble des projections, confirmant la volonté du festival de rester ouvert et populaire.