À Uchaud, dans le Gard, l’entreprise Sakata est installée depuis 27 ans. Spécialisée dans la production et la commercialisation des semences potagères, cette dernière est présente dans pas moins de 24 pays et produit 28 espèces vendues dans 90 pays, de l’Europe à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient. « On crée des tas de variétés tous les ans pour chacune de nos espèces, adaptées à la fois aux conditions agronomiques et climatiques de nos clients et aux demandes des consommateurs, aux demandes de techniques de production – sous serre, sous tunnel plastique, en plein champ, etc. Nous avons des variétés qui s’adaptent à chaque condition de production et de commercialisation », détaille Basile de Bary, directeur général de Sakata Vegetables Europe. Tomates, courges, brocolis, pratiquement tous les légumes sont représentés.
Et il faut dire que le secteur est florissant puisque l’entreprise a annoncé vouloir recruter une cinquantaine de postes sur dix ans. Même si la guerre en Ukraine et la période d’inflation qui a suivi ont plombé l’année 2022 – « les taux se sont mis à exploser. Les agriculteurs avaient beaucoup plus de mal à financer leur culture et ont donc réduit les surfaces », reprend Basile de Bary- la hausse continue de la population mondiale, couplée à une amélioration des « régimes alimentaires plus qualitatifs et donc avec plus de fruits et de légumes », permet à Sakata de voir le verre à moitié plein.
Le tout dans un contexte où le dérèglement climatique s’amplifie, ce qui n’est pas sans impact sur la flore. Obligeant les plantes à devoir s’adapter. En ce sens, Sakata fait figure de précurseur. « Notre métier, c’est d’adapter les plantes aux conditions agro-climatiques, quelle que soit l’évolution de ces conditions. On n’avait peut-être pas forcément pris conscience que le travail que l’on faisait était déjà dans le sens d’une adaptation à un dérèglement climatique. C’est beaucoup plus clair depuis 5, 10 ans. Mais en fait, ça fait 20, 30, 40 ans qu’on le fait », soutient Basile de Bary.
Trop d’eau, sécheresse, manque d’eau, températures élevées, autant de paramètres avec lesquels jouent les semenciers. « Une de nos tomates en Égypte a une capacité à ce qu’on appelle techniquement “nouer à la chaleur”, c’est-à-dire accrocher les fruits même si les températures sont très fortes. Car quand les températures sont très fortes, une tomate a tendance à perdre ses fleurs et ne pas faire de fruits. Donc très peu de rendement. Cette variété-là, même à 35-40°C, les fleurs restent accrochées et le fruit se développe. On l’a lancée il y a 7-8 ans et on a une part importante du marché égyptien à cause de cette adaptation aux températures de plus en plus fortes sur l’été dans le nord de l’Afrique », développe le directeur général. Bientôt lancées en France ?








