Tag: Agriculture

  • Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Un pavé dans la mare. Voilà comment résumer les résultats d’une étude menée par Santé publique France et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), publiée le 15 septembre.

    Intitulée PestiRiv, cette dernière montre que les personnes vivant à côté des vignes (4% de la population française) sont les plus exposées aux pesticides. Pas moins de 56 substances -notamment le Folpel, un fongicide utilisé contre le mildiou- ont été mesurées dans 265 zones viticoles et non viticoles. Quelque 1 946 adultes et 742 enfants de six régions de métropole -dont une partie vit à moins de 500 mètres de vignes, l’autre à plus de 1 000 mètres de toute culture- y ont participé en répondant à des questionnaires pour décrire leur alimentation, leurs activités à l’extérieur, etc. Des milliers d’analyses d’urine, de cheveux, de poussières, d’aliments du jardin, d’air ambiant et extérieur ont été réalisées entre 2021 et 2022.

    Les résultats sont édifiants. Les échantillons ont montré que les urines des riverains vivant à côté de vignobles contiennent 15 à 45% de pesticides de plus que ceux qui sont éloignés de toute culture. Pire, la contamination des poussières peut être 1 000 fois plus élevée. Un autre objectif de PestiRiv a été de comparer ces contaminations en période de traitement des vignes. Là encore, toutes les analyses confirment la surexposition aux pesticides lors de l’épandage. De plus, les enfants de 3 à 6 ans présentent les niveaux d’imprégnation les plus élevés.

    Reprise du plan Ecophyto

    « Santé publique France et l’Anses recommandent en priorité de réduire l’utilisation de pesticides au strict nécessaire, en s’appuyant notamment sur la stratégie nationale Ecophyto 2030 », conclut l’étude. Cette stratégie prévoyait de réduire de moitié l’utilisation des produits phytosanitaires, mais a été suspendue en février 2024 par le gouvernement Attal, sous pression de la FNSEA et des JA, en pleine crise agricole. Les deux syndicats majoritaires doivent s’arracher les cheveux devant les conclusions de l’étude. De l’autre côté, les associations environnementales, elles, sont soulagées de cette publication. « Enfin ! Cela confirme nos études et nous avions fait campagne là-dessus », sourit Michel Tafon, membre de Générations futures du Gard. Un signal de plus pour mettre en place plusieurs mesures afin d’accompagner la transition écologique. « Il faut instaurer des zones de non-traitement de 100 mètres minimum. Cela peut poser problème, nous en sommes conscients ; auquel cas il faut passer en bio. Ensuite, il faut interdire toutes les substances dangereuses, comme les perturbateurs endocriniens », énumère Michel Tafon. Également revendiquée par Générations futures, la mise en place de ceintures vertes autour des communes.

    Côté Confédération paysanne, les avis sont un peu plus mitigés. « C’est un problème de santé publique mais la profession et le ministère sont dans le déni. Quand j’ai adhéré à la Conf’ en 1999, une étude montrait déjà des traces de glyphosate dans les testicules d’enfants vivant dans les zones agricoles de la Vallée du Rhône. On le savait déjà », soupire Didier Marion, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. « Ils veulent continuer à rester dans le marché mondial spéculatif qui assassine les paysans du monde entier. Il faut changer de logique, on n’a pas le choix », poursuit l’agriculteur. Pour autant, si l’opinion publique est sensible à cette problématique -en témoigne la pétition contre la loi Duplomb- force est de constater que les industriels ont toujours l’oreille de nos responsables politiques. « Nous sommes dans un contexte bizarre : les politiques prennent des décisions dangereuses alors que les gens sont inquiets pour leur santé », observe Michel Tafon. Le vent serait-il en train de tourner ?

  • Forages illégaux : le roi des salades doit cette fois aligner l’oseille

    Forages illégaux : le roi des salades doit cette fois aligner l’oseille

    L’indulgence des services de l’État n’aura pas suffi. Onze mois après la régularisation par la préfecture des Bouches-du-Rhône d’une centaine de ses forages agricoles réalisés sans autorisation (notre édition du 10 décembre 2024), la société Reveny s’est vue infliger ce lundi une amende administrative de 24 000 euros, assortie de deux mises en demeure.

    Après avoir accédé aux demandes de la chambre d’agriculture en passant l’éponge sur l’irrigation illégale d’un des premiers producteurs français de salades, le bureau des installations et travaux réglementés pour la protection des milieux avait laissé six mois à l’exploitant, qui cultive plus de 2 000 hectares dans l’ouest du département, pour qu’il se mette en conformité avec ses obligations environnementales. Dans leur arrêté du 24 novembre 2024, les services de l’État demandaient ainsi que la société installe un compteur sur chaque point de captage, et surtout une margelle bétonnée « pour assurer l’étanchéité avec le milieu extérieur ». Faute de quoi la régularisation sauterait.

    Six mois après, les 6 et 10 juin dernier, des agents de contrôle de la direction départementale des territoires et de la mer étaient donc dépêchés sur les terres du maraîcher autour de son siège de Saint-Étienne-du-Grès. Résultat : les forages de l’exploitant inspectés ne comptaient ni compteur volumétrique pour mesurer la quantité d’eau pompée dans la nappe, ni margelle bétonnée pour éviter l’infiltration de polluants dans les eaux souterraines des alluvions de la basse Durance. Pis encore, lors de leurs visites les agents ont constaté que des bidons de produits phytosanitaires étaient posés à même le sol à proximité immédiate de la tête d’un forage, tout comme une cuve à carburant, sans le moindre dispositif de rétention en cas de fuite. « Ces constats mettent en évidence l’utilisation de pratiques pouvant générer des contaminations de la masse d’eau souterraine », s’alarment les fonctionnaires dans l’un des trois arrêtés pris lundi et publiés ce mercredi matin. Au total, seize forages inspectés ne respectent pas la réglementation, sans que les observations présentées au nom de la société par le cabinet Carbone avocats, le 23 juillet dernier, ne convainquent les services de l’État, faute de proposer « la cession de l’exploitation des ouvrages considérés ». Sollicités par La Marseillaise, ni le cabinet d’avocats, ni la direction de la société Reveny n’ont donné suite à nos demandes.

    Menaces d’autres sanctions

    Les services de l’État de leur côté, conformément au premier arrêté pris le 24 novembre 2024, ont fixé l’amende à 1 500 euros par forage illicite. Soit une addition de 24 000 euros au total. Désormais, ils laissent trois mois à la société pour protéger les points de captage avec une margelle bétonnée, une cimentation sur la partie supérieure du forage pour l’isoler du terrain, un capot de fermeture… De nouvelles demandes d’autorisations doivent aussi être déposées dans le même délai pour chacun des ouvrages, à moins que l’exploitant ne décide de les supprimer avec une remise en état des lieux. Les services de l’État avertissant que ce dépôt « n’implique pas la délivrance certaine de l’autorisation ». Faute de mise en conformité, la préfecture menace de nouvelles sanctions et jusqu’à 4 500 euros d’astreintes journalières.

  • Ehotil transforme nos urines en or agricole

    Ehotil transforme nos urines en or agricole

    « Une matière première riche et sous-exploitée. En la valorisant, nous pouvons alléger le poids des stations d’épuration, réduire les engrais de synthèse et renforcer les usages pour l’agriculture durable », est convaincu Emmanuel Morin, cofondateur, avec Stéphane de Lacroix de Lavalette, et directeur général d’Ehotil. Pour enrichir les cultures, crottin de cheval, fumier de lapin, purin ou lisier, c’est bien. Mais l’urine humaine, c’est le top, a déjà démontré le programme de recherche Ocapi, lancé en 2014 « et avec qui on travaille », précise Stéphane de Lacroix de Lavalette. L’idée se démultiplie. Toopi organics, start-up girondine, a gagné le respect de l’Adème : depuis 2019, elle installe des urinoirs sans eau dans des lieux publics et a collecté 1,2 million de litres d’urine. Ce volume est utilisé pour produire un biostimulant par fermentation, permettant de fertiliser 45 000 hectares de terres agricoles.

    Des toilettes aux champs

    Dans leur laboratoire du boulevard de Plombières, les Marseillais attaquent la phase de test de leur procédé de production d’engrais liquide par filtrage au charbon, développé en partenariat avec l’AMU. Quelques cuves de mille litres, issus des urinoirs de Marsatac, sont stockées dans l’ancien entrepôt commercial en attendant leur traitement. Déjà à l’origine d’Ecodomeo, qui vend depuis 2009 des toilettes qui séparent urines et matières fécales « jusque dans un temple bouddhiste népalais », par soucis d’économie d’eau potable, Emmanuel Morin pousse la chaîne vertueuse jusqu’aux champs. « En un mois de repos l’urine s’autostérilise, indique Stéphane de Lacroix de Lavalette, puis 3 semaines sont nécessaires à sa purification. »

    Un procédé qui ne demande « quasiment que de l’air », précise le jeune président devant des machines à analyser les teneurs en azote, ammoniac ou nitrate. Prochaine étape : le test sur sols agricoles pour la certification européenne et la commercialisation de l’engrais.

  • La législation de régulation des loups s’assouplit

    La législation de régulation des loups s’assouplit

    Le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen ont adopté le 17 juin 2025 une modification du niveau de protection du loup. L’espèce est passée du statut de « protégée » à « espèce animale d’intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l’exploitation est susceptible de faire l’objet de mesures de gestion ». Désormais, les États membres ont donc plus de flexibilité pour gérer la population lupine, ce qui signifie qu’en France, le dispositif va évoluer en 2026.

    Les membres du Groupe national loup (GNL), réunis à Lyon le 23 septembre, ont pu définir les grands principes sur lesquels reposera la réglementation nationale dès 2026. L’évolution la plus importante est une simplification significative des conditions d’accès aux tirs de défense, avec la suppression du régime d’autorisations dérogatoires au profit d’un système déclaratif. Aussi, la nouvelle législation devrait permettre une homogénéisation des règles de tir applicables à l’ensemble des ovins-caprins, comme des bovins-équins.

    Une mesure qui fait débat

    Patrick Blanc est éleveur dans le nord-est de l’Hérault et a déjà subi une attaque de loup en 2017. Selon lui, l’assouplissement de la législation sur les tirs de défense est une bonne nouvelle. « Nous voulons seulement défendre nos troupeaux parce qu’on aime nos animaux et que nous sommes là pour les élever, affirme-t-il. Nos chiens de défense ne peuvent pas tout faire. Récemment, des chiens se sont encore fait attaquer. Cela nous permet donc aussi de venir en aide à nos auxiliaires, qui font partie intégrante des troupeaux.  »

    Des obligations demeurent cependant en termes de préservation de lespèce, il existe donc toujours « un plafond de destruction national » qui était fixé en 2025 à 192 individus. Par ailleurs, plusieurs associations comme France nature environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux ou WWF se sont déjà exprimées contre ces nouvelles mesures.

  • L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    La traditionnelle conférence de presse de rentrée du syndicat des Costières de Nîmes s’est tenue ce mardi 7 octobre à Nîmes. Comme chaque année, les vignerons de l’appellation gardoise y ont présenté leur bilan et leurs perspectives.

    Si les volumes récoltés en 2025 accusent une baisse d’environ 10%, la qualité du millésime suscite un optimisme largement partagé. « Les vendanges ont commencé très tôt, dès la mi-août, avec des conditions idéales pour les blancs et les rosés, puis une arrière-saison clémente qui a permis d’attendre la maturité des rouges », résume Jérôme Castillon, vice-président du syndicat. Le constat est clair : les vins de 2025 affichent déjà une belle fraîcheur, une acidité marquée pour les blancs et rosés et un équilibre aromatique prometteur pour les rouges. « Ça goûte très bien et c’est prometteur », glisse-t-il avec le sourire.

    Sur le plan quantitatif, les chiffres traduisent un contexte plus fragile. Les 2 980 hectares de vignes en production représentent 8% de moins qu’il y a deux ans. La canicule de juin puis celle d’août ont affecté certains cépages, notamment la roussanne et la syrah. Résultat  : environ 110 000 hectolitres produits en 2025, contre 140 000 en 2023. Une tendance baissière que le syndicat suit de près, d’autant qu’elle touche l’ensemble du vignoble français. Au-delà du volume, les responsables mettent en avant la « sagesse » des producteurs dans la gestion des stocks. Avec entre 12 et 14 mois de vin en cave, les Costières évitent une saturation du marché et maintiennent leurs prix, un équilibre jugé essentiel dans une filière viticole globalement en crise. « Nous travaillons pour le long terme, avec des jeunes qui s’installent et une forte implication de tous », insiste Cyril Marès, président du syndicat.

    Produire mieux, pas plus

    Car le défi est aussi environnemental. L’appellation, qui couvre 24 communes autour de Nîmes, s’adapte au réchauffement climatique grâce à des pratiques innovantes. Plus des deux tiers des parcelles sont irrigables, et un projet pilote d’« irrigation localisée » affine l’apport en eau grâce à des capteurs. De nouveaux cépages venus d’Italie, d’Espagne ou du Portugal sont également testés pour leur résistance à la chaleur et à la sécheresse.

    Parallèlement, la biodiversité est au cœur des préoccupations. Inventaire des espèces présentes, installation de nichoirs et gîtes pour la faune auxiliaire : l’AOC veut préserver son terroir, menacé par des projets d’aménagement tels que la future ligne Très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent. « Il s’agit de protéger notre paysage et nos conditions de production  », rappelle Cyril Marès, mobilisé aux côtés d’autres acteurs locaux.

    Dans un contexte de consommation en berne, en France comme à l’export, avec des reculs marqués en Chine et aux États-Unis, l’AOC mise aussi sur la proximité avec les consommateurs. Ouvert en juin dernier, le Verre des Costières, « ambassade urbaine » située sur l’esplanade Charles-de-Gaulle à Nîmes, propose dégustations, tapas et rencontres pour faire découvrir la diversité des vins. Le calendrier d’animations se veut dense et festif  : ateliers de dégustation à thèmes, soirées accords mets-vins, rendez-vous gourmands de fin d’année et, bien sûr, la grande balade gastronomique Vignes Toquées, dont la 16e édition aura lieu les 6 et 7 juin 2026. Le menu sera signé par Julien Caligo, chef gardois fraîchement étoilé à Calvisson. De la fraîcheur des cuvées 2025 à l’inventivité des projets à venir, les Costières de Nîmes entendent poursuivre leur trajectoire. « L’objectif n’est pas de produire plus, mais de produire mieux », conclut Aurélie Pujol, directrice du syndicat.

  • Le parcours du combattant des agriculteurs étrangers

    Le parcours du combattant des agriculteurs étrangers

    C’est en pleine ceinture verte d’Avignon, caché par de grandes haies et des bambous, que Sekouba Kebe, Guinéen de 23 ans, cultive une multitude de fruits et légumes dans ce petit espace de verdure de quelques centaines de mètres carrés, « faute de mieux » confie-t-il.

    Car le jeune homme, arrivé il y a un peu plus de sept ans dans la région depuis son pays natal et passé notamment par le lycée agricole de Saint-Rémy-de-Provence au cours de sa formation, vise à plus. Mais il ne trouve pas de terrain approprié, celui-ci lui étant prêté par un voisin. « Je sais travailler la terre, comme on peut le voir là. C’est ce que j’aime faire par-dessus tout. Je peux même en louer s’il le faut, mais c’est très dur d’en trouver », confie-t-il entre ses plants de tomates, de ciboulette et de radis, ainsi que des plantes plus exotiques comme du gombo ou de l’hibiscus. « C’est que du bio. Je n’utilise que du fumier de cheval. Et je peux aussi faire des paniers pour les voisins. »

    De quoi se dégager quelques centaines d’euros par mois. Pas suffisant pour celui qui vend ses récoltes sur le marché de Monclar, à quelques centaines de mètres de là, tout en devant parfois aller aux Restos du cœur pour se nourrir. « Je suis fatigué de me battre, car je sais ce dont je suis capable quand je vois ce que je produis avec ce que j’ai comme place », poursuit-il, plein de motivation, tout en commençant à désherber à proximité de ses dernières plantations pour se faire un peu plus de place. D’autant que Sekouba devra rendre sa petite parcelle dans quelques mois et n’a, pour l’heure, pas d’alternative. « Si je ne retrouve pas une bonne terre pour travailler dessus, je pense que je retournerai au pays », souffle-t-il.

    Aide locale

    Une recherche qui est aussi accompagnée par l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), qui a notamment prêté de l’argent à l’agriculteur pour s’acheter du matériel. « On est fiers quand on le voit passer à vélo avec des caisses pour vendre ses produits, car on sait combien ça a pu être difficile », confie ainsi Mohamed Khallouf, conseiller à l’agence d’Avignon. « Grâce à eux, je suis toujours debout », poursuit Sekouba Kebe, en exhibant les factures de magasins de jardinerie comme preuve de bonne foi.

    « On estime qu’être migrant, c’est déjà entreprendre », confie de son côté Sylvie Cailteux, directrice de l’association en Vaucluse. L’Adie avance notamment qu’un entrepreneur sur six est de nationalité étrangère, mais qu’ils se heurtent notamment « à la complexité des démarches administratives ».

    L’agence Adie est à retrouver 2 place Alexandre-Farnèse, Avignon

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • La Confédération célèbre l’agriculture paysanne

    La Confédération célèbre l’agriculture paysanne

    Cette année, le syndicat agricole a souhaité changer le nom de son traditionnel rendez-vous automnal en l’appelant la Fête de l’agriculture paysanne pour « laisser plus de place et de visibilité à l’Addearg du Gard et à Solidarité Paysans 30 qui œuvrent à l’installation, la transmission et au maintien d’une agriculture paysanne gardoise ».

    Cette année, l’Addearg (Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural du Gard) et Solidarité Paysans 30 (un réseau qui aide les agriculteurs en difficulté) s’associent donc à la Conf’ paysanne pour l’organisation de cette fête qui se déroule au foyer communal de Garrigues Sainte-Eulalie, petite commune à trente minutes au nord de Nîmes.

    Les animations à 14h avec une ferme pédagogique et différents ateliers découvertes et initiation. Une animation suivra (14h30) par l’Addearg sur les transmissions des exploitations liées aux nombreux départs à la retraite dans l’agriculture. Un loto paysan sera organisé à 16h pour soutenir la Conf’ avant l’apéro, suivi de concerts et d’un karaoké organisé par le groupe « Mange pas le micro ».

    Le lendemain, la fête s’ouvre à 9h sur un marché paysan, un forum associatif, une ferme pédagogique, un parc de jeux en bois pour les enfants et l’élection de la « 6e cuvée du fruit des luttes ». Une table ronde sera ensuite organisée (10-12h) sur l’installation agricole en présence de Cécile Gazo, doctorante en sociologie de l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse. Après le repas paysan*, la chorale militante les Simones (14h) et la Criée d’Adi la messagère (15h) animeront l’après-midi. Tout le week-end, des foodtrucks et une buvette seront aussi disponibles sur place.

    * Réservation au 06.31.13.73.76

  • La mobilisation des agriculteurs annoncée à Avignon et Tarascon

    La mobilisation des agriculteurs annoncée à Avignon et Tarascon

    En cette veille de mobilisation agricole, difficile d’obtenir quelques infos, même de la part des syndicats agricoles qui y appellent… Le président de la Fédération du syndicat des exploitants agricoles (FDSEA) des Bouches-du-Rhône, Romain Blanchard annonce simplement dans une vidéo qu’il ira manifester « chez lui, à Tarascon, vendredi 26 septembre ». Secrétaire général des Jeunes agriculteurs (Vaucluse), Guillaume Bonino, viticulteur à Roaix, près de Vaison-la-Romaine, consent à dire le lieu et l’heure de rendez-vous à Avignon (voir ci-contre), mais pas le détail des actions. « On donnera les consignes demain vendredi sur place, pour éviter comme l’autre fois que les infos fuitent », dit-il. Selon l’appel au national, les actions devraient par exemple se concentrer devant les services de l’État, les grandes et moyennes surfaces (GMS).

    La censure de la loi Duplomb contestée

    « On va se focaliser sur les problématiques de l’agriculture en Vaucluse », indique pour sa part Guillaume Bonino. « On veut que les GMS et la grande distribution jouent le jeu avec les producteurs français et nous achètent nos produits à des prix rémunérateurs pour les producteurs locaux », appuie-t-il. Il prend l’exemple de la « fraise de Carpentras, un des premiers fruits de la saison. Chaque année, notre production, vendue à 18 euros le kilo, est concurrencée par les fraises espagnoles et marocaines, vendues à 6 euros le kilo, et achetées par 90% des consommateurs. Or la fraise marocaine est cultivée avec des produits interdits en France. Les fraises de Vaucluse, qui ne se vendent pas, sont conservées dans des frigos et l’acheteur finit par nous les acheter à prix cassé, à 4 euros le kilo, mais il les vend toujours à 18 euros le kilo », dénonce Guillaume Bonino. Ce problème est loin d’être nouveau… « Nos parents ont connu les mêmes problèmes, mais avant le coût de la vie était moins cher… », pointe-t-il.

    Dans ce département où se côtoient beaucoup de productions agricoles, le viticulteur remet sur le tapis la loi Duplomb, dont le Conseil constitutionnel cet été a censuré l’article 2. Celui-ci prévoyait le retour, sous certaines conditions, de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, jugé dangereux pour la santé et l’environnement. L’acétamipride est également accusé d’être un « tueur d’abeilles ». Guillaume Bonino déclare : « On ne veut pas d’interdiction sans solution. Car toutes les semaines, on nous retire des matières actives, ce qui met en péril nos cultures. » Quant aux taxes Trump, +15% de droits de douane annoncés sur le vin, cela risque de porter un mauvais coup aux Côtes-du-Rhône, « 1ère des appellations importées aux États-Unis » selon lui. Dans l’Union européenne, la France et l’Italie surtout se battent pour obtenir une exemption de ces droits de douane.