Tag: Agriculture

  • Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Une vague de gel tardif touche une grande partie de l’hexagone et les Hautes-Alpes ne sont pas épargnées. Les températures sont tombées à -5 C° dans certaines vallées, aux heures les plus froides. Une menace qui affecte les cultures arboricoles Hautes-Alpes, où sont produites 10% des pommes et poires du pays. « Sur les échantillons que j’ai pu visiter, pour l’instant, ce n’est pas encore catastrophique, mais j’ai déjà observé des dégâts, explique Mathilde Chabot conseillère technique en arboriculture à la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes. Il y a encore des possibilités de gel jusqu’à vendredi matin. D’ici là, les arboriculteurs ne vont pas bien dormir. »

    Face à ce risque, les cultivateurs ont plusieurs techniques : asperger les vergers pour créer une couche de glace protectrice, disposer des brûlots dans les parcelles et des éoliennes pour disperser l’air froid ou encore créer des écrans de fumée par des feux de paille. La problématique n’est pas nouvelle, mais le dérèglement climatique en accentue les effets. La hausse des températures entraîne un bourgeonnement de plus en plus prématuré, qui expose alors les bourgeons des arbres fruitiers plus tôt aux gels tardifs du printemps. « Dans certaines parcelles, le bourgeonnement a un mois d’avance par rapport à il y a 25 ans, rapporte Mathilde Chabot. À part l’an dernier, qui avait été exceptionnel, c’est devenu un problème qui revient chaque année. »

    Ce gel tardif vient aussi toucher une filière déjà fragile. « L’année dernière, le puceron a fait beaucoup de dégâts. Sa toxine empêche les arbres de fleurir l’année suivante. Donc, on démarre une saison avec un potentiel de production qui est déjà faible, déplore Éric Allard, arboriculteur sur le département. En plus, en France, on ne peut plus produire et lutter contre les maladies et les ravageurs dans des conditions satisfaisantes, avec les mêmes les moyens sanitaires que les autres pays européens. »

    Peu d’agriculteurs assurés

    Sans être d’une intensité inédite, le gel peut avoir de graves conséquences pour les arboriculteurs, dont on estime qu’une majorité n’est pas assurée. En 2023, le régime des calamités agricoles a été modifié. Avant cette date, l’État indemnisait les agriculteurs en cas de catastrophe mais depuis, une indemnisation combinée de l’État et des assurances privées a été mise en place, selon le taux de perte. L’État subventionne en partie les indemnisations des assurances, mais n’indemnise directement qu’en cas de pertes estimées à plus de 70%. « Avant, on ne sortait pas d’argent et s’il y avait du gel, l’État indemnisait. Maintenant, il n’intervient pas sur des gels de petite ou moyenne ampleur, il faut donc souscrire à une assurance, c’est quand même une somme, et il y a beaucoup d’agriculteurs qui ne le font pas, explique Camille Roland, arboriculteur en bio au Monêtier-Allemont. Je ne suis pas sûr que ce soit un cercle vertueux. Pour des gels de moyenne intensité comme en ce moment, l’État ne les indemnisera pas, c’est une vraie prise de risque. » Reste encore une paire de jours à serrer les dents, les prévisions météorologiques annoncent une remontée des températures en fin de semaine.

  • Une journée pour une agriculture paysanne à taille humaine

    Une journée pour une agriculture paysanne à taille humaine

    Marché paysan, projection débat, diffusion de podcast, table ronde ou encore boum… Le programme est chargé pour cette 3e édition de la journée de l’agriculture paysanne. Co-organisée par huit associations, dont la Confédération paysanne et les Paniers marseillais, l’événement aura lieu toute la journée du samedi au sein de la ferme pédagogique du Roy d’Espagne à Marseille (9e).

    « Le but de cette journée est pouvoir parler de la culture paysanne et de ses spécificités et mettre en avant qu’il y a encore de la culture paysanne aux abords des villes, surtout dans les Bouches-du-Rhône, explique Jean-Charles Bureau, secrétaire de la Confédération paysanne 13 et apiculteur. Et d’inciter les gens à changer leurs pratiques de consommation, en leur montrant qu’il y a des points de vente et la qualité de nos productions », ajoute-t-il. Un marché paysan et un repas fait avec les produits locaux permettront notamment aux curieux de découvrir la richesse de l’agriculture paysanne du département.

    Le village des associations permettra également à chacun de découvrir les initiatives mises en place à l’échelle locale pour promouvoir les circuits courts, comme l’association des Paniers marseillais, ou l’expérimentation de la sécurité sociale de l’alimentation portée par la Comac.

    Pression foncière

    L’occasion aussi pour les associations organisatrices de promouvoir cette forme d’agriculture comme nécessaire à la mise en place d’une réelle souveraineté alimentaire française. « Car l’agriculture paysanne repose sur des petites fermes, à taille humaine, qui sont donc généralement plus directement liées aux consommateurs, explique Clément Gauthier, animateur de réseau pour l’association des paniers marseillais. Et ils reposent plus sur des pratiques agroécologiques moins dépendantes des intrants de synthèse produits à partir de gaz importé. Ils permettent donc une meilleure autonomie alimentaire des territoires. [car pas dépendant du court des énergies internationales ]. »

    La question de la pression foncière sur les exploitations agricoles sera aussi au cœur des débats de cette journée. Car pour Jean-Charles Bureau, « la pression foncière et la bétonisation sont un gros souci [ pour l’agriculture]. Car si les terres des agriculteurs qui partent à la retraite ne sont pas gardées pour les paysans futurs, alors elles sont perdues. Et pour avoir une autonomie alimentaire, il nous faut des terres arables ». C’est pourquoi, les associations défendent le projet d’un million de paysans d’ici 2050.

  • Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Ce ne sont pas des grosses avancées… voire pas des avancées du tout », constate Rémy Marseille, responsable de la commission loup des Jeunes agriculteurs des Hautes-Alpes. Selon lui, les mesures d’assouplissements d’abattage du canidé sont trop timides. Fin février, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait pourtant annoncé une augmentation du quota d’abattage, réclamée par la majorité des syndicats d’agriculteurs. Désormais, 21% des individus présents sur le territoire, (on en estime environ mille), pourront être tués, contre 19% auparavant. Soit une augmentation de 200 à environ 220 individus abattus par an.

    Les conditions et critères de restriction des possibilités de tirs ont été également grandement simplifiés de manière à rendre plus souple la réactivité des éleveurs sur le terrain. En pratique, il y a désormais beaucoup moins de critères à remplir et de démarches administratives à effectuer avant de procéder à un tir de défense.

    Pourtant, cela n’est pas suffisant selon Rémy Marseille. « Les attaques augmentent et le front de colonisation aussi, la régulation est trop faible, déplore-t-il. On ne peut pas plus se protéger que ce que l’on fait déjà. D’autant qu’avant de demander à un sergent de louveterie de venir tirer, il faut attendre une deuxième attaque. Mais en une attaque, on peut perdre beaucoup de bêtes. » Bien que critiqués, les tirs restent selon lui la meilleure solution pour éviter les attaques. « Quand on abat un loup tôt dans la saison, cela peut stopper les attaques. Sur la commune d’Ancelles l’an dernier, il y avait eu beaucoup de pertes de bétail, trois loups ont été prélevés et le secteur a été épargné pendant les trois semaines suivantes. » Comme beaucoup d’éleveurs, il ne réclame pas une augmentation des quotas, mais leur suppression pure et simple.

    Les associations crient

    au non-sens

    Pour les associations de défense de l’environnement comme One Voice, cette politique est une impasse. « On essaie de les massacrer, mais ça ne marchera jamais. Ils reviennent depuis l’Italie où ils sont plus nombreux et mieux protégés qu’en France. Il y a d’ailleurs là-bas beaucoup moins de dégâts causés par les loups parce qu’il y a une réelle volonté de cohabitation », rétorque Muriel Arnal, fondatrice de One Voice.

    De l’autre côté des Alpes, où l’on compte environ 3 000 loups, il semble y avoir moins d’attaques par individu, et la coexistence électrise moins le débat, principalement en raison d’une organisation pastorale et d’un système d’aide aux bergers bien rodés, car habitués depuis longtemps à la présence de l’animal qui n’a jamais totalement disparu. Paradoxalement, l’Italie dépense pourtant moins que la France sur ce volet.

    Pour Muriel Arnal, c’est bien du côté italien que devraient regarder les autorités françaises. « Le préfet, au lieu de mettre en place des mesures de protection des troupeaux, élargit la possibilité de tuer, alors qu’on sait très bien que ce n’est absolument pas efficace. » Pour elle, il s’agit d’une « volonté électoraliste » qui « ne cherche pas à résoudre le problème sur le long terme ». Si l’efficacité des tirs est sujette à débat, leur augmentation ne menace pas directement la survie du loup. Selon les scientifiques, le paradoxe est plutôt que des tirs trop nombreux risquent de désorganiser les meutes… ce qui conduit à des attaques plus fréquentes.

  • La ferme de Meyssirat produit en circuit court pour le local

    La ferme de Meyssirat produit en circuit court pour le local

    Au pied du massif du Dévoluy, la ferme de Meyssirat propose depuis cinq ans un modèle agricole local en circuit court. Les 13 hectares de structure agricole rassemblent tous les maillons de la chaîne de production : zone de pâturage, « salle de traite, laboratoire de transformation, boutique, dans une logique de maîtrise globale de l’exploitation », indique le communiqué de l’Agence de développement des Hautes-Alpes.

    De l’élevage à la vente

    Intégrée dans le Projet alimentaire territorial (PAT) des Hautes-Alpes, la ferme gérée par Christopher Simiand, se veut être « acteur du territoire pour faire marcher l’économie locale ». Un projet « pertinent » qui tient « à cœur » à l’agriculteur. Une initiative soutenue par le PAT, ce levier de coopération territoriale favorisant « l’accès à une alimentation de qualité, produite et transformée localement » souligne les initiateurs du projet, la Chambre d’agriculture et l’Agence de développement des Hautes-Alpes.

    Le troupeau d’une quarantaine de chèvres produit « 30 000 litres de lait à l’année », dénombre l’agriculteur. Certifiée marque des Hautes-Alpes, l’exploitation est soumise à une agriculture extensive « en cohérence avec la biodiversité locale », souligne Christopher. Ainsi, les chèvres alpines sont élevées en cohérence avec leurs cycles naturels, disposant de 3 hectares de pâture « d’avril à fin octobre » pour les beaux jours. La production laitière est ensuite transformée directement sur le site pour proposer une large gamme de fromages au lait cru et yaourts.

    Un projet en extension

    À leur sortie, ces 25 références de produits laitiers sont proposées aux distributeurs locaux – enseigne U de Veynes et Sisteron – et en vente directe à la ferme. Ces ventes « se répartissent aujourd’hui de manière équilibrée », décrit l’agriculteur. La ferme de Meyssirat approvisionne également certaines restaurations collectives des collèges haut-alpins. Intermédiaire pour « la mise en relation avec les acteurs du territoire », l’Agence départementale des Hautes-Alpes a organisé une visite, jeudi dernier, pour les « collectivités intéressées pour travailler » avec la ferme de Meyssirat. « Une visibilité » essentielle reconnaît l’agriculteur.

    Cette année, l’exploitation agricole est dans l’attente de l’obtention d’agrément sanitaire européen pour ouvrir « les limites du périmètre » d’approvisionnement, détaille l’agriculteur, à certaines collectivités.

  • Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Trop souvent invisibilisées, précaires et peu reconnues, les agricultrices n’en sont pas moins des garantes essentielles de notre alimentation. C’est pourquoi l’ONG environnementale Geres les met en avant à travers une série de quatre portraits de travailleuses (deux Bucco-Rhodaniennes, une Varoise, une Vauclusienne). « L’objectif était de valoriser les expériences quotidiennes et les perspectives des agricultrices de la région », explique Olivia Pelestor, chargée de programme agriculture et sensibilisation au Geres. « On ne s’intéresse à elles que depuis 1959. Avant, on en parlait via les couples, mais très peu des femmes elles-mêmes malgré leur énorme travail. »

    « Générer une conscience » quant aux difficultés

    Mais pour la porteuse du projet, « il est important de ne pas les visibiliser en tant que femmes, mais pour leur travail. Elles participent à la souveraineté alimentaire, à maintenir le patrimoine local avec la viticulture, l’oléiculture… Et elles s’engagent dans des pratiques agroécologiques, plus résilientes au niveau climatique. »

    Et même si pour elles, l’agriculture est « un métier passion », il n’en reste pas moins « physique et nécessite beaucoup d’investissements. Elles travaillent presque tous les jours, avec un manque de soutien financier des institutions », déplore Olivia Pelestor, d’autant plus que les quatre agricultrices travaillent dans le domaine du bio et « doivent justifier leurs prix, en expliquant leur travail, leurs pratiques. » La chargée de programme pointe aussi « les à-côtés », tels que « les remplacements difficiles pendant la grossesse » et « les retraites parfois en dessous de 350 euros. Il est important d’en parler pour générer une conscience citoyenne. »

    Les portraits dès le 8 mars sur www.geres.eu

  • [Entretien] Édouard Chaulet : « Je crois que les gens vont nous dire : “continuez !” »

    [Entretien] Édouard Chaulet : « Je crois que les gens vont nous dire : “continuez !” »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Édouard Chaulet : La campagne est l’occasion d’une réflexion globale sur la commune de Barjac qui est insérée dans un pays, dans un budget national, dans des problématiques nationales de dénatalité, de vieillissement de la population, de montée des violences, de coût de la vie… Nous voyons bien dans le local qu’il y a du global. Même si nous ne sommes pas le ministère de l’Agriculture ou de la Santé, nous essayons de répondre à ces problématiques en faisant baisser de 50% les impôts pour les agriculteurs par exemple, en achetant une production en bio dès qu’il y en a une, nous avons trouvé deux docteurs, ce qui est une chance formidable. Dans les domaines qui sont de notre compétence, nous faisons pour le mieux.

    Quels ont été les projets réalisés durant ce mandat ?

    E.C. : C’est un bilan extrêmement positif. Mes opposants disent que depuis 10 ans, nous aurions fléchi. C’est faux. Nous avons créé la Maison médicale, la salle d’évolution Anne Sylvestre avec le préau et la cour, des jeux pour les enfants, renforcé le réseau d’eau, réalisé des travaux de voirie pour 100 000 euros chaque année, créé un padel tennis et réalisé de nombreux travaux au cimetière, sur le rond-point d’entrée de la ville, sur l’assainissement… Nous avons aussi accueilli un maraîcher communal qui est à la fois fournisseur, pour notre cuisine centrale, de très bons produits et éducateur, puisque les enfants s’y rendent régulièrement avec leurs enseignants. On a d’ailleurs déjà remarqué une baisse du gaspillage.

    Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour cette campagne ?

    E.C. : Nous avons prévu la création d’un foyer-logement d’une dizaine de logements pour les personnes âgées, où il y aurait des salles communes et un animateur, budgétisé à 1,3 million d’euros. Nous avons aussi trois équipes de foot dont une féminine, donc le terrain est surpiétiné. Nous voulons y installer une pelouse synthétique. Dans les projets incontournables, il faut aussi refaire le clocher et le toit de l’église. Nous allons essayer, avec la Fondation de France et des subventions, de bien étudier la question et de le financer. Nous avons également un projet de réhabilitation du centre ancien, ainsi qu’un projet de lotissement de six lots parce qu’on a remarqué qu’il y avait un petit phénomène de gentrification à Barjac et les prix deviennent inaccessibles pour les salariés moyens ou les ouvriers. Nous voudrions donc un lotissement municipal qui soit accessible à des jeunes ménages, ouvriers ou salariés à revenus modestes. On fait aussi attention à garder l’équilibre sur les logements sociaux. Mais aujourd’hui, les projets communaux vont lentement. Avant, en trois ans, on réglait un projet. Aujourd’hui, il faut un mandat puisqu’on attend des subventions, les aides, les études… Les normes sont plus compliquées.

    Pour la première fois depuis 20 ans, vous aurez une liste en face de vous. Comment l’appréhendez-vous ?

    E.C. : Mes opposants veulent le pouvoir à Barjac pour de la parade. Ils m’attaquent sur mon âge et disent qu’ils veulent me virer. Ce n’est pas très élégant. Je suis aussi le seul du territoire à assumer une étiquette politique et ça les dérange. Ça ne gêne pas mes amis et tous les Barjacois qui me connaissent. C’est même un label d’honnêteté d’être communiste. C’est un label d’engagement pour le bien public et de fraternité. J’ai l’impression que mes opposants font la politique du bouc émissaire. À Barjac, tout est la faute de la mairie. Mais les gens nous accordent d’avoir fait du bon travail et je crois qu’ils vont nous dire : « continuez ! ».

  • À Barjac la Gardoise, le sens du service public

    À Barjac la Gardoise, le sens du service public

    Quand je dis aux gens qui connaissent Barjac que nous n’avons que 1 600 habitants, ils sont ahuris », lance un Édouard Chaulet fier du travail engagé depuis six mandats. L’édile communiste n’en a pas fini avec Barjac et a décidé de se représenter, mais il devra affronter une liste concurrente pour la première fois depuis plus de vingt ans. Si la campagne bat son plein, Édouard Chaulet continue de gérer les affaires de la commune, sûr que son bilan parle pour lui.

    En ce lundi matin, il a réuni autour de lui tous les acteurs actifs dans l’organisation de la traditionnelle foire aux antiquités et à la brocante. Ce rendez-vous, organisé du 2 au 6 avril, marque le début de la saison pour les commerçants et fait la renommée du petit village gardois où des milliers de badauds se succèdent sur les stands des 400 exposants. « Nous devons être vigilants car cette foire est essentielle pour nous et pour le territoire. Son intérêt économique va jusqu’à Alès », affirme le maire. En face, l’un des membres du comité d’expansion touristique qui gère la foire détaille les difficultés auxquelles il est confronté, notamment la lourdeur administrative, lui qui sort de plusieurs contrôles fiscaux.

    L’agriculture, un débat municipal

    Outre la foire, Barjac accueille aussi une quarantaine d’associations, un festival de musique française et des spectacles dans les salles du château. Un château transformé en lieu de vie qui abrite la mairie, un cinéma et une bibliothèque (les scolaires s’y rendent d’ailleurs chaque semaine). Malgré cette attractivité pour un si petit bourg, l’opposant Pierre Mathon, Barjacois depuis 2020, veut aller plus loin. Ce patron à la tête d’une société de fonds d’investissement dans l’immobilier commercial estime que « la densité du tissu associatif barjacois constitue une richesse inexploitée. »

    Mais contrairement aux autres villages où les débats s’articulent autour de la sécurité ou de la tranquillité publique, c’est l’agriculture qui vient animer la campagne électorale à Barjac. Depuis 2005, la mairie a en effet décidé de passer sa cantine en bio. Ce lundi et malgré les vacances scolaires, ils étaient encore une quarantaine d’enfants inscrits au centre aéré à profiter des repas bio concoctés par Simon, le chef de cuisine : « Le bio demande plus de travail parce qu’il y a une partie recherche, il faut trouver des fournisseurs. Il y a aussi une partie étude des prix, même si la volonté de la mairie est de rémunérer le producteur. Ils n’ont pas peur de mettre la main au porte-monnaie pour les rémunérer à leur juste valeur ». Pour aider à se fournir, la mairie a désormais recruté Johan, un maraîcher, et lui a fourni un terrain de 9 000 m2 pour produire des légumes bio et des fruits pour la cuisine centrale.

    Si ce projet semble convaincre une grande partie des citoyens (l’idée a été reprise par nombre de candidats aux élections municipales), L’oppositionnel Pierre Mathon regrette de son côté le manque de soutien aux agriculteurs locaux.

    « Tout ce qui se produit en bio autour, on l’utilise à la cuisine. Mais il y a zéro maraîchage en bio ici. Je vais chercher des fruits à 50 km en Ardèche, pour les légumes on est obligé de passer par le grossiste », lui rétorque Aline Guyonnaud, première adjointe. Et Édouard Chaulet de préciser : « Le maraîcher ne remplace aucun producteur local. Dès lors qu’un paysan a fourni du bio à Barjac, nous lui en avons acheté, qu’il s’agisse de farine, de lentilles. Les enfants ici savent ce que sont des lentilles. Il y avait un éleveur de volailles, nous lui avons acheté des poulets à l’avance pour lui faire de la trésorerie mais il n’a pas tenu. Ici nous avons des grandes cultures qui ne se mangent pas, comme des lavandes, ou du vin qui ne se boit pas à la cantine… ». À trois semaines du premier tour, la campagne municipale n’a jamais été aussi animée dans la petite cité.

    « Tout ce qui se produit en bio autour, on l’utilise à la cuisine »

  • 42 médailles pour les Alpes-de-Haute-Provence

    42 médailles pour les Alpes-de-Haute-Provence

    Un total de 19 médailles d’or, 19 médailles d’argent et 4 médailles de bronze ont été remportées par le département des Alpes-de-Haute-Provence au concours général agricole de Paris 2026. Ses vins, ses huiles d’olive, ses charcuteries, ses miels, ses produits laitiers, ses bières, ses eaux-de-vie et sa viande ont été récompensés. La cave des vignerons de Pierrevert, le domaine Salvator, la société fromagère de Provence, la coopérative laitière de l’Ubaye et la brasserie Cordoeil ont notamment été distinguées.

    Les vins et les huiles d’olive du département ont particulièrement brillé, avec 13 médailles dont 6 d’or pour les vins et 10 médailles, dont 8 d’or pour les huiles d’olive. L’obtention d’une médaille au concours général agricole est synonyme d’une augmentation des ventes de 18 à 40%. Les médailles du concours constituent un sésame à l’export car elles sont reconnues hors de la France.

    Le « travail acharné »

    des agriculteurs souligné

    Ces médailles soulignent le « travail acharné » des agriculteurs, « leur dévouement, leur passion et leur savoir-faire inégalé », a salué la Chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence, qui a, cependant, déploré la visite « au pas de course », « peu propice à un échange constructif » de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, sur le stand du département. Un sac contenant « des produits issus de toutes les filières en crise dans les Alpes-de-Haute-Provence » a été remis à la ministre.

    Les ânes du département ont également été mis en avant avec la présence de Java au Salon, ânesse de Provence de 6 ans, seule représentante animale du département.

  • Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Si pour la première fois depuis le début du Salon international de l’agriculture, aucun bovin n’était présent pour cause de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la Région Occitanie, elle, est bien là. Pas moins de 130 producteurs régionaux étaient présents pour mettre en valeur les produits du terroir, sous l’œil de Carole Delga, présidente (PS) de la Région. Car la collectivité socialiste a mis la main à la poche depuis plus de dix ans pour sauver un secteur victime de crises successives : aléas climatiques (gel, sécheresse, etc.) ou encore épizooties. Une nécessité tant la filière agricole représente un poids considérable dans l’économie occitane : avec 165 000 actifs et 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, elle est le premier secteur employeur régional. Ainsi, depuis dix ans [date de l’élection de Carole Delga à la tête de la Région], pas moins de 1,63 milliard d’euros a été investi dont 750 millions d’euros de fonds européens. Le budget régional dédié à l’agriculture a lui doublé sur la même période, passant de 30 à 74 millions d’euros.

    Des filières déficitaires

    Malgré ces efforts, les agriculteurs peinent à joindre les deux bouts. Leurs revenus sont parmi les plus faibles de France avec 13 200 euros par an, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Dès lors, il devient urgent d’amplifier cette aide. « Depuis plusieurs années, je rencontre des agriculteurs fatigués, parfois découragés et en colère, qui ont le sentiment de devoir encaisser crise après crise sans jamais souffler. Trop souvent, on leur demande de changer, de s’adapter toujours plus vite, sans leur donner les sécurités nécessaires. Je refuse que celles et ceux qui nous nourrissent deviennent les oubliés d’un système qui exige beaucoup et protège trop peu », soutient Carole Delga.

    Alors, la Région entend mettre en place un Pacte de souveraineté alimentaire qui devrait être adopté à l’été 2026 – dont 16 millions d’euros seront mobilisés cette année. Nourri par les contributions de professionnels du secteur et de citoyens, ce dernier vise à assurer une meilleure souveraineté alimentaire. « Il fixera une ambition claire : structurer nos filières, sécuriser les revenus et renforcer la valeur ajoutée sur nos territoires », poursuit la présidente. Car si l’agriculture occitane compte nombre de filières, certaines sont déficitaires – telles les poires, les œufs, la viande bovine – or, les capacités de productions sont possibles. Ainsi, la collectivité prévoit d’accompagner ces filières via un contrat d’objectifs de production ou encore soutenir les initiatives souhaitant développer, produire ou commercialiser ces produits locaux, à l’instar de la Brique rose, brique de lait collectée, conditionnée et transformée en Haute-Garonne.

    Mais produire nécessite des terres. En ce sens, la Région mise sur la foncière agricole d’Occitanie. « La Région achète des terres, les garde un certain temps, les met à disposition des agriculteurs. Au bout de quelques années, quand les agriculteurs ont l’argent, ils rachètent leurs terres au même prix où nous les avons achetées, il n’y a pas de spéculation », détaille Carole Delga. Créée il y a trois ans, la foncière a permis de venir en aide à 26 agriculteurs en acquérant 620 hectares pour 2,7 millions d’euros. Nouveauté cette année, la foncière s’ouvre au financement participatif citoyen. L’autre levier que la Région souhaite mobiliser est l’accès à l’eau, ressource se raréfiant sous l’effet de la sécheresse. « Nous allons multiplier par deux le nombre de retenues collinaires aidées [100 projets ont été soutenus depuis 2024, Ndlr], remettre en service d’anciennes retenues collinaires qui ont 30, 40 ans, en créer de nouvelles dans certains territoires. Nous allons aussi étendre le tuyau Aqua Domitia », précise Carole Delga. Assez pour résorber la crise agricole en Occitanie ?

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.