Tag: agression

  • À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    Condamné en première instance, en mars 2023, par le tribunal correctionnel, à une peine d’un an de prison avec sursis et de 3 000 euros d’amende pour violence volontaire en réunion, Paul-Antoine Schmitt comparaissait, ce lundi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, pour faire tomber une circonstance aggravante : le caractère raciste de l’agression.

    Dans la soirée du 4 septembre 2022, lui et des militants de l’Action française (AF) avaient agressé en plein centre-ville, à la terrasse d’un bar à bière, le jeune Bilel. La rencontre avec la vingtaine de jeunes, pour beaucoup tout juste sortis d’une réunion du mouvement royaliste d’extrême droite, avait dégénéré dans une violence crasse après que ces derniers aient entonné des chants à la gloire de l’Algérie française.

    Les insultes et les coups pleuvent. Avec sa grande touffe de cheveux frisés, Bilel est ciblé. L’audience a replongé le jeune homme dans ces terribles instants : « C’est monté crescendo, on a d’abord nié ma nationalité, puis il y a eu une déshumanisation (…). Je suis devenu illégitime par mon origine algérienne et mes gros cheveux. » « Je réfute les faits racistes », a répondu l’ex-responsable de l’AF, arrivé au tribunal avec parapluie et lunettes de soleil.

    « Mon meilleur ami »

    Les coups, il les assume en réplique à ceux reçus. « Je présente mes excuses si un coup de pied a été donné » quand Bilel était au sol, se défend le jeune royaliste, qui argue de sa bonne foie en notant que c’est lui qui a « rendu son téléphone à Bilel » tombé au sol dans la cohue. « Il n’est pas votre copain, il est votre victime » réagira Me Julien Gautier, un des deux avocats de Bilel, devant cette « familiarité gênante ».

    « J’ai visité mon 25e pays, j’ai des amis partout dans le monde », explique celui qui a été « le seul blanc dans une école de noirs » et « mon meilleur ami est Bahaméen », juge-t-il encore bon de préciser. Quant au « Ici on est chez nous, c’est notre bar », la seule phrase qu’il reconnaît, Paul-Antoine Schmitt l’explique par ses habitudes dans ce lieu, quand le président du tribunal lui fait remarquer qu’il avait dans ce contexte « une résonance particulière ».

    Pour les juges, les entraves à la révélation de la justice lors de l’enquête ne passent pas. Le fait qu’il ait refusé de déverrouiller son téléphone ? « Il y a des discussions avec mes copines dedans », répond le prévenu. Le fait qu’il n’ait jamais donné les noms des personnes présentes avec lui ? « Je ne voulais pas passer pour une balance », explique celui qui évoque le « t-shirt blanc » et le « chauve » pour désigner ses camarades du soir.

    Une « omerta », note Jean-Louis Persico, l’avocat général, digne de ce « que l’on connaît bien ici, avec les grands voyous qui ont l’habitude de faire obstacle à la révélation de la vérité ». Me Claudie Hubert rappelle une jurisprudence sur « des propos racistes tenus par des co-auteurs qui n’ont pas été identifiés » et insiste lors de sa plaidoirie sur le fait que « la circonstance aggravante peut-être retenue dans la mesure où M. Schmitt a refusé de donner les noms des co-auteurs ».

    Jugeant « la coaction parfaitement acquise » et regrettant « l’attitude de délinquant chevronné » du prévenu tout au long de la procédure, l’avocat général s’interroge : « Vous parlez d’ordre et de sécurité mais cette défiance vis-à-vis de l’autorité policière et judiciaire est significative », glisse-t-il avant de demander au tribunal de « confirmer la culpabilité et la peine ». Décision le 3 juin.

  • Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    « La dégradation du climat scolaire observée au lycée Jules-Guesde depuis un an s’est malheureusement manifestée, vendredi 10 avril, par une violence inacceptable qui n’y a pas sa place », estiment dans un communiqué conjoint la communauté éducative, les parents d’élèves (FCPE) et les élèves du conseil de vie lycéenne (CVL) de l’établissement.

    Pour rappel, une altercation, dont une partie a été filmée et a tourné en boucle sur les réseaux sociaux, a eu lieu le 10 avril entre des élèves et un professeur « intervenu pour leur demander de faire moins de bruit et de ne pas stationner dans les couloirs, comme il est stipulé dans le règlement intérieur », relate Claudie Vaufreydaz, professeure d’EPS dans l’établissement et représentante du Snes-FSU. « Pris à partie par un élève présent dans le couloir au moment des faits, l’enseignant sollicite l’identité de l’élève qui ne la lui donne pas. L’enseignant sort alors son téléphone pour prendre une photo afin de l’identifier, entraînant une contestation de la part de l’élève et d’un de ses camarades. L’enseignant fait alors l’objet d’une empoignade brutale et se trouve plaqué au mur par l’un des deux élèves. S’ensuivent les faits de violence identifiables dans la vidéo largement diffusée et confirmés par l’enquête : l’enseignant réessaie de prendre une photo, le second élève lui arrache son téléphone, le professeur répond par une gifle, à la suite de quoi il se trouve plaqué au sol, recevant des coups de la part des deux élèves », retrace, dans ses conclusions rendues le 22 avril, l’enquête « flash » diligentée par l’Académie, au cours de laquelle 13 auditions ont été réalisées. Les deux élèves impliqués seront convoqués en conseil de discipline. L’enseignant, quant à lui, dont « le geste inapproprié » survient « dans un contexte spécifique d’irrespect, de contestation de l’autorité et de violence », fera l’objet « d’un rappel à ses obligations professionnelles ainsi que d’une obligation de formation professionnelle à la gestion des conflits ».

    Rassemblement devant l’établissement le 4 mai

    Reste, insiste Claudie Vaufreydaz, qui dénonce « la surmédiatisation » de l’incident et « l’instrumentalisation » dont a fait l’objet cette vidéo, que le fond du problème réside dans l’insuffisance de moyens humains au sein de l’établissement, notamment en termes de personnels de vie scolaire et médico-sociaux. Des insuffisances génératrices d’« une anxiété généralisée », dénoncent les enseignants du lycée Jules-Guesde dans le compte rendu d’une Assemblée qui s’est tenue le 13 avril. « Ça fait un an que nous dénonçons des faits graves de violences et d’agressivité au sein de l’établissement. Tant qu’il n’y aura pas suffisamment d’encadrants adultes, le problème ne
    sera pas résolu
     », estime la représentante du Sne-FSU. « Actuellement nous avons 7 AED (assistants d’éducation scolaire, les surveillants) pour 2 700 élèves, soit un AED pour 385 élèves », illustre-t-elle. « Ils ne peuvent, à eux seuls, assurer pleinement la surveillance et la sécurité de locaux, particulièrement étendus. »

    Décision a donc été prise, en accord avec les représentants des parents d’élèves FCPE et les élèves du CVL, co-signataires du courrier, de réclamer des moyens supplémentaires à la rectrice, à savoir
    4 postes d’AED mais aussi le redéploiement à plein temps, sur Jules Guesde, d’une infirmière aujourd’hui à mi-temps sur Jules-Guesde et Joliot-Curie à Sète, ainsi qu’un demi-poste supplémentaire d’infirmière « pour faire face d’une part aux besoins spécifiques des collégiens et d’autre part à la forte augmentation de la fréquentation de l’infirmerie depuis septembre 2026, attestant de la dégradation de la santé mentale de notre jeunesse », stipule le courrier. Les signataires réclament également que le rectorat sollicite les collectivités « pour aménager des espaces d’accueil et de travail qui font défaut et ont un impact indéniable sur le climat scolaire. Pourquoi les élèves attendent dans les couloirs ? Parce qu’ils ne savent pas où aller d’autre », insiste Claudie Vaufreydaz.

    Dans l’attente d’une réponse à ces demandes, les enseignants ont déposé un préavis de grève du 4 au 7 mai et prévu un rassemblement lundi 4 mai à 8h, suivi d’une manifestation vers le rectorat. L’Académie de son côté indique dans les conclusions de l’enquête flash que « des mesures complémentaires destinées à améliorer le climat scolaire seront annoncées dans un second temps pour une mise en œuvre dès la reprise des vacances scolaires d’avril ».

  • Agressé par l’extrême droite, Bilel témoigne

    Agressé par l’extrême droite, Bilel témoigne

    Septembre 2022, un soir rue de l’Annonciade. Bilel et quelques copains s’installent sur la terrasse d’un bar dans ce coin de centre-ville réputé pour sa nuit nocturne. C’est ce soir-là qu’il sera violemment pris à partie par des membres de l’Action française, groupuscule d’extrême droite et royaliste. Déjà examinée en mars 2023 au tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, seul l’un de ses agresseurs, Paul-Antoine Schmitt, comparait, repéré par l’épluchage de caméras de vidéosurveillance.

    Le journal Libération révélait que l’homme s’avère être au moment des faits responsable de Génération Zemmour, le mouvement de jeunesse de Reconquête. Ce lundi 4 mai, il sera de nouveau jugé à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, à sa demande. Il avait écopé, en première instance, d’une peine d’un an de prison avec sursis et de 3 000 euros d’amende pour violence volontaire en réunion. Le caractère raciste avait été retenu : c’est ce point que Paul Antoine Schmitt conteste. Pour Me Claudie Hubert, qui représente Bilel, « le caractère raciste est largement établi par le déroulé de l’agression, [mon client] étant le seul visé (…) ces faits s’inscrivent dans un climat de racisme qui est de plus en plus préoccupant ». Bilel doit donc revivre ces faits, qui sont ceux d’un « lynchage », et qu’il nous raconte quelques jours avant le procès, en terrasse.

    Trois ans après, il se souvient précisément d’avoir vu une vingtaine d’hommes débarquer dans la rue, et entonner des « chants coloniaux, en lien avec l’Algérie française. Les paroles ne laissaient aucun doute », relate Bilel, qui reconnaît les membres du groupuscule aux t-shirts et casquettes floqués des symboles de la monarchie, portés par ses agresseurs. En surfant sur internet après les faits, l’étudiant se rendra compte que les militants d’extrême droite « venaient de faire leur rentrée sur Aix ». « Au fur et à mesure, poursuit Bilel, je vois qu’ils me regardent de façon assez véhémente. Je suis le seul d’origine maghrébine de mon groupe d’amis à cette époque. Eux, étaient d’origine européenne. J’avais un gros afro, une barbe. J’imagine en me refaisant le scénario que ce doit être la raison. » Après les regards provocateurs s’ensuivent les insultes alors que Bilel propose à l’un d’entre eux de « débattre et de discuter » du sujet de l’Algérie française. « Je le lui dis sans aucune méchanceté. Mais dès la première phrase, il a été insultant », détaille Bilel. Parmi le florilège d’insultes, il se souvient de termes tels que : « Vous êtes des sauvages », « on vous a apporté la civilisation », « barrez-vous, c’est chez nous ici », cite Bilel. Mais aussi des allusions aux terroristes du Bataclan.

    Une bagarre éclate, entre lui et plusieurs membres de l’Action française, avant de dégénérer en « lynchage ». Coups de pied dans la tête et rouages de coups s’enchaînent, selon le jeune homme. Les coups auraient duré deux minutes, selon les rapports qu’il a pu consulter. « Ils arrêtent de me rouer de coups quand je suis par terre », se souvient Bilel. Le lendemain, il porte plainte, est reçu par un médecin, qui lui prescrit cinq jours d’ITT. Après cette violente agression, le jeune homme rapporte qu’il aura du mal à sortir de chez lui pendant plusieurs mois, à dormir, à poursuivre ses études. « Depuis, lorsque j’entends parler de violences similaires, je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle, glisse Bilel. Mais un acte d’une telle violence, en parler, c’est le minimum. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’être là pour en parler ou avoir un procès. Je me réjouis aussi que la justice existe, qu’en France une action comme celle-ci ne reste pas impunie (…) ça me redonne de l’espoir. » De cet appel, Bilel espère aussi pouvoir « passer à autre chose ».

  • Nouvelle agression d’un infirmier à Marseille

    Nouvelle agression d’un infirmier à Marseille

    Hospitalisé dimanche soir suite à sa blessure à l’arme blanche, l’agent hospitalier de 36 ans est ressorti lundi en fin de matinée. Il avait été agressé par un patient de l’unité temps plein du centre hospitalier psychiatrique, « difficile et potentiellement dangereux », précise la CGT, qui a demandé une F3 SCT extraordinaire (ex CHSCT).

    Le patient, un homme d’une vingtaine d’années, placé sous procédure pénale à la suite d’un homicide commis en 2021 dans le 16e arrondissement, était suivi par les équipes de l’unité de soins complète. « Le mois dernier, une aide-soignante avait déjà été agressée par un patient, Pierre-Édouard Thiebaud, le responsable CGT, nous demandons de faire toute la lumière sur les circonstances de cette nouvelle agression et que soient prises toutes les mesures nécessaires à l’accompagnement des équipes ainsi que la prévention des risques psychosociaux. » Les personnels sont encore sous le choc mais restent mobilisés pour la « défense du pôle littoral et la prise en charge des patients », complète le syndicaliste. Secrétaire du syndicat Sud Santé Sociaux, Kader Benayed fait également état de l’anxiété ambiante : « Ce fait n’est ni isolé, ni imprévisible. Il est la conséquence directe de choix organisationnels dangereux, irresponsables et contraires à la sécurité des professionnels comme des patients. »

  • Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    L’hymne national libanais a résonné à deux pas de l’ombrière du Vieux-Port de Marseille pour lancer une mobilisation de solidarité avec le Liban qui se déroulait ce samedi matin. Plusieurs dizaines de Marseillais et membres de la diaspora se sont réunies pour montrer leur solidarité avec le peuple libanais, qui subit des attaques d’Israël depuis le 8 avril dernier, drapeau au cèdre en main. « Le mercredi 8 avril aurait pu être une date ordinaire, pourtant il s’est gravé à jamais dans les mémoires. En quelques heures, le cours de l’histoire a basculé emportant avec lui des vies, de l’espoir », expose, la voix grave, Liliane Nasser, historienne et auteure, au nom du « Collectif pour le Liban », à l’origine de la mobilisation. Avant de poursuivre : « Nous sommes réunis pour dénoncer une énième agression contre le Liban. Alors qu’il avait scrupuleusement respecté l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, Israël a choisi, une fois de plus, la violence. » Plusieurs pancartes donnent le ton : « Gaza, Liban : L’impunité d’Israël continue » ou encore « L’armée la plus mortelle du monde ».

    Si Israël affirme viser les combattants du Hezbollah, les participants dénoncent surtout « une guerre de destruction aveugle contre des innocents ». « Plus de 400 morts et 800 blessés, pour la plupart des civils, depuis l’escalade du 8 avril… Des villages entiers ont été rasés, des écoles, des hôpitaux… Ce ne sont pas des dommages collatéraux », martèle Liliane Nasser. Le ministère de la santé libanais évoque plus de 1 900 personnes tuées depuis le 2 mars. Une minute de silence, de même que la lecture d’un poème, a été observée. Si une réunion est prévue entre Israël et Liban, ce mardi à Washington, des frappes avaient encore eu lieu, ce vendredi.

  • Marseille : la police municipale stoppe une agression au couteau sur le Vieux-Port

    Marseille : la police municipale stoppe une agression au couteau sur le Vieux-Port

    C’est cette nuit, peu après 00h30, que des agents de la brigade de nuit de la police municipale, alors en patrouille sur le quai des Belges (1er), ont été témoins d’une violente agression.

    Deux personnes ont brusquement traversé la chaussée devant leur véhicule, l’un poursuivant l’autre. Le poursuivant a rapidement rattrapé sa victime avant de lui porter un coup de couteau dans le dos.

    Les agents sont intervenus immédiatement, ont procédé à l’interpellation de l’auteur présumé et à la prise en charge de la victime en attendant l’arrivée des secours.

    Transportée à l’hôpital de la Timone, cette dernière avait des blessures sérieuses sans que son pronostic vital ne soit pour autant engagé précise une source policière.

    L’agresseur présumé a été remis aux services d’enquête de la police nationale pour la suite de la procédure.

  • Gard : une campagne marquée par la violence

    Gard : une campagne marquée par la violence

    Hélas, chaque campagne électorale peut entraîner son lot de violences. Mais cette campagne municipale a été un record en la matière. Si le suffrage universel sert justement à trancher de manière pacifique les sujets qui divisent, certains individus utilisent ces périodes pour jouer de l’intimidation ou même des poings. Un peu partout en France, la campagne 2026 a été émaillée de menaces de mort, d’insultes, d’actes de vandalisme et parfois même de violences physiques. Si bien qu’Emmanuel Macron a fait part de sa « préoccupation » devant une augmentation des violences durant cette période.

    Le Gard, où l’extrême droite est en perpétuelle progression, a été particulièrement touché. L’apogée de cette violence s’est déroulé à Nîmes le 20 février lorsque quatre militants communistes ont été violemment agressés par des soutiens de Franck Proust (LR). Les faits se sont déroulés devant un panneau d’affichage sur les hauts de Nîmes juste avant minuit, heure officielle de fin de campagne. « Il y a d’abord un jeune gars qui arrive et nous dit qu’il veut coller pour Franck Proust, on lui dit que ce n’est pas possible », raconte Grégory, l’un des militants agressés. « Il a alors téléphoné et plusieurs voitures sont ensuite arrivées. Dans la première, un gars sort comme une bombe et il commence à venir nous gueuler dessus. Cette personne, c’est un patron de bar bien connu de Nîmes qui est colistier sur la liste de Proust. Il me dit qu’ils vont passer en force et ils sont rapidement dix autour de nous. »

    La situation se tend et face à la fermeté des militants communistes bien décidés à garder le panneau, deux des soutiens de Vincent Bouget sont violemment agressés. « Ils étaient plus nombreux donc on en a pris plein la g… On a été projetés par terre et on a été roués de coups, de coups de pieds et de poings. Ils ont ensuite pris la fuite en voiture. Quelques minutes après, la police arrive. La scène a été filmée par un passant et nous avons pris en photo les plaques d’immatriculation », poursuit Grégory. Deux des militants sont transportés à l’hôpital. Résultat : Grégory souffre d’une fracture du nez et du plancher orbital ainsi que des contusions, qui lui ont valu 15 jours d’ITT. Édouard, l’autre militant agressé, a des côtes et une dent cassée et l’oreille interne touchée également (10 jours d’ITT). Ils ont porté plainte pour violences en réunion. Depuis, six personnes ont été placées en garde à vue avant d’être libérées mercredi 1er avril.

    Graffitis et menaces

    Sur place, d’autres présences interrogent, comme celle du fils du sénateur (LR) Laurent Burgoa. Son père a confirmé qu’il était bien présent « sans pour autant être l’un des protagonistes » et confirme qu’il fait « confiance aux enquêteurs pour établir la vérité ». « Il y avait aussi une voiture de l’Usam, le club de hand avec trois personnes qui en sont sorties avec des joggings de l’Usam », précise Grégory. Une présence d’autant plus problématique que le puissant président du club de handball nîmois, David Tebib, figurait aussi sur la liste de Proust. Contacté, Franck Proust n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    La violence a également fait irruption à Bessèges. Déjà très tendue, la campagne dans la ville du nord du Gard, émaillée par de nombreuses « boules puantes », a pris une tournure encore plus inquiétante lorsqu’une bagarre a éclaté dans un bar entre des colistiers de Christine Roux et des soutiens de la liste d’extrême droite qui se présentaient dans la commune voisine de Molières-sur-Cèze. « L’un de nos colistiers a été blessé », a confirmé Christine Roux, la future maire.

    L’ancien maire communiste de Saint-Jean-du-Pin, Eric Maubenard, aujourd’hui président du Prolé d’Alès, a également vu débouler chez lui un homme qui a tenté de rentrer dans son domicile tout en proférant des insultes. Il lui a reproché à la fois d’avoir voté pour Christophe Rivenq alors que Maubenard ne vote pas à Alès et d’avoir évincé sa femme du conseil municipal. Celle-ci était sur la liste de Philippe Fages, battue par la maire sortante. Eric Maubenard a déposé une main courante.

    Outre les nombreuses annonces de dépôts de plainte pour diffamation, certains candidats ont aussi été victimes de vandalisme et de graffitis injurieux. Ainsi, à Saint-Jean-de-Valériscle, bourgade de 600 habitants au nord du département, plusieurs élus de la liste du maire sortant Marc Jekal (qui a été réélu) ont été victimes d’incivilités et un ancien élu a même retrouvé sa porte avec une croix gammée et l’inscription « sale nazi ». Trois plaintes ont été déposées.

    Des tags insultants ont également été découverts sur les affiches des deux candidats à Saint-Jean-de-Serres (540 habitants) mais aussi sur le bitume devant leur maison. « Dans la nuit du 14 au 15 mars, avant le premier tour donc, il y avait une flèche qui désignait mon domicile avec écrit « pute et facho », explique Fabien Engelibert. Cet élu d’opposition et membre de l’Après a déposé plainte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Il n’en est pourtant pas à sa première dégradation. Depuis qu’avec sa femme ils ont fait campagne pour le Nouveau front populaire en juin 2024, accrochant même parfois des affiches sur leur voiture, il dit être régulièrement ciblé : « Pendant la campagne, la porte arrière de notre voiture a été forcée. Après les élections, nous avons eu du vandalisme sur notre ferme puis notre voiture a été vandalisée avec les quatre pneus crevés, les essuie-glaces arrachés. Quelques mois plus tard, un pavé a été lancé sur notre voiture, cassant la vitre. »

    Fabien Engelibert s’interroge sur ce climat de violence dans sa commune depuis 2024, où les actes de vandalisme se sont multipliés : « Des véhicules ont brûlé et toute une série de pneus ont été crevés. J’étais adjoint au maire jusqu’en décembre 2025, en charge de la sécurité et j’ai constaté une accélération à partir des législatives. On s’est posé la question de savoir s’il n’y avait pas une volonté de faire monter un sentiment d’insécurité. Fin août, j’ai pu consulter les vidéos de surveillance et on voit une personne, un grand bonhomme, crâne rasé, chaussé de rangers, qui sort d’une voiture et donne des coups de couteau dans des pneus avant de repartir en petites foulées. »

    Dans le Gard, marqué aussi par des attaques contre les personnes LGBT à Nîmes ou contre le bar communiste du Prolé à Alès, la violence politique est bien de retour.

  • Un militant communiste agressé à Port-de-Bouc

    Un militant communiste agressé à Port-de-Bouc

    Drôle d’ambiance à Port-de-Bouc où l’élection se déroulera dans 15 jours en un seul tour. Une seule liste est en effet face au maire sortant, le communiste Laurent Belsola élu en 2020 dès le premier tour. Celle de Pascal Spanu, candidat sous l’étiquette RPR, mouvement fondé par le député RN et désormais candidat à la mairie de Marseille Franck Allisio et Éric Le Dissès maire divers droite de Marignane. La tension de la campagne électorale est encore montée d’un cran ce mardi. Un militant de la section de Port-de-Bouc du Parti communiste français a été agressé dans l’après-midi par l’équipe d’affichage de Pascal Spanu. Il a été transporté aux Urgences. Affichant 5 jours d’ITT, la victime a porté plainte.

    Dans un communiqué, le PCF de Port de Bouc a condamné cet acte de violence. « Dans notre République, les élections sont l’occasion de confronter des idées, un programme et une vision de la société dans le cadre d’un débat démocratique et de pratiques respectueuses de l’intégrité physique et morale des tous et toutes », souligne-t-il.

    Estimant que « cet acte de violence rappelle les pratiques peu glorieuses de l’extrême droite avec laquelle le candidat est associé », le PCF souligne que « cet élu de la République qui se fait le pourfendeur des incivilités et le chantre de l’ordre ne se prive pas de s’entourer de voyous pour mener sa campagne ». Refusant de ce laisser intimider, les communistes affirment qu’ils « continueront à porter, à défendre et faire grandir les valeurs de solidarité, d’égalité, de justice et de paix » aux côtés de Laurent Belsola et ses colistiers.

    Contactée, l’équipe de Pierre Spanu conteste les faits et affirme que « c’est un de nos colleurs qui a été agressé » et qu’une « plainte serait déposée » avant d’annoncer l’envoi d’un communiqué finalement reporté à mercredi.

  • Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Après l’agression impérialiste des États-Unis envers le Venezuela – qui a conduit à l’enlèvement du couple Maduro et des dizaines de morts à la suite de bombardements – la scène internationale semble être revenue au siècle dernier, où dominaient l’usage de la force et les logiques guerrières. Face à cette régression, plusieurs organisations* appellent à des rassemblements** dans l’Hérault, le 10 janvier. « Nous condamnons fermement l’agression américaine. C’est une menace pour la paix au niveau mondial. Nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre mondiale dont les conséquences seraient encore plus dévastatrices que celles que nous avons connues dans le passé du fait des arsenaux nucléaires des États », soutient Alban Desoutter, de la Libre Pensée 34.

    Les arguments mis en avant par Washington – présentant Maduro comme un narcotrafiquant – pour justifier son agression ne passent pas. « Le seul but de cette agression est une captation des richesses [le Venezuela dispose du plus grand stock de pétrole au monde, Ndlr]. Une fois de plus, ce sont les travailleurs et le peuple vénézuélien qui vont se retrouver au milieu d’une guerre qu’ils ne veulent absolument pas. Deux choses sont possibles pour la CGT : la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », fait valoir Myriam Rivoire, secrétaire CGT de Montpellier. L’occasion également, lors de ces rassemblements, de réaffirmer la solidarité avec le peuple vénézuélien face à la volonté des États-Unis de mettre sous tutelle le Venezuela.

    Surtout, le comportement tyrannique de Donald Trump est dénoncé avec véhémence. « De quel droit les États-Unis se permettent de juger Maduro ? On considère Orban [le président de la Serbie] comme un dictateur. Pour autant, est-ce que ça nous donne le droit de l’enlever et de le juger sur le sol français ? », s’indigne Francis Viguié, de la Carmagnole. D’autant que Washington n’en est pas à son coup d’essai. « Si l’on compare la situation avec l’Irak en 2003, on est dans la même logique : l’invasion sans mandat des Nations unies – les États-Unis l’avaient au moins demandée – d’un pays pour s’accaparer ses ressources pétrolières. Depuis 2003, le Proche et Moyen-Orient sont profondément déstabilisés. On peut avoir les pires craintes sur l’Amérique du Sud », redoute Nicolas Cossange, secrétaire PCF de l’Hérault. Et au regard de ses dernières déclarations très atlantistes, ce n’est pas Emmanuel Macron qui fera bouger les lignes. La rue alors ?

    *Libre pensée, la Carmagnole, LDH, le Mrap, PCF, LFI, CGT, FSU, Révolution permanente, l’Après, Rencontres Marx, Jeunes communistes de France, NPA, FO, Gauche écosocialiste.

    ** à 15h à Montpellier (Place Albert-1er), à Béziers (rond point Gagarine), à Sète (place de la mairie), à Pézenas (Place de la République), à 11h à Bédarieux (devant la mairie).

  • Rassemblement en solidarité avec le Venezuela

    Les progressistes marseillais se réunissent une nouvelle fois pour dénoncer l’agression impérialiste des États-Unis sur le Venezuela et le kidnapping de son dirigeant Nicolas Maduro. Le rendez-vous est ainsi donné à 11 heures sous l’ombrière du Vieux-Port ce samedi. « L’impérialisme c’est la guerre (…) du Venezuela à la Palestine, les mêmes logiques d’ingérence et de domination menacent la paix et piétinent le droit international », alerte la fédération PCF des Bouches-du-Rhône dans un tract appelant au rassemblement. « Se féliciter d’un changement de régime imposé par une intervention militaire étrangère, comme l’a fait Emmanuel Macron, c’est légitimer la loi du plus fort », dénoncent les communistes locaux.

    Contre « l’impérialisme des États-Unis de Trump »

    Les insoumis du 13 ont eu aussi confirmé leur participation à cette nouvelle manifestation face à « l’impérialisme des États-Unis de Trump » et en « solidarité avec le peuple vénézuélien ». « Contre la loi du plus fort, défendons la souveraineté des peuples », martèlent ils.

    Cette attaque dirigée par Washington sur Caracas a profondément traumatisé la population et fait plus de 100 morts. Jeudi, le milliardaire républicain qui dirige les États-Unis a évoqué une « tutelle » de plusieurs années sur le pays et tente déjà de s’approprier ses réserves en pétrole. Ainsi, l’association France Cuba Marseille 13 se joint à l’appel à protester pour « dire stop aux agressions guerrières et aux violations du droit international et dire oui au droit à l’autodétermination des peuples ». De même que l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, affiliée à la Fédération syndicale mondiale (FSM), dont les militants seront présents en « solidarité avec le peuple vénézuélien » et pour défendre le « respect de la souveraineté des États ».