Tag: aéronautique

  • [Entretien] Yves Métayer, gouverneur militaire de Marseille : « Le 14-Juillet unit la nation et ses armées »

    [Entretien] Yves Métayer, gouverneur militaire de Marseille : « Le 14-Juillet unit la nation et ses armées »

    La Marseillaise : quel message le défilé militaire de Marseille veut-il faire passer ?

    Yves Métayer : C’est d’abord un défilé représentatif de toutes nos armées avec les forces de sécurité intérieure, la douane, la pénitentiaire et d’autres administrations. Ce défilé militaire a effectivement un horizon stratégique, celui de la résurgence d’une menace, de la guerre sur le continent européen. Le thème retenu au niveau national, c’est le réveil stratégique de l’Europe avec en filigrane, la notion de réarmement, du rôle que joue notre pays dans cette prise de responsabilité des Européens.

    Il s’agit aussi de dire à la nation qu’une révolution silencieuse est en cours. La transformation de nos armées est engagée avec une dynamique extrêmement rapide depuis 2024 avec la loi de programmation. C’est une révolution silencieuse et pas spectaculaire, mais c’est une révolution car c’est bien un changement de paradigme que connaît le système de défense français.

    Pouvez-vous en donner des illustrations concrètes ?

    Y. M. : On le verra à l’occasion du défilé du 1er Régiment étranger de cavalerie qui descendra de Carpiagne avec deux Jaguars qui sont des engins blindés de cavalerie de toute nouvelle génération. Avec la compagnie de transmission de la 11e Brigade parachutiste et des véhicules Servals de la gamme Scorpion. On le verra encore avec le 4e Chasseurs, des plus petits matériels adaptés à l’action en montagne qui sont assez illustratifs. On le verra avec le 54e RA qui, outre sa mission première de défense sol-air, est engagé dans la lutte anti-drone. Le 54e RA a aidé nos partenaires stratégiques dans le golfe Persique pour se protéger des frappes iraniennes avec de l’armement sol-air, des hélicoptères de combat, du brouillage électromagnétique.

    Pour le défilé, j’ai demandé aux chefs de détachement de montrer qu’à travers la tenue et la rigueur, ils envoient une image de professionnalisme, de détermination, d’engagement, une image qui doit exprimer ce que doivent faire les femmes et les hommes de nos armées pour se transformer, accélérer la dynamique d’adaptation. C’est le défi de cette révolution capacitaire qu’on est en train de vivre avec la loi de programmation et autour tout un écosystème d’adaptation que ce soit dans le champ du numérique, de l’IA embarqué.

    On a besoin de toutes les forces vives dans la recherche et dans l’économie de notre pays pour nous aider à aller le plus vite possible.

    Comment cet effort se traduit-il en zone sud ?

    Y. M. : Mon travail au niveau des territoires, c’est de mesurer comment cette dynamique d’adaptation se traduit, de répondre aux questions des entrepreneurs pour comprendre nos besoins. En Occitanie, autour de Toulouse, nous avons un pôle aéronautique de niveau mondial. En région Paca, on a le pôle naval de Toulon, première base navale d’Europe. On a l’industrie aéronautique autour du pôle Marignane-Istres et énormément de numérique en Paca jusqu’à Cannes-Nice. Et on a une plateforme absolument remarquable avec Canjuers, premier camp d’entraînement d’Europe.

    Vous avez lancé en décembre une opération d‘intérêt national « Défense et sécurité »

    Y. M. : Cette opération permet de canaliser, de fédérer, de catalyser tout un tas de projets et de connecter des mondes. Je pense aux projets Airbus Helicopters sur Marignane, aux projets sur Istres, aux autres projets liés au porte-avions nouvelle génération sur Toulon. Ou encore ce projet très intéressant avec Aix-Marseille Université pour adapter le système de formation et d’enseignement supérieur. Ce sont des perspectives concrètes d’emploi pour les étudiants qui s’engagent dans ces filières. On est là pour accompagner, pour crédibiliser cette démarche, la connecter à la réalité stratégique des besoins de défense.

    Le budget de l’armée a doublé en dix ans. La société civile peut-elle l’entendre ?

    Y. M. : Dans sa grande majorité, elle a compris le monde dans lequel on était. Elle n’a peut-être pas conscience des sacrifices qu’on a faits en matière de défense après la chute du mur de Berlin dont on évalue les économies sur notre capital de défense en Europe à 2000 milliards d’euros. Ce sont les « dividendes de la paix ». On a cru à la paix perpétuelle. L’Europe a arrêté d’investir dans sa défense et a perdu son capital. Aujourd’hui les Américains nous disent que ce ne sont pas eux qui feront le job à notre place. L’Europe est face à ses responsabilités. Les équilibres internes des alliances sont modifiés. On doit se poser la question suivante : que consacre-t-on à son assurance-vie dans le monde dangereux dans lequel nous sommes ? Je pense pour ma part qu’il ne faut pas opposer mais articuler le combat budgétaire que le pays doit conduire avec le besoin de défense. Les Français savent qu’ils peuvent compter sur leurs armées.

    Le pays consent pour ses armées professionnelles, entraînées, un effort d’équipement, de crédit qu’on utilisera au mieux. Le 14-Juillet, c’est l’unité de la nation et des armées. Les armées disent aussi aux Français à travers un défilé, une cérémonie : vous pouvez compter sur nous pour vous défendre face aux menaces d’aujourd’hui et de demain.

  • À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    Bonjour, on a appris la fermeture du site et on vient vous proposer notre aide et notre solidarité », lance François Le Verne au premier automobiliste se présentant au portail de Sabena Technics, à Marignane. Ce lundi, dès 5h30, ce militant retraité de l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane, accompagné d’autres syndicalistes, s’est présenté devant les emblématiques hangars Boussiron, investis par l’entreprise de maintenance aéronautique spécialisée dans les hélicoptères.

    Certains travailleurs s’arrêtent et échangent quelques mots. D’autres passent, la mine grise. Pour l’un d’entre eux, « c’est fini ! Je prends ma retraite », lance-t-il. Car l’entreprise ferme, aussi étonnant que cela puisse paraître dans le secteur aéronautique. 70 emplois directs sont menacés. Le climat est évidemment morose. « C’est incompréhensible. Il n’y a que colère et dégoût », livre ce mécanicien, présent depuis trois ans dans l’entreprise. « Il n’y a quasiment que des jeunes dans l’équipe, et si tu dis quelque chose, tu te fais dégager », dépeint-il, estimant que « l’aéronautique est un petit monde, faut pas faire de bruit si on veut travailler à côté ». Un autre salarié dit attendre juillet « pour se décider, si on bouge », en fonction des annonces de la direction.

    « La Ville doit agir »

    Le milieu de l’été est donc la période durant laquelle les travailleurs rencontrés estiment que sera mis en place le plan de sauvegarde de l’emploi. Dans ce contexte, l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane joue son rôle. « On a une permanence juridique à Vitrolles avec un expert des lois qui siège aux prud’hommes », explique François Le Verne aux salariés. « Si on te propose un PSE avec juste les indemnités légales, c’est pas la peine. Se mobiliser d’une manière ou d’une autre peut permettre d’aller chercher un peu plus », lance directement le syndicaliste à l’un d’entre eux. La démarche est assumée : « Nous, on amène la solidarité et on accompagne l’éventuel mouvement social. Mais ce sont les salariés qui décident », assure le syndicaliste.

    Dans le même temps, la conseillère municipale d’opposition (PCF), Ariane Lombardi, présente avec son colistier Youssef El Ouanaghly (PS), s’interroge : « On parle de 70 emplois directs, mais combien d’indirects ? ». « Nous sommes aux côtés de la CGT, en soutien des salariés, dans cette période difficile. Ils n’ont pas à subir des décisions prises sans eux », affirme l’élue. « Nous demandons à la mairie de prendre conscience de la situation et d’aller demander le reclassement digne des salariés auprès de la direction. La majorité ne peut pas se dispenser de cette initiative quand la casse sociale a lieu sur son territoire », estime Ariane Lombardi.

    Sollicitée, la direction de Sabena Technics n’a pas donné suite à nos demandes.

  • « On a imaginé des briques technologiques il y a des décennies »

    « On a imaginé des briques technologiques il y a des décennies »

    La Marseillaise : Comment fonctionne l’Onera ?

    Paolo Gomes : Aujourd’hui, l’Onera est le seul centre de recherche français qui dépend entièrement du ministère des Armées. C’est un établissement public industriel et commercial, dont le budget, qui s’élève à 332 millions d’euros, est financé à 41% par des subventions de l’État, et à 59% par des activités contractuelles au profit de la DGA pour une partie, mais aussi des gros de l’aéronautique : Safran, Airbus, MBDA, Dassault, l’ESA. C’est un budget qui augmente depuis les cinq dernières années. La part publique stagne, la part contractuelle croît.

    Ce modèle économique, qui repose majoritairement sur le privé, vous permet-il d’envisager l’avenir avec sérénité ?

    Jean-François Nouvel : Oui c’est assez variable, on a des années avec de grosses prises de commandes et d’autres plus creuses. On essaye d’avoir un matelas d’affaires en attente qui nous permette d’envisager l’avenir avec sérénité. L’an dernier on a eu pas mal de reports en raison du contexte budgétaire.

    Les leçons des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient changent-elles les priorités de recherche ?

    J.-F.N. : La grosse nouveauté, liée au conflit ukrainien, c’est l’importance des drones. Aujourd’hui l’Ukraine en produit des centaines de milliers par mois. C’est leur utilisation qui leur permet de résister aux avancées russes, voire de reprendre du terrain en ce moment. C’est une nouvelle façon de faire la guerre. (…) Pour nous, ce sont des travaux sur le développement de nouveaux types de drones et sur la lutte anti-drone, puisqu’on travaille toujours sur l’épée et le bouclier.

    L’autre gros dossier, c’est le développement du nouveau missile nucléaire avec MBDA, qui est acté, pour le renouvellement de notre capacité de dissuasion nucléaire aéroportée, avec l’aspect motorisation sur lequel on travaille depuis longtemps. L’Onera est à la base du statoréacteur utilisé pour cette mission.

    Il y a des matériels qui rentrent aujourd’hui en opération pour lesquels on a imaginé des briques technologiques il y a des décennies. Un autre exemple me vient en tête : les pales recourbées “blue age” du dernier H160 d’Airbus Helicopters ont été imaginées ici il y a vingt ans pour avoir une meilleure capacité aérodynamique et un niveau acoustique réduit.

    Où en est la recherche aéronautique française ?

    J.-F.N. : On n’a pas à rougir, on est toujours très bons. La nouveauté, c’est tous les nouveaux acteurs qui émergent. Pour l’Europe et pour la France, qui réalise une grosse partie des travaux dessus, Ariane est une fierté. Ariane 6 est un super instrument. C’est une fusée à quatre moteurs au top de la technologie et qui fait envie à tous les acteurs du domaine. On a à la fois Kourou, qui est idéalement placé en Guyane proche de l’équateur, et une fusée puissante et fiable, ce qui est hyperimportant pour le domaine. Avec un coût inférieur à la précédente version Ariane 5.

    L’émergence de nouveaux mastodontes, comme Space X récemment entrée en bourse, est-elle une crainte ?

    J.-F.N. : Ça oblige à évoluer, c’est un challenge qui nous booste. On est obligés de faire avec, de proposer des idées et des solutions complémentaires à Space X. Le but du jeu n’est pas d’entrer en concurrence frontale.

    P.G. : D’ailleurs, l’Onera avait travaillé sur le sujet des fusées réutilisables dans les années 1980. C’est pas nouveau, nos équipes l’étudiaient déjà il y a 40 ans. On n’a simplement pas suivi cette vision-là.

    La fuite des cerveaux est-elle un problème dans le secteur ?

    J.-F.N. : On est plutôt contents, parce qu’aujourd’hui on arrive à récupérer des chercheurs et des ingénieurs américains un peu dégoûtés par l’administration Trump et sa politique de coupes budgétaires. En ce moment, ils arrivent surtout sur l’Université Aix-Marseille. La pompe est amorcée.

  • En période de canicule, des associations veulent réguler l’aviation

    En période de canicule, des associations veulent réguler l’aviation

    Le Collectif Danger Aix Avenir (CD2A) appelle de nouveau à des mesures autour de l’aviation dite générale (de loisir). Il fait désormais partie des signataires d’une tribune, lancée par l’Union française contre les nuisances des aéronefs (UFCNA), qui réclame, en ces temps de canicule, à ce que l’aviation générale, dont « l’absence de réglementation environnementale » est pointée, soit soumise « aux exigences de préservation de l’environnement, de protection de la santé publique et de respecter les populations qu’elle survole ».

    « Aujourd’hui, il n’y a pas de régulation de ces activités, s’indigne François Cabet, pour le CD2A. Du fait de l’urgence climatique, de la pollution de l’air, on rentre depuis trois jours dans un cadre de pollution à l’ozone. »

    S’il n’y a pas de « solution miracle, admet l’association, il faut discuter et trouver des réglementations. Nous, riverains, en subissons les conséquences ».

  • Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi (PCF) s’est fendu d’un communiqué, lundi, pour « sommer l’État d’agir à la hauteur du péril » qu’est « l’aggravation considérable du risque incendie » en France et dans le département.

    Le parlementaire regrette la « livraison tardive » des quatre Canadairs commandés depuis 2024, et pointe « une impasse » pour la France que de « déléguer sa responsabilité à l’Union Européenne » et de commander des appareils de construction canadienne, soumis à la norme Itar des États-Unis limitant les exportations de matériel aérospatial.

    Ces raisons conduisent le sénateur à demander au gouvernement de mandater urgemment la Direction générale de l’armement (DGA) afin de lancer au plus tôt la production de l’Hynaero Frégate F-100, bombardier d’eau de conception française dont le fabricant doit s’installer à Istres d’ici 2028.

    Garantir la souveraineté

    « L’implantation de la société Hynaero sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres pour y assembler le Frégate-F100 doit attirer toute notre attention », insiste Jérémy Bacchi, particulièrement au regard des « performances inédites » promises par les concepteurs, à savoir une contenance de dix tonnes d’eau contre les six des Canadairs CL-415, trois heures d’autonomie en combat du feu et une vitesse de croisière de 250 nœuds (environ 460 km/h).

    Mais, au-delà des performances, le sénateur relève que le Frégate F-100 est un appareil « free Itar », « garantissant une souveraineté française absolue et la création de plus de 700 emplois directs » sur le territoire. Les prototypes sont attendus pour 2030, marquant le début de deux ans de certification avant utilisation en action.

  • Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Vous allez vivre quinze jours dans ce qui se fait de meilleur dans l’industrie. » C’est le message que laministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache (Ren.), a adressé aux 90 lycéens effectuant leur stage de seconde à Airbus helicopters Marignane, lundi après-midi.

    Quinze jours durant lesquels les stagiaires seront encadrés en groupes et par binômes, avec un tuteur pour deux. Tous les métiers du premier employeur de la région, qui compte 10 000 salariés, sont concernés. Car ici, on vient « découvrir les réalités de l’industrie », selon Pascal Kuhn, directeur du site de Marignane d’Airbus helicopters. Cette réalité, c’est « des métiers, la vie au travail », poursuit le directeur, et ce « pour les garçons comme pour les filles, tout le monde a sa place ». Il souligne ainsi qu’un tiers des stagiaires présents sont des jeunes femmes.

    Cette troisième édition du stage de seconde est « une vraie chance » pour le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Benoît Delaunay. Une idée partagée par la ministre : « On aurait adoré, à notre époque, que des grandes boîtes comme Airbus s’organisent pour vous accueillir et donnent la possibilité de découvrir ces métiers exigeants. »

    « Favoriser la mixité sociale »

    Ce stage à Airbus revêt une originalité. « Notre dispositif 1+1 prévoit que la moitié des stagiaires soient des enfants du personnel et l’autre moitié des enfants issus de lycées de quartiers prioritaires » souligne Pascal Kuhn. « L’idée est de favoriser la mixité sociale pour que les jeunes puissent avoir largement accès à nos emplois, reprend le directeur du site. Les apprentis sont formés en alternance, en bac pro, BTS puis diplômes d’ingénieur. Il y a une multitude de possibilités et un panel de carrières à construire que nous voulons montrer. »

    Après le briefing sécurité, les 90 stagiaires ont fait la connaissance du Super puma H225, hélicoptère polyvalent de 11 tonnes autant utilisé pour la recherche et sauvetage que pour la lutte contre les incendies, dans sa version civile. « Vous vous rendez compte que vous allez sauver des vies grâce à votre travail ? », glisse la ministre aux apprentis présents.

    Sabrina Roubache considère le stage comme « une mesure d’égalité des chances » pour ces lycéens. Mais relève aussi un « stress » au regard de la situation internationale : « On m’a demandé si le service militaire était obligatoire ou pas », lors des échanges avec les lycéens. Alors, ce stage est aussi un moyen d’« inverser l’état d’esprit », pour la ministre, affirmant qu’« on ne fabrique pas des armes pour tuer, mais pour se défendre ». Airbus helicopters est justement « en tête du marché militaire », comme l’affirmait le PDG Bruno Even, en février dernier.

  • L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    Cette rénovation est très motivante pour tout le monde. Car on est passé par des moments difficiles, mais là on est très optimistes. » Salarié depuis 25 ans dans l’entreprise de peinture aéronautique Satys Coating, Sébastien Vitti est très fier, ce vendredi, de présenter son travail aux élus et partenaires de l’entreprise venus découvrir les nouveaux aménagements de l’usine.

    Le site a été rénové avec du matériel de pointe et une productivité augmentée et a célébré sa remise en activité. Un pari réussi alors qu’en 2018 l’activité devait être déplacée dans la Zone d’activité des Florides à Marignane. Le projet avait été stoppé à cause de réticences des habitants et des élus, laissant comme seul choix la délocalisation de l’activité en Hongrie, où une branche existe, ou réinvestir dans le site Marseillais. Fin 2023, la décision est prise : l’activité et le savoir-faire resteront dans les quartiers nord de Marseille, après une réhabilitation du site, qui a donc rouvert ses portes.

    « Ce plan de modernisation, avec trois millions d’euros d’investissement, nous permet de participer à la croissance du secteur de l’aéronautique, de donner à nos salariés de meilleures conditions de travail et enfin de décarboner le secteur en réduisant de 50% notre consommation de gaz », se félicite Thierry Cotelle, directeur général de Satys Coating. Le choix de se maintenir sur place répond au développement dans la région d’Airbus Helicopter, principal client de l’entreprise. Avec 120 emplois sur le site marseillais, le maintien de l’activité est également une victoire pour l’emploi et l’avenir industriel de la ville de Marseille. « Cette rénovation témoigne de la confiance que Satys place dans l’avenir industriel de Marseille, avec ses 1,5 million de pièces traitées par an », salue Julien Harounyan, adjoint (MadMars) au maire de Marseille en charge de l’attractivité économique.

    Une activité d’autant plus importante qu’elle se situe dans le 15e arrondissement de Marseille, où le taux de chômage est plus élevé que la moyenne nationale. « On est contents car on reste dans le secteur où on est nombreux à habiter, sourit Zoheir Messaoudi, représentant des salariés, et aussi car on est fiers de notre savoir-faire. » Car derrière les murs de l’entreprise, ce sont des gestes minutieux et précis qui permettent à des hélicoptères ou des avions de voler au mieux.

    Le directeur général espère que l’activité continuera d’augmenter et pouvoir ainsi embaucher plus de personnes du quartier et de toute la région.

  • Airbus présente ses avancées écologiques au ministre

    Airbus présente ses avancées écologiques au ministre

    À quelques mètres de l’aéroport international de Marignane, ce samedi matin, une vingtaine de personnes découvrent ce qui se cache derrière les murs de Airbus Helicopters : leur chaîne de production, certains de leurs modèles et une partie du site industriel. Comme dans une centaine d’industries partout en France, cent personnes ont pu venir visiter l’entreprise marignanaise à l’occasion de la première édition des journées de Choose France. Parmi les visiteurs s’est glissé le ministre (Ren.) délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, en déplacement dans la région. L’occasion pour le fleuron de l’aéronautique français de mettre en avant ses innovations et mesures pour réduire son empreinte écologique.

    Sur le tarmac, deux prototypes innovants ont été sortis pour mettre à l’honneur la technologie de l’entreprise. Le Disruptive Lab en est le parfait exemple. Volant avec 100% de carburant durable d’aviation, il a également été pensé pour être le plus léger et ergonomique possible afin de réduire de 40 à 50% sa consommation de carburant. À ses côtés, Airbus tente de faire d’un de ses modèles phares, le super puma H225, un hélicoptère pouvant fonctionner à 100% avec du carburant synthétique alors qu’actuellement son moteur est certifié fonctionner avec 30% de ce carburant seulement.

    Une visite qui a su convaincre le ministre qui y voit « le savoir-faire, l’innovation et l’excellence industrielle française ». Pour le ministre, la transition écologique ne peut pas exister « s’il n’y a pas d’innovation. Et il n’y en a pas, s’il n’y a pas d’entreprises pour y procéder », indique-t-il avant de rappeler qu’il ne faut pas opposer écologie et économie. Et d’ajouter : « Quand on fait mieux, c’est aussi pour la souveraineté et la compétitivité [française]. »

    « Faire plus

    en consommant moins »

    Cette volonté de réduire l’empreinte écologique du site est un vrai défi pour le directeur, Pascal Kuhn. « Car on a une activité qui est en croissance et il faut réduire la consommation d’eau, d’énergie et les émissions de CO2. Il faut donc faire plus en consommant moins. » C’est pourquoi, l’entreprise réfléchit également à l’impact de ses infrastructures et aux mobilités de ses salariés pour réduire cette empreinte au quotidien.

    D’autant que le premier employeur privé de la région espère embaucher 5 000 personnes dans les années à venir, si sa croissance continue. « Mais pour attirer cette croissance et qu’elle profite à Marignane-Vitrolles, il faut adapter le site pour être capable d’accueillir cette production supplémentaire. » Car l’aéronautique suscite encore beaucoup de vocations. Nicolas, 18 ans en bac pro aéronautique à Vitrolles, espère y être embauché « J’ai déjà fait un stage et j’ai tout de suite accroché. J’aimerais vraiment y travailler. »

  • Le pôle d’industries de défense et spatiales mis sur orbite

    Le pôle d’industries de défense et spatiales mis sur orbite

    Un centre de référence en matière de technologies de pointe pour la défense, d’aéronautique, de spatial : le projet de « Tech Valley » du pôle d’activités d’Aix-en-Provence est lancé. Ce mercredi, ce nouveau pôle du Paap, qui se veut être « d’envergure nationale » a été présenté dans l’un des amphithéâtres de The Camp. Sur quinze hectares dont 40 000m2 de bureaux et de locaux d’activité, des laboratoires de recherche, des centres de formation « positionnés sur les marchés civils et militaires de l’aéronautique légère », seront installés sur une zone de l’aérodrome d’Aix les Milles, labellisé France 2030.

    Un projet d’ampleur

    Ici, seront aussi développés l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les technologies à « haute valeur stratégique »… « Ce projet, est d’ores et déjà sur le bureau du commissaire européen [aux stratégies industrielles] », précise Jean-François Dubost, président du Paap et ex-adjoint aux finances de la Ville. Le projet, qui se veut d’ampleur, est porté par l’association des entreprises du Pays d’Aix (Paap), Edeis concessions, délégation de service public de l’aérodrome, la sous-préfecture, pôle de compétitivité Safe mais aussi la Ville, et la Semepa, en charge de la réhabilitation d’un site de trois hectares, comprenant un ancien bâtiment de l’État-Major de la région aérienne sud. « Nous sommes en ordre de bataille pour apporter notre pierre à ce bel édifice, rapporte Éric Chevalier, son président et premier adjoint de la Ville. L’objectif, en accord avec l’état et sous l’impulsion de Jean-François Dubost était d’acquérir auprès de l’état des terrains et de concevoir le projet pour permettre l’installation de cette cité [spatiale]. On avance rapidement. »

    Justement, où en est ce projet ? Selon Sabine Montiès, directrice des investissements Edeis Concessions, les études de conception sont finalisées. Les premiers travaux pourraient être lancés à la mi-2027.

    « La première filière industrielle de la région, c’est l’aéronautique. pointait Jérôme Perrin, directeur général du pôle Safe, qui a mené des études sur les besoins et filières aéronautiques, autour de la future Tech Valley. Depuis le spatial sur l’est de la région et l’aéronautique sir la partie Ouest, avec une concentration forte dans mes Bouches-du-Rhône et sur le territoire de la Métropole. » Installer la Tech Valley à Aix suit donc une logique économique, et vise « une capacité d’accueil » d’emploi de 2 500 personnes ainsi qu’une réserve pour la formation et une pépinière d’entreprises d’environ 5 000m2. Si le projet est économiquement « faisable » selon Jérôme Perrin, ce dernier précise « qu’on n’a pas de grand groupe qui nous dit s’installer sur le site d’Aix-en-Provence. Il va falloir aller convaincre au cas pas cas ». Pour le maire (UDI), Sophie Joissains, ce projet et une aubaine pour « avancer » vers une « économie florissante et d’avenir, qui nous permette dans les années qui viennent d’être les plus performants possibles ». Tout en restant« réservée » sur l’aéronautique :« Nous avons des riverains extrêmement vigilants sur les nuisances sonores. » Autre point de vue sur ce projet, dessiné par le Colonel Guillaume Michel, directeur de cabinet du Général commandant de l’école de l’air et de l’espace, la défense. Et préparer « Les esprits. Non pas pour la guerre, mais pour l’éviter ».

  • Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    C’est à deux pas de l’enceinte d’Airbus Helicopters, premier employeur privé du département, que se tenait le Forum aéronautique, emploi et sécurité ce mercredi 8 avril. Plus de cinquante entreprises, allant des leaders mondiaux, tels que Safran, Segula ou Sabena, aux PME locales ont répondu présentes à cette 15e édition.

    « Il y a de vrais besoins, affirme Sophie Nguyen Thanh Dao, directrice de l’agence France Travail de Marignane. On a la chance d’être sur un territoire qui a une histoire liée à l’aéronautique, avec un bassin d’emploi de l’étang de Berre qui abrite des donneurs d’ordre et des sous-traitants avec de réelles opportunités : on a 700 offres qui sont proposées, qui vont du CAP jusqu’à l’ingénierie, avec des postes à pourvoir dans les prochains mois. »

    Parmi les profils les plus recherchés, les techniciens de maintenance. « C’est le graal », assure Véronique Pinotti, directrice emploi au sein de l’Union des industries et métiers de la métallurgie Côte d’Azur. « C’est un métier en tension, on a du mal à être attractif alors que c’est super intéressant, on fait de la maintenance prédictive, c’est très moderne. »

    Si les carnets de commandes sont pleins, c’est en partie dû au « contexte international » qui « nécessite de la production et donc par répercussion de l’emploi », souligne Sophie Nguyen Thanh Dao.

    Le secteur devrait poursuivre son développement dans les années à venir, avec l’implantation de nouvelles industries à l’instar d’Hynaero à Istres. « Ces projets sont encore autant d’opportunité d’emplois dans l’aéronautique avec, à terme, pour 2027-2030, bon nombre de postes, poursuit la directrice d’agence. Tous les partenaires de l’emploi et de la formation s’organisent pour préparer ces arrivées. »