Tag: aéronautique

  • En période de canicule, des associations veulent réguler l’aviation

    En période de canicule, des associations veulent réguler l’aviation

    Le Collectif Danger Aix Avenir (CD2A) appelle de nouveau à des mesures autour de l’aviation dite générale (de loisir). Il fait désormais partie des signataires d’une tribune, lancée par l’Union française contre les nuisances des aéronefs (UFCNA), qui réclame, en ces temps de canicule, à ce que l’aviation générale, dont « l’absence de réglementation environnementale » est pointée, soit soumise « aux exigences de préservation de l’environnement, de protection de la santé publique et de respecter les populations qu’elle survole ».

    « Aujourd’hui, il n’y a pas de régulation de ces activités, s’indigne François Cabet, pour le CD2A. Du fait de l’urgence climatique, de la pollution de l’air, on rentre depuis trois jours dans un cadre de pollution à l’ozone. »

    S’il n’y a pas de « solution miracle, admet l’association, il faut discuter et trouver des réglementations. Nous, riverains, en subissons les conséquences ».

  • Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi (PCF) s’est fendu d’un communiqué, lundi, pour « sommer l’État d’agir à la hauteur du péril » qu’est « l’aggravation considérable du risque incendie » en France et dans le département.

    Le parlementaire regrette la « livraison tardive » des quatre Canadairs commandés depuis 2024, et pointe « une impasse » pour la France que de « déléguer sa responsabilité à l’Union Européenne » et de commander des appareils de construction canadienne, soumis à la norme Itar des États-Unis limitant les exportations de matériel aérospatial.

    Ces raisons conduisent le sénateur à demander au gouvernement de mandater urgemment la Direction générale de l’armement (DGA) afin de lancer au plus tôt la production de l’Hynaero Frégate F-100, bombardier d’eau de conception française dont le fabricant doit s’installer à Istres d’ici 2028.

    Garantir la souveraineté

    « L’implantation de la société Hynaero sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres pour y assembler le Frégate-F100 doit attirer toute notre attention », insiste Jérémy Bacchi, particulièrement au regard des « performances inédites » promises par les concepteurs, à savoir une contenance de dix tonnes d’eau contre les six des Canadairs CL-415, trois heures d’autonomie en combat du feu et une vitesse de croisière de 250 nœuds (environ 460 km/h).

    Mais, au-delà des performances, le sénateur relève que le Frégate F-100 est un appareil « free Itar », « garantissant une souveraineté française absolue et la création de plus de 700 emplois directs » sur le territoire. Les prototypes sont attendus pour 2030, marquant le début de deux ans de certification avant utilisation en action.

  • Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Vous allez vivre quinze jours dans ce qui se fait de meilleur dans l’industrie. » C’est le message que laministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache (Ren.), a adressé aux 90 lycéens effectuant leur stage de seconde à Airbus helicopters Marignane, lundi après-midi.

    Quinze jours durant lesquels les stagiaires seront encadrés en groupes et par binômes, avec un tuteur pour deux. Tous les métiers du premier employeur de la région, qui compte 10 000 salariés, sont concernés. Car ici, on vient « découvrir les réalités de l’industrie », selon Pascal Kuhn, directeur du site de Marignane d’Airbus helicopters. Cette réalité, c’est « des métiers, la vie au travail », poursuit le directeur, et ce « pour les garçons comme pour les filles, tout le monde a sa place ». Il souligne ainsi qu’un tiers des stagiaires présents sont des jeunes femmes.

    Cette troisième édition du stage de seconde est « une vraie chance » pour le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Benoît Delaunay. Une idée partagée par la ministre : « On aurait adoré, à notre époque, que des grandes boîtes comme Airbus s’organisent pour vous accueillir et donnent la possibilité de découvrir ces métiers exigeants. »

    « Favoriser la mixité sociale »

    Ce stage à Airbus revêt une originalité. « Notre dispositif 1+1 prévoit que la moitié des stagiaires soient des enfants du personnel et l’autre moitié des enfants issus de lycées de quartiers prioritaires » souligne Pascal Kuhn. « L’idée est de favoriser la mixité sociale pour que les jeunes puissent avoir largement accès à nos emplois, reprend le directeur du site. Les apprentis sont formés en alternance, en bac pro, BTS puis diplômes d’ingénieur. Il y a une multitude de possibilités et un panel de carrières à construire que nous voulons montrer. »

    Après le briefing sécurité, les 90 stagiaires ont fait la connaissance du Super puma H225, hélicoptère polyvalent de 11 tonnes autant utilisé pour la recherche et sauvetage que pour la lutte contre les incendies, dans sa version civile. « Vous vous rendez compte que vous allez sauver des vies grâce à votre travail ? », glisse la ministre aux apprentis présents.

    Sabrina Roubache considère le stage comme « une mesure d’égalité des chances » pour ces lycéens. Mais relève aussi un « stress » au regard de la situation internationale : « On m’a demandé si le service militaire était obligatoire ou pas », lors des échanges avec les lycéens. Alors, ce stage est aussi un moyen d’« inverser l’état d’esprit », pour la ministre, affirmant qu’« on ne fabrique pas des armes pour tuer, mais pour se défendre ». Airbus helicopters est justement « en tête du marché militaire », comme l’affirmait le PDG Bruno Even, en février dernier.

  • L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    Cette rénovation est très motivante pour tout le monde. Car on est passé par des moments difficiles, mais là on est très optimistes. » Salarié depuis 25 ans dans l’entreprise de peinture aéronautique Satys Coating, Sébastien Vitti est très fier, ce vendredi, de présenter son travail aux élus et partenaires de l’entreprise venus découvrir les nouveaux aménagements de l’usine.

    Le site a été rénové avec du matériel de pointe et une productivité augmentée et a célébré sa remise en activité. Un pari réussi alors qu’en 2018 l’activité devait être déplacée dans la Zone d’activité des Florides à Marignane. Le projet avait été stoppé à cause de réticences des habitants et des élus, laissant comme seul choix la délocalisation de l’activité en Hongrie, où une branche existe, ou réinvestir dans le site Marseillais. Fin 2023, la décision est prise : l’activité et le savoir-faire resteront dans les quartiers nord de Marseille, après une réhabilitation du site, qui a donc rouvert ses portes.

    « Ce plan de modernisation, avec trois millions d’euros d’investissement, nous permet de participer à la croissance du secteur de l’aéronautique, de donner à nos salariés de meilleures conditions de travail et enfin de décarboner le secteur en réduisant de 50% notre consommation de gaz », se félicite Thierry Cotelle, directeur général de Satys Coating. Le choix de se maintenir sur place répond au développement dans la région d’Airbus Helicopter, principal client de l’entreprise. Avec 120 emplois sur le site marseillais, le maintien de l’activité est également une victoire pour l’emploi et l’avenir industriel de la ville de Marseille. « Cette rénovation témoigne de la confiance que Satys place dans l’avenir industriel de Marseille, avec ses 1,5 million de pièces traitées par an », salue Julien Harounyan, adjoint (MadMars) au maire de Marseille en charge de l’attractivité économique.

    Une activité d’autant plus importante qu’elle se situe dans le 15e arrondissement de Marseille, où le taux de chômage est plus élevé que la moyenne nationale. « On est contents car on reste dans le secteur où on est nombreux à habiter, sourit Zoheir Messaoudi, représentant des salariés, et aussi car on est fiers de notre savoir-faire. » Car derrière les murs de l’entreprise, ce sont des gestes minutieux et précis qui permettent à des hélicoptères ou des avions de voler au mieux.

    Le directeur général espère que l’activité continuera d’augmenter et pouvoir ainsi embaucher plus de personnes du quartier et de toute la région.

  • Airbus présente ses avancées écologiques au ministre

    Airbus présente ses avancées écologiques au ministre

    À quelques mètres de l’aéroport international de Marignane, ce samedi matin, une vingtaine de personnes découvrent ce qui se cache derrière les murs de Airbus Helicopters : leur chaîne de production, certains de leurs modèles et une partie du site industriel. Comme dans une centaine d’industries partout en France, cent personnes ont pu venir visiter l’entreprise marignanaise à l’occasion de la première édition des journées de Choose France. Parmi les visiteurs s’est glissé le ministre (Ren.) délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, en déplacement dans la région. L’occasion pour le fleuron de l’aéronautique français de mettre en avant ses innovations et mesures pour réduire son empreinte écologique.

    Sur le tarmac, deux prototypes innovants ont été sortis pour mettre à l’honneur la technologie de l’entreprise. Le Disruptive Lab en est le parfait exemple. Volant avec 100% de carburant durable d’aviation, il a également été pensé pour être le plus léger et ergonomique possible afin de réduire de 40 à 50% sa consommation de carburant. À ses côtés, Airbus tente de faire d’un de ses modèles phares, le super puma H225, un hélicoptère pouvant fonctionner à 100% avec du carburant synthétique alors qu’actuellement son moteur est certifié fonctionner avec 30% de ce carburant seulement.

    Une visite qui a su convaincre le ministre qui y voit « le savoir-faire, l’innovation et l’excellence industrielle française ». Pour le ministre, la transition écologique ne peut pas exister « s’il n’y a pas d’innovation. Et il n’y en a pas, s’il n’y a pas d’entreprises pour y procéder », indique-t-il avant de rappeler qu’il ne faut pas opposer écologie et économie. Et d’ajouter : « Quand on fait mieux, c’est aussi pour la souveraineté et la compétitivité [française]. »

    « Faire plus

    en consommant moins »

    Cette volonté de réduire l’empreinte écologique du site est un vrai défi pour le directeur, Pascal Kuhn. « Car on a une activité qui est en croissance et il faut réduire la consommation d’eau, d’énergie et les émissions de CO2. Il faut donc faire plus en consommant moins. » C’est pourquoi, l’entreprise réfléchit également à l’impact de ses infrastructures et aux mobilités de ses salariés pour réduire cette empreinte au quotidien.

    D’autant que le premier employeur privé de la région espère embaucher 5 000 personnes dans les années à venir, si sa croissance continue. « Mais pour attirer cette croissance et qu’elle profite à Marignane-Vitrolles, il faut adapter le site pour être capable d’accueillir cette production supplémentaire. » Car l’aéronautique suscite encore beaucoup de vocations. Nicolas, 18 ans en bac pro aéronautique à Vitrolles, espère y être embauché « J’ai déjà fait un stage et j’ai tout de suite accroché. J’aimerais vraiment y travailler. »

  • Le pôle d’industries de défense et spatiales mis sur orbite

    Le pôle d’industries de défense et spatiales mis sur orbite

    Un centre de référence en matière de technologies de pointe pour la défense, d’aéronautique, de spatial : le projet de « Tech Valley » du pôle d’activités d’Aix-en-Provence est lancé. Ce mercredi, ce nouveau pôle du Paap, qui se veut être « d’envergure nationale » a été présenté dans l’un des amphithéâtres de The Camp. Sur quinze hectares dont 40 000m2 de bureaux et de locaux d’activité, des laboratoires de recherche, des centres de formation « positionnés sur les marchés civils et militaires de l’aéronautique légère », seront installés sur une zone de l’aérodrome d’Aix les Milles, labellisé France 2030.

    Un projet d’ampleur

    Ici, seront aussi développés l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les technologies à « haute valeur stratégique »… « Ce projet, est d’ores et déjà sur le bureau du commissaire européen [aux stratégies industrielles] », précise Jean-François Dubost, président du Paap et ex-adjoint aux finances de la Ville. Le projet, qui se veut d’ampleur, est porté par l’association des entreprises du Pays d’Aix (Paap), Edeis concessions, délégation de service public de l’aérodrome, la sous-préfecture, pôle de compétitivité Safe mais aussi la Ville, et la Semepa, en charge de la réhabilitation d’un site de trois hectares, comprenant un ancien bâtiment de l’État-Major de la région aérienne sud. « Nous sommes en ordre de bataille pour apporter notre pierre à ce bel édifice, rapporte Éric Chevalier, son président et premier adjoint de la Ville. L’objectif, en accord avec l’état et sous l’impulsion de Jean-François Dubost était d’acquérir auprès de l’état des terrains et de concevoir le projet pour permettre l’installation de cette cité [spatiale]. On avance rapidement. »

    Justement, où en est ce projet ? Selon Sabine Montiès, directrice des investissements Edeis Concessions, les études de conception sont finalisées. Les premiers travaux pourraient être lancés à la mi-2027.

    « La première filière industrielle de la région, c’est l’aéronautique. pointait Jérôme Perrin, directeur général du pôle Safe, qui a mené des études sur les besoins et filières aéronautiques, autour de la future Tech Valley. Depuis le spatial sur l’est de la région et l’aéronautique sir la partie Ouest, avec une concentration forte dans mes Bouches-du-Rhône et sur le territoire de la Métropole. » Installer la Tech Valley à Aix suit donc une logique économique, et vise « une capacité d’accueil » d’emploi de 2 500 personnes ainsi qu’une réserve pour la formation et une pépinière d’entreprises d’environ 5 000m2. Si le projet est économiquement « faisable » selon Jérôme Perrin, ce dernier précise « qu’on n’a pas de grand groupe qui nous dit s’installer sur le site d’Aix-en-Provence. Il va falloir aller convaincre au cas pas cas ». Pour le maire (UDI), Sophie Joissains, ce projet et une aubaine pour « avancer » vers une « économie florissante et d’avenir, qui nous permette dans les années qui viennent d’être les plus performants possibles ». Tout en restant« réservée » sur l’aéronautique :« Nous avons des riverains extrêmement vigilants sur les nuisances sonores. » Autre point de vue sur ce projet, dessiné par le Colonel Guillaume Michel, directeur de cabinet du Général commandant de l’école de l’air et de l’espace, la défense. Et préparer « Les esprits. Non pas pour la guerre, mais pour l’éviter ».

  • Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    C’est à deux pas de l’enceinte d’Airbus Helicopters, premier employeur privé du département, que se tenait le Forum aéronautique, emploi et sécurité ce mercredi 8 avril. Plus de cinquante entreprises, allant des leaders mondiaux, tels que Safran, Segula ou Sabena, aux PME locales ont répondu présentes à cette 15e édition.

    « Il y a de vrais besoins, affirme Sophie Nguyen Thanh Dao, directrice de l’agence France Travail de Marignane. On a la chance d’être sur un territoire qui a une histoire liée à l’aéronautique, avec un bassin d’emploi de l’étang de Berre qui abrite des donneurs d’ordre et des sous-traitants avec de réelles opportunités : on a 700 offres qui sont proposées, qui vont du CAP jusqu’à l’ingénierie, avec des postes à pourvoir dans les prochains mois. »

    Parmi les profils les plus recherchés, les techniciens de maintenance. « C’est le graal », assure Véronique Pinotti, directrice emploi au sein de l’Union des industries et métiers de la métallurgie Côte d’Azur. « C’est un métier en tension, on a du mal à être attractif alors que c’est super intéressant, on fait de la maintenance prédictive, c’est très moderne. »

    Si les carnets de commandes sont pleins, c’est en partie dû au « contexte international » qui « nécessite de la production et donc par répercussion de l’emploi », souligne Sophie Nguyen Thanh Dao.

    Le secteur devrait poursuivre son développement dans les années à venir, avec l’implantation de nouvelles industries à l’instar d’Hynaero à Istres. « Ces projets sont encore autant d’opportunité d’emplois dans l’aéronautique avec, à terme, pour 2027-2030, bon nombre de postes, poursuit la directrice d’agence. Tous les partenaires de l’emploi et de la formation s’organisent pour préparer ces arrivées. »

  • Léo Lagrange ouvre les pistes de l’aéronautique aux jeunes

    Léo Lagrange ouvre les pistes de l’aéronautique aux jeunes

    On ne dirait pas un jeu. J’ai eu un peu le vertige, mais ça va. » Kenza* enlève son casque de réalité virtuelle et repose les manettes sur le siège de pilote. Une première pour cette élève de sixième qui n’a « jamais pris l’avion » et après quelques cambrures involontaires, vient de réussir un atterrissage sans faute aux commandes d’un avion de chasse. « Je ne sais pas ce que je ferai plus tard, mais je n’avais jamais imaginé ça…c’est bien de découvrir ces métiers. »

    Simulateurs de vol, ateliers pédagogiques, échanges avec des experts du secteur aéronautique et aérien ou exploration des coulisses du numérique, le gymnase s’est transformé en un salon de l’aéronautique ludique. « On n’est pas dans un job dating, on ouvre les pistes mais on ne trace pas de chemin. Nous mettons en lien notre jeune public avec une belle filière professionnelle qui a un avenir », annonce Vincent Séguéla, secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange. Depuis 2022, l’association d’éducation populaire qui fête ses 90 ans organise trois fois par an les journées Horizon Aéro, un événement immersif porté par Boeing France.

    Faire décoller son avenir

    « On est dans la découverte des métiers techniques, numériques et aéronautiques », précise Jean-Marc Fron, directeur général de Boeing France, qui invite les jeunes à explorer « les professions en lien avec les grands défis technologiques et environnementaux du monde de demain ». Et elles sont nombreuses et variées dans ce secteur « qui recrute en permanence et jouit d’un potentiel de croissance important ». Mais victime de décennies de dédain, la filière industrielle reste aujourd’hui encore peu attractive. Pilotage, mécanique, construction, soudure, contrôle, sécurité, accueil, baggages, informatique, maintenance…elle pourant offre un vaste pannel de métiers « avec plusieurs portes d’accès, du CAP à l’ingénieur. Et elle se féminise. Déconstruire les stéréotypes est très important », indique le DG de Boeing, venu réhausser le blason industriel sur un territoire où son conurrent Airbus est implanté. « On le fait pas pour nous, mais pour la filière. »

    Sur le terrain du gymnase, le sport des jeunes consistait à passer d’un atelier à l’autre, à se tester au quizz de l’association découvrAIRte, à poser leurs questions, à prendre la parole et à partager leurs impressions au micro d’une webradio sur le monde de l’industrie et des métiers techniques et manuels en France, sur leur rapport au travail et leur avenir. Les simulateurs captent cependant le plus gros de l’attention. Jean-Michel Capron, qui travaille depuis dix ans avec la Fédération Léo Lagrange, explique les principes du guidage au sol pour placer un avion sur la piste. Au commande d’un Boeing 737, Théo, 14 ans, reste attentif aux messages radio et commence à prendre de l’assurance au deuxième voyage. Fin du vol. Il atterrit en plein centre de la piste et souffle : « J’ai ramené tous mes passagers ! » Sous les rires des animateurs, l’adolescent laisse sa place un peu à contre-coeur. Visiblement grissé par l’expérience, il avoue : « Au début je jouais en vidéo. Après j’étais trop concentré en vérité. Je voulais faire médecin mais là je sais plus. C’est tarpin bien le vol. »

    Sur un forum associatif, aux côtés de l’Epide, de l’Apave Camas Formation, Catherine pour l’agence France Travail de Marignane, explique : « On informe sur ces métiers en tension. Usineur, câbleur, ajusteur ou ingénieur ultra qualifié. » L’aéronautique, mais aussi l’aéroprtuaire y sont représentés. Ce dernier particulièrement en crise de recrutement. « Les horaires décalés, saisonnier…mieux vaut avoir une voiture car les rotations des navettes restent insuffisantes. » À côté, la Ville de Marseille propose une aide au permis de conduire.

    Mais aussi quelques métiers autour du loisir. L’Aéroclub de Saint-Rémy Les Alpilles, affilié à la Fédération française de vol en planeur (FFVP) avait installé un simulateur tout aussi prisé des minots. Quoique le planneur a aussi ses pistes pros : « Mécano, chef de piste, animateur de vol… », liste Xavier, retraité de la justice qui affiche 15 années de pratique au compteur.

    * Les prénoms des mineurs ont été changés.

  • [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    [Travailleur de demain] Capucine Cauchard, l’aéro dans la peau

    Après son bac, la Gardoise, qui s’imaginait pourtant faire des études de médecine, poursuit finalement dans la même voie. « J’avais peur de ne pas être suffisamment intelligente pour Paces et, dans le cadre de mon option au lycée, on était allés voir pas mal de métiers de l’armée, de la sécurité civile, tout ça s’était logé dans un coin de ma tête », explique-t-elle. Dès son premier cours de BTS aéronautique à Nîmes, elle sait qu’elle a pris la bonne décision. « C’est le coup de foudre, se rappelle-t-elle. C’est à ce moment-là que je sais que je serai mécanicienne. »

    Pourtant, rien ne prédestinait Capucine à ce métier. « Personne de ma famille ne travaille là-dedans et c’est vrai qu’il y a beaucoup de reproduction sociale, confie-t-elle. En classe, j’étais avec des gens qui connaissaient tous les termes techniques parce que leurs parents venaient de l’aéro. Ça m’a fait me poser des questions. » Passionnée, la jeune fille redouble d’efforts et excelle.

    Secret-défense

    Après une licence professionnelle, elle se lance en 2023 dans une mention complémentaire en apprentissage. C’est à ce moment-là qu’elle rejoint les rangs de Dassault Aviation, qu’elle n’a plus quitté depuis. Capucine explique : « Chaque site de la boîte a un peu sa spécialité. » Depuis 1950, l’établissement de Mérignac, à proximité de Bordeaux, réalise par exemple l’assemblage final et la mise en vol des avions d’affaires et militaires produits en série. Sur la base aérienne 125, les effectifs se concentrent sur le développement. « On est soumis au secret-défense, parce qu’on est sur la base militaire et qu’on travaille sur des technologies sensibles », révèle-t-elle.

    En deux mots, Capucine fait partie des équipes qui « testent les nouveautés, des choses qui vont être mises en place dans X années, lors d’essais en vol ». Elle, est spécialisée sur le Rafale. « J’aime les appareils qui ont une mission spécifique, explique-t-elle. Tous ceux qui font du transport de personnes, ça m’intéresse absolument pas. J’avais adoré travailler pour la sécurité civile, j’adore travailler pour l’armée, ça donne vraiment une autre dimension à ce que tu fais. »

    Travailler sur le même avion de combat n’a rien de rébarbatif. « Tu t’ennuies jamais, tu fais jamais deux fois la même chose et même pour les tâches qui sont récurrentes, tu peux la refaire 15 fois, ce sera jamais exactement pareil. T’es tout le temps en train d’apprendre. »

    Celle qui s’imaginait faire de grandes études se consacre désormais à sa licence PART 66, qu’elle obtiendra d’ici quelques années après avoir passé des examens écrits et accompli un certain nombre de tâches. « Après ça, j’aimerais aussi passer la qualification type de l’appareil sur lequel je travaille. Tout ça n’est pas obligatoire, mais je vois ça comme du plus, c’est pour avoir plus de compétences. » L’insatiabilité mène à l’excellence.

  • Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Un projet d’arrêté portant sur la « limitation des conditions d’utilisation des tours de piste » de l’aérodrome d’Aix-les Milles est actuellement à l’étude, indique le ministère des Transports. Objectif affiché : réduire les nuisances sonores autour de la plateforme, régulièrement dénoncées par les associations et comités de quartier riverains. Une consultation publique est ouverte sur ce projet jusqu’au 11 janvier. « Les tours de piste des aéronefs constituent la principale source de nuisances pour les riverains proches. L’objectif de cet arrêté est de conditionner, en période estivale, l’exécution des tours de piste à la performance acoustique des avions légers », précise le ministère. Le texte prévoit notamment de limiter les tours de piste toute l’année, entre 8h et 19h. Des restrictions renforcées s’appliqueraient, en plus, entre le 1er juin et le 15 septembre. Les week-ends et jours fériés, seuls les avions électriques et légers basés les moins bruyants seraient autorisés à effectuer des tours de piste. Pour le collectif C2DA, l’arrêté est pourtant limité à la fois géographiquement, sur les activités, et dans le temps. « L’arrêté ne traite pas la totalité des autres nuisances : les paras, l’aviation d’affaire… On avait demandé d’avoir des mesures plus ambitieuses que ce que l’on nous propose, rapporte François Cabenet, président de C2DA. Il portera quelques améliorations mais ne va pas traiter la problématique [sonore] des villages (…) Enfin, l’arrêté porte sur trois mois et demi. Lors de la dernière CCE [comission consultative de l’environnement], les associations ont demandé qu’on porte le consensus sur sept mois au mois d’activité. On peut mieux faire », estime François Cabenet.