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  • Un nouveau lieu inclusif pour les sourds et malvoyants à Marseille

    Un nouveau lieu inclusif pour les sourds et malvoyants à Marseille

    Ce mercredi 5 novembre à 11h, l’Institut régional des sourds et aveugles de Marseille (Irsam) a présenté la Villa Saint-Louis et son superbe site, au pied de Notre-Dame de la Garde. Futur lieu de vie et d’inclusion, il ouvrira au public début 2026. L’Irsam, qui accompagne les jeunes et adultes présentant une déficience ou un handicap sensoriel, s’attache à travers ce lieu à favoriser leur autonomie au quotidien.

    « C’est un tiers-lieu qui remplira trois objectifs, présente Ambroise Arnaud, le président de l’Irsam. Il s’agit d’abord d’un habitat inclusif. Ce sera ensuite un lieu de vie sociale et partagée ouvert à tous, et enfin une entreprise adaptée, que nous avons nommé Le Répit de Notre-Dame », ajoute-t-il, rayonnant. « Ce Répit permettra non seulement d’accueillir les visiteurs et pèlerins qui montent et descendent, mais permettra également aux résidents que nous accompagnons, de pouvoir travailler et donc de s’épanouir davantage », poursuit-il.

    Le Répit de Notre-Dame

    En plus de bénéficier d’un panorama exceptionnel, la bâtisse proposera des salons type lounge, un espace à louer pour les entreprises, un espace de restauration dans un esprit épicerie de quartier, et plus encore. « L’activité de restauration sera tenue par des personnes potentiellement déficientes visuelles ou cognitives », décrit Julie Giraud, pilote du projet pour l’Irsam. « Et la vie collective se passera aussi au niveau des jardins : on a quatre restanques magnifiques, qui vont être aménagées pour avoir un potager, un terrain de pétanque, une terrasse pour le café », détaille-t-elle.

    Le tiers-lieu mettra à disposition dix appartements. Trois accueilleront des personnes suivies par l’Irsam, comme Camille, 32 ans, malvoyant, qui travaillera au Répit de Notre-Dame. Il sera le tout premier locataire. « Cela représente pour lui la concrétisation d’un long travail personnel de développement de son autonomie. Lorsqu’on présente une déficience visuelle, plier son linge ou se faire à manger n’est pas si simple » raconte Jérémy Brakha, accompagnant éducatif et social.

    Pour les autres appartements, des locataires volontaires seront sélectionnés pour prendre part à ce projet de vie. Le site promet donc un souffle nouveau. Il a été offert il y a quelques années par la Congrégation des Sœurs immaculées de Marie à l’association Irsam. « C’est un projet de rénovation qui a pris du temps car on voulait vraiment mettre ce lieu au profit des personnes qu’on accompagne », explique Julie Giraud. « On aimerait louer à partir de février, glisse-t-elle, et ouvrir les lieux communs à partir de mars »… Pour le plus grand bonheur de ce quartier touristique, jusqu’ici pauvre en propositions de restauration.

  • La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    Le parrainage républicain est une tradition qui remonte à la Révolution française. À l’époque, deux citoyens en parrainaient un troisième, l’accueillant ainsi au sein de la République française. Aujourd’hui, ce trinôme, composé d’une personne migrante (ou d’une famille), d’un citoyen et d’un élu, « contribue à sensibiliser l’opinion publique sur le droit à la citoyenneté des sans-papiers, des exilés et réfugiés et s’inscrit dans une volonté commune de mettre en place une autre politique d’immigration et d’accueil. Cet événement a une dimension chaleureuse, festive, mais aussi politique et médiatique : il s’agit de montrer que les citoyens de notre pays tiennent à ce que l’on reste une terre d’asile », détaille dans un communiqué la Ville de Montpellier. Jusqu’au 21 novembre, la collectivité lance un appel à volontaires auprès de la population montpelliéraine souhaitant rejoindre cette démarche coordonnée par l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) à l’occasion de la journée internationale des migrants, en décembre. Une initiative à laquelle s’associent également les élus de la collectivité volontaires et les bénévoles des associations mobilisées, qui orientent les personnes à parrainer.

    « Il y a des parrains citoyens qui proposent de recevoir la personne à manger, de faire des courses ensemble, d’aller au cinéma, voir des matchs de foot, des spectacles… Chaque parrainage dépend de ce que chacun y met, c’est très ouvert », décrit Michel Calvo, délégué à la ville fraternelle et solidaire. « Les personnes migrantes, durant les premières années sur le territoire, ne voient bien souvent que des gens spécialisés dans l’obtention d’un titre de séjour. L’idée du parrainage, c’est d’offrir un accompagnement d’humanité plus que de spécialiste », résume l’élu.

    Une première rencontre se tiendra le jeudi 27 novembre à 18h à la Maison des relations internationales de Montpellier pour que les trinômes se forment en vue de la cérémonie de parrainage républicain, qui aura lieu mercredi 17 décembre à l’hôtel de ville à l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes.

    * Pour candidater,
    une adresse mail a été créée
     : parrainagesrepublicains@montpellier.fr Via ce mail, il s’agit simplement d’exprimer
    son souhait de parrainer et d’indiquer son nom, prénom, adresse et numéro de téléphone.

  • Misère, quand les institutions maltraitent

    Misère, quand les institutions maltraitent

    « Nous devons insister sur ce qu’on est et ce qu’on n’est pas », enrage Julien Moisan, chargé de plaidoyer du Secours catholique en accueillant à l’ADJ de la rue Malaval à Marseille, entièrement refait à neuf. « Nous en avons assez de pallier les carences des pouvoirs publics. Notre mission n’est ni la distribution alimentaire, ni les douches publiques, mais d’offrir un espace confortable aux personnes dans le besoin et de prendre le temps d’échanger avec eux. »

    Il est 9h, les tables sont déjà toutes occupées et Eva et Saïd ne sont pas trop de deux pour offrir cafés, thés et parts de cake aux arrivants. Ils sont ainsi plus d’une centaine à venir se poser, discuter ou chercher une aide administrative, un accompagnement vers l’emploi, un accès aux droits, consulter le médecin ou le podologue, prendre rendez-vous avec le coiffeur, participer à l’atelier de français ou à celui d’initiation à l’informatique, chacun des quatre jours d’ouverture hebdomadaire. « Pour sortir de l’isolement », ajoute un monsieur hébergé dans un foyer Adoma. Et pour répondre au manque de bains publics, l’accueil dispose de deux douches. Les associatifs, notamment depuis la crise Covid, ont bien multiplié les points de distribution alimentaire, mais « où peut-on manger assis, dignement ? interroge Julien Moisan, de même que pour l’hébergement ou l’hygiène, dans la réalité, il n’y a plus de dispositif d’accueil inconditionnel ».

    Slimane, 65 ans, retraité du BTP, happe Danièle, qui gère l’aide administrative, au passage : « Je dors depuis plus d’un mois à l’aéroport. Le 115, c’est une fois oui, vingt fois non. Je ne sais plus où aller. » La bénévole confirme : « C’est de plus en plus difficile. Et avec les nouvelles réformes, il y a beaucoup de sorties de droits. Un manquement à la CAF et l’aide est coupée dès le 3e mois, un contrôle expéditif et l’allocation handicapé saute. On récupère les gens à la petite cuillère. » Un jeune étudiant étranger ressort d’un bureau soulagé. « Ils vont m’aider pour faire changer mes lunettes. Mon droit à l’AME avait été remis en cause. Il faut renouveler le dossier », indique-t-il.

    Des vies cadenassées

    À l’étage, la salle informatique est très sollicitée. Bien que le défenseur des droits ait déjà alerté sur le fait que la dématérialisation des services publics éloigne les plus fragiles de l’accès aux droits, on note ici peu d’amélioration. Une mère de famille est en panique. Son mot de passe est refusé sur son espace CAF. Arrivé à son secours, Julien Moisan réalise, après plusieurs tentatives, qu’un 3e code a été mis en place. « Pour protéger vos données », précise le site sur l’écran. « C’est un verrou de plus à une administration cadenassée, qui a déjà fermé ses accueils physiques. On supprime le lien humain, on met des algorithmes sous prétexte de lutte contre la fraude. En réalité, on cadenasse des vies !  » réagit-il.

    Au-delà des baisses budgétaires, ce responsable associatif pointe un grave recul des politiques publiques dans ses réponses à l’urgence sociale : « Il y a une priorité donnée au parcours d’insertion dans les dispositifs d’urgence. » Conséquence : « Ceux qui ne sont pas entrés dans un dispositif se retrouvent devant des portes fermées. On met des précarités en concurrence. » Et sur le terrain, la pauvreté ne recule pas, mais s’invisibilise : « Les plus isolés, les plus fragiles, les enfants, les femmes enceintes continuent de l’être. Le nombre de mineurs non pris en charge par l’aide sociale à l’enfance reste impressionnant. De même, le parcours de la sortie d’hospitalisation est si mal pensé que le retour à la rue est monnaie courante. »

    Au milieu de l’accueil, une petite fille court des bras de son père aux genoux de sa mère. Débouté de sa demande de droit d’asile, le couple, dont un des enfants est né en France, a dû libérer du jour au lendemain sa place en Cada. Un recours doit être mis en place, mais pour l’instant, c’est la rue qui les attend. Bien consciente que tous les dispositifs sont sous-dotés, Danièle a cependant contacté les centres d’hébergement, sans succès. « À partir de là qu’est-ce qu’on fait ? Le plus terrible, c’est de ne pas pouvoir apporter de solution », regrette-t-elle. L’heure de fermeture approche, l’accueil se vide lentement.

  • À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    Il est 6h30 du matin ce mercredi. Sur le rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet qui mène à l’A50, ils sont une trentaine à ralentir la circulation et à tracter pour faire connaître le mouvement du 10 septembre aux automobilistes. Les profils sont variés : retraités, enseignantes, libraires ou personnes au RSA, tous ont fait le déplacement pour montrer leur ras-le-bol face à la politique actuelle.

    « On se fait traiter n’importe comment par le gouvernement. On travaille comme des acharnés et ils ne veulent même pas nous aider. On est en colère », s’indigne une salariée de la mairie de Marseille. Jean-Marc, photographe, ne mâche pas non plus ses mots contre le gouvernement : « la classe dirigeante est une bourgeoisie boulimique. Plus ils ont d’argent, plus ils en veulent. Et ils continuent à aller chercher l’argent chez les plus pauvres, pendant que les grandes fortunes n’ont jamais fait autant de bénéfices. »

    Un barrage filtrant est plutôt bien accueilli par les automobilistes, dont beaucoup récupèrent le tract et manifestent leur soutien. Certains poids lourds s’arrêtent même pour bloquer la circulation et klaxonner au rythme du chant des militants : « Macron démission ». Un accueil qui s’explique facilement selon l’un des manifestants sur place : « les gens sont super réceptifs. Quand on leur parle de la vie chère, tout le monde se reconnaît ».

    Après quelques heures au rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet, le groupe se déplace pour tracter au rond-point d’entrée de l’A50, puis celui devant le centre commercial de la Valentine.

    Une action sans violence tout de même encadrée par la police. Dès le début du barrage, une quinzaine d’agents étaient présents avec casque et bouclier anti-émeute. « Au moins, ils sont bloqués ici et ils ne sont pas dans le centre », plaisante une participante. à partir de 11h30, l’effectif policier diminue, mais ils commencent à menacer de verbaliser les automobilistes qui s’arrêtent trop longtemps pour échanger avec les manifestants. « C’est un moyen pour eux de décourager les gens de faire grève ou de manifester. Un des automobilistes s’est pris une contravention de 640 euros pour entrave à la circulation », se désole l’un des grévistes.

    Vers 12h30, le groupe a décidé, en votant à mains levées, d’aller prêter main-forte au blocus de l’entreprise de vente d’armes Eurolink. Certains sont allés rejoindre les cortèges aux Réformés.