Tag: accompagnement

  • Les missions locales en action face à l’austérité

    Les missions locales en action face à l’austérité

    « On est la voix des jeunes les plus fragiles ! ». Devant la préfecture de la région Sud Paca à Marseille ce mardi, Daniel Wehrle, secrétaire régional de la CGT Missions locales, tient à rappeler le rôle essentiel de ces structures dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi. « On fait un accompagnement intensif, qui prend en compte les problématiques globales des jeunes. On ne s’arrête pas uniquement à la demande d’emploi, on voit aussi les besoins périphériques du jeune : mobilité, logement, santé mentale… », développe le syndicaliste. Devant lui, des salariés de structures de toute la région, d’Avignon à Aubagne en passant par Carpentras et Martigues, ont fait le déplacement pour cette mobilisation à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, SUD et CFDT). Et ils donnent de la voix à grands coups de slogans maison : « Plus de budget, jeunesse en danger ! Investir dans les jeunes, pas les ignorer ! ».

    Il faut dire qu’il y a urgence pour les petites mains de l’insertion des jeunes vers l’emploi : une baisse de 13% des financements des missions locales est prévue dans le projet de loi de finances 2026 (lire notre édition du 18/11). Laquelle s’ajoute à une diminution de la dotation étatique de 5,6% pour les contrats d’engagement jeunes (CEJ) et une baisse de plus de 6% du budget des missions locales l’année passée. Bien qu’amendé en commission des finances et pas encore voté, l’inquiétude est vive. « C’est le coup de trop ! Qu’est-ce qu’on va faire de notre jeunesse sans ces moyens ? », s’insurge Isabelle Urbano, déléguée régionale pour la CFDT-Synami (Syndicat national des métiers de l’insertion). In fine, elle craint une forme d’arrivée de la politique du chiffre dans les structures : « On est déjà en état de saturation, il y a bon nombre de missions locales qui sont déjà en difficulté… Faire rentrer les jeunes dans des cases, ce n’est pas notre travail ! ». Elle dénonce : « Moins de moyens, ce sont des territoires qui seront pas, ou moins, couverts. Et donc des jeunes à l’abandon ! ».

    « Un impact pour les jeunes les plus éloignés »

    Car concrètement, cette baisse équivaudrait à « 1 100 fins de contrats ou contrats non renouvelés, selon l’UNML [Union nationale des missions locales Ndlr] », précise Daniel Wehrle. Soit entre 120 et 200 salariés en moins au niveau régional selon les calculs syndicaux, qui estiment à 25 pertes de contrats pour les antennes marseillaises. Un comble à l’heure où le chômage des jeunes est en constante augmentation. « On essaie de maintenir un accompagnement humain, mais sans moyens ça va devenir impossible », déplorent deux salariées de la mission locale de Marseille. Avant de faire un triste constat : « Ça va aboutir à moins d’équité et il y aura un impact pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi. »

    Autre conséquence à craindre : « La hausse des délais d’attente pour un accompagnement », selon Fouzia Staali, salariée de la mission locale de Martigues et déléguée CGT. Laquelle insiste sur le travail effectué au quotidien : « Des jeunes à la rue, des jeunes qui ne mangent pas, c’est ça la réalité de notre accompagnement. Notre but c’est de les sortir du marasme. » D’où le débrayage du jour, avec maintien de salaire pour la plupart des travailleurs des structures de la région. Le tout, permis grâce à une alerte commune avec les directions et présidences des missions locales qui se mobilisaient devant l’Assemblée nationale à Paris, au même moment. Si une délégation syndicale a été reçue en préfecture à Marseille, « tout se jouera lors de l’examen final de cette loi de finances », conclut Daniel Wehrle.

  • Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Entre le moment où Léna, 24 ans, sonne pour monter à la mission locale du Vieux-Port, et celui où la porte s’ouvre, quatre autres jeunes l’ont déjà rejoint et attendent aussi de monter. Ce lundi, ils sont plusieurs dizaines, âgés de 16 à 25 ans, à passer la porte du 19 rue Vacon à Marseille (1er) pour se faire accompagner dans la recherche de travail, de logement ou pour trouver une écoute.

    Une bonne partie de ceux présents viennent pour leur premier rendez-vous. C’est le cas de Léna qui vient surtout pour avoir accès à des aides. « J’ai fait un service civique et j’ai rompu un contrat saisonnier. Comme je n’ai pas 25 ans, je n’ai le droit ni au RSA ni au chômage. ça fait un mois et demi que je n’ai plus de revenu, c’est très compliqué », confie-t-elle. Les aides apportées par la mission locale, sont « importantes pour moi », assure-t-elle. Si les missions locales permettent d’avoir accès à des aides financières avec le contrat d’engagement jeune (CEJ), elles assurent avant tout un suivi personnalisé pour des jeunes qui n’ont pas forcément de réseau familial ou professionnel. C’est le cas de Genta, 19 ans, réfugié en France depuis quelques mois. « J’habite seul et j’avais besoin d’aide pour trouver des formations et des stages. » Redirigé vers la mission locale par son assistance sociale, le jeune homme espère trouver une formation dans la couture grâce aux conseillers de la structure. Aurore, arrivée il y a un mois à Marseille, y cherche quant à elle de l’aide pour trouver un logement. Car l’accompagnement proposé ne se limite pas à la recherche d’emploi mais englobe l’accès « à la santé, au logement, aux droits, à la citoyenneté et à la mobilité », indique le site du ministère du Travail et des solidarités.

    Aide psychologique

    Keyra, 22 ans, vient elle depuis un an. Elle a trouvé entre ces murs une oreille attentive à ses problèmes. « Quand j’ai commencé, je n’étais pas très assidue. Mais mes conseillères m’ont poussée à revenir, se rappelle la jeune femme. Elles ont été très à l’écoute. Au lieu de me fermer les portes, elles ont essayé de me comprendre. » La jeune fille, qui est suivie par un psychiatre, a pu trouver une réponse appropriée au sein de l’institution. « On m’a conseillé des structures plus adaptées à mes soucis. Mes conseillères m’aident beaucoup sur le plan psychologique plutôt qu’à chercher du travail », explique-t-elle. Un psychologue est d’ailleurs présent au sein de la mission locale pour les bénéficiaires du CEJ. Un accompagnement personnalisé et complet qui risque d’être dégradé par la baisse du budget et du nombre d’employés, alors que les jeunes en difficulté ne cessent d’être de plus en plus nombreux, chaque année.

  • L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    « Il faut rendre l’industrie désirable », répète à qui veut l’entendre Pascal Kuhn, directeur du site marignanais d’Airbus Helicopters et président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée. Ce lundi 17 novembre, le secteur fait un pas de plus vers cet objectif en inaugurant sa toute nouvelle halle immersive 360° au sein du CFAI d’Istres, alors que s’ouvre la 14e édition de la Semaine de l’industrie.

    C’est au premier étage du pôle de formation sud de l’UIMM que les publics peuvent désormais découvrir ce lieu innovant. Après avoir franchi le pas de la porte, un premier espace interactif dédié à la découverte des métiers se dévoile. Les visiteurs peuvent pianoter sur les écrans pour se familiariser avec les filières et entreprises qui embauchent localement – telles que l’aéronautique, la sidérurgie, la défense ou la chimie – avant de passer dans un couloir consacré à l’expérimentation. Là, plusieurs outils sont à disposition : le jeu vidéo Forindustrie, un atelier pour choisir l’intensité du vent et l’orientation des pales d’une éolienne ou encore un poste à souder virtuel pour s’essayer au procédé d’assemblage… Équipée d’un écran incurvé, une dernière salle présente des témoignages vidéo de travailleurs et de travailleuses du bassin industriel.

    Imaginée avec France Travail, la halle est un outil à destination des scolaires mais surtout des demandeurs d’emploi. Jean-Pierre Dos Santos, le directeur du CFAI d’Istres, explique : « Ça permet de démystifier les métiers de l’industrie de manière rapide et démonstrative. Un travail de fond est ensuite fait avec des services publics de l’emploi comme l’Apec, Cap avenir, la Maison de l’emploi ou les missions locales pour assurer un accompagnement social du bénéficiaire dans sa recherche, son évolution ou sa reconversion. »

    Un besoin en main-d’œuvre grandissant

    Cette halle immersive s’inscrit dans le Contrat d’objectif sectoriel. Créé pour renforcer l’adéquation entre l’offre de formation et les défis du marché du travail, cet outil comprend deux autres piliers que présente Jean-Pierre Dos Santos : « Le parcours industrie avec l’Éducation nationale pour travailler sur l’attractivité des jeunes à partir de la 5e jusqu’en seconde pour pouvoir redonner du sens à la voie professionnelle, qui est aujourd’hui remplie à 50%. (…) Le troisième volet s’attaque à l’enseignement supérieur avec le plan de Renaud Muselier qui vise à diplômer 1 000 ingénieurs supplémentaires par an d’ici 2030. »

    Dans la région, les enjeux sont grands. Selon la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence, l’industrie pèse pour 32% de l’emploi salarié privé, soit environ 467 000 emplois directs et induits. Et le secteur va se développer dans les années à venir, rappelle Sébastien Debeaumont, directeur de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités : « 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés sont annoncés d’ici 2030-2040, si tous les projets portés se réalisent c’est 10 000 emplois supplémentaires créés et donc le défi à relever collectivement est de répondre à ce besoin de main-d’œuvre en suscitant des vocations ou en amenant progressivement les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion à s’intéresser à ces métiers. » Sans oublier les « 60 000 personnes qui seront recrutées pour remplacer les départs à la retraite », précise Pascal Kuhn.

    Linda Khenniche, directrice régionale adjointe de France Travail est confiante : « Ce sont ces lieux un peu différents, ces formats ludiques et attractifs qui permettent la rencontre des candidats avec les recruteurs. »

    Les rendez-vous de la semaine de l’industrie

    Féminiser les métiers

    Tout au long de la semaine de l’industrie, des groupes comme Eiffage, CMA CGM, CS Group ou Vinci ouvrent leurs portes à des étudiantes, lycéennes et collégiennes pour des journées dédiées à la féminisation du secteur. Avec ateliers et rencontres de travailleuses de l’industrie.

    Forum régional de l’industrie

    Une trentaine d’entreprises majeures de la maintenance industrielle, des industries aéronautique, navale et nucléaire donnent rendez-vous aux visiteurs et curieux le jeudi 20 novembre, de 14h à 17h, au pôle d’activités Yvon-Morandat à Gardanne.

    Visite de la centrale EDF de Martigues

    Lundi 24 novembre, la centrale thermique, en service depuis 2012, organise une visite d’1h30 sur inscription. À noter que les cycles combinés gaz de Martigues sont les premiers construits en France en utilisant une partie des installations de l’ancienne centrale au fioul.

    Une conférence sur la 5G

    Mercredi 26 novembre, à 9h, une conférence présentera les résultats d’une expérimentation menée au Technocentre Henri-Fabre à Marignane. Un rendez-vous pour comprendre comment la 5G privée peut améliorer la performance et la connectivité dans les ateliers industriels.

  • La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    Après l’hôpital de Salon-de-Provence, c’est au tour de l’hôpital de Martigues de se voir doter d’un mammographe neuf, en grande partie financé par la Ligue contre le cancer. Une bonne nouvelle, alors qu’Octobre rose (mois dédié à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein) vient de s’achever, que salue le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni : « Cet équipement d’imagerie médicale, destiné à détecter les tumeurs du sein, permet aussi de faire de la prévention et du dépistage, ce qui est un élément extrêmement important. Cette prise en charge existait déjà au centre hospitalier de Martigues. Ceci étant, les équipements arrivent à un niveau d’utilisation qui nécessite leur remplacement. Le niveau de précision du nouveau mammographe nous permettra d’utiliser à bon escient l’intelligence artificielle et l’imagerie virtuelle pour connaître le niveau d’atteinte de la patiente en cas de tumeur, et pour savoir s’il y a une suspicion éventuelle ou un niveau de fragilité. »

    Cet appareil dernier cri, d’un coût de 280 000 euros, financé à hauteur de 200 000 euros par la Ligue contre le cancer et de 80 000 euros par la Ville de Martigues, remplacera le précédent, qui datait de 2012. Si 13 années peuvent paraître peu à l’échelle d’une vie, dans le domaine médical, c’est un monde. L’évolution des technologies est un « sujet très important » pour les établissements, affirme Loïc Mondoloni. « Les équipements très onéreux comme les IRM ou les scanners doivent être renouvelés tous les sept ans, pour des montants qui peuvent aller de 600 000 euros à 1,5 million d’euros », illustre-t-il. Une exigence compliquée à honorer, alors les hôpitaux sont exsangues.

    Accompagnement et soins support

    Magali Maugeri, directrice de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, le concède : « On pallie les manques de l’État. » Cette année, le comité départemental de l’association a accordé plus de 900 000 euros au financement de la recherche et d’équipements médicaux, une somme record.

    « On le sait, l’argent manque », poursuit-elle. Pas seulement au plus haut niveau de l’État : « L’accompagnement financier qu’on propose aux familles touchées par la maladie devient de plus en plus récurrent, les gens sont pris à la gorge. Cette année, on va en aider plus de 480 à hauteur de 600 euros maximum. L’an dernier, elles étaient 320. »

    La Ligue contre le cancer propose aussi un accompagnement psychologique et social gratuit aux malades et aux aidants, avec des ateliers de sport adapté, une offre de soins de support et un accès à professionnels de santé et de bien-être. L’association tient des permanences au Pôle santé handicap de Martigues.

  • Magali Giorgetti : « L’État doit prendre ses responsabilités »

    Magali Giorgetti : « L’État doit prendre ses responsabilités »

    « En tant qu’assistante sociale dans l’éducation nationale, je mesure les difficultés des travailleurs sociaux, des familles, des enfants, et je ne peux qu’approuver. Oui, c’est un système qui s’effondre, c’est une véritable catastrophe », abonde-t-elle.

    Pour l’élue communiste de Port-de-Bouc, la responsabilité première incombe à l’État, qui « s’est totalement effacé de ses responsabilités », avec le transfert de compétence aux Départements, sous Sarkozy. « Je ne veux pas pointer du doigt que le Département. Que fait le gouvernement ? Il doit prendre ses responsabilités. Après, le conseil départemental met des moyens qui sont largement insuffisants. Les situations se multiplient, elles sont de plus en plus nombreuses, difficiles, complexes et souvent inextricables », glisse celle qui, sous sa casquette syndicale, a toujours décrié la privatisation de la protection de l’enfance, visant « à confier sur projets, à des associations et organismes privés, des choses qui devraient relever de l’État ».

    Malgré la hausse du budget de la Direction des maisons de l’enfance et de la famille du Département, les réponses ne suivent pas. « Les problématiques explosent et les solutions manquent : trop peu de maisons d’urgence, de places en foyer, c’est un problème exponentiel », pointe-t-elle, rappelant les contentieux liés aux refus de prise en charge sur les contrats de jeunes majeurs : « Une jeune de 18 ans en lycée pro qui vient parce que ses parents l’ont mise à la rue ou qu’elle a été frappée, je ne peux rien lui proposer si elle n’a pas connu les services sociaux avant. C’est aberrant. »

    Au milieu de cette misère économique et sociale, les personnels en souffrance manquent de reconnaissance avec des salaires bas entraînant un turnover incessant. Si la conseillère d’opposition salue l’effort fait sur les salaires, « sous forme de primes puisque les grilles indiciaires sont fixées par l’État », elle note leur insuffisance.

    Une situation qui s’aggrave avec « la frustration » : « On porte une analyse, on identifie la problématique, mais après, on a très peu de solutions, on manque de structures », poursuit la Port-de-boucaine. « C’est comme quand la présidente dit qu’elle a augmenté le nombre de lits en pouponnières. Très bien, mais on sait qu’il y a un trop grand nombre d’enfants placés dans les hôpitaux, donc dans des lits où il n’y a pas le personnel et le suivi attendu. C’est insuffisant au regard de ce qui se passe dans cette société. »

    Et de conclure en appelant à la tenue d’Assises de la protection de l’enfance, régulièrement réclamées par son camarade, Gérard Frau.

  • Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    « On nous tient par l’humain… » Réunies au sein du collectif Alerte protection enfance 13 créé à la mi-septembre, une quinzaine d’associations de la protection de l’enfance, soit 70 à 80% des associations spécialisées du département, tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué cinglant.

    Enfants sans solution, professionnels qui craquent, unités qui ferment… Ils alertent sur une situation catastrophique. « Nous avons dépassé le point de non-retour », nous confie un représentant de l’association Les Dames de la Providence. Une institution dont le siège est installé à Pont-de-Vivaux, à Marseille (10e) depuis 190 ans et qui suit quelque 300 enfants. Il raconte les prises de décisions unilatérales du Département. Où le sort d’un enfant, malgré une décision du juge de poursuivre son accompagnement, se règle en deux jours au motif qu’il n’y a plus de financement. Ou encore ces deux minots qui ont terrorisé toute une unité, entraînant une fugue générale, mais qu’on « ne savait pas où mettre ».

    À ses côtés, un représentant de l’association Serena embraye, témoignant de sa difficulté à opposer un refus à la direction du service de la protection de l’enfance, qui imposait de prendre un mineur soupçonné de viol sur une gamine justement hébergée dans les murs. « Auteurs ou victimes, ces enfants sont en danger, il faut nous faire confiance, entendre notre expérience pour trouver des solutions », analyse-t-il. Depuis 2023, date à laquelle a été rendu le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, qui pointait les lacunes du conseil départemental sur l’Aide sociale à l’enfance (ASE), « la situation s’est dégradée », considèrent les associatifs. « Au mépris du Code de l’action sociale et des familles, les décisions se prennent avant les commissions, nous sommes considérés comme des prestataires et non des partenaires », constate un représentant de l’association Serena, « on nous demande de gérer des flux, des places ».

    Un budget en hausse

    Conscients des contraintes budgétaires, les membres du collectif estiment que la protection de l’enfance résulte aussi d’un choix politique et réclament une ligne claire. « On est capable de s’adapter, nous sommes forces de proposition », assurent-ils. En attendant, la baisse du financement ajoute au manque d’attractivité du métier d’éducateur et les arrêts maladie vont croissant. « On a du mal à recruter pour répondre aux besoins et paradoxalement, faute de moyens, on peut être amené à licencier », résume un directeur. Pour briser ce « cercle vicieux », le collectif a interpellé par lettre la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), le 21 octobre. Sans réponse à ce jour, assure-t-il.Contactée, la collectivité nous renvoie aux déclarations d’Agnès Amiel (LR), conseillère départementale, déléguée à la Protection maternelle et infantile, à la famille et à l’enfance, lors de la séance publique du 17 octobre.

    L’élue y précisait que le budget dévolu à la protection de l’enfance avait augmenté de 45% en dix ans, passant de 197,2 millions en 2016 à 285 en 2025, de quoi permettre l’accompagnement de plus de 11 000 enfants et leurs familles. Dans un communiqué, le Département assurait aussi de sa volonté d’appliquer une politique « fondée sur la juste équation entre les besoins réels des enfants et des jeunes accompagnés et les moyens alloués ».

  • Une jeunesse en lutte contre le chômage

    Une jeunesse en lutte contre le chômage

    Six semaines pour provoquer l’engagement chez les jeunes éloignés de l’emploi, c’est l’objectif du « Lab de l’engagement », dispositif de l’antenne du Vieux-Port de la mission locale de Marseille. Autour de la table se trouvent Amir, Achraf, Félix, Maëlle, Jenna, Carlla-May et Kassim, aux côtés de leurs accompagnatrices, Coraline et Louna. Ils ont entre 16 et 24 ans et sont dans la cinquième semaine du dispositif, fruit d’un partenariat entre plusieurs associations – Citizen Campus, les Têtes de l’Art, Appel d’Aires – et financé par la Ville de Marseille.

    Au rythme de trois à quatre ateliers par semaine, ils pratiquent divers exercices en lien avec l’engagement au sens large et rencontrent des associations. « On a vu beaucoup de choses, un travail sur les médias, les informations actuelles et historiques… On a rencontré des intervenants intéressants », témoigne Amir. Son parcours résume bien l’objectif du Lab : « Au début, je me demandais ce que je faisais là. Et, au bout d’une semaine, je me suis dit que c’était trop bien. Sans le Lab, je ne me serais pas autant ouvert. » Achraf abonde : « J’ai acquis de l’expérience avec les ateliers sur la politique. On n’aurait pas eu ces informations sans le Lab, c’était bénéfique. »

    De quoi réellement les pousser vers le travail. Par exemple, Carlla-May bénéfice d’une allocation au titre de « l’engagement jeune ». « Ça me permet de mettre des sous de côté pour m’acheter du matériel et faire le métier que j’aime. Et me payer la formation adéquate », explique-t-elle. Un engagement « donnant-donnant ». Même principe pour Kassim, qui a « postulé pour être ambassadeur de la vie collégienne » suite au Lab de l’engagement. Et Amir entend redoubler d’efforts dans l’association, dont il est déjà membre.

    En bref, l’objectif du Lab est jugé atteint par la plupart des jeunes présents. « J’étais vraiment pas rassuré de faire des choses en groupe, je suis venu à reculons. J’ai appris à reprendre confiance en moi, à m’exprimer en situation de groupe alors que je n’étais pas habitué », témoigne Kassim. Il se dit même « fier » d’être sorti de sa zone de confort. Et les effets sont concrets : Si ces jeunes sont la deuxième promotion du Lab, les membres de la première « ont tous trouvé un emploi ou une formation ».

    Découverte des métiers de Twitch

    Au programme ce jour, ils découvrent le studio Twitch, service de diffusion vidéo en direct, de l’émission de la mission locale Lab’On-ID. Paul Ordonneau, co-animateur, présente les grandes lignes du format : « Notre but est d’éveiller la curiosité chez les jeunes. On a aussi des formats qui nous tiennent à cœur, avec des émissions plus axées sur le divertissement. Ça permet de parler de la mission locale d’une autre manière. » Il propose à Kassim de co-construire une future émission. Les deux échangent longuement pour établir un plan, avec l’optique de lui laisser la main. « Quel concept tu veux voir ? Tu verrais comment cette séquence… », questionne-t-il. Kassim rebondit, en proposant des variantes de concepts qu’il connaît : « Cyril Gane [combattant de MMA, Ndlr.] fait des vidéos comme ça. Faire une discussion autour du sport, j’aime bien. »

    Rapidement, il prend la main : « On pourrait faire ça avec des invités en plateau, j’animerais et je poserais des questions si nécessaire. » Les autres jeunes écoutent Rayima Ammad qui expose son travail sur la gestion du tchat et la participation des auditeurs, la création des relais de l’émission en temps réel sur les réseaux sociaux… Mathieu Jonquières s’occupe de la régie et présente les aspects techniques et les micros : « Notre objectif est de donner la parole aux jeunes sur les sujets qui les intéressent. On essaie d’avoir une approche qui amène naturellement les jeunes à la mission locale. » Présentation de métiers avec des formats vidéos qui parlent aux jeunes, pendant que les jeunes accompagnés mettent la main à la patte. C’est tout le concept de Lab’On ID : « Ça les aide à découvrir des métiers et voir qu’il y a des opportunités à la mission locale. »

    EN CHIFFRES

    +6,3%

    De jeunes de moins de 25 ans sont inscrits à France Travail et tenus de chercher un emploi (catégories A, B et C) dans la région, au 3e trimestre 2025, portant leur nombre à 63 370, dont 41 870 (+8,7%) sans aucune activité (catégorie A). Sur un an, la hausse est de 21,4%, soit 11 170 jeunes de plus.

    +7,1%

    De jeunes inscrits en catégorie A, B et C dans les Bouches-du-Rhône, soit 26 850 personnes, dont 17 950 en catégorie A (+9,3%). +6,3%Dans le Var, soit 12 920 jeunes inscrits, dont 8 630 en catégorie A (+8,8%).

    +5,3%

    En Vaucluse, soit 8 550 jeunes inscrits, dont 5 500 en catégorie A (+8,1%).

  • Dans le Gard, un nouvel appui pour les élus agressés

    Dans le Gard, un nouvel appui pour les élus agressés

    C’est une première dans le Gard. Lundi 29 septembre, l’Association des maires du département (AMF 30) et l’Association gardoise d’aide aux victimes d’infractions pénales (Agavip) ont officialisé une convention d’aide aux élus confrontés à des violences, menaces ou insultes. Un partenariat né d’un constat alarmant : entre 2022 et 2024, les agressions d’élus ont augmenté de 10%.« Les violences faites aux élus ne sont pas nouvelles, mais elles se banalisent », observe Michel Desplan, président de l’Agavip. « L’an dernier, 2 500 faits ont été recensés en France, dont les deux tiers concernaient des maires ou des membres de conseils municipaux. » Dans le Gard, le phénomène reste préoccupant. Début septembre, le maire de Sauve, Olivier Gaillard, a porté plainte après avoir été frappé à la tête sur un chantier municipal. D’autres élus rapportent des insultes, des dégradations de véhicules, des courriers de menaces. Autant d’actes qui, sans toujours faire la une, laissent des traces profondes sur les victimes et leur entourage.

    Cette convention vise donc à apporter une réponse concrète, humaine et immédiate. D’un côté, l’Agavip met à disposition son expertise juridique et psychologique. « Le but n’est pas de se substituer aux avocats, mais d’informer les élus sur leurs droits, de les aider à comprendre les procédures et de les soutenir dans leurs démarches », précise Michel Desplan. Une psychothérapeute de l’association interviendra également pour offrir un accompagnement émotionnel gratuit et confidentiel. Les élus concernés, ou leurs proches, pourront se rendre directement au siège nîmois de l’association, rue Raymond-Marc, ou être mis en relation via un numéro unique. Si la victime ne se manifeste pas, l’AMF 30 pourra alerter l’Agavip pour qu’un contact soit établi dans les plus brefs délais. « Il faut que les élus sachent qu’ils ne sont pas seuls », insiste Philippe Ribot, président de l’Association des maires du Gard et maire de Saint-Privat-des-Vieux. « Être insulté, menacé ou frappé alors qu’on donne de son temps pour l’intérêt général, c’est inacceptable.  »

    « Créer un réflexe »

    Ce dispositif s’adresse aussi aux familles, souvent atteintes indirectement par les violences. « Quand un conjoint ou un parent est agressé, c’est tout l’équilibre familial qui vacille », souligne Michel Desplan. En 2024 et 2025, cinq élus gardois ont été accompagnés par l’Agavip. « Cela ne veut pas dire qu’il n’y a eu que cinq victimes », précise-t-il. « Beaucoup ne se signalent pas, par peur ou par pudeur. » La convention prévoit également une dimension préventive. Une plaquette d’information sera diffusée dans les mairies et un stand commun Agavip-AMF 30 sera présent au prochain Salon des maires gardois, le 4 juin à Nîmes. « L’idée, c’est de créer un réflexe d’appel à l’aide », résume Philippe Ribot.

    Selon le dernier rapport du Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus, publié en mai, les signalements ont légèrement baissé en 2025 après une forte hausse l’an passé. Reste que la tension demeure palpable, en particulier dans les petites communes où les élus sont plus exposés et moins protégés. « Ce qu’ils nous disent le plus souvent, c’est qu’ils ne comprennent pas, confie Michel Desplan. Ils sont là pour rendre service, souvent bénévolement, et découvrent qu’ils deviennent la cible de la haine de quelques-uns. » Une incompréhension que cette convention tente désormais de réparer, en réaffirmant la solidarité républicaine.

  • Ces femmes que l’on aide à reprendre la barre de leur vie

    Ces femmes que l’on aide à reprendre la barre de leur vie

    « C’est quelqu’un qui m’a laissée comme un chien écrasé au bord de la route », témoigne Dominique, 61 ans. Assise salle Marceaux, hier, où l’association Fifrelin- Femmes à la Barre en collaboration avec Cloud 9 a organisé le forum, Dominique fait référence à son divorce « très catastrophique » d’avec son ex-mari, avocat de métier. « Alors que je suis coach en développement personnel, je me suis retrouvée avec une perte d’estime de moi. Je n’avais plus de jus », image-t-elle.

    C’est à ce moment-là qu’on l’oriente vers « Femmes à la Barre ». C’était au printemps dernier. « Grâce à cette association, j’ai trouvé un repère, une bulle. Un environnement extrêmement bienveillant. Cécile Poujol, la présidente de l’asso, est profondément humaine. Elle aime profondément transmettre ce qu’elle a pu apprendre pendant ses courses au large », explique Dominique. Arrivée en 2004 à La Ciotat, Cécile Poujol, originaire de l’arrière-pays, y vit toujours. La navigatrice a réalisé sa 1ère course en solitaire La Rochelle-Salvador de Bahia à l’âge de 23 ans… Et en a fait bien d’autres. En 2018, elle crée « Femmes à la Barre ». « L’idée, c’est d’ouvrir les possibles. Rompre l’isolement. Retrouver la confiance en soi en faisant. C’est reprendre la barre de sa vie. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de tempêtes, mais au moins c’est toi qui décides de devenir actrice de ta vie », déclare-t-elle. L’association est soutenue par la Ville, la Métropole, et travaille avec nombre de partenaires sociaux.

  • Le Cria met à l’honneur des parcours d’exilés avec une réussite à la clé

    Le Cria met à l’honneur des parcours d’exilés avec une réussite à la clé

    Jalonnés d’embûches, les parcours migratoires peuvent aussi déboucher sur de beaux projets de vie. « On parle beaucoup des difficultés, mais une fois surmontées, elles révèlent des trésors d’initiatives. Nous avons voulu aborder cette semaine nationale sous un angle positif », explique Marion Crôle, présidente du Cria Paca.

    C’est une entrée à plusieurs portes dans l’univers du déracinement que proposait le Cria à ses partenaires, lors de cette journée dédiée à l’intégration. Une exposition photographique pour retracer différents parcours de ceux que la vie, la guerre, la crise économique ou politique a poussés à s’expatrier, des podcasts à écouter dans un combiné téléphonique, des vidéos et des témoignages sensibles.

    Une médecin afghane qui poursuit les démarches pour faire reconnaître son diplôme, tout en s’engageant bénévolement comme assistante sociale auprès de Médecins du Monde et comme secouriste à la Croix-Rouge, une psychologue ukrainienne qui poursuit ses études pour reconstruire sa vie à Marseille, une Marocaine qui a puisé dans son savoir-faire culinaire de quoi monter un restaurant aussi généreux en sourire qu’en saveurs, un jeune guinéen ayant bravé la Méditerranée devenu président d’une association culturelle œuvrant pour l’alphabétisation et l’accompagnement administratif…

    En puisant dans leurs ressources personnelles et en combinant leur héritage culturel aux apprentissages du pays d’accueil, les exilés ne se contentent pas de trouver leur place dans la société : ils l’enrichissent.