Tag: accès aux soins

  • Que font-ils de leur serment ?

    Que font-ils de leur serment ?

    La grève des médecins libéraux, corporatiste, est aussi le symptôme de la crise de notre système de santé grignoté par le libéralisme. Le budget 2026 de la Sécurité sociale n’embrasse pas les questions urgentes de l’accès aux soins et des droits de chacun a être soigné où qu’il vive et quels que soient ses revenus. Le plus choquant dans cette fronde des médecins libéraux est qu’elle se tient alors que 13,5 millions de Français vivent dans des déserts médicaux et que 6,7 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant.

    Un Français sur quatre renonce à des soins

    Ce qui est choquant c’est qu’une personne sur 4 en France renonce à des soins pour des raisons financières et que 68% des Français ont renoncé à des soins en raison du temps d’attente au cours des cinq dernières années.

    La santé et l’accès aux soins sont donc une priorité majeure pour nombre de nos concitoyens et, à moins de trois mois des municipales, le sujet irrigue les programmes dans de très nombreuses communes.

    L’ordre des médecins avance des propositions et promet un livre blanc pour 2027. Mais où sont les collectifs de citoyens, les élus locaux et les collectivités locales dans cette réflexion ? Pour l’heure, il n’y en a pas trace. Or, ce n’est qu’en imaginant un système de soins associant toutes les composantes de la société que l’on renouvellera la promesse de la Sécurité sociale. Les centres de santé sont une piste à développer dans les territoires. Une solution qui permettrait aux médecins libéraux d’accomplir leur serment de soigner de façon inconditionnelle, sans dépassement d’honoraires et dessous de table pour certains.

  • Renoncer aux soins, un véritable fléau de la précarité

    Renoncer aux soins, un véritable fléau de la précarité

    Voilà 33 ans qu’Accueil Santé Béziers est au chevet des plus démunis en assurant des consultations aux personnes n’ayant plus ou pas de droits, à savoir les sans-abri, les migrants, les touristes ou encore les étudiants sans mutuelles. Pas moins de 33 professionnels de santé bénévoles : généralistes, dentistes, infirmiers, psychologues ou encore coordinateurs médicosociaux, se relaient quotidiennement. « Le but de l’association était au départ de permettre aux gens de récupérer leurs droits. Le soin étant juste une roue de la charrette. Dès que les patients ont récupéré leurs droits – CPAM, C2S [Complémentaire santé solidaire, Ndlr], AME – on ne les suit plus et ils repartent dans le domaine libéral », détaille Nicolas Breton, président d’Accueil Santé Béziers.

    Mais avec l’explosion de la précarité ces dernières années, de plus en plus de Bitterois poussent la porte du centre de soins. « Alors que nous suivons entre 2 000 et 2 500 patients chaque année, nous avons eu 200 consultations supplémentaires en 2025 », fait valoir Nicolas Breton. Si les ressortissants étrangers constituent la majeure partie de la patientèle de l’association, le nombre de Français accueillis s’envole aussi. « En 2024, 4% des gens qui ont consulté étaient Français. Cette année, ils représentent 17%. Ce qui montre que la précarité s’accroît », observe Nicolas Breton.

    Plus de social

    Un renoncement aux soins généralisé dû en premier lieu à des raisons financières, l’inflation ayant considérablement réduit le pouvoir d’achat de la majorité de la population. Ce qui impacte notamment les jeunes et les femmes. « Nous nous occupons beaucoup de précarité menstruelle. Nous avons vu 400 femmes de plus cette année. et nous avons distribué 4 000 éléments de protection contre 2 000 en 2024. Les règles coûtent 10 euros par mois et par femme, ce qui représente 120 euros par an. Avec deux, trois filles dans une famille, c’est un budget conséquent », soupire le généraliste.

    Secondes victimes collatérales, nos aînés. « On a aujourd’hui de plus en plus de personnes âgées, notamment les petits artisans qui n’ont pas de complémentaire et n’arrivent plus à se soigner. Ils sont juste au-dessus des plafonds et prendre une mutuelle coûte trop cher quand on est âgé », poursuit Nicolas Breton. À cela s’ajoute la dématérialisation administrative, qui fait des démarches de certains patients un véritable parcours du combattant.

    Ces renoncements aux soins ne sont malheureusement pas sans incidence sur le patient. « C’est catastrophique, ça traîne, les pathologies ont tendance à s’accroître et s’aggraver. Si cette population n’est pas prise en charge, cela va coûter plus cher à la société », insiste Nicolas Breton. Pourtant, des solutions existent. « Tout notre système de santé est à revoir, la Sécu n’en peut plus. Il faut arrêter le paiement à l’acte et rouvrir des dispensaires. Car ils ont l’avantage de permettre aux gens d’avoir accès – comme en Espagne – à des médecins, à des médicaments mais surtout, les médecins s’occupent des problématiques sociales des patients. Dans nos études, le social n’existe pas. Ça ne sert à rien de faire des diagnostics, de prescrire des médicaments si les gens ne peuvent pas les acheter. » Plus de social et aussi moins d’administratif. « On perd du temps, ce qui revient à payer le travail de secrétaire très cher, c’est idiot. Chacun doit faire son boulot », souligne le généraliste biterrois.

  • Toulon : la télémédecine se déploie dans les quartiers populaires

    Toulon : la télémédecine se déploie dans les quartiers populaires

    Dans les quartiers populaires, l’accès aux soins constitue un enjeu à la fois social et sanitaire. Face à la pénurie de médecins généralistes et spécialistes, la télémédecine apparaît comme une réponse accessible.

    « La Ville de Toulon accompagne et initie des projets permettant d’améliorer la présence médicale. Elle a d’ailleurs mis à disposition un local de l’ex-mairie annexe, dans le quartier de la Serinette, pour permettre à SOS Médecins de s’installer sur notre territoire proche du centre-ville », explique la deuxième adjointe, Geneviève Lévy.

    Pour répondre à l’urgence, la collectivité mise également sur le développement de la télémédecine de proximité. Ce dispositif permet de consulter un médecin à distance tout en bénéficiant d’un matériel de diagnostic adapté : tensiomètre, thermomètre, otoscope, stéthoscope électronique… Un infirmier accompagne les patients afin de garantir un suivi de qualité et une présence physique indispensable. « Nos échanges avec la Communauté professionnelle territoriale de santé de Toulon ont permis de mettre en avant cette possibilité de télémédecine, à la fois à l’est et à l’ouest de la ville », poursuit l’élue.

    Maison des services publics et Espace Beaucaire

    C’est dans cette optique que le conseil municipal du vendredi 24 octobre a approuvé la signature d’une convention de partenariat avec ce groupement de professionnels, dont l’objectif est d’améliorer l’organisation des prises en charge et l’accès aux soins pour l’ensemble de la population. En particulier les habitants de deux Quartiers prioritaires de la ville (QPV), situés à l’est et à l’ouest du Port du Levant.

    Des matinées de soins non programmés seront organisées sur ces deux sites. « Elles ont pour but de faciliter un accès rapide à un professionnel de santé via la téléconsultation, favoriser une prise en charge précoce. Mais aussi réduire les passages inappropriés aux urgences », détaille la municipalité.

    Pour soutenir cette initiative, la Ville met gracieusement à disposition des locaux à la Maison des Services Publics, à Sainte-Musse, et à l’Espace Beaucaire. Elle s’engage à promouvoir activement ce dispositif.

    La convention signée couvre une période d’un an, avec possibilité de renouvellement par tacite reconduction en fonction des résultats obtenus.

    Si l’on se fie aux expériences menées dans d’autres villes, comme Marseille, le dispositif devrait rapidement porter ses fruits. Et même si l’on est encore loin d’un véritable centre de santé tel que promu par la gauche pour lutter contre le renoncement aux soins, cette initiative constitue un levier d’équité pour réduire les inégalités en matière de santé.

  • Étrangers, une odyssée sans fin

    Étrangers, une odyssée sans fin

    Dans un rapport paru le 7 octobre 2025, l’Insee indique la présence de 6 millions d’étrangers vivant sur le territoire français. Il n’en fallait pas plus pour que les prophètes de l’apocalypse migratoire crient à la submersion. L’analyse des chiffres de l’Insee invalide pourtant l’idée d’une crise migratoire.

    En effet, la France n’a pas l’attractivité qu’on lui prête. La part de personnes étrangères parmi l’ensemble de la population en France (8,8%) est bien inférieure à l’ensemble des pays frontaliers comme l’Italie (8,9%), l’Espagne (13,4%), la Belgique (13,8%) et l’Allemagne (14,5%).

    Manifestement, le régime « trop attractif » des prestations sociales et de la couverture maladie, régulièrement ciblé par la droite et l’extrême droite au nom de la « priorité nationale », ne crée pas l’appel d’air tant évoqué.

    Le droit au séjour de ces 6 millions d’étrangers dépend des préfectures, en charge de l’instruction des demandes d’admission au séjour.

    Or, faute de pouvoir murer les frontières, l’administration française a muré ses bureaux. Elle a ainsi édifié de nombreux remparts aux étrangers souhaitant faire valoir leurs droits. De la première demande d’admission au séjour à la demande de renouvellement, chaque étranger fait face à des procédures kafkaïennes, des délais interminables et des dysfonctionnements constants.

    Absence de rendez-vous, défaut de délivrance de récépissé, refus d’enregistrement, demandes répétées de pièces complémentaires déjà transmises, il leur faudra s’armer de patience et d’abnégation pour faire valoir leurs droits.

    Recul de l’accès aux droits

    La dématérialisation des procédures est venue parachever l’œuvre de l’administration française. Entre blocage informatique et clôture ou classement de dossier sans explications, la maltraitance administrative se poursuit sans qu’aucune réponse ne soit apportée.

    Ces carences ont des conséquences dramatiques pour les étrangers qui fautent de parvenir à faire valoir leurs droits, perdent leurs emplois, leurs logements, voient leurs vies privées et familiales déstabilisées… L’incurie de l’État pousse dans l’irrégularité des étrangers parfaitement intégrés depuis de nombreuses années.

    Ce recul constant de l’accès aux droits des étrangers est un grand révélateur de la dégradation de l’État de droit. En effet, face à de tels dysfonctionnements, force est de constater que ce parcours du combattant est dû à un manque de moyens de l’administration, lequel ne saurait être vu autrement que la manifestation d’une volonté politique délétère.

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  • La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    Enfin. « Promesse de mandat », rappelle Cécile Helle (PS), la Ville vient d’acter l’instauration d’une mutuelle communale. Après un vote au conseil municipal de juin, la maire a signé, ce jeudi, une convention avec la Mutuelle familiale, complémentaire santé retenue parmi six candidatures. « Un partenariat gagnant-gagnant », résume la première magistrate qui n’engage pas la Ville financièrement mais assure la promotion et actions de communication de la Mutuelle familiale auprès des habitants. Cela commence d’ailleurs ce dimanche, où la complémentaire santé sera présente au forum des associations à la Barthelasse.

    Des réunions publiques devraient rapidement être organisées entre octobre et décembre. Le CCAS, les mairies annexes ainsi que les diverses ressources sociales, pour toucher ceux qui sont le plus éloignés des soins, ont été avisés de la mise en place de cette mutuelle communale. « En moyenne, 5% de la population n’est pas couverte par une complémentaire santé et 40% d’entre elles renonce ou diffère des soins pour des raisons financières », campe Cécile Mallah, responsable développement en Paca à la Mutuelle familiale, qui a son siège régional à Avignon et accompagne 1 400 communes en France, dont Carpentras ou Montpellier depuis le début de l’année, séduisant 3 000 nouveaux adhérents dans la préfecture de l’Hérault.

    « La mutuelle s’adresse à tous les Avignonnais mais aussi ceux qui y travaillent et les étudiants », précise Cécile Helle pour qui « la relation de proximité avec l’usager » a pesé dans la balance pour « restaurer le droit de l’accès aux soins à l’heure où des complémentaires santé augmentent leurs cotisations sans forcément augmenter les prestations ».

    Quatre offres « pour tous »

    La Mutuelle familiale se veut garante des valeurs de la sécurité sociale et de l’héritage de « son fondateur Ambroise Croizat », assure la présidente Sylvie Ben Jaber. « Nous n’avons pas d’actionnaire, nous voulons garantir l’accès à la protection sociale pour tous dans un esprit de solidarité », revendique-t-elle. Dans un secteur concurrentiel, où certains organismes refusent d’assurer des profils trop vieillissants, la Mutuelle familiale dit ne refuser personne et s’appuie sur le soutien de la Ville pour « rassurer et mettre en confiance » les usagers potentiels. « Ce n’est pas une solution low cost, nous avons 4 offres dont le premier niveau offre un reste à charge zéro pour les soins dentaires, optiques et auditifs », insiste Sylvie Ben Jaber. Les tarifs varient selon l’âge et les profils, allant par exemple de 53 à 101 euros par mois pour les plus de 65 ans ou de 25 à 52 euros pour un adhérent de 30 ans.