Tag: 7 octobre

  • [Exclusif] Les contrats d’Eurolinks avec Israël jugés à Marseille

    [Exclusif] Les contrats d’Eurolinks avec Israël jugés à Marseille

    Le fabricant marseillais de maillons pour munition, Eurolinks, est assigné depuis la semaine dernière en justice à Marseille par l’association des Juristes pour le respect du droit international (Jurdi). Cette équipe de juristes chevronnés soulève la nullité du contrat de livraison passé avec deux entreprises israéliennes d’armement, IMI Systems, filiale du groupe de défense israélienne Elbit systems, prestataire du ministère de la Défense de l’État hébreu, en raison des violations du droit international et du risque génocidaire dans sa réponse aux attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023.

    « Au regard de l’ampleur et le schéma des attaques menées par les forces israéliennes en violation du droit international pénal et du droit international humanitaire, il existe un risque extrêmement élevé que des composants, et au surplus des armes, livrés à des sociétés liées par une relation commerciale avec l’État d’Israël, soient utilisés en violation du droit international », dénonce l’assignation consultée par La Marseillaise qui cible la société Eurolinks installée dans la ZAC de Château-Gombert (13e).

    Jurdi plaidera directement au fond à l’audience fixée au 23 mars 2026 devant le tribunal judiciaire de Marseille. Ces juristes considèrent que les contrats passés par Eurolinks avec ces sociétés israéliennes sont « contraires à l’ordre public français » et demanderont au juge de constater la faute civile de la société et de prononcer l’annulation des contrats, sous astreinte de 50 000 euros par infraction constatée. « On ne peut fournir des armes à un État alors qu’il est en train de commettre des crimes internationaux. C’est évidemment contraire à l’ordre public français. Nous rappelons qu’il y a eu plus de 68 000 morts et 172 000 blessés dans la bande de Gaza » explique à La Marseillaise le magistrat Ghislain Poissonnier, vice-président chargé du contentieux stratégique à Jurdi.

    « L’ordre public français n’accepte pas des contrats qui portent atteinte à la dignité et à la vie humaine, à la santé publique, à la sécurité des êtres humains. On veut transposer cette idée reconnue en général par la jurisprudence aux fournitures d’armes d’un pays qui commet des crimes internationaux », ajoute le juriste interrogé lundi. « Nous irons si besoin en appel et éventuellement devant la Cour de cassation et la Cour européenne des Droits de l’homme, car on ne peut pas à la fois signer des traités internationaux disant qu’on va lutter contre le génocide et livrer des armes à un État qui est soupçonné de commettre des crimes internationaux. »

    La Ligue des Droits de l’homme a été la première à porter plainte en juin mais au pénal avec constitution de partie civile devant le tribunal de Paris contre ses sociétés qu’elle accuse de complicité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de crime de génocide dans ce qui serait une « politique intentionnelle de destruction de la société palestinienne » selon les mots de deux ONG israéliennes et alors que la Cour internationale de justice estime depuis janvier 2024 qu’il existe un « risque plausible de génocide ».

    Ces assignations font suite aux enquêtes des médias Disclose et Marsactu qui ont révélé l’expédition le 23 octobre 2023 par la société Eurolinks d’au moins 800 kg de maillons pour armes automatiques à destination d’Israël, puis l’escale d’un cargo israélien le 5 juin dernier à Fos-sur-Mer. Les dockers de Fos avaient alors bloqué les opérations destinées à embarquer en secret 14 tonnes des composants essentiels aux fusils-mitrailleurs de l’armée israélienne et fabriqués dans l’usine de Château Gombert.

    Contactée pour réagir, Eurolinks n’a pas donné suite.

  • [Entretien] Claire San Filippo : « Les conditions de vie à Gaza demeurent catastrophiques »

    [Entretien] Claire San Filippo : « Les conditions de vie à Gaza demeurent catastrophiques »

    Malgré l’annonce, le 10 octobre dernier, d’un cessez-le-feu conditionné, notamment, à la libération des derniers otages israéliens, la guerre se poursuit dans la bande de Gaza. Les bombardements ont déjà fait plus de 200 morts. Israël accuse le Hamas d’avoir restitué trois corps qui ne sont pas ceux d’otages enlevés le 7 octobre 2023. Le mouvement islamiste palestinien a, jusqu’à ce dimanche soir, restitué les dépouilles de 17 des 28 otages décédés, qu’il a accepté de remettre dans le cadre d’un accord de trêve négocié par les États-Unis avec Israël. Conformément à cet accord, pour chaque Israélien rendu, Israël a remis 15 corps de Palestiniens morts pendant la guerre, soit un total de 225.

    La Marseillaise : Un cessez-le-feu est censé être en place dans la bande de Gaza, mais les frappes israéliennes se poursuivent. Quelles sont les remontées de vos équipes ?

    Claire San Filippo : Le cessez-le-feu est indispensable, vital, dans la bande de Gaza, mais il reste extrêmement fragile. Le 29 octobre, nos équipes ont soigné des patients gravement blessés lors d’attaques menées par des forces israéliennes dans diverses structures de santé, notamment les hôpitaux d’Al-Aqsa, de Nasser et d’Al-Shifa. Depuis le début du cessez-le-feu, d’après le ministère de la Santé, plus de 211 personnes ont été tuées. Elles viennent s’ajouter à un bilan humain qui est absolument effroyable : plus de 68 000 personnes ont été tuées, 170 000 ont été blessées. Ces chiffres ne comprennent pas les personnes qui restent encore malheureusement sous les décombres, ni celles décédées faute d’accès aux soins. Derrière ces chiffres, il y a des individus, des vies qui sont détruites, des familles qui sont déchirées et un impact psychologique absolument dramatique. La bande de Gaza est détruite à plus de 90%, c’est inimaginable. Plus de 90% de la population a été déplacée à un moment ou à un autre et continue d’être privée de tout : d’un accès à l’eau, de quantité de nourriture suffisante, d’accès aux soins de santé, d’un logement sûr, digne, salubre, ce qui est particulièrement important alors que l’hiver approche à grands pas. Les personnes sont entassées dans des tentes de fortune, dorment à ciel ouvert ou au milieu de décombres, d’ordures, d’égouts. Plus de 70% de nos consultations, dans le sud, sont liées à des maladies qui sont directement en lien avec ces conditions de vie qui demeurent absolument catastrophiques.

    Quelles sont ces maladies qui se propagent ? Comment le système de santé peut-il y faire face ?

    C.S.F. : Ce sont des maladies cutanées, comme la gale par exemple, des maladies respiratoires, en augmentation avec le début de l’hiver, mais aussi des maladies gastro-intestinales, qui sont très liées à la destruction du système d’approvisionnement en eau et des systèmes d’assainissement. À MSF, on a traité plus de 78 000 cas de diarrhée au cours des deux dernières années, dont 24 000 depuis le mois d’avril 2025. Les Nations Unies avaient confirmé, le 22 août dernier, une situation de famine. Depuis l’annonce du plan américain, il y a une nette amélioration sur les marchés, avec la possibilité d’acheter des fruits, des légumes, du gaz domestique, mais ça ne résout pas le problème. La question nutritionnelle se pose aussi pour les quelque 170 000 blessés, parce qu’évidemment, la guérison nécessite un apport calorique important. Le manque d’accès à l’eau et d’hygiène de bases provoque des infections qui sont normalement évitables, mais sont aujourd’hui courantes à Gaza.

    L’aide humanitaire a-t-elle pu enfin entrer ?

    C.S.F. : On ne constate pas d’amélioration suffisante. Notre préoccupation majeure, c’est qu’à l’approche de l’hiver, s’il n’y a pas une amélioration immédiate, significative et massive de l’approvisionnement et de l’entrée de l’aide humanitaire, le risque de décès lié à des maladies évitables va être très élevé. Depuis le début de ce conflit, les autorités israéliennes ont apposé des blocages significatifs persistants face à l’entrée de l’aide humanitaire à toutes les étapes du processus d’approvisionnement, qui est extrêmement bureaucratique, qui manque de clarté et de cohérence. MSF exhorte les autorités israéliennes à laisser immédiatement entrer l’aide humanitaire en masse et de manière durable pour pouvoir répondre aux besoins qui sont absolument énormes.

    La Fondation humanitaire de Gaza (GHF organisation privée soutenue par Trump et Netanyahu) s’est dit prête à reprendre les distributions d’aide alimentaire. Cela vous inquiète ?

    C.S.F. : La GHF était tout sauf une organisation humanitaire. Elle a mis en place, dans la bande de Gaza, un système de violence institutionnalisé, de famine et de déshumanisation. En juin et en juillet dernier, sur une période de sept semaines, nous avons reçu dans nos deux centres de santé seulement quelque 1 380 blessés qui arrivaient des soi-disant sites de distribution alimentaire de cette fondation humanitaire, dont 28 cadavres. La situation était absolument catastrophique et nous avons appelé, avec toutes les autres organisations humanitaires et les agences de l’ONU, à la fermeture immédiate de la GHF, qui envoyait les gens à la mort. Pour nous, c’était des massacres orchestrés. Il est indispensable que tout plan futur de l’organisation du système humanitaire soit sous la houlette des Nations unies, dont l’expertise et l’expérience n’est pas à démontrer, et en aucun cas soit militarisée comme la GHF.

    Quinze membres de MSF ont été tué à Gaza depuis deux ans. Des enquêtes sont-elles en cours ?

    C.S.F. : Plus de 1 700 membres du personnel soignant est décédé à Gaza. Ce chiffre est effroyable et effrayant. Le décès d’un membre du personnel de santé, c’est une perte irréparable pour sa famille, ses proches, mais c’est aussi une perte pour l’ensemble du système de santé et pour la population gazaouie. On a vu, pendant cette guerre, que les structures de santé ont été ciblées, bombardées, de nombreux raids ont eu lieu. Des personnels soignants ont été et continuent d’être détenus, y compris sans avoir été inculpé. Aujourd’hui près de 16 000 patients sont en attente d’évacuation médicale vers d’autres pays, parce que ne pouvant pas être traités à Gaza, où seuls 14 des 36 hôpitaux sont encore ouverts. Les structures sanitaires sont submergées par un nombre très élevé de patients, qu’ils soient blessés, brûlés, polytraumatisés. À MSF, 15 de nos collègues ont été tués par les Israéliens depuis le début du conflit. Les mots me manquent pour décrire l’impact que cela a sur leurs familles, leurs proches, ainsi que les équipes. Le 2 octobre dernier, nous avons perdu deux de nos collègues dans une frappe aérienne israélienne. Ils venaient d’arriver dans une zone qui était censée être sûre après avoir fui la ville de Gaza suivant l’ordre d’évacuation des Israéliens. Ils ont été tués en attendant le bus pour se rendre sur leur lieu de travail dans l’hôpital de MSF. Ils étaient ergothérapeutes et kinésithérapeutes. Leur décès a évidemment eu un impact énorme sur ces activités qui sont absolument cruciales dans ce conflit.

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »

  • [Entretien] Ofer Cassif : « J’espère qu’Israël ne violera pas de nouveau cet accord »

    [Entretien] Ofer Cassif : « J’espère qu’Israël ne violera pas de nouveau cet accord »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la première phase de cet accord ?
    Est-ce la fin du génocide à Gaza
     ?

    Ofer Cassif : Je l’espère sincèrement. Je me réjouis de la signature de cet accord. Il était nécessaire, même si ce n’est pas tout à fait ce que j’aurais aimé avoir. De mon point de vue, un bon accord, qui bénéficierait aux deux peuples, acterait la fin totale de l’occupation, le retrait d’Israël de toute la bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris le démantèlement des colonies. Et, bien sûr, la libération des Palestiniens avec leur État établit avec les frontières de 1967, vivant aux côtés de celui d’Israël. C’est ce que j’aimerais voir. Mais, dans les circonstances actuelles, la chose la plus importante est, bien sûr, de mettre fin à ce terrible génocide, de libérer les otages et j’espère que cela fonctionnera correctement. J’espère qu’Israël s’y tiendra et ne violera pas de nouveau l’accord après la première phase, comme il l’a fait auparavant, et j’espère que le monde continuera de mettre pression pour atteindre une vraie paix et la justice.

    Est-ce la pression populaire exercée par les milliers de manifestants qui ont défilé chaque semaine dans les rues qui a contraint Netanyahu à accepter cet accord ?

    O.C. : C’est certain que cela y a contribué, des Israéliens ont perdu leurs emplois parce qu’ils ont manifesté et se sont opposés à ce génocide. Mais c’est surtout la pression exercée par les activistes internationaux qui a changé la donne. Ceux qui ont très clairement fait entendre leurs voix contre. Je voulais saluer tous ceux qui étaient impliqués dans la pression du gouvernement israélien pour atteindre cet accord. Les activistes internationaux, les Israéliens qui ont démontré, et les Palestiniens qui ont continué à se battre et n’ont jamais abandonné.

    Comment envisagez-vous la suite d’un point de vue politique ? Vous appelez à vaincre le fascisme en Israël. Est-ce par la tenue d’élections ?

    O.C. : Les élections sont censées se tenir en octobre 2026, mais je pense que Benjamin Netanyahu aimerait les convoquer plus tôt afin d’utiliser cet accord à son avantage dans la campagne à venir. Le scrutin pourrait ainsi avoir lieu en février, mais rien n’est officiel pour le moment. J’ai peur qu’il y ait une grande chance que les élections ne soient pas transparentes. Netanyahu et sa bande sont déjà en train de fomenter des plans pour utiliser tout ce qui est en leur pouvoir pour manipuler les résultats de cette élection. Mais nous ferons tout notre possible pour les en empêcher.

    Qui pour lui faire face ?

    O.C. : Nous avons besoin d’une vraie opposition. Des personnalités telles que Yaïr Lapid, Benny Gantz ou encore Avigdor Lieberman se sont positionnées comme des opposants à Netanyahu, mais politiquement, l’offre est la même. La clé pour empêcher des attaques comme celles qui ont eu lieu dans le Sud d’Israël le 7 octobre est la libération des Palestiniens. La fin de l’occupation et la reconnaissance de l’État palestinien sont la clé pour une paix stable et durable dans tout le Moyen-Orient.

  • La paix maintenant

    La paix maintenant

    La signature par « toutes les parties » d’un accord de cessez-le-feu prévoyant la libération de tous les otages israéliens et de nombreux prisonniers palestiniens est un soulagement pour tous les peuples du Proche-Orient. Cela peut être une première étape vers l’arrêt du conflit.

    La paix n’est pas l’absence de guerre, « c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice », écrivait à juste raison Spinoza. Après tant d’horreurs vécues depuis le 7 octobre, tant de sang versé depuis des décennies, la paix ne pourra se faire que dans la justice, dans le respect du droit international, dans la reconnaissance mutuelle.

    Un État palestinien viable, sur la base des frontières de 1967, aux côtés de l’État d’Israël, est une nécessité. C’est la condition d’une paix juste et durable. Le poids de la France s’ajoute désormais aux 151 pays qui ont déjà reconnu l’État palestinien, à la différence des États-Unis.

    Sociétés civiles

    Il faudra aussi des femmes et des hommes pour faire la paix. Les sociétés civiles palestiniennes et israéliennes ont la ressource pour prendre le dessus sur les extrémistes religieux, les terroristes islamistes, les colons messianiques, à condition que des figures de paix émergent.

    Dans les deux peuples, seule la voie démocratique peut y parvenir. Dans cet esprit, Marwan Barghouti doit être libéré pour une Palestine libre, démocratique et laïque.

    Enfin, la solidarité internationale sera essentielle pour panser les plaies de la guerre et accompagner les efforts de paix dans une région du monde où une seule étincelle peut les réduire à néant.

  • Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Devant un olivier fraîchement planté, Sylvain Souvestre (LR), maire des 11e et 12e arrondissements, Romain Simmarano, président du collectif de droite « Une génération pour Marseille », Martine Vassal, présidente de la Métropole et candidate DVD à la mairie de Marseille ou encore Valérie Boyer, sénatrice LR, ont rendu hommage aux victimes du 7 octobre, deux ans après l’attaque terroriste.

    « On a inauguré le 4 avril ce parc Sarah-Halimi, le jour même de la date anniversaire de son assassinat », rappelle Sylvain Souvestre, ayant « à cœur d’être aux côtés de la population juive », car « nous sommes de racine judéo-chrétienne ». Pour Romain Simmarano, à l’heure des « pourparlers de paix en Égypte » qu’il voit comme « une petite lumière au bout du tunnel », il s’agit aussi de penser aux otages « qui doivent être libérés », avec une minute de silence.

    Évidemment, Martine Vassal ne dit pas autre chose. « Hier, lors de la séance du conseil métropolitain, nous avons rendu hommage à toutes les victimes », indique-t-elle, à la fois celles « du plus gros massacre depuis la Shoah », mais aussi « des victimes palestiniennes qui en ont découlé », les « terroristes » s’en servant « comme des boucliers humains ». Et de soutenir, même si elle n’en partage pas toutes les idées, le plan de Trump, se félicitant d’une « décision courageuse, qui va dans le bon sens ». Le « premier élément de paix », restant la « libération inconditionnelle des otages qui restent ». Et d’avertir : « Il ne faut surtout pas confondre la position des juifs de France avec le gouvernement israélien. » Des « juifs de France stigmatisés et pointés du doigt, attaqués pour ce qu’ils sont. Ce n’est pas acceptable » sur « un territoire du bien vivre ensemble ».