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  • L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    Après avoir lancé l’idée d’accueillir des médecins cubains pour pallier la pénurie de soignants dans les Cévennes (16 000 personnes sont toujours sans médecin traitant sur Alès agglomération), le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé a souhaité effectuer un point d’étape devant la presse vendredi 6 février. Car le dossier pourrait bien s’accélérer dans les prochaines semaines.

    « Nous avons été reçus au ministère de la Santé le 10 décembre puis le 15 décembre nous avons remis 3 500 pétitions au sous-préfet d’Alès. Enfin le 14 janvier, André Chassaigne, ancien parlementaire aujourd’hui en mission dans les Caraïbes et à Cuba pour l’Assemblée nationale, a rencontré le conseiller santé du Président de la République », détaille Roger André, membre du collectif. « Il est ressorti de cette réunion qu’il n’existe aucun obstacle de principe au projet. Le conseiller a même formulé plusieurs propositions comme élargir l’expérimentation à un territoire d’outre-mer, développer des coopérations entre établissements hospitaliers cubains et français et accueillir des stagiaires. »

    Concrètement, le collectif doit encore finaliser un dossier pour définir les derniers détails permettant la venue des médecins cubains comme leur nombre, leurs statuts, la durée de leur mission, etc. Ce dossier doit être remis à l’ambassadeur de Cuba en personne lors de son déplacement à Alès le 23 février, même si l’actualité avec les menaces formulées par Donald Trump sur l’île caribéenne pourrait obliger l’ambassadeur à reporter sa venue à Alès. Au-delà des Cévennes, deux autres territoires ont demandé le renfort de médecins cubains : les Alpes-de-Haute-Provence et les Côtes-d’Armor en Bretagne.

  • [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Paul Planque : Cela fait un an maintenant que l’on va à la rencontre des Alésiens pour entendre quelles sont leurs attentes pour la ville. Il nous semblait indispensable d’aller dans une démarche citoyenne à la rencontre de ceux qui vivent la ville au quotidien. Nous avons donc accumulé un ensemble de demandes concernant cette ville que nous avons tenté de réintroduire dans ce que l’on appellera non pas un programme, mais un projet pour la ville car cette démarche, nous souhaitons la poursuivre, y compris dans la gestion à venir de la ville.

    Quels sont les thèmes que vous portez dans cette campagne ?

    P.P. : Il y a d’abord la santé car 7 000 Alésiens sont sans médecin traitant. Ensuite, il y a la question de la jeunesse et de la réussite éducative. C’est un domaine dont la municipalité actuelle s’est totalement désengagée puisqu’elle privilégie une population âgée. C’est légitime de s’occuper des personnes âgées mais ça ne peut pas se faire au détriment de l’avenir d’Alès qui est sa jeunesse. Aujourd’hui, il n’y a plus de maisons de quartier, il y a une maison de la jeunesse qui est très mal placée par rapport aux besoins réels de la jeunesse. Nous avons aussi travaillé sur l’emploi pour que cette jeunesse reste travailler à Alès après ses études. Le nombre d’emplois industriels a été divisé par dix et il y a une bataille à mener pour recréer de l’emploi industriel. Notre préoccupation est aussi de redynamiser le centre-ville, ce qui passe par la revalorisation du pouvoir d’achat des Alésiens.

    Alès est aussi une ville fracturée. Comment comptez-vous reconnecter tous les quartiers de la ville ?

    P.P. : Il y a un problème de communication entre le centre-ville et certains quartiers comme ceux du Prés-Saint-Jean, de Clavières ou des Cévennes. Mais il y a aussi un problème de communication des quartiers entre eux. Quand j’habite la Prairie, pourquoi je ne peux pas aller directement à Tamaris ? Aujourd’hui, il y a des navettes qui tournent comme des guêpes autour du centre-ville et dont la population regrette qu’elles ne viennent pas dans leur quartier.

    Pourquoi l’union avec Basile Imbert (PS) n’a pas été possible ?

    P.P. : J’ai encore relancé nos camarades du PS et des Écologistes la semaine dernière mais j’ai reçu une fin de non-recevoir de la part de Basile Imbert. Nous avons aussi appris que l’ancien secrétaire de la section alésienne du PS, Christophe Clauzel, était sur la liste de Rivenq. Est-ce inéluctable sur Alès que le PS finisse toujours à droite ? C’était le cas avec Christian Chambon, maintenant avec Clauzel, qu’adviendra-t-il de Christiane Thomas ? Aujourd’hui j’ai plus envie de m’adresser aux électeurs socialistes qu’à leurs dirigeants. Le 15 mars, le vote utile, c’est nous. Mais je ne doute pas qu’on retrouve avec les socialistes au second tour.

  • Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Il y a un peu moins d’un an, lorsque Max Roustan laissait son fauteuil de maire à l’omniprésent premier adjoint et président d’Alès agglomération Christophe Rivenq, la survie du « roustanisme » semblait assurée. Mais onze mois plus tard, rien n’est moins sûr tant les problèmes à Alès s’accumulent, bien loin de l’image du « sud ingénieux » vantée par Christophe Rivenq.

    Les fusillades liées au narcotrafic se succèdent ces derniers mois et viennent souligner l’abandon des quartiers populaires où les services publics disparaissent les uns après les autres à l’image de la fermeture du bureau de poste de Tamaris. Ces quartiers manquent aussi d’une réelle connexion avec le centre-ville qui aurait lui aussi à y gagner tant les fermetures de commerces y sont récurrentes. Touchée par un important taux de chômage (23,8% en 2022) notamment chez les jeunes (39,3% pour les 15-24 ans), la ville doit retrouver une économie florissante qui embauche, clé pour retrouver l’attractivité d’Alès. Un développement économique qui ne pourra se faire qu’en lien avec l’écologie car Alès sera la troisième ville de France la plus impactée par l’augmentation des températures due au dérèglement climatique.

    Face à tous ces enjeux, avec la liste « Alès, c’est vous ! » Paul Planque a lancé une initiative citoyenne de consultation de la population pour construire un projet au plus près des attentes des 46 000 habitants de la ville. Ingénieur architecte et ancien premier adjoint de la ville de Saint-Ouen en banlieue parisienne où il a lancé le plus vaste projet d’écoquartier d’Île-de-France, il souhaite désormais mettre son expérience au profit de sa ville natale. Pour cela, il mènera une liste soutenue par La France insoumise, L’Après, le Parti animaliste et des militants syndicaux et associatifs.

    Mais Planque n’aura pas réussi à réunir toute la gauche au premier tour puisque Basile Imbert (PS) soutenu par les Écologistes, est bien décidé à aller au bout. « Je vous remercie pour ce énième appel solennel à se ranger derrière le candidat du PCF et pour votre généreuse proposition sur votre liste, une méthode qui me confirme que vous n’avez toujours pas saisi pourquoi il y a aujourd’hui deux listes de gauche à Alès », a répondu le jeune socialiste à l’appel d’union lancé par « Alès c’est vous » fin janvier. S’il a dévoilé une partie de son programme, Basile Imbert n’a toujours pas communiqué sur sa liste et certains s’interrogent sur sa capacité à cocher la quarantaine de noms nécessaires pour se présenter.

    Le RN en embuscade

    À l’instar d’un Jean-Paul Fournier à Nîmes, Max Roustan parvenait à chaque élection à capter un électorat populaire habituellement acquis à la gauche. Pas sûr qu’il en soit de même pour Christophe Rivenq. S’il annonce dans tout Alès que des sondages le donnent large vainqueur au premier tour, sa popularité dans la deuxième ville du Gard reste largement à prouver tant les voix critiques sont nombreuses. « Tout le monde nous dit la même chose : Rivenq n’est pas Roustan. Rivenq n’est pas apprécié du tout car il a gardé ce côté directeur. Les gens attendent une alternance et une autre proposition », soutient Armand Crépin (LFI).

    D’autant que Rivenq devra faire face à deux listes sur sa droite. Le président de l’association Agir pour Alès et son Agglomération (AAA) Marc Infantès a en effet décidé de se lancer dans la bataille avec sa liste « Alès Moderne et Authentique ». Ce retraité de la gendarmerie a axé sa campagne sur la sécurité, ciblant là aussi une faiblesse de la municipalité sortante dans une ville gangrenée par le narcotrafic. Le Rassemblement National suit la même stratégie. Si le parti d’extrême droite n’a pas envoyé de poids lourd en Cévennes, il s’appuie lui aussi sur un fonctionnaire de police pour mener sa liste et compte marteler un discours sécuritaire. Anthony Bordarier, 40 ans, a en effet officialisé sa candidature le 6 février, entouré des députés Pierre Meurin et Yoann Gillet. Il confirme vouloir « créer la surprise ». Et dans une triangulaire, voire une quadrangulaire, au second tour, les chances de Christophe Rivenq de l’emporter sont tout sauf acquises. À Alès, tout reste donc ouvert.

  • [Entretien] Marie Dufresne : « Seul un jeune sur 10 a un emploi dans le Gard »

    [Entretien] Marie Dufresne : « Seul un jeune sur 10 a un emploi dans le Gard »

    La Marseillaise : Comment jugez-vous la situation de l’emploi dans le Gard ces derniers mois ?

    Marie Dusfresne : C’est difficile, notamment à cause des fermetures de Solvay et maintenant de la Verrerie du Languedoc. On assiste à une désindustrialisation qui entraîne une perte de beaucoup d’emplois. La verrerie, c’est 164 emplois, c’est énorme. Ce sont 164 familles impactées. C’est une catastrophe pour le département, qui est déjà très sinistré au niveau de l’emploi. Les plans sociaux se multiplient donc l’état de l’emploi dans le Gard est catastrophique. On a un taux de chômage qui est important puisqu’il dépasse les 10% [contre 7,7% au niveau national, Ndlr.]. On assiste aussi à des licenciements déguisés sous forme de ruptures conventionnelles qui se multiplient et font baisser les chiffres des licenciements.

    Que pensez-vous des dernières propositions du Medef, qui veut créer un CDI pour les jeunes rappelant le CPE du gouvernement De Villepin de 2006 ?

    M.D. : C’est un contrat avec un sous-Smic qui est aussi plus facile à rompre. Le patronat veut également un nouvel assouplissement des conditions pour les recours au CDD. Je suis dans la même ligne que notre secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, qui a annoncé sur les plateaux de télévision que c’est une déclaration de guerre. Le Medef est revanchard de sa défaite subie il y a 20 ans avec le CPE. S’ils osent remettre le couvert, ils retrouveront les syndicats sur leur route pour s’y opposer fermement. Le gouvernement Lecornu prévoit encore 400 millions d’économies sur l’assurance chômage. Il y a deux thèmes qui sont sur la table des négociations : les droits après la rupture conventionnelle et le recours aux contrats courts. Clairement, le patronat joue le pourrissement pour faire échouer les négociations.

    Quel est l’état de l’emploi des jeunes dans le Gard ?

    M.D. : Les moins de 24 ans ne sont que 10% à avoir un emploi. Un jeune sur dix, c’est dingue… Si on ajoute ce nouveau CDI, ça sera encore pire. Ce nouveau contrat ne ferait que précariser encore plus la jeunesse et ajouter une violence sociale supplémentaire. Clairement, on n’est pas du tout dans une bonne dynamique.

    En quoi un fort taux de chômage influe-t-il sur les conditions de travail des salariés ?

    M.D. : Les conditions de travail sont plus difficiles pour les salariés car ils ont peur de perdre leur emploi, donc ils ne disent rien. C’est aussi plus difficile de négocier des augmentations de salaires. On le constate aussi sur la répression syndicale, de plus en plus forte. On dit aux salariés : « Si tu t’engages dans cette voie syndicale, tu risques d’être ciblé. » On est en plein recensement sur cette répression et on constate qu’il y a un nombre considérable de militants qui sont attaqués en justice. Mais la conséquence, c’est qu’on constate aussi que depuis deux ans, la CGT enregistre une augmentation des adhésions.

  • [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous appelé ce nouvel album « Atlas » ?

    Zigo : Quand on cherche un nom d’album, on cherche toujours un mot qui puisse être international, c’est-à-dire compris dans toutes les langues. Mais on cherche aussi un mot qui donne la couleur de l’album. Comme c’est un album qui appelle au voyage et qui a une certaine ouverture musicale, on trouvait que l’Atlas, qui peut renvoyer à l’image d’une carte, de montagnes au Maroc ou du titan de la mythologie grecque qui porte le monde sur son dos, correspondait bien à cet album.

    Depuis 30 ans vous signez des morceaux engagés pour la tolérance, comment voyez-vous la société évoluer  ?

    Zigo : On constate la banalisation du racisme et de l’extrême droite. La mutation du cercle politique français est incroyable et pour nous qui prônons la mixité culturelle et qui arborons fièrement notre mixité culturelle et sociale, c’est effrayant. Il y a eu un moment où on a eu l’impression que le monde changeait, mais ces dernières années, il y a un retour assez terrifiant. Ce qui nous rassure, c’est d’entendre nos chansons dans les manifestations et qu’il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social.

    Vous parvenez pourtant à construire un album qui reste solaire…

    Zigo : On ne voulait pas que l’album soit plombant. On voulait qu’il soit joyeux, on pensait faire un truc plus ensoleillé. Mais, finalement, l’actualité a fait qu’on a eu du mal. Le climat social déteint toujours sur notre musique et là, on a franchement été servis. L’écriture est tombée en pleine guerre en Ukraine, en Palestine, avec le retour de Trump… C’est compliqué de sortir du marasme international. On a quand même réussi à mettre des morceaux un peu plus légers et plus positifs. Mais on n’a pas atteint ce qu’on espérait en termes de positivité.

    Repensez-vous le rôle de la culture dans ces moments troubles ?

    Zigo : Oui, on s’interroge tout le temps mais la meilleure réponse, nous l’avons en concert parce qu’on ne combat que dans la joie et le positif. Quand on voit dans nos tournées autant de personnes prendre le temps d’aller à un concert et de faire la fête, tout en abordant des sujets compliqués, des sujets de société qui sont loin de faire l’unanimité aujourd’hui, ça nous montre que tout n’est pas vain. Dans la nuit, une flamme, ça fait du bien. Les gens nous font beaucoup de bien et nous rassurent là-dessus. Notre récompense, ce ne sont pas les disques d’or, c’est de voir ce public avec le sourire.

    Quels messages vouliez-vous faire passer avec « Mémoires », le 7e morceau de l’album ?

    Zigo : C’est un morceau sur la colonisation qui est parti d’un texte de Bouchkour (l’un des chanteurs, Ndlr). Marcus Gad, qui est un artiste de Calédonie, a entendu ce morceau et ça l’a touché car c’est un sujet d’actualité en Nouvelle-Calédonie. Il a donc voulu y participer. C’est un morceau qui restera historique pour le groupe parce qu’il n’a pas de refrain et c’est le morceau le plus lent qu’on n’ait jamais composé. Il y a en toile de fond la colonisation et le poids et les désastres que ça engendre sur nos générations. Ce n’était pas le but mais quand on l’écrivait, c’était aussi le moment où la situation empirait à Gaza et on ne comprenait pas comment l’être humain n’était pas capable de se souvenir du passé. Ce drame-là transpire dans le morceau, qui restera un texte majeur de notre histoire.

    Comment jugez-vous l’évolution du reggae en France ?

    Zigo : Il y a toujours eu des hauts et des bas mais nous, ça fait trente ans qu’on est sur les routes. Toute notre tournée est déjà complète, c’est ahurissant. Sur nos trois premiers concerts, on constate aussi qu’il y a une nouvelle génération qui vient nous voir. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à être complets, quand on voit Tryo ou Danakil par exemple, et ça fait vraiment beaucoup de bien, parce qu’on appartient à un style de musique à caractère social, donc ça veut dire que les gens ont encore envie d’entendre parler de ces sujets-là.

  • Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Ce samedi 13 décembre, les élus nîmois ont clôturé l’année politique par une séance de conseil municipal dense, avec 56 délibérations à l’ordre du jour. Moment fort de la matinée : l’adoption du budget primitif 2026, dernier de la mandature de Jean-Paul Fournier, dans un climat de plus en plus marqué par les échéances électorales à venir.

    Porté par l’adjoint aux finances Frédéric Escojido, ce budget affiche 402 M d’euros de dépenses consolidées, dont 125,8 M€ pour l’investissement. Il vise à poursuivre les projets structurants en matière d’urbanisme, d’éducation, de sécurité et de transition écologique, tout en maintenant un ratio de désendettement à cinq ans. « Ce budget est rigoureux, sincère, et assure la continuité de l’action municipale », a-t-il défendu. Mais à gauche, Vincent Bouget a dénoncé un « faux équilibre », pointant notamment « une baisse de plus de 2 M d’euros pour les associations ».

    Des débats électriques

    Les tensions se sont aussi cristallisées sur le financement des centres sociaux. François Courdil (adjoint) a accusé le Département de n’avoir soutenu qu’un seul centre cette année. Sur un autre front, l’élue d’opposition Sylvette Fayet a vivement critiqué l’augmentation de 50 centimes des places PMR pour les corridas, dénonçant une mesure « absurde et honteuse ». L’adjoint à la tauromachie Frédéric Pastor a répliqué que l’accompagnant bénéficie du même tarif réduit.

    Enfin, la Ville a réaffirmé son engagement pour l’égalité femmes-hommes, avec un index de 78/100 et des mesures de prévention accrues, notamment via le dispositif Angela ou la distribution de capuchons anti-GHB. À trois mois du scrutin, cette séance aura résumé en une matinée les enjeux d’un basculement politique en gestation.

  • Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Il y a quelques rares bonnes nouvelles pour la viticulture française. La décision du Parlement européen d’autoriser les cépages Isabelle, Clinton, Noah, Jacquez, Othello et Herbemont, aujourd’hui interdits, en fait partie. Cette proposition portée par le député européen socialiste Éric Sargiacomo était en effet très attendue par les viticulteurs gardois dont la culture de ces cépages dans les Cévennes ne s’est jamais arrêtée et a même été transmise par plusieurs générations de vignerons.

    Ce savoir a d’ailleurs permis de s’appuyer sur un certain nombre de données pour démonter les arguments qui avaient justement poussé à leur interdiction. « Nous avons réalisé des analyses sur une quinzaine de vins réalisés avec des vinifications de cépages interdits. Il y avait des pétillants, des cidres et trois vins rouges et nous avons montré que nous étions au même niveau de méthanol. Nous sommes aux alentours des 200 mg par litre pour les rouges alors que la norme est de 400. Nous sommes donc comme un Bordeaux ou un Bourgogne. Cet argument peut donc être balayé d’un revers de la main », explique Christel Guiraud, président de l’IGP Cévennes et propriétaire du Domaine des Loubatières.

    Celui qui a créé l’observatoire des cépages en 2022 s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg accompagné de cinq vignerons du secteur mi-octobre. Ils ont eu l’occasion d’avancer un certain nombre d’arguments que les députés ont entendus. « Je ne pense pas sauver la viticulture avec ces cépages mais l’idée, c’est qu’ils peuvent apporter une identité cévenole, un côté patrimonial et un côté œnotouristique. Avec ces anciens cépages demain autorisés, nous allons pouvoir créer de nouveaux mélanges de Noah, d’Isabelle et de Clinton parce que le reste, on en a un peu moins sur notre secteur. La demande actuelle, ce sont des vins plus légers, plus faciles à boire et ces vins-là répondent à cette demande. Ce sont des vins légers tout en étant sur le fruit. Ces cépages résistent aussi mieux aux coups de chaleur », ajoute le vigneron.

    Chloé Ridel interpelle la ministre de l’Agriculture

    Désormais, chaque pays doit se prononcer pour ou contre cette réintroduction. C’est dans ce cadre que la députée européenne socialiste basée à Nîmes, Chloé Ridel, a écrit à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) pour « connaître clairement la position du Gouvernement français sur cette question essentielle pour l’avenir de notre viticulture ».

    « Ces variétés se trouvent dans une véritable zone grise réglementaire : d’un côté, depuis 2021, l’obligation de les arracher a été levée, mais de l’autre, leurs producteurs n’ont toujours pas le droit d’appeler « vin » la boisson qu’ils élaborent, alors même qu’ils sont soumis à la même fiscalité. Cette situation paradoxale illustre la nécessité de clarifier et d’harmoniser le cadre juridique, afin de donner de la lisibilité et de la stabilité aux producteurs concernés. De plus, leur réhabilitation apparaît pleinement cohérente avec les défis auxquels la viticulture française est confrontée », précise celle qui est depuis juin en charge de la refondation du projet du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027.

    Pour l’heure, la ministre de l’Agriculture, confrontée à une crise sans précédent de la viticulture, n’a toujours pas rendu son avis sur ces cépages. « Elle est à l’écoute », rassure tout de même Christel Guiraud qui espère une légalisation de ces cépages pour 2027 : « Il faut que cela soit décidé dans le paquet vin de la PAC 2027. »

  • Occitanie : Sylvain André, « Cette liste se revendiquera de gauche »

    Occitanie : Sylvain André, « Cette liste se revendiquera de gauche »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous hésité à vous représenter ?

    Sylvain André : J’ai pris du temps parce que je connais bien la fonction et je sais que c’est un mandat très prenant, très exigeant mais passionnant. La passion est intacte et j’ai envie de finir les projets engagés et d’en porter de nouveaux. J’ai surtout envie de continuer ce travail engagé sur le vivre-ensemble. Les attaques que j’ai subies m’ont aussi fait réfléchir parce que c’était très virulent. Mais l’envie est toujours là.

    Quel bilan tirez-vous de ces six ans de mandat ?

    S.A. : Nous avons dédié un vrai budget à l’éducation et nous avons beaucoup soutenu le centre socio-culturel, avec un programme culturel important. Concernant les investissements importants, nous avons réalisé la rénovation du centre du village, la rénovation énergétique des bâtiments publics et la création d’un deuxième réseau chaleur bois pour alimenter plusieurs bâtiments. Nous avons aussi mené un travail pour améliorer les équipements des services techniques et nous avons réalisé un travail de fond sur la tranquillité publique. Nous avons mis en place la vidéoprotection en début de mandat, qui sert uniquement aux gendarmes quand il y a une infraction. Ensuite, nous avons acheté un terrain pour un projet d’habitat inclusif de onze appartements. L’appel d’offres est prévu en 2026. Nous avions commencé à travailler sur ce projet en 2016 et si tout se passe bien, il verra le jour en 2028.

    Quels sujets allez-vous porter durant la campagne ?

    S.A. : Nous avons des projets pour plusieurs mandats, entre ceux pensés par l’équipe sortante et ceux portés par les nouveaux. Mais il y en a deux qui sont certains : le cimetière, où nous venons de trouver un nouveau terrain et l’habitat inclusif. Il y a d’autres projets dans les tuyaux comme la création d’une boulangerie à la place du foyer, la rénovation de la salle polyvalente, l’aménagement du quartier des Fonzeaux qui a besoin d’un gros travail… Il faut avancer sur un maximum de choses, plus que ce qu’on peut déjà faire, et en fonction des financements que l’on pourra trouver nous les réaliserons. Ce sont les financements qui déterminent si certains projets se font avant les autres. Pour cela, nous aurons aussi une équipe renouvelée à 50%. Cette liste se revendiquera de gauche. J’y tiens beaucoup. Toutes les personnes de la liste se revendiquent de gauche avec différentes sensibilités.

    Vous êtes régulièrement la cible de l’extrême droite, y aura-t-il une liste soutenue par le RN face à vous ?

    S.A. : Je ne pense pas. Je n’ai pas entendu de liste se positionner en face mais on n’est jamais à l’abri.

  • Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    La Marseillaise : Que représentent pour vous, dans le contexte actuel de tensions nationales et internationales, les scrutins municipaux des 15 et 22 mars prochain ?

    Patrick Malavieille : Ces élections municipales de 2026 sont le premier rendez-vous démocratique majeur après une période institutionnelle agitée et dont nous ne sommes pas encore sortis, et la dernière étape avant l’élection présidentielle de 2027. C’est une séquence politique décisive pour la vie des gens.

    Au moment où l’État asphyxie financièrement les collectivités et notamment les communes, c’est l’occasion pour la population de refuser la casse des services publics et de réclamer, haut et fort, la libre administration de nos villes et de nos villages.

    Dans le Gard, mais la question se pose également pour l’Hérault et plus largement l’Occitanie, est-ce que ce scrutin peut réconcilier les citoyens avec la politique ?

    P.M. : Je le crois. Les habitants de nos communes sont profondément attachés à la vie locale, à la proximité. On le voit au travers du mouvement associatif qui reste fort, avec des engagements puissants. On le voit aussi avec des mobilisations locales, pour l’emploi, pour l’école, pour l’hôpital…

    Et en dépit des restrictions budgétaires, il y a beaucoup d’énergie locale, avec des citoyens pragmatiques et ambitieux pour le coin où ils vivent. Je crois que cette énergie pourrait être le levier de la reconstruction du lien civique.

    Pour la gauche, l’enjeu est de conforter des majorités municipales mais aussi de conquérir de nouvelles communes. Je pense notamment à Nîmes. Votre analyse ?

    P.M. : L’enjeu est immense. Reconduire partout des majorités sortantes de gauche, travailler partout pour rassembler autour de projets territoriaux ancrés dans l’intérêt général, voilà à mon sens ce que devrait être notre ligne de conduite.

    Dans les majorités sortantes, les élus communistes travaillent beaucoup et sont reconnus pour leur travail. Il faut l’amplifier. Pas question pour nous, comme l’a rappelé Fabien Roussel à Marseille, de présenter des listes face à des maires sortants, PS, LFI, Verts ou se réclamant de la gauche. Ailleurs, il faut travailler au rassemblement de toute la gauche, pour que nos communes, petites et grandes, soient des points d’appui pour la population. Un rassemblement sur la base d’un projet collectif construit avec les citoyens. C’est la démarche engagée notamment à Nîmes avec Vincent Bouget et Amal Couvreur.

    Face aux défis sociaux, démocratiques et écologiques, nous devons être force de propositions, dans une réflexion renouvelée qui place la commune comme le socle institutionnel majeur en lien avec les intercommunalités, les Départements et les Régions.

    Vous avez été député, maire de la Grand-Combe, vous êtes conseiller départemental. Au regard de vos actions et de votre expérience la question d’une décentralisation réelle se pose-t-elle ?

    P.M. : Cela fait longtemps que l’on en parle. Il y a longtemps qu’elle est promise mais jamais vraiment réalisée. C’est même l’inverse qui se produit depuis quelques années. Il faut redonner aux maires davantage de pouvoir de décision et, j’insiste, d’expérimentation. Les maires sont fatigués de la complexité que nous impose l’État dans de nombreux domaines. L’intransigeance, la tutelle de l’administration centrale sont insupportables. Souvent des décisions prises à Paris sont loin, très loin des réalités du territoire. Exemple : la carte de la politique de la ville… Et parfois, on arrive à des situations ubuesques où l’État en Région, préfets et sous-préfets qui sont souvent à l’écoute des élus locaux, se battent presque contre leurs propres services ! Mais que l’on ne se méprenne pas, les communes ont besoin de l’État, notamment avec des dotations à la hauteur des charges qui leur ont été transférées mais aussi pour accompagner les territoires où l’industrie s’est effondrée. En un mot, ce n’est pas d’un État en moins dont nous avons besoin mais d’un État en mieux.

    Alors que sur le plan national c’est la confusion, les municipales peuvent-elles être un moment de clarification ?

    P.M. : La défiance envers les institutions nationales, Président de la République, Gouvernement, Parlement, atteint des sommets, du jamais vu ! Et dans le même temps, un ancrage demeure encore solide, c’est le lien des Français avec leur commune. Alors que beaucoup de nos concitoyens sont dégoûtés, il faut bien le dire par l’actuelle séquence politique, un récent sondage montre que 70% des Français se déclarent intéressés par les prochaines élections municipales. Cela se vérifie sur le terrain où les élus locaux sont perçus de manière différente. Il me semble que la commune reste un îlot de confiance dans une mer de défiance et notamment ceux qui ont le plus de difficultés peuvent y jeter l’ancre !

    Santé, logements, transports, écoles, services publics, etc. Les priorités sont nombreuses. Comment montrer que l’on peut répondre à ces besoins et tordre le cou à la résignation ?

    P.M. : Il faut partir des réalités locales et des besoins de la population. Et à chaque fois, en faire des batailles publiques en s’appuyant sur les forces vives des localités. L’austérité imposée par l’État aux collectivités locales menace directement nos services publics. L’enjeu de mars 2026 sera de répondre aux besoins de la population par le développement de ces services. Il nous faudra en faire une mobilisation populaire et une question politique majeure par l’intervention des usagers et des travailleurs. Je propose que l’on réfléchisse à la structuration d’une commission locale des services publics par commune en y impliquant les usagers, les agents, cela pour ouvrir un débouché aux luttes locales et contribuer à des avancées immédiates et concrètes. N’attendons pas le grand soir mais travaillons pied à pied pour des jours plus heureux.

    L’extrême droite mène une véritable guerre culturelle et idéologique. Résister est nécessaire mais est-ce suffisant ? Ne faut-il pas aussi la combattre par des projets ?

    P.M. : Le RN et les idées qu’il véhicule, sont un poison pour le pays. Il faut rappeler que ce parti s’est construit sur les vestiges du régime de Vichy, régime contre lequel s’est érigée la République. Cela pour montrer que les attaques continuelles contre les contrepouvoirs, qu’ils soient institutionnels ou médiatiques, ont bien pour objectifs l’affaiblissement du débat public et la ruine de la démocratie. Mais cela ne suffit pas ! Il faut être ambitieux et novateur dans la manière de construire au niveau local les solidarités humaines. Logements, emploi, transports, santé, culture, sport, éducation, sécurité. À chaque fois, prenons bien la mesure de notre capacité à y répondre. Parlons à l’intelligence de nos concitoyens en les requestionnant sur le concept du vivre ensemble. Abordons la question du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie, des violences faites aux femmes, de la paix, de l’avenir de la planète…

    Mettons en garde aussi contre les vieux refrains réactionnaires, nationalistes, patriarcaux, virilistes. Contre aussi les chansons tristes de déni climatique et du complotisme. Les élections municipales vont nous servir aussi à tout cela.

    Et si, il y a une chose à réarmer en France, c’est bien les consciences. Nous allons nous y employer.

  • Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Où est passé le Rassemblement national à Saint-Gilles ? Comme souvent lorsqu’il siège dans l’opposition, le RN est complètement absent des débats. Sa tête de liste en 2020, Christophe Lefèvre, qui a depuis cédé aux sirènes de Reconquête !, est absent de la commune et les deux autres élus de sa liste au conseil municipal font acte de présence lors des séances mais ne prennent jamais la parole. Aujourd’hui, rien ne garantit que le RN soit en capacité de former une liste. Un fait étonnant dans une ville qui a pourtant donné la majorité à Jordan Bardella aux Européennes (51%) et à Nicolas Meizonnet aux législatives (56%).

    Le maire sortant, Eddy Valadier (LR) semble donc avoir le terrain dégagé pour décrocher un troisième mandat dans la ville de 14 400 habitants. Il n’a pour l’heure pas encore annoncé sa candidature. Il devra tout de même affronter un ancien allié, à savoir Christophe Sévilla, ex-membre de l’UDI qui a reconnu avoir entamé des discussions avec le RN sans qu’elles aient abouti.

    La gauche veut progresser

    Inconnu en 2020, le socialiste Paul Gabriel avait à peine dépassé les 10%. Suffisant tout de même pour siéger au conseil municipal et se faire connaître de la population. S’il ne rejette pas tout le bilan d’Eddy Valadier, notamment dans « l’embellissement de la ville », l’élu d’opposition a déjà annoncé sa candidature pour apporter une vision différente sur la démocratie participative : « Nous voulons associer les habitants aux décisions qui peuvent être prises. Il faudrait créer des comités de quartier qui pourraient avoir un petit budget pour mettre en place une action qui leur tient à cœur. Nous voulons aussi créer une maison de la vie associative pour aider les associations dans les dépôts de subventions. Il y a aussi un problème de desserte, au niveau des transports en commun, avec une partie de la ville qui n’est pas desservie. »

    Paul Gabriel mènera ainsi une liste d’union de la gauche avec les communistes. « Nous voulons mener une démarche progressiste et écologiste. Le but c’est de faire mieux qu’en 2020 », confirme Alain Nunez, secrétaire de la section Camargue Vidourle du PCF qui sera présent sur cette liste.