Tag: 1er tour

  • À Arles, de Carolis est en tête et la gauche en phase de reconquête

    À Arles, de Carolis est en tête et la gauche en phase de reconquête

    Victoire en demi-teinte pour le maire sortant d’Arles. Patrick de Carolis (Horizons) obtient 34,09% des voix à l’issue du premier tour, après six années d’une gestion vivement critiquée, tant par son opposition que par sa majorité, fragilisée par douze départs. Le candidat, qui a présenté une équipe renouvelée à 60%, s’est tout de même réjoui : « Notre liste est nettement en tête avec près de 9 points d’avance. Elle est en première position dans 29 bureaux sur 35. »

    Avec une ombre au tableau néanmoins pour le macroniste : le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), arrivé en deuxième position en améliorant son score par rapport à 2020 avec 25,38% des suffrages, contre 21,16% il y a six ans. « Un score plus qu’honorable dans un contexte national marqué par une droitisation et une poussée de l’extrême droite », que souligne la tête de liste en question, alors que Rémy Benson, éleveur investi par le RN, a obtenu 16,37% des voix. Pour rappel, le parti de Marine Le Pen n’avait fait que 8,5% avec la candidature de Jean-Louis Limonta en 2020. « La gauche résiste, nous avons résisté, nous sommes sur des ratios qui ne correspondent pas aux sondages qu’avait pu sortir La Provence il y a quelques semaines », assure Nicolas Koukas, saluant au passage le score de Jecilla Regad (LFI), 9,81%, qui ne lui permet cependant pas de se maintenir.

    La France insoumise a fixé lundi dernier ses conditions pour d’éventuels rassemblements avec d’autres listes de gauche au second tour, évoquant la possibilité d’une « fusion technique à chaque fois que le risque de la droite et de l’extrême droite existe ». Au niveau local, la candidate a cependant affirmé qu’elle ne donnerait pas de consigne de vote.

    « Ce sont les électeurs qui décident, pas les têtes de liste, réagit Nicolas Koukas. Moi j’ai toujours dit que si j’arrivais derrière Jecilla Regad je voterais pour elle, parce que je suis un homme de gauche et que je ne veux ni de l’extrême droite ni de la macronie. Pour moi, le choix est simple. Je fais confiance aux électeurs de gauche. »

    De Carolis appelle Jalabert à se retirer

    De son côté, Patrick de Carolis s’inquiète d’un « éparpillement des voix au second tour » qui pourrait provoquer « le retour des communistes à la tête de notre ville ». Il appelle donc Jean-Michel Jalabert (DVD), son ancien premier adjoint ayant mené une liste dissidente que les Arlésiens et Arlésiennes ont placée en quatrième position avec 13,69% des voix, à « rester fidèle à ses propres valeurs ». Il lui demande de « faire preuve de responsabilité en se retirant afin de ne pas servir de tremplin au candidat communiste ».

    Un appel du pied qui restera sans réponse. Jean-Michel Jalabert se satisfait de son résultat et confirme qu’il sera bien sur la ligne de départ du second tour, tout en renvoyant la balle à son ancien patron, dont le score montre selon lui un « désaveu d’une grande partie de la population ». « Si notre équipe s’est montée, il y en a un qui porte une lourde responsabilité. Et le résultat de dimanche prochain, ce sera la responsabilité de Patrick de Carolis. On ne pourra pas me reprocher de ne pas être en accord avec moi-même, avec mes valeurs, et avec la façon dont tout le monde devrait faire de la politique », attaque-t-il.

    Nicolas Koukas, sourit devant la stratégie de Patrick de Carolis : « Ça prouve bien qu’il sent la difficulté qui est la sienne. » « C’est vraiment ce système-là mis en place depuis six ans qu’il faut aujourd’hui abattre et proposer une gestion qui soit encore plus près des Arlésiennes et des Arlésiens. »

    Aller convaincre

    Le candidat sera au travail dès ce matin, avec la reprise des porte-à-porte. « On a une semaine pour aller convaincre, notamment ceux qui ne se sont pas exprimés, particulièrement dans les quartiers populaires », affirme-t-il. En fin de journée, la participation à Arles était de 56,42%. Une progression de dix points par rapport à 2020, année Covid, où seuls 46,58% des habitants s’étaient déplacés aux urnes lors du 1er tour, mais qui n’atteint pas le niveau de 2014 (61,37%). En tout cas, à gauche, la motivation est là. « Rien n’est perdu, bien au contraire. J’ai fait beaucoup d’élections, et elles se gagnent aussi au second tour, assène Nicolas Koukas. Ce qui compte c’est le local, la manière de travailler, et nous on veut proposer une autre méthode. »

    « La gauche résiste, nous avons résisté »

  • À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    Martigues la républicaine tient bon dans la tempête ! » lance le maire (PCF) et candidat à sa réélection, au moment de proclamer les résultats définitifs du 1er tour des élections municipales pour la ville de Martigues dimanche soir.

    Devant la foule réunie au sein de l’hôtel de Ville, l’édile a annoncé dans l’ordre les 3,04% récoltés par Anne-Marie Sudry (DVG) ancienne adjointe (GRS) de la majorité, 7,9 % pour Frédéric Grimaud (DVG), tête de liste insoumise du Collectif citoyen martégal, suivi de 25,3% pour Jean-Luc Di Maria (DVD), candidat LR et de 28% pour le député RN Emmanuel Fouquart. Enfin, Gaby Charroux annonce que la liste d’union de la gauche et citoyenne qu’il conduit récolte 35,71% des voix, pour une participation de 57,55%, qu’il considère comme « pas très fameuse ». Et rajoute : « Mais il y a sans doute des raisons et c’est à nous d’aller chercher ceux qui ont manqué » remarque-t-il. Des résultats définitifs sous réserve de modification ultérieure.

    Triangulaire en vue

    Le maire sortant a fait part de sa « satisfaction et du plaisir » qu’il retient de la campagne. « Nous avons travaillé dur et nous sommes très contents des résultats qui nous placent en tête. On nous annonçait une vague RN mais on résiste ! Nous sommes devant le RN », jubile le candidat devant une assistance soulagée, répondant par des applaudissements et clameurs.

    Mais la campagne n’est pas terminée, avec le second tour déjà en tête pour le candidat communiste. « Il est très probable qu’il ne restera que 3 listes, nous allons mener bataille contre le RN et la droite », annonce Gaby Charroux. S’agissant d’éventuelles discussions avec d’autres candidats, le maire indique que « nous restons sur nos objectifs », estimant qu’il est « un peu tôt à peine après avoir annoncé les résultats ». « Nous avons besoin de réfléchir », considère-t-il, la nuit portant conseil, en attendant de « voir ce que les autres vont faire ».

    C’est peut-être là l’enjeu du second tour : les abstentionnistes. « Nous sommes en tête dans beaucoup de quartiers populaires mais avec une forte abstention », relève le maire sortant, se disant que c’est « à nous de travailler ceux qui n’ont pas voté ».

    Forte abstention

    D’autre part, l’édile pense aux voix issues des deux autres listes de gauche. « À nous d’aller chercher leurs électeurs pour qu’ils nous accompagnent pour faire barrage au RN. À eux de dire ce qu’ils veulent : le pouvoir au RN ou défendre les idées de la gauche comme ils l’ont affirmé dans leur campagne », tranche Gaby Charroux.

    À quelques pas, Frédéric Grimaud commente les résultats : « On est parti de 0 on fait 8% et c’est bien, on est content, on aurait peut-être préféré 10% mais ce n’est pas ce qui est important » estime le chef de file du Collectif citoyen martégal. « Ce soir je vois la droite cumulée au-dessus de la gauche. On réunit une assemblée ce soir pour une analyse collective » et la rédaction d’un communiqué. En attendant, l’insoumis l’affirme : « Soit le maire appelle à un front républicain et peut-être qu’on répondra, soit on fera un communiqué de second tour ».

    De son côté, Anne-Marie Sudry (DVG) n’a pas souhaité réagir dimanche soir. De l’autre côté, à droite, Jean-Luc Di Maria n’a pas non plus fait de commentaire.

  • À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    Une permanence fermée aux médias. Voilà qui donnait déjà le ton ce dimanche du côté de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. Restait à savoir quelle était l’étendue de la catastrophe. Les premières estimations tombent, la créditant de 11 à 13% des voix. Mais de commentaires point. Toute la soirée, la candidate aura joué au chat et à la souris avec la presse rassemblée devant sa permanence du 42, cours Pierre Puget (6e), rideau tiré, lumières éteintes. La prise de parole prévue pour 22h30 est reportée d’une heure.

    Une de ses co-listières, Sandra Blanchard, avocate en droit public, finit par débarquer en voiture, chargée de sacs de courses. « On est allé acheter à manger pour les militants », répond-t-elle, un peu embarrassée, à la foule de micros qui se dressent devant elle. « On n’a pas encore les résultats, dès qu’on en saura plus, on vous tiendra au courant, je ne sais pas quand elle va arriver », promet-elle. Quand on lui demande si elle a prévu les mouchoirs, elle convient qu’elle est déçue. « Mais c’est le jeu démocratique, parfois on gagne, parfois on perd, les Marseillais ont décidé, évidemment qu’on aurait voulu faire beaucoup plus ». Et de se dire surtout « déçue qu’il y ait autant de Marseillais qui ont voté pour le Rassemblement national, pour le reste… »

    Un second tour décisif

    Même si elle n’a eu de cesse de le marteler, « le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir », au cours de la campagne, de projections en projections, la liste de Martine Vassal a lentement dégringolé. Elle n’aura rien lâché, jusqu’à son dernier meeting ce mercredi. « Ne vous laissez pas voler cette élection, on va gagner » exhortait-elle alors sur la scène du Florida Palace. Mais les électeurs ont tranché, réalisant le pire des scénarios.

    Reste à savoir quelle attitude elle va désormais adopter pour le deuxième tour. « Même satellisée sur la lune, je ne me retirerai pas » avait-elle promis lors d’un dernier débat avant le vote sur le plateau de nos confrères de La Provence. Une quadrangulaire permettrait d’éviter le naufrage total et d’éviter la fuite vers l’extrême droite.

    Pour mémoire, au second tour des municipales de 2020, Martine Vassal avait déjà vu lui échapper le 4e secteur (6e et 8e arrondissements), fief de la droite depuis 25 ans, au profit de la candidate du Printemps marseillais, Olivia Fortin, réunissant 39,16 % contre 41,78% pour l’actuelle maire de secteur. Elle avait dû affronter au 1er tour la liste dissidente de Bruno Gilles (DVD) avant de finalement faire alliance au second. Et la droite avait été mise hors-jeu par le Printemps marseillais dans une large partie de la ville.

    Une certitude désormais : Martine Vassal va devoir batailler pour conserver la tête de la métropole Aix-Marseille-Provence où elle a pris la suite de son mentor, Jean-Claude Gaudin en 2018. Au mieux, Martine Vassal peut espérer une dizaine d’élus et si elle se dépasse. Ce qui risque d’être un peu léger pour peser dans l’hémicycle du Palais du Pharo. À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est finalement le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano qui devait s’exprimer, sans certitude.

  • Marseille sous la menace du RN

    Marseille sous la menace du RN

    Sans recul après une élection 2020 sous covid, et plongé dans l’inconnue du double scrutin, mairie centrale – mairie de secteur, imposé par la réforme de la loi PLM, l’issue du 1er tour des élections municipales à Marseille s’annonçait indécise. Les premiers résultats sortis des urnes dimanche ont confirmé ce sentiment et les sondages des dernières semaines de campagne.

    Premier point, et sans surprise, avec à peine plus de 52% de votants, la participation a été faible. Supérieure évidemment au scrutin 2020, marqué par la crise Covid, où seuls 32,76% des électeurs s’étaient préséntés aux urnes, mais en baisse par rapport à 2008 (57,74 %) et 2014 (53,5%). Un taux d’abstention qui n’a pas pour autant desservi la gauche dont on sait l’électorat moins assidu et lui laisse une marge de manœuvre.

    Le premier indice sur les résultats du vote est paradoxalement venu de Paris où Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a annoncé que l’union de la gauche était « arrivée en tête à Marseille ». Quelques instants plus tard, une estimation sortie des urnes donnait la première photo finish. Elle plaçait Benoît Payan (DVG) en tête avec 35 % des suffrages, aux coude à coude avec le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio (RN), également crédité de 35 %. Elle sera affiné au fil de la soirée avec eux autres instituts de sondage, Ifop et Elabe, donnant Benoît Payan en tête, entre 36 et 38%, devant le RN, autour de 34%

    « Rassemblement des électeurs »

    Première indication, l’extrême droite opère une nouvelle percée à Marseille confirmant ses scores des derniers scrutins nationaux. Allisio ferait même mieux que Bardella qui avait obtenu 30,14% des suffrages lors des Européennes de juin 2024. Second enseignement, le maire sortant et la majorité du Printemps marseillais font bien mieux qu’en 2020. La candidate (EELV), Michèle Rubirola avait alors réuni 23% des suffrages au 1er tour et devançait d’une courte Martine Vassal… Plus loin et décrochée, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, confirme six ans plus tard sa dégringolade.

    Elle est créditée de 12 % des suffrages, à égalité ou derrière Sébastien Delogu (LFI) selon ces mêmes estimations sortie des urnes. Un scénario catastrophe pour la droite marseillaise qui pensait avoir fait le plus dur en se présentant unie comme jamais après avoir perdue la ville en 2020 en étant déchirée. Le mal est bien plus profond. Et il faudra méditer les conséquences de cette course effrénée derrière l’extrême droite. A l’heure où nous bouclions, tous deux passaient toutefois la barre des 10% leur permettant de se maintenir au second tour pour un scénario de quadrangulaire inédit.

    Le député insoumis des quartiers Nord persuadé il y a quelques semaines de s’asseoir dans le fauteuil de maire, a été le premier à réagir. Il saluait dans un tweet, « un résultat considérable pour une première participation au scrutin » et appelait à la constitution « d’un front antifasciste pour empêcher le Rassemblement national de conquérir Marseille », tendant « la main à l’ensemble des composantes du Printemps marseillais et à leur candidat, Benoît Payan ». La formule paraît simpliste et interroge sur les intentions de la France insoumise qui plaide une fusion techniqui lui offrirait des places sur la liste du Printemps marseillais tout en restant dans l’opposition. Difficilement recevable pour le reste de la gauche. Marie-Arlette Carlotti, la sénatrice (PS) l’invitera à aller au bout de son idée et à se désister de manière républicaine et Anthony Gonçalves (PCF) préfère lui, appeler au « rassemblement des électeurs » plus qu’au rassemblement des appareils.

    Dans ce contexte, le positionnement de la droite qui a déjà vu ces dernières années, beaucoup de ses élus rejoindre l’extrême droite était attendu. Le RN lui a de nouveau tendu la main dimanche soir. Hier, après moulte renvois, l’entourage de Martine Vassal a indiqué qu’elle ne s’exprimerait finalement pas dans la soirée. Les 31 premiers bureaux dépouillés la plaçaient alors tout juste 4e avec 10,9% des suffrages. Chaque candidat a jusqu’à mardi pour faire son choix pour le 2e tour. Les résultats des mairies de secteur encore au dépouillement après minuit, pourraient être une clé.

  • [DIRECT] Revivez le premier tour des élections municipales

    [DIRECT] Revivez le premier tour des élections municipales

    Veuillez patienter quelques secondes… Le direct va s’afficher !

  • Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Finalement la tête de liste LFI, Sébastien Delogu, ne s’est pas montré ce jeudi 12 mars pour le dernier point presse avant le premier tour mais ces colistiers ont largement martelé le message : dans cette campagne de niveau « caniveau », « le vote utile, c’est un vote de conviction » et qu’importe les sondages, ce qui compte, c’est le programme.

    « On a tenu tant bien que mal la barre avec nos 380 mesures » estime Hedi Bounouar, son directeur de campagne, dénonçant entre autres le dénigrement envers son candidat, « comparé à un narcotrafiquant », « les diffamations permanentes », une « campagne d’ingérence numérique de l’étranger par un lobby israélien d’extrême droite selon vos confrères du Monde », s’inquiète d’une potentielle triche électorale. Autant de raisons selon lui pour voter « Marseille fière et populaire » car si le RN progresse, « c’est qu’on ne s’attaque pas aux raisons de fond du fascisme, la crise politique, économique et sociale », complète Paola Hartpence, en lice dans les 2-3.

    Et à l’issue du second tour, la stratégie est claire : « Mettre en place les conditions d’un rassemblement » pour bâtir « un front antifasciste » précise Léa Bijaoui, candidate dans les 4-5, où la démocratie « fera le travail », chacun avec ses convictions mais agissant pour l’intérêt commun. « Si nous sommes qualifiés pour le second tour, nous y participerons d’une manière ou d’une autre, soit on se maintient, soit on participe à ce front », détaille Hedi Bounouar.

  • Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    C’est un Jean-Luc Mélenchon comme à la maison qui a investi, ce samedi, la scène de la Cartonnerie, à la Friche Belle de Mai (3e) pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille. Un soutien de poids pour un « enfant du peuple de Marseille » qui a su rassembler, sur une liste, « des insoumis et des écolos », insiste le leader de LFI.

    « Benoît Payan, inventeur de la pochette-surprise »

    Fort des « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado et au Vieux-Port, de la présence de 2 500 personnes ce samedi, selon les organisateurs, Jean-Luc Mélenchon est venu « participer à la démonstration de force » face à la menace de l’extrême droite. « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune », assène-t-il, et « cela sera empêché par et grâce à nous ». Il revient sur la place de la ville dans son parcours politique et celui des insoumis : « Marseille qui m’élit, fait de moi le premier président de la gauche radicale depuis des décennies, Marseille qui a élu au premier tour Manuel Bompard et Sébastien Delogu ! »

    Et de s’en prendre au maire sortant, Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession, qui selon lui fait partie de ces « personnages dérisoires, comparables d’une ville à l’autre », sans « un projet sans une idée, armés de mépris ». « Quand je viens ici pour préparer mon discours, je demande “qu’est-ce qu’il a fait ?” On me répond “rien” », ironise Jean-Luc Mélenchon. Il en remet une louche « sur les milliards du Grand Marseille qui devait se déverser ici », puis fait dans la blague : « Cet homme est l’inventeur de la pochette municipale surprise. Vous prenez la pochette, y a marqué dessus pochette Rubirola, vous ouvrez, coucou Payan ! »

    Après une longue digression sur la géopolitique internationale, il revient sur la menace d’une extrême droite violente face à la « division de la gauche, (….) un désastre », s’indigne-t-il, fustigeant le PS qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il, rappelant la promesse de Benoît Payan de le faire si Sébastien Delogu arrive en tête. Il prône « un accord de fusion technique » comme un « front anti-fasciste ». Et si LFI venait à arriver derrière le Printemps marseillais ? C’est ce qui est demandé plus tard au député Manuel Bompard, Sébastien Delogu le laissant répondre aux questions de la presse. « Nous ferons la même chose, nous l’avons toujours dit », affirme-t-il.

  • Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des similitudes dans les programmes qui donnent de l’espoir pour une union à gauche… Pour le groupe citoyen « Faisons Front Commun », créée en juin et qui rassemble notamment les associations des Hirondelles, des amis du programme du Printemps marseillais, Réinventer la gauche, les collectifs du Nouveau front populaire, ou encore la Réserve citoyenne, rien n’est perdu.

    « La seule alternative politique de lutte contre l’extrême droite, c’est une gauche unie dans sa totalité, dans le respect de ses composantes, sur la base d’un projet résolument de gauche, construit avec le monde associatif, syndical et avec l’expertise du monde universitaire », pose Alexandre Jurado, membre du conseil d’administration de Faisons front commun.

    Une convergence « nette »

    Après un comparatif minutieux entre les propositions insoumises et du Printemps marseillais, de l’école aux questions sanitaires et sociales en passant par le logement, les transports ou la culture, « la convergence est nette », assène un autre adhérent, José Rose, sans nier des « divergences, mais qui ne sont pas rédhibitoires ».

    Avec une grande mobilisation, ce dimanche 1er mars à 11h sur le Vieux-Port, « ce que nous voulons faire, c’est préparer la discussion du second tour », explique Hélène Goldet, membre du CA. Si, au soir du premier, il s’agira forcément de négociations d’appareil, estime-t-elle, « nous devons avoir ce débat avant ». Pour elle, Marseille est majoritairement de gauche et ces municipales auraient pu être le moment de l’emporter dès le 1er tour, mais cette occasion ratée ne doit pas empêcher d’être « responsable » au second.

    Au sein de l’association, le résultat des sondages avec un RN potentiellement en tête, en cas de quadrangulaire, inquiète. « Il s’agit de redonner de l’espoir quand une partie de l’électorat en a marre de la guerre des gauches et de cette campagne de bas niveau », ajoute Pauline Delage (Ensemble !), adjointe à la maire d’arrondissement des 6-8.

  • À Fos, Rémi Esnault présentera sa liste mardi

    À Fos, Rémi Esnault présentera sa liste mardi

    Sur l’avenue Jean-Jaurès, la permanence de campagne de Rémi Esnault est inratable. Un grand panneau bleu sur pilotis indique où se garer pour rencontrer le successeur désigné de René Raimondi (DVG) ou son équipe de militants, présents 7 jours/7, de 10h à 19h. « Ce n’est pas le local le plus confortable, mais il est bien situé », glisse le candidat, qui présentera sa liste et son programme mardi 10 février à 18h au théâtre Jean-Hetsch.

    Une adresse qui est loin d’être le seul atout de Rémi Esnault, selon l’adjointe au maire déléguée au tourisme, aux festivités et aux animations Anne-Caroline Walter-Cipreo. « Sa qualité, c’est d’être avenant, à l’écoute et rassembleur », affirme l’élue, qui pointe « un élan extrêmement fort et positif dans la
    population
     ».

    Quant aux critiques concernant ses racines, Anne-Caroline Walter-Cipreo balaie : « Ça fait plus de dix ans qu’il travaille aux côtés des maires de la commune, il connaît le terrain et les dossiers par cœur, il est plus fosséen que certains Fosséens. »

    Objectif premier tour

    À quelques jours du dévoilement de sa liste, le candidat, soutenu par Place publique et le PCF, assure qu’il sera bien entouré en cas d’élection. « Chaque poste a été étudié, ciselé pour chaque personne afin d’être qualitatif », précise-t-il. Y compris pour René Raimondi, qui, après avoir hésité à prendre sa retraite à 66 ans, a finalement décidé de « poursuivre son œuvre » avec une délégation « ciblée, dans laquelle il est
    expert
     ». L’industrie ?

    « L’expérience et le réseau de René Raimondi avec la fraîcheur de Rémi Esnault, ça va faire des merveilles », se réjouit Anne-Caroline Walter-Cipreo.

    Quant à son programme, le candidat ne veut pas trop en révéler mais annonce tout de même quelques mesures rapides à mettre en place : « Je veux instaurer la cantine à 50 centimes pour tous les enfants. On a fait nos calculs, c’est un vrai engagement. Il faudra forcément reconfigurer nos réfectoires pour plus de rationnaires. Je souhaite aussi passer au self pour les CM1 et les CM2, avec un plateau connecté pour avoir une traçabilité de leur repas et des données qui seraient stockées sur une application participative accessible aux parents. »

    Côté transports, Rémi Esnault envisage également doubler le pont de la plage avec une entité « dédiée aux mobilités douces ».

    Avec toutes ces cartes en main, le successeur du maire sortant vise une élection dès le 1er tour. « C’est une grande tradition fosséenne », rappelle-t-il. En 2008, René Raimondi avait été élu avec 60,55% des voix, en 2014 avec 65,73% des voix. En 2020, Jean Hetsch avait récolté 58,49% des suffrages. Rémi Esnault parviendra-t-il à poursuivre la série ?