Tag: 1er tour

  • Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Après Beaucaire, 4e ville du Gard il y a douze ans, c’est au tour de Bagnols-sur-Cèze de tomber. Si la vague brune a été contenue de justesse à Nîmes et Alès, elle a emporté une terre labourée depuis des décennies par le Parti socialiste, qui s’est totalement retiré du scrutin municipal cette année.

    Cette « défaite annoncée » comme le dit le communiste local Elian Cellier, n’était pas inéluctable. Bien sûr, la députée de la circonscription Pascale Bordes, réélue en 2024, partait favorite. Mais un scrutin local n’est pas un scrutin national. Si la députée est parvenue à lisser l’image du parti d’extrême droite sur son territoire, elle comptait aussi de nombreuses faiblesses : une liste familiale inexpérimentée composée de nombreux couples, un programme uniquement axé sur la sécurité et une absence assumée dans l’opposition au conseil municipal depuis cinq ans signe que ses priorités n’étaient pas vraiment les sujets locaux. Mais en face, l’irresponsabilité de la désunion l’a emporté et avec elle, la menace d’une implantation durable de l’extrême droite sur le territoire bagnolais.

    « Ils sont complices »

    Élu sur une liste de gauche en 2008, le maire sortant Jean-Yves Chapelet n’a cessé de glisser vers la droite. Puis, les dossiers de l’imam Mahjoubi et la prolifération du trafic de drogue ont fini de le décrédibiliser. Incapable de s’en rendre compte avant le scrutin, Jean-Yves Chapelet est arrivé deuxième du premier tour mais avec un score historiquement bas (18,25%) qui montrait son incapacité à rassembler (25,02% au second tour). Il n’a d’ailleurs même pas tenté une alliance avec Philippe Broche arrivé 4e avec 14,43%. Incapable non plus de s’entendre avec les autres forces de gauche, Jérôme Jackel (Debout!) n’a jamais envisagé de se retirer et termine dernier de la triangulaire (22,10%).

    Après la victoire du RN, Elian Cellier s’en est pris aux auteurs de la désunion : « On ne peut rien contre la bêtise des hommes. Chapelet élu en 2008 sur une liste de gauche aura mandat après mandat exclu les communistes, les socialistes pour rejoindre le centre droit. Les idiots-utiles que sont les Jackel, Michel Cegielski (éliminé au 1er tour), Sylvain Hille (PS), Alain David (SE) et Christophe Prévost (ancien gilet jaune, plusieurs fois candidats) portent une lourde responsabilité dans la prise de la ville par le RN. Cette situation était pourtant prévisible. À croire qu’ils sont complices ».

  • Martine Vassal et la droite marseillaise finissent par s’effondrer

    Martine Vassal et la droite marseillaise finissent par s’effondrer

    Une certitude ce dimanche soir, Martine Vassal (DVD) jouait les outsiders. Arrivée en troisième position au 1er tour avec 12,41% des voix, la candidate de la droite et du centre avait eu du mal à digérer ce revers mais avait fait le choix de se maintenir.

    La chute sera plus dure encore au second tour, cette dernière rassemblant selon les estimations au mieux moitié moins de suffrages, avec 6,3% des voix. C’est très émue que Martine Vassal a pris la parole. Respectant « le choix des Marseillaises et des Marseillais », elle estime qu’il s’agit là d’« un moment de vérité », dénonçant une campagne « difficile » et les effets de la loi PLM qui a entraîné de la « confusion ». Ce chiffre résulte pour elle d’une « fatigue démocratique ».

    Finie la métropole

    Un score qui lui permettrait de remporter 5 sièges au maximum au conseil municipal. En dessous des 5%, son parti en serait exclu. Martine Vassal a annoncé dans la foulée qu’elle ne se présenterait pas à la tête de la collectivité, « un choix de cohérence et de responsabilité ». « Je n’ai jamais trahi les maires le savent » a-t-elle commenté des sanglots dans la voix. Et de promettre de concentrer « toute [son] énergie au Conseil départemental ».

  • À Septèmes, André Molino enfile de nouveau son écharpe de maire

    À Septèmes, André Molino enfile de nouveau son écharpe de maire

    La victoire fut nette et le conseil d’installation serein. Une semaine après l’avoir emporté au 1er tour des élections municipales avec plus de 60% des suffrages (2627 voix), la liste « Ensemble pour Septèmes » à reélu ce dimanche matin à la tête la commune, le maire sortant, André Molino (PCF). C’est lui, même en tant que doyen (79 ans) du conseil municipal, qui a eu l’honneur et le plaisir de l’annoncer dans une salle pleine à craquer. De chaleureux applaudissements s’en suivront.

    Humilité et émotion

    Aux 27 voix de sa majorité d’union de la gauche, des écologistes et des citoyens, est venue s’associer celle de Smahane Mebarki. La candidate de la France insoumise, créditée de 6,51% des suffrages le 15 mars, a obtenu un siège. Le fruit d’un joli score dans le quartier de la Gavotte d’où elle est originaire. Les nouveaux conseillers municipaux d’extrême droite, eux, ont voté blanc. Créditée de 32% des suffrages dimanche dernier, la liste du ciottiste Adrien Duché (UDR) occupe cinq sièges. Ils n’étaient toutefois que trois présents pour ce symbolique premier rendez-vous de la nouvelle mandature.

    « Je reçois cette responsabilité avec humilité et reconnaissance mais aussi, sachez-le, beaucoup d’émotions », a lancé André Molino. Installé dans le fauteuil de maire depuis 1999, il s’est dit fier de voir fructifier l’héritage de « celles et ceux qui nous ont précédés » et a eu une pensée toute particulière pour Marc Ferrandi et Fernand Ros. Comme eux, il promet d’être le maire de tous les Septémoises et les Septémois, « quelle que soit leur opinion politique et quel eut été leur vote la semaine dernière ».

    Devant une salle attentive où plusieurs membres du conseil municipal des jeunes étaient présents, le communiste rappelle les grandes lignes d’un programme « concret et réaliste » basé sur « une ambition claire et partagée » : réduction des inégalités, réponse à l’urgence climatique, renforcement des services publics locaux pour garantir justice sociale et solidarité intergénérationnelle, et soutien à la participation citoyenne. Des engagements qui se traduiront en direction de l’école communale, de la petite enfance, de la jeunesse, des seniors, du sport, de la culture et de la santé.

    Trois entrants dans

    le nouvel exécutif

    « Bien que compétence de l’état », André Molino n’en oublie pas « la sécurité des biens et des personnes ». Au-delà du renforcement annoncé de la police municipale, il promet que sa majorité pèsera de tout son poids pour l’installation d’un commissariat de plein exercice à Plan de campagne. Un projet qui sera vivement applaudi. « Place à l’action ! Un programme ambitieux ne demande qu’à être décliné en actes », lance un peu plus tard, le maire espérant une opposition « constructive et objective dans le seul intérêt de notre ville », en connaissance du choix exprimé par les habitants.

    Dans la foulée, le conseil municipal procède à la désignation des neufs nouveaux adjoints au maire. Un vote là encore validé par 28 voix sur les 33 du conseil municipal. La première écharpe, celle de première adjointe, est remise à Sylvie Laurent. Elle succède à Sophie Celton qui a tenu avec mérite ce rôle lors des deux derniers mandats, et continuera de porter des « dossiers fondamentaux » sur les sept prochaines années, assure le maire.

    Sept autres adjoints étaient déjà élus sur la dernière mandature. Gérard Guerrero (2e adjoint), Louisa Hammouche (3e), Hocine Ben Saïd (4e), Sophie Celton (5e) et Carole Halgand (9e), tous cinq adjoints sortants, sont reconduits. Conseiller municipaux sortants, Jérémy Martinez (6e) et Audrey Cermolacce (7e) entre eux dans l’exécutif septémois. Non élu, en 2020, Hervé Vaquier-Tolinos, éducateur spécialisé dans le civil, est le seul en fin de compte à y faire ses premiers pas. Il occupera le poste de 8e adjoint. Les délégations de chacun seront prises par arrêté du maire. Le travail pourra alors définitivement commencer.

  • La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    Face à la percée de l’extrême droite dans l’Hérault et encore plus dans le Gard, plusieurs acteurs de la société civile sont sortis du silence cette semaine. Ils souhaitaient à la fois alerter sur les risques de l’extrême droite mais aussi appeler à la mobilisation le 22 mars pour tenter de contenir la vague brune.

    C’est par exemple le cas de l’Union départementale CGT du Gard qui a tenu un point presse le 18 mars. « Ce dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales a confirmé une menace sans précédent : dans de nombreuses grandes villes et communes de France comme Nice, Toulon, Marseille, mais aussi dans notre département, la droite radicalisée et l’extrême droite sont en passe de s’emparer du pouvoir au second tour. À Beaucaire et Vauvert, le Rassemblement National est déjà aux commandes. Bagnols-sur-Cèze, Nîmes et Alès pourraient basculer à leur tour. Cette situation est d’une gravité extrême », a prévenu le syndicat qui appelle à une « réaction immédiate et massive de toutes celles et ceux qui refusent de voir les ennemis de la démocratie, les adversaires des droits sociaux et des libertés syndicales, diriger nos communes ».

    La culture en danger

    La Ligue des droits
    de l’Homme Languedoc-Roussillon appelle aussi à voter « pour la démocratie, pour l’État de droit et contre l’extrême droite ». « Dans les communes qu’elle dirige, l’extrême droite nous montre son vrai visage : une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, une forte présence policière mais sans tranquillité publique, un délitement de notre État de droit, avec une violation réitérée des décisions de justice. Les victoires municipales servent de vitrine et de tremplin à l’extrême droite : elles banalisent ses discours, installent durablement ses réseaux et préparent ses conquêtes nationales », écrit la LDH qui appelle à des sursauts citoyens à Nîmes, Agde, Narbonne et Carcassonne notamment.

    Patrick Malavieille, vice-président du Département du Gard, délégué à la culture et à l’éducation artistique a aussi convié plusieurs acteurs de la culture gardois mercredi 18 mars pour aussi alerter sur l’impact des politiques d’extrême droite sur le monde de la création. « Après Beaucaire et Vauvert, la perspective de voir le RN prendre les mairies de Nîmes, d’Alès et de Bagnols et leurs intercommunalités, fait peser de très graves menaces sur la culture. Le schéma départemental de la culture, coconstruit avec les acteurs culturels et les collectivités partenaires, ne pourrait supporter le désengagement de ces trois grandes villes. Aujourd’hui, c’est notre devoir que d’alerter les Gardoises et les Gardois sur le devenir de la culture, de l’éducation artistique et de la place des artistes. Les élus RN au conseil départemental comme au conseil régional votent systématiquement contre les budgets culturels », explique l’ancien député.

    Autour de lui, Sylviane Manuel, directrice du Pôle national cirque Occitanie, Olivier Lataste, directeur du Cratère, Scène nationale à Alès et Clément Amouroux directeur du festival Itinérances et coordinateur de l’École Au Cinéma, ont répondu à l’appel. À distance, Émilie Peluchon, directrice de La Maison Danse d’Uzès et Antonin Beaury directeur du Périscope, ont également rejoint l’appel et confirmé les craintes du communiste. Ce point presse faisait aussi suite à l’appel de l’intersyndicale du spectacle vivant public mardi 17 mars à « empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême droite et de droite radicalisées ».

  • En danger à Grabels, René Revol croit en une remontada

    En danger à Grabels, René Revol croit en une remontada

    René Revol, le seul maire LFI de l’Hérault, peut-il conserver sa mairie de Grabels, dimanche 22 mars ? Au vu des résultats du 1er tour où il est arrivé en seconde position (34,65%) derrière son opposant historique Pascal Heymes qui a frôlé le hold-up au premier tour (49,4%), René Revol semble en ballottage défavorable.

    Mais le maire qui mène une liste d’union de la gauche et citoyenne croit dur comme fer en une « remontada ». « Depuis lundi, il se passe quelque chose d’extraordinaire : des gens m’appellent, les jeunes se bougent, même les enfants m’écrivent ! », raconte René Revol qui dit avoir recensé un millier d’abstentionnistes qui le soutiennent. « Ce n’est pas gagné mais c’est jouable. La remontada est en cours ! », positive-t-il sans penser que le retrait du centriste Régis Morvan, troisième avec 15,95% lui sera défavorable au 2nd tour, le 22 mars.

    Au-delà d’un électorat démobilisé au 1er tour (41,14% d’abstention contre 31,58% en 2014), le maire a connu diverses embûches. En raison d’une infection qui l’a conduit à 3 semaines de convalescence, il n’a pu mener campagne comme il aurait souhaité. D’autre part, il déplore la propagande anti-LFI menée par Pascal Heymes, l’ancien mandataire de François Fillon en 2017, qui a refusé jeudi 19 mars un ultime débat public que Midi Libre voulait organiser.

    Les opposants ont aussi joué sur la confusion et les amalgames avec le Hamas qui ont suivi le déploiement sur le fronton de la mairie de Grabels du drapeau de la Palestine en solidarité au peuple gazaoui massacré.

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    Il y a 6 ans, il avait déjà sué à grosses gouttes pour conserver son fauteuil de maire pour 155 voix. Dimanche 15 mars, Jean Denat n’a rien pu faire pour éviter la catastrophe. Avec 956 bulletins de retard, le socialiste (42,5%), battu en duel par le député RN Nicolas Meizonnet (57,5%), a perdu Vauvert, son bastion depuis 12 ans.

    Après Beaucaire en 2014, avant peut-être Bagnols-sur-Cèze ce dimanche 22 mars, Vauvert devient la seconde ville gardoise à se jeter dans les bras de l’extrême droite. Au grand dam de Jean Denat, qui dit ne rien regretter. « Je suis triste et déçu, c’est la démocratie. Je souhaite bonne chance aux Vauverdois car la magie s’arrêtera vite », lâchait le maire déchu au soir du 1er tour.

    Meizonnet, sa bête noire

    Pour ce retraité de l’éducation nationale qui fut conseiller général puis départemental du canton de Vauvert de 1998 à 2015, le coup est rude. À 71 ans, se profile peut-être la fin d’une carrière politique. Laquelle avait déjà subi un coup d’arrêt en mars 2015. Alors président du Département du Gard depuis 6 mois, Jean Denat avait été battu dans son fief à la surprise générale par… Nicolas Meizonnet, sa bête noire !

    Dimanche 15 mars 2026, c’est le même homme qui a réussi à déboulonner l’édile socialiste de sa ville. Élu député de la 2e circonscription du Gard en 2020 à la suite de la démission de Gilbert Collard, dont il était suppléant, Nicolas Meizonnet, réélu en 2022 puis aux législatives anticipées de 2024, a réussi à Vauvert là où son père, Jean-Louis Meizonnet, avait échoué.

    Dimanche 15 mars, celui qui avait adhéré au FN en 2011, est arrivé en tête dans 9 des 10 bureaux de vote de cette terre de bouvine. N. Meizonnet a promis d’être « un maire de proximité, celui de tous les Vauverdois ». Vu la politique antisociale pratiquée par le RN dans le laboratoire voisin de Beaucaire, il est permis d’en douter.

  • À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    Le scénario de la quadrangulaire arlésienne se confirme. Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Arles, le maire Horizons d’Arles Patrick de Carolis enjoint son ancien premier adjoint Jean-Michel Jalabert (DVD), arrivé quatrième derrière le RN, à se retirer en sa faveur.

    Une option définitivement enterrée par l’intéressé à l’issue de l’annonce des résultats dimanche soir et réitérée dans une vidéo publiée lundi dans la soirée. « Nous avons décidé de nous maintenir au 2nd tour de cette élection municipale », annonce le candidat, rapportant « des déclarations publiques cinglantes à mon égard pour tenter d’obtenir mon désistement », visant l’édile en place. « Je ne porterai pas l’échec du mandat de Carolis, arrêtons les fables qui consistent à faire croire que je vais remettre l’extrême gauche au pouvoir, il est l’unique responsable de la situation actuelle », tranche Jean-Michel Jalabert, affirmant que « 66% des Arlésiens ne veulent plus de cette gouvernance défaillante et autoritaire ».

    Travailler l’abstention

    L’ancien 1er adjoint de Patrick de Carolis parle d’un « candidat hors-sol et méprisant » à l’adresse de ce dernier, dans son communiqué d’après 1er tour, dont « le résultat médiocre traduit l’insatisfaction et le souhait largement exprimé d’un changement de méthode et de gestion pour notre ville », au regard des 34% des voix récoltées par le maire sortant, comparés aux 14% de Jean-Michel Jalabert, le double des pronostics.

    Dans ce contexte, du côté de la seule liste de gauche encore en lice, Nicolas Koukas priorise le fait de « travailler les abstentionnistes », qui s’élèvent à 43% des votants du premier tour. Du côté de la liste insoumise conduite par Jecilla Regad, non qualifiée, fait « confiance à l’intelligence » de ses électeurs et indique que « faire barrage » à l’extrême droite et « se débarrasser » de la droite réactionnaire sont « nos priorités et notre boussole ».

    En attendant, l’Union pour Arles organise un meeting jeudi à 19h au stade Fournier.

  • Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Quadrangulaire. Avec 43,25%, quatre points de plus qu’en 2020, Sophie Camard, la maire (GRS) sortante, réalise le meilleur score du Printemps marseillais sur la ville et se présente en ballottage favorable dans la quadrangulaire qui s’annonce au second tour. Arrivée en deuxième position, la candidate de l’extrême droite, Clémence Parodi (RN) atteint les 21%, le score réalisé il y a six ans par Sabine Bernasconi (LR). Omniprésent dans les médias, Romain Simmarano (Ren.) ne franchit pas la barre des 14%. Pour éviter cette déroute annoncée, le porte-parole de Martine Vassal (DVD) avait pourtant « fait tapis » en annonçant, vendredi, à 24 heures du 1er tour, un référendum sur le tram des Catalans, projet phare de sa candidate défendu mordicus depuis des mois au grand dam du Printemps marseillais… La liste insoumise de Sébastien Barles (Vaï) recueille 18,62% des suffrages.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Triangulaire. Fief de la gauche et terre d’élection de Benoît Payan en 2020, le 2e secteur a renouvelé sa confiance au maire sortant Anthony Krehmeier (PS). Malgré plus de 60% d’abstention, le Printemps marseillais progresse même de 14 points (39,55%) par rapport à 2020. Dans ces arrondissements qui ont élu successivement Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard à l’Assemblée, le candidat insoumis Alladine Abdallah Salim obtient 27% des suffrages. Ils se retrouveront en triangulaire avec Marie Bermejo (18,38%), la candidate RN. La droite qui avait 40% des suffrages éparpillés en trois listes en 2020, en récolte rassemblée, six ans plus tard, moins de sept. Solange Biaggi (LR) est créditée de 6,69%.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Quadrangulaire. Didier Jau, le maire (EELV) sortant progresse légèrement (38,93%) par rapport au score réalisé par Michèle Rubirola en 2020 (37,38%). Dans ce secteur qui a profondément basculé à gauche, Bruno Gilles, l’ex-député maire (Hor.) a perdu pied (16,89%) et devance in extremis l’insoumise Léa Bijaoui (16,64%). Le candidat de l’extrême droite, Thomas Battesti (RN) est en embuscade, en 2e position avec 20,18%. En décrochant 7,34% des suffrages, la candidate trotskiste de Révolution permanente est en mesure de fusionner. Aucune décision n’a été prise pour l’heure. Reste une inconnue, les abstentionnistes, sachant que seuls 57% des électeurs se sont rendus aux urnes dimanche.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Triangulaire. Après la victoire de Laurent Lhardit (PS) aux législatives, la gauche confirme son ancrage dans ce fief historique de la gaudinie. Olivia Fortin, la maire (Mad Mars) sortante arrive en tête avec 36,6% des suffrages. C’est douze points de plus qu’en 2020, et 2 300 voix d’avance (32,21%) sur le candidat d’extrême droite Jean-Baptiste Rivoallan (UDR). La triangulaire qui se profile au second tour avec Catherine Pila (LR) la place en ballottage favorable, délestée des candidatures de Victoire Diethelm (LFI), Christine Juste et du représentant d’Erwan Davoux. « Je veux croire que notre projet fraternel, solidaire et écologique puisse remporter la confiance des habitants », glisse la candidate du Printemps marseillais.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    Triangulaire. « Historique. » Le Printemps marseillais ne boude pas son plaisir de voir Pierre Huguet (G.s) pointer en seconde position (28,77%) d’un secteur compliqué qui a élu en juillet 2024 un député UDR quasi inconnu. Sans surprise, l’extrême droite arrive largement en tête du 1er tour : Éléonore Bez double son score de 2020 et s’affiche à 44,87%. Orpheline de Lionel Royer-Perreaut (Ren.), la droite dérape avec Laure-Agnès Caradec (LR) en 3e position (16,46%). Pour le Printemps marseillais, les réserves de voix de la candidate de la France insoumise (8,10%) ne suffiront pas mais Pierre Huguet veut y croire : « Il va falloir aller chercher les abstentionnistes [47, 44%, Ndlr] et ceux qui n’ont pas fait le choix du Printemps marseillais au 1er tour mais ne veulent pas du RN. Le seul bulletin qui permet de faire barrage est le nôtre à Marseille comme dans les 9-10. »

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Triangulaire. Comme dans les 9-10, le RN était favori sur ce secteur aux mains de la droite. Si le maire (LR) sortant, Sylvain Souvestre, résiste (23,47%), le grand remplacement de la droite est à l’œuvre. En 2020, les listes LR, Horizons, et Renaissance, éparpillées, représentaient 45% des suffrages. Olivier Rioult, transfuge de la droite vassaliste, en totalise désormais 43% sous l’étiquette RN. Il devance de plus de 10 000 voix, le candidat du Printemps marseillais, Yannick Ohanessian (PS). Arrivé second avec 26,67%, il « appelle l’ensemble des électeurs attachés à la République à prendre conscience de l’enjeu », et espère convaincre un électorat très peu mobilisé dans le 11e arrondissement. « Il y a un vrai delta de participation à aller chercher, comme cet électorat centriste qui au 1er tour a fait des choix différents mais n’acceptera jamais de voir le RN gagner une mairie de secteur. Une mobilisation générale doit s’opérer dimanche. »

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    Quadrangulaire. Sandrine d’Angio, nièce de Stéphane Ravier et ex-maire de secteur, est arrivée en tête dimanche (39,78%). L’équivalent du total de voix réalisé par Tina Biard-Sansonetti, la candidate (PS) du Printemps marseillais (26,42%), et l’insoumis Mohamed Bensaada qui plafonne à 13,10%, juste devant la maire (DVD) sortante, Marion Bareille. « Dans les 13-14, on sait le mal qu’a fait le RN », rappelle Tina Biard-Sansonetti. « Il n’y a pas eu plus de sécurité, ils ont fermé des services publics de proximité et ont divisé notre secteur en excluant des enfants sur leur religion supposée ou la nationalité de leur parent. Je suis convaincue que ce secteur peut se relever, pour cela il faut être unis et j’appelle les habitants à se rassembler derrière ma candidature pour transformer ce secteur. C’est la seule alternative. »

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Triangulaire. Dans ce secteur d’élection du député Delogu, où 62% des électeurs n’ont pas voté, Samia Ghali (DVG) s’est imposée avec force (36,96%) et devance les candidats RN, Thibaut Charpentier (29,22%), et LFI, Rabyata Boinaheri (23,8%). On notera qu’avec 5,15%, le candidat (Ren.) Gérard Blanc obtient le plus faible score de la droite sur la ville. Samia Ghali va s’évertuer à convaincre et lance un message à Delogu : « Dans sa circonscription, son score est divisé par quatre. Moi, je le multiplie par deux. Après les municipales, il y aura d’autres élections et dans la vie on est responsable de ses actes, pour aujourd’hui comme pour demain. Moi j’ai toujours été claire face au Front national. Si on est un homme de gauche qui aime le peuple, quand on arrive 4e on se retire. »

  • Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Martigues dimanche soir, Jean-Luc Di Maria est silencieux. Arrivé 3e avec 25,34% des voix, derrière le député RN Emmanuel Fouquart à 28%, le LR meneur d’une liste divers droite a depuis refusé, par deux fois, de nous répondre sur son maintien ou non dans le cadre de la triangulaire qui s’annonce au second tour.

    Mais lundi soir, le jeu de négociations en arrière-plan entre les deux candidats a donné lieu à une rupture, selon nos confrères de Maritima. Emmanuel Fouquart (RN) a proposé une alliance à Jean-Luc Di Maria que celui-ci a refusé après plusieurs propositions, selon le candidat d’extrême droite cité par Maritima.

    Plusieurs signaux avaient filtré en ce sens. Les colistiers de Jean-Luc Di Maria et d’Un avenir pour Martigues ne taisent pas leurs convictions, en ce lundi post-premier tour. « Le 22 mars, on fait la différence avec Di Maria ! » écrit par exemple Marie Fernandez, 16e de liste, sur son réseau social après l’annonce des résultats dimanche. « Le 22 mars, on a une occasion historique avec Jean-Luc Di Maria […] le 22 mars, c’est notre moment décisif, on vote Un avenir pour Martigues […] le 22 mars, on se mobilise, on agit », développe la candidate.

    « Jamais le RN »

    D’autres colistiers se sont aussi exprimés comme Patrick Buscail, (25e). « Martigues réveille-toi, fais confiance à Jean-Luc Di Maria […] tends-lui la main et dimanche le rêve deviendra réalité », a-t-il écrit lundi après-midi.

    Le candidat a entretenu le flou durant la campagne autour de sa position vis-à-vis du candidat d’extrême droite et de son parti, le RN. En 2020 le Républicain assénait en meeting électoral qu’il « ne céderait jamais aux alliances d’intérêt ou aux stratégies de calcul au risque de perdre mon âme, à commencer par une alliance avec l’extrême droite ». « Jamais je n’accepterai de rapprochement avec le RN », parti « de la haine, de l’exclusion, de la dictature […] un parti charognard », tançait le candidat. Mi-mars, Jean-Luc Di Maria répondait à Maritima que cette position était « obsolète » ayant « vieilli, grandi » tout en promettant ne pas avoir changé de position : « Jamais, droit dans mes bottes. »

    Mais le bruit des bottes se fait plus que jamais entendre dans la Venise Provençale. Le Républicain, par cette décision, n’a pas amplifié cette marche funeste.