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  • Changement de cap

    Changement de cap

    Quelle sera la feuille
    de route du prochain Premier ministre d’Emmanuel Macron ? Certes, les députés
    ne se sont pas encore prononcés lors du vote
    de « confiance » sollicité par François Bayrou
    lui-même. Il n’y a aujourd’hui guère de doute sur le résultat du scrutin. Le Premier ministre a voulu se ménager une porte
    de sortie la moins déshonorante possible après avoir voulu prescrire une saignée
    à tous les Français.
    Une potion amère de 44 milliards d’euros
    « d’économies » à tous
    les étages, reposant
    avant tout sur les classes populaires et moyennes, des sans-emploi aux retraités en passant par les salariés bien sûr.

    La surdité
    de Macron

    À grands coups de rabots sur les budgets ministériels, la dépense publique, les aides à la personne, les soins, les retraites, la fameuse
    « année blanche », sans aucune revalorisation, sans oublier les deux jours fériés supprimés ou l’augmentation des restes à charge pour les actes médicaux… Aussi improbable qu’injuste.

    Quand « en même temps », les entreprises
    du CAC 40 battent, année après année, des records de bénéfices. Et si l’extrême droite tente de surfer sur la « colère » des citoyens, elle n’en remet pas pour autant en question les fondements de cette politique libérale, dont elle est tout aussi complice.

    L’entêtement d’un Emmanuel Macron, sa surdité à l’exaspération maintes fois exprimée dans la rue, des Gilets jaunes aux opposants
    à la réforme des retraites, devient véritablement dangereuse pour notre démocratie. Un vrai changement de cap est aujourd’hui vital et il
    ne pourra venir que
    de la gauche.

  • Des Olympiades sur le fil des coupes budgétaires

    Des Olympiades sur le fil des coupes budgétaires

    Les spectaculaires démonstrations de breaking terminées sur les terrains de la Plaine des sports et des loisirs de la Busserine (14e), les premiers minots s’avancent déjà pour s’échauffer. Ce samedi, près de 800 jeunes sont venus participer à la finale des Olympiades interquartiers, qui pour la première fois rassemblaient les jeunes des quartiers prioritaires de la ville originaires aussi bien des arrondissements du Sud et de l’Est de Marseille que du Nord.

    « Dans le cadre de la politique du contrat de ville et des Quartiers d’été, nous proposons des activités pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances, raconte sur place la préfète déléguée à l’égalité, des chances, Isabelle Epaillard. Ces olympiades s’inscrivent dans la continuité, elles ont été lancées en 2021 dans le 14e arrondissement. » Au total, l’État a apporté 1,1 million d’euros cet été pour aider centres sociaux et associations à rester ouverts et proposer des activités pendant ces vacances, dont 112 000 euros pour ces seules Olympiades qui regroupent une quarantaine de structures. Des financements qui ont dégringolé de 32% en un an, contraignant les organisateurs à mutualiser, à rogner sur l’accueil, même si l’essentiel a été conservé pour les Olympiades.

    « Ouvrir les horizons »

    Malgré ça, les différentes associations se sont démenées pour organiser ces quatre semaines d’activités avec la Cité des arts de la rue, les Olympiades nautiques à l’Estaque… « Des mamans de Jean-Jaurès m’ont sauté dessus pour me dire : merci d’organiser ça, je n’ai pas eu le souci de ce qu’on allait faire le lendemain », sourit Thibaut Blum, délégué du préfet dans le 14e arrondissement, parmi les organisateurs. Les efforts en particulier ont été mis pour les quartiers les plus enclavés, ceux qui se vidaient le moins pendant l’été, faute, pour les habitants, de pouvoir partir en vacances. « Les prix des bateaux ont fortement augmenté, beaucoup de familles m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas partir cette année », soupire-t-il.

    « L’objectif, c’est de fournir des activités aux jeunes et pouvoir ouvrir les horizons, montrer ce qu’il est possible de faire, d’avoir des loisirs avec une logique éducative et sportive », appuie l’adjointe (PS) chargée de la politique de la ville, Audrey Gatian. « Cela permet d’avoir un autre regard sur les quartiers populaires, complète le conseiller métropolitain (DVD) chargé de la politique de la ville, Denis Rossi. Certains disent que ça coûte cher, on fait la démonstration que c’est utile. »

    Pratique sportive menacée

    Mais cela permet aussi d’occuper le terrain. « La nature a horreur du vide, c’est le premier qui occupe l’espace qui s’installe », soupire Thibaut Blum. Les précédentes éditions, certains réseaux du narcotrafic avaient pu se montrer menaçants. « On n’a eu aucun incident cette année », se réjouit le délégué du préfet.

    Cet été, l’accent a tout particulièrement été mis sur la pratique sportive, sur l’apprentissage du vélo et de la natation. « Le sport apprend la persévérance, contribue à un bien-être social, mental », sourit la préfète déléguée, encourageant les minots qui se jettent dans le bassin de la Busserine. Les responsables des fédérations sportives sont là, pour inciter les parents à inscrire leurs enfants. Mais alors que le gouvernement a supprimé les aides du Pass’sport pour les enfants de 6 à 13 ans, « cela va être un carnage », craint un bon connaisseur. Surtout après la baisse des enveloppes des contrats de ville. « Nous sommes dans une période budgétaire compliquée, mais nous devons faire preuve d’initiative, souligne Isabelle Epaillard. Il faut qu’on y arrive, nous avons un devoir de résultat pour accompagner ces jeunes. »

    « Il faut qu’on y arrive, nous avons un devoir de résultat pour accompagner ces jeunes. »

  • L’après-Bayrou déjà dans toutes les têtes

    L’après-Bayrou déjà dans toutes les têtes

    Le compte à rebours est enclenché, les heures du gouvernement Bayrou sont comptées. Lundi à 15h, le Premier ministre montera à la tribune de l’Assemblée pour demander la confiance des députés. Vers 19h, leur verdict tombera.

    Sauf énorme surprise, la sentence est déjà connue : face aux veto annoncés de la gauche et de l’extrême droite, le locataire de Matignon sait que la fin de son bail est imminente. Et ce même si les députés LR se prononceront eux en ordre dispersé, leur chef Laurent Wauquiez ayant donné dimanche matin une « liberté de vote » à son groupe. En contradiction avec l’appel du patron du parti, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, à soutenir le gouvernement Bayrou (lire page 22).

    De son côté, François Bayrou défend sa cause sur tous les plateaux, en insistant sur l’urgence du « surendettement » de la France, qui justifie à ses yeux l’effort budgétaire de 44 milliards d’euros. Message de plus en plus adressé à son successeur, tant le centriste semble s’être résolu à son départ forcé. « Il faudra bien trouver quelqu’un d’autre de toute façon », a-t-il admis samedi soir sur France 5, espérant « que le combat que nous avons mené (…) soit porté, poursuivi et si possible imposé ». Charge au chef de l’État de trouver le profil idoine.

    Pour l’heure, Emmanuel Macron « n’a pas tout à fait décidé » et « cherche encore la bonne solution sur le casting comme sur le fond », glisse un visiteur de l’Élysée. Dans l’entourage du président, peu envisagent toutefois qu’il nomme le socialiste Olivier Faure, qui a revendiqué en début de semaine « les places gouvernementales aujourd’hui occupées » par la droite et le centre.

    « La grande tambouille »

    Mais le premier secrétaire du PS doit aussi tenir compte du refus farouche des insoumis d’accompagner sa stratégie, qualifiée d’« escroquerie ». Dénonçant « la grande tambouille » de « la coalition de tout et n’importe quoi », Jean-Luc Mélenchon a prévenu samedi : « Nous ne sommes candidats à aucune autre place, sinon à la première pour tout changer. » Tourné vers l’élection suprême, le triple candidat malheureux à la présidentielle rêve d’en provoquer une autre avant 2027, grâce à la motion de destitution que les députés LFI s’apprêtent à déposer. Avec l’intention affichée de s’appuyer sur la colère sociale pour précipiter les événements, dès mercredi avec le mouvement « Bloquons tout », puis avec la mobilisation syndicale du 18 septembre.

    « Ce n’est pas une question de casting, mais de politique de fonds », a martelé dimanche encore Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT qui soutient la mobilisation du 10 septembre et s’inscrit en fer de lance de la journée du 18. « Il y en a assez des manœuvres politiciennes et des tentatives de passer en force par Emmanuel Macron, dont le seul objectif c’est de maintenir sa politique », a-t-elle ajouté. Pour les plus riches.

    « Ce n’est pas une question de casting mais de politique
    de fond. »

  • Le PCF refusera tout budget de recul social

    Le PCF refusera tout budget de recul social

    Alors que le gouvernement Bayrou devrait tomber ce lundi, la direction communiste se réunissait samedi place du Colonel Fabien. À l’ordre du jour : les initiatives à prendre dans cette période d’instabilité politique, l’hypothèse d’une nouvelle dissolution, mais aussi l’adoption d’un cahier thématique sur la Sécurité sociale du XXIe siècle, 80 ans après sa création.

    Dans son introduction, Fabien Roussel ne retient pas ses coups contre le gouvernement Bayrou et son budget qu’il qualifie de « déclaration de guerre sociale ». Les députés communistes et leurs partenaires d’Outre-mer voteront donc contre la confiance demandée par l’hôte actuel de Matignon.

    « Nous n’accepterons aucune ponction supplémentaire sur le pouvoir d’achat des salariés, des retraités, aucun compromis sur ce sujet. Pas touche à la santé, aux salaires, aux pensions, aux allocations », affirme le secrétaire national du PCF avant de prévenir : « nous sommes prêts à voter une nouvelle censure, à faire tomber un nouveau gouvernement s’il s’entête à taper sur les Français et donc nous sommes prêts à une nouvelle dissolution même si nous ne souhaitons pas qu’il y en est une ».

    Décidé à « travailler sur un budget alternatif », il rappelle, à la veille des mobilisations des 10 et 18 septembre, que « l’ADN du PCF est d’être une force au service du monde du travail et des rassemblements les plus efficaces ».

    Dans la discussion, Pierre Lacaze, responsable national en charge des élections souligne la nécessité pour les communistes d’être prêts à des candidatures dans l’ensemble des circonscriptions législatives, tout en recherchant un accord avec les autres forces de gauche. « Nous ne voulons plus d’un accord réduit à 50 circonscriptions qui ne tienne pas compte de notre implantation et de nos combats », avait insisté avant lui, Fabien Roussel.

    Dans la résolution finale, adoptée par 67 voix pour et une abstention, le PCF « met en débat un pacte d’avenir pour la France avec un plan de dépenses publiques, de formation, d’embauches et d’investissement à 500 milliards d’euros pour les cinq prochaines années grâce à un fonds d’avances alimenté par le pôle public bancaire existant », tout en « remettant à plat les 211 millions d’euros d’aides publiques aux entreprises selon des critères sociaux et environnementaux et de nouveaux pouvoirs des salariés ».

    Le texte appelle les organisations du parti communiste « à organiser partout, avec nos concitoyens et concitoyennes, les forces syndicales et associatives et les forces politiques de gauche, le débat sur la politique du pouvoir, l’alternative à y opposer » mais aussi à amplifier la préparation des élections municipales et les mobilisations pour la paix.

    Par ailleurs, la direction communiste donne rendez-vous « aux salariés, à toutes nos concitoyennes et tous nos concitoyens » à la Fête de l’Humanité les 12, 13 et 14 septembre et fixe la date du prochain congrès national du PCF les 3, 4 et 5 juillet 2026.

  • Challenger de Cassis : une finale inédite entre Glinka et Harris

    Challenger de Cassis : une finale inédite entre Glinka et Harris

    Pour la deuxième fois de l’histoire du Challenger de Cassis, il n’y aura aucun Français en finale. L’Estonien Daniil Glinka (25 ans, 347e mondial), vainqueur de l’Autrichien Jurij Rodionov (26 ans, 154e), tête de série n°4 et finaliste de la dernière édition, et le Britannique Billy Harris (30 ans, 151e), tête de série n°3, qui a triomphé de l’Allemand Justin Engel (17 ans, 220e), ont glané ce samedi leur billet pour disputer la finale dimanche (14h) sur le court central Cabesto.

    Les deux finalistes se sont affrontés à une reprise par le passé, lors des quarts de finale du Challenger d’Ortisei, en Italie, en octobre 2023. Billy Harris s’était imposé difficilement en trois sets (7-6 [7-3], 4-6, 6-3), mais Daniil Glinka, qui a notamment éliminé au premier tour Quentin Halys (28 ans, 70e), joueur le mieux classé de la semaine cassiden, n’a pas dit son dernier mot.

    Résultats des demi-finales :

    D. Glinka (EST) bat. J. Rodionov (AUT) : 6-2, 6-4.

    B. Harris (GBE) bat. J. Engel (DEU) : 6-7 [3-7], 7-6 [7-5], 6-2.

  • [Entretien] « Les troubles anxieux sont le diagnostic psychiatrique le plus commun »

    [Entretien] « Les troubles anxieux sont le diagnostic psychiatrique le plus commun »

    La Marseillaise : À quel point les troubles anxieux sont-ils répandus ?

    Sebastian Fernandez : C’est le diagnostic psychiatrique le plus commun aujourd’hui, devant la dépression, la schizophrénie ou l’addiction. Il y a un besoin urgent pour trouver des solutions pour les traiter.

    Comment fait-on aujourd’hui ?

    S.F. : Il existe des bons médicaments pour réduire l’hyperactivité de l’amygdale qui en est la cause. Mais ces molécules touchent tout le cerveau. Elles ne ciblent pas que l’amygdale et ont donc des effets indésirables importants. C’est la raison pour laquelle comprendre ce qui rend l’amygdale hyperactive nous permettrait d’envisager des thérapies plus ciblées.

    Dans votre étude sur la souris, vous utilisez un outil – l’optogénétique – qui permet d’agir sur des protéines sensibles à la lumière pour réduire l’activité de l’amygdale dans le cerveau et les troubles anxieux associés. Est-ce une technologie disponible chez l’humain ?

    S.F. : Un essai clinique à l’Institut de la vision à Paris emploie cette technique pour tenter de restaurer la vue de personnes aveugles. Nous pouvons imaginer qu’il soit possible, d’ici quelques années, de l’utiliser pour réguler l’activité de l’amygdale. Pour le moment, ce n’est pas possible chez l’humain car pour délivrer la lumière, nous devons implanter une fibre optique qui atteint l’amygdale. Mais la stimulation cérébrale avec des électrodes se développe chez l’humain.

    Cela donne de l’espoir. Mais avant d’avoir de vraies applications médicales, il faudra probablement attendre vingt à trente ans.

  • [Rue de la République] Laurent Lhardit : « Nous voulons gouverner avec nos partenaires naturels à gauche »

    [Rue de la République] Laurent Lhardit : « Nous voulons gouverner avec nos partenaires naturels à gauche »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laurent Lhardit, député PS de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône.

    Le vote de confiance

    Didier Gesualdi : François Bayrou pose ce lundi la question de confiance pour son gouvernement. Allez-vous lui accorder la vôtre ?

    Non. Cette confiance, on ne peut pas lui accorder pour deux raisons essentielles. D’abord, la méthode qu’il a employée en annonçant des mesures budgétaires de 44 milliards d’économies d’euros sans jamais consulter personne. Ensuite parce qu’il a trahi les engagements qu’il a pris devant le Parlement. On ne peut faire confiance à quelqu’un qui ne respecte pas sa parole. Je pense que la décision de François Bayrou était prise depuis le début de l’été. C’est une manière pour lui de sortir du jeu de sa propre initiative.

    Léo Purguette : Et après ? Est-ce que cela va relancer le jour sans fin macroniste avec la nomination d’un nouveau Premier ministre issu du camp présidentiel ?

    Évidemment que je ne le souhaite pas. La problématique centrale, c’est de ne pas reproduire les erreurs qui ont été faites par le président de la République l’année dernière. Des secteurs entiers de l’économie ont souffert de cette attente. C’est au président de la République qu’il appartient de nommer un nouveau Premier ministre, rapidement.

    Didier Gesualdi : Ou alors on dissout pour redonner la parole au peuple.

    La dissolution, je n’y suis pas favorable et je ne pense pas que ce soit le scénario privilégié. Ce n’est que si on échoue dans le processus qui va s’engager à partir du vote de lundi, qu’il faudra retourner aux urnes.

    Léo Purguette : Olivier Faure propose que le prochain Premier ministre soit socialiste. Mais pour gouverner avec qui ?

    Avec les partenaires naturels que nous trouvons à gauche. On a déjà une réponse qui est négative de LFI donc on va mettre le cas de LFI de côté…

    Léo Purguette : … Ça réduit singulièrement l’assise d’un potentiel Premier ministre.

    Même avec LFI, il n’y a pas de majorité. Personne n’a de majorité et d’ailleurs en cas de nouvelle dissolution il est possible qu’on retrouve le même schéma. Donc les futures majorités ne peuvent être que des majorités de projets, sur des textes, c’est là qu’on arrive sur la méthode. La proposition que fait le PS, c’est de gouverner sans 49.3. Nous allons proposer une voie, un chemin.

    Les alliances de gauche

    Léo Purguette : On voit bien que la gauche est extrêmement divisée. Des invectives sont échangées entre socialistes et insoumis. Que répondez-vous à vos électeurs qui ne comprennent pas comment vous avez pu être unis il y a un an et pas capables de proposer un projet de gouvernement aujourd’hui ?

    Premièrement, je ne suis pas responsable de la décision de LFI de dire a priori « nous ne participerons pas à une expérience gouvernementale ». Et la deuxième chose, c’est que les invectives viennent d’abord et toujours de LFI. Au lendemain des élections législatives, LFI a en fait trahi le pacte et le programme du Nouveau front populaire dont le 4e paragraphe, parle de mettre fin à la brutalisation du débat public, aux invectives et à la diffusion de fausses informations. Or cela a démarré dans les jours qui ont suivi. Cela a été adressé à tout le champ politique et aussi aux socialistes, aux communistes, aux Verts, autant à la gauche qu’à la droite… Donc je crois qu’il faut remettre les choses en place, savoir qui est responsable d’un champ de discussion à gauche qui est pollué. J’espère que nous allons faire la preuve dans les jours qui viennent, à gauche, qu’il y a un certain nombre de personnes qui sont prêtes à discuter – peut-être durement – sur des sujets importants mais ensuite à se rassembler.

    La loi PLM

    Léo Purguette : Une réforme modifie le mode de scrutin à Marseille. Vous y êtes favorable, pourquoi ?

    Je rappelle que selon une enquête d’opinion faite en janvier 88% des Marseillais étaient favorables à cette évolution. On va pouvoir élire directement les 111 conseillers municipaux qui vont élire le maire, donc une élection beaucoup plus directe. On se rapproche du système qui fonctionne partout en France donc pour moi c’est un progrès démocratique.

    Léo Purguette : Les socialistes parisiens ne sont pas d’accord !

    Je sais mais attendez : je suis solidaire de l’ensemble des actions que nous menons au sein du parti socialiste mais je suis aussi un député de Marseille, je défends la démocratie à Marseille et je me suis opposé à mes collègues qui étaient beaucoup sous influence d’Anne Hidalgo qui ne voulait absolument pas de cette réforme. Je crois qu’à présent la gauche parisienne sera bien heureuse de travailler dans ce cadre.

    Les municipales

    Didier Gesualdi : On a vu fuser cette semaine des déclarations chocs de Martine Vassal et Benoît Payan. Ça annonce une campagne violente ?

    J’ai été surpris par les attaques de la droite sur le drame qui s’est déroulé à Belsunce. On est dans le discours du RN puisqu’on met en cause très directement à la fois la municipalité et les étrangers. Il faut avoir une explication de situation. La réalité, c’est qu’à Marseille, la droite est dans une situation désespérée. Je l’ai vu aux législatives dans un secteur où elle était extrêmement implantée, elle réalise des scores plus que réduits. C’était quand même le secteur de référence de Jean-Claude Gaudin, la circonscription bâtie pour la droite. On parlait de la « varisation » de la gauche, c’est-à-dire le phénomène de disparition de la gauche à l’image de ce qui s’est passé dans le Var. Et bien, je crois qu’à Marseille, c’est ce qui guette la droite. La réaction de la droite est d’autant plus violente qu’elle a du mal à se positionner vis-à-vis de notre bilan. Y compris sur les questions de sécurité, c’est nous qui doublons les effectifs de police municipale. La coopération entre police municipale et nationale est un modèle ici. C’est ce que me disait M. Darmanin, alors ministre de l’Intérieur après la réussite des JO.

    Didier Gesualdi : Selon votre opposition vous ne donnez pas les bons chiffres, vous n’installez pas les caméras de vidéosurveillance…

    C’est ce que racontent M. Muselier et ses porte-messages ou Mme Vassal qui a au moins le courage de se mettre en première ligne. Il y a des caméras dans la ville. Quand on arrive, la moitié ne fonctionne pas ou sont mal dirigées, fixes sur des points sans intérêt. Donc la coopération entre forces de police dont je parle doit aussi concerner ces caméras pour plus d’efficacité.

    Didier Gesualdi : À gauche, localement, la division existe aussi. Peut-elle vous faire perdre la Ville ?

    Vous aurez remarqué qu’on est exactement dans la même situation qu’au plan national. Il n’y a eu aucune discussion et c’est LFI qui a affirmé sa volonté nationale de présenter des candidats partout où il y a des maires de gauche.

    Didier Gesualdi : M. Delogu sera candidat.

    Tant mieux pour lui, c’est le jeu démocratique. Chacun a le droit de se présenter. La logique du Printemps marseillais, dans laquelle il s’est inscrit depuis 2020, c’est d’être le rassemblement le plus large, le plus complet de la gauche à Marseille.

    Les écologistes

    Léo Purguette : Vous parlez d’un rassemblement large pour les municipales de Marseille, écologistes compris ?

    Oui bien sûr. En 2020, les écologistes étaient en partie divisés puisque Sébastien Barles était parti de son côté avec ses propres listes et il nous avait rejoint au second tour.

    Léo Purguette : Il semble vous quitter à nouveau. Il a été suspendu de son parti de ce fait mais il est toujours adjoint au maire. N’y a-t-il pas d’incohérence ?

    Non. Je ne le vois pas critiquer ouvertement le bilan de la majorité municipale auquel il a contribué au cours des cinq dernières années.

    Les questions des lecteurs

    Bonjour j’ai vu que vous parlez sur le problème des ascenseurs. C’est des pannes sans arrêt dans mon bâtiment. Comment faire concrètement ?

    Aujourd’hui, il y a 4 à 5 boîtes européennes qui maîtrisent l’essentiel du marché. Là où ils sont malins, c’est que toutes les pièces détachées, c’est eux aussi, au travers de filiales dans lesquelles ils ont des participations croisées. Le marché est donc tenu par une poignée d’acteurs que personne n’était venu questionné depuis 25 ans. Lorsqu’un problème d’ascenseur dure six mois, c’est parce qu’il n’y a pas de pièce détachée disponible ou qu’elle coûte très cher et qu’on préfère attendre d’avoir 5 problèmes pour faire une commande groupée en Chine. Le premier objectif de la loi que nous avons porté avec Philippe Brun, c’est de dire que si l’ascensoriste est de bonne foi et n’arrive pas à obtenir une pièce détachée, il peut se retourner contre ceux qui tiennent le marché. Cette loi a été votée à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire. Elle est aujourd’hui sur le bureau du Sénat pour être votée complètement. On va être sur la responsabilisation d’un secteur professionnel en visant les responsables. J’ajoute que l’évolution technologique des ascenseurs fait que dans de nombreux lieux la réponse à un problème, c’est « on ne fabrique plus ce type de mécanisme ». Ça n’est pas acceptable. La dernière nouvelle, c’est qu’à la suite du débat que nous avons ouvert, la ministre de la Ville, Juliette Méadel, a lancé un plan sur le sujet.

  • Article

    L’état des finances publiques

    Didier Gesualdi : Sur le fond que proposez-vous ?

    Les propositions que fait le Parti socialiste aujourd’hui c’est : réduction du déficit public mais autour de 20 milliards d‘euros sur 5 ans pour le ramener autour des 3%…

    Léo Purguette : … Avec des coupes sur quels secteurs ?

    Pas simplement des coupes mais des recettes supplémentaires, j’y reviendrai. Évidemment que les socialistes sont conscients des problèmes posés par une dette beaucoup trop importante. Je rappelle qu’il y a huit ans. La dette était d’environ 2 000 milliards d’euros. Depuis l’arrivée de M. Macron, elle a augmenté de 1 000 milliards.

    Didier Gesualdi : Le Covid est passé par là…

    Oui mais il ne représente qu’à peu près 20% de ces 1 000 milliards. Soyons clairs : le déficit est dû à une politique décidée par M. Macron et menée avec beaucoup d’obstination puisqu’elle ne marche pas. Il y a deux grandes théories économiques : celle de l’offre et celle de la demande. M. Macron a décidé de soutenir à fond la politique de l’offre et c’est un échec. Même sur le chômage à propos duquel on dit parfois que M. Macron a réussi, c’est au prix d’une dégradation des conditions de travail et de pouvoir d’achat des salariés. Il y a 20 ans quand on avait un emploi à plein temps, on pouvait en vivre. Aujourd’hui ce contrat social est rompu. Nous proposons d’instiller, une dose importante de politique de la demande qui passe par une augmentation du pouvoir d’achat des Français.

  • Les associations font leur rentrée en force

    Les associations font leur rentrée en force

    « En 2021, Benoît Payan le maire de Marseille décide de faire venir le festival des associations sur le Vieux-Port. Il se tenait jusque-là au parc Borély de manière beaucoup plus confidentielle. Et c’est tout de suite un succès pour les exposants et les curieux qui découvrent la richesse de cette ville », détaille Ahmed Heddadi adjoint en charge du lien social et de la vie associative. Et « cette année encore, ce sont des milliers de Marseillais qui sont attendus », lance-t-il.

    Près de 500 associations sportives, culturelles, artistiques, sociales, environnementales, engagées pour la santé ou encore la défense des droits sont présentes pour aller à la rencontre du public toute la journée. Septembre, c’est la rentrée, pour les petits et pour les grands, le sport c’est important. Rollers, marche nordique, danse, gymnastique, athlétisme, capoeira, arts martiaux, savate boxe, aviron, tir à l’arc, escrime, volley-ball, rugby… L’espace sports permet de découvrir mais aussi de se tester, libre à chacun ensuite de s’inscrire pour intégrer un club sportif.

    Dimanche, l’éventail des possibles est encore plus large avec une centaine d’associations de plus que l’édition précédente. Initiation aux échecs, ateliers d’écriture, activités d’astronomie, ou encore apprentissage des gestes de premier secours sont au programme à moins que votre cœur ne penche vers une activité artistique. Ateliers de percussions, démonstration de chant ou encore de danse…

    Sans oublier l’engagement et le bénévolat, maillons essentiels de l’associatif, regroupés dans un espace dédié. « Moi, j’aimerais bien aider les petits jeunes à faire leur CV », confie Mounir, 61 ans, sans emploi depuis peu. Devant la grille des offres de la maison des associations, le sexagénaire se dit prêt « à consacrer du temps plusieurs fois par semaine ». Et de poursuivre : « L’associatif j’en ai déjà fait, mais dans un tout autre domaine. »

    La Ville propose ce week-end son stand pour mieux faire connaître tous les services associatifs mis à disposition des Marseillais. « Le Covid a mis en difficulté ce maillage, nous avons été beaucoup vers les mairies de secteur, pour proposer des formations, pour apprendre à remplir les dossiers de subvention car c’est très complexe », explique l’élu. Et de compléter « nous avons mis ponctuellement à disposition gratuitement des espaces publics. De mémoire, nous n’avons jamais laissé tomber une association qui nous demandait de l’aide ». Pour lui pas de doute : « Marseille est une des villes, les plus engagées de France. Je le constate quand je parle en terrasse, le tissu associatif est très fort. »

    Toujours plus de solidarité

    « En termes de fréquentation du public, il y a environ 500 personnes qui passent par jour à la maison des associations notamment pour une activité sociale » note Erick Espel, responsable de la division services aux associations (DSA) pour la Ville. Par exemple « L’encre bleue association d’écrivains publics aide gratuitement tous les publics. Ils sont présents une demi-journée tous les jours, onze mois par an ». Cours de langues, aide pour les démarches juridiques, oasis de clubs sportifs, mais aussi culturel, la maison des associations est un lieu emblématique sur la Canebière depuis 35 ans, un incontournable tant pour la demande que pour l’offre avec un peu plus de 750 structures adhérentes. « Nos associations sont à l’image de la société, l’engagement a changé au fil des ans », explique le responsable DSA. Par exemple « on voit des étudiantes venir monter leur structure pour faire de la distribution alimentaire ». La pandémie a été un révélateur pour la population notamment en termes de solidarité. « Mais l’existence de ces associations, est ponctuelle. Elle répond à un besoin », poursuit-il. Travailler en transversal, se connaître, échanger est très important. Pour exemple, « une fois par mois, une rencontre ouverte à tous, adhérents ou pas se tient en présence de l’adjoint en charge du lien social pour faire émerger des projets communs, c’est le Bla Bl’Asso ». L’objectif de la maison des associations est de passer le millier d’adhérents. Une antenne dans le 2e arrondissement a ouvert ses portes en février, et en novembre, ce sera au tour du 14e. Dans tous les cas, ce dimanche des centaines d’associations seront sur le pont pour rencontrer leurs futurs adhérents.

    « Nos associations sont à l’image de la société, l’engagement a changé au fil des ans »

  • Ne pas déchirer le tissu associatif

    Ne pas déchirer le tissu associatif

    Septembre rime avec rentrée et fêtes des associations dans
    les communes. C’est l’occasion pour les bénévoles de rencontrer
    le grand public et de proposer une mosaïque d’activités et d’engagements. Mais derrière les sourires qui accueillent le public sur les stands, une vive inquiétude perce. Et pour cause. Comme le souligne la fédération des maisons de la jeunesse et de la culture, « entre 2005 et 2020 la part des subventions publiques a baissé de 41% dans le budget des associations au profit de logiques marchandes ».

    Après 2020, la tendance ne s’est pas inversée mais confirmée. Les collectivités locales ont été prises à la gorge par la crise énergétique, les conséquences de la Covid et le tour de vis budgétaire du gouvernement. Même situation chez les associations.

    Le pass Sport sacrifié

    Au sein de ces structures, indispensables pour la vie en société et la cohésion sociale, ce sont les bénévoles qui assurent l’essentiel du fonctionnement. Outre que ces derniers prennent de l’âge, les réformes antisociales, à l’instar de l’allongement de l’âge de départ à la retraite, fragilisent cet équilibre déjà précaire.

    D’autres mesures s’attaquent au tissu associatif à l’instar de
    la révision honteuse du pass Sport, désormais supprimé pour les enfants âgés de 6 à 13 ans. Cette aide aux familles, d’un montant de 50 euros par enfant, était pourtant essentielle pour nombre de foyers aux revenus modestes. Les associations sportives sont vent debout et dénoncent ce grave recul.

    En dépit des mauvais coups, les associations restent déterminées à jouer leur rôle citoyen dans la cité.

    Allez les rencontrer !