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  • Visiteur de prisons, une « porte vers l’extérieur »

    Ils s’apprêtent, pour certains, à franchir pour la première fois les portes du milieu carcéral, encore inconnu pour la majorité des futurs bénévoles réunis autour de la table. En salle Albini, à l’entrée du centre pénitentiaire de Luynes, l’Association des visiteurs de prisons (ANVP) a organisé une réunion d’information destinée à ses membres. Discrète et peu connue du grand public, l’association était récemment présente au forum des associations, où elle a invité les volontaires à venir découvrir son action.

    Créée en 1932 et aujourd’hui présente sur l’ensemble du territoire national, l’ANVP compte environ 1 100 bénévoles qui rendent régulièrement visite aux personnes détenues, en milieu fermé comme ouvert. Au cours de la réunion de présentation, où se sont rendus une dizaine d’intéressés, le milieu carcéral a longuement été décrit. À Aix, la section locale est l’une des plus importantes de France. « Il faut dire que nous sommes classés deuxième ou troisième prison de France en fonction des effectifs », contextualise Marc Bouvart, président de la section ANVP d’Aix-Luynes.

    Ce jeudi soir, il anime la réunion aux côtés de Jean-Louis Rougeron, en charge de l’affection visiteur, détenu et du suivi des candidatures. Ils présentent cette activité qui engage les bénévoles à consacrer une partie de leur temps à rencontrer et échanger avec des détenus – à leur demande – dont ils ne connaissent que le nom, le prénom et le numéro d’écrou. « On saura seulement si c’est une personne radicalisée », précise Marc Bouvart.

    Le « lien » avec l’extérieur

    La réunion entre dans le détail : à quoi ressemble une prison ? Quel est le taux d’occupation ? Dans quelles conditions vivent les détenus ? Autant de questions auxquelles il faut être préparé. « Comme on a des prévenus, on a des gens qui vont paraître aux assises. On retrouve tout type de population », poursuit Marc Bouvart.

    Dépendants du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), en lien avec les conseillers d’insertion des détenus rencontrés, les bénévoles de l’ANVP ne sont ni avocats, ni psychologues. Ils ne connaissent pas, non plus, les dossiers qui amènent leurs interlocuteurs jusqu’à l’incarcération. Leur rôle est centré sur l’écoute, un art enseigné lors des nombreuses formations dispensées avant qu’un nouveau bénévole ne prenne ses fonctions. « Selon la relation que vous allez établir avec le détenu, il vous dira peut-être ce qu’il a fait. Je vois un détenu depuis un peu plus de deux ans, il a honte. j’imagine ce qu’il a fait, mais même en essayant, il n’arrive pas à me le dire. Ce n’est pas grave, on n’est pas là pour questionner son passé, détaille Jean-Louis. On est la porte ouverte sur l’extérieur, la porte ouverte qui va permettre au détenu de poser ses angoisses, ses frustrations, tout ce qu’il a envie de dire. On est là pour rendre à la personne sa qualité de citoyen. »

    Dans un contexte où il n’y a « qu’un psychologue pour 2 000 personnes », où les détenus restent enfermés 22 heures par jour et où beaucoup n’ont plus de contact familial, ce lien devient essentiel. « Ils ont besoin aussi de se poser avec une personne qui ne va pas les juger, ni leur faire de remontrances. On est leur lien avec l’extérieur quand ils sont incarcérés. Notre rôle s’arrête à leur sortie », ajoute Marc Bouvart, avant de prévenir : « L’essentiel est de donner le moins d’informations possibles sur nous-mêmes. Ne pas donner son adresse ni son numéro de téléphone. Nous ne sommes pas amis, il faut garder certaines distances. »

    Il faut être majeur et avoir un casier vierge pour candidater à l’ANVP. Sur le plan personnel, être « blindé ». « Je n’ai jamais été déçu. Ils nous apportent bien plus que ce que j’aurais imaginé, quoiqu’ils aient pu faire, conclut Marc Bouvart. Il faut le mettre de côté, ça fausserai toutes les relations. Même s’ils nous en parlent, on ne rentre pas dans le détail, ça reste un être humain à part entière. »

  • Visiteur de prisons, une « porte vers l’extérieur »

    Visiteur de prisons, une « porte vers l’extérieur »

    Ils s’apprêtent, pour certains, à franchir pour la première fois les portes du milieu carcéral, encore inconnu pour la majorité des futurs bénévoles réunis autour de la table. En salle Albini, à l’entrée du centre pénitentiaire de Luynes, l’Association des visiteurs de prisons (ANVP) a organisé une réunion d’information destinée à ses membres. Discrète et peu connue du grand public, l’association était récemment présente au forum des associations, où elle a invité les volontaires à venir découvrir son action.

    Créée en 1932 et aujourd’hui présente sur l’ensemble du territoire national, l’ANVP compte environ 1 100 bénévoles qui rendent régulièrement visite aux personnes détenues, en milieu fermé comme ouvert. Au cours de la réunion de présentation, où se sont rendus une dizaine d’intéressés, le milieu carcéral a longuement été décrit. À Aix, la section locale est l’une des plus importantes de France. « Il faut dire que nous sommes classés deuxième ou troisième prison de France en fonction des effectifs », contextualise Marc Bouvart, président de la section ANVP d’Aix-Luynes.

    Ce jeudi soir, il anime la réunion aux côtés de Jean-Louis Rougeron, en charge de l’affection visiteur, détenu et du suivi des candidatures. Ils présentent cette activité qui engage les bénévoles à consacrer une partie de leur temps à rencontrer et échanger avec des détenus – à leur demande – dont ils ne connaissent que le nom, le prénom et le numéro d’écrou. « On saura seulement si c’est une personne radicalisée », précise Marc Bouvart.

    Le « lien » avec l’extérieur

    La réunion entre dans le détail : à quoi ressemble une prison ? Quel est le taux d’occupation ? Dans quelles conditions vivent les détenus ? Autant de questions auxquelles il faut être préparé. « Comme on a des prévenus, on a des gens qui vont paraître aux assises. On retrouve tout type de population », poursuit Marc Bouvart.

    Dépendants du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), en lien avec les conseillers d’insertion des détenus rencontrés, les bénévoles de l’ANVP ne sont ni avocats, ni psychologues. Ils ne connaissent pas, non plus, les dossiers qui amènent leurs interlocuteurs jusqu’à l’incarcération. Leur rôle est centré sur l’écoute, un art enseigné lors des nombreuses formations dispensées avant qu’un nouveau bénévole ne prenne ses fonctions. « Selon la relation que vous allez établir avec le détenu, il vous dira peut-être ce qu’il a fait. Je vois un détenu depuis un peu plus de deux ans, il a honte. j’imagine ce qu’il a fait, mais même en essayant, il n’arrive pas à me le dire. Ce n’est pas grave, on n’est pas là pour questionner son passé, détaille Jean-Louis. On est la porte ouverte sur l’extérieur, la porte ouverte qui va permettre au détenu de poser ses angoisses, ses frustrations, tout ce qu’il a envie de dire. On est là pour rendre à la personne sa qualité de citoyen. »

    Dans un contexte où il n’y a « qu’un psychologue pour 2 000 personnes », où les détenus restent enfermés 22 heures par jour et où beaucoup n’ont plus de contact familial, ce lien devient essentiel. « Ils ont besoin aussi de se poser avec une personne qui ne va pas les juger, ni leur faire de remontrances. On est leur lien avec l’extérieur quand ils sont incarcérés. Notre rôle s’arrête à leur sortie », ajoute Marc Bouvart, avant de prévenir : « L’essentiel est de donner le moins d’informations possibles sur nous-mêmes. Ne pas donner son adresse ni son numéro de téléphone. Nous ne sommes pas amis, il faut garder certaines distances. »

    Il faut être majeur et avoir un casier vierge pour candidater à l’ANVP. Sur le plan personnel, être « blindé ». « Je n’ai jamais été déçu. Ils nous apportent bien plus que ce que j’aurais imaginé, quoiqu’ils aient pu faire, conclut Marc Bouvart. Il faut le mettre de côté, ça fausserai toutes les relations. Même s’ils nous en parlent, on ne rentre pas dans le détail, ça reste un être humain à part entière. »

  • Les voix d’une armée impartiale pour la paix au Proche-Orient

    C’est certes un petit rassemblement qui s’est formé, ce mardi soir, sur le Vieux-Port. Mais il prône de grandes valeurs, la paix, la vie, le cessez-le-feu. Et attire la sympathie des passants. Le mouvement lancé par la réalisatrice militante Hanna Assouline, en 2022, commence à prendre du galon et à faire entendre son message de justice et d’égalité.

    « Nous sommes un mouvement féministe, nous luttons contre toutes les formes de haine qui traversent la société, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, la haine anti-LGBT et tous les ostracismes », décrit Laura Sahin, une des représentantes des Guerrières de la paix de la section Sud, alors que les premières militantes commencent à déployer leurs pancartes. À ses côtés, Nawelle Senad précise : « Au-delà de nos frontières, nous sommes mobilisées partout où les droits des femmes sont menacés, et les droits humains bafoués. » Et ce mardi, l’objectif précis était de « porter des voix militantes, pour rendre hommage aux victimes israéliennes et palestiniennes, exiger l’arrêt de ce bain de sang insensé et localement, de faire en sorte qu’un dialogue puisse se renouer ».

    Il y a deux ans, l’attaque terroriste du Hamas faisait 1 219 victimes et 251 personnes étaient enlevées durant la fête juive de Souccot. Depuis, en réponse, le gouvernement israélien mène une riposte violente qui a provoqué quelque 67 160 décès, avec une situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza.

    Devant les pancartes qui demandent justice, paix et cessez-le-feu, « nous sommes là en soutien aux enfants, femmes, hommes, vieillards et adolescents d’un conflit qui n’en finit pas, nous refusons d’instrumentaliser la souffrance », lance une des militantes au mégaphone. Depuis deux ans, elles sont de plus en plus nombreuses à parler d’« une voix fragile, mais ferme ».

    Fragile, car même à des milliers de kilomètres, le conflit « s’immisce dans nos esprits, nous sommes sommés de prendre parti. Mais nous refusons de choisir un camp. Nous sommes du côté de la paix, de la vie ». Ferme, car elles refusent de céder aux chants de division des mauvaises sirènes de la haine et sont déterminées à « dire toujours plus haut et plus fort notre solidarité avec les deux peuples ».

    Un banc pacifique

    sur la Méditerranée

    Pour donner du souffle à leur message contre vents et marées, cette armée pacifique jette toutes les bouteilles à la mer. Financé par les Guerrières, un banc de mosaïque réalisé par des élèves des écoles de la deuxième chance sous la houlette de l’association Viv’arthe, sera inauguré le 13 novembre, sur la Corniche Kennedy. « C’est un geste symbolique, qui doit sensibiliser aux discours de paix, explique Laura Sahin, nous utilisons tous les moyens d’expression pour faire avancer nos revendications. » Et l’art est une des plus belles armes contre les propagandes fascistes.

    La mairie éteinte

    Extinction des feux pour l’hôtel de ville, en hommage aux victimes du 7 octobre. « Marseille sera toujours du côté de la paix » assène sur le maire Benoît Payan (DVG), appelant à la libération immédiate des otages détenus par le Hamas.

    M.R.

  • Les voix d’une armée impartiale pour la paix au Proche-Orient

    Les voix d’une armée impartiale pour la paix au Proche-Orient

    C’est certes un petit rassemblement qui s’est formé, ce mardi soir, sur le Vieux-Port. Mais il prône de grandes valeurs, la paix, la vie, le cessez-le-feu. Et attire la sympathie des passants. Le mouvement lancé par la réalisatrice militante Hanna Assouline, en 2022, commence à prendre du galon et à faire entendre son message de justice et d’égalité.

    « Nous sommes un mouvement féministe, nous luttons contre toutes les formes de haine qui traversent la société, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, la haine anti-LGBT et tous les ostracismes », décrit Laura Sahin, une des représentantes des Guerrières de la paix de la section Sud, alors que les premières militantes commencent à déployer leurs pancartes. À ses côtés, Nawelle Senad précise : « Au-delà de nos frontières, nous sommes mobilisées partout où les droits des femmes sont menacés, et les droits humains bafoués. » Et ce mardi, l’objectif précis était de « porter des voix militantes, pour rendre hommage aux victimes israéliennes et palestiniennes, exiger l’arrêt de ce bain de sang insensé et localement, de faire en sorte qu’un dialogue puisse se renouer ».

    Il y a deux ans, l’attaque terroriste du Hamas faisait 1 219 victimes et 251 personnes étaient enlevées durant la fête juive de Souccot. Depuis, en réponse, le gouvernement israélien mène une riposte violente qui a provoqué quelque 67 160 décès, avec une situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza.

    Devant les pancartes qui demandent justice, paix et cessez-le-feu, « nous sommes là en soutien aux enfants, femmes, hommes, vieillards et adolescents d’un conflit qui n’en finit pas, nous refusons d’instrumentaliser la souffrance », lance une des militantes au mégaphone. Depuis deux ans, elles sont de plus en plus nombreuses à parler d’« une voix fragile, mais ferme ».

    Fragile, car même à des milliers de kilomètres, le conflit « s’immisce dans nos esprits, nous sommes sommés de prendre parti. Mais nous refusons de choisir un camp. Nous sommes du côté de la paix, de la vie ». Ferme, car elles refusent de céder aux chants de division des mauvaises sirènes de la haine et sont déterminées à « dire toujours plus haut et plus fort notre solidarité avec les deux peuples ».

    Un banc pacifique

    sur la Méditerranée

    Pour donner du souffle à leur message contre vents et marées, cette armée pacifique jette toutes les bouteilles à la mer. Financé par les Guerrières, un banc de mosaïque réalisé par des élèves des écoles de la deuxième chance sous la houlette de l’association Viv’arthe, sera inauguré le 13 novembre, sur la Corniche Kennedy. « C’est un geste symbolique, qui doit sensibiliser aux discours de paix, explique Laura Sahin, nous utilisons tous les moyens d’expression pour faire avancer nos revendications. » Et l’art est une des plus belles armes contre les propagandes fascistes.

    La mairie éteinte

    Extinction des feux pour l’hôtel de ville, en hommage aux victimes du 7 octobre. « Marseille sera toujours du côté de la paix » assène sur le maire Benoît Payan (DVG), appelant à la libération immédiate des otages détenus par le Hamas.

    M.R.

  • La dérive complète du 31, rue Barthélémy à Marseille

    La fuite en avant du propriétaire du 31, rue Barthélémy se poursuit, continuant, malgré les interdits, de décloisonner et diviser les grands appartements de 140 m² de ce bel immeuble marseillais, pour les exploiter en meublés saisonniers sans autorisation de changement d’usage.

    Alors que la société MessieursDames (propriétaire de l’immeuble racheté 1,7 million d’euros en octobre 2023) et la société Lovely Keys (qui loue les neuf meublés touristiques créés au rez-de-chaussée et au 1er étage) sont assignées, lundi prochain, par la Ville de Marseille devant le tribunal judiciaire, aux côtés de trois autres investisseurs, pour violation du règlement sur le changement d’usage, des travaux dangereux et non autorisés ont été entrepris la semaine dernière, au 3e étage.

    « Un jour de plus

    et ça s’effondrait »

    « Lundi dernier, ça s’est mis à trembler de partout », relate Julie, en état de choc et qui vivait en colocation au 4e étage. « En quelques jours, ils ont tout pété, tout détruit. C’est samedi en revenant qu’on a découvert de grosses fissures. Les portes ne fermaient plus, le sol s’affaissait. C’était la panique totale. Un jour de plus et ça s’effondrait. C’est du mépris et de la mise en danger. » Les marins-pompiers et techniciens de la Ville ont constaté la déstructuration du 4e étage avec une descente du plancher. Les 3e et 4e étages sont désormais interdits. Aidés par des membres du Collectif du 5-Novembre et des amis pour déménager leurs affaires, Julie et ses deux colocataires ont trouvé refuge loin de la rue Barthélémy. « J’ai mis 7 ans de vie dans des sacs et là je dors chez des amis. »

    Ce mardi, des ouvriers évacuaient des gravats. Interrogé par La Marseillaise sur la situation de son immeuble et de ses locataires, dont une jeune étudiante en « bail mobilité » au rez-de-chaussée, Mehdi Guenouni, le gérant des deux sociétés, a répondu très posément : « Il n’y a pas de situation. Il n’y a pas de péril. » Il n’a pas souhaité davantage s’exprimer.

    « C’est un exemple assez sidérant de la dévitalisation d’un immeuble qui passe de l’habitation classique à la location hôtelière sauvage en chassant les habitants et en fracturant leurs murs », commente Dominique Dias, expert appelé par des locataires. Les travaux opérés sur la base de déclarations préalables visant un « changement de destination de bureau en hébergement hôtelier » ne sont pas réguliers. En effet, à la suite d’un recours contre trois déclarations préalables et après visite d’un inspecteur de l’urbanisme, des illégalités ont été constatées. « L’analyse approfondie des pièces de ces trois dossiers a mis en lumière plusieurs éléments susceptibles de conduire à un retrait pour fraude de la décision implicite de non-opposition dont vous bénéficiez depuis le 13 juin 2024 », avait signifié l’adjoint à l’urbanisme, éric Méry, dans une mise en demeure du 17 décembre 2024. « Des éléments précis et concordants laissent penser que les surfaces objet du changement de destination étaient en réalité des surfaces d’habitation, et non de bureau », écrivait la Ville. Les déclarations décrivent des travaux « sans modification des structures porteuses » or, « contrairement à ce que laissait penser sa présentation, le projet de changement de destination s’accompagne nécessairement de modifications des structures porteuses du bâtiment et aurait donc dû, à ce titre, faire l’objet d’une demande de permis de construire ».

    En conclusion, pour la mairie, « les trois projets visent à la création d’un grand nombre de meublés de tourisme » qui « engendrera inévitablement des nuisances sonores graves pour le voisinage, notamment la nuit ». Avertissements et assignation n’ont pas empêché la fuite en avant.

  • La dérive complète du 31, rue Barthélémy à Marseille

    La dérive complète du 31, rue Barthélémy à Marseille

    La fuite en avant du propriétaire du 31, rue Barthélémy se poursuit, continuant, malgré les interdits, de décloisonner et diviser les grands appartements de 140 m² de ce bel immeuble marseillais, pour les exploiter en meublés saisonniers sans autorisation de changement d’usage.

    Alors que la société MessieursDames (propriétaire de l’immeuble racheté 1,7 million d’euros en octobre 2023) et la société Lovely Keys (qui loue les neuf meublés touristiques créés au rez-de-chaussée et au 1er étage) sont assignées, lundi prochain, par la Ville de Marseille devant le tribunal judiciaire, aux côtés de trois autres investisseurs, pour violation du règlement sur le changement d’usage, des travaux dangereux et non autorisés ont été entrepris la semaine dernière, au 3e étage.

    « Un jour de plus

    et ça s’effondrait »

    « Lundi dernier, ça s’est mis à trembler de partout », relate Julie, en état de choc et qui vivait en colocation au 4e étage. « En quelques jours, ils ont tout pété, tout détruit. C’est samedi en revenant qu’on a découvert de grosses fissures. Les portes ne fermaient plus, le sol s’affaissait. C’était la panique totale. Un jour de plus et ça s’effondrait. C’est du mépris et de la mise en danger. » Les marins-pompiers et techniciens de la Ville ont constaté la déstructuration du 4e étage avec une descente du plancher. Les 3e et 4e étages sont désormais interdits. Aidés par des membres du Collectif du 5-Novembre et des amis pour déménager leurs affaires, Julie et ses deux colocataires ont trouvé refuge loin de la rue Barthélémy. « J’ai mis 7 ans de vie dans des sacs et là je dors chez des amis. »

    Ce mardi, des ouvriers évacuaient des gravats. Interrogé par La Marseillaise sur la situation de son immeuble et de ses locataires, dont une jeune étudiante en « bail mobilité » au rez-de-chaussée, Mehdi Guenouni, le gérant des deux sociétés, a répondu très posément : « Il n’y a pas de situation. Il n’y a pas de péril. » Il n’a pas souhaité davantage s’exprimer.

    « C’est un exemple assez sidérant de la dévitalisation d’un immeuble qui passe de l’habitation classique à la location hôtelière sauvage en chassant les habitants et en fracturant leurs murs », commente Dominique Dias, expert appelé par des locataires. Les travaux opérés sur la base de déclarations préalables visant un « changement de destination de bureau en hébergement hôtelier » ne sont pas réguliers. En effet, à la suite d’un recours contre trois déclarations préalables et après visite d’un inspecteur de l’urbanisme, des illégalités ont été constatées. « L’analyse approfondie des pièces de ces trois dossiers a mis en lumière plusieurs éléments susceptibles de conduire à un retrait pour fraude de la décision implicite de non-opposition dont vous bénéficiez depuis le 13 juin 2024 », avait signifié l’adjoint à l’urbanisme, éric Méry, dans une mise en demeure du 17 décembre 2024. « Des éléments précis et concordants laissent penser que les surfaces objet du changement de destination étaient en réalité des surfaces d’habitation, et non de bureau », écrivait la Ville. Les déclarations décrivent des travaux « sans modification des structures porteuses » or, « contrairement à ce que laissait penser sa présentation, le projet de changement de destination s’accompagne nécessairement de modifications des structures porteuses du bâtiment et aurait donc dû, à ce titre, faire l’objet d’une demande de permis de construire ».

    En conclusion, pour la mairie, « les trois projets visent à la création d’un grand nombre de meublés de tourisme » qui « engendrera inévitablement des nuisances sonores graves pour le voisinage, notamment la nuit ». Avertissements et assignation n’ont pas empêché la fuite en avant.

  • Orange Maritime prépare le câble Medusa pour son atterrissement à Marseille

    Il doit permettre de relier le Maghreb et l’Europe méditerranéenne. Medusa, plus long câble sous-marin (8 760 km) à remplir cette fonction, doit être mis en service au début de l’année 2026. Il aura vocation à offrir une infrastructure de télécommunication essentielle au développement de l’écosystème numérique des pays d’Afrique du Nord, ainsi qu’à six États membres européens (Portugal, Espagne, France, Italie, Grèce et Chypre).

    Plusieurs centaines de kilomètres ont déjà été posées au large. En ce qui concerne la France, c’est le navire câblier Sophie-Germain, de l’opérateur Orange Marine, qui procède à son déploiement. Première étape : l’installation de l’atterrissement du câble – la partie qui touche terre et qui ne peut être installée par le navire faute de fond assez profond – long de 1,2 km, et qui a lieu ce mercredi matin à Marseille, plage de la Pointe Rouge. « Marseille étant le principal nœud de câbles sous-marins de Méditerranée et le sixième au monde, chaque câble qui se pose dans cette zone doit y arriver », explique Didier Dillard, président d’Orange Marine.

    « L’opération prendra un peu plus que la matinée et on s’éloignera ensuite de la côte pour commencer la pose », prévoit le commandant du câblier, Gérald Couturier. Celle-ci devrait prendre plusieurs semaines, avant le prochain atterrissement à Bizerte, en Tunisie, dans un mois.

    Plus de 60 personnes travaillent sur le câblier, jour et nuit. Un effort qui a du sens pour les pays bénéficiaires : « Ce câble va apporter une meilleure connectivité aux pays du pourtour méditerranéen. Pour un pays, la connectivité est clé dans le monde d’aujourd’hui : plus elle est de qualité, plus vous êtes sécurisés et plus vous pouvez générer du trafic. Les besoins en termes de trafic international nécessitent de nouveaux câbles. Et il est toujours mieux d’être le pays d’atterrissement pour ne plus dépendre des tiers, il y a un enjeu de souveraineté », détaille Didier Dillard.

  • Orange Maritime prépare le câble Medusa pour son atterrissement à Marseille

    Orange Maritime prépare le câble Medusa pour son atterrissement à Marseille

    Il doit permettre de relier le Maghreb et l’Europe méditerranéenne. Medusa, plus long câble sous-marin (8 760 km) à remplir cette fonction, doit être mis en service au début de l’année 2026. Il aura vocation à offrir une infrastructure de télécommunication essentielle au développement de l’écosystème numérique des pays d’Afrique du Nord, ainsi qu’à six États membres européens (Portugal, Espagne, France, Italie, Grèce et Chypre).

    Plusieurs centaines de kilomètres ont déjà été posées au large. En ce qui concerne la France, c’est le navire câblier Sophie-Germain, de l’opérateur Orange Marine, qui procède à son déploiement. Première étape : l’installation de l’atterrissement du câble – la partie qui touche terre et qui ne peut être installée par le navire faute de fond assez profond – long de 1,2 km, et qui a lieu ce mercredi matin à Marseille, plage de la Pointe Rouge. « Marseille étant le principal nœud de câbles sous-marins de Méditerranée et le sixième au monde, chaque câble qui se pose dans cette zone doit y arriver », explique Didier Dillard, président d’Orange Marine.

    « L’opération prendra un peu plus que la matinée et on s’éloignera ensuite de la côte pour commencer la pose », prévoit le commandant du câblier, Gérald Couturier. Celle-ci devrait prendre plusieurs semaines, avant le prochain atterrissement à Bizerte, en Tunisie, dans un mois.

    Plus de 60 personnes travaillent sur le câblier, jour et nuit. Un effort qui a du sens pour les pays bénéficiaires : « Ce câble va apporter une meilleure connectivité aux pays du pourtour méditerranéen. Pour un pays, la connectivité est clé dans le monde d’aujourd’hui : plus elle est de qualité, plus vous êtes sécurisés et plus vous pouvez générer du trafic. Les besoins en termes de trafic international nécessitent de nouveaux câbles. Et il est toujours mieux d’être le pays d’atterrissement pour ne plus dépendre des tiers, il y a un enjeu de souveraineté », détaille Didier Dillard.

  • Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Devant un olivier fraîchement planté, Sylvain Souvestre (LR), maire des 11e et 12e arrondissements, Romain Simmarano, président du collectif de droite « Une génération pour Marseille », Martine Vassal, présidente de la Métropole et candidate DVD à la mairie de Marseille ou encore Valérie Boyer, sénatrice LR, ont rendu hommage aux victimes du 7 octobre, deux ans après l’attaque terroriste.

    « On a inauguré le 4 avril ce parc Sarah-Halimi, le jour même de la date anniversaire de son assassinat », rappelle Sylvain Souvestre, ayant « à cœur d’être aux côtés de la population juive », car « nous sommes de racine judéo-chrétienne ». Pour Romain Simmarano, à l’heure des « pourparlers de paix en Égypte » qu’il voit comme « une petite lumière au bout du tunnel », il s’agit aussi de penser aux otages « qui doivent être libérés », avec une minute de silence.

    Évidemment, Martine Vassal ne dit pas autre chose. « Hier, lors de la séance du conseil métropolitain, nous avons rendu hommage à toutes les victimes », indique-t-elle, à la fois celles « du plus gros massacre depuis la Shoah », mais aussi « des victimes palestiniennes qui en ont découlé », les « terroristes » s’en servant « comme des boucliers humains ». Et de soutenir, même si elle n’en partage pas toutes les idées, le plan de Trump, se félicitant d’une « décision courageuse, qui va dans le bon sens ». Le « premier élément de paix », restant la « libération inconditionnelle des otages qui restent ». Et d’avertir : « Il ne faut surtout pas confondre la position des juifs de France avec le gouvernement israélien. » Des « juifs de France stigmatisés et pointés du doigt, attaqués pour ce qu’ils sont. Ce n’est pas acceptable » sur « un territoire du bien vivre ensemble ».

  • Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Devant un olivier fraîchement planté, Sylvain Souvestre (LR), maire des 11e et 12e arrondissements, Romain Simmarano, président du collectif de droite « Une génération pour Marseille », Martine Vassal, présidente de la Métropole et candidate DVD à la mairie de Marseille ou encore Valérie Boyer, sénatrice LR, ont rendu hommage aux victimes du 7 octobre, deux ans après l’attaque terroriste.

    « On a inauguré le 4 avril ce parc Sarah-Halimi, le jour même de la date anniversaire de son assassinat », rappelle Sylvain Souvestre, ayant « à cœur d’être aux côtés de la population juive », car « nous sommes de racine judéo-chrétienne ». Pour Romain Simmarano, à l’heure des « pourparlers de paix en Égypte » qu’il voit comme « une petite lumière au bout du tunnel », il s’agit aussi de penser aux otages « qui doivent être libérés », avec une minute de silence.

    Évidemment, Martine Vassal ne dit pas autre chose. « Hier, lors de la séance du conseil métropolitain, nous avons rendu hommage à toutes les victimes », indique-t-elle, à la fois celles « du plus gros massacre depuis la Shoah », mais aussi « des victimes palestiniennes qui en ont découlé », les « terroristes » s’en servant « comme des boucliers humains ». Et de soutenir, même si elle n’en partage pas toutes les idées, le plan de Trump, se félicitant d’une « décision courageuse, qui va dans le bon sens ». Le « premier élément de paix », restant la « libération inconditionnelle des otages qui restent ». Et d’avertir : « Il ne faut surtout pas confondre la position des juifs de France avec le gouvernement israélien. » Des « juifs de France stigmatisés et pointés du doigt, attaqués pour ce qu’ils sont. Ce n’est pas acceptable » sur « un territoire du bien vivre ensemble ».