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  • La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    Ils étaient des centaines réunis lundi place de La Marseillaise, cours d’Estienne d’Orves, à avoir répondu l’invitation pour l’inauguration du nouveau siège du journal. Tous les amis du journal, de Nicolas le cuisinier du Mondial à Robert Voisard, un des anciens directeurs, en passant par d’anciens salariés, soutiens, représentants syndicaux et corps consulaires, venus fêter l’installation dans ces nouveaux locaux. Parmi eux, aussi de nombreux élus de divers horizons. Le signe d’une profonde reconnaissance. Tout au long de l’après-midi, les visites dans ces 1000 mètres carrés complètement remis à neuf se sont enchaînées.

    Une fierté, cinq ans après la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce emporté par la crise Covid alors que les banques avaient refusé au journal un prêt garanti par l’État. Signe de temps, son premier représentant sur le territoire, le préfet Georges-François Leclerc est sorti de sa réserve pour venir prendre part à cette joyeuse cérémonie.

    « Liberté, nous avons écrit ton nom et ce soir nous recommençons. Car nous sommes nés pour te connaître, te nommer Liberté », lancera Léo Purguette, le directeur éditorial et président du journal, paraphrasant Paul Éluard avant d’adresser un message de devant les jeunes du collège Jean de Bernardy. La chorale et de l’orchestre de cet établissement marseillais rebaptisé depuis la rentrée du nom d’un des fondateurs du journal tombé au combat face à l’ennemi Nazi, a interprété un émouvant Chant des partisans, et une non moins émouvante Marseillaise, accompagnant la chanteuse Alicia.

    Et Léo Purguette de rappeler trois lignes rouges tracées il y a cinq ans : le maintien de l’emploi. « Nous étions 49 et nous sommes aujourd’hui plus de 60, 70 avec nos amis de Zébuline », glisse-t-il. Le maintien de la zone de diffusion étendue depuis au Vaucluse. Et le maintien enfin de la ligne éditoriale, une « ligne qui s’est aiguisée, affirmée et nous a permis de progresser. » martèle-t-il encore, évoquant une progression de 10 % des ventes en kiosques en 2024.

    Et de chuter sur la défense de la liberté de la presse et du pluralisme : « Ce n’est pas une préoccupation catégorielle mais un impératif démocratique dans une république qui va si mal. À la suite des états généraux de l’information et des démarches alternatives de nombreuses propositions sont sur la table elle devrait réunir une majorité attachée à l’état de droit et aux principes démocratiques avant que le débat public ne soit asphyxié par un paysage médiatique totalement soumis au pouvoir de l’argent et au projet politique de l’extrême droite ».

    Audrey Garino, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Il y a près de 82 ans, des femmes et des hommes ont pris la plume, non pas pour plaire mais pour résister. Depuis La Marseillaise fait entendre la voix de Marseille libre, populaire et courageuse. »

    Isabelle Campagnola-Savon, Conseillère régionale

    « La Marseillaise est le miroir de notre région avec ses forces, ses faiblesses et ses espoirs. Un engagement qui dépasse les époques. C’est un journal né de la Résistance, qui a su traverser les décennies en restant fidèle à son esprit fondateur. »

    Martine Vassal, présidente DVD du Département.

    « C’est important d’avoir un journal qui retransmette ce que nous disons sans mauvaise interprétation avec de la vérité. C’est ce qui vous a transcendé au fil de ces années, dire les choses et les faire avec beaucoup de passion. »

    Jérémy Bacchi, sénateur PCF

    « La Marseillaise s’installe dans un nouveau monde, mais son âme reste la même, celle d’un journal libre, combatif, populaire, l’âme d’une presse qui n’a jamais renoncé à son engagement pour la justice et le progrès social. »

    Georges-François Leclerc, préfet de région

    « Un préfet qui arrive par la magie d’une nomination se doit d’épouser la région qu’il a l’honneur d’administrer. Et lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher une des vérités des Bouches-du-Rhône et de Marseille. »

  • Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Comme à l’accoutumée depuis la dissolution ratée de juin 2024, c’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le gouvernement en place. Le premier Conseil des ministres de cette équipe fraîchement nommée se tient ce mardi matin à l’Élysée, autour du président. Seront ainsi présentés les deux projets de budget, de l’État et de la Sécurité sociale, afin qu’ils puissent être transmis dans les temps au Parlement.

    « Notre seul objectif et seule mission » est « de surpasser et de dépasser cette crise politique » qui « sidère », et ce avec « sobriété » et « humilité », en mettant « les ego de côté », a déclaré le Premier ministre, en introduction d’une réunion de son nouveau gouvernement à Matignon, lundi après-midi. Il avait auparavant demandé des passations de pouvoir « sobres » qui se sont déroulées au moment du déjeuner, sans presse ni invités. Et, a fortiori, sans règlements de compte… La priorité pour le chef de gouvernement est de « donner un budget à la France d’ici la fin de l’année », assène Sébastien Lecornu. Parallèlement, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, présidée par le député LFI éric Coquerel, commence ses auditions ce mardi.

    Puis, vient le moment de vérité. Le Premier ministre est ensuite attendu à l’Assemblée nationale, où il prononcera son discours de politique générale à partir de 15 heures. Les socialistes y attendent notamment la suspension « immédiate et complète » de la réforme des retraites de 2023. Si tel n’est pas le cas, les députés PS pourraient voter la censure déposée par leurs partenaires de gauche (lire ci-contre).

    Macron s’en prend

    aux oppositions

    De son côté, comme à son habitude, l’artisan du chaos en cours renvoie la responsabilité à ses opposants. « Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français », a insisté le chef de l’État à son arrivée en Égypte, pour assister à un « sommet pour la paix » à Gaza. « Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre », a-t-il osé. Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Comment cet homme méprisant le peuple, plus préoccupé par les marchés que par les Français, peut-il encore se dédouaner de ses responsabilités. Emmanuel Macron est le seul responsable et coupable du chaos », conspue Stéphane Peu, co-président du groupe communiste à l’Assemblée.

    Le locataire de l’Élysée persiste et signe, demandant « à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect ». Interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne « faire aucun pari ». « Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français », a encore déclaré le président.

    130 ministres nommés depuis 2022

    Ces nouvelles accusations en irresponsabilité ne passent pas. « L’arrogance et l’absence totale de remise en question d’Emmanuel Macron sont des cas d’école à enseigner sur la toxicité de la Ve République. Son refus d’admettre sa défaite est le seul responsable du chaos actuel, mais il prétend incarner la stabilité. Hallucinant », tacle la patronne des Écologistes Marine Tondelier.

    En réunissant pour la première fois ses troupes, Sébastien Lecornu les a remerciés « d’avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République dans un moment qui, on le sait, est difficile ». Et pour cause, cette nomination a des airs de mission d’intérim. Celui qui a participé à tous les gouvernements depuis 2017, sans discontinuer, le sait mieux que quiconque. Peu de doutes subsistent sur la durée de vie de ce nouvel effectif. Hasard du calendrier ou pas, l’AFP a compilé, lundi, des données qui donnent le vertige. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron en mai 2022, 130 personnalités se sont succédé au gouvernement, brisant déjà, à un an et demi de la prochaine présidentielle, le record absolu de ministres nommés sous un mandat présidentiel sous la Ve République. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’instabilité chronique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays.

  • Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Comme à l’accoutumée depuis la dissolution ratée de juin 2024, c’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le gouvernement en place. Le premier Conseil des ministres de cette équipe fraîchement nommée se tient ce mardi matin à l’Élysée, autour du président. Seront ainsi présentés les deux projets de budget, de l’État et de la Sécurité sociale, afin qu’ils puissent être transmis dans les temps au Parlement.

    « Notre seul objectif et seule mission » est « de surpasser et de dépasser cette crise politique » qui « sidère », et ce avec « sobriété » et « humilité », en mettant « les ego de côté », a déclaré le Premier ministre, en introduction d’une réunion de son nouveau gouvernement à Matignon, lundi après-midi. Il avait auparavant demandé des passations de pouvoir « sobres » qui se sont déroulées au moment du déjeuner, sans presse ni invités. Et, a fortiori, sans règlements de compte… La priorité pour le chef de gouvernement est de « donner un budget à la France d’ici la fin de l’année », assène Sébastien Lecornu. Parallèlement, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, présidée par le député LFI éric Coquerel, commence ses auditions ce mardi.

    Puis, vient le moment de vérité. Le Premier ministre est ensuite attendu à l’Assemblée nationale, où il prononcera son discours de politique générale à partir de 15 heures. Les socialistes y attendent notamment la suspension « immédiate et complète » de la réforme des retraites de 2023. Si tel n’est pas le cas, les députés PS pourraient voter la censure déposée par leurs partenaires de gauche (lire ci-contre).

    Macron s’en prend

    aux oppositions

    De son côté, comme à son habitude, l’artisan du chaos en cours renvoie la responsabilité à ses opposants. « Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français », a insisté le chef de l’État à son arrivée en Égypte, pour assister à un « sommet pour la paix » à Gaza. « Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre », a-t-il osé. Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Comment cet homme méprisant le peuple, plus préoccupé par les marchés que par les Français, peut-il encore se dédouaner de ses responsabilités. Emmanuel Macron est le seul responsable et coupable du chaos », conspue Stéphane Peu, co-président du groupe communiste à l’Assemblée.

    Le locataire de l’Élysée persiste et signe, demandant « à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect ». Interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne « faire aucun pari ». « Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français », a encore déclaré le président.

    130 ministres nommés depuis 2022

    Ces nouvelles accusations en irresponsabilité ne passent pas. « L’arrogance et l’absence totale de remise en question d’Emmanuel Macron sont des cas d’école à enseigner sur la toxicité de la Ve République. Son refus d’admettre sa défaite est le seul responsable du chaos actuel, mais il prétend incarner la stabilité. Hallucinant », tacle la patronne des Écologistes Marine Tondelier.

    En réunissant pour la première fois ses troupes, Sébastien Lecornu les a remerciés « d’avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République dans un moment qui, on le sait, est difficile ». Et pour cause, cette nomination a des airs de mission d’intérim. Celui qui a participé à tous les gouvernements depuis 2017, sans discontinuer, le sait mieux que quiconque. Peu de doutes subsistent sur la durée de vie de ce nouvel effectif. Hasard du calendrier ou pas, l’AFP a compilé, lundi, des données qui donnent le vertige. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron en mai 2022, 130 personnalités se sont succédé au gouvernement, brisant déjà, à un an et demi de la prochaine présidentielle, le record absolu de ministres nommés sous un mandat présidentiel sous la Ve République. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’instabilité chronique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays.

  • Le grand déni

    Le grand déni

    Emmanuel Macron ne supporte pas d’avoir tort et choisit donc de faire porter la responsabilité de la crise politique aux autres qui ont eu l’audace, selon lui, de bousculer son alter ego, l’autoproclamé moine-soldat, le Premier ministre Sébastien Lecornu, aussi illégitime que fragile. Tout cela est dérisoire au regard des défis du XXIe siècle. Au regard de la soif d’égalité qui irrigue la société.

    L’Histoire jugera la trace que le méprisant de la République laissera. Les Français l’ont déjà fait. Son impopularité est stratosphérique.

    Les citoyens sont épuisés par ces dirigeants politiques hors-sol, hautains et incapables de répondre à leurs aspirations et aux urgences sociales, écologiques, éducatives etc. Ce dégoût rejaillit sur les élus locaux et alimente le « tous pareils ». On sait qui en fait son fiel : le fascisme d’aujourd’hui.

    Macron est aussi l’incarnation d’un présidentialisme hypertrophié, usant de façon irresponsable des outils de la Ve République.

    L’extrême droite prospère

    La dissolution de juin 2024 et le refus d’en respecter les résultats en s’obstinant à ne pas nommer la gauche a aggravé le climat politique et social.

    Pendant ce temps, l’extrême droite prospère en désignant les mêmes boucs émissaires, les étrangers. Un thème repris en chœur par une large partie de la droite qui va se faire avaler par l’hydre.

    La démocratie est en souffrance et donc en danger. Qu’attendent les formations progressistes de gauche pour réagir et présenter un front commun, une alternative au service des gens ? Pour l’heure, c’est le grand déni. À tous les étages.

  • Jérémy Bacchi et Laurent Belsola parmi les personnalités de l’année

    Jérémy Bacchi et Laurent Belsola parmi les personnalités de l’année

    C’est l’annuaire professionnel du monde politique. Depuis 1981 et l’arrivée au pouvoir de nombreux députés socialistes inconnus du grand public, le Trombinoscope présente en photos et biographies les acteurs de la vie politique. Chaque année, il décerne aussi des prix attribués par un jury de journalistes, afin de « mettre en lumière celles et ceux qui, loin des polémiques, agissent au service du bien commun » pour reprendre la formule d’Alexandre Farro, président du Trombinoscope. Après le Grand Est, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et l’Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur prend place parmi les régions accueillant les Grands Prix des Territoires.

    Les lauréats du jury composé de cinq journalistes de la presse régionale – dont Léo Purguette pour notre titre – ont été présentés, lundi soir.

    Parmi eux, deux communistes. Le sénateur Jérémy Bacchi reçoit ainsi le prix de « révélation politique de l’année » notamment pour son combat contre le narcotrafic après avoir initié l’Appel de Marseille. Le maire de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, celui de « maire de l’année » dans le département des Bouches-du-Rhône, au titre de son action quotidienne sur un territoire difficile et pour la victoire remportée dans le contournement autoroutier de sa ville, enfin financé après des décennies de combat.

    Le cardinal Aveline

    « prix spécial » du jury

    Dans le Vaucluse, Cécile Helle a été reconnue pour son choix de ne pas se représenter après deux mandats malgré un bilan positif et, dans le Var, le prix remarque le travail réalisé par Edouard Friedler pour le logement à la mairie du Beausset.

    Parmi les autres lauréats figurent le député socialiste de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône (Aix-en-Provence/Septèmes), Marc Pena, comme « parlementaire de l’année », la présidente du département du Vaucluse, Dominique Santoni (LR), « conseillère départementale de l’année ».

    Renaud Muselier, président Renaissance de la Région Sud est, quant à lui, distingué comme « personnalité régionale de l’année », notamment pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver. Son vice-président chargé des Sports, Ludovic Perney (LR), est également distingué

    Sans oublier le cardinal Aveline, « prix spécial » reconnaissant le travail effectué pour la venue du Pape François à Marseille, en faveur de la solidarité avec les migrants et, dans la foulée, son odyssée pacifique intitulée l’Armada de la paix, qui accostera dans le port phocéen le 25 octobre prochain.

  • [Entretien] François Bernardini : « L’échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité »

    [Entretien] François Bernardini : « L’échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité »

    La Marseillaise : La révélation d’échéances judiciaires après les élections municipales interpelle dans la population. Qu’avez-vous à dire aux Istréennes et aux Istréens ?

    François Bernardini : Après 9 ans d’enquête, on pouvait imaginer que le scénario accouche d’une voie d’achèvement. Je pense que faire ce procès après les municipales me permet de mener une campagne qui se déroule d’une façon suffisamment sereine pour que je puisse proposer à la population d’Istres la continuité du travail accompli depuis des années, qui a fait de ce cadre de vie quelque chose d’exceptionnel. Cette échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité, parce qu’on est à un stade de la procédure où la vérité apparaît vraiment, et c’est celle que j’ai définie depuis le début. Au départ, les investigations et les perquisitions menées par le procureur de Paris avaient conduit à une série infamante de chefs d’inculpation, où figuraient la corruption, l’association de malfaiteurs, la notion de malversations… Aujourd’hui, il n’y a plus tout ça. Sur 17 dossiers au départ, il en reste 6, et quand on voit la nature des dossiers, on peut avoir une espèce de sérénité. Je salue le travail de la justice, qui a pris son temps, mais qui a sérieusement examiné les pièces qu’on a pu transmettre et qui a abouti à cette déperdition heureuse. Je répondrai bien évidemment aux reproches qui me sont faits. Bien sûr que je suis gêné par la procédure parce qu’elle existe, mais je ne me sens pas tétanisé, ni effondré par les accusations qui me sont portées. Elles relèvent plutôt d’erreurs que de fautes, parce que derrière la faute, il y a la notion de mauvaise intention. D’ailleurs, les recommandations ayant été établies depuis, je n’assiste plus aux procédures de marchés publics ou de permis de construire. Je n’y apparais plus officiellement par une signature ou par une présence.

    En 2020, vous aviez annoncé que ce mandat serait votre dernier. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous représenter ?

    F.B. : Plusieurs choses. D’abord, un élément très personnel. À la suite de la déflagration lourde que j’ai vécue avec mes problèmes de santé, j’ai vu, lors de mon rétablissement, ma capacité à relever les plus grands défis. Ensuite, j’ai eu des demandes des administrés de rempiler. Le troisième élément, c’est que lorsque j’ai été obligé de me retirer de la vie politique en 2001, j’ai été assez dubitatif de la médiocrité qui pouvait exister en mon absence, de voir comment Istres a décliné, a perdu des équipements, s’est retrouvée avec 14,5 millions d’euros de déficit. Je ne mets pas Robin Prétot [candidat LR aux élections municipales, Ndlr] sur le même pied d’égalité que Michel Caillat [conseiller d’opposition écologiste et ancien maire de 2002 à 2006] . Mais son opposition au développement de la Ville m’interpelle.

    Quand je vois qu’il peut y avoir le risque de cette mentalité malthusienne, rétrograde, je me dis qu’il n’en est pas question. La campagne va avant tout porter sur cette question. Quelle que soit la perspective du résultat, parce qu’on envisage sereinement la victoire mais pas naïvement la défaite non plus, je ne compromettrai jamais ma vision des choses. Je ne ferai aucune concession.

    Lors du conseil municipal du 9 octobre, vous avez attaqué « La Provence » à propos d’une enquête sur la décharge illégale d’Entressen qui aurait été écrite pour vous « causer des torts personnels ». Allez-vous porter plainte contre le journal ?

    F.B. : Je vais entamer une procédure contre des informations fausses, fallacieuses, délibérément orientées pour me nuire. J’attaquerai également, je ne sais pas encore sous quelle forme, La Provence, qui n’a pas laissé passer que cet article-là, mais aussi des descriptions déshonorantes, à charge, avec un dérivé sur quelques gravats qui seraient, par-ci par-là, issus de la Ville et une superbe première page où on voit un monticule absolument détestable qui ne correspond pas à la réalité. C’est un mensonge éhonté, le détournement d’une déontologie. Et quand je parle d’accointances entre leur journaliste et Robin Prétot, ce n’est pas sexiste. Je dis qu’il y a une accumulation d’intérêts qui est nocive, d’un point de vue politique, intellectuel.

    La décharge prospère depuis une dizaine d’années. Qu’avez-vous mis en place pour gérer cette problématique ?

    F.B. : Au départ, c’est un signalement de la collectivité, en 2019, qui a amené un début de procédure préfectorale, puisque, fort des éléments qui ont été transmis, il y a eu une considération des pouvoirs publics pour ce dossier avec une première démarche qui était un ordre de remise des choses en état. Voyant que ça n’avait pas été pris en compte, le préfet a émis un ordre d’interdiction en 2020. L’exploitation illégale s’est poursuivie jusqu’à ce que je reçoive moi-même Jean-Luc Girard [le propriétaire de trois parcelles agricoles impactées et gérant de la société Le Vallon d’Entressen, entreprise de recyclage et de vente de matériaux inertes, Ndlr.] lors d’une nouvelle médiation. On s’est mis d’accord sur un calendrier d’intervention et, un mois après, on a constaté que rien n’avait été fait. J’ai donc rappelé le préfet, qui a fait consigner une somme d’1,2 million d’euros en attendant le déroulé judiciaire en septembre. Tout ça montre que la Ville n’a pas failli, au contraire, elle a été à l’origine d’investigations judiciaires.

    La procureure a requis la confiscation des terres et de la prison ferme contre les propriétaires du site Vallon d’Entressen, lors du procès, le 9 septembre. Quelle est la suite ?

    F.B. : Il appartient à la justice de déterminer l’ampleur des choses, à savoir l’enlèvement des déchets et la fixation d’un élément d’astreinte journalière pour dépassement du délai prescrit.

    Certaines entreprises délégataires de marchés publics seraient « soupçonnées de dépôts illégaux ». Qu’en est-il ? Allez vous ouvrir une enquête administrative interne ?

    F.B. : C’est faux. On a contacté deux ou trois entreprises, comme celles qui s’occupent des travaux du théâtre de l’Olivier, on a des preuves officielles qu’elles n’y ont rien jeté.

    Des études vont-elles être menées pour mesurer l’ampleur de la pollution engendrée par cette décharge illégale ?

    F.B. : Oui, j’ai lancé une étude sur le degré de translation souterraine, donc de déversement éventuel, avec l’étang d’Entressen. Concernant la nappe phréatique de la Crau, c’est au Symcrau (le syndicat mixte en charge de sa gestion, Ndlr) qu’il appartient de lancer ce genre de prérogative.

  • Au congrès de l’UD CGT 13, Gaby Charroux prône l’unité

    Au congrès de l’UD CGT 13, Gaby Charroux prône l’unité

    « À Martigues, terre de luttes, de résistance, de solidarité, la CGT est ici chez elle. Elle l’a toujours été. Et elle le restera », a lancé le maire communiste de Martigues, Gaby Charroux en ouverture du 59e congrès de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône qui se déroule de lundi à mercredi à la Halle de Martigues. Un congrès où plus de 600 délégués de l’ensemble du département sont présents, représentants de nombreux secteur d’activités et professions (lire notre article du 13/10).

    « Le congrès d’une organisation syndicale n’est jamais un simple rituel ou une formalité à expédier. C’est un moment fort, un moment de démocratie réelle, vivante, intense, où chacune et chacun peut faire entendre sa voix, confronter ses idées, enrichir la réflexion collective. C’est un temps de construction, de partage et surtout d’unité », a entamé l’édile. Avant de souhaiter aux congressistes un temps de débat «le plus fécond possible».

    Gaby Charroux est également revenu sur la réindustrialisation du pays de Martigues, soulignant que « la CGT est une organisation sur laquelle il faudra compter, en particulier pour relever les nombreux défis qui s’imposent à nous ». Il évoque « une réindustrialisation qui doit se faire dans l’intérêt des travailleurs, qui doit permettre le maintien des emplois existants, mais aussi la création de nouveaux emplois, dans les proportions qui ont pu être annoncées ». De quoi faire écho aux positions de l’organisation syndicale sur le sujet. Le maire réclame d’ailleurs « que l’État cesse de nous imposer des contraintes absurdes, contradictoires avec les propres ambitions industrielles qu’il a lui-même fixées ».

    Avant de lancer un appel à «l’unité», il insiste : « Ce combat pour une industrie vertueuse et socialement juste, pour des services publics de qualité qui accompagnent et soutiennent ce développement industriel, nous devons le mener ensemble. Comme nous devons être unis face à la situation nationale que nous traversons », tonne-t-il. Et de développer : « Nous avons plus que jamais besoin d’unité. Unité politique. Unité syndicale. Unité dans nos organisations qui sont le cœur battant de la démocratie sociale dans notre pays. Unité pour porter l’exigence de justice sociale. Unité pour combattre les inégalités, les injustices mais aussi le racisme et la haine qui divisent le monde du travail. Cette unité, nous devons la faire vivre dans la rue, dans les entreprises, dans les institutions ».

    Notons enfin que la présence de La Marseillaise n’était pas souhaitée à ce congrès qui se déroule à huis clos pour la plupart des débats. La couverture de l’événement sera donc incomplète. Une première dans l’histoire du journal.

  • Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Le gouvernement a été dévoilé dimanche à 22h, composé de 34 ministres nommés « pour donner un budget » au pays « avant la fin de l’année », selon le Premier ministre. Voici la liste des principaux membres de l’exécutif.

    Quinze ministres délégués ont également été nommés.

  • Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Dati et Darmanin reconduits, Laurent Nuñez à l’Intérieur

    Le gouvernement a été dévoilé dimanche à 22h, composé de 34 ministres nommés « pour donner un budget » au pays « avant la fin de l’année », selon le Premier ministre. Voici la liste des principaux membres de l’exécutif.

    Laurent Nunez, ministre de l’intérieur.
    Catherine Vautrin, ministre des Armées.
    Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
    Monique Barbut, ministre de la Transition écologique.
    Gérald Darmanin garde des Sceaux, ministre de la justice.
    Roland Lescure, ministre de l’économie.
    Serge Papin, ministre

    des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme.
    Annie Genevard, ministre de l’agriculture.
    Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale.
    Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et

    des affaires étrangères.
    Rachida Dati, ministre de la Culture.
    Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.
    Naïma Moutchou, ministre des outre-mer.
    Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.
    Amélie de Montchalin, ministre de l’action et des comptes publics.
    Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.
    Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
    Philippe Tabarot, ministre des Transports.
    Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement.

    Quinze ministres délégués ont également été nommés.

  • [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    AESH

    Comment résorber la pénurie d’AESH ?

    Carole Drucker-Godard : Il en manque parce qu’il y a des notifications de la MDPH qui croissent plus vite que notre augmentation d’emplois AESH. À la rentrée, on a recruté 95 AESH dans l’Académie. Nous en avions déjà 7 000. C’est beaucoup. Donc, lorsqu’un élève a une notification individuelle de 24h par exemple, on va peut-être faire que 18h voire 12h et le reste du temps on va mutualiser l’accompagnement. Donc oui, il y a des cas d’élèves en situation de handicap qui ne sont pas encore accompagnés. Mais on fait quand même, je trouve, notre possible aussi pour améliorer le travail des AESH, pour les intégrer beaucoup plus comme membre à part entière de l’Éducation nationale.

    Choc des savoirs

    Le choc des savoirs a été beaucoup critiqué, notamment les groupes de niveaux…

    C.D.-G. : Le choc des savoirs est surtout caractérisé par les groupes de besoins en 6e et 5e mis en place il y a un an. Ça a été effectivement très critiqué parce que de toute façon, dès qu’on opère un changement, ça ne contente jamais tout le monde et c’est normal. Ça a été décrié parce qu’il était compliqué pour les chefs d’établissement d’organiser des enseignements « en barrettes » afin d’avoir des groupes à effectifs réduits. Globalement, c’est quand même plutôt positif. Ce qui plaît beaucoup, c’est qu’on a offert la possibilité à des enseignants d’avoir des effectifs réduits. On le sait, l’hétérogénéité dans les classes est nécessaire. Mais, quand elle est trop importante, on ne fait plus avancer personne, ni ceux qui ont des facilités, ni ceux qui sont en fragilité.

    Plusieurs dispositifs ont été abandonnés par Élisabeth Borne, n’est-ce pas un aveu d’échec ?

    C.D.-G. : La ministre a proposé aux chefs d’établissements d’ajuster ces groupes. Certains n’ont rien bougé parce que ça fonctionne très bien. Pour d’autres, c’était trop compliqué en termes d’organisation. On leur a donné la possibilité d’ajuster différemment en gardant les mêmes moyens. C’est quand même une bonne chose. Et pour les 4e, 3e, de toute façon, sur un plan ressources humaines, c’était difficile d’organiser exactement la même chose. Donc a été proposé aux chefs d’établissements d’organiser un « plan réussite ». En 6e et 5e, on a les groupes de besoins et en 4e, 3e, il y a moins de moyens mais en fonction des collèges et des résultats, on a parfois permis aux chefs d’établissements d’avoir un groupe supplémentaire.

    Professeurs

    Il manquait 2 500 profs pour cette rentrée en France, qu’en est-il dans l’Hérault et le Gard ?

    C.D.-G. : Je n’ai pas eu une rentrée difficile sur le plan des effectifs enseignants. La réunion avait été très bien préparée, bien avant mon arrivée. Donc, on avait dans le premier degré un enseignant devant chaque classe, une rentrée sereine avec une brigade de remplaçants assez conséquente quand même. Il en manquait un peu dans le second degré mais ça reste quand même assez faible c’est-à-dire que ce sont des formations de niche dans les lycées professionnels ou alors des disciplines en tension comme les langues, les mathématiques, les sciences. On a encore des ajustements qui se font : quand les enseignants ont des services partagés sur plusieurs établissements, parfois, il peut manquer 9 heures de mathématiques par-ci, 3 heures de physique par-là. Ce n’est pas idéal. Mais globalement, l’Académie est vraiment très attractive.

    Néanmoins, beaucoup parlent de crise de la vocation…

    C.D.-G. : De ce que je vois sur le terrain, je crois qu’on ne peut pas parler d’une crise de vocation. Je vous confirme que le métier est difficile, ils le disent tous. Mais l’année dernière, tous ceux que j’ai vus m’ont tous dit : « Par contre j’adore. » Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, on a des jeunes qui n’ont plus du tout envie de rester toute leur carrière dans l’Éducation nationale. Ils ont envie de changer de métier, il ne faut pas les retenir mais les accompagner. Donc la vocation est toujours là. Cependant, on attire un peu moins parce que oui, le métier est certainement plus difficile qu’avant. La réforme de la formation initiale peut pallier aussi ce manque d’attractivité en passant les concours à la fin de la licence, et non en 5e année.

    Sécurité

    Les violences dans les établissements, un phénomène en augmentation ou plus médiatisé ?

    C.D.-G. : Je pense qu’il y a vraiment les deux. On a aujourd’hui une culture du signalement avec des chefs d’établissements qui, dès qu’il y a un incident au sein de l’établissement, font ce que l’on appelle un « fait établissement », selon trois niveaux d’alerte. Aujourd’hui, on est informé de tous ces faits de violence dans les établissements donc forcément on en parle plus. Mais je pense quand même qu’il y en a plus. C’est la société, malheureusement. Les écrans doivent en expliquer une partie, tout comme la crise sanitaire. Il y a effectivement beaucoup de faits de violence. On a obtenu des moyens supplémentaires à la rentrée, 42 postes (32 AED et 10 CPE) qu’on a placés dans les établissements les plus sensibles, qui en avaient le plus besoin. On a donc ces contrôles visuels à l’entrée des collèges.

    Un bilan a été fait de ces opérations ?

    C.D.-G. : Ce sont parfois des ciseaux, des aérosols. Il y a quand même quelques couteaux qui ont été retrouvés. Dans ce cas-là, c’est conseil de discipline et signalement au procureur. Il y a aussi les fouilles de sacs devant les établissements en lien avec la préfecture, la justice. Les forces de police et les forces de sécurité viennent eux-mêmes fouiller les sacs, ils sont habilités. Il n’y a aucun personnel de l’Éducation nationale. Et en complément de cela, au sein même de l’établissement, nos personnels font ces contrôles visuels, ce ne sont pas des fouilles, mais viennent en complément avec vraiment une visée très pédagogique. L’élève ouvre lui-même ses affaires.

    LES SIX PREMIERS MOIS ?

    C.D.-G. : J’ai été vraiment accueillie très chaleureusement. Et puis je me suis assez rapidement insérée dans le territoire. J’ai fait mon bureau sur le terrain, j’ai eu à cœur d’aller 48 heures dans tous les départements dès ma prise de fonction pour essayer de bien comprendre chaque spécificité de chaque département, qui sont tous différents, ce qui fait aussi la richesse de cette académie. Une très grande diversité à la fois géographique, sociale. Je vois mon arrivée depuis six mois comme une grande chance, en fait.