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  • Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour que nul n’oublie l’horreur, pour que chacun soit sensibilisé au danger de l’arme nucléaire et qu’à terme, celle-ci soit abolie : les pacifistes se réunissent, comme chaque année, en mémoire d’Hiroshima et Nagasaki pour le 81e anniversaire des bombardements atomiques. Ce rassemblement, prévu à 18h au monument des Mobiles à Marseille*, sera l’occasion pour le Mouvement de la Paix 13 de lancer une grande campagne citoyenne et politique en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian).

    L’organisation pacifiste veut mettre en débat la théorie de la dissuasion et la présence d’armes atomiques sur la base aérienne 125 d’Istres. « C’est un territoire interdit où les choses sont gérées sans aucune transparence et où des dangers notoires, notamment les bombes atomiques, représentent une menace pour toute la population », tempête Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Les militants veulent promouvoir la notion de sécurité humaine. Ce concept des Nations Unies vise à placer l’individu au centre des priorités à la différence de la sécurité nationale. Pour Michel Dolot, les décisions budgétaires du gouvernement français illustrent à eux seuls l’opposition entre ces deux notions « tous les moyens sont pour la sécurité de l’État et très peu sont dévolus à la sécurité humaine. Cela donne des polémiques qu’on voit autour du nombre de Canadairs, à côté des moyens qu’on met pour les bombes atomiques », fustige-t-il.

    « Plus d’argent dans les armes que dans la santé »

    Une indignation partagée par Yves Perrin Toinin, secrétaire adjoint de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN), « la loi de programmation militaire prévoit que d’ici à la fin de la décennie on ait doublé les budgets notamment ceux pour l’arme nucléaire, avec la création de nouveaux missiles, de nouvelles ogives, de nouveaux engins comme les sous-marins nucléaires, un nouveau porte-avions. Un ensemble qui fait qu’on ne va pas du tout vers le désarmement, bien au contraire », dénonce le médecin. « Cet été, par exemple, on a vu les décrets tomber, doublant les franchises médicales sur les médicaments, augmentant le reste à charge. On met beaucoup plus d’argent dans les armes que dans la santé », éructe-t-il.

    Le professionnel de santé entend, lors du rassemblement marseillais, sensibiliser les participants aux conséquences médicales de l’arme nucléaire. Les bombes larguées le 6 août 1945 sur Hiroshima et trois jours plus tard sur Nagasaki ont causé la mort de 110 000 à 210 000 personnes, sans compter les milliers ayant contracté des maladies, notamment des cancers. Selon un sondage Ifop pour le Mouvement de la Paix, La Marseillaise et l’Humanité, 80% des personnes interrogés déclarent craindre l’utilisation de l’arme nucléaire. Un sujet que les participants à cette campagne ont l’intention de pousser dans la course à la présidentielle.

    L’un de leur objectif est que la France, puissance nucléaire, ratifie le Tian : « pour qu’elle soit un exemple, avec une diplomatie souveraine, qu’elle garde une voix indépendante qui ne se plie pas à l’Otan et refuse de s’aligner sur les intérêts états-uniens », tranche Coralie Hernandez, responsable fédérale de la commission solidarité internationale et paix au sein du PCF 13. Et renchérit : « la paix, c’est un combat politique de classe qui s’articule avec la lutte anti-impérialiste et une transformation sociale ».

    *(Square Léon Blum 1er)

    80%

    des Français
    déclarent avoir peur
    des armes nucléaires
    selon un sondage Ifop réalisé pour
    le Mouvement
    de la Paix,
    La Marseillaise, l’Humanité
    en janvier dernier.

  • Abolir la Bombe

    Abolir la Bombe

    Mettre fin à l’engrenage de la guerre. C’est l’urgence de ce début de XXIe siècle, 81 ans après la bascule dans l’ère de la bombe atomique avec les bombardements criminels des deux villes japonaises d’Hiroshima, le 6 août 1945, et de Nagasaki, trois jours plus tard, le 9 août.

    Aucun objectif militaire n’était visé. Le Japon avait perdu mais il fallait aux États-Unis une démonstration de force. Les leçons d’Hiroshima et de Nagasaki ne doivent cesser d’être tirées et enseignées. L’arsenal nucléaire est désormais massif et les guerres en cours, menées par des pays qui possèdent la « Bombe », font planer une menace réelle sur l’humanité. Aussi, la campagne lancée ce jeudi à Marseille par le Mouvement de la paix est d’intérêt public. Car l’économie de guerre, au prétexte de secourir notamment l’Ukraine lâchement agressée par la Russie de Poutine depuis 2022, est en train de prendre le pas sur le droit international et la diplomatie.

    Culture de paix

    Cette orientation belliciste des budgets publics nationaux et internationaux (celui de l’Otan notamment) partout dans le monde, et en particulier en Europe, est extrêmement inquiétante. Car elle se fait au détriment de la paix en minant les investissements publics nécessaires aux politiques sociales, aux services publics, à la culture, la santé, l’environnement.

    La culture de paix est un long apprentissage. Exiger l’abolition des armes nucléaires participe de cette culture qui fait le choix de la fraternité, de la coopération, de la vie. La paix est un enjeu démocratique qui doit être au cœur de la campagne présidentielle.

  • [Boxe] Les juniors tricolores en stage à Aix-en-Provence

    [Boxe] Les juniors tricolores en stage à Aix-en-Provence

    Dimanche, 17h. Alors que certains reviennent de la plage, les 15 jeunes filles retenues pour le stage de cohésion de l’équipe de France junior féminine de boxe s’activent.

    Dans la salle de la Muniz Boxing Academy, elles mettent en place le matériel, préparent les ateliers, en écoutant les conseils de Malik Nahim, entraîneur du collectif jeunes de la Fédération française de boxe. « Nous avons des filles qui viennent préparer les championnats du Monde où les JO des jeunes, et d’autres qui participent à leur premier stage. L’idée est de créer un vivier, dans lequel les filles se sentent à l’aise et travaillent en équipe » explique l’éducateur.

    Anthony Veniant, dans un premier temps, puis Freddy Heugbeke, membres de la Commission technique nationale de la Fédération française de boxe, sont venus successivement lui prêter main-forte. De même que des éducateurs de la Muniz Academy ont aussi mis la main à la pâte.

    Au menu des jeunes filles, « beaucoup de travail physique. Il fallait remettre en route les organismes, avant de passer à la préparation des grands rendez-vous de l’automne » détaille Malik Nahim.

    Objectif Dakar

    Venue de Montgeron, Shanon Cabane est déjà un peu du côté de Dakar. « Ce sera en novembre, pour les JO de la jeunesse. J’ai aussi à préparer les championnats du Monde » confie celle qui est venue à la boxe pour faire plaisir à son grand-père. « Depuis, je n’ai plus décroché. J’avais touché au tennis, la danse, la natation. Mais la boxe c’est autre chose. »

    Elle y a trouvé un équilibre. Quant au stage, « il me permet de travailler avec d’autres filles, car dans mon club, je suis la seule de ma catégorie. Là, c’est plus équilibré » reconnaît-elle.

    La Francilienne a fait la connaissance de la Montpelliéraine Sunjie Lopes, dont c’est la première participation. à treize ans, elle entame sa cinquième saison, et est déjà championne de France de sa catégorie (-54 kg). « C’est mon père qui m’a fait découvrir la boxe. Et je ne regrette pas mon choix ».

    Si elle s’est lancée dans la compétition, pour elle, la boxe est avant tout un vecteur « qui amène la confiance en soi, une meilleure appréhension de son corps. Et il est possible de faire à la carte, sans avoir à combattre » détaille-t-elle.

    Le choix d’Aix-en-Provence a été naturel pour Malik Nahim. « Le cadre est idéal pour le type de stage que nous proposons. Le CREPS nous a ouvert ses portes, et la salle d’Eddy Muniz est parfaite pour faire du bon travail. »

    Les filles, qui entament leur seconde semaine de travail, peuvent effectuer les exercices de réathlétisation. Et varier les plaisirs. « C’est aussi un stage de cohésion. Il y a donc une partie consacrée à la détente » précise l’entraîneur national.

    Elles ont donc eu droit à une sortie en bateau, une activité plage, une initiation à l’accrobranche et avant de rentrer chez elles, elles iront sur le lac de Peyrolles. « Ce groupe est le fruit d’un travail de sélection. Il est amené à s’étoffer au fil des mois, afin de créer un vivier de jeunes femmes au sein de la fédération » confie Malik Nahim.

    Ces rendez-vous sont également importants pour permettre aux boxeuses de progresser. « En club, elles n’ont pas toujours l’occasion de travailler entre elles, même s’il y a de plus en plus de filles qui pratiquent. Ces stages sont donc un bon complément, dans lequel elles peuvent se lâcher ».

    Sous le regard d’entraîneurs nationaux, elles bénéficient d’un soutien précieux. Un regard qui permet de corriger certaines erreurs dans leur pratique et acquérir des automatismes. « C’est le meilleur moyen de créer une émulation » estime l’éducateur. Quant à Eddy Muniz, ancien champion du Monde, il n’a pas hésité une seconde à ouvrir ses portes au stage. Celui qui a opté pour la transmission de son savoir peut ainsi observer d’autres méthodes et faire progresser son école.

    Un autre club de boxe a été partie prenante de ce stage. Le Boxing Club Larbi Mohammedi a mis à disposition sa salle et ses installations, au coeur du Jas de Bouffan à Aix en Provence. Les stagiaires ont ainsi pu apprécier les structures adaptées à une préparation optimale.

  • [C’est l’été] Balade crépusculaire à Val d’Oronay

    [C’est l’été] Balade crépusculaire à Val d’Oronay

    Nous finirons notre sortie en levant les yeux au ciel pour découvrir quelques-unes des étoiles et constellations de notre ciel estival au départ du camping des Marmottes.

    De 20h30 à 22h.

    Gratuit dès 6 ans. Réservations au 04.92.61.57.37

  • [C’est l’été] Spectacle à Gap

    [C’est l’été] Spectacle à Gap

    Le conteur musicien Abdellatif Targhaoui entraîne le public avec humour dans sa vie rocambolesque.

    De 16h30 à 17h30. Gratuit dès 7 ans.

    Réservations au 04.86.15.31.80

  • [C’est l’été] Soirée romantique à Aubignan

    [C’est l’été] Soirée romantique à Aubignan

    Dans un cadre aménagé pour l’occasion, laissez-vous porter par une ambiance romantique et conviviale autour d’un repas et de deux heures de chansons en direct. Une buvette sera proposée sur place avec petit-déjeuner et assiette guinguette. Les bénéfices de la soirée seront reversés aux actions de lutte contre la maladie de Charcot.

    De 19h à 22h.
    Tarif unique 5 euros.

  • Lunel va faire jazzer le cœur de l’été !

    Lunel va faire jazzer le cœur de l’été !

    Voilà plus de 20 ans que la Ville de Lunel a décidé d’offrir un grand rendez-vous culturel gratuit au cœur de l’été, à une période où peu d’animations venaient prolonger les festivités de La Pescalune. D’un seul concert au départ, le Lunel jazz festival a peu à peu étoffé sa programmation, porté par le succès. Les grands noms du jazz ne s’y sont pas trompés : Manu Dibango, Rhoda Scott, Scott Hamilton, Marcel Azzola, David Reinhardt, Maurice Vander, Maxime Saury, Daniel Sidney Bechet, Dany Doriz, Éric Lutter, Al Colpey ou encore Sandy Patton sont venus se produire à Lunel. Aujourd’hui, la manifestation est devenue un rendez-vous attendu qui rassemble un public fidèle, composé à la fois d’habitants, d’amateurs de jazz et de touristes venus partager trois soirées de musique dans un cadre exceptionnel.

    Pour cette 23e édition, qui se déroulera du 6 au 8 août, six concerts gratuits seront proposés (deux par jour), répartis entre le « off » sur la place des Caladons (dès 19h) et le « in » au parc Jean-Hugo (à partir de 21h30).

    « Le jazz est une musique qui a plus de 100 ans d’histoire. J’ai donc voulu, sur les 3 jours, retracer un peu cette histoire. Nous partons sur une esthétique qui naît à la Nouvelle-Orléans et qui évolue dans le temps », explique Eric Serra, du Labory Jazz Club. Directeur artistique du festival depuis deux ans, il a fait le choix « de n’inviter que des artistes locaux du grand sud ».

    Les festivités s’ouvriront donc jeudi 6 août à 19h place des Caladons sur des airs de fanfare funk, avec le Royal Brass Band, un groupe de Montpellier. Ce sera le prélude au concert du pianiste marseillais Julien Brunetaud (21h30 parc Jean Hugo), « qui a vécu à la Nouvelle Orléans et a accompagné énormément d’artistes connus dans ce milieu ». Vendredi 7 août, en première partie de soirée, place aux Dixie Froggies, jazzmen venus d’Avignon qui feront revivre au public les premières heures du swing, avant un concert de Renaud Gensane, originaire de Perpignan, qui fut le dernier trompettiste de Johnny Hallyday et accompagne également Véronique Sanson, Christophe Mae, Ben l’oncle Soul ou Ibrahim Maalouf. Samedi 8, enfin, pour la soirée de clôture, les Hot jazz brothers de Nîmes replongeront dès 19h les visiteurs dans l’ambiance de la Nouvelle Orléans avant de laisser les Macadam Farmers, « 5 musiciens totalement déjantés qui cuisinent les plus grands tubes intemporels avec une saveur folk rock et swing », clore le festival en beauté !

  • Les syndicats prônent un accès gratuit à la Justice

    Les syndicats prônent un accès gratuit à la Justice

    « Alors que les travailleurs et travailleuses doivent déjà faire face à un affaiblissement constant de leurs droits, cette mesure s’inscrit dans une logique préoccupante : assumer une politique de dissuasion des recours des salariés plutôt que faire respecter leurs droits », dénoncent collectivement les organisations syndicales de Montpellier (CGT, CFDT, FO, Unsa, CFTC, Solidaires et FSU). Tous s’inquiètent que cette mesure, appliquée depuis le 1er mars 2026 et couplée à des délais de jugement parfois très longs, ne vienne à terme dissuader les salariés d’engager une procédure judiciaire. « Cette contribution financière, même présentée comme modeste, pèse lourdement sur celles et ceux qui sont déjà fragilisés : salariés licenciés, précaires, victimes de harcèlement ou de non-paiement de salaires », rappellent les organisations.

    Le manque de moyens également décrié

    À ces inquiétudes s’ajoute une constatation : les délais jugés extrêmement longs sont une conséquence directe du « manque de moyens humains et financiers alloués à la justice du travail par les gouvernements successifs ». À titre d’exemple, l’intersyndicale cite le cas du conseil des Prud’hommes de Montpellier, où « l’insuffisance de personnel de greffe a généré dernièrement, au mois de mars, le renvoi total d’une audience et des prorogés quasiment systématiques concernant les notifications de décisions ».

    Les organisations syndicales prônent donc l’abrogation de cette contribution, comme cela a déjà été le cas en 2014 après la mise en place d’un timbre fiscal de 35 euros en 2011, jugé comme un obstacle à la défense des droits des salariés.

    Les organisations syndicales demandent donc au gouvernement de revoir en profondeur le fonctionnement de la justice prud’homale, afin d’en garantir l’accès, la rapidité et l’efficacité.

  • Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    À 18h42, le bip arrache Léa à son café. Aide-soignante dans un Ehpad le jour, elle enfile en moins de deux minutes le pantalon de feu suspendu à son casier, lace ses bottes sans un mot. « Quand ça sonne, je pars. On ne réfléchit plus, le corps sait. On parlera après », lâche-t-elle en grimpant dans le fourgon. Ce soir, c’est un accident sur l’A9. Il y a trois ans encore, cette trentenaire originaire de Codognan ignorait tout des gestes de secours. Une soirée portes ouvertes au centre de secours, une discussion avec un voisin volontaire, et la bascule : « Je voulais que mon engagement serve à quelque chose de concret, pas juste à mon salaire. »

    Le lendemain matin, épuisée, elle retrouve à la caserne de Nîmes deux autres visages de ce même engagement : Karim, agent communal de 43 ans, et Julien, cuisinier dans un lycée. Trois métiers, trois vies, une même ligne rouge : rester disponibles lorsque le feu prend de l’avance. Une discipline qu’ils partagent avec près de 2 800 sapeurs-pompiers volontaires dans le Gard. Aux côtés de 717 professionnels, ils représentent à eux seuls plus des trois quarts des effectifs opérationnels du département.

    C’est sur ces épaules que repose l’essentiel de la réponse quand, l’été venu, la menace change d’échelle. Le mistral pousse les flammes, la fumée avale l’horizon et les heures se dilatent sous les casques. Les volontaires montent alors dans les fourgons après une journée de travail, sacrifient un week-end, écourtent un repas de famille. « On peut partir pour deux heures et rentrer le lendemain », résume Karim. Son employeur le libère lorsqu’il le peut ; dans les petites entreprises, l’absence pèse davantage.

    Mais le quotidien des volontaires ne se résume pas aux colonnes de fumée. Léa a vite été éloignée des images de héros qui accompagnent parfois la vocation : malaises, chutes, accidents et détresse sociale composent l’essentiel des sorties. « On entre parfois chez des gens qui n’ont vu personne depuis plusieurs jours. Avant de soigner, il faut rassurer. » Le feu laisse d’autres souvenirs : la chaleur qui traverse la veste, le craquement des pins, les braises qui franchissent une route que l’on croyait sûre. Pour affronter l’un comme l’autre, les heures de formation et les exercices s’accumulent. Dérouler les tuyaux, reconnaître les vents ou porter une victime ne s’improvise pas. « Il faut que les gestes reviennent même lorsque la fatigue et la peur brouillent tout », souffle Léa.

    Des vies réglées sur le bip

    Julien, lui, a appris à vivre au rythme du planning qu’il remplit chaque mois, disponibilité par disponibilité. À 51 ans, il compte près de vingt années de volontariat, et sa femme reconnaît le bip avant lui. « Pour un accident, elle s’inquiète. Pour un feu de forêt, elle ne dort pas. » Avec le temps, dit-il, il a aussi appris à moins foncer : « Avec l’âge, on lit mieux le terrain. Le courage, c’est aussi savoir quand reculer. »

    Cette expérience ne sera pas de trop : depuis le début de l’été, les sapeurs-pompiers du Gard ont déjà fait face à 508 feux, ayant parcouru 836 hectares. Dans les périodes les plus sensibles, jusqu’à 150 pompiers supplémentaires peuvent être mobilisés chaque jour. Autant de congés déplacés, de journées de travail abandonnées, de familles qui attendent. Une trentaine de centres de secours seulement couvrent ce vaste territoire exposé aux feux, aux inondations et aux accidents, et dans certaines casernes, chaque départ devient un calcul : qui peut quitter son travail, garder les enfants, remplacer le collègue déjà mobilisé ?

    Pourtant, aucun ne parle d’abandonner. Léa évoque les silences dans le camion après une intervention difficile. Karim, les repas interrompus et repris froids à deux heures du matin. Julien, cette main serrée par un habitant dont la maison venait d’être sauvée. « On ne fait pas ça pour être des héros, dit-il. Quand tout le monde recule, il faut bien que quelqu’un avance. » Mais derrière l’uniforme, le modèle tient sur des équilibres fragiles : la compréhension des familles, la bonne volonté des employeurs et des volontaires toujours plus sollicités. Lorsque l’un d’eux part plusieurs heures, un atelier, une mairie ou un service tourne parfois avec une personne en moins. Face à des incendies plus intenses, leur engagement demeure une force. Pourtant, à mesure que les étés s’embrasent, les épaules qui portent le système deviennent toujours plus rares.

  • Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Lors des premières années d’installation de leur activité agricole, beaucoup de paysans sont confrontés à la difficulté de trouver un logement, en raison du peu de revenus qu’ils perçoivent. Pour y remédier, certains d’entre eux s’installent en habitat léger sur les terres qu’ils cultivent. « Le problème est que dans le Gard, nous sommes nombreux à avoir été empêchés par la Justice ou les mairies de vivre de cette façon, en raison de la lutte contre la cabanisation », raconte Simon le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Au début du mois de juillet, le syndicat a donc évoqué une motion sur le logement agricole lors d’un bureau de la Chambre d’agriculture.

    Vivre en habitat mobile

    « Le premier volet de cette proposition concerne la construction de bâtiment sur des terres agricoles, poursuit Simon Le Berre. Aujourd’hui, celle-ci est autorisée par dérogation aux agriculteurs. Seulement, quand ces derniers partent à la retraite ou se retrouvent en liquidation, la revente de ces bâtiments ne leur est plus réservée. » Ainsi, pour éviter la spéculation, la Confédération paysanne propose que ce type de biens soient réservés aux agriculteurs sur un marché propre, qui pourrait être géré notamment par la Safer. « Le deuxième volet concerne l’habitat mobile. Nous aimerions que soit mis en place un encadrement permettant aux jeunes paysans qui le désirent de s’installer sur les terres qu’ils cultivent en habitat mobile, pendant une durée déterminée et dans de bonnes conditions, en respectant un cahier des charges qui serait encadré par la Préfecture. » La Confédération paysanne envisage désormais de présenter une motion plus étayée lors de la prochaine session de la Chambre d’agriculture et de se rapprocher de la Préfecture pour lui exposer ses propositions.