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  • Le diplôme de la langue française, preuve d’intégration

    Le diplôme de la langue française, preuve d’intégration

    « Vous entrez dans le club très sélectif des 300 millions de locuteurs français dans le monde. Je ne peux que vous féliciter », lance ce mardi 13 janvier Sébastien Maggi, sous-préfet de Vaucluse, à 50 diplômés de divers niveaux de la langue française.

    Pour l’occasion, une cérémonie était organisée en leur honneur en préfecture, où les diplômes leur ont été remis physiquement. « Cette réussite, c’est la vôtre et vous pouvez en être fiers », clame avec un grand sourire Fabien Coupon, président du centre social de la Croix des Oiseaux, avant d’appeler tour à tour les récipiendaires aux noms originaires des quatre coins du globe.

    Une fierté amplifiée par le nombre de personnes accompagnées par sa structure qui ont reçu le fameux sésame. En effet, ils étaient une quarantaine à suivre des cours au sein de l’établissement avignonnais, le reste étant passé par l’association Couleur Espoir, basée au Pontet. « Cela témoigne de la volonté de s’insérer en France. Derrière cela, il y a aussi l’accès à la culture et le fait de voir le monde avec des valeurs communes », explique Sébastien Maggi. À travers ces diplômes, ce sont surtout des parcours qui sont à mettre en valeur. En voici trois, passés par le centre social de la Croix des Oiseaux.

    Diego Jimenez

    Écarteurs verts réfléchissants dans les lobes et moustache noire fournie, son profil dénote au sein de la « promotion » 2026 des diplômés. Diego Jimenez, la trentaine passée, est arrivé du Mexique il y a quatre ans. « Car j’ai eu un fils avec une Française », confie-t-il, tout sourire, dans un français impeccable.

    Fabricant de bijoux dans son pays d’origine, il travaille aujourd’hui dans les vignes vauclusiennes. « Pour moi, c’est très important de bien parler la langue. C’est trop dur d’aller dans un nouveau pays sans pouvoir communiquer et c’est pour ça que, peu de temps après mon arrivée, je suis allé à la Croix des Oiseaux car je savais qu’il y aurait des cours là-bas », poursuit celui qui était parmi les mieux notés à l’examen. « Je suis très fier car après trois ans d’études, ce n’était toujours pas facile. La langue, c’est la base de la culture », conclut Diego, radieux.

    Helena Baeva

    C’est pour fuir la guerre en Ukraine qu’Helena Baeva est arrivée en France en septembre 2022. Un parcours sinueux pour la Moldave d’une quarantaine d’années. Elle a en effet vécu huit ans en Russie avant de déménager dans le pays voisin, où elle restera dix ans avant le début du conflit. « Je ne suis pas venue ici de ma propre volonté mais je suis très heureuse d’être arrivée en France », campe-t-elle. Pour elle, la maîtrise de la langue française va lui permettre « d’ouvrir tout un tas de portes sur le plan professionnel, avec la possibilité d’entrer dans certaines formations ». C’est surtout selon elle une certification « qui donne espoir car en arrivant dans un pays étranger dont on ne connaît pas grand-chose, maîtriser la langue, c’est essentiel, par exemple pour se construire un cercle social ».

    Khadija Boutta

    Arrivée en 2005 dans l’Hexagone depuis le Maroc, Khadija a enchaîné les petits boulots sans relâche. Mais que ce soit dans la restauration ou chez des exploitants agricoles, « ça n’aide pas du tout à apprendre la langue correctement », concède-t-elle. Après une dizaine d’années de galères, notamment administratives, elle en arrive à la conclusion que « sans maîtriser le français, tout se ferme devant nous ».

    Elle se décide alors à pousser les portes de différentes structures de formation, avant d’arriver à celle de la Croix des Oiseaux. C’est désormais en tant qu’auxiliaire ambulancière qu’elle s’épanouit à Avignon. Mais le tracas administratif demeure. Elle cherche maintenant à obtenir la nationalité française mais se heurte à un mur avec des changements de règles incessants. « On m’expliquait que je n’avais pas un revenu suffisant, je venais d’être mise au chômage à cause du Covid car je travaillais dans un restaurant. Maintenant, j’ai une situation stable avec mon métier et on me la refuse à nouveau. Je n’ai pas fini le parcours du combattant. »

  • Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Fin août, la préfecture avait communiqué sur les expulsions de ressortissants étrangers en situation irrégulière, détaillant les CV « dangereux » de 5 d’entre eux. Une communication également relayée sur les réseaux sociaux de la préfecture, faisant énormément réagir. Une situation qui vient de se reproduire. En milieu de semaine dernière, la préfecture a délivré un bilan annuel des interpellations d’étrangers en situation irrégulière.

    Ainsi, 1 069 étrangers irréguliers ont été interpellés, « soit une hausse de 28% », précise la préfecture. « Cette mobilisation a abouti à la prise de 1 265 mesures d’éloignement, type obligation de quitter le territoire français (OQTF), contre 891 en 2024 (+41%) », enchaîne la préfecture. 193 OQTF ont été réalisées. Cela « s’explique en grande partie par les difficultés d’identification et de délivrance de laissez-passer par les consulats », justifie la préfecture, en insistant sur le fait que 40 étrangers expulsés sortaient de prison.

    Des données qui font réagir diversement : « 1 000 interpellés, 193 expulsés… il en manque juste 807 qui sont retournés dans la nature », ou « Bravo mais on pourrait largement faire mieux ». D’autres sont plus mesurés, tel Pierre Platon, retraité CGT, soulignant que ce « bilan n’est que celui établi pour faire plaisir à la politique répressive du gouvernement ». Ou pointent des « OQTF prononcées sans aucun discernement, à l’encontre de gens qui sont intégrés depuis longtemps et exercent un métier difficile dans des secteurs en crise ». Cela rappelle le cas de Fatou, une Ivoirienne alternante (notre édition du 9/12). Conclusion ironique : « J’ai hâte de voir les Vauclusiens dans les champs ramasser les fruits à la place de ces personnes qui font le taf et dont ils ne veulent pas. »

  • Les vœux de Danielle Milon tournés vers les municipales à Cassis

    Les vœux de Danielle Milon tournés vers les municipales à Cassis

    « En 2025, Cassis a vibré toute l’année, ça bouge, non ? Eh bien ça va continuer », a promis Danielle Milon, 77 ans, maire de Cassis depuis dix-huit ans et candidate à sa réélection pour un quatrième et dernier mandat, selon ses mots. Dans un discours offensif, ponctué de « Je ne fais pas de politique » – assertion contredite par ses paroles – la maire de Cassis, 7 000 habitants aujourd’hui, a largement étayé ce qui a été réalisé dans la commune en 2025, et ce qui se poursuivra en 2026. Notamment « un choix fort, être à la pointe de la protection de l’environnement », a-t-elle lancé. Elle a par exemple annoncé pour 2026 « l’installation d’ombrières photovoltaïques au parking des Gorguettes pour alimenter en électricité 50 bâtiments communaux ».

    Alors que « tous les terrains de la commune ont été consacrés au logement social », a indiqué Danielle Milon, 2 programmes seront livrés cette année. « Nous subventionnons les bailleurs pour que 70% des logements réalisés soient réservés aux Cassidains », a-t-elle souligné. Elle a également sorti les griffes. « Mardi 16 décembre, mon domicile puis la mairie ont reçu la visite très matinale de la Brigade financière de Paris. J’ai vite fait le lien avec la saga de la Villa mauresque, qui dure depuis dix ans, véritable feuilleton Netflix préféré de mon opposition. C’était à trois mois des municipales. Je m’en réjouis car la vérité que j’ai toujours clamée va être mise au jour et les calomnies balayées. » Parmi ses autres chevaux de bataille : le centre culturel, projet qui date… de 1990. « L’opposition freine un équipement essentiel pour la commune, alors que 60% du projet est financé par le Département. Je continuerai à me battre pour qu’il voit le jour », a-t-elle assuré.

  • Le maire de La Ciotat a exhorté les habitants « à faire cité »

    Le maire de La Ciotat a exhorté les habitants « à faire cité »

    Il est près de 11h30 samedi, et, face au public assis dans le vaste bâtiment de l’armement, à l’exacte jonction entre la ville et les chantiers navals, le maire brandit, depuis la tribune, un petit flacon.

    « Cette identité ciotadenne, lance-t-il, entouré par les conseillers municipaux, j’ai voulu la matérialiser. Chacun repartira avec un flacon. C’est de l’eau de source, celle du Pré. » Les applaudissements crépitent. C’est autour de ce seul point d’eau douce que s’est formée la ville, depuis l’Antiquité… On dit : « Qui a bu la source du Pré ne quittera plus jamais La Ciotat. » « C’est un symbole fort, il est porteur de notre ambition de faire cité », reprend l’homme de 48 ans, élu maire à la majorité du conseil municipal le 24 juin 2023, après la démission d’Arlette Salvo.

    « Sans revenir sur le contexte sanitaire passé, l’environnement international et la crise politique en France, je veux rappeler que plus que jamais nous devons faire cité pour nous protéger, tenir debout, durer », a-t-il exhorté. « Faire cité, c’est tisser les liens invisibles mais solides qui nous rassemblent. C’est accepter nos différences car La Ciotat est une ville généreuse, ouverte, vivante. »

    Une eau « ni potable,

    ni bénie »

    Remplis de cette eau « ni potable, ni bénie », a précisé l’édile dans un sourire, trois flacons seront mis de côté, a-t-il annoncé. Un sera remis au dernier-né ciotaden, un à la doyenne de 109 ans, et un, estampillé 105, « remis à mon ami Pierre Tidda », a assuré le maire. Pierre Tidda prit la tête des « 105 irréductibles ». De 1988 à 1994, ils occupèrent jour et nuit les chantiers navals, et permirent la renaissance de ce poumon économique et « cœur battant de La Ciotat ».

    Rien n’a été laissé au hasard. La corne de brume pour conduire le public au site du discours, prononcé sans notes. Le lieu même des vœux « rappelle combien l’homme et la mer ont toujours avancé ensemble », a déclaré l’élu. Et de confier : « Oui je ne suis pas né ici, mais je suis devenu Ciotaden, j’en porte l’âme. » Dans le bâtiment voisin, le buffet de l’apéro offert par la Ville a été dressé. Le discours du maire ? Ses soutiens apprécient. Margarita, 77 ans, l’a trouvé « clair, encourageant. Quant à l’homme, il me semble honnête, direct, humain, accessible ». Mathilde, 65 ans : « C’est un maire qui a de l’empathie. Il est à l’écoute des habitants. Il fait avancer les choses, même si l’administratif, c’est du temps long. » Charlotte, également Ciotadenne, 28 ans : « Je l’ai trouvé très centré sur la ville et ses habitants. C’est important de savoir qu’il est là pour eux avant tout. » Stéphane, 36 ans, qui travaille aux chantiers : « Cela va dans le bon sens. Il défend les valeurs ciotadennes, les chantiers navals. Il essaie d’agir dans le sens de la cohésion, et il en faut aujourd’hui ! » Si le discours de l’élu a été brillant, son bilan, notamment sur la difficulté à se loger dans la ville, lui est régulièrement reproché par l’opposition au conseil municipal.

  • La Plateforme, à Gardanne, réunit sous un même toit culture et services

    La Plateforme, à Gardanne, réunit sous un même toit culture et services

    La livraison du chantier était l’un des objectifs de mandat du maire sortant. Dans ces anciens locaux d’Enedis, par ailleurs acquis par l’ancienne majorité, est désormais installé tout un espace d’arts et « de découvertes ». Le long de l’avenue de Nice, une bâtisse remodelée, modernisée, aux allures boisées et vitrée accueille désormais les élèves de l’École de musique et d’arts plastiques, des salles de répétitions et une salle de gaming, imaginée par l’élu municipal Vincent Bouteille. Dans les étages supérieurs sont aussi installés des services communaux parmi lesquels la Mission locale du Pays d’Aix, le Centre d’information et d’orientation et l’Accueil jeunes.

    Ce samedi, une foule compacte s’est engouffrée dans l’une des salles dédiée aux répétitions de musiques, baptisée Charles-Aznavour : ce jour, l’École de musique et d’arts plastiques est inaugurée. Un espace pédagogique, sera lui, nommé après Alain-Puech, ancien directeur de l’École d’arts.

    Un « bien commun »

    « Ce lieu est porteur d’ambition et de projets artistiques. Il va permettre aux équipes pédagogiques de réaliser sans contrainte et dans le plus grand confort des ateliers, des représentations et des expositions de qualité », présente Hervé Granier, maire (LR) avant de poursuivre : « Cet établissement n’est pas seulement un bâtiment communal qui accueille des activités, il est aussi un lieu d’apprentissage, d’échanges, de partage et de réalisation. Nous avons imaginé, lors de sa conception un lieu moderne, attractif, à portée des familles et innovant, un lieu d’expression et de partage au service de la vie culturelle locale. L’école de musique et d’arts est désormais un bien commun. Ici on ne parle pas de politique, de religion ou de choses qui fâchent. Ici, on rêve, on ambitionne, on projette. »

    Si le ruban a été coupé ce samedi, le lieu vit depuis le 12 janvier. Dans l’une des salles au rez-de-chaussée, le club de gravure vaque déjà à ses occupations. Parmi les occupants, le constat est unanime. « Mieux ici ? Il n’y a pas photo ! Autrefois, dans le centre, nos locaux n’étaient pas adaptés », lâche Jaqueline. « Avant, nous avions nos locaux boulevard Carnot, en centre-ville dans un vieux bâtiment rénové en 1983. Les locaux étaient au départ conçus pour 150, 180 élèves alors que là, nous sommes 320 sur l’École de musique et 220 sur l’École d’arts, soit plus de 500 élèves, précise Paul Giancaterina, directeur de l’École d’arts plastiques et de musique. Ce lieu va être appelé à vivre, un vendredi soir, un samedi soir, avec les concerts, une audition de classe… » Au total, le coût du projet s’élève à 4,32 millions d’euros hors taxes, incluant 1,9 million d’euros, hors taxes également.

  • Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Aucun train ne circulait à Miramas, de samedi à dimanche. Dans la soirée, quelques badauds s’arrêtaient néanmoins à proximité de la gare pour observer le chantier qui s’y déroulait. Deux grues s’y relayaient pour faire passer une partie des piles de la future passerelle, qui permettra de relier les quartiers nord du centre-ville aux quartiers sud dès le mois de juillet prochain. Dans le même temps, au sol, les quais étaient rehaussés d’une dizaine de centimètres pour permettre une meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite aux trains.

    Ce chantier, d’un coût global de 26,83 millions d’euros financé par la Métropole (7,62), la Région (11,3), l’État (5,65) et la SNCF Gare et Connexions (2,26), présente quelques difficultés. Cécile Fredin, directrice de projet, explique : « On réalise les opérations exclusivement de nuit, et on doit rendre les quais opérationnels tous les matins. Les plages de travail sont donc réduites, entre 3 et 4 heures. » Son collègue Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud, ajoute : « L’idée, c’est d’impacter le trafic le moins possible. » Chaque opération coup de poing, c’est donc une « course contre la montre » qui s’opère pour les travailleurs. La prochaine aura lieu les 15 et 16 mars, avant une dernière nuit de travaux du 22 au 23 mars.

    Tous les jours, près de 110 trains transitent par la gare de Miramas. Chaque année, 800 000 voyageurs passent par la commune construite autour de son réseau ferroviaire. « L’objectif, c’est de passer à 1,5 million d’ici 2030 », révèle Jérôme Bini. Cette nouvelle infrastructure, la végétalisation et le nouveau mobilier qui viendront avec, apportera « un meilleur confort » aux usagers.

  • Le maire de Roquefort-la-Bédoule fait le vœu d’une campagne municipale marquée par le respect

    Le maire de Roquefort-la-Bédoule fait le vœu d’une campagne municipale marquée par le respect

    « Oui, je souhaite que Roquefort-la-Bédoule soit exemplaire en matière de citoyenneté et de respect : respect des opinions, des différences, respect de l’autre. Vous penserez peut-être que je rêve. Peut-être. Mais si on ne rêve pas un peu au moment des vœux, quand le fera-t-on ? », interroge, vendredi à la fin de son discours, Marc del Grazia.

    Élu en 2020 avec 50,57% des voix, contre 49,47% au maire sortant (DVD) d’alors Jérôme Orgeas, l’édile de 61 ans est candidat à sa réélection. Parce que cette année est marquée par un important rendez-vous politique, les municipales, Marc del Grazia y a beaucoup mis l’accent. Il a d’abord rappelé que le mandat ne sera cette fois pas de six mais sept ans. Il a insisté sur le fait que « la commune reste- et restera- le fondement de notre vie démocratique. Son socle. Son point d’ancrage. À la mairie, chacun sait pouvoir trouver un interlocuteur, une écoute, une attention. Quelqu’un capable de se pencher sur une difficulté du quotidien ou de réfléchir, avec lui, aux perspectives à envisager pour mieux vivre ensemble dans cette communauté de destin qu’est un village ou une ville, quelle qu’en soit la taille. »

    « Votez selon vos idées mais votez ! »

    Aussi a-t-il enjoint les citoyennes et citoyens « à aller voter. Votez selon vos idées. Votez pour le candidat et le projet de votre choix. Mais votez ! » Dans cette commune passée « de 5 784 habitants en 2022 à 5 859 en 2023 », selon les derniers chiffres de l’Insee, il a notamment mis en exergue « l’environnement préservé », le « choix clair et assumé » que fait la Ville « de soutenir ses agriculteurs et ses viticulteurs ».

  • Rescapée des camps de la mort, Louise Renée Marcos fête ses 100 ans

    Rescapée des camps de la mort, Louise Renée Marcos fête ses 100 ans

    Entourée de ses proches et tout apprêtée dans son chemisier fleuri aux tons rosés, Louise Renée Marcos souffle ses 100 bougies chez elle ce dimanche 18 janvier. Qui aurait pu imaginer pareille célébration en avril 1944, lors de la déportation de cette Marseillaise issue de parents juifs de Salonique, alors âgée de 17 ans, à Auschwitz, puis Theresienstadt ? Certainement pas elle qui, lorsque ce camp de concentration et d’extermination, puis ce ghetto, furent respectivement libérés par les armées rouge et américaine l’année suivante, ne pesait que 35 kilos. Une « solution finale » des nazis à laquelle elle a échappé, mais pas à n’importe quel prix, rappelle, 83 ans plus tard, son matricule A-5503 tatoué sur l’avant-bras gauche.

    Pas une seule miette

    « Transmettre cette histoire lui a toujours tenu à cœur. Elle l’a fait dans les collèges et lycées entre 1967 et 2019. à nous, elle ne nous a jamais rien caché. Il n’y avait pas de tabous », font part ses deux enfants, Estelle et Joseph, tandis que Louise Renée Marcos est assise au calme sur un fauteuil de son domicile de la Valbarelle. Non loin de deux de ses sœurs qu’elle a, à l’époque, sauvées. à environ 10km de là, au printemps 1944, la Gestapo la cueille chez elle, quartier Saint-Just, et l’embarque dans son siège marseillais de la rue Paradis. Dénoncée par des voisins, « elle s’est dit fille unique » pour sauver toute la fratrie. Après huit jours aux Baumettes, puis un passage à Drancy, direction les wagons de la mort et Auschwitz, où « sa tante et sa cousine sont gazées dès leur arrivée », relatent Estelle et Joseph, alors que l’interphone sonne sans cesse, les convives garnissant très vite le petit appartement du 11e arrondissement. En janvier 1945, elle survit aux « marches de la mort », du nom de ces évacuations par le IIIe Reich de déportés harassés par la maladie et le travail forcé, à mesure que les Alliés se rapprochent des camps. Louise Renée Marcos est transférée dans le ghetto de Theresienstadt. À sa libération, un typhus et un poids rachitique comme stigmates immédiats, mais des « cauchemars » pour toute la vie. « Elle n’a peur de rien mais n’a jamais supporté à son retour les pleurs d’enfants », témoignent son fils et sa fille. « Un matin, les Allemands ont fait entrer dans le camp beaucoup d’enfants habillés en blanc, avant d’allumer tous les projecteurs sur eux. Ma mère nous disait qu’on aurait dit des anges qui criaient. Parfois, elle regarde encore dans le vide et dit : “qu’est-ce que tu fais là, petit ? Ne reste pas ici” », rapportent-ils. Habitée pendant toute sa vie par ces fantômes, cette couturière de métier n’a jamais non plus « laissé une seule miette de pain sur la table à la maison », habitude héritée de ses privations en camp.

    Alors qu’il n’y a jamais eu autant de conflits dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un souvenir qui demeure nécessaire pour faire à nouveau réémerger la lutte contre toutes les formes de racisme.

  • Un rassemblement en soutien au peuple iranien opprimé

    Un rassemblement en soutien au peuple iranien opprimé

    « Nous crions notre colère et personne ne nous entend. » À l’appel de la section sud de l’association Guerrières de la paix, quelque 200 personnes étaient rassemblées pour dénoncer la brutalité du régime iranien et l’oppression de tout un peuple. « À travers ce rassemblement, on voulait soutenir les Iraniens et les Iraniennes massacrés dans leur pays et faire entendre leur voix », martèle Laura Sahin, co-responsable des Guerrières de la paix à Marseille. Alors que le régime des mollahs continue sa répression féroce dans le pays et écrase dans le sang le mouvement de contestation, la diaspora iranienne présente à Marseille s’insurge après la coupure de l’accès à Internet opérée il y a quelques jours par le régime. « 8 millions de migrants forcés sont désormais sans nouvelles de leur famille, de leurs proches. Sont-ils en vie ? », s’interroge Raana, Iranienne en charge du groupe Telegram de la diaspora à Marseille.

    Continuer le combat

    Malgré l’émotion qui s’est emparée de nombreux participants, tous munis de pancartes en soutien au peuple iranien, c’est avec force et abnégation que Raana a conclu sa prise de parole et le rassemblement, sous les applaudissements. « Notre haine envers toi, Ali Khamenei, est telle que nous ne cesserons jamais le combat. Nous continuerons même s’ils dressent des montagnes de cadavres avec nos vies précieuses, même si nous sommes derrière les barreaux, nous restons debout et nous vaincrons. »

  • Benoît Payan présente les derniers vœux de son mandat

    Benoît Payan présente les derniers vœux de son mandat

    « On en recommence une en 2026. Résultat espéré d’un match. Peut sauver un mauvais jeu. Il fait parfois basculer la partie… » Si les définitions des grilles de mots croisées géantes, placardées dans l’Espace Bargemon pour les minots, auraient pu appeler des réponses telles qu’élections municipales, victoire, union et LFI ou macronistes, pas question d’évoquer les toutes prochaines échéances politiques, en ce samedi 17 janvier. Réserve électorale des élus oblige, alors que le maire de Marseille présentait ses vœux à la population, au cours d’une après-midi rythmée par des activités gratuites en tous genres.

    « On dit mariage pluvieux, mariage heureux. Donc vœux pluvieux, vœux heureux », déclare sur une estrade, non loin de l’hémicycle municipal, Benoît Payan, aux côtés des membres de sa majorité, avant de découper un gâteau des rois géant. « C’est toujours un moment sympa de manger une part. En plus, c’est un gâteau et pas la galette des Parisiens. Il aura ma voix cette année », confie Michel, quinquagénaire venu des Chartreux, sans que l’on sache s’il plaisante ou non.

    But

    Après le discours, les adjoints se mêlent à l’assistance et distribuent l’offrande aux fruits confits au nombreux Marseillais présents. « Parfois, quelques voix se jouent à une part de gâteau. D’autant que les élections vont se jouer dans un mouchoir de poche », observe le taquin. Si les municipales sont dans beaucoup de têtes, le maire de Marseille ne souhaite pas en parler. « Je souhaite aux Marseillais une année de paix et de bonheur. Souvent, la politique, c’est de l’affrontement, de la violence. Or on a besoin d’apaisement, de se tendre la main. Je veux laisser la politique au placard aujourd’hui », explique-t-il face à la presse, tandis que les habitants sont disséminés dans le secteur de l’hôtel de ville.

    Certains visitent la Maison diamantée, d’autres participent au Motchus XXL du sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus en mairie. Et les plus sportifs s’essayent à « la lucarne d’Évry », jeu consistant à frapper un ballon de foot dans une petite fenêtre. Résultat du match, celui du devenir de la ville, prévu lui, le 22 mars.