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  • À Toulon, les progressistes prônent transparence et contrôle renforcé

    À Toulon, les progressistes prônent transparence et contrôle renforcé

    Dans une ville et un département où se concentre l’un des plus grands nombres d’élus « démissionnés » par la justice, mieux vaut prendre la question au sérieux et réfléchir à des outils permettant d’éviter que d’autres ne s’écartent demain, volontairement ou non, du droit chemin. C’était tout le sens du forum organisé, ce mardi soir au Télégraphe, par la liste Toulon en commun, en compagnie d’Eva Joly et du journaliste d’investigation Claude Ardid.

    « L’ancien maire, président de la Métropole et ancien-président du conseil départemental, Hubert Falco, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité pour recel de détournement de fonds publics », débute Magali Brunel, tête de liste.

    Elle souligne aussi que, dans ce même camp de la droite varoise, l’ex-maire de Sanary Ferdinand Bernard, l’ex-président du conseil départemental Marc Giraud ou encore l’ex-maire de La Seyne, Nathalie Bicais, ont eux aussi été condamnés ces derniers mois. L’actuel président du Département, Jean-Louis Masson, a écopé d’une amende de 15 000 euros pour prise illégale d’intérêts. Et de poursuivre : « Nous ne pouvons pas tolérer ces comportements douteux, ces détournements, ces corruptions… » L’occasion d’épingler l’extrême droite, et plus précisément le RN, « parti le plus condamné de France et pas seulement pour injures racistes », précise André De Ubeda (PCF), 2e sur la liste.

    « Tourner la page du cercle des barons »

    Plusieurs élus varois du parti de Laure Lavalette ont eux aussi été condamnés, notamment le député RN de la 7e circonscription Frédéric Boccaletti, impliqué dans une affaire de violences avec armes. Quant au maire de Fréjus, David Rachline, il sera jugé en septembre pour favoritisme. « Nous ne voulons ni des affairistes sans scrupule, ni du démantèlement de notre pacte social et républicain. C’est pour cela que nous devons mettre, dans le débat des municipales la probité, la transparence et leur corollaire, la participation de tous à la vie publique. C’est la base de notre démocratie », acte Magali Brunel.

    Toulon en commun s’engage à ce que tous les élus bénéficient de formations sur la probité et la transparence, et qu’ils soient accompagnés, lors du mandat, par le déontologue de la ville. L’équipe commandera également, dès son arrivée aux responsabilités, un audit de l’Agence française anticorruption. Pour réparer la confiance rompue entre citoyens et élus, elle promet aussi de rendre compte de manière transparente de l’action menée et des dépenses engagées.

    « Je prends rarement la parole, mais je suis très heureuse de le faire à Toulon, pour soutenir cette liste de gauche. Parce que je sais que ce qui se joue ici. Nous allons battre l’extrême droite », commence Eva Joly. Elle enchaîne sur le thème de la corruption, qui « détruit la confiance des citoyens ». Elle explique la facilité à l’accepter et la difficulté de résister : « On vient vous dire : il y a un grand projet de stade ou de pont, nous allons augmenter le prix artificiellement de quelques millions, et pour toi il y a 500 000 euros. Si tu signes, t’es bien vu. Par contre, résister, dire non, c’est t’exclure : tu deviens l’ennemi à abattre. »

    Le journaliste d’investigation Claude Ardid a rappelé qu’il avait été placé à trois reprises sous protection policière par le préfet du Var de l’époque, pour avoir enquêté sur les liens entre pègre locale et certains responsables politiques. Des faits qui remontent aux années 1990 : « Je n’oublierai jamais ce système mafieux qui a causé des morts et entraîné une corruption financière à un niveau très élevé. C’est moins pire qu’avant, mais ce n’est pas fini. »

  • À Toulon, quel écho pour le lamento d’Hubert Falco ?

    À Toulon, quel écho pour le lamento d’Hubert Falco ?

    Bien entendu, tout le monde garde en tête et met à son crédit d’avoir éjecté, en 2001, une extrême droite en pleine déliquescence de la tête de Toulon, puis rebâti la ville sur les ruines d’une mandature calamiteuse. Un certain courage politique également, en rompant avec son parti les Républicains devenu « trop à droite », bel euphémisme, sous Éric Ciotti.

    Tout cela étant dit, sa voix est-elle encore audible, aujourd’hui, pour les Toulonnais ? Beaucoup lui reprochent la perte d’une certaine cohérence politique. Il a beau aujourd’hui faire amende honorable, dire qu’il s’est trompé : la trahison risque d’être mal digérée et faire perdre un peu de sa splendeur à celui qui faisait de sa constance une force.

    Après avoir adoubé Josée Massi en juin 2024, nous avoir confié en exclusivité qu’elle était « l’avenir » de la ville puis confirmé un peu plus tard par communiqué son total soutien à la maire sortante aujourd’hui candidate (SE), il retourne subitement sa veste, à la rentrée, au bénéfice du candidat (LR) Michel Bonnus. Ce dernier, pourtant, avait débuté sa campagne sans même attendre les décisions des recours judiciaires de son ancien mentor, spéculant même sur sa chute annoncée.

    Mais bon, on a semble-t-il la mémoire courte de ce côté de l’échiquier politique, certains amis d’hier (ils n’étaient pas nombreux à se bousculer au portillon à l’époque) devenant des proscrits, alors que d’autres, un peu moins scrupuleux, retrouvant grâce.

    De quoi faire perdre leurs repères à pas mal de Toulonnais.

  • À La Ciotat, Antoine Vichy (LFI) veut bifurquer à gauche

    À La Ciotat, Antoine Vichy (LFI) veut bifurquer à gauche

    « Notre liste est une liste de contre-pouvoir », amorce Antoine Vichy. Estampillée La France insoumise (LFI), « Bifurquons à gauche rassemble aussi des gens non encartés », précise le candidat, enseignant en BTS informatique au lycée Victor-Hugo à Marseille, et installé à La Ciotat depuis 2011.

    Interrogé sur ce qu’il pense du bilan du maire sortant (DVD) Alexandre Doriol, le quadragénaire répond : « Il n’est pas là depuis très longtemps. Ce qu’il faut retenir, c’est que ça fait vingt-cinq ans que la droite dirige la ville et on arrive à bout de souffle. »

    Pour « la transparence »

    La liste « Bifurquons à gauche » porte trois grandes exigences. D’abord, la concertation. « L’idée de notre liste, c’est que les habitants savent ce dont ils ont besoin. Il faut échanger avec eux, pose Antoine Vichy. On refuse d’être des spectateurs alors que des décisions majeures sont prises sans les Ciotadens ». Il prend comme exemple « le marché des illuminations » qui, avance-t-il, « coûtent 3 millions d’euros par an, soit 83 euros par habitant et par an, contre 2,20 par an et par habitant pour Strasbourg… ». Avec « Bifurquons à gauche », « nous voudrions instaurer un référent de quartier, avec une association de quartier qu’on consulte pour savoir vers quoi orienter les budgets ».

    Autres axes évoqués, « le contrôle et la transparence ». « Les Ciotadens devraient pouvoir suivre les dépenses de la mairie à l’euro près », note Antoine Vichy, qui prend comme exemple « l’ombrière qui a coûté 460 000 euros, alors qu’on a trouvé des tarifs dix fois moins cher. On ne dit pas que les choix ne sont pas bons, mais que les habitants n’ont pas pris la décision ».

    La liste veut également renforcer le social dans la ville, « pour que les Ciotadens puissent obtenir les aides auxquelles ils ont droit. Or, ce n’est pas le cas, car il manque du personnel au Centre communal d’action sociale ».

  • [Entretien] Jean-Marc La Piana : à Gardanne, « notre mode de gestion sera participatif »

    [Entretien] Jean-Marc La Piana : à Gardanne, « notre mode de gestion sera participatif »

    La Marseillaise : Comment va se dérouler votre premier meeting ?

    Jean-Marc La Pania : En première partie, on aura la présentation des colistiers, puis quelques personnes vont présenter une partie du programme. Il a été travaillé par un collectif qui compte entre 30 et 50 personnes pendant six mois. Ils feront un éclairage sur des points choisis. Moi, je conclurai sur la stratégie de travail qu’on veut adopter une fois élus.

    Vous défendez une « autre manière de faire » et une « rupture dans la forme et dans le fond ». Pouvez-vous préciser cette idée ?

    J.-M.L. : Ce qu’on reproche à la municipalité actuelle, c’est le manque de concertation. Des choses sont décidées à l’emporte-pièce et on voit le résultat… Notre mode de gestion sera participatif avec des conseils de quartiers. Des conseils aussi pour les grands axes qu’une ville doit développer : sécurité, éducation, santé et, bien entendu, bon usage de l’argent public. C’est ce qui va permettre d’améliorer notre vie politique.

    Vous parliez d’un manque de concertation. C’est un des principaux reproches que vous faites au maire sortant Hervé Granier (LR) ?

    J.-M.L. : Oui, en tant qu’opposition, on reproche cela à M. Granier. On a bien vu comment la ville a été gérée pendant cinq ans et demi, avec peu de concertation et peu de réflexion. Des projets ont été lancés et sont aujourd’hui suspendus, pour lesquels il y a des procès, comme la smart city. On reproche un manque de reflexion, comme avec le centre aéré à 13 millions d’euros dans un endroit mal adapté. Il a beau dire qu’il a été mal conseillé au début, mais aujourd’hui, il continue de commettre le même type d’erreur.

    Ce que vous entendez par « changer de méthode », c’est revoir la politique de la ville ?

    J.-M.L. : Oui. On voit bien que les services publics sont altérés, car il y a une mauvaise gestion des employés municipaux. Aujourd’hui, ce sont eux qui font le service public, et vu la mauvaise gestion et la mauvaise ambiance qui existent dans ce cadre, on est loin du compte.

    Comment avez-vous construit votre liste ?

    J.-M.L. : On a travaillé pendant plus de six mois sur le projet. On a retenu ceux qui se sont manifestés pour le mener à bien une fois élus. Ils ont été choisis en fonction de leurs capacités, soit professionnelles, soit plutôt d’ordre « populaire », car certains ont une grande proximité avec la population. J’ai essayé de faire une liste qui soit la plus large possible pour faire en sorte que tout le monde puisse être entendu. Elle regroupe des personnes qui ont envie que cette ville progresse et qu’elle aille dans le sens de l’avenir, aussi bien au niveau écologique que de la transformation énergétique.

    18h30 à la mairie annexe de Biver, place de Biver, à Gardanne.

  • Nicolas Koukas mise sur Richard Vidal à Arles

    Nicolas Koukas mise sur Richard Vidal à Arles

    Ce dernier, natif d’Arles, ingénieur chimiste spécialiste
    de l’ADN et aujourd’hui retraité, a décidé de rejoindre l’équipe
    de l’Union pour Arles, « car je voulais faire quelque chose pour ma ville, qui décline »,
    avance le désormais candidat.

    Richard Vidal estime que « l’industrie lourde ne reviendra plus. Mais Arles possède des atouts pour attirer de petites unités
    à taille humaine.
     »

    « Des clusters qui seront certainement très intéressés
    par les nombreux charmes de la commune
     », avance l’ingénieur.

  • Rémi Esnault présente liste et programme à Fos-sur-Mer

    Rémi Esnault présente liste et programme à Fos-sur-Mer

    C’est faire d’une pierre deux coups. Mardi soir, le théâtre Jean-Hetsch de Fos-sur-Mer s’est rempli pour l’annonce du programme et de la liste de Rémi Esnault (DVG), candidat présenté comme le successeur du maire René Raimondi. Près de 80 mesures en 12 points sont avancées par le chef de file de la liste « Notre Fos », accompagné de 34 colistiers, avec un fort renouvellement par rapport à 2020.

    De nouveaux visages à l’image de Romain Trolliet, connu pour son engagement à la CGT sur le golfe de Fos. « Le renouveau de l’équipe donne un nouvel élan, avec des jeunes comme moi au sens politique », estime le candidat, soulignant tout de même qu’« on ne pourrait pas avancer sans le socle solide laissé par les élus d’avant, qui savent comment gérer la ville et honorer nos engagements ».

    Les engagements seront nombreux. Les trois priorités de Rémi Esnault sont la sécurité, la santé et le pouvoir d’achat. « Nous avons un policier pour 380 habitants, mais il nous faut une police municipale plus forte. Nous créerons un nouveau central de police municipale et un poste mobile sur les événements et les plages pour assurer la sécurité au plus près », annonce le candidat.

    Un complexe médical

    « Il n’y a pas une ville où on n’en parle pas, mais nous, on peut le faire », assure Rémi Esnault au sujet de son projet de complexe médial pluridisciplinaire aux Vallins. Le projet serait même « déjà entamé ». Dans la même thématique, Monique Potin, cheffe d’entreprise, défend la création d’une plateforme de répit pour les aidants : « Pour les patients d’Alzheimer ou de maladies chroniques qui veulent rester chez eux, la plateforme permet de donner du répit à l’aidant. On prend en charge le malade la journée pour que l’aidant puissent avoir des loisirs. »

    Concernant le pouvoir d’achat, le candidat Cédric Carian, commerçant, revient sur les chèques proposés par la Ville : « Pour aider le porte-monnaie des familles et dynamiser le commerce local, on veut aller plus loin avec deux nouveaux chèques de 100 euros, un pour le sport car les clubs coûtent vite cher, et un pour la culture, le cinéma ou le théâtre. » Rémi Esnault complète ce volet en mentionnant une autre mesure phare : « Notre cantine de qualité, déjà accompagnée par le pass restauration, passera à 0,50 euro pour tous les enfants, quels que soient les revenus des parents, et le prix du temps périscolaire sera réduit de moitié. »

    Sur le terrain social, Rachel Tarantino annonce l’implantation d’une ressourcerie à la Mériquette. « Un lieu de rencontre et d’échanges qui permet de donner », afin de favoriser « une économie circulaire et la réinsertion de personnes éloignées de l’emploi depuis longtemps », complète-t-elle.

    Parmi les autres annonces figurent un complexe aqualudique, un lycée industriel, trois nouvelles plages, un festival de musique et de nouveaux loisirs à Parsemain. Un programme « budgétisé et planifié », affirme le candidat au fauteuil de maire.

  • Lancement de campagne en fanfare du Printemps marseillais dans les 11-12

    Lancement de campagne en fanfare du Printemps marseillais dans les 11-12

    « Je n’y arriverai pas sans vous car le Printemps marseillais c’est bien au-delà de ma personne, c’est la force des femmes et hommes qui s’engagent au quotidien ». Nathalie Tessier, Hervé Menchon, Michèle Rubirola, Samia Ghali… de nombreuses personnalités du Printemps marseillais entouraient le secrétaire du PS 13.

  • La culture au cœur de la campagne de Sophie Camard à Marseille

    La culture au cœur de la campagne de Sophie Camard à Marseille

    « Pour se distinguer des menteurs, il faut des actes, des témoignages », a défendu Sophie Camard, maire des 1er et 7e arrondissements (Gauche républicaine et socialiste), à l’occasion du lancement de sa campagne, organisé mardi soir dans la salle des rotatives de La Marseillaise.

    C’est pour avancer en cohérence avec cette conviction que l’élue, candidate sur la liste du Printemps Marseillais, a tenu à ouvrir la soirée avec quatre témoignages d’habitants et représentants de son secteur. Un moment « important » pour montrer « ce que c’est qu’une politique qui réussit ». Car Sophie Camard est fière de son bilan et le revendique : « Le redressement de Noailles [1er], les gens le voient. L’inauguration de l’école Baya [1er], du centre sportif Pape-Diouf [1er], du Jardin Saint-Nicolas [7e], les gens le voient, les gens le vivent. Et c’est sur ça que je m’appuie pour donner du crédit à ce que nous proposons pour la suite. » Au cœur des changements envisagés figurent la culture et rénovation urbaine.

    « Il faut être fier de notre centre-ville »

    « Nous affichons dans notre programme la volonté que notre centre-ville devienne un lieu majeur pour les arts et la culture, parce que c’est son identité. Il s’agit d’une zone avec beaucoup d’équipements et qui pourtant n’est pas mise en valeur [dans le discours dominant, Ndlr.], s’est agacé l’élue. Il faut être fier de notre centre-ville ». Rénovation du théâtre du Gymnase (1er), réhabilitation des anciens locaux des Galeries Lafayette dans le centre Bourse (1er) Sophie Camard souhaite donner du « beau », mais aussi permettre « l’accès au savoir et aux sciences pour tous ».

    Une ambition qui, selon elle, doit permettre de faire du « centre-ville un lieu de vie (…) dont est fier ». Et d’ajouter : « Je ne néglige pas l’aspect économique. Car la culture amène de l’attractivité, du tourisme, mais offre aussi beaucoup d’emplois. Il s’agit d’un secteur dans lequel de nombreux habitants du 1er arrondissement travaillent. »

    Autre grand chantier du mandat espéré par l’élue de secteur : « La rénovation urbaine et climatique ». « Un des enjeux majeurs qui nous attend est la rénovation du pourtour de la Gare Saint-Charles, une zone qui a besoin d’un vrai programme de réhabilitation », note-t-elle après avoir abordé les projets déjà entamés à Belsunce (1er), où 50 arbres doivent être plantés au niveau du parking Providence. Le réaménagement de la plage des Catalans (7e) est lui aussi inscrit au programme et demeurera un « espace public de bien commun ».

    Au sujet de la sécurité, baptisée « bien vivre ensemble », et à propos des mesures envisagées pour lutter contre le trafic de drogue, l’élue insiste : « La ville ne peut pas remplacer l’état. Mais nous mettons en place des réflexions sur la prévention et l’accompagnement social ».

  • Génération écartelée

    Génération écartelée

    L’étude réalisée à l’initiative d’Aix- Marseille Université est passionnante, elle est éclairante sur l’état d’esprit des étudiants et leur conception de l’engagement.

    67% d’entre eux se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter les 15 et les 22 mars. Comme si le désintérêt pour la chose publique qui s’étend dans toute la société avait un poids encore plus important parmi les étudiants, mais que pour eux, le fait d’être engagés était déconnecté de la politique.

    Une génération écartelée entre d’une part des « causes » qui la mobilisent : lutte contre les discriminations, écologie, féminisme,
    et d’autre part une abstention massive, une défiance envers les organisations traditionnelles qui traduisent l’engagement : partis et syndicats.

    Démocratie en jeu

    C’est sans doute le produit d’un individualisme croissant, d’une société anxiogène, mais aussi de décennies de déceptions provoquées par une Ve République à bout de souffle.

    Pour autant, les opinions exprimées dans cette enquête ne recouvrent pas toute la nouvelle génération. D’abord parce que les étudiants ne sont qu’une part de la jeunesse. Et, ensuite, parce que des jeunes continuent de s’engager sur des listes aux municipales par goût de l’intérêt général et du débat démocratique.

    Les organisations politiques, singulièrement celles qui entendent changer la société, ont un rôle fondamental à jouer en créant les conditions d’un engagement renouvelé des jeunes en leur sein. Ce n’est pas une mince question. C’est la démocratie qui est en jeu.

  • Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Des jeunes avec des idées, prêts à aller aux urnes pour peu qu’on s’intéresse à eux. Selon les conclusions de l’enquête lancée par Aix-Marseille Université (AMU) avec le concours de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Ifop, présentées mardi 10 février, 67% des étudiants se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter pour les élections municipales.

    Menée du 24 novembre au 22 décembre par le biais d’un questionnaire envoyé par courriel ou un QR code mis à disposition, sur un échantillon de 5 190 étudiants répartis sur dix villes, cette étude, « issue d’une démarche scientifique », insiste Éric Berton, président d’AMU, s’est intéressée à « la manière dont ils vivent leur vie d’étudiants et leur état d’esprit actuel ». « On considère qu’il y a une sorte d’invisibilité de la jeunesse, étudiante en particulier, et on voulait qu’elle soit vue et entendue, en particulier dans le cadre des élections municipales, car il nous semble qu’elles sont à une échelle concrète, qu’elles ont une réelle incidence sur la vie des étudiants dans la ville », explique-t-il.

    Le président d’AMU assumant dans nos colonnes, le 3 février, que le rôle de l’université était de « redonner le goût du vote ». En ressort le portrait d’une jeunesse « dynamique, mais aussi en colère », qui a « du mal à aller voter, mais s’il y a une offre politique correspondant à ses aspirations, elle n’est pas loin » de retourner aux urnes, résume Éric Berton. Une génération « confinée » qui a
    vécu « une succession de crises majeures », ajoute Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès.

    Un fort sentiment de solitude

    Un jeune de 22 ans aujourd’hui a connu la crise de l’euro à 8 ans, celle des attentats à 11 ans, le Covid à 16 ans, la guerre en Ukraine à 18 ans, détaille-t-il. De quoi expliquer la priorité donnée à la santé quand 85% des étudiants jugent la thématique prioritaire pour les politiques publiques. Il y a aussi « le sentiment de solitude » : 66% de l’échantillon disant l’éprouver, « soit 20 points de plus que l’ensemble de la population », note Gilles Finchelstein, ainsi qu’un écart marqué entre « bonheur personnel et pessimisme collectif ». Pas moins de 79% des jeunes se disent heureux, 86% sont optimistes pour eux-mêmes, mais seulement 21% le sont pour l’avenir de la France, 18% pour celui du monde. Où une vie réussie, selon eux, c’est d’abord « avoir une famille heureuse » pour 58% des sondés, à égalité avec « avoir du temps libre pour profiter de la vie » suivi par « avoir de vrais amis » (51%).

    Les étudiants n’en n’oublient pas pour autant les autres : 79% d’entre eux ont apporté une aide financière directe à une personne dans le besoin, 61% ont fait un don à une association ou une fondation, 57% ont fait du bénévolat, 50% ont déjà créé ou rejoint une association. Leurs préoccupations sont diverses : droits des femmes et lutte contre le sexisme (97%), droits de l’homme (96%), environnement (95%), ou encore lutte contre le racisme (94%).

    Intéressés par l’élection présidentielle

    S’ils se sentent concernés par la chose politique, c’est au niveau national, 84% se disant intéressés par l’élection présidentielle contre 46% par les municipales. Seulement 40% des participants à l’enquête savent qu’il faut se rendre aux urnes en mars, 25% disent ne pas être inscrits sur les listes municipales, 28% envisagent l’abstention. Ce qui pourrait motiver les troupes : « Une offre politique qui correspond à [leurs] attentes » pour plus de 70% des étudiants. Au-delà de la santé qui arrive en première position, les thématiques de politiques publiques devraient porter sur la sécurité (69%), à égalité avec la lutte contre la pollution. La lutte contre le dérèglement climatique arrive en troisième position.

    Le timing pourrait aussi jouer. L’enquête ayant été réalisée en novembre et décembre dernier, « au fur et à mesure que les semaines vont passer, que la campagne va se lancer, ils vont s’y intégrer », estime Gilles Finchelstein. « Ce n’est pas une jeunesse perdue pour le vote », veut croire Éric Berton : « Aux politiques de prendre la responsabilité de faire des propositions. »

    Après cette enquête, un débat est organisé avec des représentants des candidats marseillais, mercredi 11 février, en présence d’une centaine d’étudiants.

    En chiffres

    67%

    des jeunes ayant répondu à l’enquête lancée par AMU se déclarent engagés pour une cause. Un chiffre qui monte à 70% chez les 22-24 ans, 72 chez les plus de 25 ans. Les causes défendues : l’urgence climatique, la lutte contre le sexisme ou la défense des droits humains.

    73%

    des abstentionnistes du panel de l’enquête menée par AMU déclarent qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les faire changer d’avis.

    87%

    des étudiants de l’enquête se disent prêts à renoncer à la livraison de fast-fashion au nom d’une « conscience écologique », transformant la consommation « en levier d’action civique », estime AMU dans son analyse.