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  • La Coupe d’Afrique sera suivie d’un œil attentif à Marseille

    La Coupe d’Afrique sera suivie d’un œil attentif à Marseille

    Le compte à rebours est bientôt écoulé, la Coupe d’Afrique des nations débute, ce dimanche (20h), au Maroc. Le pays organisateur reçoit les Comores dans son flambant neuf stade du Prince Moulay-Abdellah à Rabat, inauguré il y a à peine trois mois.

    à Marseille, cité multiculturelle tournée vers le continent africain, l’excitation atteint également des sommets. Ils seront nombreux devant leur téléviseur à suivre leur nation d’origine et espérer un parcours doré. C’est le cas d’Idriss, Marseillais aux racines comoriennes. Ce dernier sera donc directement concerné par cette CAN 2025-2026 et souhaite voir les Comores tenir tête aux demi-finalistes de Coupe du monde qatarie : « En tant qu’homme lucide, je sais que l’on ne part pas favori. Déjà, faire bonne figure et perdre avec les honneurs serait une victoire. »

    Grand suiveur du football africain, il espère passer du temps devant les rencontres de la compétition. « Je vais essayer de regarder un peu tous les matches, même si plus particulièrement les Comores, surtout que l’on n’a pas souvent l’opportunité d’y être, à la CAN. Je vais aussi suivre l’Algérie, parce qu’on est à Marseille, j’en côtoie beaucoup. Ce sera intéressant de voir leur équipe et de les vanner s’ils perdent », termine-t-il dans un rire.

    Journaliste au Phocéen, Loïc liste également les nations intéressantes à suivre, comme l’Égypte, la Côte d’Ivoire ou le Nigeria. Mais il n’oublie pas les joueurs de l’OM engagés avec leurs nations. « Je vais aussi suivre les joueurs de l’OM Aubameyang (Gabon) et Aguerd (Maroc), ça va être bien de regarder leur parcours. Même d’anciens joueurs comme Ndiaye et Sarr (Sénégal). Il y a pas mal de curiosités dans cette CAN. »

    Vers une finale

    Maroc-Sénégal ?

    Marouane, d’origine marocaine, se montre confiant sur les capacités de son équipe : « Je les vois aller au bout ! Cette génération arrive en pleine confiance et avec une certaine expérience internationale. À domicile, on a toutes les armes pour l’emporter. »

    Tous sont d’accord sur l’affiche probable de la finale. Leur pronostic place les deux mastodontes, le Maroc et le Sénégal, face-à-face pour la victoire. « Ce sont les deux équipes les plus complètes », évoque Loïc. Idriss souligne également que les Sénégalais « n’ont pas de faiblesses. Surtout que c’est l’une des rares nations qui évite les “dramas” avec des problèmes de fédération ou des primes impayées ». Bref, la Coupe d’Afrique des nations va rythmer les fêtes de fin d’année et Marseille, comme d’autres villes, aura un œil passionné tourné vers le Maroc.

  • Aubagne en commun veut revitaliser le centre-ville

    Aubagne en commun veut revitaliser le centre-ville

    « Si nous arrivons à être aux manettes, amorce la tête de liste Jean-Pierre Squillari, nous espérons inverser la tendance, que les commerces rouvrent et que les gens vivent bien à Aubagne. » Il est entouré par 8 personnes de son équipe (gauche et citoyens, sans LFI). Le « dépérissement d’Aubagne n’est pas une fatalité. Le centre-ville ne manque ni de potentiel, ni d’atouts. Il manque une direction claire », estime la tête de liste. David Chiousse, directeur de campagne, observe : « Les commerces ne ferment pas s’il y a de la fréquentation. Un des enjeux est de redonner de l’attractivité au centre-ville. »

    « Ce sera financé »

    Parmi les leviers envisagés, la création d’une halle, « avec producteurs locaux, artisans, concerts (…) ». Elle pourrait être implantée cours Voltaire, là où reviendrait le marché, et où serait abandonnée la construction de l’Office de tourisme, dans le secteur Grimaud ou sur la friche du Palace. Pour Jean-Pierre Squillari, la halle, « locomotive économique et culturelle », sera un des moteurs pour l’attractivité du centre-ville. De même que le « parc urbain », qu’Aubagne en commun veut réaliser au Bras d’Or. Dans ce « poumon vert », l’équipe veut « reconstruire la piscine ». Elle serait non couverte, mais pourrait être chauffée. Pour Jean-Pierre Squillari, l’actuelle piscine Alain-Bernard, très utilisée par les écoles, offre peu de créneaux au grand public. L’équipe veut aussi une ville plus fraîche l’été, avec de l’ombre et de l’eau dans les fontaines. « Ce n’est pas un catalogue de promesses, ce sera financé », assure Jean-Pierre Squillari. Aubagne en commun propose en effet de renégocier la concession d’aménagement du centre-ville d’Aubagne par la Soleam (société publique locale d’équipement), pour laquelle « 10 millions d’euros ont déjà été versés ».

  • Kamel Fassatoui, l’humain pour horizon

    Kamel Fassatoui, l’humain pour horizon

    « Emmaüs a changé ma vie, et celle de mes enfants aussi », livre Kamel Fassatoui lors de son pot de départ. Force est de constater qu’il a aussi changé celle de la communauté de la Pointe-Rouge, nichée dans le 8e arrondissement. Vendredi, pour l’occasion, la salle en amont du réfectoire est bondée. Des compagnons actifs bien sûr, mais aussi les retraités, des responsables d’associations, les administratifs et des amitiés tissées au fil de sa route.

    Fils de diplomate tunisien, diplômé de Sciences Po’ Lyon, Kamel a très vite été élu par ses deux autres co-responsables « attaché de presse de la communauté », relate l’une d’entre eux, Nouara Bernou, en riant. Mais il est bien plus que ça. Militant, éminemment politique, toujours partant pour innover et faire bouger les lignes. « En juin 2003, j’arrive dans une communauté pépère avec 35 compagnons, autocentrée, sur le modèle des années 50 », observe Kamel. Et de poursuivre « en 2025, ils sont 58, la communauté est mixte, et il y a même des enfants. Nous avons deux boutiques en ville, et un camion dit du “Petit Déj” qui offre le café en ville durant toute la période hivernale. Ici, 20 nationalités se côtoient ».

    Jean-Pierre, bénévole de longue date, résume ainsi le personnage : « C’est un homme extraordinaire, très humain, très réfléchi. Pour moi, il a beaucoup de neurones connectés. Ne plus aller me disputer dans son bureau va beaucoup me manquer. » À ses cotés, sa compagne Christelle, a les yeux brillants : « Quelques semaines après mon arrivée je perdais mon papa. Ils m’ont aidé, acheté mon billet pour aller aux obsèques. Je n’oublierai jamais les manifs en ville avec lui, les grandes ventes… »

    Plus loin, devant les bureaux, un petit paquet dans les bras, Anna et Vitali sont venus lui dire au revoir : « Je suis restée 7 ans ici, il m’a aidée pour tout, même trouver un appartement. Maintenant, j’ai des papiers, et je travaille chez Leclerc », témoigne la jeune ukrainienne.

    Un long fleuve

    pas si tranquille

    « Nous avons été la première communauté à être perquisitionnée. Nous sommes des résistants. Une fois libéré, j’ai mesuré l’impact sur l’opinion publique. J’ai été appelé à témoigner à travers touts la France », se souvient Kamel. Le 17 février 2009, suite à un contrôle d’identité en ville d’un compagnon Hamid, Kamel est convoqué par la police. Sa garde à vue s’en suivra pour ne pas avoir donné la liste des sans-papiers de la communauté, avec une perquisition. L’année suivante le 19 février, la première communauté historique à s’être implantée 53 ans auparavant dans le sud, voit son grand hangar de la salle des ventes brûlé entièrement en pleine nuit. Avertis par les compagnons, les trois responsables se retrouvent effarés devant le tas de cendre fumant. Kamel témoigne : « Les compagnons étaient saufs, mais hébétés. J’ai tout de suite pensé, on y est, on y reste…et on est resté 4 ans sous des tentes provisoires à tout reconstruire. » François Lavaud et Nouara Bernou, les deux autres responsables relatent de concert des moments d’exaltation et d’énergie qui ont suivi. La viabilité de la communauté a été alors assurée grâce à la boutique ouverte rue Colbert, quelque temps, avant par Kamel : « J’avais eu le nez fin en créant la première boutique Emmaüs en ville. » En octobre 2011, Emmaüs continue de faire l’actu en organisant un grand repas de rue sous les fenêtres de l’ancien maire de Marseille, à l’origine de l’arrêté anti-mendicité. Éclats de rire à l’évocation de ce souvenir qui a pérenniser un repas de rue de fêtes pour les sans domicile. « On remercie encore M. le maire ! » Au rayon initiative, on retrouve Kamel avec les boutiques éphémères pour les fêtes, les actions pour les mineurs isolés, les migrants, les distributions de vivres pour les étudiants de Saint-Charles durant le Covid, le marché alimentaire tous les samedis pour permettre aux plus démunis de bien s’alimenter. Et en juillet 2024, le choc des révélations sur l’abbé Pierre,
    « la référence c’était lui, la personnalité préférée des Français », poursuit-il. Un constat sur cette société toujours plus difficile pour les plus pauvres, mais aussi l’espoir « même si ce n’est jamais neutre de comprendre la détresse des gens qui arrivent ici, on se doit de résister ». Et de conclure : « Le modèle d’Emmaus est une utopie, un modèle de vivre ensemble, loin du tumulte extérieur… »

  • Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Dès 13h samedi, le parking du Auchan des Paluds à Aubagne s’est fait envahir par un troupeau de 300 brebis et 300 agneaux venus, aux côtés de quelque 200 personnes, protester contre la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Maladie bovine responsable de l’abattage très contesté de 207 bêtes en Ariège, elle est depuis le 11 décembre au cœur d’une vive contestation agricole. Samedi, c’est dans une foule de drapeaux de la Confédération Paysanne, que militants et brebis se sont rendus jusqu’au rond-point de l’avenue des Caniers, où ils ont pendant plusieurs heures tenu un barrage filtrant pour « sensibiliser à la cause ». « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines…on marche sur la tête ».

    Dans un ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Sur leurs pancartes, leurs revendications sont claires : « Abattre des troupeau = tuer nos éleveurs, déserter nos campagnes », « Pandémie du libre échange » ou encore « Mercosur, droit dans le mur ». Hélène Poullin, propriétaire des 600 bêtes qui se sont joints à la manifestation, est l’une des militantes les plus déterminées à faire entendre sa colère. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole-t-elle. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le sud ouest, ça m’a donné envie d’agir ».

    La signature de l’accord UE-Mercosur, à l’origine prévue vendredi, a été repoussée à janvier. Le protocole sanitaire de lutte contre la DNC demeure, selon la réglementation française actuelle, l’abattage total des troupeaux où sont détectés des foyers, y compris les bêtes saines.

  • [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    Avec la gratuité des transports, c’était la promesse de campagne phare de M. Delafosse. Samedi 20 décembre, jour de sa mise en service entre Clapiers et les Grés de Montpellier, la 5e ligne de tramway sera enfin une réalité. Sur 16 km de long (27 stations), elle devrait transporter, à raison d’une rame toutes les 12 minutes (à terme 7), quelque 100 000 voyageurs par jour (lire p.18).

    Ce sera la cerise sur le gâteau d’une année sous le sceau des mobilités. Car dès le 22 mai, la première des 5 futures lignes de bustram a été inaugurée entre Place de l’Europe et Sablassou (à terme jusqu’à Castries). Sont ainsi déjà irriguées toutes les 10 minutes (de 5h à minuit) les zones du Millénaire et Eurêka, qui concentrent 11 500 emplois. Difficultés financières obligent, les 4 autres lignes ont pris un peu de retard…

    L’autre temps fort a eu lieu à l’automne. Le 18 octobre, la gare Sud de France s’est débarrassée de son surnom de « gare fantôme ». Grâce à l’extension (1,3 km) de la première ligne de tramway depuis Odysseum, la gare TGV, inaugurée au milieu des champs en juillet 2018, n’est plus isolée. Mieux, elle est reliée (toutes les 4 minutes) à sa jumelle de Saint-Roch en 20 minutes.

  • [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    L’année 2025 restera marquée, à Alès et plus largement dans le Gard, par une succession de mobilisations citoyennes face aux violences d’extrême droite et à la banalisation des discours racistes.

    Déclencheur : l’attaque du Prolé d’Alès, dans la nuit du 30 au 31 mai, en pleine feria. Une douzaine d’activistes néofascistes ont fait irruption dans ce lieu emblématique de la vie militante et festive alésienne, faisant une vingtaine de blessés. Très vite, l’émotion a laissé place à la colère et à la réaction. Dès le lundi suivant, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture d’Alès à l’appel du Parti communiste français et de nombreuses organisations syndicales, associatives et politiques. Une foule dense, plurielle, déterminée à dire non à la violence politique. À la tribune, élus locaux, responsables syndicaux et militants ont dénoncé une attaque « préméditée » et exigé que les auteurs soient identifiés et jugés. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a fait le déplacement pour apporter son soutien aux victimes et alerter sur une « montée des violences d’extrême droite qui n’a plus rien de marginal ».

    Cette mobilisation ne s’est pas éteinte avec les jours. Tout au long de l’année, le Prolé est resté un point de ralliement. En septembre, une soirée de solidarité, mêlant concerts et prises de parole, a permis de collecter des fonds pour les victimes, alors que l’enquête judiciaire tardait à avancer. En novembre, les avocats des parties civiles ont publiquement dénoncé l’inertie de la procédure, relançant la mobilisation politique et médiatique.

    La peur doit

    changer de camp

    Comme une prémonition, Alès avait déjà pris toute sa part aux manifestations nationales contre le racisme et l’extrême droite, notamment le 22 mars, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Près de 300 personnes avaient battu le pavé dans le centre-ville cévenol, tandis que près de 90 000 manifestants défilaient partout en France. Syndicats, associations, collectifs et partis de gauche ont dénoncé une parole raciste « désinhibée » et appelé à l’unité face à ce qu’ils décrivent comme une menace démocratique majeure.

    De l’attaque du Prolé aux marches antiracistes, 2025 aura ainsi dessiné une ligne claire  : celle d’une riposte citoyenne qui refuse la peur, revendique la fraternité et rappelle que la rue reste un espace central de résistance démocratique.

  • [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    Sur l’île singulière, 2025 restera l’année du séisme politique. Après 24 ans de règne sans partage, François Commeinhes a brusquement tout perdu : la mairie de Sète, la présidence de l’Agglomération et son statut de notable respectable.

    Pour le gynécologue de profession qui jusqu’ici paraissait intouchable, la dégringolade fut brutale, dans la lignée de celle de son voisin agathois de droite, Gilles d’Ettore, contraint l’an passé de quitter le pouvoir dans l’attente de son procès dans l’affaire de la voyante.

    Pour François Commeinhes, qui n’avait plus sa carte des Républicains depuis 2017, point de conversation ésotérique avec l’au-delà mais là encore une affaire de « détournement de fonds publics ». Fin avril, l’édile était définitivement condamné en cassation pour avoir versé, entre 2016 et 2019, des rémunérations indues à son ancien directeur général des services, Patrice Millet, pour la coquette somme de 99 000 euros. Quand bien même la Cour de cassation reconnaissait que F. Commeinhes ne s’était pas lui-même enrichi de la manœuvre dont il a toujours nié avoir eu connaissance, la Justice confirmait ainsi le jugement de la Cour d’appel de Montpellier. Condamné à un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec interdiction de droit de vote, F. Commeinhes, 76 ans, prenait acte de la sanction jugée « disproportionnée sur le fond ». Dans une vidéo Facebook postée le 30 avril, il annonçait aussitôt sa démission de tous ses mandats sans désigner d’héritier politique.

    Linarès récupère l’Agglo

    En dépit de la secousse, la Ville de Sète est restée à droite. Du conclave de la majorité municipale, c’est finalement avec le nom d’Hervé Marquès que sort la fumée blanche le 5 mai avant le vote de confirmation le 12 mai. Salué pour sa connaissance des dossiers et sa personnalité, l’ancien adjoint aux sports fait consensus et coiffe sur le poteau d’autres postulants (François Escarguel, Jeanne Corporon, Hervé Merz…). Depuis, le maire par intérim, qui n’a pas encore déclaré sa candidature en 2026, s’efforce de terminer le mandat dans les pas de son mentor, sans faire trop de vagues ni coup d’éclat.

    En revanche, l’histoire a pris un tout autre cours dans le Bassin de Thau. Le 13 mai, Jean-Guy Majourel (22 voix), le candidat envoyé par la municipalité sétoise, était battu à la présidence de Sète Agglopôle. Après 3 tours d’un scrutin indécis, Loïc Linarès (PS), jusque là deuxième vice-président du maire de Frontignan, Michel Arrouy (PS), prenait la main (24 voix). Avec une majorité relative fragile, Loïc Linarès s’est immédiatement promis d’agir dans un « esprit de coopération sincère en respectant les sensibilités et en assurant une gouvernance claire, partagée et respectueuse de l’intelligence collective ». Si la gauche conserve Frontignan en 2026, voilà qui ouvre des perspectives.

  • [Témoignages] Carnaval de Martigues : ils participent

    [Témoignages] Carnaval de Martigues : ils participent

    Romain Maury, grand champignon du carnaval

    « Donner le sourire aux gens et oublier le quotidien »

    Être champignon, c’est un aboutissement de nombreuses années d’entraînement. Une vraie valorisation de mon talent qui consiste à regarder dans le vide, mais sans aucune pensée. Je sais qu’il y a beaucoup de challengers. Mais tous finissent par penser à quelque chose avant la fin du temps à battre pour dépasser mon record. Ils ont toujours une idée, ou une pensée sur une action à faire, comme par exemple aux courses, au prochain repas, ou d’aller chercher les enfants à l’école. Mais moi j’y arrive, je pense à rien de rien.

    Plus sérieusement, on prépare chacun un rôle dans le carnaval, et le mien sera d’amuser les gens. C’est important pour nous de donner le sourire aux gens, de ne pas se prendre la tête et d’arrêter de penser au quotidien, au travail, au patron, à l’argent, pour pouvoir profiter de l’instant présent sans se poser trop de questions. Au carnaval, on peut devenir n’importe qui et c’est ça qui fait du bien à tout le monde. C’est aussi un moment pour sortir, se retrouver, partager une expérience avec tout le monde quelles que soient nos habitudes. On s’amuse et on profite et je pense que c’est ça l’essentiel de l’esprit Carnaval.

    Des animations dans les écoles

    Je travaille pour les services de la Ville comme coordinateur des temps périscolaires sur la ville. Les animateurs proposeront des activités dédiées au carnaval le midi. Le soir, le périscolaire ouvrira les portes aux parents en garderie pour préparer les décors pour les carnavals de quartier. Il y en aura une douzaine répartie une semaine avant et après le principal. Ce seront plein de petits événements pour faire durer le bonheur !

    Patrick Eleonore, jury au sommet mondial du carnaval

    « On peut faire des costumes avec tout sans dépenser »

    C’est un rassemblement de partage de savoir-faire. Le but est de montrer aux jeunes, aux parents, aux enfants, qu’on peut faire un costume sans dépenser. C’est possible, par exemple, en utilisant du papier journal ou des prospectus découpés en bandelettes et collées sur un vieux vêtement. Ou en utilisant des bouteilles, comme on l’a fait aux Fadas du monde. C’est une forme de recyclage !

    Les Antillais fabriquent aussi des costumes avec des feuilles de bananes. Chez nous c’est traditionnel, mais il faut les trouver car il en faut au moins 300. On utilise aussi les guirlandes de Noël et des miroirs, comme je l’ai déjà fait avec des découpes pour ne pas se blesser, mais on peut bien sûr en acheter des morceaux autocollants. J’ai même déjà réalisé un costume en papier mâché ou en vieux vêtements peints à la bombe.

    Pendant 20 ans j’ai été au comité du carnaval de Guadeloupe qui dure parfois plus d’un mois. Aux Antilles pour le défilé des enfants on utilise parfois même des gobelets en plastique découpés en fleurs et coloriés à la peinture. Pour cinq euros même pas t’as un costume.

    La satisfaction du costume fait main

    C’est aussi satisfaisant de défiler que de faire son costume soi-même. Après tout on n’est pas là pour ridiculiser l’un ou l’autre mais pour apprendre chacun. Certains savent couper, d’autres coller ou peindre, c’est un vrai partage. Quand on arrive à voir des groupes costumés de la même façon, avec les mêmes costumes, c’est encore plus impressionnant.

    Fabrice Vidal, président de l’association des Pêcheurs libres

    « Un moment de liberté où on retrouve son âme d’enfant »

    Je suis investi dans plusieurs associations, dans celle de pêche, je m’occupe aussi de la fête vénitienne. On construit des chars nautiques à la Fabrique. On a déjà commencé pour la prochaine édition. On fait une pause pour les fêtes de fin d’année, mais on reprendra en janvier. J’organise aussi des petits repas avec les copains le vendredi.

    Bref, je m’occupe tout au long de l’année de plein de choses à Martigues. Pour moi, faire partie de la vie de la cité et du monde associatif est plus qu’important, c’est vital. Donc participer au carnaval était une évidence.

    Je ne sais pas encore si je pourrai être présent le jour du défilé car je suis très occupé avec toutes mes activités, mais je passerai régulièrement au QG. C’est un bel espace pour s’entraider. Ça nous permet d’avoir un point d’attache. Si on a un problème on tape à la porte, et on sait qu’on sera toujours bien reçu.

    J’ai fait quarante ans de social au port autonome, et je me régalais trop pour arrêter à la retraite. J’aime voir les gens se divertir, plaisanter… Le rire est un bon remède pour tout. Le carnaval c’est exceptionnel, ça permet aux enfants de s’émerveiller. C’est beau de voir leurs yeux briller.

    S’émerveiller et s’épanouir

    Ça permet à d’autres de s’épanouir, de participer à une aventure collective, de tisser du lien, de faire connaissance avec des inconnus qui peuvent devenir des amis, d’apprendre des techniques artistiques et d’explorer leur côté créatif. C’est un moment de liberté, où tout le monde retrouve son âme d’enfant.

  • [Grand entretien] Laurent Voulzy : « Il reste l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix »

    [Grand entretien] Laurent Voulzy : « Il reste l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix »

    La Marseillaise : Votre dernier best of s’intitule « 21 souvenirs », comme autant de titres marquants de votre carrière. L’album s’ouvre par le tube « Rockollection », qui évoque les souvenirs d’un adolescent dans les années 1960. La nostalgie est-elle un sentiment qui ne vous a jamais quitté ?

    Laurent Voulzy : Je garde toujours bien sûr des souvenirs de mes premiers groupes lorsque j’étais au lycée, des moments où je grattais la guitare et que je partais répéter le week-end chez les copains. Quand je me rappelle de tels moments, une espèce de nostalgie m’habite mais, en même temps, ça me stimule. Quand aujourd’hui, je répète à nouveau avec des musiciens, à l’âge que j’ai, je retrouve les mêmes sensations que lorsque j’avais 17 ans. Oui, je suis donc nostalgique, mais en fait, pas tant que ça. Ce qui me plaît, c’est ce que je fais en ce moment. C’est le temps présent qui me donne envie de vivre. Je suis par exemple en train de travailler sur un prochain album en ce moment, mais aussi sur un opéra pop sur Jeanne d’Arc, ou encore sur mon autobiographie.

    Dans le titre « Le pouvoir des fleurs », vous chantiez en 1992 : « J’me souviens, on avait des projets pour la terre, pour les hommes comme pour la nature, faire tomber les barrières les murs ». 34 ans plus tard, vous et votre génération, qui nourrissiez beaucoup d’espoirs pour la paix, n’avez-vous pas l’impression d’avoir pris une douche froide en voyant la multiplication des guerres et des replis identitaires ?

    L.V. : Je ne vois pas cela comme une douche froide. Je suis extrêmement touché que, malgré toutes ces choses terribles qui se passent dans le monde, beaucoup d’enfants continuent d’apprendre cette chanson à l’école. C’est une note d’espoir. Après, il faut se rappeler que lorsque cette chanson a été faite, on traversait déjà une époque de guerres et mouvements très violents. Quand on a eu l’idée de faire ce morceau, j’ai dit à Alain [Souchon, qui a écrit la chanson, Ndlr] : « Je voudrais faire une chanson sur le Flower power ». Car toutes les idéologies s’écroulent et il ne reste qu’une chose : l’amour, les fleurs et l’espoir de la paix. Donc, oui, on prend des douches froides à chaque fois qu’on regarde les informations. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas continuer à espérer.

    Parmi vos autres titres emblématiques, « Belle-île-en-Mer, Marie-Galante », sorti en 1986,
    où vous chantiez vos «
     souvenirs d’enfance, en France, violence, manque d’indulgence. Par les différences que j’ai, café léger, au lait mélangé ». Était-ce, en fait, avant tout un titre sur le racisme dont vous avez été victime enfant ?

    L.V. : Cette chanson, on peut la lire à plusieurs niveaux. Le premier qui vient à l’esprit des gens, c’est l’idée de mer, de voyage. Vient ensuite mon attachement profond à la France et aux Antilles, qui sont mes deux patries. Et évidemment mon lien à la Bretagne. Celui dont vous parlez est le troisième niveau de lecture : quand j’étais à l’école, on était juste deux bronzés dans la cour de récréation. à la fin des années 1950, tout le monde était blanc. Même si tout se passait globalement bien, petit, j’ai subi des sarcasmes d’autres enfants et parfois même d’adultes. J’ai alors su ce que c’était d’être différent des autres.

    Vous parliez de votre attachement
    à la Guadeloupe. Comprenez-vous le sentiment d’abandon qui s’est emparé des habitants des Antilles françaises suite à des décennies d’abandon des pouvoirs publics
     ?

    L.V. : Moi, je n’ai connu la Guadeloupe qu’à l’âge de 35 ans. La première fois que j’y ai mis les pieds, j’ai été bouleversé. Auparavant, je ne connaissais la Guadeloupe que par ma mère, la cuisine, la langue créole que j’entendais à la maison quand de la famille ou des amis d’Antilles venaient chez nous. Je ne suis pas né là-bas et j’ai donc une vision du pays qui est arrivée tardivement. Les gens des îles ont toujours un sentiment d’isolement et à la fois une fierté d’être des insulaires. ça concerne les Antilles, mais aussi des îles bretonnes, la Corse et bien d’autres. Après, il ne faut pas occulter que la Guadeloupe est une ancienne colonie où subsistent aujourd’hui des résidus de ce temps des colonies. Le fait d’y avoir laissé la vie extrêmement chère participe de ce sentiment d’abandon. N’oublions pas non plus les produits qu’on a mis dans la terre, le chlordécone par exemple. C’est l’un des derniers endroits dans le monde où il a été interdit, alors que les pouvoirs savaient très bien que c’était hypertoxique. Il y a aussi un taux de chômage incroyable. Même si je ne suis pas un grand expert et que je ne vis pas là-bas tout le temps, je comprends ce sentiment d’abandon. Et que dire encore des énormes problèmes d’eau que connaît la population avec des coupures incessantes.

    Votre album comprend également « Amélie Colbert » (2001), que vous avez jouée aux côtés de grands musiciens antillais comme les frères Fanfant ou Mario Canonge. Votre idée de l’époque, c’était de faire écouter leur talent au public de l’Hexagone ?

    L.V. : Ce n’était pas forcément mon but. J’ai surtout voulu raconter la façon dont moi, je voyais les Antilles. Je voulais faire de la musique antillaise avec le son et le feeling d’origine. Un son dans le style des biguines des années 1950. J’en garde un souvenir fabuleux. Ils racontaient les Antilles avec des souvenirs de leurs mères, qui n’avaient pas le droit de parler créole à table petites, c’était aussi interdit dans les écoles à l’époque. Cette chanson a beaucoup touché les gens aux Antilles.

  • La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    En ce premier week-end de vacances scolaires, c’est un véritable parcours d’animations, de découverte et d’émerveillement qui attend les familles, à Marseille.

    Pour ajouter de la magie et de la joie à toutes les animations et activités qui ont déjà commencé dans la ville, le Village des enfants se délocalise pour la toute première fois et sera présent, samedi et dimanche entre 10h et 19h, sur la place de l’Opéra, mais aussi sur la place Castellane avec des animations, des ateliers de Noël, des stands de maquillage ou encore des bulles enchantées pour le plaisir des plus jeunes.

    Mapping et animations

    Le tout dans un centre-ville piétonnisé pour l’occasion qui vous permettra de flâner, de profiter des décorations, mais aussi de réaliser vos derniers achats.

    Pour la découverte, c’est au départ de l’office de tourisme que vous pourrez profiter d’une balade typique et pittoresque dans les rues de la ville, vêtue de ses plus beaux habits de lumières. Entre tradition du blé, les 13 desserts ou encore la crèche et ses santons provençaux, embarquez dans une visite guidée gratuite, samedi entre 15h et 18h, qui sent bon les fêtes de fin d’année.

    Si vous êtes plutôt des aventuriers solitaires, c’est tout un parcours lumineux qui vous est proposé depuis le Vieux-Port jusqu’à la place Castellane, en passant par l’Opéra et la fontaine Félix-Barret (préfecture), où les façades des bâtiments et les fontaines seront mis en lumière et en musique dès 17h samedi et jusqu’au lendemain 22h.

    Le ciel illuminé

    Du côté de l’Hôtel de ville, un mapping émerveillera petits et grands à partir de 18h samedi, avec des projections lumineuses sur la façades et des animations musicales en préambule du grand spectacle.

    D’ailleurs, à quelques pas de là, non loin de l’Ombrière, le concert Gospel Philarmonic Experience réunira près de 40 chanteurs qui offriront aux visiteurs un récital de chorale et de musique live, où classique et gospel se rencontreront sous la baguette du chef d’orchestre Pascal Horecka samedi dès 18h30. Et, pour couronner le tout, c’est un spectacle de drones et un feu d’artifice inédit qui illumineront le ciel à 19h45.